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Jeudi 24 mai 2007
La sévérité avec laquelle les manifestants anti-Sarkozy ont été jugés témoigne d’une reprise en main politique de la magistrature et d’une pénalisation des mouvements sociaux et politiques. Les militants défilent désormais également devant les tribunaux et tombent sous les coups de la justice.

Rappel des faits

Le 6 mai, jour de l’élection de Nicolas Sarkozy, la place de la Bastille à Paris disparaît sous un nuage de gaz lacrymogène. Pendant trois nuits consécutives, des rassemblements anti-Sarkozy, encadrés par d’importants dispositifs policiers, se soldent partout en France par des affrontements et des incidents. Entre le 6 et le 8 mai, 841 personnes sont interpellées sur l’ensemble du territoire. La justice est appelée à punir ce qui est alors présenté comme un « déni de démocratie ». Les comparutions immédiates se multiplient. De nombreuses peines de prison ferme tombent comme autant de coups de matraque. A Lyon par exemple, sur 29 inculpés, 13 écopent de prison ferme pour des violences sur policiers et des dégradations. A Toulouse, deux étudiants, sans casier judiciaire, sont punis d’un mois ferme pour avoir lancé des projectiles sur les forces de l’ordre. Sans néanmoins les atteindre.

« Aujourd’hui, une atteinte à un officier de police, qu’il s’agisse même d’outrage ou de rébellion, est considérée comme un fait extrêmement grave et donne lieu à des poursuites » explique Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la magistrature. A Paris, Romain, sans antécédents judiciaires, écope de quatre mois ferme pour « tentative de violence volontaire ». Un haut magistrat considère « scandaleuse » cette disproportion flagrante entre les délits et les peines. Certains tribunaux ont été moins sévères. Ainsi à Marseille, sur douze inculpés, deux ont été relaxés et sept autres ont vu leurs procès renvoyés au 17 octobre. Les juges ont estimé nécessaire une confrontation avec les policiers plaignants, absents le jour de la comparution. Malgré des casiers vierges, le procureur a requis la détention provisoire pour huit d’entre eux, invoquant le « trouble grave à l’ordre public ». Les juges n’ont pas suivi la réquisition du procureur et les ont remis en liberté jusqu’à leurs procès.

Une magistrature sous influence

Selon le syndicat de la magistrature, les procureurs généraux ont donné des consignes orales aux parquets. « Il s’agit de favoriser la procédure de comparution immédiate et de requérir des peines sévères », d’après Emmanuelle Perreux. « Ces consignes ont été suivies ». Le gouvernement Jospin avait supprimé les instructions aux parquets par le Garde des Sceaux et les procureurs généraux en matière d’action publique. La loi Perben II du 9 mars 2004 les a rétablies. Emmanuelle Perreux relève d’ailleurs une intervention de plus en plus présente des procureurs généraux, et « une subordination hiérarchique directe ». Cette subordination est facilitée par le statut même des magistrats du parquet, qui sont placés sous la direction et le contrôle de leurs supérieurs hiérarchiques et sous l’autorité du Garde des Sceaux. Ils peuvent être mutés et révoqués contre leur gré, contrairement aux magistrats du siège qui, eux, sont inamovibles. « Depuis de nombreuses années, on constate une reprise en main de la magistrature » note le sociologue Laurent Mucchielli, qui se déclare également surpris par le suivisme des juges : « Nous sommes dans une tolérance zéro à plein régime ». Fini donc le « laxisme » des juges, vilipendé par Nicolas Sarkozy ? Ministre de l’Intérieur, il les a attaqués à de nombreuses reprises. Ainsi déclarait-il sur RTL en septembre 2006 : « Je suis très attaché à la justice, mais je ne pense pas que le laxisme et la démission, ça fasse avancer la justice »[1]. La réforme annoncée du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) devrait permettre de mieux sanctionner les juges. Dans son projet présidentiel, Nicolas Sarkozy souhaite « que le Conseil supérieur de la magistrature soit composé majoritairement de non-magistrats, que vous puissiez le saisir si vous vous estimez victime de la négligence ou de la faute d’un magistrat ». La peur de la sanction gagnerait-elle les juges ? Un haut magistrat s’indigne : « C’est encore pire ! C’est une adhésion. Beaucoup de magistrats s’identifient à la politique menée par Nicolas Sarkozy ». Mais au-delà des questions de convictions, il considère que « c’est l’indépendance de la magistrature qui est en jeu. Il existe une porosité plus importante du juge aux pressions politiques et au climat ambiant ».

Une répression judiciaire accrue

Cette porosité est d’autant plus inquiétante que la justice est de plus en plus sollicitée lors des conflits sociaux et politiques. « Nous évoluons vers une pénalisation du mouvement social », tranche Emmanuelle Perreux. Les prérogatives retrouvées du ministre de la Justice et des procureurs généraux sont dans ce contexte d’une utilité redoutable. Ainsi, face aux faucheurs anti-OGM, deux circulaires de l’ancien Garde des Sceaux, Dominique Perben[2], organisent la répression judiciaire du mouvement. Dans l’une d’entre elles, on demande de poursuivre en priorité les meneurs. Emmanuelle Perreux dénonce l’amalgame entre militantisme et délinquance : « En les déférant aux tribunaux correctionnels, ils sont considérés comme des délinquants. Or il s’agit de militantisme avant tout, pas de délinquance ». Lors du mouvement contre le CPE, la même méthode est utilisée. Une circulaire tombe le 24 mars 2006. Encore une fois, il s’agit de favoriser les comparutions immédiates et de requérir des peines de prison ferme en cas de « trouble grave à l’ordre public ».

« L’Etat ne reconnaît plus la contestation politique comme légitime », constate Laurent Mucchielli. « Les mouvements contestataires sont beaucoup moins durs et violents qu’avant. La perception d’une violence accrue est une illusion d’optique. Mais la répression, elle, est plus dure ». Cette répression judiciaire bafoue certains principes élémentaires de la justice. Pour de nombreux avocats et magistrats, les comparutions immédiates relèvent d’une « justice d’abattage ». La détention provisoire, considérée comme « exceptionnelle » dans le code de procédure pénale, est généralisée. La défense dispose de peu de temps pour s’organiser. Les inculpés sont présentés à la chaîne devant les juges. Lors du mouvement contre le CPE, certains procureurs n’ont pas hésité à prononcer des réquisitions collectives, en flagrant déni du principe de l’individualisation de la peine. Celle-ci implique de juger un inculpé en considérant son parcours et sa personnalité. « C’est la grande remise en cause des mois à venir » s’inquiète un haut magistrat, avec en ligne de mire la réforme des peines planchers automatiques pour les récidivistes[3]. « Nous allons juger les actes plus que les individus ». Les sanctions ne sont plus individuelles, mais fonction d’un contexte politique, au nom de l’exemplarité. Un message transmis à l’ensemble de la société. L’ordre public primerait-il sur les droits individuels, dont le droit à un procès équitable ?

Bien entendu, ce ne sont pas les seuls manifestants et militants qui ont à craindre une justice plus sévère. Selon le même magistrat, « la réponse de Sarkozy à une société qui est réellement plus violente, est une violence d’Etat peu mesurée. C’est un engrenage très dangereux et ce n’est que le début ». Rachida Dati, la nouvelle Garde des Sceaux, a déjà affirmé sa volonté d’être « intraitable » à l’égard de la délinquance juvénile. Dès le mois de juillet, les deux réformes phares de Nicolas Sarkozy devraient être soumises au Parlement : les peines planchers automatiques pour les récidivistes, et la réforme de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs où la majorité pénale passerait de 18 ans à 16 ans. Mais ces réformes se heurtent à des problèmes constitutionnels. Le Conseil constitutionnel sera-t-il lui aussi intraitable ?


Lou M., Agoravox


[1] Dans Nicolas Sarkozy : une République sous haute surveillance, de Serge Portelli, édition L’Harmattan, p. 171

[2] Circulaires du 4 juin 2004 et du 30 mai 2005. cf. document joint

[3] Le projet des peines planchers de Nicolas Sarkozy, présent dans son programme présidentiel, s’appliquerait aux crimes et aux délits passibles d’au moins dix ans de prison. Le prévenu serait condamné à un minimum de 50 % de la peine maximale à la deuxième infraction, à 75 % de la peine à la troisième infraction et à 100 % à la quatrième.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Libertés, Justice et Droits de l'Homme
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Mercredi 23 mai 2007

Un conseiller de Sarkozy placé à TF1


Laurent Solly, ancien directeur adjoint de la campagne du président, va faire son entrée sur la chaîne privée courant juin. Pour le PCF, cette nomination donne la mesure du "relent berlusconien" de la présidence de Nicolas Sarkozy.

Comme l'affirmait nouvelobs.com la semaine passée, Laurent Solly, ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, va faire son entrée à TF1.
Le groupe Bouygues a confirmé mardi 22 mai dans un communiqué que ce dernier intégrerait "en temps voulu" la direction générale de TF1. Bouygues précise que "Laurent Solly arrive à la holding du groupe à compter de 23 mai" et qu'il "effectuera un parcours d'intégration" au sein du groupe.
"En temps voulu", précise Bouygues, "en accord avec Martin Bouygues (président du groupe) et Nonce Paolini (futur directeur général de TF1), "il rejoindra TF1 où il deviendra directeur à la direction générale". "Ses missions seront définies à ce moment-là", ajoute le communiqué.

Fin juin

Selon une source proche du dossier, Laurent Solly deviendra fin juin directeur général adjoint de la chaîne.
Agé de 36 ans, ce diplômé de l'ENA était chef de cabinet de Nicolas Sarkozy jusqu'à son départ du ministère de l'Intérieur en mars. Il s'est ensuite installé au QG de la rue d'Enghien où il a été directeur adjoint de la campagne.
Il devrait prendre ses fonctions de directeur général adjoint de TF1 "au cours de la deuxième quinzaine du mois de juin", sans doute au début de l'été. 

"Relent berlusconien"

Pour le PCF, cette nomination donne la mesure du "fort relent berlusconien" de la présidence du nouveau chef de l'Etat.
Il s'agit d'une "présidence totalement décomplexée au fort relent berlusconien" qui "se fixe comme objectif, facilité par la concentration des groupes de communication, d'anesthésier l'opinion publique en contrôlant les grands moyens d'information", estime le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, dans un communiqué.
"La toile du président de la République ne se tisse plus dans l'ombre, son réseau notamment au sein de grands moyens d'information se construit désormais au grand jour", souligne Olivier Dartigolles qui évoque "l'arrivée de certains journalistes à l'Elysée ou à Matignon".



par le Citoyen Thimèle publié dans : Vie politique
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Mercredi 23 mai 2007

Par Stéphane Baumont, ancien premier vice-président du Parti Radical, Gérard Benhamou, ancien secrétaire national du Parti Radical, et Alexandre Dorna, ancien secrétaire national du Parti Radical de Gauche.



L'existence du Centre est une pièce indispensable au bon fonctionnement de la République. On peut en voir la preuve du "manque de Centre" à travers l'envie de le faire exister qui est partagée aussi bien par Nicolas Sarkozy pour sa majorité présidentielle que par les responsables socialistes les plus enclins à moderniser leur propre parti et ses alliances.

Pour autant, la question de l'existence du Centre reste une énigme non résolue dont la solution est pourtant simple puisque arithmétique ; mais la question de sa nature se pose simultanément et elle exige de la clarté et du courage. On le voit quand François Bayrou réunit 18 % au premier tour présidentiel qui reste inutile ; en effet une légitimité d'expression momentanée reste morte sans élus pour faire vivre une force politique dans la durée. On le voit aussi quand Jean-Michel Baylet, Président des Radicaux de Gauche, appelle, à la sortie d'un entretien avec Nicolas Sarkozy, à la réunification des deux familles radicales mais ne peut maintenir sa proposition sous peine de perdre à gauche ses élus comme Bayrou a perdu les siens à droite.

Il faut que la question de la nature du Centre soit clairement établie. Au fil des années, la démocratie chrétienne s'est localisée sur son aile droite par des aménagements raisonnés de ses valeurs. Aujourd'hui, une partie des successeurs du socialisme sont prêts à recréer l'aile du centre gauche en rompant avec l'alibi d'un humanitaire mondialiste qui restera le refuge des idéologues archaïques ou des révolutionnaires de salon. Mais au Centre, c'est la volonté du radicalisme par des lois prospectives et leur pédagogie, qui a fait de la République une utopie pragmatique et qui a réalisé la société républicaine. On le voit quand, à chaque élection, les grands candidats vont puiser leurs références dans ce gisement d'idéaux moteurs d'actions. Cet acteur et médiateur manque encore et le Centre sera donc aussi Radical ou ne sera pas, faute de quoi il abandonnerait à tous les populismes des principes devenus seulement cosmétiques. Mais la famille radicale, divisée par le vieux prétexte de l'alliance désormais obsolète avec les communistes, a deux appareils partisans qui ont déjà semé tant d'orphelins entre leurs deux routes et qui, empêtrés dans leurs marchandages, ont démontré pendant trente ans leur incapacité à réussir ce qu'ils appellent la "réunification". C'est donc par les militantismes de base que les républicains radicaux en appellent à la création de "Comités de Réunion", partout où c'est possible, pour réincarner leur famille, selon ce que le philosophe Alain appelait "le citoyen contre les pouvoirs".

Il ne reste alors que la question de l'arithmétique. On l'a vu, le premier tour de la présidentielle ne sert à rien le lendemain ; il ne donne que l'illusion de l'expression proportionnelle de toutes les opinions des Français et le deuxième tour passe à la trappe celles qui ne se prêtent pas à l'addition forcée sur deux noms. Il en sera de même au lendemain du premier tour des élections législatives immédiates. Une fois de plus, le premier tour laissera la Chambre des Députés incomplète et le deuxième tour donnera deux tiers des sièges à un tiers des voix, laissant à des millions d'électeurs désormais sans députés, au mieux l'amertume de la sous représentation, au pire celle de la non représentation.

Présidentiel ou législatif, il n'y a pas de scrutin national qui rende toute leur expression aux Français. Au nom de la stabilité ce mal est donné pour nécessaire mais dangereusement, il évacue le droit au contre pouvoir du débat politique légitime vers l'irrationnel des médias et de la rue ; la république aboutie recule devant la démocratie simplifiée. Cependant, dans sa lente avancée vers une république pour tous, la France dispose déjà de scrutins où les voix ont un sens et un résultat proportionnel à leur nombre : les élections municipales, régionales, européennes. Dans ces élections, les candidats ne peuvent exister que grâce à des listes liées avec les électeurs par des contrats d'idées et non en solitaires, otages capables de changer de postures pour une assurance contre l'angoisse de leur devenir. En attendant des élections législatives modernisées, c'est donc par là qu'il faut commencer pour unir les Républicains Radicaux et faire exister un Centre libre de ses alliances sur des programmes précis. C'est cette méthode qui fera reconnaître la nécessité d'un scrutin législatif ultérieur ouvert par la proportionnelle et conduira à une expression d'un Centre digne et volontaire dans une Assemblée Nationale qui réduise enfin l'écart "entre le Pays légal et le Pays réel".

Républicains radicaux -valoisiens, de gauche, orphelins du radicalisme- la longue marche doit commencer pour la Réunion ; elle ne durera pas cinq ans.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Mardi 22 mai 2007
Vendredi dernier, le gouvernement Fillon était annoncé. Souvenons-nous, pendant toute la campagne Nicolas Sarkozy n'a cessé de prôner l'érection au pouvoir, une fois élu,  d'une "droite décomplexée" et de fustiger le gouvernement d'union nationale que voulait mettre en place François Bayrou, synonyme selon lui des pires malheurs ! Cependant, une fois élu, le voilà qu'il prôna soudainement l'érection d'un gouvernement de large ouverture, avec des personnalités du centre et de gauche. Geste sincère ? Certainement pas ! A la lecture du gouvernement, on s'aperçoit qu'il ne s'agit ni plus ni moins que d'un geste de communication, où les personnalités "de gauche" sont soit des simples faire-valoir (comme Hirsch), soit des affiliés idéologiques (Kouchner et Jouyet) ou soit des opportunistes (Besson). Ce n'est donc ni un gouvernement d'ouverture, ni un gouvernement d'union, puisque l'adhésion à ce gouvernement implique l'adhésion totale au projet présidentiel de Nicolas Sarkozy, projet anti-républicain d'ultra-droite.

Dans ce gouvernement, vous pourrez en reconnaître quelques révélateurs, avec notamment :

- Le casseur : François Fillon, Premier ministre. S'est fait connaître de 2002 à 2005 par ses projets de casse des retraites (réussi) et de l'Education nationale (semi-échec). Sa méthode de gouvernement est simple : faire semblant de discuter, pour passer pour un grand démocrate, avec les partenaires sociaux puis passer en force de manière radicalement autiste.

- La racaille : Alain Juppé, ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables. Ainsi est l'exigence morale du Président des gens honnêtes que de nommer un homme récemment condamné à un an d'inéligibilité et 14 mois de prison avec sursis pour son implication dans la mise au point d'emplois fictifs à la mairie de Paris ! On peut aussi se souvenir de ses projets néfastes de 1995 qui provoquèrent l'un des plus vastes mouvements sociaux du siècle dernier !

- La catholique intégriste : Christine Boutin,
ministre du Logement et de la Ville. Pour ceux qui ne la sauraient pas, la nouvelle ministre est marraine de l'association "La Trève de Dieu", qui organisait des commandos anti-IVG, et bénéficie d'un statut diplomatique de conseiller du Vatican. C'est elle qui brandissa, pendant le débat du Pacs, sa Bible dans l'hémicycle, en direction d'Elisabeth Guigou. C'est elle aussi qui était dernièrement invitée, le 4 mai 2006, au congrès des intégristes islamistes de l'UOIF, au Bourget, en compagnie notamment d'Hani Ramadan, le frère de Tarik, pour dénoncer les principes laïques de notre République.

- Le néolibéral atlantiste et mondialiste : Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes. Se prônant "socialiste", cette homme est en fait un de ces nombreux capitulards tombés dans le ravin néolibéral mondialiste et atlantiste, ennemi des peuples et des nations. Prônant le "devoir d'ingérence" (c'est-à-dire le droit pour les pays les plus puissants de s'ingérer dans les affaires des "petits" pays, en quelque sorte l'affirmation d'une loi des plus forts), il fut partisan (et l'est toujours !) de la guerre en Irak en 2003, qui s'avérera désastreuse en tout point de vue.

- L'incorruptible européiste oui-ouiste : Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes chargé des affaires européennes. Homme de "gauche", ancien directeur-adjoint de cabinet de Jacques Delors au temps où ce dernier était Président de la Commission européenne, il n'a eu de cesse depuis de se battre pour cette détestable Europe libérale que les français ont rejetés clairement le 29 mai 2005.

- L'opportuniste : Eric Besson, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques. Un cas vraiment mystérieux ! Il y a encore quelques mois, il rédigea pour le compte du PS un imposant pamphlet, très bien argumenté, contre Nicolas Sarkozy, où il était clairement détaillé la dangerosité de son projet. Aujourd'hui, il fait partie du gouvernement qui a pour objectif de mettre en place ces "inquiétantes ruptures" qu'il dénoncait tant ! Chapeau pour le brutal retournement de veste !

... Et bien d'autres encore !

Les choses sont donc claires : si les français veulent la liquidation des valeurs républicaines, l'abandon de l'indépendance nationale, et l'émergence d'une politique néolibéral et clérical au nouveau national, et atlantiste, néocoloniale et européiste au niveau international, qu'ils votent massivement aux législatives pour les candidats de l'UMP et assimilés ! Pour les français qui refusent de voir tomber leur pays et leur République dans le ravin, qu'ils votent radicalement contre ! C'est notre avenir à tous qui en dépend !

par le Citoyen Thimèle publié dans : EDITORIAUX
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Mardi 22 mai 2007

Sortons de la matrice républicaine
envoyé par Doumenge_Mistral

Amalgames affligeants, références au cinéma hollywoodien : l'Action française, via sa "jeunesse", tombe aujourd'hui en plein ridicule ! Même le pauvre Maurras doit se retourner dans sa tombe !

Merci à Geoffrey !
par le Citoyen Thimèle publié dans : Vidéothèque
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Mardi 22 mai 2007
Non, le refus de la repentance n’est pas le refus de l’histoire. Oui, la repentance est dangereuse et haïssable.

En lisant la presse, en écoutant les médias, je constate peu d’enthousiasme pour l’antirepentance que défend notre nouveau président, et au contraire des condamnations l’assimilant à une réécriture de l’Histoire. J’entends des confusions parfois, en trouvant une contradiction entre la commémoration de l’abolition de l’esclavage et l’antirepentance de la part de Nicolas Sarkozy.

 

Sur ce dernier point, il semble évident que commémorer l’abolition de l’esclavage, c’est commémorer un événement hautement positif de notre Histoire et non pas une repentance sur l’esclavage.

 

Pourquoi, la repentance est dangereuse, voire haïssable ? Un peu de ressenti personnel.

Je ne suis ni un « Français de souche » ni un Juif, ni un Arabe, ni un Noir, mais juste un mélange, sans communauté à laquelle me raccrocher, je ne suis donc « que » français. Quand j’entends "repentance de la France" j’entends repentance des Français, donc une repentance qu’on me demande à moi, personnellement. Pourtant, je n’ai jamais eu d’esclave, je n’ai déporté aucun Juif, je n’ai colonisé personne. Quant à mes ancêtres que je ne connais pas, ils étaient sûrement bien trop modestes pour cela. Et n’étant ni juif, ni arabe, ni noir, ni descendant d’esclave ou de colonisé, je ne peux me réfugier dans l’idée qu’étant victime je ne suis donc pas coupable.

 

Car, de fait, une grande partie des défenseurs de la repentance ne la réclament que pour les autres, car enfants d’esclaves, d’ex-colonisés, de juifs ils sont les victimes. Et c’est normal, quel Juif français pourrait se repentir des crimes de Vichy ? Comment imaginer leur demander cela ? Pour les Antillais la chose est encore plus complexe, ils sont souvent métis d’ancêtres esclavagistes et esclaves, voire même de violeurs esclavagistes. Doivent-ils se repentir ? Ils me semblent plutôt opter pour le statut de victime, et c’est bien naturel. Que penser d’ailleurs, des Noirs africains, qui se réclament victimes de la traite des Noirs, alors (à moins de venir du Liberia) il ne sont pas descendants des victimes, mais pourraient très bien l’être des coupables, la participation des Noirs dans la traite des Noirs étant clairement avérée.

 

On voit bien là que se pose un problème, cette question revient non plus à une repentance d’un peuple, mais à une séparation du peuple entre des victimes et des coupables. Et si le poids de la culpabilité vous pèse il ne vous reste plus qu’à trouver un crime innommable dont vous avez (par héritage) été victime. A défaut, il vous reste d’autres solutions, vous êtes communiste, vous n’allez pas vous repentir de Vichy, vous êtes socialiste ? Vous vous en dispenserez tout autant. Vous n’en demanderez pas moins à la droite de le faire, qui elle vous demandera de vous repentir des goulags russes, ou tout du moins du soutiens du PCF à Moscou lors du printemps de Prague.

 

Revenons à mon cas, moi le sans-origine, pas de refuge pour moi dans une victimisation salvatrice. Et pourtant, je me refuse à être coupable ! Et pourtant je me sens français et j’en suis fier, et je veux revendiquer l’Histoire de la France, celle qui est belle, celle qui me plaît. Et là on pourrait me reprocher de faire le tri, de prendre l’héritage sans en assumer les dettes. Mais comment pourrait-on en accepter les dettes ? Si je dois prendre la responsabilité de la colonisation et surtout des massacres qui ont eu lieu pour être fier de la grandeur de la France, si je dois prendre la responsabilité des guillotinés pour être fier des apports de la Révolution française, autant le dire, je refuse tout en bloc, ce n’est plus moi, je ne suis plus français. Quand le crime est absolu, comment peut-on le contrebalancer par des faits positifs ? Alors oui, je revendique de ne prendre que les parties positives de l’Histoire de France, de choisir les évènements dont je me sens l’héritier et de refuser les autres. De la même façon qu’on peut être fier des grands auteurs de la littérature française et ignorer royalement les auteurs minables, probablement majoritaires, pourtant tout aussi français.

 

Qu’on ne se méprenne pas, il ne s’agit pas de réécrire l’Histoire, de supplanter les historiens, mais de ne s’approprier que celle dont on est fier. Les commémorations ne sont pas les livres d’Histoire, ce sont des liens à travers le temps. On commémore depuis des millénaires les victoires militaires sans une pensée pour les morts d’en face. Le principe de la commémoration est, par essence, de ressortir les évènements consensuels de l’Histoire, qu’ils soient tristes ou glorieux mais qui unissent le peuple. On fête la Révolution française sans se repentir de la guillotine, ni demander repentance aux nobles d’aujourd’hui.

 

N’oublions pas qu’en ces temps de grandes migrations et de diversité, être français est un acte d’adhésion intellectuelle, et pas un simple héritage par le sang. Quand à l’école on nous enseigne « nos ancêtres les Gaulois » c’est important, et surtout pour ceux qui n’en n’ont pas d’ancêtres gaulois. Enseigner à un étranger ou à un fils d’étranger cela, c’est lui dire que ses ancêtres sont désormais les Gaulois, qu’il a été adopté par la nation, qu’il est désormais français à part entière et pas de première ou deuxième génération. Pour qu’il puisse accepter cet héritage entièrement, ne le plombons pas de crimes contre l’humanité ou de massacres, nous ne récolterons que le communautarisme par repli victimaire ou refus de la culpabilité. On se retrouvera dans une concurrence des souffrances, et on ira chercher aux tréfonds de l’Histoire d’autres crimes que l’on jugera sur les critères d’aujourd’hui. Créant ainsi des haines qui n’existaient peut-être même pas à l’époque.

 

En conclusion, il me paraît intéressant et peu surprenant que ce soit Nicolas Sarkozy, Français d’origine hongroise, qui s’oppose aussi farouchement à la repentance. Il a adopté la France, il veut en être fier, mais au nom de quoi devrait-il s’excuser de crimes qu’il n’a pas commis, que ses ancêtres qui n’étaient pas français n’ont pas pu commettre ?

 

 

Alors, une dernière fois, gardons le devoir de mémoire car il est des évènements qu’il est important de ne pas oublier, mais associons au devoir de mémoire celui de l’oubli, l’oubli des rancoeurs des haines des culpabilités. Oublions les dettes morales, et les revanches. Ne confondons pas l’Histoire de France celle des historiens, et l’Histoire de la France, ce conte, cette épopée d’un pays, d’un peuple, de ses idées, de ses valeurs, qui fait que nous sommes fier d’être français.


Par Etarcomed, Agoravox

 

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Lundi 21 mai 2007

Par Anne Demetz


Dans une interview publiée le 01 Mai 2007 dans l’édition française du “Jérusalem Post”, Nicolas Sarkozy, a précisé, à propos d’une éventuelle réforme de la loi de 1905 : “ Si cette question mérite sans doute d’être étudiée, c’est notamment parce qu’il n’est pas juste que les fidèles de certaines confessions apparues ré-cemment sur notre territoire rencontrent des difficultés pour pratiquer leur culte. (..) Pour légiférer sur ces questions délicates, l’accord de la grande majorité des Français et des différentes communautés cultuelles me semble indispensable." .

Ce serait certainement un préalable indispensable. Mais le mieux serait, la France étant, par sa Constitution une république laïque et sociale, régie par le principe d’égalité et son Président, Gardien de cette Constitu-tion, d’abandonner toute vélleïté de modifier la loi de 1905...

Mais, dans cette interview (comme dans celle donnée à La Croix, le 03/04/07), Nicolas Sarkozy, persiste à imputer les difficultés rencontrées par les fidèles de "certaines confessions apparues récemment sur notre territoire", à la loi de 1905. Or, en qualité d'ancien Ministre des Cultes, il devrait savoir qu’elles tiennent à ce que rien n'a été fait pour intégrer lesdites confessions au dispositif de cette loi (la plupart des associations cultuelles créées en France depuis 1945, sont constituées sous la seule la loi de 1901).

Pourtant, le statut de la loi de 1905, donne désormais droit à des financements publics indirects substantiels. A titre d’exemple, pour un un lieu de culte d’un coût global de 3 000 000 €, un culte de la loi de 1905 peut recevoir des dons manuels, donations et legs, en franchise des 60% de droits de mutation (art. 795-10 CGI) et les fidèles imposables bénéficient d’une déduction fiscale sur leurs dons manuels de 66% (Art. 200e CGI). Mais une association cultuelle de la loi de 1901, elle, devra réunir 4 800 000 € (même les dons manuels peuvent être taxés au taux de 60% (art. 757 CGI)) et ce laborieusement (non déductibilité des dons manuels pour les donateurs). Enfin, elle n’a pas droit à l’aide des collectivités publiques pour la réparation des bâti-ments affectés au culte, réservée aux associations la loi de 1905 (art.19 L 1905),

Alors pourquoi, songer, à présent, à un financement direct des cultes par les pouvoirs publics, au lieu d’encourager ceux qui ne sont pas constitués sous le visa de la loi 1905, à adopter cette forme légale ?

Certes, les seules contreparties prévues aux généreuses exonérations fiscales liées au statut de la loi de 1905 sont un objet exclusivement cultuel et le respect renforcé de l'ordre public (ce qui permet de circonve-nir les pratiques intégristes et sectaires même des cultes “sous influences étrangères” ) (1).

Or, ces conditions ne permettent pas au bailleur de fonds publics d'influer sur les votes des fidèles ni d'exi-ger d’un culte, une collaboration à l’application d’une politique publique. En outre, si on encourage tout culte à bénéficier de la loi de 1905 (façon la plus équitable, en France (2), d’assurer les libertés de croire et de ne pas croire), cela peut, coûter plus cher qu'un financement direct discrétionnaire, au cas par cas, de tel ou tel culte par les maires (3).

Aussi est-il tentant, pour certains représentants des églises et de l’Etat, de songer que tout serait plus simple sans l’article 2 de la loi de 1905 :”L’Etat ne reconnait ne salarie ni ne subventionne aucun culte». (4) Comme d'antan, ils pourraient faire, des deniers publics et des enseignements religieux, les instruments de leurs ambitions personnelles, quand, ni les uns ni les autres ne doivent être détournés à cette fin.

Toutefois, il est douteux que les populations de “mécréants” et de “fidèles”, désormais tous citoyens et élec-teurs, apprécient de redevenir dépendants des cultes pour la solidarité sociale et auxiliaires des élus pour la pratique de leur foi (voir l’exemple des Etats Unis note 2).

Cette considération devrait faire réfléchir. Mais la vigilance reste de mise. Les libertés se conquièrent lente-ment mais peuvent se perdre très vite...

ProChoix


1) Dans l’interview donnée à la Croix, Nicolas Sarkozy déclarait vouloir s’en tenir “à quelques objectifs.” dont “couper l’islam de France des influences étrangères, qu’il s’agisse du financement des lieux de culte ou de la formation des imams”.

(2) Au Royaume Uni et aux Pays Bas (depuis 1983), les cultes ne peuvent recevoir que des financements publics indirects. Mais à la différence de la France, ils ne sont pas tenus à un objet exclusivement cultuel et reçoivent aussi des fonds publics pour leurs actions humanitaires (”Le financement des communautés reli-gieuses” Site du Sénat-). Alors qu’en France, pour ce faire, les cultes doivent créer une structure non cultuelle (prévention de la confusion des financements, du prosélytisme sous couvert d’humanitaire et choix laissé aux fidèles de soutenir ou non des actions sociales: l’organisation interne des religions étant rarement démocratique et souvent sexiste). Aux Etats Unis le financement public direct des cultes est admis. Néan-moins:.“Autrefois, quand des organisations religieuses percevaient des fonds fédéraux, elles devaient rendre des comptes et prouver que ces fonds n’étaient pas destinés au culte, au prosélytisme, à la prédication et à la conversion” . Mais sous les mandats de Georges Bush “ il n’est plus nécessaire aux ONG de rendre compte séparément de leurs activités religieuses, soit de démêler celles-ci de leurs efforts humanitaires, ni de s’interroger sur la légalité d’un recrutement fondé sur des critères religieux” (Charitable choice : L’humanitarisme et les politiques de la foi” par Erica Bornstein,- revue Vacarme n° 34, hiver 2006). Ce pro-cessus s’accompagne d’un désengagement de l’Etat fédéral de l’aide sociale.

(3) Le rapport Machelon propose d’autoriser le financement direct des lieux de culte par les maires. Ce fi-nancement, non plafonné, est conçu comme une simple faculté soumise au seul bon vouloir des municipali-tés.

(4) Jean Paul Scot, Historien, observe judicieusement qu’il fait partie du titre I de la loi, intitulé volontairement «Principes», à propos duquel Briand a expliqué que «les législateurs s’engageaient ainsi envers le pays en proclamant des principes rationnels d’action quelles que soient les circonstances ultérieures de la sépara-tion» qui devaient à l’avenir inspirer les législateurs et les magistrats.

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Lundi 21 mai 2007

Comme vous, je pense qu’il faut que l’Education Nationale revienne aux fondamentaux de ces missions à savoir apprendre aux enfants à lire écrire et compter. En effet, un mauvais niveau de calcul peut vous handicaper la vie entière. Par exemple le petit Nicolas S. affirme que de ne plus payer des charges sociales sur les heures supplémentaires va créer des emplois. Bonnet d’âne ! Voici la correction du problème posé :

Un patron a dix employés qu’il paie 10 euros brut de l’heure pour 35 heures.

-  Question 1 : sachant que le taux de charge patronal est de 50 % du brut combien lui coûtent ses employés chaque semaine ?
-  -> Réponse : 10 employés par 35h = 350h

multiplié par 10 euros = 3 500 euros de brut

+ 50 % de charge 1 750

= 5 250 euros par semaine.

Le patron a bien voté le 6 mai et les employés ont fait une petite erreur de casting : résultat les heures supplémentaires sont désormais exemptées de charges sociales. Sachant que les heures supplémentaires sont payées 10 % de plus (contre 25 % avant que la droite revienne au pouvoir) :

-  Question 2 : Combien coûte cette même semaine de travail au patron ?
-  -> Réponse : Le patron licencie un employé et fait faire des heures supplémentaires aux 9 autres :

Nombre d’heures à tarif normal 35h

multiplié par 9 employés

multiplié par 10 euros

plus 50 % de charges sociales

= 4 725 euros

Nombre d’heures supplémentaires 35h

multiplié par 10 euros + 10 % = 385 euros

Pour le même nombre d’heures travaillées le patron paiera donc 5 110 euros

-  Question 3 : Combien d’emplois créés ?
-  -> Réponse : un chômeur en plus

-  Question 4 : et l’équilibre de la Sécurité social et assédic ?
-  -> Réponse : Le déficit est accru de 140 euros par semaine en recette plus un chômeur à payer en plus.

-  Question d’approfondissement : Imaginez le résultat dans la grande distribution ou dans toute autre industrie de main d’oeuvre (pensez à multiplier par 52 semaines par an).

-  MORALE : Le petit Nicolas a un peu trop joué au Gendarme et aux voleurs dans la cour de récré au lieu de bûcher ses tables de multiplication.

(Auteur Anonyme)

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Social
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Lundi 21 mai 2007

Le 15 mai 1937, Jean Zay souligne dans une circulaire : "la nécessité de maintenir l’enseignement public... à l’abri des propagandes politiques et confessionnelles", "aucune forme de prosélytisme ne saurait être admise".

Jean Zay, franc maçon, situé à l’aile gauche du parti radical qu’il ne cesse de critiquer pour sa frilosité se prononcera à la fois contre la non intervention en Espagne et contre les accords de Munich.
Il paiera de sa vie son engagement humaniste et politique, emprisonné à Riom, il sera exécuté par des miliciens en juin 1944 au puits du diable à Cusset dans l’Allier.

D’abord Secrétaire à la Présidence du Conseil, il est choisi par Léon BLUM comme Ministre de l’Education Nationale, le 6 juin 1936, poste qu’il conservera jusqu’au 10 septembre 1939.
Le Front Populaire prend des décisions importantes : législation du travail (Accords de Matignon) – scolarité – loisirs – assurances sociales – allocations familiales – grands travaux – SNCF – Banque de France – Justice – commerce – Nationalisation des fabrications de guerre.
C’est l’époque de « la grève sur le tas ». Les travailleurs sont impatients de mieux vivre. Jean ZAY, pour son nouveau travail, élabore un plan d’ensemble cohérent et en entreprend la réalisation. S’entourant de collaborateurs qualifiés, il travaille en relation avec le Comité Supérieur de l’Instruction Publique qui, après délibérations, approuve ses positions. Il est très impressionné par cette docte Assemblée. Il travaille aussi avec les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves, les organisations laïques. Son directeur de Cabinet est M. ABRAHAM, fidèle et compétent.
Le 5 mai 1937, il dépose 3 projets de loi :

  • le premier, portant sur la réforme des enseignements des 1er et second degrés
  • le second, concernant la création d’une Ecole Nationale d’Administration
  • le troisième, qui règle la matière du droit d’auteur et du contrat d’édition

Lorsque la guerre survint, ces 3 projets étaient en discussion à la Chambre des Députés ou au Sénat.

Son projet de loi sur l’école vise à l’harmonisation des programmes. Il organise l’unité de l’école au premier degré, établit le second degré avec une classe d’orientation commune à toutes les filières à l’entrée du second degré, la coordination des programmes des sections classique, moderne ou technique, afin de permettre des passerelles, avec l’idée d’un système d’orientation continue échelonnée sur toute la durée de la scolarité.

Jean ZAY veut l’égalité des chances, la sélection par le mérite. Son projet pédagogique a pour but de faire se rejoindre les classes moyennes et les classes ouvrières.

En vertu de son pouvoir de décision, il réalise beaucoup de réformes projetées : scolarité jusqu’à 14 ans – réduction des effectifs – l’éducation physique devient obligatoire et l’après-midi de plein air est créé – gratuité de l’enseignement du second degré – organisation des diplômes et de l’enseignement technique – protection de la santé des élèves – colonies de vacances – œuvres sociales – enseignement post-scolaire – cantines.

Avec Léo Lagrange, il développe les Auberges de Jeunesse et le tourisme populaire (campings, camps de vacances). Il introduit dans les examens le Brevet Sportif Populaire.

Il adopte une politique du sport (stades, piscines) et crée des écoles nationales de ski et de tennis.

Par circulaires, il s’inscrit contre les propagandes politiques ou religieuses à l’école. Il crée et organise le Comité Supérieur des Œuvres Universitaires : cercles d’étudiants, cités universitaires, centres de médecine, contrôle des restaurants.

Bien entendu, un effort particulier est fait pour la formation des enseignants :

  • Baccalauréat plus formation en Ecole Normale sanctionnée par un Certificat d’Etudes Pédagogiques pour le primaire,
  • Baccalauréat plus titres ou grades qui seront arrêtés par décret avec Certificat d’Aptitudes Pédagogiques.

L’effort est énorme ! Beaucoup de lycées et d’écoles sont construits, reflétant les tendances de l’art contemporain. Sa politique d’équipement