Il a dit...


"Il n'y a que la force de l'Etat qui fasse la liberté de ses membres." Jean-Jacques Rousseau

 
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 23:11
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Il est peu de dire qu'entre Bernard-Henri Lévy et nous autres républicains - "souverainistes" comme il nous appelle - , ce n'est pas le grand amour. Encore ce week-end, dans l'hebdomadaire "Marianne", celui qui se prétend philosophe n'a une nouvelle fois pas manqué de nous insulter grossièrement en considérant le souverainisme comme l'un des derniers avatars du pétainisme.
Comme un divin retour de bâton, on apprend aujourd'hui que le sieur vient d'être pris en flagrant délit d'amateurisme. Une nouvelle que nous ne pouvions manquer de pointer et de relayer, ne serait-ce que pour aider le plus grand monde à mieux juger du sérieux et de la rigueur qui animent le prétendu grand philosophe.


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Ce devait être le grand retour philosophique de BHL. Patatras! L'opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans "De la guerre en philosophie", à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes

Nul ne peut plus l’ignorer, Bernard-Henri Lévy, « ennemi public » ainsi qu’il se présentait à l’automne 2008 dans sa correspondance avec Michel Houellebecq, est de retour dans les magazines. Tous les magazines. Lorsque nous l’avions invité à débattre au « Nouvel Observateur », le 13 janvier dernier, avec le philosophe Slavoj Zizek, un de ses adversaires, nous étions encore loin de deviner l’ampleur de la tornade à venir. Grand entretien dans « l’Express », portrait d’ouverture dans « Paris Match », couverture de « Transfuge », panégyrique dans « le Point » signé Christine Angot, interview de six pages dans « Marianne ». On en oublierait presque une chose. La cause occasionnelle, le détail à l’origine d’une telle profusion : la parution de deux livres, le 10 février prochain chez Grasset. Un épais « Pièces d’identité », recueil de textes et d’entretiens déjà parus sur toutes sortes de supports, et « De la guerre en philosophie », version remaniée d’une conférence prononcée en 2009 à l’ENS de la rue d’Ulm.
Plaidoyer pro domo en faveur d’une œuvre injustement décriée, la sienne, ce second opus d’environ 130 pages, « De la guerre en philosophie », se présente comme le « livre-programme » de la pensée béhachélienne. Un « manuel pour âges obscurs, où l’auteur « abat son jeu » et dispose, chemin faisant, les pierres d’angle d’une métaphysique à venir » – rien de moins, trompette l’éditeur au dos de la couverture. On l’aura compris, ce livre devait signer le grand retour de BHL sur la scène conceptuelle dite sérieuse. Son ultime plaidoirie face à une caste philosophique qui l’a depuis toujours tourné en dérision, de Deleuze à Bourdieu, en passant par Castoriadis. Une lecture attentive dudit opuscule révèle cependant que l’affaire est assez mal engagée.
« La vraie question pour une philosophie, c’est de savoir où sont vos adversaires, et non où sont vos alliés. » Ainsi l’auteur se lance-t-il, chemise au vent et sans crampons, à l’assaut de quelques contemporains gauchistes renommés, mais aussi de Hegel ou de Marx, « cet autre penseur inutile, cette autre source d’aveuglement », notamment reconnu coupable de ne pas donner les moyens de penser le nazisme. A la décharge, l’idéalisme et le matérialisme allemands, toutes ces conneries superflues! Bernard-Henri Lévy ne s’est jamais laissé intimider par les auteurs mineurs.
Il s’en prend tout aussi fougueusement à Kant, « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Un peu audacieux de la part d’un penseur qui ne peut, somme toute, revendiquer à son actif qu’un brelan de concepts pour news magazines comme le « fascislamisme »? Même pas peur. BHL a des billes. Le vieux puceau de Königsberg n’a qu’à bien se tenir. A la page 122, il dégaine l’arme fatale. Les recherches sur Kant d’un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l’auteur de « La Critique de la raison pure », « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».
Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d’après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n’a jamais existé. Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l’autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l’imagination fertile de Frédéric Pagès, agrégé de philo et plume du « Canard enchaîné », où il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B. ». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant », pochade aussi érudite qu’hilarante publiée en 1999 (et rééditée en 2004) aux éditions Mille et une nuits sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d’ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : « Landru, précurseur du féminisme ».
Renseignement pris, personne ne s’était encore jamais pris sans airbag cet énorme platane. C’est désormais chose faite. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si Michel Foucault s’était appuyé sur les travaux de Fernand Raynaud pour sa leçon inaugurale au « Collège de France ». Mais alors, qu’a-t-il bien pu se passer dans le cerveau infaillible de notre vedette philosophique nationale ? Une fiche mal digérée ? Un coup de sirocco à Marrakech ? « C’est sans le moindre état d’âme que j’ai, depuis 30 ans et plus, choisi le rôle du renégat, endossé l’habit du disciple indocile, et déserté ce mouroir de toute pensée qu’est devenue l’Université », écrit Bernard-Henri Lévy. Un peu trop, sans doute.
Ainsi se sera-t-il toujours trouvé un importun, un pédagogue indiscret et pointilleux, pour venir s’interposer entre sa personne et la gloire philosophique. Il y a trente ans, c’était l’historien Pierre Vidal-Naquet, qui avait recensé dans un texte mémorable publié par « le Nouvel Observateur » les nombreuses perles d’écolier contenues dans son essai, « Le Testament de Dieu ». Cette fois-ci, c’est un philosophe burlesque qui n’existe même pas.

Aude Lancelin, le Nouvel Observateur

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Vie politique
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 20:00

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Pour le chef de file du Parti de gauche, la jeune candidate voilée du NPA en Paca fait «une erreur» en croyant rassembler derrière elle les habitants des «quartiers populaires». Il y voit aussi une manière «régressive» de la part du NPA de «se différencier» des autres partis à la gauche du PS.


Marianne2.fr : Peut-on, comme l’aurait affirmé Olivier Besancenot au Figaro, être « féministe, laïque et voilée » (1) ?
Jean-Luc Mélenchon : Il y a une confusion des rôles. Le débat politique ne doit pas aller sur le terrain religieux. Quelqu’un qui participe à une élection doit représenter tout le monde et pas seulement ceux dont il partage les convictions religieuses. C’est une attitude immature et un peu racoleuse qui dit : « A moi les miens ».
Pour en revenir à la phrase d’Olivier Besancenot, je crois qu’il y a mille manières d’être féministe, mais cette manière-là est un peu particulière et constitue une régression. Même dans les pays d’origine, cette pratique est combattue par les milieux progressistes. On ne peut pas se dire féministe en affichant un signe de soumission patriarcale.

La jeune femme en question, Ilham Moussaïd, explique que « dans l’atmosphère d’islamophobie » actuelle il est « important de s’unir pour une vraie gauche » et que « le sens de [sa] candidature est de donner une voix aux femmes et aux hommes issus des quartiers populaires » ?
C’est une erreur. Le mouvement ouvrier a toujours payé le passage à la religion et à l’ostentation. Ça empêche l’unité. Lors du Forum social qui s’est tenu en Inde, pour la première fois, il avait été question de laïcité. Il avait été évoqué le cas du syndicat des transports. Conducteurs et bagagistes ne parvenaient jamais à faire la grève ensemble parce que les conducteurs étaient brahmanes et les bagagistes des intouchables…
En ce moment, on a le sentiment que les gens vont au-devant des stigmatisations : ils se stigmatisent eux-mêmes — car qu’est-ce que porter le voile, si ce n’est s’infliger un stigmate — et se plaignent ensuite de la stigmatisation dont ils se sentent victimes. Il faut penser à tous ces gens qui n’ont tout simplement aucune religion. Il y a quelque chose d’unilatéral dans le comportement des religieux.
Et si cette jeune femme pense rassembler, elle se trompe : elle divise. Je lui demande de tirer les leçons de l’histoire de France. Non pas parce qu’il s’agit de l’histoire de France, mais parce que nous avons connu trois siècles de guerres de religions. Il ne faut pas être orgueilleux et elle doit apprendre qu’il faut se nourrir des luttes du passé.

«Le NPA se saisit de tous les moyens pour se différencier de nous»

Certains avanceront que sa religion est seulement plus visible, que des politiques se revendiquent ou se sont revendiqués comme catholiques et catholiques de gauche notamment ?
Pour ma part, je me suis toujours refusé à dire si j’étais croyant ou si je ne l’étais pas. Parce que je ne trouve pas ça respectueux. Il ne faut pas se tromper : elle a le droit de pratiquer, mais pas dans la sphère politique. Là, on a le sentiment qu’elle le fait pour donner à voir. Ce n’est pas acceptable.

La direction du NPA dit se plier à une « décision locale » après « un débat sérieux et complexe ». Au PG, ça ne pourrait pas avoir lieu ?
Ils ont de la chance que ce ne soit pas un intégriste religieux qui ait été désigné ! Ou quelqu’un avec une cornette sur la tête ou qui veuille se promener tout nu ! Au PG, nous en discuterions directement avec l’intéressé. Nous réunirions les instances locales s’il le fallait et nous lui dirions : « C’est inacceptable. Ce n’est pas possible ».
Si ça se trouve, cette jeune femme est une très bonne militante. Mais si elle a une conscience politique, c’est sur le terrain politique que ça doit se jouer, avec des arguments. La religion est du domaine de la vérité révélée. On ne peut pas débattre de ce qui relève de la vérité révélée.

Vous expliquiez que c’était une « attitude un peu racoleuse » ? Faut-il, selon vous, y voir un coup politique du NPA ?
Ils se saisissent de tous les moyens pour creuser le fossé, pour se différencier de nous qui sommes d’une gauche laïque, d’une gauche qu’ils savent à cheval sur les principes. Mais ça n’est franchement pas une bonne idée. Tout ça est régressif et, à l’intérieur du NPA, il n’est pas sûr que les camarades marxistes révolutionnaires apprécient…


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(1) Olivier Besancenot estime, dans un communiqué, que « Le Figaro [lui] a fait tenir des propos caricaturés ».

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Vie politique
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 19:56
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Ils sont devenus fous ! Sous l'impulsion d'un pouvoir politique pétri de culture communautariste américaine, tout le monde se met à la "diversité" : les entreprises, les médias, les grandes écoles, les administrations, etc.

Commençons par clarifier les termes, parce qu'ils sont volontairement toujours flous.
Par "diversité", il faut entendre "diversité ethnique, des couleurs". Le pouvoir peut bien tenter de nous faire croire de temps à autre qu'il encourage par ses initiatives la diversité sociale, il n'en est rien.
Le concept actuel de diversité n'a pas été inventé en France ; il s'agit d'un courant de pensée américain, qui a imposé à partir des années 1960 dans ce pays la discrimination positive, via l'instauration de quotas ethniques, d'abord dans les universités.
Aujourd'hui, alors que le Medef, tout le CAC 40 et l'ensemble des ministres n'ont plus que ce mot à la bouche, dites-vous qu'il ne s'agit pas un instant de favoriser la mixité sociale via une réduction des inégalités économiques et sociales, mais bien d'importer dans notre pays cette vision de la société communautariste et ethnique. Avec un avantage substantiel à la clé : en faisant, la main sur le coeur, la promotion de la "diversité", on se trouve une cause de substitution bien pratique, qui évite d'avoir à lutter contre les inégalités économiques et sociales. Il est en effet bien plus aisé de créer des filières ethniques, mêmes déguisées, dans les grandes entreprises ou les grandes écoles que de mettre en place les politiques qui permettraient réellement aux enfants des milieux populaires de franchir la porte des meilleurs établissements. Ces politiques nécessiteraient une refonte complète de l'école et une nouvelle répartition des richesses dont personne ne veut en haut lieu.

La diversité remplace donc progressivement le combat contre les inégalités, à l'instar de ce qu'ont vécu les Etats-Unis il y a 50 ans. Cette évolution a été très bien dépeinte par l'écrivain Walter Benn Michaels dans son livre "la diversité contre l'égalité". Il y explique notamment qu'en 50 ans de promotion de la "diversité", les inégalités économiques et sociales n'ont jamais autant progressé aux Etats-Unis.

Liberté, diversité, fraternité : serait-ce la nouvelle devise de notre pays ?


Diversité, diversité, diversité serait plus adapté encore, tant la tempête de la discrimination positive est en train de balayer notre République et ses principes d'égalité et de méritocratie.

Encore aujourd'hui, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand annonce qu'il songe à remplacer Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions, afin de le remplacer par "un représentant de la France plurielle, nourrie par une véritable diversité culturelle".
Ne pensez pas qu'il envisage un instant de nommer une forte personnalité, enfin en rupture avec le cirage de botte traditionnel, et bien décidée à défendre l'indépendance des médias face aux pressions de tous ordres. Non, Frédéric Mitterrand a une tout autre diversité en tête : il veut un noir, tout simplement. Désolé de devoir dire les choses un peu crûment, mais il faut bien appeler un chat un chat. Il s'agirait d'Alexandre Michelin, déjà en charge de la promotion de la "diversité" dans le cinéma français.

Autre exemple de cette folie furieuse de la diversité : les "labels de la diversité", créés par l'Etat en 2009 pour récompenser les entreprises qui "favorisent la diversité", entendez qui mettent en place des politiques de gestion de leurs ressources humaines adaptées à la discrimination positive. La meilleure preuve du fait que ces labels ne visent pas la diversité sociale est qu'ils ne sont pas remis par le ministre en charge des affaires sociales, mais par...le ministre de l'immigration ! 

Nous n'allons pas multiplier les exemples ici, mais ils sont très nombreux, de ces chaires "diversité" qui fleurissent dans nos universités (récemment Dauphine), en passant par la création de postes de "responsables diversité" dans les grandes entreprises (à la Poste par exemple, où dans une interview hallucinante, la dite responsable nous explique qu'il ne faut plus recruter en fonction des diplômes. En effet, "le recrutement par le diplôme n'est pas une garantie d'équité, car l'accès au diplôme est en partie inégalitaire" (c'est vrai, et c'est pour ça qu'il faudrait prendre les mesures d'ordre économique et social pour qu'il le soit moins !).
La chef de projet diversité à la Poste a elle trouvé une autre solution : fini les diplômes, et vive les recrutements selon "la méthode des habiletés" !, bref la porte ouverte à l'arbitraire le plus total, et la possibilité de faire dans son coin sa petite tambouille de discrimination positive sans aucune contrainte objective, celle du diplôme...

La France est sur une mauvaise pente, sous l'impulsion d'un pouvoir politique fasciné par la discrimination positive (le "commissaire à la diversité" nommé en 2008, Yazid Sabeb, est un idéologue bien connu de la discrimination positive, et Nicolas Sarkozy lui-même a reconnu plusieurs fois qu'il y était favorable. Il n'y a que durant la campagne de 2007 qu'il a oublié d'en parler aux Français...).

Alors qu'elle se présente sous un discours jeune, coloré et moderne, la diversité à la sauce Sarkozy/CAC40/Sabeg/Bébéar (le créateur des labels de la diversité) est un formidable retour en arrière, en rupture complète avec l'égalité républicaine, la méritocratie et le souci constant de réduire les inégalités économiques et sociales capable de rendre vivants ces principes essentiels.

Il faut prendre conscience de ce qui se joue en ce moment. Comme l'explique l'association SOS Egalité qui la combat, la discrimination positive ne pénalisera pas les milieux bourgeois et les enfants de la bourgeoisie : ceux-là auront toujours accès aux cours particuliers, aux bonnes filières et aux meilleurs établissements. Elle se fera violemment contre la masse des milieux populaires qui n'auront plus aucune chance d'accrocher les bons postes. Quant à ses quelques bénéficiaires, ils seront victimes, comme on l'a observé aux Etats-Unis, du soupçon de n'être "que le quota"...et une vie de quota, ce n'est pas non plus toujours drôle !

 

 

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 19:44
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Par Jean-Luc Mélenchon. Extrait de l'article "Décontaminons", publié sur son blog.



"La population active devait diminuer ! Elle augmentera !

On nous dit que le ratio actifs/retraités est passé de 3 à la fin des années 1970, autour de 2 aujourd’hui. Horrible ! Et il va descendre à moins de 1,5 en 2050. Catastrophe ! De toutes les façons il faut bien se garder de croire sur parole ceux qui brandissent des arguments démographiques. Dans les années 2000, les très savants nous jetaient à la figure l’inéluctable baisse de la population comme argument massue. Le taux de fécondité permettait d’annoncer un effondrement de la population active future. Pschitt ! C’est le contraire qui se produit. Pourtant aucun de ces importants n’a cru bon de réviser ses chiffres et de présenter des excuses. Le démographe Hervé Le bras fut mis au pilori pour avoir rappelé que tous ces chiffres ne valaient rien parce que la fécondité finale des femmes n’était pas prise en compte. Autrement dit ces grands modernes et réalistes continuaient à mesurer le nombre d’enfant par femme au même âge que celui de la génération précédente de femmes, avant la pilule la pilule et le travail de masse des femmes ! Bravo les intellos de connivence ! Les femmes font tout simplement leurs enfants plus tard ! Les gros malins n’étaient pas au courant !

Le nombre de retraités baissera !


Et le nombre des retraités ? Autre tableau d’apocalypse ! Selon l’INSEE il devrait augmenter de près de 63 % entre 2006 et 2050. On passerait de 13 millions de retraités en 2007 à 21 millions en 2050. Bigre ! Ils finiraient par nous faire regretter de voir les gens ne pas mourir utilement à l’âge où leur présence ne pèse pas sur les comptes. Restons zen ! L’augmentation du nombre des retraités vient de deux sources d’égale importance. D’abord l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du baby-boom, c'est-à-dire les personnes nées entre 1945 et 1975. Le papy boum ! Peut-on faire remarquer que cet effet est hélas nécessairement limité dans le temps ? Il faut bien mourir et personne n’y échappe. Pour l’instant. Donc suivez la bosse démographique dans le temps et vous verrez que pour finir bientôt la mort la dégonfle. Par contre, entre 2036 et 2040 commenceront à arriver à la retraite les classes « creuses », enfants des baby boomers, conçus après l’arrivée de la pilule en France en 1974 ! Le nombre de nouveaux retraités diminuera alors fortement et d’un coup.

L'allongement de la durée de la vie ralentira

Le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de 2007 a quand même commencé à relativiser certaines déclarations péremptoires. Pour lui, « la mortalité baisserait moins, conduisant en 2050 à une espérance de vie à la naissance inférieur à celle des anciennes projections, de 2 ans pour les femmes et de 0,5 ans pour les hommes ». L’espérance de vie progresserait de 1,1 ans tous les 10 ans, soit 0,44 trimestres tous les ans. En 2050, il y aurait alors 650000 retraités de moins que dans les prévisions du début des années 2000. Total, entre 2006 et 2050, la population en âge de travailler ne diminuerait pas de 4,1 millions comme annoncé par les affoleurs publics ! Elle resterait stable.

Espérance de vie, et âge de la retraite : repère bidon !

On nous dit : « l’âge de la retraite doit être relevé parce que l’espérance de vie augmente ». Et ca passe comme si c’était la preuve d’un fait inéluctable. Pourquoi ? Quel rapport entre la durée de vie et l’obligation de travailler ? Ca n’a jamais été le cas jusqu’à présent. Au contraire. C’est le phénomène inverse, qui s’est produit en continu depuis le 19ème siècle. L’âge de la retraite n’a cessé de baisser là où l’espérance de vie augmentait. En 1910, quand le droit à la retraite à 65 ans est affirmé pour la 1ère fois, l’espérance de vie est à peine de plus de 50 ans. En 1983, quand a été instaurée la retraite à 60 ans, l’espérance de vie approchait 75 ans ! Donc, baisse de population, augmentation du nombre de retraités, allongement de la durée de vie, les trois arguments massue du terrorisme intellectuel sont des réalités discutables et bien plus ambigües que ne le disent d’habitude les manieurs de d’évidences non démontrées. Pour moi le problème est bien mal posé. En vérité où est le problème ? Comme d’habitude il contourne la question centrale de la vie en société : le partage des richesses produites.

Moins nombreux mais plus productifs

Les comparaisons des faiseurs de panique ne tiennent pas compte de la hausse de la productivité des actifs. Un actif de 1983 produisait bien moins de richesses qu’un actif de 2010 n’en crée à présent. Depuis 1983 et l’instauration de la retraite à 60 ans, la richesse créée par chaque actif a augmenté de 30 % en euros constants. Cela signifie que 2 actifs d’aujourd’hui produisent quasiment autant de richesses que 3 actifs de 1983. Le bon repère n’est donc pas la baisse du nombre d’actifs par retraité. Mais la valeur de la richesse produite et l’affectation de son produit. Car de 1983 à aujourd’hui la part des retraites dans le PIB n’a augmenté que de deux points, passant de 10,3 % à 12,8 % du PIB. Et elle a donc augmenté moins vite que la productivité des actifs. Ce repère personne ne le cite jamais. Tout se passe comme si la quantité de richesses produite dans le pays allait stagner. Alors il faudrait calculer à montant de richesse constant au cours des 40 prochaines années! C’est absurde ! Dans les 40 années à venir, avec un taux de croissance moyen de 1,7 % par an, la richesse de notre pays passera à 3 400 milliards d’euros. Et il s’agit d’euros réels, constants, hors inflation. C’est une masse fantastique. Pour faire face à l’augmentation du nombre de retraités tout en annulant les réformes de la droite, il faudrait transvaser 6 % supplémentaire de la part du PIB pour le financement des retraites. Inutile de s’évanouir ! C’est un transfert tout à fait jouable. En 2050, une fois financés les 204 milliards liés à ce transfert, il restera chaque année près de 1 200 milliards d’euros de richesse nouvelles créés ! ca laisse largement de quoi financer les augmentations de salaire direct et les investissements !

Le partage des richesses, clef du financement


Le problème du financement des retraites se résume donc à un problème de partage de la richesse créée. Les gains de productivité ont été massivement captés par le capital alors qu’ils devraient contribuer à financer les retraites et à faire progresser les salaires. C’est la contraction de la masse salariale qui compromet le financement des retraites. Depuis 1982, les salaires ont perdu 10 points dans le partage de la richesse créée passant de 70 % environ à 60 %.Si ces 10 points n’avaient pas été perdus par les salariés on n’aurait aucun mal à financer aujourd’hui les retraites, compte tenu de la masse de cotisations supplémentaires que génèrerait une hausse de la masse salariale. On peut se demander si l’obstination a toujours faire des comptes pour le futur en oubliant l’augmentation de la richesse n’est pas une autre façon d’annoncer que cette richesse supplémentaire est destinée a devenir des profits plutôt que des salaires ou des pensions !


Le recul de l'âge de la retraite : inefficace et injuste


Le recul de l’âge de la retraite par le report de l’âge légal du départ ou le relèvement de la durée de cotisations ne résout nullement le problème financier. Le COR a calculé en 2008 que le report de l’âge légal à 61,5 ans ne couvrirait que le tiers des besoins de financements supplémentaires en 2020 et à peine 9 % en 2050 ! Cette inefficacité, payée si cher par ceux qui souffrent en étant maintenu au travail, est confirmée par le bilan de la réforme Balladur de 1993. Quel est ce bilan sur lequel personne ne demande jamais aucun compte ? L’allongement de la durée de cotisations, de 37,5 à 40 annuités, n’a permis que 4 % des économies obtenues à la suite de cette réforme ! 4% ! Tout ça pour ça ! Le passage des 10 aux 25 meilleures années représente 16 % de l’économie. 80 % de l’économie est venu de l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires ! Ces chiffres permettent de mesure la portée réelle de chacun des aspects de la saignée qui a été opérée par Balladur ! On mesure mieux aussi ce que valent les airs d’outrage au bon sens de ceux qui moquaient la revendication du maintien des 37,5 annuités de cotisation ! Le passage à 40 annuités n’a servi à (presque) rien pour l’équilibre des comptes mais il a massacré combien de gens ?"

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 18:41
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Par Roger Heurtebise


Auprès de la mission parlementaire sur le voile intégral, le CFCM a joué son rôle habituel de marchand de tapis : obtenir le maximum de concessions de la République en faveur de l’islamisation de notre société, tout en refusant la moindre concession réciproque. Comme si notre Etat laïque devait parlementer avec des religieux !

Le CFCM, par la voie de son président Mohamed Moussaoui, n’a donc rien lâché : il se refuse catégoriquement à condamner le port du voile intégral, donnant ainsi un gage aux plus extrémistes de ses membres (UOIF et Tabligh).

 

En revanche, il a obtenu de la mission Gérin des préconisations parfaitement anti-laïques. Certes, celles-ci n’apparaissent pas dans les 15 conclusions présentées à l’Assemblée Nationale le 26 janvier 2010 – 3 des 18 conclusions initiales ayant été rejetées lors du vote final –, mais elles apparaissent dans le corps du rapport http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2262.asp ; nous en citons quelques-unes :

1. Ouvrir le financement de lieux de cultes par les pouvoirs publics

« Le rapport de la commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics présidée par M. Jean-Pierre Machelon avait d’ailleurs démontré que de réelles marges de manœuvres législatives existaient en ce domaine dans la mesure où l’article 2 de la loi de 1905, qui prévoit que « la République ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte », n’a pas valeur constitutionnelle. Cette dernière préconisait notamment d’autoriser l’aide directe à la construction des lieux de culte. »

2. Elargir progressivement le concordat d’Alsace-Moselle à l’islam

« Le rapport de la commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics préconisait d’élaborer un statut particulier pour l’islam qui serait constitué étapes par étapes. La première d’entre elles serait d’instaurer des cours d’enseignement religieux musulman au sein des établissements d’enseignement secondaire et donc de créer un système de formation du personnel religieux. Or, force est de constater qu’aucune action n’a été entreprise en ce sens. »

3. Créer des jours fériés à la tête du client

« L’une des propositions les plus novatrices du rapport Stasi résidait dans la volonté de prendre en considération les fêtes les plus solennelles des grandes religions présentes sur le territoire national : « La République s’honorerait, écrivait la commission, en reconnaissant les jours les plus sacrés des deux autres grandes religions monothéistes présentes en France […] Ainsi à l’école, l’ensemble des élèves ne travailleraient pas les jours de Kippour et de l’Aïd-el-kebir. Ces deux jours fériés supplémentaires devraient être compensés. » Dans le monde de l’entreprise, de nouveaux jours fériés pourraient aussi être créés, substituables à d’autres jours fériés, selon la pratique déjà existante dans les organisations internationales. La mission estime que cette idée, qui n’a pas connu de suites, mérite qu’on l’étudie à nouveau. »

4. Donner un rôle de médiation aux religieux des CRCM entre les pouvoirs publics républicains et les voilées intégrales

« A cette fin, la mission préconise que soit envisagée la conclusion de protocoles entre les représentants locaux du culte musulman et les autres acteurs susceptibles de venir en aide aux femmes portant le voile intégral que sont notamment les services municipaux, les services de l’État et les associations de défense des droits des femmes. Ces protocoles auraient vocation à être signés dans toutes les communes où le port du voile intégral est implanté. »

Ces quatre préconisations – et sans doute d’autres –, discrètement glissées dans le rapport, ne peuvent qu’alerter tous les militants de la laïcité qui devront être vigilants auprès des représentants du peuple pour qu’elles ne donnent lieu à aucune suite.

A l’inverse de ces propositions scandaleuses, le vote final du rapport a abrogé deux dispositions écrites sous la pression des organisations musulmanes :

- Créer une Ecole nationale d’études sur l’islam ;

- Engager un travail parlementaire sur l’islamophobie et sur la lutte contre les discriminations à l’encontre des personnes de confession musulmane.

Le CFCM, lors de son audition, avait particulièrement insisté pour qu’on crée un machin quelconque contre ce qu’il appelle l’« islamophobie ». Evidemment, il mettait derrière ce terme toute l’ambiguïté déjà dénoncée dans nos colonnes, à savoir la confusion volontaire entre la critique de l’islam et des actes de discriminations ou de racisme.

Il est donc heureux que les parlementaires de la mission aient refusé d’entrer dans ce jeu, mais hélas leurs arguments sont franchement à côté de la plaque. Selon l’AFP, le président de la mission parlementaire André Gérin a dit que la proposition de mission sur l’islamophobie avait été rejetée « parce que le voile intégral n’est pas une prescription islamique, donc pas un signe religieux ». De son côté le rapporteur, Eric Raoult, a expliqué que les parlementaires n’avaient pas jugé pertinent de se pencher spécialement sur l’islamophobie plutôt que sur l’opposition à toute autre religion.

Donc pour Monsieur Raoult, l’opposition à une religion serait condamnable ! C’est la restauration même du délit de blasphème.

Quant à la réponse de Monsieur Gérin, elle manque cruellement de logique. Si le voile intégral n’a pas de rapport avec l’islam, selon lui, alors on se demande pourquoi la mission a cru bon de faire autant de concessions… aux représentants du culte musulman !

Plus que jamais, nous devrons donc être vigilants quant aux suites données à ce rapport. La mission Gérin a fait un premier pas sans doute nécessaire, mais encore trop flou, ambigu et timide pour qu’il soit réellement efficace contre les soldats et soldates de l’islam politique.

 

Riposte Laïque

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : République & Laïcité
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 22:19

 

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Lettre ouverte

à mon père adoptif !


Par Kelly-Eric Guillon


Eh ! Oui Père, cela te fait un an de plus, mais pour nous cela fait une éternité….

Qu’a apporté, cette année, à ton Peuple que tu es sensé guider sur la voie du Progrès (le sien).

 

Nous aurions du nous méfier de ce que tu annonçais.

 

 

Lire la lettre

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Vie politique
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 18:46

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Par Guylain Chevrier


C’est le 20 janvier dernier que l’historien François Durpaire, spécialiste de Barack Obama et des questions de diversité, a lancé l’Appel pour « une République multiculturelle et post-raciale ». Ce mouvement est soutenu par de nombreuses personnalités telles que Lilian Thuram (« champion du monde de football »), Rama Yade (secrétaire d’Etat), Valérie Pécresse (Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche), Richard Descoings (ex-directeur de Sciences Po), mais aussi Jean-Paul Huchon (Président du Conseil régional), Christiane Taubira (ex-candidate des noirs aux élections présidentielles de 2002) … Ils accompagnent leur tribune de 100 propositions « pour aboutir au mieux-vivre ensemble en France. »…

Cette nouvelle opération des milieux qui militent pour la discrimination positive est relayée par toute la presse écrite et radio-télévisée sans la moindre approche critique. Un véritable scandale en regard du débat démocratique ici totalement bafoué en l’absence de contradicteurs.

De Thuram au PS et à la droite : le procès raciste du peuple de France

Lilian Thuram qui est l’un des initiateurs et meneurs de cette vaste offensive contre la République et la laïcité vient simultanément de sortir un livre, sans qu’il n’y ait ici aucun hasard, intitulé « Les lumières noires », où il met en scène l’idée de personnalités noires qu’il faudrait prendre pour exemple du côté des jeunes de couleur des cités. Comme il aime à le dire, il faudrait selon lui, « Montrer des gens de toutes les couleurs dans les manuels scolaires ». Depuis quand n’a-t-il pas ouvert de manuels scolaires pour être aussi ignorant à se laisser penser ou à croire qu’il n’y il y aurait dans ceux-ci que des blancs, ridicule d’inculture ! Mais par contre, ce qui est certain, c’est que Descartes, Jean-Jacques Rousseau ou Freud étaient blancs, et qu’on ne pourra jamais les remplacer par des personnalités noires pour faire plaisir à Lilian Thuram ! Ceci étant dans nos livres d’histoire ou même de littérature, il y a longtemps que Martin Luther King figure en bonne place, sans aucunes arrières-pensées. Cette thèse en martyrologie est bien connue pour son simplisme.

De tout ceci il ressort que la question principale serait de décomplexer les individus de couleur noire en raison du fait que cette couleur qui est la leur les intimiderait, en lien avec un inconscient collectif français n’ayant pas rompu avec un racisme post-colonial. L’essentiel des problèmes posés aux populations immigrées de couleur noire s’intégrant en France seraient relatifs selon lui à la nécessité de dépasser des préjugés racistes chez les Français (il faut entendre chez les blancs).

Cette simplification sans fondement qui met en accusation le peuple français avec des relents racistes anti-blancs, si elle n’était pas tant relayée en y prenant du crédit par le système médiatico-politique, avec en toile de fond les déclarations en faveur de la discrimination positive du chef de l’Etat, n’aurait sans doute qu’un faible écho et volerait en éclat sous la critique. Mais il se trouve que le Lilian Thuram qui, grâce à une France qui n’a pas eu beaucoup de préjugés à en faire l’un des membres de son équipe nationale championne du monde, est invité d’honneur un peu partout, pour faire le procès de son pays. A « Ce soir ou jamais » l’émission de Frédéric Taddéï sur France 3 ou encore à l’émission du journaliste Harry Roselmack sur RTL transformé en rédacteur en chef de son journal, dans Le Monde ou l’Humanité…

Derrière cette opération où on retrouve tout ce qui se fait de mieux dans le genre « promoteurs de la discrimination positive », il y a une collusion une fois de plus entre droite et PS. Là aussi il n’y a pas de hasard, on peut pourtant s’étonner que des représentants de la république en exercice soutiennent une telle démarche sans avoir à rendre des comptes sur l’usage qu’ils font de la notoriété que leur donne leur fonction aux citoyens qu’ils représentent.

Les Etats-Unis et la mondialisation libérale pour modèle de société : encore et toujours contre le peuple !

François Durpaire en porte-parole de cet appel en exprimait toute la nature en quelques phrases signifiantes : « Parce que c’est le sens de l’Histoire et parce que la France est un carrefour de la mondialisation, notre pays doit se mettre en conformité avec son époque. Il est grand temps pour nous d’atteindre l’ère post-raciale, comme les USA (décidément toujours en avance) sont en train d’y parvenir. » Voilà comment était présentée la dernière initiative de ceux qui veulent créer un front antirépublicain contre l’égalité, leur visée étant d’en finir avec cette dernière pour la remplacer par l’équité, au nom d’une justice sociale s’appuyant sur toutes les victimisations ethniques, religieuses etc., pour nous engager dans la discrimination positive tant voulue par le Président de la République.

Ces gens là prennent exemple sur les Etats-Unis dont on connaît la formidable réussite c’est sûr, en matière de mises à part et de libéralisme sans frein, l’un n’allant pas sans l’autre.

Cette société qui est parvenue avec sa population noire où a sévi une ségrégation que notre pays n’a jamais connue, ce tour de force de faire que, en leur donnant les droits civiques, ils ne s’agrègent pas au peuple américain, mais continuent de rester à part. Comment ? En usant précisément de ce que nous demandent à corps et à cris les Thuram et consort, la discrimination positive. Pour maintenir les citoyens noir-américain à part, il fallait leur donner l’illusion de les favoriser en leur attribuant des droits discriminés qui ne les rendait surtout pas égaux aux blancs mais les maintenaient à la marge de la société, et ce, en les montant contre le reste du peuple et en leur donnant des droits à part au nom de réparer le passé. C’était ainsi rendre impossible leur agrégation au peuple américain qui n’a de peuple que le nom tant il est divisé en une multitude de communautés aux droits discriminés, rendant caduque sa capacité à se défendre contre l’injustice sociale qui est la règle de cette société.

C’était de cette façon préserver le système politico-financier dont Obama assure la pérennité, un système le plus injuste avec la législation sociale la plus arriérée du monde occidental, des sociétés dites avancées. Quel bel exemple qui serait donc à suivre, décidément ! Présenter la France comme en retard sur les Etats-Unis est d’une malhonnêteté intellectuelle ou d’un niveau d’ignorance qui touche les abysses, pourtant c’est l’axe principal de cette attaque contre la république qui dans son appel ne la cite que pour mieux l’assassiner !

Une déclaration de guerre contre la République et la laïcité !

Ce porte-parole continue de plus belle dans une langue de bois du pire genre : pour « mieux vivre ensemble en France (…) il convient de réaliser la représentation de la diversité partout : entreprises, politique, médias, etc. Parallèlement, il faut garantir les droits fondamentaux des minorités en combattant les discriminations à l’embauche, au logement et à l’éducation (notamment supérieure). Ainsi la question des quotas s’impose. A première vue, il est logique de s’y opposer. Car l’affirmative action à l’américaine va à l’encontre du principe français d’égalité des droits entre citoyens. Mais quand ce pacte républicain est inefficace contre les discriminations, quand les décideurs (patrons, bailleurs, politiques, ...) négligent une grande frange de la population, il devient alors illusoire de patienter et rêver que les choses avancent d’elles-mêmes. Il est des sujets où les nobles valeurs et les belles paroles ne suffisent plus. Il est des problématiques où la République reste dangereusement passive. C’est pourquoi le volontarisme devient la seule solution contre les inégalités. »

 

Un discours bien huilé qui est une déclaration de guerre contre la laïcité. Au lieu de porter au-dessus des différences le bien commun, l’intérêt général (non pour les nier mais pour mieux permettre qu’elles vivent ensemble en bonne intelligence certaines que l’une d’entre-elles ne prenne pas le pouvoir sur les autres) on fait voler en éclat toute idée de vivre ensemble en faisant prévaloir les différences sur la citoyenneté. On joue avec le feu de la dynamique du communautarisme qu’il soit d’essence raciale ou religieuse, pour que demain comme aux Etats-UnisLa France est le pays de la solidarité, du vivre ensemble et de l’égalité opposée par nature au modèle communautariste anglo-saxon !

Notre pays est mis par ces gens au ban du monde en jouant sur une victimisation à outrance qui n’a aucun fondement. La France est la première destination d’asile au monde et le pays en Europe qui accueille le plus d’immigrés. Serait-ce parce qu’il est raciste et discriminatoire qu’il attirerait ainsi les populations venues d’ailleurs ? Notre pays est aussi celui qui intègre le mieux les populations qui y émigrent, qui les naturalise le plus (on est passé de 45000 naturalisations en 1995 à 107 000 aujourd’hui), qui connaît un mélange de population qu’aucun autre ne peut afficher avec une mixité qui domine largement la généralité en regard de cités ghettos qui en réalité sont ultra-minoritaires. Les services publics qui font l’originalité du modèle social français avec leurs services sociaux prennent en charge une majeure partie des personnes d’origine immigrée relevant souvent des couches sociales les plus en difficulté, traité selon le principe républicain d’égalité de traitement devant la loi, sans aucune discrimination !

Dick Howard, politologue américain, interrogé sur France-Infos le 20 janvier dernier expliquait que nous avions de la chance d’avoir le mot « solidarité » qui n’existe pas dans les pays anglo-saxons selon lui, insistant sur le fait que la réforme d’Obama n’a rien à voir avec les illusions que crée la campagne médiatique faite autour de cette gageure, le système de santé américain étant couvert à 90 pour cent par l’assurance privée ce qui n’est nullement remis en cause.

Les Etats-Unis, une société qui serait devenue post-raciale ? Mais qu’est-ce qu’ont donc dans les yeux ces faiseurs pour prétendre voir dans ce pays une telle évolution ? N’est-ce pas dans ce pays qu’il existe dans les villes un quartier pour chaque groupe ethnique où on se divise territorialement selon la couleur ! Qu’elle belle société effectivement que celle-là ! On sait comment les Etats comme la Louisiane et la Nouvelle-Orléans touchés par l’ouragan Katrina ont été plongés dans la désolation et sont laissés à l’abandon en raison d’être essentiellement habités par des noirs !

On sait comment aux Etats-Unis en raison des codes de bonne conduite il est impossible de parler du racisme mais comment cette impossibilité en réalité fige les situations, chacun gardant son ressentiment pour lui pour maintenir des fractures ou en créer. Cette discrimination positive imaginée soi-disant pour rattraper le retard des noirs par rapport au reste de la population américaine mettant en œuvre le principe vieux comme le monde de « diviser pour régner », a créé toutes les conditions pour qu’aujourd’hui l’Amérique conservatrice dominée par des riches, blancs ou noirs, demeure sans aucune opposition politique et sans mouvement social.

Le communautarisme comme politique vers l’obscurcissement de l’histoire

François Durpaire n’hésite pas à s’appuyer sur la parité pour justifier la discrimination positive : « 10 ans après la loi sur la parité en politique, il est évident que sans ça les femmes ne seraient toujours pas représentées. Aussi, cette mesure a ensuite incité les entreprises à faire entrer les femmes dans leurs directions. » Comme on pouvait l’imaginer déjà lorsque la parité a été mise en place, cette démarche quoi qu’on en dise, initiait pour la première fois une rupture avec le principe d’égalité dans la république, qui risquait d’avoir ce genre de conséquence en servant un discours et une idéologie anti-égalitaire, comme avait su courageusement nous mettre en garde vis-à-vis de ce risque Elisabeth Badinter dans son ouvrage intitulé « Fausse route » (2003)

Il enchaînait ensuite en toute bonne logique une autre proposition : « l’idée d’un ministre de la diversité et de préférence un Réunionnais (…) Riche d’une telle culture du melting-pot réussi (à la réunion), il saurait mener la France sur le chemin post-racial. Celui d’un avenir harmonieux pour tous les Français, où tous y gagneraient. » Mais qu’y gagnerait-on effectivement et surtout qu’y perdrions-nous ?

Avec ses « Lumières noires » Lilian Thuram est tout aussi pitoyable que cet appel, pour nous entraîner en réalité vers l’obscurité. Comment ne sait-il pas que la logique des quotas qu’il demande sert depuis des années d’alibi à la société américaine pour prétendre justement avoir réglé le problème du racisme alors que rien n’a changé en dehors d’une apparence à peine trompeuse ! Obama montre très bien comment, président noir ou non, il dirige une Amérique qui n’a pas bougé d’un iota sur ses bases, toujours plus brutale pour les pauvres et pour tous ceux issus de la ségrégation, des couches populaires de la société. Des millions d’Américains vivent dans la rue, des millions de familles, dont beaucoup de personnes noires ou d’origine immigrée, et sans aucune aide de l’Etat.

L’illusion créée par des quotas qui mettent en avant quelques grandes figures symboliques cache mal le fait que tous les autres soient laissés sur le carreau, avec une middle classe américaine métisse qui est aussi mensongère comme symbole de la réussite que la façon dont l’écume des vagues rend compte de la tempête. Obama participe d’une immense manipulation politico-médiatique qui commence à être dénoncée par ceux qui l’ont soutenu et sautaient de joie de façon si naïve lors de son élection, comme si la couleur allait changer quelque chose à la réalité du cynisme de ce système de l’argent roi dont les Etats-Unis sont le pourvoyeur principal et dont on nous fait payer en Europe le prix de la crise.

Pas une conquête collective digne du mot progrès n’a été réalisée au nom de la discrimination positive, toutes les conquêtes sociales qui ont bénéficié à tous ont été le fruit de la lutte pour l’égalité. On voit par l’histoire ce qui relève du progrès ou de la régression.

Il ne faut pas suivre ces idéologues de l’abandon de l’idéal d’un monde meilleur

Pourquoi un tel mensonge éhonté est-il défendu par ces propagandistes de la discrimination positive qui nous invitent à rompre avec l’égalité ? Cette idéologie est le fruit de la tendance à la mode du post-modernisme qui entend valider le capitalisme comme fin de l’histoire en conséquence de quoi il ne resterait plus qu’un maigre gâteau à partager et des stratégies à mettre en place pour s’en répartir les parts et les miettes, le communautarisme et la discrimination positive qui en est le jumeau pour moyens, donnant une plus-value à individualisme. Les élites qui participent de ce mouvement sont dans la logique de la trahison du peuple, livré par les divisions communautaires pieds et points liés à la mondialisation et au marché sans pitié.

Ces gens là en nous invitant à renoncer à l’égalité révèlent qu’ils ont déjà renoncé à tout combat pour changer la société vers un progrès pour tous et en arrivent donc à vouloir nous entraîner dans une régression du progrès, des libertés et de la démocratie derrière leur projet. Car que serait une société qui ne se penserait plus qu’en communautés concurrentes de droits selon la couleur, l’ethnie, la religion, pour laquelle comme aux Etats-Unis, la citoyenneté serait le dernier degré d’identification collective : une société ayant perdu tout sens du bien commun, de l’intérêt général et de tout projet d’avenir pour le peuple.

Ils osent prétendre vouloir améliorer le vivre ensemble, mais si on les laissait faire, ils signeraient sa mort et avec elle la mort de toute idée de peuple, la mort de tout projet de changement de société pour tous. On comprend pourquoi du PS à la droite on s’entend sur ce sujet, entre libéraux qui rêvent d’une Europe impériale, détruisant les nations et les peuples pour faire prévaloir un nouvel ordre, celui de la mondialisation et de l’ethnicisme et des religions, en prenant l’immigration comme cheval de Troie de la remise en cause des conquêtes collectives qui ont fait de la France un modèle en matière de politiques sociales.

La discrimination positive, de la régression de la démocratie à un nouveau fascisme !

Mais n’est-ce pas finalement une des pires formes de racisme que cette discrimination positive ? N’est-ce pas de cette façon, en mettant dans une posture d’infériorité des individus en raison de leur différence, les stigmatiser, les jeter en pâture au risque d’un racisme généralisé qui aurait soudain des bases trop réelles par les ressentiments provoqués par le fait d’inciter chacun à voir l’autre d’abord à travers ce qui le différencie, les droits spécifiques et concurrents de groupes ethniques. Des différences vécues comme autant de statuts imposés aux dépends des autres au nom d’équilibrer les choses et finalement de poser le principe d’inégalité comme seul point commun.

Ici comme hier, il est question de regarder en face avec discernement où cette logique collective nous entraîne, derrière ce qui passe pour de belles paroles animées de générosité, vers un déclin de la civilisation démocratique, une vraie régression de l’histoire et en fin de compte, vers un nouveau fascisme.

 

Riposte Laïque

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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