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Samedi 4 juillet 2009

Sans adaptation de la Constitution allemande pour restaurer le rôle du Parlement dans la décision européenne, l'Allemagne abdiquerait sa souveraineté à l'Union Européenne, qui souffre d'un "déficit structurel de démocratie" : c'est en substance ce que vient de dire la Cour constitutionnelle allemande saisie du traité de Lisbonne. Un arrêt mi-figue mi-raisin qui ne bloque par le traité mais gène les fédéralistes. Il n'est pas sans rappeler le rapport de la Commission juridique de la Chambre des Lords en Grande-Bretagne qui avait défini en 2007 des "lignes rouges" censées protéger la souveraineté parlementaire britannique. Tout en refusant une "fédéralisation européenne rampante" - pourtant inscrite noir sur blanc dans la Déclaration n°17 (primauté du droit européen sur le droit national) qu'ils réinterprètent a minima - les juges de Karlsruhe choisissent de laisser Lisbonne poursuivre son petit chemin de ratification - 23 Etats sur 27 à ce jour - aussi loin des peuples que possible. Un verdict qui met en tous cas les autres Etats, qui ont ratifié sans condition ni garantie, plutôt mal à l'aise : ce qui est vrai pour la souveraineté allemande ne l'est-il pas pour les souverainetés italienne, tchèque, lettone, polonaise, anglaise, française...?

Saisie par des députés de Die Linke et de la droite eurosceptique (CSU), la Cour de Karlsruhe a jugé mardi que le traité était "compatible" avec la Loi fondamentale (Constitution) allemande à condition que l'Allemagne se dote d'un nouvel arsenal législatif préservant la souveraineté des citoyens et "l'identité de la Constitution", notamment face à l'incroyable système des clauses dites "passerelles" qui permettront à l'Union européenne de poursuivre sa mue fédérale sans nouveau traité ni nouvelle ratification, ni donc sans validation des peuples ou de leurs représentants.

Cet arrêt du 30 juin rendu par la Cour constitutionnelle n'est certes pas un coup d'arrêt au processus de ratification du traité de Lisbonne. Son "oui mais" a été interprété comme une victoire, tant par les partisans que les adversaires du traité. Que faut-il en penser ? Qu'il s'agit d'une demi-victoire pour chacun ? 

Pour les élites européennes et autres fanatiques du traité, il est clair que cet arrêt est un moindre mal car il signifie la poursuite du processus de ratification dès les conditions législatives exigées par Karlsruhe remplies, ce à quoi Bundestag et Bundesrat vont s'atteler en session extraordinaire cet été. Le prochain "obstacle" à contourner sera donc le second référendum en Irlande, dont on compte arracher un "oui" de lassitude du peuple irlandais, d'autant plus aisément si participation est faible, les "nonistes" ne se déplaçant pas plus que pour l'élection européenne du 7 juin dernier. 

Pour leur part, les adversaires de Lisbonne sont évidemment déçus que la Cour n'ait pas été au bout de sa logique et constaté le bouleversement de l'ordre constitutionnel allemand justifiant le recours au référendum. L'article 146 de la loi fondamentale prévoit en effet le recours au peuple pour tout changement de l'ordre constitutionnel :  "la Loi fondamentale, qui vaut pour le peuple allemand tout entier, devient caduque le jour de l'entrée en vigueur d'une Constitution adoptée par le peuple allemand en pleine liberté de décision."  

Les opposants au supranationalisme trouvent néanmoins dans cet arrêt une triple légitimation de leur position 

1) En imposant des garde-fous législatifs, la Cour constitutionnelle allemande montre ici que les préoccupations relatives à la perte de la souveraineté nationale sont parfaitement justifiées. C'est donc à tort que les Néerlandais, les Français et les Irlandais qui ont voté "non" avaient été considérés par l'élite européenne comme des chicaneurs. 

2) La Cour dénonce rien de moins que le "déficit structurel de démocratie" de l'Union européenne. Cette fois c'est dit : l'Europe actuelle a bien un problème de "structure" institutionnelle qui ruine les démocraties européennes qui en sont membres, la prive d'une vraie légitimité et élargit l'incompréhension entre les peuples et leurs représentants. 

La solution de principe à ce "déficit structurel" dénoncé par Karlsruhe n'est pas allée jusqu'à celle défendue en France depuis plus de dix ans par Philippe de Villiers et Georges Berthu ("L'Europe autrement - un projet pour l'Europe des Nations", Editions FX de Guibert, avril 1999) pour mettre les Parlements nationaux au coeur de la décision européenne. Ces derniers préconisent un véritable droit de non-participation à une législation communautaire, de veto dans certains domaines, tandis que Lisbonne ne leur accorde qu'un droit de protester via des "avis motivés" envoyés à Bruxelles mais qui ne contraignent à rien.  

La Cour constitutionnelle allemande exige, elle, que des droits de codécision du Parlement allemand soient clairement inscrits dans une loi afin de "garantir l'efficacité du droit de vote" des citoyens allemands.  Contre le mécanisme des clauses-passerelles qui permettent à l'Union de faire passer de l'unanimité à la majorité qualifiée une compétence sans passer par une nouvelle ratification (parlementaire ou référendaire), la Cour charge le Parlement allemand de "veiller" à ce que Bruxelles "n'outrepasse pas les compétences qui lui ont été octroyées", autrement dit cesse d'interpréter le principe de subsidiarité à l'envers. L'UE doit cesser de s'attribuer la « compétence des compétences », qui la conduisent peu à peu à s'accorder à elle-même des pouvoirs croissants, sans limite.

En octobre 1993, Karlsruhe avait déjà été la seule d'Europe à rendre un arrêt analysant le principe de subsidiarité, tel qu'il figure dans le traité de Maastricht, pour circonscrire les compétences de l'Union par rapport à celles des Etats :
a) une compétence doit avoir été formellement reconnue à la Communauté par le Traité,
b) l'objectif poursuivi ne doit pas pouvoir être réalisé de manière suffisante par les Etats membres,
c) cet objectif doit pouvoir être mieux réalisé au niveau communautaire.
Le problème est que la Commission et surtout la Cour de Justice se sont allègrement affranchies du principe de subsidiarité, s'en faisant juges et parties pour absorber continuellement des compétences clairement nationales. Malgré cette nouvelle décision, lorsque le cas d'un empiètement de l'UE se représentera au détour d'un arrêt de la Cour de justice européenne, on voit mal comment le Bundestag, pourtant plus légitime que cette dernière, réussirait à la bloquer juridiquement ou politiquement...
 
3) Enfin, l'arrêt du 30 juin fait preuve d'une grande audace (ou d'une grande naïveté?) lorsqu'il met en garde contre le risque de "fédéralisation européenne rampante" et exclut que "l'Union européenne" soit un "état fédéral européen". Pour le juge constitutionnel allemand, "le Parlement européen n'est pas l'organe de représentation d'un peuple européen dont ses députés seraient les représentants (...). La majorité du Parlement de Bruxelles ne représente (donc) pas automatiquement la majorité des peuples de l'Europe." 

Ce faisant, il contredit carrément la Déclaration n°17 du traité de Lisbonne relative à la primauté du droit européen sur le droit national même constitutionnel, ainsi que l’avis du service juridique du conseil du 22 juin 2007 par lequel il déclare que selon « la jurisprudence de la Cour de justice européenne (...) la primauté du droit communautaire est un principe fondamental dudit droit ». 

Que signifie ce verdict pour la souveraineté des autres Etats membres ? 

Que leurs institutions politiques et judiciaires n'ont pas fait convenablement leur travail au moment où Lisbonne leur était présenté ? Où est-il le Parlement français soucieux de protéger les droits du peuple qu'il est censé représenté et de "faire l'Europe sans défaire la France" ? Où est-il le Conseil constitutionnel gardien d'une Constitution proclamant que "le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément" ? Ne devaient-ils pas aussi inclure des garanties dans leur législation constitutionnelle pour préserver la souveraineté nationale dans l'Union européenne en construction ? Questions naïves et incongrues sans doute, dans un pays dont nul ministre, parlementaire ou magistrat constitutionnel n'a manifestement d'autre souci que celui de poursuivre sans bruit sa jolie petite carrière dans les hautes sphères de l'Etat. Mais quel Etat ?

Christophe Beaudouin
L'observatoire de l'Europe
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Traité de Lisbonne
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Vendredi 3 juillet 2009


Simple point de vue d’un citoyen qui en a marre de toutes les « manipulations » politiques qu’il découvre et qui le dit. (K-E.G)

 

« Tu n’as pas besoin de faire des concessions.

Ils seront obligés d’appeler à voter pour toi afin de faire obstacle au FN ! »

(Le Monde du 30/06/09 – P 13 -  Raphaëlle Bacqué)

 

Citoyennes, citoyens, « vacancez » en paix [i], les coalisés veillent sur vous !

 

"l'affolement" orchestré pour récolter des voix, mais un peu tard (la fable du loup.... version K-E.G)

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Rappelez vous :

 

21 Avril 2002 :          

1er tour Présidentielles – 16 candidats dont 8 de gauche

                        Le score fut : Chirac (15% inscrits et 20% exprimés) – le Pen (13% inscrits et 17% exprimés)

Le second tour aurait été :

Chirac (25,30% Inscrits et 63% exprimés) – le Pen (15% Inscrits et 37% exprimés),

sans « l’affolement »  savamment orchestré du « tout plutôt que le Pen » , y compris avec

pince à linge sur le nez et gants pour protéger les mains de tout éclaboussement dangereux.

Avec une abstention ou un vote blanc des gauches, il n’y aurait nullement eu panique à bord à craindre et Chirac aurait été élu, mais avec un écart de 10% des inscrits au lieu de 50%.

Voir les réactions du monde politique « le Monde » du 03/05/2002, entre les deux tours

En final : Chirac (63% inscrits et 82% exprimés) – le Pen (14% inscrits et 18% exprimés)

 

29 Juin 2009             

1er tour des municipales d’Hénin-Beaumont (62)

                        Le score est : le Pen (39,34%) – Duquesne (20,19%) – Ferrari (17,01) – verts (8,25%)

                        ne demandez pas de quels pourcentages il s’agit, les médias autorisés et autres ne donnent

que ce pourcentage.

Exit les nombres (inscrits, votants, exprimés desquels on déduit les abstentions et blanc -nuls), « circulez, vous êtes trop cons pour comprendre les enjeux de stratégie géopolitique » aurait dit Coluche.

Et à nouveau on relance l’idée du « tout plutôt que le Pen ».

Excepté que cette fois-ci il y a apparemment réel péril en la demeure, eu égard à l’écart entre les deux premiers (19%) et que si, mais il y a un si, on additionne le résultat des 3 quoi suivent le FN, on arrive à 45%, mais que dans la réalité on arrive jamais à la sommation idéale, surtout quand apparaît une telle remarque « Tu n’as pas besoin de faire des concessions. Ils seront obligés d’appeler à voter pour toi afin de faire obstacle au FN !».

Que sera le résultat final ? Il sera à la mesure de ce que les électeurs décideront dans les urnes

Après avoir analysé les conséquences des fameux fronts de coalition « droite et gauche » démontrant à l’évidence que c’est « kif kif et bourricot » et que la droite est la gauche et vice et versa et qu’elle acceptent de vivre sur le dos des électeurs, tant qu’un intrus ne pointe pas le bout de son nez.

 

Gardez présent à l’esprit, dès maintenant et pour toutes les élections à venir, que « La somme des partis n’est pas le parti des sommes ». Exigez cette condition auprès de ceux qui vous sollicitent pour voter pour eux. Faites en une condition préalable pour leur accorder votre confiance.

 

Ces deux événements m’incitent à penser de plus en plus que l’avenir des Français devra se jouer sans les politiques et leurs partis qui ne cessent de nous manipuler au gré de leurs états d’âme.

Pour eux l’électeur est un simple pion que l’on bouge, contre son propre gré, sur l’échiquier des stratégies en fonction du moment donné.

 

Il est vrai que les politiques sont malheureusement obligés de tenir compte du Peuple pour pouvoir être élus.

C’est le jeu malsain défini par les principes républicains inscrits dans la Constitution qui veut que le Peuple soit « souverain » (et je rajouterai « souverain du souverain ») et qu’apparemment le Pouvoir lui appartient.

Baliverne que cette notion de souveraineté, que l’on jette aux foules pour leur faire croire qu’elles peuvent influer le cours de l’Histoire. Les foules se font mirer au miroir des alouettes par ce supposé pouvoir qui lui serait attribué et deviennent le jeu des partis politiques qui les sollicitent régulièrement, à raison de périodes de 15 jours avant chaque élection.

 

Ce qui se passe à Hénin-Beaumont en 2009 est la récidive jumelle de ce qui s’est passé un certain mois d’Avril 2002. A la différence que celui qui invitait alors est devenu l’invitant et que si en 2002, il n’ y avait pas péril il semble en 2009 y avoir péril.

 

Quel sera l’état d’esprit des électeurs de droite comme de gauche au sortir du 2éme tour des municipales du pas de Calais ?

Un électeur digne risque d’y perdre son latin et de périr corps et âme sur l’autel de la soi-disant raison d’Etat.

Que peut-il penser de la mentalité développée par le camp du postulant de gauche arrivé en seconde position qui démontre le mépris avec lequel il considère l’électorat de Hénin – Beaumont, incapable (selon lui) de juger sainement une situation puisque obligé d’en venir à ce qu’il veut.

Si j’étais électeur de gauche à Hénin ce serait un coup à me faire quitter la gauche.

 

Ne pensez surtout pas que je suis pour et avec le FN.

Les idées du FN sont les idées du FN.

Toutes ne sont pas mauvaises, à preuve le fait que l’UMP et son « conductor » les reprennent à leur compte, depuis les Présidentielles, dont entre autres :

l’insécurité (contre laquelle on sévit sévèrement, sales cons et empêcheurs de tourner en rond, vous allez payer un max salauds de chauffards ! Excepté que l’insécurité à laquelle on pense, honnêtement, n’est pas celle  malhonnête des gens qui nous gouvernent)

J’exprime un simple point de vue d’un citoyen qui en a marre de toutes les « manipulations » politiques qu’il découvre.

Et surtout pensez que si déjà les élections c’est cela (ce que les candidats ne peuvent cacher puisqu’ils viennent faire leurs marchés de voix et que « l’on attrape pas les gogos avec du vinaigre ») qu’est ce que cela doit être dans les grandes ou petites allées du Pouvoir lorsque des candidats sont élus et qu’ils peuvent s’abriter derrière leurs « forts Knox » que sont les « bunkers - enceintes» de leurs pouvoirs respectifs au fond de leurs bureaux et donc coupés des réalités de votre vie misérable

 

Si vous voulez mieux comprendre comment et pourquoi le Peuple est cajolé puis ignoré et donc berné, lire «  Psychologie des foules » (« à usage des gouvernants de l’avenir », déjà en 1895) de Gustave le Bon (1895), si vous ne voulez plus être piégé.

Par contre si cela vous arrange et vous convient d’être ainsi manipulé, abstenez vous de le lire, vous seriez ensuite mal à l’aise, en connaissance de cause, à rester dans le troupeau.

(10 Zeuros seulement, le prix de 2 paquets de cigarettes « Lucky » - le plaisir de vous mieux comprendre mais sans les inconvénients du tabac !)

La rentrée de Septembre verra des citoyens plus forts parce plus informées et surtout instruits et donc plus savants de la chose « publique » (ce qui est la définition du mot « politique »)

 

Liens avec :

http://www.marcfievet.com/article-32993509.html (le congrès de Versailles de Juin 2009)

http://www.marcfievet.com/article-32531624.html (résultat des européennes de 2009)

 

Pensez aussi que c’est en Juillet (moment où la France est « démobilisée ») que les pires « saloperies » se font en matière de manœuvres et décisions du Pouvoir

(Juillet 1940, les pleins pouvoirs à Pétain – Juillet 2000, le premier décret discriminatoire qui fit des « Pupilles de la Nation » des « sous-Pupilles de la Nation » parce que nos parents étaient passés, brutalement et 60 ans après, de « Morts pour la France de 39/45 » à « sous-Morts pour la France de 39/45 » - Juillet 2004, le second décret discriminatoire - …….)

 

Kelly-Eric Guillon

« sous-Pupille de la Nation de 4éme catégorie de 39/45 » depuis 2000

 

 



[i] Et si par hasard, cet été, sur les plages, ou ailleurs, vous croisez des « Tong UMP » se pavanant au cri de « on a gagné aux européennes 2009»,si de plus vous êtes fanas d’aviation, ne croyez pas au « Mirages », ce ne sont que des « Mig21 ».

Dans la réalité ils ont régressé à 11% des inscrits alors qu’ils étaient à 26% des inscrits (présidentielles 2007) et 23% des inscrits (législatives 2007) et même s’ils ont obtenu la majorité en siéges, il n’y a pas de quoi se vanter d’avoir 89% des Français qui leur sont opposés et cela est un record absolu jamais atteint.

…. Ce sont les vacances, il faut bien se lâcher un peu. Ce que je fais !

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Vie politique
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Jeudi 2 juillet 2009


Par David Desgouilles


Ainsi le Front National se retrouve une nouvelle fois en position de bouleverser l’ordonnancement électoral des partis de gouvernement. En plaçant Steeve Briois et Marine Le Pen en tête du premier tour de l’élection municipale partielle de leur ville, les électeurs de la commune de Hénin-Beaumont nous envoient un message et il est vital de le comprendre.


On aurait tort de croire que les problèmes judiciaires de l’ancien maire sont seuls à l’origine de la déconfiture des grands partis. A Perpignan, Jean-Paul Alduy a été réélu presque triomphalement bien que la tricherie aux élections de 2008 ait été confirmée par le Conseil Constitutionnel. Le suicide de son collègue et ami Jacques Bouille, soupçonné ainsi que tous son équipe de la mise en place d’un système de corruption à Saint-Cyprien, a plutôt favorisé une mobilisation en sa faveur. Question de nord et de sud, me rétorquerez-vous ? Ce serait oublier le précédent Jacques Mellick dans une Béthune, qui n’a rien de méditérranéenne, où les habitants réélirent leur maire malgré toutes les marmites qu’on voyait traîner derrière lui.


Donc, il y a autre chose. Et cette autre chose, on la comprend en faisant un peu de géographie et d’économie locale mêlées. Hénin-Beaumont est une ville où on a  commencé à licencier à tour-de-bras bien avant le déclenchement de la crise des subprimes. Hénin-Beaumont, et surtout ses habitants, sont victimes du libre-échange intégral, d’une construction européenne qui en fut le cheval de Troie et avec la complicité des partis qui se sont succédés au gouvernement français lesquels entonnaient en chœur le refrain d’Alain Minc :”Ah que la mondialisation est heureuse” !


Et c’est naturellement qu’ils ont fini par se tourner vers un parti qui a fait du concept de “frontière” l’alpha et l’omega de toutes ses positions politiques depuis son émergence en 1984. La frontière qu’on a ouverte aux travailleurs étrangers, la frontière qu’on a ensuite ouverte aux produits fabriqués à l’autre bout du monde par des travailleurs payés à un tarif défiant toute concurrence, cette frontière avait disparu et le Parti socialiste avait contribué à la faire tomber. Ajoutons effectivement la goutte de la malhonnêteté dans ce vase social déjà bien rempli, et on se retrouve avec les résultats de dimanche soir.


Tant que le Parti Socialiste n’aura pas recouvré l’objectif de protéger les classes populaires de ce libre-échange dévastateur, il s’exposera à ce genre de déconvenue. Tant que Nicolas Sarkozy tiendra le discours de la protection tout en faisant l’inverse et en croyant que les électeurs sont dupes, il sera lui aussi en danger de voir remonter sur sa droite un parti dont il croyait avoir eu la peau (1). Je ne serais pas étonné qu’un bon nombre des électeurs de Marine Le Pen dimanche ne se soit pas déplacé trois semaines plus tôt à l’occasion des élections européennes. Nul doute qu’il saurait se mobiliser pour une élection présidentielle.


Si Marie-Noëlle Lienemann avait accepté de mener la bataille, il est fort possible que le ballotage eût été moins favorable au Front National. Elle a toujours été de la marge du PS qui alertait ses amis sur l’ardente nécessité de revenir aux fondamentaux de la Gauche : protéger la classe ouvrière. Et elle est connue comme telle. Il est possible qu’elle soit bien épuisée à envoyer de tels signaux depuis tant d’années sans qu’ils soient remarqués. Elle abandonne ses mandats les uns après les autres. Elle peut aussi avoir des raisons davantage personnelles, ce qu’il convient de respecter.


Une chose est certaine : si le Front National s’installe à la mairie de Hénin-Beaumont lundi prochain, cela aura au moins un effet bénéfique : celui d’envoyer aux partis qui nous gouvernent depuis trente ans le message suivant :”Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles”. Mais sont-ils encore capable d’entendre un tel message ? 

 

Antidote

 

___


(1) Notons au passage que l’UMP n’a réuni que 5,42 % des voix dimanche dernier, ce qui devrait interpeller ses dirigeants

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Vie politique
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Jeudi 2 juillet 2009


Par Benoît Drouot


Afin de s’opposer à toute tentative d’interdire la burqa et le niqab en France, et conscients des faiblesses et des limites d’une argumentation de nature religieuse dans une république laïque où les athées et autres agnostiques sont nombreux, les islamistes et leurs relais vont puiser dans le registre des principes démocratiques, invoquant à grands cris le respect de la liberté, qu’ils déclinent en liberté individuelle, liberté religieuse et même… liberté vestimentaire. Mais, tout comme ils font parler le coran dans le sens qui leur convient, ils réinterprètent le mot liberté pour en livrer un sens détourné susceptible de justifier leur projet politico-religieux. Il faut être bien mal instruit de ce que recouvre le concept de liberté dans notre tradition démocratique pour se laisser persuader par un piège aussi grossier.


Le recours au principe de liberté est censé faire honte à la République française : en s’apprêtant à interdire le port de la burqa, la République se prépare à bafouer le premier terme de sa devise. L’argument est récurrent depuis les premières affaires de foulard islamique. Il vient d’être resservi par le CFCM le 20 juin dernier lorsqu’il souligne que les libertés individuelles sont un des « fondements de notre République » (1). Quelques jours plus tard, l’ayatollah Fadlallah, religieux chiite libanais, lui emboîte le pas, expliquant que « la liberté (…) doit venir de la volonté de la personne, pas des lois qui sont imposées par des personnes » (2) . On entend bien que l’ayatollah Fadlallah méprise les lois des hommes pour leur préférer celles qui sont imposées par dieu.

 

Mais puisque les deux autorités religieuses susmentionnées en appellent aux « fondements de notre République », retournons aux sources de notre tradition démocratique afin d’éclairer le concept de liberté. Dans son article 4, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, adoptée le 26 août 1789, souligne qu’il est impossible de jouir de la liberté si celle-ci n’est pas bornée, avant d’ajouter que ces bornes sont définies par la loi. L’article 6 précise qu’en démocratie, doctrine politique conçue par des hommes (et non par des dieux…), c’est la représentation nationale qui légifère selon les vœux de la « volonté générale ». Le même article stipule surtout que si la loi en question punit, elle a aussi pour mission de protéger. On l’oublie trop souvent. C’est là une première borne fondamentale : la protection de certains individus implique la limitation des libertés de certains de leurs concitoyens. Chahdortt Djavann, romancière et anthropologue d’origine iranienne, fait remarquer avec justesse que « le fascisme, l’antisémitisme, le racisme peuvent (…) exprimer un choix individuel, une conviction profonde et personnelle » (3), et qu’ils n’en sont pas moins prohibés par la loi dans le but de protéger ceux qui pourraient en être victimes. C’est dans ce sens que Rama Yade a déclaré qu’une loi sur la burqa pourrait « permettre de protéger les femmes (…) obligées de (la) porter » (4).


En assimilant la liberté à « la volonté de la personne », l’ayatollah Fadlallah laisse entendre que la liberté n’est rien d’autre que le droit pour chaque individu de faire ce qui lui plaît au moment qui lui sied. C’est brandir une approche bien enfantine de la liberté qui confine au « je fais ce que je veux quand je veux ». Remarquons que cette définition ne vaut, dans l’esprit des islamistes et de leurs relais, que lorsqu’il s’agit du port du voile. Mais étrangement, quand un dessinateur croque Mahomet sous les traits d’une bombe, la notion de liberté bornée se rappelle au bon souvenir des extrémistes (et d’une partie des musulmans) qui réclament une loi sur le blasphème pour protéger (tiens !) la religion des critiques. « La volonté de la personne », en l’occurrence le dessinateur mécréant, ne mérite soudain plus d’être défendue. Le problème des islamistes est qu’ils abordent le concept de liberté comme ils lisent le coran : ils lui font dire ce qui les arrange en fonction de leurs besoins du moment.


Quand la notion de liberté individuelle n’y suffit pas (personne n’est dupe des pressions qui s’exercent sur les filles et les femmes en burqa), les partisans de la « prison ambulante » pour les femmes convoquent la notion de liberté religieuse. Dans l’article premier de la loi de 1905, qui fonde la séparation des Eglises et de l’Etat en France, cette liberté comporte deux volets : la liberté de conscience (c’est-à-dire la liberté des croyances, des convictions) et le libre exercice des cultes. On ne voit pas que l’interdiction de la burqa constitue une entrave à l’un ou l’autre de ces volets. Le voile est l’expression, l’affichage d’une opinion religieuse, il n’est pas l’opinion elle-même. Et quand bien même il pourrait être considéré comme un élément de la conscience religieuse elle-même, l’autorisation de son port doit être mise en balance au regard des autres principes républicains, qui sont autant de bornes aux libertés individuelles. Parmi ces principes, l’égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que la dignité de tout être humain (ce que sont les femmes sous nos cieux d’Occident…), conduisent à prôner l’interdiction de la burqa et du niqab, profondément dégradants à l’endroit de la femme et reflets d’une idéologie misogyne d’un autre âge. Nous sommes d’ailleurs prompts à nous offusquer, à juste titre, de la burqa quand elle est afghane, parce que nous n’avons alors aucun doute sur ce qu’elle signifie. Son sens est le même dans nos villes européennes, que l’on ne s’y trompe pas. La burqa d’ailleurs est la burqa d’ici ! Que le port de tels accoutrements avilissants soit une prescription coranique ne doit peser en rien dans la décision finale d’une République laïque. « Le coran est notre constitution » clament certains islamistes français. C’est malheureusement vrai dans de nombreux pays. Ils n’ont que l’embarras du choix. En France la Constitution et la loi républicaines s’imposent au coran, comme à tout autre texte à caractère religieux.


L’ultime liberté que nous servent les promoteurs du voile sous toutes ses formes est la liberté vestimentaire. Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, s’est laissé aller, après bien d’autres, à ramener la question de la burqa à un problème de « tenue vestimentaire à l’extérieur » (5). Qu’on se le dise donc, le niqab est un vêtement, ni plus ni moins, à l’instar d’une casquette ou d’un chandail à col roulé. Qu’il nous soit permis de nuancer. Quand le niqab, la burqa et le voile sont une obligation, quel que soit le temps ou l’humeur du matin de celle qui doit s’en couvrir, la casquette et le tricot sont facultatifs d’un jour à l’autre ; il est même permis, ô grand dieu, de s’en défaire en pleine rue en cas de poussée du mercure. Non, faire du voile et de ses dérivés des vêtements, ce n’est ni sérieux, ni crédible. Il s’agit d’un signe (qui prend l’aspect d’un vêtement) qui porte et véhicule un discours religieux et politique aux relents misogynes répugnants et par lequel ses partisans affichent leur hostilité au modèle de société occidental, et donc leur refus d’intégration. Les voiles (quel que soit leur aspect) n’ont pas l’innocence d’un pullover. Le voile est un stigmate, c’est-à-dire une marque d’infamie, une marque au fer rouge de la femme. Ce n’est pas une loi sur la burqa qui risque de « stigmatiser gravement l’islam » (6) (Mohammed Moussaoui, président du CFCM), c’est l’islam qui stigmatise les femmes qui la portent.


En définitive si le port du voile et autres burqas est bien la marque d’une liberté, c’est uniquement celle que l’on accorde aux islamistes pour faire prospérer leur idéologie politico-religieuse nauséabonde avec la bénédiction d’un principe démocratique, la liberté, tordu à souhait. Nos responsables politiques, avant de s’exprimer sur le voile, seraient bien inspirés de se plonger dans un court essai intitulé Que pense Allah de l’Europe ? de Chadhortt Djavann. Elle y explique que le voile est la « clé du système islamiste » : parce qu’il fait office de marquage du territoire où l’islamisme parvient à s’imposer et à dicter ses règles, il rend visible les avancées de l’islam dans les pays européens ; mais aussi parce « qu’avec le voile, les femmes acquièrent une valeur marchande. (…) Elles sont les biens des hommes musulmans. (…) Pour accéder à ce marché (…) il faut être ou devenir musulman » (7) . Autrement dit, le voile est un titre de propriété d’une communauté sur ses femmes. La seule liberté que le voile autorise donc, c’est celle des hommes de soustraire leurs femmes au reste de la société et aux idéaux de la République. Voilà la liberté dont se réclament ceux qui s’opposent à l’interdiction de la burqa !


Une loi contre la burqa, et contre le voile, s’impose donc, non pas contre la liberté, mais en conformité avec elle. Parce que les femmes susceptibles d’être asservies à une lecture rétrograde du coran doivent être protégées au nom de leur liberté ; parce que la burqa, le niqab, et même le voile, contreviennent aux principes les plus élémentaires de notre République, à commencer par la dignité de la personne et l’égalité des sexes. Enfin parce qu’il convient d’apporter une réponse politique à une offensive politique (sous couvert de religion) dont les motivations sont contraires aux valeurs des Droits de l’homme et de la femme et de la République. Loin d’attendre encore, il faut signifier fermement aux islamistes que leur entreprise sera étouffée dans l’œuf. Car comme l’écrit Guy Haarscher, spécialiste de la laïcité : « il serait naïf de séparer la question du foulard d’un contexte de combat plus large, au sein duquel ce sont les islamistes durs qui dominent » (8) .

 

Riposte Laïque

 

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(1) Cité sur www.tempsreel.nouvelobs.com, 23 juin 2009.

(2) Cité sur www.tempsreel.nouvelobs.com, 23 juin 2009.

(3) Chahdortt Djavann. Que pense Allah de l’Europe ? Paris : Gallimard Folio, 2004, p. 25.

(4) Cité sur www.tempsreel.nouvelobs.com, 23 juin 2009.

(5) France Info, le 22 juin 2009 dans le programme L’invité de France Info.

(6) Cité sur www.tempsreel.nouvelobs.com, 23 juin 2009.

(7) Chahdortt Djavann. Que pense Allah de l’Europe ? Paris : Gallimard Folio, 2004, pp. 34-35.

(8) Guy Haarscher. La Laïcité. Paris : PUF, 2005, p. 39.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Laïcité, Religions et Intégrismes
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Dimanche 28 juin 2009

"Naïve et laxiste", "l'Europe a toujours adopté une vision de très grande ouverture au libre-échange, en sorte qu'elle est aujourd'hui la zone la plus ouverte au monde. Elle n'exige même pas de réciprocité dans l'ouverture aux échanges, c'est-à-dire que les marchés des pays avec lesquels elle commerce soient aussi ouverts que les siens". C'est ainsi que l'économiste pourtant très "européen" et libéral Christian Saint-Etienne a condamné la politique européenne actuelle dans un article "Le libre-échange est-il coupable ?" (Les Echos, 23 avril). Il appelait alors à la mise en place de "taxes compensatoires" face au dumping social et environnemental des pays émergents. Le hic, c'est que les accords de l'OMC comme les traités européens jusqu'à Lisbonne auxquels la plupart des partis ont dit "oui" interdisent formellement une telle politique qu'elle soit nationale ou même européenne.


Peut-on en évaluer aujourd'hui les dégâts en terme d'emplois détruits et non créés ? Pour la première fois, un autre économiste, eurocritique assumé celui-là, Jacques Sapir, s'essaye à ce difficile exercice d'une estimation de l'impact sur l'emploi du libre-échange inégal auquel, au nom de l'Europe intégrée, on a livré notre économie et nos populations. Pour Sapir, l’effet net du libre-échange inégal représenterait au moins la moitié des 8,3% de chômage constatés avant la crise. Il faudra y ajouter les chômeurs apparus depuis le début de cette crise (1,9 million supplémentaires dans l'UE au premier semestre 2009) qui est une crise du libre-échangisme inégal. Le coût total, en incluant les effets induits et dynamiques, aura été d’accroître le taux de chômage de 138% à 177% suivant les hypothèses de gain de productivité et d’effet multiplicateur. Mais le libre-échange inégal et l’impact des politiques prédatrices hors et dans l’UE n’est pas le seul facteur. La hausse de l’Euro est aussi un élément qui induit une perte d’emplois non négligeable.


Par Jacques Sapir

L’impact de la crise actuelle vient s’ajouter à la pression des délocalisations qui pèse sur l’industrie française depuis maintenant à peu près une dizaine d’années. L’évaluation précise du coût en emploi de cette pression, issue du libre-échange dans les conditions présentes, soulève plusieurs difficultés.
En effet, tout d’abord il faut savoir qu’un emploi dans l’industrie a un impact direct sur des emplois dans les services, ce qui est toujours vérifié lors de plans sociaux industriels importants. Mesurer l’impact des délocalisations uniquement sur les emplois industriels sous estime considérablement l’impact total sur l’emploi. 

Ensuite, il faut prendre en compte le fait que dans le processus de délocalisation on doit compter trois effets distincts mais qui viennent se cumuler.

1) Les délocalisations directes

Il s’agit ici d’emplois déjà existants dans un pays et transférés dans un autre pays (en général par fermeture de l’usine dans le pays d’origine). On considère de manière générale que ces délocalisations ont affecté  environ1,5% des emplois industriels en France soit à peu près 0,5% de la population active. 

2) Les délocalisations indirectes

Il s’agit ici de la création délibérée d’emplois à l’étranger pour servir non pas le marché local mais pour la réexportation vers le pays d’origine. On est en présence de ce phénomène quand une grande entreprise conçoit un nouveau produit et en réalise l’industrialisation d’emblée dans un pays à faibles coûts salariaux et ce à but de ré-export. Cette pratique est devenue systématique dans l’industrie automobile depuis une dizaine d’année.
Il y a là un « manque à employer » plus qu’une destruction directe d’emploi, et on peut le chiffrer dans le cas de la France entre 250 000 et 400 000 emplois, suivant les hypothèses de productivité, soit entre 1% et 1,6% de la population active.

3) L’effet dépressif sur le marché intérieur

La menace des délocalisations et le chantage auquel se livrent les entreprises ont conduit à maintenir les salaires dans l’industrie à un niveau très faible et à exercer une pression croissante sur les salariés. La faiblesse des revenus tend à déprimer la consommation et donc la demande intérieure.

La pression sur les salariés, pour que les gains de productivité compensent les gains possibles en bas salaires, est une des causes principales du stress au travail et des maladies qui en sont induites. Faute d’une enquête épidémiologique systématique en France, le coût de ces maladies n’a pas été globalement estimé. Pour des pays comme la Suisse ou la Suède, où des enquêtes systématiques ont été réalisées, on arrive à 3% du PIB. En France, ceci signifierait près de 60 milliards d’Euros, qu’il faut comparer aux 15 milliards du déficit de la sécurité Sociale. Il est clair que si les gains salariaux avaient pu suivre ceux de la productivité, et si l’on avait pu économiser ne serait-ce que 1% du PIB en cotisations tant salariées que patronales, on aurait eu un impact très fort de ce surcroît de pouvoir d’achat sur la croissance. On peut alors estimer à 1% de la population active au minimum le gain en emploi (ou la réduction du chômage) que l’on aurait pu obtenir. Cependant, ce gain est global et ne concerne pas uniquement l’emploi industriel. 

La combinaison des effets indique que la pression du libre-échange coûte environ 2% de la population active en emplois industriels perdus ou non créés. Ceci correspond probablement à une perte globale (avec l’effet multiplicateur habituel de l’emploi industriel sur l’emploi global) de 3% à 3,5% de la population active. À cela, il faut donc ajouter un minimum de 1% de la population active, perdu en raison de l’effet dépressif direct et indirect.

Alors qu’avant la crise le taux de chômage en France était de 8,3%, l’effet net du libre-échange représenterait ainsi au moins la moitié de ce taux (4% à 4,5% de la population active). Le libre-échange et l’impact des politiques prédatrices hors et dans l’UE n’est pas le seul facteur. La hausse de l’Euro est aussi un élément qui induit une perte d’emplois non négligeable.

Il faut de plus souligner l’aspect dynamique du chômage ou du retour à l’emploi

Un taux de chômage qui aurait été ramené à 4,3% signifie immédiatement un équilibre des comptes sociaux (voir un excédent pour certains d’entre eux). Non seulement le budget de l’État n’a plus à contribuer au financement des caisses mais les cotisations peuvent être réduites ou les prestations améliorées. Ceci signifie une injection supplémentaire de pouvoir d’achat (salaires et profits) se traduisant par une consommation et un investissement plus élevés, et donc un niveau d’activité nettement supérieur, qui tend aussi à faire reculer le chômage.

Compte tenu de l’effet dynamique d’une réduction du chômage par élimination des effets du libre-échange, un taux de chômage de 3% à 3,5% apparaît comme plausible, soit, par rapport à 2007 un gain de 4,8% à 5,3% de la population active. Le chômage aurait été entre 36% et 42% de ce qu’il a été. Inversement on peut donc affirmer que le coût total du libre-échange, en incluant les effets induits et dynamiques, a été d’accroître le taux de chômage de 138% à 177% suivant les hypothèses de gain de productivité et d’effet multiplicateur.

On doit ajouter que cette évaluation est sans doute un peu excessive car elle suppose implicitement que les emplois créés eussent pu être occupés aux niveaux de qualification nécessaires sans engendrer de poussée inflationniste. Une telle hypothèse suppose en réalité une politique de formation très agressive et très efficace, comme on a pu en voir dans des pays d’Europe du Nord mais pas en France. L’existence d’un probable biais inflationniste réduirait alors l’impact positif de l’effet dynamique de la réduction du chômage. Hors effet du libre-échange, le taux de chômage se serait sans doute stabilisé vers 4% - 4,5%, ce qui n’en aurait pas moins été un résultat bien meilleur à celui de l’évolution réelle.

Un autre élément dont on doit tenir compte, mais qu’il est difficile de simuler sauf à se livrer à un exercice très détaillé, est l’impact de ces créations d’emplois sur des bassins industriels régionaux. L’existence d’un impact régional dans les bassins traditionnels des industries ayant subies des effets de délocalisation est indiscutable, mais ne peut être discuté avec précision au niveau de généralité de la présente présentation.


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie et Social
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Samedi 27 juin 2009

Le discours prononcé par Nicolas Sarkozy ce lundi devant les parlementaires se voulait historique et à la hauteur de la crise. Il n’a finalement été qu’une pâle copie de ses discours de campagne : aux accents volontaristes et républicains, à rebours de la pensée unique… mais truffés de contradictions, et en total incohérence avec ses actes.

 

On l’a vu ainsi reprendre une à une la plupart des préceptes émis par Henri Guaino, son conseiller spécial mais surtout l’un des plus vieux tenants de l’« autre politique ».


Ainsi du refus d'une politique de rigueur, qui aggraverait le déficit public.


Ainsi de la distinction entre dépenses de fonctionnement et dépenses d’investissement, les secondes considérées comme acceptables car étant les recettes de demain.


Ainsi de la défense du modèle social républicain issu du programme du Conseil National de la Résistance, de ses services publics et de sa protection sociale. Modèle dont le principal enseignement reste que c'est en protégeant que l’on crée la confiance et donc la croissance.

 

La reprise de ces préceptes étant en profonde contradiction avec l’orthodoxie budgétaire et néolibérale, on aurait donc dû s’attendre à ce que le Président réclame l'abrogration des directives européennes de libéralisation des services publics et dénonce l'ensemble des traités européens, en particulier le traité de Maastricht et le Pacte européen de stabilité et de croissance. Il n’en a rien était.
 

On aurait dû également s’attendre, à la veille d’un remaniement programmée, à ce qu’il change en profondeur son équipe gouvernemental, débarquant le premier d’entre eux, François Fillon, ainsi qu’Eric Woerth et Christine Lagarde, tous trois adeptes d’une politique économique avec lequel il prétend vouloir rompre. 

 

Là aussi, il n’en a rien était. Le remaniement, avec la reconduction des mêmes aux postes-clés, fut incontestablement un reniement entier du discours de la veille.

 

Un remaniement-reniement qui, d’ailleurs, vaut aussi pour la question de la Turquie. En effet, la nomination de l’ineffable Pierre Lellouche aux Affaires européennes, fervent soutien à l’entrée de ce pays dans l’Union européenne, ne peut qu’achever d’enlever toute sincérité à la position élyséenne, précisément inverse, à ce sujet.

 

Quand donc monsieur Sarkozy décidera-t-il de mettre sa politique en cohérence avec son discours ?

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Vie politique
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Mercredi 24 juin 2009


Par Djamila Gérard


Monsieur le Président de la République, vous avez plus d’une fois assimilé l’islamophobie à l’antisémitisme, ce qui démontre non seulement votre inculture linguistique, mais aussi votre inculture républicaine. Oui, on a le droit d’être islamophobe, c’est-à-dire de rejeter, de détester ou d’avoir peur de l’islam, sans être taxé de racisme.


Vous introduisez ainsi dans la République française un véritable « délit de blasphème », et votre discours de ce jour au Congrès de Versailles va exactement dans le même sens, quand vous dites que « la laïcité, ce n’est pas le rejet du sentiment religieux » et que « c’est un principe de neutralité, de respect [des religions] ». Et vous appelez à votre secours Jules Ferry, en sortant l’une de ses citations de son contexte : un enseignant n’aurait pas le droit de dire quoi que ce soit qui heurte la croyance religieuse de l’un de ses élèves.


Votre inculture historique vous fait oublier que nous ne sommes plus du temps de Jules Ferry. A cette époque, les femmes n’avaient pas le droit de vote et n’étaient pas considérées juridiquement et civilement comme les égales des hommes. L’avortement et l’homosexualité étaient des délits. Et les élèves musulmans étaient rarissimes sur les bancs de nos écoles. Alors évidemment, il n’était guère difficile à cette époque de trouver des convergences entre morale républicaine et morale chrétienne - tu ne voleras pas, tu ne tueras pas, tu respecteras père et mère, etc. - tout en ne heurtant guère les convictions religieuses des élèves très majoritairement catholiques ou athées.

 

Mais si on projette votre idée du « respect des religions » en 2009 en France, comme vous le souhaitez, alors l’enseignant, afin de ne pas heurter ses élèves de telle ou telle confession, ne pourra plus :


Parler de Darwin, car cela heurterait les créationnistes chrétiens ou musulmans ;

Prôner l’égalité des sexes, car le Coran donne autorité à l’homme sur la femme et cela heurterait les élèves de confession islamique ;

Prôner les droits des homosexuels, considérés comme des pêcheurs par les catholiques et comme des criminels par les musulmans ;

Parler de la liberté religieuse, car le droit à l’apostasie est condamné dans l’islam ;

Faire campagne pour l’information sexuelle et la contraception, pour ne pas heurter les élèves catholiques ;

Parler de l’apport diététique de la viande, pour ne pas choquer les bouddhistes végétariens ;

Evoquer le droit au divorce, banni dans plusieurs religions.

Bref, selon vous, par « respect » des religions, l’instituteur devra se coltiner la Bible, le Coran, le catéchisme de Jean-Paul II et les bulles papales, ainsi que les textes religieux bouddhistes, hindouistes, sikhs, etc., afin de déterminer le plus petit commun dénominateur de ce qui n’est pas « haram » ou péché chez les uns et les autres.


D’autre part, votre discours fait fi de la religion majoritaire en France : l’athéisme ! Vous faites ainsi une discrimination entre croyants pour qui la moindre lubie écrite par un gourou il y a 3000 ou 1400 ans devrait être respectable, et les incroyants à qui vous interdisez d’afficher leur critique des religions, et en particulier leur islamophobie. On est loin de votre soutien à Charlie-Hebdo pour les caricatures de Mahomet !

Monsieur Sarkozy, cette partie de votre discours est anti-laïque. J’ai pour ma part bien compris que c’était un marchandage avec les lobbies musulmans : l’interdiction ou la restriction du port du voile intégral, contre la défense de l’islam et en particulier le financement de mosquées par les deniers publics. Alors même que dans le même discours de Versailles, vous invitiez l’Etat et les collectivités locales à ne pas gaspiller le moindre euro !


Votre méconnaissance de l’Histoire de France vous fait également oublier que même avant la République, la royauté ou les aristocraties locales étaient souvent en conflit avec la papauté romaine ou ses représentants. Il en est ainsi chaque fois que des religieux investissent le champ politique. Il n’y a donc aucune raison que quand, aujourd’hui et maintenant, une religion telle que l’islam prône des dogmes contraires à nos lois et nos valeurs, nous n’ayons pas le droit de les dénoncer et de les combattre.


Et sur le voile intégral, vous dites que c’est « un problème de liberté, de dignité de la femme. (…) La burqa n’est pas un problème religieux. C’est un signe d’asservissement, d’abaissement de la femme » et vous précisez que la burqa « n’est pas la bienvenue sur le territoire de la République ». Vous avez dit la même chose lors de votre campagne électorale, et bizarrement, vous attendez plus de deux ans pour appliquer cette promesse de campagne. Vous le faites uniquement par opportunisme, contraint et forcé à réagir à une proposition de commission par une soixantaine de députés de tous bords.


« La burqa n’est pas un problème religieux », dites-vous ! Mais vous vous fichez de qui ? A part des gens qui se réclament de l’islam, avez-vous vu en France une seule personne qui porte le voile intégral (sauf pour se déguiser) ? Et le voile islamique non intégral, n’est-ce pas également « un signe d’asservissement, d’abaissement de la femme » comme l’explique votre ministre Fadela Amara ?


Monsieur Sarkozy, vous refusez tout simplement de voir la réalité d’un islam politique qui, depuis 20 ans, lance une offensive contre la République française ; et également contre sa laïcité à laquelle vous n’adhérez pas mais que vous n’osez attaquer de peur de choquer les Français. Vous l’avez d’ailleurs dit : « les Français sont attachés à la laïcité », sans dire que vous aussi vous y étiez attaché. Contrairement à votre prédécesseur Jacques Chirac qui la déclarait « non négociable », donc qui la faisait sienne. Contrairement au Général De Gaulle, à Georges Pompidou ou Valérie Giscard d’Estaing, qui, bien que catholiques pratiquants, n’ont JAMAIS évoqué ni Dieu ni les religions dans leurs discours républicains.


Monsieur Sarkozy, j’ai le droit d’être islamophobe ou cathophobe ou zoroastrophobe tout comme j’ai le droit de m’opposer au communisme ou au capitalisme, du moment que les religions deviennent des idéologies politiques et contraires aux valeurs et lois de la République. J’ai le droit de dire, sans caricature aucune, que Mahomet était un chef de guerre sanguinaire, ou de démontrer que Marie-Madeleine était la concubine de Jésus, ou de supposer qu’Abraham n’est qu’un personnage de légende qui n’a jamais existé.

Et vous n’empêcherez personne, au pays de Descartes et de Voltaire, d’avoir le droit de ne pas respecter les croyances d’autrui, de les critiquer, et de les combattre quand elles nuisent au vivre-ensemble dans notre pays. Ou alors vous n’êtes ni un républicain ni un laïque.


 

Riposte Laïque


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Laïcité, Religions et Intégrismes
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Mardi 23 juin 2009
Le Post :
C'est HISTORIQUE, une deuxième révolution à Versailles !

 

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Ah ! Si Versailles lui était compté (400 000 €), nous l'emprunterions bien pour un quinquennat !


Belle prestation de présentation de politique générale, rôle dévolu au first Minister, devant le ban et l’arrière ban politique.

Que du beau monde, aucune pancarte revendicative pour altérer la cérémonie du sacre.

Mais rien de bien concret à se mettre sous la dent.

On sait maintenant qu’il sait lire ses notes et cela valait-il le coup de dépenser 400 à 500 000 euros, pour simplement lire devant les caméras, ce qu’il aurait pu à moindre frais depuis son palais impérial de l’Elysée.

Ou mieux, s’il avait transmis son texte à Fillon qui se serait acquitté avec plaisir de cette tâche subalterne. C’est en fin de compte son rôle, avant qu’on ne lui pique son poste !

 

Nous attendions :

* la date officielle d’autorisation (et non une obligation, et vous direz qu’on est en dictature) à prendre sa retraite repoussée à 79,5 ans

* le doublement, voire le triplement, des sanctions pécuniaires routières

* le nombre de gardes à vue pour les "Aidants de clandestins", fixé à l'avance, passer de 5 000 à 20 000 par an et pourquoi pas la reconduite à la frontière de Français trop copains avec lesdits clandestins.

* le mandat présidentiel passant de 5 à 25 ans, avec succession à la primo-geniture mâle.

* Suppression de toutes les prestations sociales tout en continuant  à en percevoir les cotisations

* Poursuites aggravées pour toute récrimination, cagoulée ou non (flics attention à vous qui portez un masque dans les manifs), contre le Pouvoir et ses représentants (aussi petit soit-il) qui deviennent à l’identique (au niveau vigilance et répression) assimilés à des propos antisémites. Autrement nous n’avons plus le droit que d’applaudir aux « conneries du Pouvoir », comme les godillots de l’UMP et consorts

 

Las rien de cela, que du blabla bling bling, excepté qu'il a dit merci aux Français de l'avoir confirmé dans sa justesse d'action gouvernementale, au cours des Européennes, avec un généreux 10,84% des Inscrits (ce qui laisse quand même 90% des Français sur leur fin de mois difficile).

 

Rien excepté la grande nouvelle : on va nous taxer "illégalement - légalement" par le biais d'un emprunt pour ouvrir d'autres prisons, financer des mesures allant à l'encontre des libertés.

Ohé, braves (« le pov’ » étant réservé à qui vous savez) cons, ouvrez vos bas de laines car malgré mes dépenses somptuaires à l'Elysée en hausse de 28%, je manque de flouz (péze, carbure, grisbi, tune, liquidités – « les (e)chèques laissent des traces dans l’Histoire »), pour mener à bien mes projets pharaoniques, dont vous ne connaîtrez la finalité qu’après que vous aurez payé (ce qui s’appelle, encore une fois, après les promesses électorales non tenues, UN (E)CHEQUE EN BLANC).

à vous de veiller à ce que je ne manque de rien et que mes caprices d’enfant soient en permanence satisfaits.

Mais qui sera assez cons, au sens réel du terme, pour financer un tel emprunt ?

"A vot' bon coeur, n'riez pas une p'tiote pièce pour moi ?"

 

Mais au fait, j’y pense, parmi les postulants à venir au poste de Patron de la France, qui osera annoncer qu’il annulera toutes les décisions, lois, modifications mises en œuvre depuis 2002 et qui font une République Française défigurée ou, à tous le moins, loin de celle pour laquelle nos parents sont morts depuis 1789 ?

Celui là risque d’obtenir un max de voix, dès le premier tour, aux prochaines présidentielles.

Mais il faut surtout pas que ce ne soit qu’au niveau promesse….

Le drame, ce n’est qu’après coup que l’on découvre que l’on a encore une fois été cocufié …. D’ou l’idée géniale de l’invitation à lire, plus bas, afin de mieux comprendre comment on se fait « baiser par la gueuze (lambic pour les connaisseurs d’ambrée et de brune) »

Mais souhaitons qu’il ne soit d’aucun parti actuel qui grenouille dans les coulisses.

Il faudrait que ce soit quelqu’un de nouveau, avec des idées nouvelles, issus (lui et les idées) réellement du Peuple, faute de quoi on est parti pour 50 ans et plus avec l’équipe des charlots et des charlots clones actuels.

 

Si vous voulez mieux comprendre comment et pourquoi le Peuple est cajolé puis ignoré et donc berné, lire «  Psychologie des foules » (« à usage des gouvernants de l’avenir », déjà en 1895) de Gustave le Bon (1895), si vous ne voulez plus être piégé.

Par contre si cela vous arrange et vous convient d’être ainsi manipulé, abstenez vous de le lire, vous seriez ensuite mal à l’aise, en connaissance de cause, à rester dans le troupeau.

(Découvrir la fumisterie populacière au prix de 10 Zeuros seulement, le prix de 2 paquets de clopes « Lucky » - mais sans les inconvénients du tabac, ni des articles 575 et 575A du code des impôts si chers à nos « proposeurs » de propositions de loi!)


 

Kelly-Eric Guillon

"sous-Pupille de la Nation de 4éme Catégorie de 39/45", depuis 2000


 

Voir le dernier article paru en date du 23/06/09 : http://www.marcfievet.com/article-32991045.html (relatif à la discrimination « Pupillienne » et au « déni de la résistance et du maquis » et à l’immobilisme de glace des parlementaires)

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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Mardi 23 juin 2009

Par Philippe Cohen

Le Président a repris dans son discours la plupart des propositions de son conseiller, comme s'il voulait abandonner une fois pour toutes l'orthodoxie néolibérale et budgétaire.

Guaino 3- Fillon 0. Tel est, si l’on veut faire court, le résultat du match entre les deux inflexions, parfaitement contradictoires, qui s’offrent à l’Elysée depuis deux ans.

Le discours présidentiel a repris une à une la plupart des propositions qu’Henri Guaino égrène dans la vie intellectuelle puis politique depuis dix ans :

1)    La distinction entre dépense de fonctionnement et dépense d’investissement. Le Président a répété ce que défendaient tous les partisans de l’autre politique : les investissements stratégiques (pour la recherche, l’éducation, les technologies) sont les recettes de demain.

2)    La rigueur ne crée pas moins mais plus de déficit public. Cette idée a toujours été combattue par les tenants de l’orthodoxie budgétaire, ceux qui pensent que les dépenses d’aujourd’hui hypothèquent l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants.

3)    La reprise de l’héritage du Conseil national de la Résistance. L’analogie se conçoit : c’est au moment où les finances publiques étaient en dessous du niveau de la mer que cet organisme a jeté les bases du Pacte social aujourd’hui encore en vigueur. L’idée, essentielle, est que, contrairement à ce que prétend l’orthodoxie néolibérale, c’est en protégeant que l’on crée la confiance et les conditions de la croissance.

4)    Enfin, l’emprunt comme relai d’un déficit public aujourd’hui à 7,5% est le dernier volet de l’autre politique, que Jean-Michel Quatrepoint avait proposée dans les colonnes de Marianne : on peut financer les investissements par l’emprunt (comme le font d’ailleurs les entreprises). Et on peut d’autant plus le faire que tous les emprunts publics ont connu en France de grands succès. Sur ce point, le Président n’a pas été d’une très grande clarté : s’agit-il de placer cet emprunt dans le public ou sur les marchés financiers ?

Bien sûr, le Président n'a donné aucune précision ni aucun chiffre. Bien sûr, il nous a tant habitués, au cours de ces dernières années à des effets d'annonce sans aucune conséquence pratique qu'il ne saurait être question de lui donner le quitus sur son discours de Versailles.

Oublier Maastricht et Amsterdam ?

Mais en attendant, son intervention pose directement la question de la remise en cause de l'Union européenne : la logique développée par le Président est parfaitement contradictoire avec les Traités de Maastricht puis d'Amsterdam, dits de stabilité budgétaire, qui ne font aucune différence entre dépense d'investissement et dépense de fonctionnement. On comprend bien d'ailleurs pourquoi, dans son discours, Nicolas Sarkozy a précisé qu'il n'entendait pas encore aborder ce qu'il appelle le « projet européen de la France ».

L'autre question qui se pose, et que l'on voyait cruellement se dessiner sur le visage de certains ministres en gros plan à l'écran pendant le discours présidentiel, est celle du personnel politique mobilisé pour appliquer la nouvelle politique sarkozyenne. Soit les propositions stratégiques du Président n'engagent que ceux qui y croient et dans ce cas la politique peut parfaitement se poursuivre avec la même équipe. Soit il s'agit d'une véritable inflexion, voire d'un changement de cap, et dans ce cas, on ne voit pas comment ceux qui pensent que le retour à l'équilibre budgétaire est la priorité des priorités peuvent se métamorphoser en hérauts d'une autre politique. On touche ici sans doute les limites de la geste sarkozyenne.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie et Social
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Lundi 22 juin 2009

Depuis des décennies, les vendeurs de poudre à perlimpinpin européiste et mondialiste prospèrent sur l'idée encore ancrée chez beaucoup de Français selon laquelle la France n'aurait pas d'avenir.

Trouvant ses racines dans le cataclysme des deux guerres mondiales, cette idée a par la suite été exploitée par la quasi-totalité des élites politiques et médiatiques du pays, soucieuses de détacher le peuple de l'idée de nation et de lui faire admettre l'épopée européiste.
Citons Valéry Giscard d'Estaing qui dans les années 1970 qualifiait la France de "puissance moyenne", ne représentant qu'"1% de la population mondiale". François Mitterrand ne fut pas en reste, laissant à l'histoire cette formule célèbre : "la France est ma patrie, l'Europe est mon avenir".
Au-delà de ces illustres citations, une petite musique pernicieuse est chaque jour ou presque jouée dans nos médias, visant à dévaloriser la France, à établir des comparaisons sans fondement ("que peuvent faire 60 millions de Français face à 300 millions d'Américains et 1 milliard de Chinois ?").

Une fois la France amputée de son avenir dans les têtes, tout s'enchaîne.
Puisque la France ne peut rien, c'est à l'Europe de prolonger son existence. Elle doit donc, pour son bien, et parce qu'elle n'a de toute façon pas le choix, se fondre dans l'Union européenne et la mondialisation débridée.
Cette logique infernale exclut toute réforme du Système. Comment en effet défendre l'idée d'un protectionnisme national si la nation n'est plus rien ? La seule perspective à la limite concevable est celle d'un protectionnisme européen. C'est à dire la condamnation à perpétuité au libre-échange puisque jamais l'ensemble des 27 membres de l'Union européenne ne tomberont d'accord sur ce point. L'Allemagne en particulier s'y oppose avec force.

L'absence de confiance dans la nation nous conduit à l'impuissance et à l'inaction.
A force de croire en un avenir européen et de l'attendre, nous avançons inexorablement sur la route du projet mondialiste, ultralibéral, sans âme, sans identité, et profondément inégalitaire.

Il est donc grand temps de renverser les idées fausses qui fondent l'acceptation de ce projet.
Quoi que puissent dire les élites médiatiques et politiques, intéressées à l'immobilisme, la France a un avenir.
5ème puissance mondiale, elle est présente sur tous les océans. Sa langue rayonne sur tous les continents, privilège qu'elle ne partage qu'avec l'anglais.
Puissance nucléaire, membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU, elle est écoutée et respectée quand elle parle librement, comme l'a encore démontré l'épisode de la guerre en Irak en 2003.
Sa vitalité démographique lui permettra de peser quasiment le même poids dans le monde en 2050, quand la population mondiale aura atteint un sommet. A cette époque, elle sera vraisemblablement la puissance dominante en Europe, ayant dépassé une Allemagne malheureusement vieillissante.
Lorsqu'elle s'en donne les moyens, elle est capable du meilleur. Nouvelles générations de nucléaire, agroalimentaire, gaz liquéfié, voilà des secteurs où elle excelle.

Il ne s'agit pas de se raconter des histoires, mais de croire en soi et d'être lucides face à un avenir qui peut être prospère si nous le décidons ainsi.

Qui peut croire en effet une seconde que la France ne serait pas en mesure d'avoir une nouvelle politique commerciale, plus protectionniste, quand d'autres pays beaucoup moins puissants qu'elle le font sans difficulté ? Qui peut imaginer que les pays européens ne sont pas à même de gérer une monnaie nationale et une politique monétaire enfin adaptée à leurs besoins réels ?

Tout ce que fait la Suisse, nous serions incapables de le faire.
A écouter nos dirigeants, nous finirions par croire que la France est moins puissante et moins capable que la Norvège ou la Suisse, pays qui peuvent tout se permettre, de surcroît avec un certain succès, quand nous serions condamnés à nous fondre dans le magma mondialiste...

La France a bien sûr un avenir, elle peut à l'évidence prendre son destin en main, et combattre beaucoup plus efficacement qu'aujourd'hui les maux de notre temps : précarisation, chômage, délocalisations, insécurité, etc.

Cela ne signifiera en rien l'autarcie, le repli sur soi. Tout ça fait partie de la caricature.
On peut exister par soi-même sans pour autant construire des miradors à chacune de ses frontières et se cacher derrière ses barbelés. Il n'y a que la propagande euro-libérale pour tenter de faire croire ces bêtises aux électeurs dans le but de les effrayer.

La France a un avenir, à nous de le constuire librement.



Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Combat Républicain
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