Il a dit...


"Il n'y a que la force de l'Etat qui fasse la liberté de ses membres." Jean-Jacques Rousseau

 
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Mardi 10 novembre 2009

Nous pénétrons aujourd'hui en pleine "modernité socialo-carpentrasienne". L'adjointe du maire Francis Adolphe, Mme Laurence BOSSERAI, Adjointe déléguée à l'enseignement et à la petite enfance exerçant la profession de professeur agrégée (!) a décidé de dénommer la crèche Emile Zola pour cause de "misérabilisme lié à l'auteur qui démoraliserait les enfants" (!) et de renommer cette crèche "berlingot".

L’adjointe à la petite enfance explique , sans rire « c’est une question de perception mais Zola évoquait le déterminisme social ».

Ce fait participe pleinement du débat sur l'identité de la France.

Un petit rappel:

Émile Zola naît Italien à Paris de Francesco Zola et d’Émilie Aubert. Son père, ingénieur de travaux publics, ancien officier subalterne italien, meurt en 1847 après avoir été responsable de la construction du canal Zola à Aix-en-Provence, lieu pas très éloigné de Carpentras.
Dès sa  jeunesse, Émile Zola accumule les lectures  et considère  l'écriture comme sa véritable vocation. En sixième, il rédige déjà un roman sur les croisades.
Adulte, c'est au travers de ses interventions dans la presse politique que l'engagement de Zola est le plus marquant.  Zola entre au nouvel hebdomadaire républicain La Tribune, où il pratique ses talents de polémiste par l'écriture de fines satires anti-impériales (Napoléon III règne depuis 1852).
Courageux, Zola s'attaque avec dureté aux ténors de l'Assemblée. Il vilipende une Chambre peureuse, réactionnaire, « admirablement manipulée par Thiers» (le fusilleur de la commune). Il tombe deux fois sous le coup de la loi, et est mis en état d'arrestation en mars 1871.
Il défend aussi activement les communards graciés par la loi d'amnistie, en évoquant les parias de la Révolution de 1848 dans Le Ventre de Paris et en soutenant notamment Jules Vallès afin qu'il puisse publier ses propres textes. Ce seront les derniers articles politiques de Zola, puisqu'il a entrepris le cycle des Rougon-Macquart qui va l'occuper pendant vingt-deux années.
Le romancier intervient dans l'affaire Dreyfus à la fin de l'année 1897. Les campagnes de haine antisémite incitent Émile Zola à s'engager en faveur des juifs. Son premier article est publié dès le lendemain dans Le Figaro. Il est suivi de Le Syndicat le 1er décembre et de Procès-verbal le 5 décembre. Il le conclut par la phrase prophétique, restée célèbre : « La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera ». Le véritable traître en lieu et place d'Alfred Dreyfus, le commandant Esterhazy, est dénoncé puis jugé par un Conseil de guerre à Paris le 10 janvier 1898. Il est acquitté le lendemain. Après la condamnation d'un innocent, c'est l'acquittement du coupable, ce qui amène Zola à la réaction.
Émile Zola avait préparé depuis plusieurs semaines un résumé de l’affaire Dreyfus. Le Figaro ayant refusé ses derniers articles afin de conserver son lectorat le plus conservateur, l’écrivain se tourne vers L’Aurore. Il termine la rédaction de l’article dans les quarante-huit heures suivant le verdict. Initialement nommé « Lettre à M. Félix Faure, Président de la République », Ernest Vaughan (le directeur de L'Aurore) et Clemenceau lui trouvent un autre titre, plus ramassé et percutant : « J'Accuse...! »  Cet article est la première synthèse de l’affaire Dreyfus, que le public découvre enfin dans sa globalité. Le retentissement de l’article est considérable en France comme dans le monde.  La réaction du gouvernement ne se fait pas attendre, en assignant Émile Zola pour diffamation.

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Et voici qu'une adjointe PS par ailleurs enseignante (professeure agrégée; diantre!) trouve une identité culturelle dans...  le berlingot. La France depuis la Révolution française repose sur le socle de sa construction politique sur laquelle l'auteur de Germinal à sa part de construction, identitaire comme de nombreux métèques (dont l'auteur de ces lignes).

Peut-être sera-t-il loisible à Mme BOSSERAI lors de congés mérités et payés par les conquêtes ouvrières dont elle doit par ailleurs se réclamer lors des coktails branchés, de lire la geste des Rougon-Macquart. Occasionnellement et sans misérabilisme, pourra-t-elle également se pencher sur le misérabilisme hugolien, accessoirement celui de Voltaire et bien entendu sur le programme du Conseil national de la résistance.

Si Zola évoque le déterminisme social, comme l'évoque la lignée des Lumières, le crétinisme déterminant se rapporte à ceux qui, année après année s'éloignent de la République au profit du... berlingot.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité & Cohésion Nationale
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Lundi 9 novembre 2009

Au vu de l’enlisement de l’OTAN, « il est clair désormais qu’il nous faut repenser la question des buts comme celle des alliances, » constate Jacques Sapir, qui suggère de rechercher une implication des puissances voisines, la Russie, la Chine et l’Iran, dans la résolution du conflit, mouvement qui selon lui pourrait préfigurer un rapprochement entre l’Alliance Atlantique et l’Organisation de Coopération de Shanghaï. Cette redéfinition des objectifs et de la stratégie requiert que le « scénario de cette guerre ne [soit] écrit uniquement, ou même principalement, par les Etats-Unis ». « La principale faute du gouvernement français et de son Président actuel ne fut pas de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN mais de ne pas avoir usé de ce prétexte pour forcer les Américains à discuter de ces questions, dans notre intérêt comme dans le leur », estime Jacques Sapir, qui s’interroge : la France fera-t-elle preuve du courage nécessaire pour impulser ces remises en cause ?


Par Jacques Sapir,
Directeur d’études à l’EHESS

La seconde guerre d’Afghanistan dure maintenant depuis plus de sept ans. C’est l’age de la maturité, mais c’est aussi celui des bilans. C’est une guerre discrète, qui a le bon goût de ne pas venir envahir la une de nos quotidiens ni des journaux télévisés, sauf en cas de pertes importantes, comme en 2008. C’est une guerre que l’on pourrait presque oublier. D’ailleurs, à ne voir que les images que l’on veut bien nous montrer, l’Afghanistan n’est présent dans notre quotidien que très épisodiquement, et sous la forme d’un hôpital que l’on inaugure un jour en présence de personnalités du monde des arts et du spectacle, d’une ferme modèle ou d’une école un autre jour.

Qui croirait que dans cette guerre se jouent des équilibres internationaux ? Le retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN a pourtant été justifié par ce conflit. C’est dire tout le mérite de ce livre et de ses auteurs, qui ont remis sur le devant de la scène cette guerre pour tenter d’en tirer les leçons avant qu’il ne soit trop tard. Car, cette guerre, nous pourrions bien la perdre, et avec elle l’ensemble de notre crédibilité de « démocratie occidentale ».

Qui parle de guerre dit les morts et les blessés, les estropiés et les victimes civiles, ici bien plus nombreuses que les victimes militaires. Il n’est pas de guerre sans victimes, en dépit de ce que l’on veut nous faire croire. Faire la guerre implique de tuer, souvent, et de mourir, parfois. On ne fait donc pas la guerre innocemment, et l’on ne la fait pas par hasard ; du moins ne le devrait-on pas.

Pourtant, cette guerre a quelque chose de clandestin. C’est une guerre faite en fraude, par une alliance, l’OTAN, dont ce n’était ni le but ni la fonction, et qui a été véritablement détournée de son objectif premier. Elle ne devait pas prendre d’ailleurs la figure d’une guerre initialement, tout au plus d’une mission de maintien de l’ordre faisant suite à l’offensive américaine de l’hiver 2001-2002.

Alors, nous l’oublions, jusqu’à ce qu’un événement, en général tragique, la propulse pour un instant à la première page. Nous avons alors droit à des discours, mi-ronflants mi-larmoyants, sur la nécessité de cette guerre et sur l’indispensable union nationale qu’elle devrait impliquer. Puis, toute cette émotion retombe et l’on oublie l’Afghanistan jusqu’au prochain incident, à la prochaine catastrophe. Est-ce parce que nous ne savons pas vraiment pourquoi sommes-nous en Afghanistan ? Est-ce par ce que notre présence est inadéquate ? Est-ce enfin parce que cette guerre que nous menons sans la diriger, et dont nous avons honte dans certains milieux, est une guerre que nous sommes en train de perdre ?
Ces questions dérangent, mais il faut les poser.

Les interventions militaires des puissances occidentales semblent aujourd’hui provoquer plus de chaos que d’ordre. Il faut s’interroger sur ce paradoxe. L’application de la force armée devait nous donner plus de sécurité. Elle n’a réussi qu’à étendre l’insécurité, à contaminer un autre pays (le Pakistan), tout comme il y a quelques années de cela une autre intervention contre le pouvoir des « tribunaux islamiques » de Somalie a donné un nouveau développement à la Piraterie sur la façade est de l’Afrique. Est-ce parce que ces guerres sont inutiles ou parce qu’elles sont mal menées ?

Plus profondément, c’est la question de la « guerre à distance » qui est posée. Cette théorie de la guerre est en train de gagner progressivement tous les pays occidentaux, à l’imitation des Etats-Unis. Mais, la « guerre à distance », avec sa promesse de pertes nulles (du moins pour celui qui la pratique...), s’avère un piège redoutable qui se referme sur celui qui s’y abandonne.

Dans le même temps, on assiste à un retour du concept de guerre « anti-insurrectionnelle ». Ce dernier, plus réaliste en apparence, n’est pas non plus sans défauts. Il oblige dans tous les cas à repenser l’articulation des moyens militaires et des moyens civils (parfois mis en oeuvre par des militaires ou d’anciens militaires) nécessaire pour que ces opérations apportent une sécurité durable.

Enfin, se pose la question de l’ordre que nous voulons établir. Comment créer un Etat alors que nous sommes en train, au nom de l’idéologie néo-libérale, partout de les affaiblir et de les démanteler ? Cela est vrai aussi en Afghanistan où des sociétés de sécurité privées, avec leurs propres règles d’engagement, se développent et prolifèrent en parallèle à l’action publique, et où l’on a voulu imposer de toutes forces la privatisation d’une agriculture aux dépens des structures collectives qui existaient dans les villages.

On aboutit à reformuler le paradoxe par lequel nous avons commencé. Cherchons-nous réellement à produire de l’ordre ou, au contraire, sommes nous engagés, volens nolens, dans une production de chaos à grande échelle ? Peut-il y avoir un ordre néo-libéral ou bien ce dernier concept est-il si radicalement étranger à la notion d’ordre qu’il ne peut que produire du chaos ? Cette question est loin d’être académique. De la réponse que nous lui apporterons dépendra le sort de l’Afghanistan mais aussi, d’une certaine manière, le nôtre.

Sommes-nous en train de répéter les erreurs des Soviétiques ?

Ce n’est pas un mystère que la guerre a pris pour les forces de l’OTAN une mauvaise tournure. Ceci nous est confirmé de manière quasiment quotidienne par l’allongement sinistre de la liste des pertes humaines. Encore faut-il signaler que, dans ces pertes, nos ministres et nos journalistes ont le bon goût de ne pas ajouter celles de la population civile qui sont, et de loin, nettement plus considérables.

La montée en puissance des Talibans, l’insécurité qui règne dans les villes, et ce alors que, au départ, elles étaient relativement sures, sont ici autant de signes indéniables d’une dégradation de la situation sur le terrain. Il faut y ajouter la déstabilisation du Pakistan, dont les « zones tribales » ont été un refuge pour ces mêmes Talibans et qui, aujourd’hui doit faire face à une double offensive de ces derniers, la première sur le terrain directement militaire et la seconde, peut-être plus dangereuse encore, qui a pris la forme d’une pénétration des administrations et des forces de sécurité. Dans un pays brutalement fragilisé par la crise économique depuis 2008, et confronté au reflux des capitaux en provenance du Golfe, la combinaison de l’insécurité économique et de l’insécurité politique pose un redoutable double défi.

L’OTAN est entrée en Afghanistan, à la suite des Américains, escomptant une guerre courte qui serait suivie d’une période d’opérations de maintien de l’ordre. Si, effectivement, les forces des Talibans n’ont pu empêcher les Américains et les Forces de l’OTAN de se saisir des principales villes, c’est dès ce moment qu’une grave erreur a été commise. En poussant Hamid Karzaï au pouvoir, les Américains se sont peut-être assurés de la fiabilité du gouvernement de Kaboul, mais certainement pas de sa légitimité. Les accords passés avec divers chefs de guerre ont certes permis une avancée rapide des troupes de la coalition, mais au prix d’une fragmentation du pouvoir. Confiant dans des accords qu’ils ont signés avec le commandement militaire, ces chefs de guerre n’ont pas perdu de temps pour renforcer leur pouvoir en leurs fiefs. La corruption éhontée du gouvernement central, qui trouve son origine dans la famille du Président et qui a été favorisée au départ par les Américains qui y ont vu un moyen simple de s’assurer des fidélités, n’a fait que renforcer le manque de légitimité du gouvernement en place à Kaboul. La consternante mascarade de l’élection présidentielle, qui a vu Hamid Karzaï déclaré vainqueur par défaut, son concurrent s’étant retiré devant l’ampleur des fraudes, ne vient pas redorer le blason de ce pouvoir.

On connaît la suite des événements. La corruption est donc devenue endémique, aboutissant à une dilution de l’aide et à son inefficacité. On estime aujourd’hui que 20% de l’aide internationale atteint ses destinataires. Les infrastructures, à l’exception de celles qui ont un intérêt militaire, sont toujours en ruines. La politique de la Banque Mondiale, qui a poussé à la privatisation de terres en propriété collective villageoise (car dépendant des systèmes d’irrigation) a provoqué un effondrement des cultures tant vivrières que commerciales. Cette catastrophe s’est accompagnée de la reprise de la culture du pavot, qui avait été sérieusement limitée par les Talibans. Ce qui avait d’ailleurs été un des très rares gestes positifs qu’ils aient faits durant leur période au pouvoir.

Dès lors s’est mis en place un cercle vicieux infernal. L’appauvrissement de la majorité de la population conduit au recours aux cultures anciennement interdites, ce que favorisent les pouvoirs locaux. Ces derniers reprennent alors le cycle des exactions et du trafic qui leur avaient valu d’être supplantés par les commandants Talibans. La nostalgie pour l’ancien ordre ne fait que croître et entraîne une répression largement aveugle de la part des troupes de l’OTAN, tandis qu’à Kaboul se développe une économie de la rente et de la prédation. Tout cela contribue alors à faire à nouveau le jeu des Talibans, et entraîne de nouvelles attaques des troupes de l’OTAN avec des dommages importants dans les populations civiles. Par ailleurs, poussée au désespoir par les conditions matérielles et l’absence totale de perspectives, la fraction « moderne » de la population ne voit pas d’autres solutions que l’exil et vient grossir le flot qui s’accumule à Calais.

Le fait est que si le régime des Talibans était incroyablement arriéré et sanguinaire, les puissances occidentales ont plongé l’Afghanistan dans un chaos qui s’est avéré, à certains égards, pire encore pour la population, à l’exception de quelques rares microrégions et de quelques privilégiés. La puissance de feu des troupes de l’OTAN s’avère dès lors incapable de gagner la guerre. Dans un certain nombre de cas, elle contribue même aux problèmes évoqués plus haut.

On peut ici faire la comparaison avec la guerre que menèrent les forces soviétiques. L’inadaptation des moyens et des forces a été patente durant toute la première période du conflit. Ceci avait conduit à de lourdes pertes. Le processus d’apprentissage qui s’est alors produit a conduit à accorder une importance particulière aux progrès sociaux de la population civile, du moins dans les parties que les Soviétiques considéraient comme utiles, et à appliquer une politique de la terre brûlée et du combat à outrance dans le reste de l’Afghanistan. On oublie un peu vite que le gouvernement, que les Soviétiques avaient mis en place sur la base d’une partie de leurs partisans locaux, a réussi à survivre trois ans au départ de leurs troupes. Combien de semaines le gouvernement Karzaï tiendrait-il si les Américains et l’OTAN devait quitter soudainement le pays ?

Or, il faut être bien conscient que c’est à cette aune-là qu’il nous faudra mesurer le succès ou l’échec de notre présence. Les conditions de notre départ seront aussi les conditions de notre succès.

Pour l’instant, non seulement avons-nous été dans l’incapacité de sécuriser ne serait-ce qu’une partie de l’Afghanistan, mais nos méthodes de guerre, qui sont en train de ruiner la société afghane ont profondément déstabilisé le Pakistan voisin. Nous voici confrontés à une crise de sécurité globale dans la région, et dans laquelle est impliqué un pays qui dispose de l’arme nucléaire. Ce problème est en réalité bien plus important que celui de l’Iran. Il fait réellement de l’Afghanistan un enjeu stratégique et politique majeur.
La nature et les buts de la guerre.

Cette guerre est aussi déterminée par ce que furent, et ce que sont, ses buts. La décision de « libérer » l’Afghanistan de la domination cruelle des talibans a été présentée au monde occidental comme une évidence, que renforçait la complicité de ses derniers dans les attentats du 11 septembre 2001. Mais, rapidement, la réalité de la guerre a divergé de ce qu’elle était censée être.

Si les talibans ont été chassés de Kaboul dans les provinces nombreux sont les chefs de guerre qui furent leurs alliés et qui survivent aujourd’hui, sur la base d’accords passés soit directement avec les Américains soit indirectement par le biais du gouvernement Karzaï. La population de l’Afghanistan a par ailleurs fort peu profité de cette « libération ». Aussi est-on est en droit de se demander si l’on n’a pas sacrifié l’avenir dans la manière dont ont installé un nouveau pouvoir. Au-delà, c’est bien l’esprit même de cette guerre que l’on a trahi en tolérant au mieux une version molle de la dictature des talibans, au pire (dans certaines régions) une reprise à l’identique de cette même dictature, pourvu qu’elle soutienne les forces de l’OTAN. Ainsi peut s’expliquer le manque de vigueur des protestations des pays occidentaux face au trucage des élections présidentielles de 2009. Il contraste fortement avec ce à quoi l’on est habitué par ailleurs, et en particulier quand ces élections se déroulent dans des pays dont les politiques sont contradictoires aux nôtres. Mais, ce faisant, on enfonce encore un peu plus le clou dans le sentiment, aujourd’hui très répandu, que la « démocratie » et les « valeurs occidentales » ne sont que des prétextes. Nous participons ici à une instrumentalisation des valeurs démocratiques dont nous serons, à terme, les premières victimes.

Au-delà, cette politique révèle un dangereux paradoxe : pour protéger nos soldats, nous sommes désormais conduits à pactiser, ou à chercher à pactiser, avec les néo-talibans. Mais nos soldats sont en théorie en Afghanistan pour se défaire de ce régime. Ainsi se révèle une stratégie doublement perdante. Pour les ultras, tout gouvernement ayant l’aval des occidentaux sera illégitime. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les talibans ont rejeté la main tendue par le gouvernement Karzaï. Pour les autres, et qui devraient être nos alliés, à quoi bon s’engager derrière les occidentaux si ces derniers sont prêts à passer des compromis pour obtenir le ralliement des talibans ?

Qui donc aujourd’hui peut croire que nous sommes réellement en Afghanistan pour y défendre les « droits de l’homme » (et ceux des femmes en particulier) ? Ainsi s’inscrit le cercle de la désespérance qui pousse une partie de l’élite intellectuelle afghane dans l’émigration. La politique stupide de notre Ministre de l’Intégration, Éric Besson, vient alors conforter la politique absurde de notre Ministre des Affaires Étrangères, Bernard Kouchner. Le premier veut renvoyer dans leur pays ceux qui ont fuit la situation mise en place par le second. Il leur dénie, contre toute évidence, le statut de réfugiés. Quant au second, l’aveuglement criminel dont il fait preuve quant à la politique américaine, et dont il a déjà donné des exemples que ce soit au Kosovo ou au sujet de l’Irak, le conduit à apporter la caution de la France à une situation chaque jour plus désastreuse.

Cependant, cet écart désormais palpable entre les buts proclamés et la réalité nous révèle aussi la possibilité qu’il y ait des buts de guerre inavoués car inavouables. On peut en dresser une courte liste.

Il y a tout d’abord la volonté américaine de trouver aux hydrocarbures d’Asie Centrale une voie de sortie qui ne soit dépendante ni du bon vouloir des Russes ni des Iraniens. Tel fut, ne l’oublions pas, le sens de la diplomatie américaine du temps du Président Clinton.

Il y a ensuite la volonté de s’installer dans ce qui est l’un des pivots géostratégiques d’une région à haut risque.

Il y a enfin la volonté délibérée de faire une démonstration de puissance à l’usage des voisins, qu’il s’agisse de la Chine ou de l’Iran, et de s’attirer les bonnes grâces de l’Inde.

Disons le tout net, si telles étaient les raisons de la présence de l’OTAN, c’est bien à un échec tout aussi patent que l’on est confronté. La démonstration de force a tourné court. La présence géostratégique est d’ailleurs dépendante largement de cette démonstration de force. Elle est au mieux contestable dans les circonstances actuelles. Quant aux intérêts pétroliers, il est clair aujourd’hui que pour au moins une décennie, si ce n’est plus, nulle compagnie n’investira dans la région, sauf peut-être une compagnie Russe...

Reste donc l’argument qui nous est aujourd’hui présenté. L’Afghanistan est l’un des foyers du terrorisme et cela exige notre présence pour combattre ce dernier. Mais, il n’y a rien de terroriste par nature dans un peuple, et le pouvoir des talibans d’ailleurs ne fut pas la seule source de ce dit terrorisme. La meilleure des réponses au terrorisme serait de permettre à l’Afghanistan d’évoluer vers une situation, si ce n’est de liberté, du moins de progrès social. Il faut alors noter qu’une telle stratégie implique une rupture nette à la fois avec tout ce que compte l’Afghanistan de néo-talibans et aussi avec ce que charrie l’idéologie néo-libérale. Nous n’en prenons pas le chemin.

Faudra-t-il alors s’accommoder de la litanie des pertes, et ce jusqu’au moment où les opinions publiques, à juste titre lassées, nous obligerons à nous retirer ?

Nous voici donc dans une guerre qui ne dit pas son nom, dont les buts sont aujourd’hui suffisamment brouillés et obscurcis pour devenir indéchiffrables, et dont le coût, humain et matériel, ne cesse de monter. Les options qui nous sont offertes ne sont pas illimitées et le temps qui nous est imparti n’est pas indéfiniment extensible. C’est pourquoi les problèmes des alliances, et du fonctionnement de l’Alliance atlantique, sont aujourd’hui posés, même si peu nombreux sont ceux de nos dirigeants politiques qui veulent bien l’admettre.
Les alliances.

Il est donc clair désormais qu’il nous faut repenser la question des buts comme celle des alliances. La principale faute du gouvernement français et de son Président actuel ne fut pas de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN mais de ne pas avoir usé de ce prétexte pour forcer les Américains à discuter de ces questions, dans notre intérêt comme dans le leur. Nous ne saurons jamais qu’elle eut été la réaction américaine à un ultimatum de Paris : soit nous quittons l’Afghanistan, soit nous rentrons dans le commandement intégré, mais pour cela nous exigeons que soit posée à nouveau la question des alliances et qu’un bilan soit tiré des errements passés. Nous ne le saurons jamais parce qu’une telle alternative n’a pas été présentée à Washington. Pourtant, nul n’est obligé de suivre les bêtises d’autrui. Cette faute, nous la payons au prix du sang.

La première question qu’il nous faudra trancher, et ce dans un proche avenir, est celle d’un élargissement de l’alliance. Pour dire les choses crûment, faut-il pousser encore plus loin l’internationalisation de la guerre, et y intégrer la Russie et la Chine, et peut-être l’Iran ?

Ceci est moins absurde qu’il n’y paraît. La Russie est directement préoccupée par le devenir de l’Afghanistan, que ce soit de manière indirecte pour la sécurité de l’Asie Centrale ou même de manière directe en raison du développement du trafic de drogue sur son territoire en provenance d’Afghanistan. Elle participe dès aujourd’hui à la formation de la police afghane. Elle pourrait contribuer à celle de l’Armée dans les mois à venir. S’il est pour l’heure exclu que la Russie déploie des troupes en Afghanistan (hors les unités de SpetsNaz qui opèrent le long de la frontière du Tadjikistan), sa contribution économique pourrait être relativement importante dans le domaine des infrastructures publiques.

La Chine est, elle aussi, inquiète du développement de l’activisme religieux issu d’Afghanistan, et aujourd’hui du Pakistan, qui se manifeste sur son territoire. Si la Chine a pour l’instant une politique de non-intervention, en particulier dans le domaine militaire, elle pourrait participer plus largement aux opérations de sécurité par le biais de l’Organisation de Coopération et de Sécurité. Quant à l’Iran, son contentieux avec les Talibans est ancien, et avait laissé planer la possibilité d’une intervention iranienne dans ce pays en 1999/2000. On mesure ici toute l’absurdité qu’il y a à vouloir à tout prix construire ce pays en ennemi alors qu’il détient en partie l’une des clés de la sécurité au niveau régional.

Mais, pour élargir l’alliance, il faut alors résoudre d’autres problèmes d’ordre géopolitique. Ils concernent la Russie en premier lieu mais aussi la Chine et surtout l’Iran. Il n’est donc pas possible de traiter la question de l’élargissement de l’alliance en dehors d’une révision de la politique américaine au Moyen-orient pris dans son sens le plus large. Or, si l’arrivée du Président Obama a bien mis fin aux excès de l’administration précédente, nous sommes néanmoins très loin d’une révision globale. Sous la férule d’Hillary Clinton, c’est plus à une adaptation qu’a un véritable changement que les Etats-Unis ont consenti pour ce qui concerne leur politique étrangère.

Pourtant, l’Afghanistan pourrait être l’occasion d’un rapprochement entre l’OTAN et l’OCS, dont la Russie et la Chine sont parties prenantes et où l’Iran a le statut d’observateur. Cette « alliance des Alliances » est très certainement de toutes les possibilités celle qui possède le plus gros potentiel pour une stabilisation de l’ensemble de la région.

Une seconde question qui sera elle aussi à trancher dans un très proche avenir concerne les équilibres dans l’alliance actuelle. Elle est à l’évidence liée à la première, mais elle possède aussi sa dynamique propre. Pour dire les choses brutalement, le scénario de cette guerre ne peut être écrit uniquement, ou même principalement, par les Etats-Unis. Soit ces derniers acceptent que leurs partenaires aient leur mot à dire au plus haut niveau et que la question des buts de guerre soit à nouveau posée, soit l’alliance connaîtra des jours sombres. Comment pourrions-nous rester dans une alliance où notre voix ne serait pas entendue ? Les combats de l’été 2009 ne font en réalité que préfigurer ce qui nous attend en Afghanistan et l’hiver s’annonce sous de biens sombres augures. Ce n’est donc pas faire preuve d’un chauvinisme cocardier que d’affirmer que le débat doit avoir lieu au sein de l’OTAN, et ce pour le bien de tous. Ce n’est pas, non plus, faire preuve du même chauvinisme cocardier que de penser que, si cela ne pouvait être, si les Etats-Unis et leurs clients traditionnels (Grande-Bretagne, Canada) se refusaient à des révisions générales, il nous faudrait en tirer les conséquences quant à notre présence dans l’OTAN.

On peut, à partir de ces deux questions, imaginer trois scénarios pour le futur.

Le premier est donc celui d’un élargissement de l’alliance accompagné d’une révision profonde des buts de guerre. À une montée des effectifs présents sur le terrain répondrait alors un programme beaucoup plus volontariste (et réellement appliqué) de reconstruction de l’Afghanistan faisant la part belle à l’action publique. Ce programme prendrait en charge les infrastructures, mais aussi l’équipement des zones rurales en respectant les logiques collectives qui prédominent dans les villages. Il s’appuierait sur une politique de prix garantis pour les ressources agricoles rendant immédiatement tangibles les effets positifs de cette politique. Il s’agirait alors de rallier les franges de la population afghane qui sont porteuses de modernité à la fois par le développement d’une économie urbaine qui ne soit pas basée sur les rentes de toutes sortes et par une opposition claire aux « ultras » et aux « neo-Talibans ». Le processus de démocratisation serait relancé, ce qui implique très probablement le remplacement d’Hamid Karzaï et de certains de ses alliés. Un tel scénario implique nécessairement une présence durable en Afghanistan, que pourrait garantir « l’alliance des Alliances », mais il offre en définitive le plus de chances de transformer en profondeur les structures sociales de ce pays et de lui fournir le cadre économique et politique d’un gouvernement stable.

Le second scénario est celui de l’enlisement, marqué par la prédominance américaine dans l’alliance et les pathologies qui lui sont liées, que ce soit en matière opérationnelle ou dans le domaine de l’action civile. Les opérations de contre-guérilla ne peuvent aboutir ici qu’à des succès limités et transitoires. Elles sont porteuses d’un lourd passif avec les populations civiles qui, le plus souvent, sont les plus touchées. La structure politique du pays resterait inchangée, et avec elle la corruption et les trafics divers qui découragent une large partie de la population urbaine. L’élargissement, ou l’escalade horizontale, de la guerre apparaît alors comme extrêmement probable. La question de la stabilité du Pakistan sera posée de manière de plus en plus visible, et avec elle celle des armes nucléaires que ce pays détient. Il s’agit, ici, d’un problème bien plus réel et bien plus immédiat que la très hypothétique bombe iranienne.

Le troisième scénario est celui du retrait, opéré soit dans le désordre le plus total soit à la suite d’accords passés avec les « neo-Talibans ». Cette dernière option perd cependant chaque jour de sa crédibilité. Il y a fort à parier que ce retrait se ferait dans la confusion la plus totale, exposant par ailleurs les quelques fractions de la population qui ont exprimé des sympathies pour le nouveau régime à des représailles sanglantes qui feraient gonfler le flot des réfugiés.

Il est d’ailleurs parfaitement possible que l’on passe du second au troisième scénario. Dans le cas d’un retrait qui serait le produit d’un accord passé avec les « neo-Talibans », il faut bien mesurer ce qu’il coûterait aux pays de l’alliance, à la fois sur le plan interne et externe. Le reniement des buts de guerre tels qu’ils ont été formulés pour nos populations s’accompagnerait alors d’une « perte de face » durable et prolongée dans la région. L’intégrisme islamique aurait alors remporté sa première victoire indiscutable, redonnant à ce mouvement toute son agressivité à la fois en Orient et en Europe.

Nous sommes aujourd’hui, il faut bien le dire, calé sur le second scénario. C’est en partie par la faute du gouvernement français qui n’a pas voulu se saisir de l’opportunité que représentait le possible retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN pour obtenir une réouverture du débat sur les buts de guerre. Il est cependant possible que nous évoluions dans le futur vers une variante du premier. On peut espérer que les pressions pour une révision globale de la stratégie de l’OTAN se fassent jour chez les différents membres de cette alliance. On peut même souhaiter, à défaut de pouvoir raisonnablement l’espérer, que ce mouvement soit impulsé à partir de notre pays.

Mais, la probabilité la plus forte reste l’enlisement dans la durée et le basculement, toute honte bue, vers le troisième scénario.

Nul ne peut se satisfaire d’une telle solution. Outre le prix à payer, qui sera considérable tant du point de vue matériel que politique, il y a, bien entendu, le prix moral. Lui aussi sera élevé, qu’il s’agisse des soldats, qui pourront demander à juste titre pourquoi ont-ils combattus et au nom de quoi sont morts leurs camarades, ou des populations des pays du sud confrontés une nouvelle fois aux incohérences de notre action. Qui pourra croire désormais en notre engagement pour la démocratie ?

Pourtant, les seuls malheurs inévitables sont bien ceux que l’on n’a pas voulu éviter et auxquels on s’est résigné. Il n’est pas trop tard pour se donner les moyens, plus politiques que militaires d’ailleurs, de « gagner » la guerre en Afghanistan. Mais, ceci impose que l’on remette en débat et les buts de la guerre, et la méthode que l’on utilise, pour ne pas parler du système d’alliances. Alors que se prépare un hiver dramatique sur le terrain, en aurons-nous le courage ?


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Ce texte correspond à la version mise à jour de la postface écrite en juillet dernier au livre du Chef de bataillon (TA) Olivier Entraygues (édit.) Afghanistan 1979-2009, publié avec une préface du Général Druart, commandant la Task-Force Lafayette et un avant-propos du Colonel Baulain, chef de corps du CEPC de l’Armée Française.

Cet ouvrage, qui résulte d’un réel travail collectif mené sous la direction d’Olivier Entraygues, résume l’expérience des différentes forces, y compris l’Armée soviétique, qui ont eu à combattre en Afghanistan. De cet ouvrage, deux tirages ont déjà été faits, pour un total de 2000 exemplaires, et l’on peut espérer qu’il sera bientôt disponible sous une forme révisée pour toutes et tous qui veulent comprendre la situation.

Je veux ici remercier le coordinateur de cet ouvrage de m’avoir donné la liberté de publier cette version améliorée de mon premier texte. Les analyses contenues dans ce livre et dans ma postface ont été tragiquement confirmées par les évolutions, tant militaires que politiques, du début de cet automne. C’est pourquoi il m’a semblé nécessaire de publier une version mise à jour, et de la mettre à la disposition du grand public.

Il va sans dire que j’assume seul la responsabilité des opinions contenues dans le présent texte.


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : La France dans le monde
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Dimanche 8 novembre 2009

Citoyen ! Sache pour qui tu claques ton fric…. ?

 

Attention :  http://www.toofiles.com/fr/oip/documents/pdf/9335_.html

Nouveau fichier qui parle du « cumul de mandats » et du « cumul d’indemnités » des 577 députés, mis à jour à la date du 07/11/2009

Ce nouveau fichier tient compte des calculs d’écrêtage (limite maximale du cumul d’indemnités) qui est de 1,5 fois le montant de l’indemnité parlementaire de 5 444 €, soit 8 165,20 €.

Gardez précieusement ce tableau, il va vous servir longtemps, tout au long de l’enquête entreprise auprès des parlementaires, et au fur et à meure de l’état d’avancement des réponses à la question posée et aux réactions que cette dernière générera (cela a déjà commencé. On pourrait presque déjà écrire un traité sur le comportement psychologique et Républicain de nos braves représentants du Peuple…. Mais attendons d’étoffer les participations à l’enquête sur « la Question »).

Mais patience, tout sera dit, sur internet, sur ce sujet, aussi bien les parlementaires corrects et respectueux du Peuple et de leur mission que les autres qui s’enferment dans leurs tours de pouvoirs qui deviennent leurs propres ghettos, d’où ils sortiront exsangues, ayant développé à leur encontre un antiparlementarismes dont il sont et seront les seuls responsables.

On ne peut décemment bafouer le Peuple, impunément, sans devoir payer un jour le prix de ce comportement. Il semble que ce jour soit arrivé…..

 

Ce fichier vous invite ensuite à aller prendre connaissance des explications de ses colonnes, afin de pouvoir le mieux traduire et comprendre dans http://www.marcfievet.com/categorie-11140534.html  (une suggestion : imprimez ce document pour mieux traduire le tableau au fur et à mesure de sa lecture)

 

Petit rappel chronologique :

 

  • le 20/10/09 une « lettre ouverte » a été adressée, par mail, nominativement et individuellement à chacun des 566 députés joignables (sur 577) les invitant à découvrir le fichier de leur situation individuelle (qu’ils connaissent parfaitement. C’est quand même à espérer) et collective de cumuls de mandats et d’indemnités ainsi que leur notation au regard d’une culture de résultat…

La question leur était posée « Que pensez vous du cumul de mandats ? » et, apparemment pour la première fois, chacun était invité à se prononcer sur ce sujet de façon formelle….

 

  • Le 30/10/09 une 15aine de lettres postales étaient adressées à des personnalités politiques de haut niveau (dont le Président de l’Assemblée et les présidents des groupes PS et UMP à l’Assemblée. Cette lettre les informant de la démarche entreprise auprès de tous les députés. Nous verrons, ensemble et par la suite le résultat de cet envoi.

 

  • Le 02/11/09 les 320 sénateurs (sur 343) joignables par internet étaient à leur tour, informés de cette question (apparemment « la question » à ne pas poser, tant elle semble déranger. Le fait que quelqu’un ai eu l’audace de la poser est déjà dérangeant, alors pensez combien il devient encore plus dérangeant d’y répondre quand 749 parlementaires, sur 920, sont « cumulards », soit ). Invitation était aussi faite aux Sénateurs d’aller découvrir le fichier de leurs collègues Députés, en attendant que le leur soit finalisé et publié…..

 

A ce jour 07/11/09, voici le point de la situation (avec le nouveau fichier à consulter)

 

 

membres

cumuls

Avisés

Accu réception

Réponses

«CONTRE »

Assemblée

577

500

566

126

8

2

Sénat

343

249

320

79

3

0

Totaux

920

749

886

205

11

2

 

100%

81%

96%

22%

1,2%

0,2%

 

Que penser de ces résultats ?

Pensez bien que « accusé de réception » ne veut pas dire lecture du document, visite du fichier, et encore moins réponse

Les seuls dont on soit surs de leur lecture sont ceux qui ont répondu soit 11 Parlementaires, soit 1,2%. Positivons, c’est mieux que 0%).

A ce rythme, 11 réponses en 24 jours, nous atteindrons l’unanimité de réponses, et surtout si tout va bien, dans environ 2007 jours, soit environ dans 5 ans  - 5 mois - 29 jours – 17 Heures moment auquel il sera procédé à une synthèse générale que vous attendez.

A moins que des internautes courageux et téméraires (si, il en existe, j’en  ai rencontré !) interviennent auprès de leurs parlementaires pour les inviter à aller visiter le fichier et surtout répondre, directement à votre serviteur (ou alors vous me faites passer leurs réponses) à « la Question ». S’ils reçoivent 20/30 fois ou beaucoup plus, la même question, ils accepteront, peut-être de bonne grâce, de se plier à leur « obligation de réponse vis à vis d’une utilisation des deniers publics », c’est à dire les vôtres. Chiche, qui s’y lance ?

 

Trouvez vous normal que les représentants du Peuple (donc désignés par le Peuple pour représenter ses aspirations, y compris celles relatives à l’utilisation de leurs impôts) ne daignent pas répondre à une question légitime que le Peuple est en droit de leur poser en vertu de l’Article 14 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793, préambule de toutes les Constitutions Françaises depuis cette date, y compris celle de 1958 et sa modification, très dangereuse, de 2008) s’interdissent de répondre à une demande légitime et que surtout, surtout…..

 

Certaines réponses sont symptomatiques du malaise créé par cette question (« qu’avons nous à emmerder des gens –- les parlementaires - qui se dévouent avec tant d’abnégation pour le Peuple avec des questions n’ayant rien à voir avec les problématiques actuelles de la Société », doivent-ils penser. Excepté que justement cette question vient à point nommé des difficultés puisque c’est de l’argent du Peuple qu’il s’agit et qu’un simple citoyen invite à réfléchir à une solution qui permet n’économiser que 10 millions d’euros par an – une goutte d’eau dans l’océan des gaspillages : Présidence européenne de la France, sommet de l’union de la Méditerranée, voyages répétitifs à 200 000 euros du p’tit dernier, chiottes inutilisés à 265 000 € , gueuleton à 5 000 € par tête de pipe à New York, pour rincer des « cons », des « incapable »s et des  « minables » selon les dires du p’tit dernier, hôte très généreux avec l’argent du contribuable – mais pensez que si chaque citoyen adulte apportait l’amorce d’une simple possibilité de 10 millions d’économies (ou de gains), cela baignerai et nous ne serions pas dans la merde, souvenez vous du sens magyar d’un certain nom…. qui semble de plus en plus s’avérer exact et confirmé, sacré scoumoune….).

 

  • être taxé « d’antiparlementarisme » et de démagogie par un paysan endimanché parce que l’on pose « la question ». On ne peut, avec de telles réactions, que devenir (à noter que ce n’est qu’une possibilité, ce qui sous-entend que nous le sommes pas, du moins pas encore, mais que …..) effectivement « antiparlementaristes » à cause :
    • des résultat du tableau, ci-dessus
    • des réponses aussi agressives que celles que nous recevons, parce que notre seul tort est d’avoir fait notre devoir de citoyen, amoureux de la belle Démocratie qui ronronne comme une chatte bien caressée

 

  • Demander, avant de faire la moindre réponse à la question posée, le niveau d’activité du questionneur et son niveau de revenu. Oui vous avez bien lu internautes !

Ce qui laisse sous entendre que selon le niveau d’activité et surtout de revenus, on ne pas ou on répondra, avec apparemment des réponses copiées-collées selon « les fluctuations des revenus liées à la variation de l’évolution structurelle de la conjoncture événementielle tenant compte des déflations des indices saisonniers tributaires des actions baissières de l’indice CAC40, sur le jumping du NASDAQ qui influe sur le Dow John, qui comme chacun sait est tributaire de l’importance des urines du chat préféré – ou chien, c’est au choix du lecteur – du cheik du Palais….. ». Ouf j’ai réussi à la sortir, pas aussi bien que mon répondeur, mais presque …. On ne comprends pas que l’on ne vire pas Lagarde pour mettre à sa place ce zig un  peu zag qui pousse le bouchon un peu loin, vous ne trouvez pas, mais qui apparemment sait manier ce que d’aucuns auront reconnu « la langue de bois », pour ne pas répondre et se dérober. Sacré « cultivateur».

Il y a du jésuite dans ce mec.

Le seul hic et de taille c’est qu’il a oublié de spécifier en quelle devise, il fallait lui indiquer le montant de revenus (en dollars, en Yen, en Sucre, en Livres, en argent monégasque, en monnaie de singe, .…..).

Faute de ces précisons, il ne répondra pas.

 

Je vous laisse seuls juges de cette bizarrerie de la vie politique et parlementaire.

Je sens déjà beaucoup de lecteurs demander « des noms, des noms…. ».

Patientez, je sortirai à la fin de cette opération « Question pour des champions » un florilège des « réponses savoureuses », florilège ou j’ajouterai des arguments pour contrer certaines assertions présentées, que le seul bon sens suffit à démonter, dont entre autres :

 

celle de "l'obligation de cumuler un mandat national et un mandat exécutif local pour être efficace.....",

un tel argument étant un désaveu de tous ceux qui sont de simples conseillers - Municipaux, Généraux et Régionaux....). Ce n'est pas moi qui le dit....  mais les "cumulards de métier" pour justifier, ou tenter de le faire, leur amour des "indemnitées associées", au détriment des petits copains et copines.

Visionnez le fichier et soyez attentifs au "3" dans les colonnes des fonctions "C-D-R" (mandats locaux).... ils seraient 196 parfaits "nullards-députés" à n'occuper que des postes de conseillers (un petit 39% parmi l'ensemble des "cumulards"). C 'est pas joli, joli tout cela. Ils se bouffent même, entre eux, et de tous bords......  même plus la "solidarité de fonction", c'est le "sauve qui peut MES indemnités" - (alors pensez, si en plus ils ne sont pas élus nationaux, çà craint) y compris au prix du mépris pour les "potes"

 

 

Kelly-Eric Guillon

 

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Vie politique
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Mardi 3 novembre 2009

Monsieur Dupont-Aignan,
 
Vendredi 30 octobre, vous adressiez sur Agoravox une lettre ouverte au président de la République, Nicolas Sarkozy. Vous y critiquiez l’engagement de la France en Afghanistan, selon trois modalités. D’une part, vous considériez que celui-ci était par nature inutile et immoral, en ce qu’il s’accompagne de crimes de guerre, de corruption généralisée, tout cela au moment où les forces de l’OTAN s’enlisent de plus en plus dans un conflit dont l’issue est pour le moins incertaine. D’autre part, vous réclamiez "l’organisation d’un débat avec vote à l’Assemblée nationale et au Sénat" afin que la réalité de la situation de nos soldats en Afghanistan fût révélée au peuple français. Enfin, dans la lignée du général de Gaulle, vous faisiez l’éloge d’un certain idéal politique de non-intervention à l’étranger, au nom du principe de non-ingérence, qui vous est cher.
 
Cette lettre ouverte a bien évidemment été la publication d’Agoravox la plus importante de la journée du 30 octobre. Cependant, aucun média, de droite comme de gauche, n’a jugé bon de reprendre l’information. De fait, la participation de la France aux combats en Afghanistan ne semble pas les concerner, pas plus que les interventions courageuses des rares représentants de la Nation qui, à l’exemple de Jean-Louis Masson et de vous-même, s’interrogent sur ses fondements.
Pourtant, on ne peut pas dire que les Français ne sont pas intéressés par la politique étrangère. Ainsi, si le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN n’a eu lieu qu’en avril 2009, dès le mois d’août 2008, 55% des Français souhaitaient un retrait des forces françaises qui étaient stationnées en Afghanistan (selon un sondage CSA paraissant dans Le Parisien/Aujourd’hui en France daté de vendredi 22 août 2008). A l’opposé, seuls 36% étaient favorables au maintien des troupes sur place. On le voit, la volonté du peuple est bafouée, une fois de plus, par un pouvoir exécutif qui n’en fait qu’à sa tête. Pendant ce temps, les soldats français meurent loin de chez eux, suscitant l’incompréhension des citoyens, qui ne saisissent pas les enjeux de la présence en Afghanistan. Le Sergent-chef Johann Hivin-Gérard était le 8 octobre dernier la trente-sixième victime de ce conflit problématique (la huitième en l’espace de deux mois), laissant dans le désarroi son enfant et son épouse, qui attendait un deuxième enfant.
 
De la même façon, mercredi 28 octobre, lors des Questions au Gouvernement, l’intervention du député SRC Laurent Fabius sur la nomination possible de M. Tony Blair au poste de président du Conseil européen n’a suscité, en dépit de son importance, aucune réaction de la part des médias français. Bien que M. Tony Blair ait soutenu la Guerre en Irak lorsqu’il était Premier ministre britannique, bien qu’il ait refusé l’euro pour son pays, celui-ci recueillerait les suffrages du président de la République, Nicolas Sarkozy ! Quand on voit avec quel mépris M. Pierre Lellouche, secrétaire d’État chargé des affaires européennes, a riposté à la question de Laurent Fabius, on ne peut que s’inquiéter de l’évolution actuelle de la vie politique en France.
 
C’est sur ce questions essentielles, l’indépendance de la France dans le monde, le respect de la souveraineté des nations, le refus du libéralisme déréglé, que les héritiers du général de Gaulle, dont vous êtes le représentant, se doivent de peser dans le débat national. Or cela leur est interdit, du fait d’un système politico-médiatique qui ne laisse pas de place pour une autre voix, du fait d’un certain engourdissement intellectuel des grands organes de presse, qui vivent au rythme trépidant des "scoops" et autres "exclusivités" néfastes à l’existence d’une réflexion organisée. Et pour preuve, qui remet aujourd’hui en cause la pertinence de ce fameux Traité de Lisbonne, d’abord refusé par 55% des Français, puis accepté, après d’infimes modifications, par la voie parlementaire ? Personne, si ce n’est quelques élus qu’on peine à entendre.
 
A l’heure où la parole du peuple est confisquée par des médias assujettis, la plupart du temps, aux puissance d’argent, il est urgent de mettre en place une organisation qui regrouperait hommes et femmes de droite comme de gauche, fidèles à la volonté que le peuple exprime, quand il est consulté par voie réferendaire et lors des élections partielles.
 
Défenseurs de la voix de la France, socialistes, radicaux, chrétiens-démocrates, gaullistes, républicains, au-delà des appartenances, tous les responsables politiques ont le devoir d’apporter leur contribution à l’amélioration et à la défense du débat politique en France, au moment où celui-ci semble remis en cause par un pouvoir exécutif chaque jour plus agressif et moins respectueux de la souveraineté populaire.
Vous êtes, Monsieur Dupont-Aignan, le porte-drapeau de cette génération d’hommes politiques qui préfèrent, au confort d’une carrière reposante, la défense de notre parole.
 
Je vous prie de croire, Monsieur Dupont-Aignan, en l’expression de mes sentiments distingués.
 
Florentin GASTARD, florentingastard.blogspot.com/
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Démocratie & Souveraineté Nationale
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Dimanche 1 novembre 2009

Liberté, égalité, "identité"

Par Eric Zemmour

La ficelle tactique est épaisse comme une corde de marin. Quand Eric Besson annonce un grand débat sur « l'identité nationale », on se souvient de la présidentielle de 2007 ; on imagine les mauvais sondages consécutifs à la « séquence » Polanski-Mitterrand-Jean Sarkozy ; on devine les brillantes analyses du conseiller de l'Elysée Patrick Buisson sur la coupure avec l'électorat populaire. La gauche joue parfaitement le rôle qui lui est assigné ; Vincent Peillon explique que la «burqa ne menace pas l'identité nationale» ; Besson connaît par cœur ses anciens camarades.


Cette question mérite pourtant autre chose que le cynisme électoraliste. Besson parle de «valeurs de l'identité nationale» ; la gauche ne connaît que celles de la République. Et la France dans tout cela ? Besson affirme qu'il conduit la même politique migratoire que les ministres de l'Intérieur de Jospin. Qui avait amené Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002 ! Il expulse trois Afghans et se réjouit des 100 000 naturalisations par an. Comme chaque année depuis vingt ans. A l'UMP comme au PS, on vante les mérites de la « diversité ». Ce concept sémantique est le fils du « droit à la différence » des années 80, et le frère idéologique des « accommodements raisonnables » qui, venus du Canada en passant par le traité européen de Lisbonne, nous contraignent à conclure des « compromis » avec la culture des migrants. L'antithèse de notre bonne vieille assimilation qui imposa la culture française, sa langue, son histoire, son mode de vie, aux vagues passées d'immigrants. Mais que nos élites, de droite comme de gauche, hantées par la culpabilité coloniale, fascinées par le modèle multiculturel anglo-saxon, séduites par le dépassement de la nation dans l'Europe, habitées par le mépris pour la plèbe, le « beauf », et talonnées par le capitalisme mondialisé qui a besoin de main-d'œuvre bon marché et de consommateurs « benettonisés », ont jeté aux orties depuis belle lurette.

 

Le Figaro Magazine

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"L'identité nationale est l'affaire de tous" (Daniel Lefeuvre)

 

Le ministre de l'Immigration Éric Besson a annoncé dimanche dernier son intention de lancer, dès le mois de novembre, un grand débat sur l'identité nationale. Daniel Lefeuvre, professeur d'histoire à l'université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis et coauteur de "Faut-il avoir honte de l'identité nationale ?", a répondu aux questions du point.fr.   

Propos recueillis par Chloé Durand-Parenti
         
lepoint.fr : Un débat sur l'identité nationale est-il nécessaire ?     
Daniel Lefeuvre : Ce débat a lieu parce que lors des dernières élections présidentielles les deux candidats en lice pour le second tour, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, ont tous les deux fait campagne sur cette question. La candidate socialiste a même proposé de mettre des drapeaux tricolores à nos fenêtres. Mais, jusque-là, il y avait beaucoup de non-dits. Le fait qu'Éric Besson s'engage dans la clarté, que chacun puisse s'exprimer, me semble plus sain, mieux qu'un débat larvé qui peut générer des effets nauséabonds. Cela me paraît positif que l'État offre cet espace de débat sur une question centrale à laquelle la France est confrontée.
  
Le président du MoDem François Bayrou estime que l'identité nationale est "comme l'histoire, qu'il n'appartient pas aux politiques de l'accaparer". Qu'en pensez-vous ?   
C'est évidemment l'affaire des politiques. L'État a toujours été un des acteurs majeurs de la construction de l'identité nationale. Celle-ci s'est faite autour de l'État depuis le Moyen Âge, depuis les serments de Strasbourg de 842, en passant par Philippe Auguste, Saint Louis, Philippe Le Bel et, bien sûr, François Ier, avec l'édit de Villers-Cotterêts 1539 qui impose le français dans les actes officiels de la monarchie. Les historiens sont légitimes tout autant que les syndicalistes, comme l'ensemble des citoyens. L'identité nationale est l'affaire de tous. Il n'y a pas de raison que telle ou telle catégorie de personnes en soit exclue.
  
Un tel débat a-t-il déjà été mené par le passé ?   
L'histoire de France est pleine de ces débats. Cela s'est vu notamment au moment de la Révolution française. Quand on discute de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, quand on réfléchit sur les institutions, quand on parle abolition de l'esclavage : on débat bien évidemment de ce sur quoi la France doit reposer et de ce qui la constitue. De même, quand on examine plus tard la question de la laïcité pour aboutir à la loi de 1905. Chaque fois, cela revient à poser la question de ce qu'est la France.

Qu'est-ce qui fait que l'on se sent français, notamment quand votre histoire familiale s'inscrit dans un autre pays ?   
L'intérêt de l'identité nationale et de la nation française, c'est qu'elles excluent l'identité raciale. L'identité nationale française est ouverte. Tout le monde peut devenir français. Tout le monde a la possibilité de participer à l'histoire de ce pays. Ce qui fait que l'on se sent français, c'est, je crois, le fait de partager la langue et un certain nombre de valeurs produites par l'histoire de France.
  
Comment expliquer que de jeunes Français d'origine étrangère, nés sur le territoire national, ne parviennent pas à s'approprier cette identité ?   
La France d'aujourd'hui a, en partie, renoncé à la politique d'assimilation, héritée du volontarisme républicain de la IIIe et d'une partie de la IVe république. On valorise le multiculturalisme, la pluralité des identités, au lieu de valoriser l'appartenance commune.
Or, un pays qui a du mal à être fier de lui-même, qui se délite parfois dans l'Europe, dans le régionalisme ou dans les communautarismes, est un pays qui attire relativement peu. Il convient toutefois de nuancer ce diagnostic. Car, il y a beaucoup de jeunes, nés en France, de parents ou de grands-parents venus d'ailleurs, qui sont aujourd'hui parfaitement intégrés et porteurs de cette culture française qu'ils ont eux-mêmes enrichie. L'identité française est un héritage pluriséculaire, mais c'est un héritage vivant. Chaque génération l'enrichit avec ses propres apports. Je dis bien : elle l'enrichit, mais elle ne la refonde pas.

Comment peut-on renforcer l'identité nationale ?   
Le rôle de l'école me paraît tout à fait central et, notamment, la place de la langue française, avec ses règles et avec ses contraintes. Il faut aussi renforcer l'enseignement de la littérature et de l'histoire. J'ai entendu Éric Besson rappeler le rôle central de l'histoire. Dans le même temps, je m'inquiète du fait que, dans le concours du professorat des écoles, on veuille supprimer l'histoire comme discipline obligatoire. Il y a là quelque chose de contradictoire dans la politique du gouvernement.
De même, la diminution des postes au CAPES et à l'agrégation d'histoire, ou de littérature, me semble un mauvais signal. L'assimilation doit être aussi professionnelle. Or, il y a des discriminations à l'embauche, au logement, qui touchent certains jeunes issus de l'immigration africaine ou nord-africaine et qui sont contraires aux valeurs de la République, que celle-ci ne fait pas suffisamment respecter. On a là des éléments de troubles très forts. Enfin, il existe de véritables ghettos, à la fois sociaux et ethniques, que la République a laissés, à tort, s'ancrer dans son territoire.
  
N'est-il pas décalé de parler d'identité nationale alors qu'on cherche à impulser une identité européenne ? Est-ce contradictoire ?   
Qu'il y ait des fondements culturels communs dans les racines gréco-judéo-latino-chrétiennes de l'Europe : très bien. Mais il n'y a pas encore d'identité européenne. Peut-être que cela se fera. La nation est un produit historique, elle peut disparaître. L'Europe est un produit historique, elle peut se développer. Mais, pour l'instant, on n'en est pas là. Quant aux identités régionales, elles ne sont en rien incompatibles avec l'identité nationale. Justement, ce qui est intéressant avec l'identité française, c'est qu'elle ne s'oppose pas aux identités régionales, mais qu'elle les surplombe.


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité & Cohésion Nationale
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