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Lundi 23 juillet 2007

Par Gérard Filoche


Sarkozy ne va plus voir ceux qui se lèvent trop tôt, se couchent trop tard, et s’épuisent au point de se suicider au travail.

A force qu’il se déplace partout, s’occupe de tout, fasse des projets et des lois sur tout, faits divers, accidents de la route, feux de forêts, tour de France, infirmières bulgares, comment ne pas s’étonner par les questions qu’il « laisse tomber », sur lesquelles il n’intervient pas, ne parle pas, ne réagit pas, ne légifère pas ?

Pas de photo, pas d’image, pas de flash info, pas de visite d’entreprise, sur le dernier des suicides au travail... Rien.

Il y a eu 360 cas de suicides liés directement au travail l’an passé, un par jour. Cela concerne des employés, des ouvriers, et les cadres, manuels et intellectuels, le stress au travail, la souffrance au travail, la violence des rapports d’exploitation, les rapports de « management » hiérarchiques, le chantage à l’emploi et au salaire...

... Plus grave que la délinquance criminelle, ce phénomène est pourtant ignoré : Rachida Dati ne fait pas de loi, pas d’enquête, on n’envisage pas de remède, rien. Pas visite dans une entreprise, pas de déclaration au Journal télévisé, pas de visite à la famille, pas de rendez-vous express, pas de « petite phrase », rien.

Pas de proposition ! Parce que n’est-ce pas, dans le régime où nous sommes, si le Président ne réagit pas en personne, ne propose rien, c’est que le sujet n’est pas important.

En France, on utilise les mots « burn out » (anglais) ou « karochi » (japonais) pour parler de l’auto destruction par la travail... n’y a t il pas de mot français ? Pourtant cette violence au travail concerne plus de 22 millions de personnes...

Ah si ! Le Ministre du travail Xavier Bertrand a dit qu’il « suivait, qu’il se tenait au courant » et a parlé du « Chsct » de la dernière entreprise où il y a eu un suicide.

Les Chsct sont en général réduits à une peau de chagrin. Il n’y en a que 22 000 pour 1,2 million d’entreprises ayant au moins un salarié. Ils n’ont droit d’exister que dans 3 % des entreprises, celles de plus de 50 salariés, mais même là, dans la majorité des cas, il n’y en a pas. [1]
Ne parlons pas des 97 % de plus petites entreprises (8 millions de salariés) où le taux d’exposition aux risques est pourtant plus grand.

Lui, le Président, si prompt d’ordinaire en tout, il n’a pas proposé, par exemple, d’élargir les pouvoirs et d’augmenter les moyens des Chsct (Comité d’hygiène, sécurité, conditions de travail), ces institutions qui devraient normalement être en charge de réagir à de tels risques !

Créés en 1982, les Chsct ne disposent pratiquement pas de « crédits d’heures » pour leurs membres, sauf par accord exceptionnel, dans les très grandes entreprises. Ils n’ont pas de budget propre. Leurs membres ne sont pas élus mais cooptés, ce qui diminue l’impact de leur action auprès des salariés. Ils ne disposent presque pas de formation pour appréhender les immenses sujets qu’ils doivent aborder, en matière d’hygiène, de sécurité, de conditions de travail (alors que ces sujets ont été considérablement étendus depuis 1982, avec la prise en charge du harcèlement sexuel et du harcèlement moral). Seulement 1 % des Chsct font appel à une expertise comme ils y ont droit, et dans la majorité de ces cas, cette demande est contestée par l’employeur.
Surtout, les Chsct, n’ont pas de moyens d’imposer leurs décisions, ils rabâchent des recommandations de réunions trimestrielles en réunions trimestrielles, que l’employeur n’est pas tenu de respecter, il n’y a pas d’avis conforme, ni d’obligation de faire...

Si bien qu’aucun contre pouvoir, en dehors des faibles et impuissants moyens de l’inspection du travail, de la médecine du travail, n’est en mesure, dans l’entreprise, de pouvoir stopper les folies managériales qui exigent chaque jour toujours plus de rentabilité, de productivité, d’objectifs de plus en plus inatteignables, avec une pression de plus en plus féroce sur chaque salarié, avec des heures supplémentaires en nombre exponentiel et non déclaré, non payé, non récompensé.

Même les syndicats, dans un tel contexte, sont conduits à sous estimer les Chsct, à pas investir dans de l’énergie perdue car inefficace.

Pourtant il existe des propositions, des mesures, de quoi faire un projet de loi, plus utile, plus vital, plus impératif pour la vie de millions de salariés, que d’autres actuellement priorisés au Parlement pour « l’affichage ».

Mais le président a décidé de ne pas « afficher » cela, ne de pas légiférer, de ne pas réagir, de ne pas se pencher sur le sujet. Dans le régime actuel, les suicides au travail, à cause du travail peuvent continuer à raison de un par jour...


Démocratie & Socialisme


[1] Cf. étude « vingt ans de Chsct » conseil économique et social, Journal Officiel, 2001. François Fillon était venu en 2002 plancher sur cette étude devant le Conseil économique et social... sans rien proposer. Déjà !

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Social
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Dimanche 22 juillet 2007
par le Citoyen Thimèle publié dans : Vidéothèque
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Samedi 21 juillet 2007
Le "bouclier fiscal"
A quoi sert le "bouclier fiscal" ?
A protéger les riches de la misère
A enrichir les riches
A faire revenir Johnny Hallyday en France
A célébrer les "disparitions" de Chirac et de l'Abbé Pierre (dixit le député UMP Jacques Myard)
A rien

Résultats
par le Citoyen Thimèle publié dans : Sondages
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Samedi 21 juillet 2007

L'hebdomadaire satirique espagnol "El Jueves" a été jugé coupable d'"atteinte à l'honneur et à la dignité" de membres de la famille royale et le juge, sur plainte du parquet, a ordonné ce vendredi la saisie de la revue.

"El Jueves", hebdomadaire clairement orienté républicain, a publié en couverture (voir ci-dessus) un dessin du prince héritier Felipe et de son épouse Letizia en train d'avoir une relation sexuelle pour railler la politique nataliste du gouvernement (qui offre 2 500 euros pour chaque enfant né en Espagne), ainsi que l'oisiveté de la famille royale par la même occasion. Le prince y déclare à son épouse : "tu te rends compte ? Si tu tombes enceinte, je n'aurais jamais été aussi près de la sensation de travailler".

Le juge a par ailleurs ordonné aux responsables de la publication de dévoiler l'identité du caricaturiste. Selon la loi espagnole, l'auteur du dessin risque deux ans de prison pour outrage à la famille royale.

Ainsi, il n'est pas bon en Espagne de se moquer de la famille royale. Par contre cette dernière a parfaitement le droit, au titre d'une tradition monarchique aussi vieille qu'inutile, de vivre oisivement et luxueusement au frais du contribuable espagnol. Nous n'avons apparemment pas la même notion du scandaleux !
par le Citoyen Thimèle publié dans : Humour et Satire
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Vendredi 20 juillet 2007

Comment transformer un "non" en "oui" ? Par un simple petit remaquillage. Et celui-ci ne fait pas vraiment plaisir même aux fédéralistes, à commencer par le premier d'entre eux. Reçu ce matin (ndlr : mardi 17) par la Commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen, Valéry Giscard d'Estaing a évoqué pendant deux heures l'avenir institutionnel de l'Union après l'accord conclu au dernier Conseil européen de Bruxelles. L'ancien Président de la Convention qui avait rédigé le traité constitutionnel rejeté a estimé que "c'est le processus constitutionnel de Laeken qui se poursuit" et que "90% des termes sont identiques" à la Constitution européenne.


Un traité constitutionnel qui n'ose plus dire son nom

Sur le choix de ne pas conserver la terminologie constitutionnelle, de ne plus évoquer les symboles de l'Union (hymne, drapeau, devise) et d'organiser cette réforme en deux traités modificatifs distincts, il ne s'agit que de cosmétique. "Pourquoi pas un seul traité en deux parties ?" s'est-il interrogé, "parce qu'il ressemblerait trop au traité constitutionnel !" a-t-il reconnu.

Au député Jean-Louis Bourlanges qui dénonçait "la préférence européenne pour le mensonge", M. Giscard d'Estaing a d'ailleurs répondu "oui, ça n'est pas un texte de volonté politique (...) et il faudra aller plus loin."

Sur les symboles de l'UE, il a invité le Parlement à constater qu'ils étaient de plus en plus présents partout, comme l'hymne à la joie joué pour la première fois sur les Champs Elysées le 14 juillet dernier, que le mandat de la CIG indiquait seulement qu'ils ne seraient "pas évoqués dans le futur traité" - ce qui signifie leur reconnaissance implicite -, et que le Parlement européen serait bien inspiré de prendre en ce qui le concerne une initiative pour déclarer qu'il reconnait et utilise ces symboles.

M. Giscard d'Estaing a indiqué que le protocole sur les services publics aurait pu être parfaitement ajouté au traité constitutionnel, que la "primauté absolue du droit européen" a bien été "reprise à l'identique par une déclaration annexée" et l'objectif de parvenir à une "concurrence libre et non faussée" a été également "renvoyé à une annexe".

Sur le futur "Haut Représentant" pour la Politique étrangère et son service diplomatique, il a rappelé qu'il était en tous points la réplique du "Ministre des affaires étrangères de l'Union" prévu par le traité constitutionnel et que "de toutes façons, tout le monde l'appellera "Monsieur le Ministre"".

Pour l'ancien Président de la Convention, "les innovations portent essentiellement sur la présentation, mais le contenu, ce sont les résultats de la Convention européenne et de la CIG de 2004 (la "Constitution européenne", ndlr) restés inchangés, dans un ordre différent, avec quelques rectifications mineures prenant le plus souvent la forme de protocoles".

Il a recommandé au Parlement européen de "veiller à ce que la CIG ne s'écarte pas de son mandat" car "c'est cette substance qui donnera le plus de chance à cette "Union sans cette plus étroite" de se poursuivre" avec en tout état de cause, à terme, un "grand texte fondateur".

Jugeant que "le non français n'était pas un non à notre texte", Valéry Giscard d'Estaing s'est réjoui de ce que le Président Nicolas Sarkozy ait choisi la voie parlementaire "qui garantit la ratification".

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale
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Jeudi 19 juillet 2007

L’UFC dénonce "l’arnaque" des renseignements en 118

Le consommateur est “le grand perdant” de la libéralisation du service de renseignement téléphonique en France où le numéro 12 a été remplacé en novembre 2005 par des 118, assure l’UFC-Que Choisir.

“Un vrai fiasco!”, déplore mardi dans un communiqué l’association de défense des consommateurs qui s’appuie sur un test mené auprès des principaux opérateurs du 118.

Ces derniers “ponctionnent sans réserve les consommateurs et dégradent la valeur même de ce service et de ce marché”, accuse l’UFC qui dénonce “opacité, roublardises tarifaires, niveau de prix élevé et en augmentation continuelle”.

L’association demande à l’Autorité de Régulation (ARCEP) “de faire le ménage et en attendant appelle les consommateurs à se tourner vers le 12, c’est-à-dire le 118 711, soigneusement maintenu dans l’ombre des campagnes publicitaires”.

Quel que soit le 118 testé, le prix du renseignement est supérieur ou égal à 1,12 euro contre 0,90 euro pour le 12, soit une augmentation de 25% pour une qualité de service similaire, affirme l’UFC.

Au lendemain d’une victoire en justice sur Free concernant la gratuité des hotlines, l’association accuse notamment les opérateurs du 118 d’”arnaquer” les consommateurs lors de leur mise en ligne, en utilisant des “pièges tarifaires absolument invisibles”.

“Tous avaient promis de modérer et de stabiliser leurs prix. Tous, en catimini, font supporter aux consommateurs des hausses de prix à répétition”, déclare l’association pour qui “les prix affichés ne correspondent jamais au prix réel du service”.

Reuters

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Social
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Mercredi 18 juillet 2007

La Légion d'honneur a été instituée en 1802 par Napoléon Bonaparte dans le but de récompenser les "mérites éminents" rendus à la Nation, qu'ils soient militaires ou civils. Deux cents ans plus tard, on peut sérieusement se demander si c’est encore bien cela que l’on cherche à distinguer. Il ne se passe en effet plus une seule promotion sans que l'on puisse ressentir le moindre écœurement à l'évocation des noms de certains « distingués ».  On peut ainsi se demander quels sont les éminents services rendus à la Nation française qui ont pu valoir à Tony Parker, entre autres, d’être distingué de la sorte. Je ne savais pas que s’exiler aux Etats-Unis pour pouvoir gagner des millions sans en reverser le moindre centime à ses compatriotes méritait un tel honneur ! Quelque soit l’image qu’il peut donner du sport français, quelque soit le talent qu’il peut avoir, il n’a rendu aucun service imminent à la France ou aux français.

Tony Parker n’a de toute façon que faire du sort de la France et des français, comme tant d’autres célébrités « promues » qui ont été jusqu’à l’exil fiscal. A-t-on menacé de dégradation Johnny Hallyday, Amélie Mauresmo ou Alain Delon qui ne veulent plus contribuer à l’effort national ?! Bien sûr que non ! Et ne parlons même pas de l’attribution de la Légion d’honneur à des personnalités artistiques étrangères telles que Steven Spielberg ou Barbara Streisand, summum du ridicule s’il en est !

Si le ridicule, l’ubuesque est souvent atteint, le dégoût n’est pas en reste comme lorsque Chirac osa décerner le 22 septembre dernier à Vladimir Poutine les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur, grade le plus élevé dans cette distinction ! Poutine… cet assassin ! Ce fossoyeur de libertés… mais ce « grand » chef d’Etat dont nous avons tant besoin !

Si nous n’avons sans doute rien à redire d’un très grand nombre de « promotions », il est sans conteste que le détournement de plus en plus fréquent par les politiques de cette décoration à des fins intéressées souille la valeur de cette décoration, et insulte les « distingués » méritants.

Pire encore est le dégoût quand des gens méritants, qui ont ou auraient sacrifiés leur vie pour leurs concitoyens, pour leur pays et ses valeurs, n’ont jamais été honorés de cette manière. C’est véritablement une insulte à tous ces gens de grande valeur que de décerner cette distinction à la première personnalité venue, mais aussi pour le protagoniste de l’accepter.

Le Président actuel veut réhabiliter le « mérite ». Peut-être serait-il inspiré de le réhabiliter ici… comme ailleurs.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Lundi 16 juillet 2007
Alors que, souvent les médias ne se privent pas de dénigrer la SNCF et les cheminots, une information concernant un accident ferroviaire est bizarrement passée inaperçue. Courant mai, une collision a eu lieu à Saint-Pierre-des-Corps entre un train de fret de l'entreprise Euro Cargo Rail (ECR) et un train de fret SNCF, causant des dégâts matériels et 3 blessés. La SNCF, au titre de sa mission de gestionnaire de l'infrastructure, a menée un enquête. Celle-ci indique que le conducteur du train privé n'a pas respecté l'obligation de "marcher à vue" et a percuté l'arrière du train SNCF, alors même que les signaux lumineux fonctionnaient normalement, les lanternes du train public étant bien visibles. La responsabilité du train privé est totale. On comprend mieux le silence médiatique. A l'heure de la privatisation du fret ferroviaire, il ne faut pas remettre en cause le dogme libéral de l'effacité du privé, ni montrer que les accidents à répétition sur le réseau anglais, suite à la privatisation de ce dernier, peuvent tout aussi bien se passer dans notre pays. Signalons que Bruxelles pévoit aussi, à terme, la privatisation du trafic voyageurs...

Révélé par l'Humanité Dimanche
(Merci à Pierre !)
par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
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Samedi 14 juillet 2007

Unité et Indivisibilité de la République
LIBERTE EGALITE FRATERNITE
par le Citoyen Thimèle publié dans : L'ACTION REPUBLICAINE
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Vendredi 13 juillet 2007

Par Laurent Reyes


A l’occasion de la discrète parution du rapport « Les hauts revenus en France (1998-2006) : Une explosion des inégalités ? » de Camille Landais, chercheur à l’Ecole d’Economie de Paris, Marianne-en-ligne a demandé à Xavier Timbaud, économiste à l’OFCE, de réagir sur le creusement des inégalités de revenus.


Marianne-en-ligne : C. Landais constate que « les 0,01% des foyers les plus riches ont vu leur revenu réel croître de 42,6% sur la période 1998-2006, contre 4,6% pour les 90% des foyers les moins riches ». Il souligne aussi que cette évolution s’explique partiellement par un développement inédit des écarts de salaires entre les plus hauts revenus et l’immense majorité de la population. Ce creusement des inégalités est-il un phénomène nouveau ?

Xavier Timbaud : Nous atteignons un niveau des inégalités qui correspond à celui du début du 20ème siècle, alors que le risque de révolution communiste était à son comble. Quand l’accroissement des inégalités a ressurgi à partir des années 80, notamment dans les pays anglo-saxons, la France a été épargnée. Les économistes apportent différentes explications à cette exception française : établissement d’un équilibre social par la redistribution, absence des mécanismes fondamentaux, notamment technologiques, permettant l’enrichissement d’une minorité grâce aux rendements d’échelle, fuite des grosses fortunes… Toujours est-il qu’aujourd’hui, ce qui était une exception française n’est plus qu’un « retard » que nous sommes en train de rattraper. De ce point de vue, la France de 2006 correspond aux Etats-Unis du milieu des années  90.

M-e-l : L’enrichissement relatif de cette infime minorité est-il légitime ?

X.T. : Non, cette hausse des plus hauts revenus ne répond pas forcément à un plus grand effort fourni mais à une mise à profit des nouvelles technologies et de la mondialisation. Ce n’est pas légitime au sens de Rawles (philosophe contemporain qui a réfléchi sur les questions d’éthique dans l’économie de marché, ndla) car cette hausse des inégalités n’entraîne pas une hausse de la productivité. On peut se demander par exemple si le fait de payer Tony Parker de façon moins astronomique détériorerait son niveau de jeu. Cette nouvelle tendance n’est donc ni légitime ni nécessaire.

D’autre part, il faut rappeler qu’aux Etats-Unis, cette accentuation des écarts de revenus préoccupe de plus en plus. Le très conservateur Jerry I. Speyer, président de la Réserve Fédérale de New York, a même déclaré que ce développement des inégalités constitue une des plus grandes menaces qui pèsent sur la stabilité du système socio-économique américain.

M-e-l : Le « paquet fiscal » prévu par le gouvernement  va accroître le fossé entre le petit groupe des 0,1% les plus privilégiés et le reste de la population. Si cette tendance n’est pas légitime, peut-elle au moins profiter à court ou moyen terme à la croissance et à l’amélioration du niveau de vie des Français ?

X.T. : Ces inégalités peuvent créer une croissance bénéfique aux plus riches mais n’aura pas d’effet d’entraînement sur l’ensemble de la société : cette croissance ne tire pas les revenus vers le haut. La poursuite de la défiscalisation des revenus du patrimoine, avec entre autres le bouclier fiscal, favorise une hausse des inégalités par accumulation du capital avec un développement de l’épargne. Par contre, cela ne va certainement pas dans le sens d’une valorisation du travail et de la méritocratie.

Marianne

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Social
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