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Jeudi 26 octobre 2006

Par Paul Ariès



La société de consommation est triste, injuste et impossible : non seulement 20 % des humains s’approprient 86 % des ressources planétaires mais cet « enfer climatisé » n’est pas généralisable puisqu’il dépasse la capacité même de régénération des écosystèmes.

Nous devons donc en finir avec cette domination des uns sur les autres et de tous sur la planète pour vivre simplement en véritables humains. Ce choix est celui de la responsabilité mais aussi de l’utopie : il est le seul capable de redonner un sens à nos valeurs comme la liberté.

Nous entendons opposer à la logique économique boulimique l’objectif de vivre avec « moins de biens mais plus de liens ». La construction d’un projet politique fondé sur "la gratuité de l’usage et le renchérissement du mésusage" permettrait de résoudre à la fois les questions environnementales et sociales par le retour au politique.

Seule la perspective d’une « grève générale de la consommation » peut rendre la puissance aux petits face à cette infime minorité de puissants qui s’engraisse de notre mal-vie et de la destruction de toute chose.

Qui peut encore croire en une grève générale du travail ? L’idée d’une grève générale court tout au long du vingtième siècle. Les peuples ont longtemps espéré dans une grève générale du Travail. Il serait absurde de lui opposer ses échecs car le propre d’un mythe est de permettre d’agir mais aussi de supporter les inévitables défaites. La dureté de l’hyper-capitalisme et de ses nouveaux modes de management musèle les salariés et une fraction importante du peuple est interdite de grève, chômage ou extrême pauvreté obligent. Sans parler du décalage entre les revendications et nos rêves d’émancipation. Faut-il s’étonner que beaucoup songent alors à ce qui pourrait prendre la relève et devenir une grève de la consommation ?

Que serait une grève générale de la consommation ? Cette grève serait conçue comme un véritable mouvement social avec ses revendications collectives opposées aux gouvernement et patronat. Ni continuation de la démarche de simplicité volontaire ni mouvement de boycott ciblé mais une façon de se refuser comme consommateur.

L’hyper-capitalisme n’a pas encore inventé les structures matérielles qui enchaînent le consommateur à la société de consommation. Comment ne pas distinguer à cet égard les deux types de domination ? Le producteur est plus enchaîné matériellement que mentalement. C’est la perspective de la fin du mois difficile (ou impossible) qui l’oblige à reprendre son travail, pas ce prétendu amour du labeur. C’est en revanche la fausse jouissance de la consommation qui interdit de cesser de consommer et nullement des obligations matérielles. Comment le capitalisme pourrait-il obliger à acheter au-delà de l’ordre du nécessaire, c’est à dire de ce qui n’est pas de la consommation ? Le temps joue, dans le cas de la grève du travail, contre le gréviste mais il joue en sa faveur dans l’éventualité d’une grève de la consommation. Le pouvoir perdu par les producteurs qui se refusent à l’être (car tel est bien le sens profond de tout acte de grève générale du travail) peut donc être retrouvé chez les consommateurs qui se refusent à le rester.

La grève générale de la consommation serait incontestablement l’apothéose d’une stratégie conséquente de désobéissance civique. Déjà parce qu’elle transgresserait l’impératif absolu de consommer. Elle attaquerait donc le système dans ce qu’il a de plus vital et sacré. Ensuite parce qu’elle serait un mouvement social avec des revendications opposées à L’Etat et au patronat et se donnant pour but d’arracher une autre hiérarchie de normes juridiques fondée sur la satisfaction des vrais besoins humains, avec ce que cela suppose de préparation, de mobilisation, de théâtralisation et de négociation.

Les futurs ex-consommateurs doivent apprendre à utiliser cette arme. En célébrant chaque mois de novembre « la journée sans achat ». En organisant des mouvements ciblés autour de revendications simples, aisément compréhensibles, assez facilement victorieux. En envisageant des grèves générales portant sur des objectifs plus difficiles à percevoir, mais fondamentaux pour sortir du capitalisme. L’autre atout d’une grève générale de la consommation est qu’elle ne dissocie pas le but du chemin, puisque sortir de la sphère de la consommation est, à la fois, le début et le terme de cette révolution.

Seule cette perspective de grève générale de la consommation peut rendre aujourd’hui aux plus faibles le maximum de force collective. Tant que subsiste encore le compromis fordiste, le capitalisme a besoin de notre compromission quotidienne pour réaliser ses profits. N’est-ce pas cette même grève générale de la consommation qui permettra de tenir le plus longtemps possible face à un adversaire qui n’a nullement l’intention de satisfaire notre volonté de mieux vivre ? N’est-ce pas cette grève générale de la consommation qui permettrait de réaliser, au mieux, l’unité des plus petits et diviserait ceux qui vivent de la domination des uns sur les autres et de tous sur la planète.

Ne nous leurrons pas : le système ne restera pas sans réagir. Il fera son chantage sur l’emploi, il menacera de chômage technique ; les marchands casseront les prix et manipuleront les consommateurs. Notre chance est que le système productif est fort peu fluide et que produire pour l’exportation et les plus que riches prendra du temps. La grève générale de la consommation, comme tout mouvement social, est fondamentalement la création d’un rapport de force : elle sera, sans doute, d’abord vaincue. Ce sera de nouveau la ruée vers l’hyper-consommation. Il en restera une petite graine qui peu à peu germera. Une autre grève de la consommation succédera aux précédentes... On peut penser que nous apprendrons aussi beaucoup de ces défaites. Ces objections contre cette grève ne sont donc pas acceptables, car il n’est jamais légitime de se coucher faute d’avoir la certitude du succès.

Toute grève générale constitue en outre une opération de catharsis collective puisqu’elle dévoile les ressorts intimes du système. C’est pourquoi il est si difficile de reprendre le cours normal des choses après ce dévoilement dont les effets émancipateurs marquent une vie. Oublions un instant ce qui n’est finalement, souvent, que prétexte : toute grève commence, nécessairement, par des revendications conventionnelles mais débouche très vite sur du non-négociable. Il suffit, pour cela, de laisser le temps nécessaire à la désaliénation. La grève de la consommation, comme toute grève, visera certes des conquêtes sociales mais elle regardera, en réalité, beaucoup plus loin. De la même façon que le salarié qui se met en grève pour revendiquer un meilleur salaire expérimente aussi une toute autre existence. C’est pourquoi il lui est toujours si douloureux de reprendre le travail. C’est pourquoi même avec une victoire on ne sait pas finir une grève. Gageons qu’il sera tout aussi difficile de redevenir de simples « forçats de la consommation » après avoir expérimenté une autre vie.

Cette grève générale de la consommation doit être un mouvement pour faire vaincre l’usage contre le mésusage, la gratuité contre la vénalité. Nous ferons grève pour arracher la gratuité des transports collectifs, pour obtenir la gratuité du logement social, pour obtenir des tarifications différentes selon les niveaux de consommation, pour donner à tous avec un revenu universel inconditionnel, équivalent au SMIC, les moyens économiques de vivre sa dignité d’humain, nous ferons grève pour que ceux qui saccagent la planète paient davantage, pour que les publicités soient cantonnées dans quelques espaces, pour qu’un revenu maximal d’activité permette de redistribuer les richesses, etc. Penser que cette grève signifierait cesser de s’alimenter ou de payer ses factures d’eau (encore que ce mouvement puisse être envisagé pour obtenir la gratuité d’usage de ce bien commun) c’est ne rien avoir compris à ce qu’est la consommation, c’est une objection de consommateur donc de ce type d’humain qui va avec le système. L’objectif n’est pas de mettre sa vie ou celle des autres en danger, notre société d’hyper-consommation fait cela très bien sans nous. L’objectif, au contraire, est d’apprendre à exister pleinement, à vivre en tant qu’usager maître de ses usages et non plus comme forçat du travail et forçat de la consommation esclave du marché capitaliste.

Cette grève générale de la consommation peut être le plus court chemin pour réveiller l’usager qui sommeille encore en chacun. Faisons confiance à l’intelligence collective pour redécouvrir au cours de ce mouvement durable des usages depuis longtemps oubliés. Que chacun réfléchisse, dès à présent, à sa consommation et tente déjà de consommer beaucoup moins, bref d’adopter un mode vie minimaliste. Méfions-nous cependant de ceux qui joueraient à « plus décroissant que moi tu meurs » et qui finiraient par transformer cette action citoyenne en geste religieux, en posture moralisatrice sinon policière. Faisons plutôt confiance en la sensibilité collective pour que le mouvement prenne de plus en plus de consistance et d’ampleur.

Cette grève générale passera par le boycott de certains produits ou réseaux vitaux pour le système hyper-capitaliste (pas seulement des biens économiques comme les produits financiers mais aussi idéologiques comme ses journaux télévisés ou sa presse aux ordres). Que serait une grève de la consommation si chacun achetait son nécessaire dans ces temples capitalistes que sont les hypermarchés ?

Faisons le pari que d’ici peu ce mot d’ordre de grève générale de la consommation deviendra populaire, qu’il accompagnera (ou chassera ?) le vieux mythe de la grève générale du travail... Nous en avons tellement besoin pour souder nos espoirs et nourrir nos combats. La perspective d’une grève générale de la consommation oblige à prendre conscience que la vraie puissance n’est pas le pseudo pouvoir du consommateur, qui voterait avec son porte-monnaie, mais celui du citoyen qui se refuse en tant que consommateur, comme le gréviste se refuse comme producteur pour se vivre sur un mode politique.


Ce texte peut être utilisé librement avec indication de la source (conclusion de l’ouvrage Paul Ariès NO Conso, éditions Golias, octobre 2006)
par le Citoyen Thimèle publié dans : Actions et Soutiens
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Jeudi 26 octobre 2006

Le suffrage universel est en danger depuis des années. Le plébiscite de 2007 est en passe de l’achever.


Le 29 mai 2005, en refusant le traité constitutionnel européen, les citoyens français ont dit leur volonté d’une autre politique et refusé d’officialiser la disparition de la souveraineté populaire. Comme seule réponse, la plupart des dirigeants politiques ont décidé de continuer sur la même voie, négligeant ce scrutin, méprisant les citoyens et leur décision.

Depuis des années, d’élection en élection, le refrain est le même. Les électeurs sont invités à avaliser sans débat et sans contestation possible tous les textes poubelles que leur propose la classe dirigeante, à voter sans opposition pour les porte-parole qu’elle leur impose.

Des « spécialistes » expliquent doctement que nous vivons une « crise de la démocratie ». Mais de quelle crise s’agit-il sinon d’une offensive menée contre la volonté collective des citoyens ? En effet, une déconstruction progressive de la démocratie et une délégitimation du suffrage universel se développent au nom de la « contrainte internationale », des « impératifs de la construction européenne » ou de « l’efficacité économique ». En s’attaquant ainsi frontalement à la souveraineté populaire, les classes dirigeantes renouent avec des comportements aristocratiques : des élites autoproclamées se cooptent au pouvoir en refusant de rendre compte des choix de fond qu’elles effectuent, notamment en déniant toute valeur à quelque opposition sérieuse que ce soit.

Au total, c’est la liberté individuelle et le contrat social, fondements de la République, qui sont remis en cause. Le mépris affiché envers les partisans du « non » au traité constitutionnel européen est le symbole de cette régression tragique des pratiques démocratiques. Et l’élection présidentielle qui s’annonce s’inscrit dans la volonté d’effacer le vote du 29 mai en ne donnant le choix qu’entre plusieurs partisans du oui. Elle est donc plus un plébiscite en faveur de la classe dirigeante qu’un vrai choix politique. Dans ce contexte, une candidature du Non, vouée à la marginalité, ne peut que dévaloriser l’expression populaire.

Nous, citoyens conscients et responsables qui avons voté Non au projet de traité constitutionnel, refusons de cautionner un jeu pipé. Attachés au suffrage universel, nous allons toujours voter. Cette fois nous voterons blanc parce que cette présidentielle est, telle qu’elle se dessine, destructrice du débat politique et du choix démocratique. Seule cette attitude nous paraît cohérente avec le vote du 29 mai 2005.


Le suffrage universel : un combat

Le suffrage universel ne s’est jamais présenté comme une évidence. C’est une insurrection populaire qui l’imposa, d’ailleurs seulement pour les hommes, le 10 août 1792, à une Révolution française tâtonnante. Auparavant, la bourgeoisie triomphante avait organisé un suffrage censitaire réservant le droit de vote aux possédants. Par la suite, le suffrage universel a toujours été contesté de façon plus ou moins directe par des fractions de la classe dirigeante. Et ce sont les citoyens qui ont permis son maintien, en votant avec constance pour la République à partir des années 1880.

L’acceptation d’un contrat social et l’équilibre au sein de la société passent par l’expression de tous. Nul individu, nul groupe, ne peut prétendre imposer à tous sa vérité, sa volonté. C’est ainsi que la démocratie n’est pas l’alibi de la domination d’une classe mais la forme politique qui permet le dépassement, par conflits et compromis successifs, de cette domination. Les tensions et la violence sociales d’aujourd’hui sont aussi une conséquence de l’absence de démocratie.

Aujourd’hui, si le principe même du suffrage universel n’est plus officiellement attaqué, les forces qui lui sont hostiles cherchent à le contourner et à en réduire la portée. Mais cette nouvelle offensive contre la liberté et la souveraineté populaire, contre tout ce que les citoyens ont chèrement défendu naguère, reste aujourd’hui sans réponse. Les attaques idéologiques contre les principes républicains ont eu pour but et souvent pour effet de dévaloriser le combat politique et social en même temps que l’expression du peuple. Les mots qui exprimaient jusqu’alors la volonté des citoyens sont eux-mêmes rejetés, déconsidérés. Parlez de souveraineté, on vous traitera de souverainiste, parlez de volonté populaire, on vous traitera de populiste, parlez de nation, on vous traitera de nationaliste. La démocratie elle-même est suspecte car on l’accuse de créer des tensions entre les citoyens. Le peuple est nié quand il n’est pas méprisé, rejeté. Autrefois, on parlait des banlieues rouges, de la zone, des classes dangereuses ; aujourd’hui on parle des racailles ou des salauds, suivant les origines des uns ou des autres. Dans les discours officiels, il n’y a plus d’intérêts qui seraient ceux de toute la nation, plus de peuple pour les définir. Il n’y a plus que les intérêts particuliers. Et les pouvoirs publics, malheureusement, se contentent de plus en plus d’en être les représentants.

Fait nouveau : ces assauts, menés autrefois essentiellement par des contre-révolutionnaires, sont aujourd’hui aussi conduits par des forces qui se réclament de la gauche. En effet, depuis des années, des philosophes membres de la soi-disant « nouvelle gauche » ont théorisé tous les abandons, ont légitimé tous les reniements. Pour eux, la notion de peuple est relativement indéterminée, l’égalité s’efface au profit de la liberté d’entreprise, l’intérêt général se confond avec le bon fonctionnement du libéralisme. De Pierre Rosanvallon à Michel Rocard, du plan Juppé au traité constitutionnel européen, ils sont de toutes les régressions.

On installe ainsi l’idée d’un monde sans vie politique, sans débats fondamentaux, sans citoyens actifs. Les affirmations non contestées des experts se substituent aux confrontations politiques. Les émotions calculées et les prêches des responsables publics remplacent la condamnation des inégalités. Les mêmes qui ne veulent « laisser personne sur le bord du chemin » ne soutiennent-ils pas la libéralisation des marchés de capitaux ? Au total, l’invocation des contraintes économiques remplace la construction du contrat social, fondement de la République. Les citoyens sont invités à se soumettre à la mondialisation ou à une construction européenne sur laquelle ils n’ont aucune emprise et qui leur sont présentées comme incontestables.


Ne pas participer à l’élection présidentielle de 2007
Imposer la reconnaissance du vote blanc

L’élection présidentielle est, de nos jours, organisée de telle manière qu’elle contraint les candidats soit à se couler dans le moule officiel, soit à demeurer marginaux. Faire émerger un nouvelle pensée ne résiste pas au jeu médiatico-institutionnel. Le rêve de nos dirigeants est, de plus en plus expressément, de constituer un système où la démocratie se résume à une compétition entre deux partis aux pensées assez proches, dessaisissant le citoyen de l’essentiel de sa capacité de choix. Les grands partis, soutenus par les médias, peuvent sans retenue user et abuser de la domination que leur confèrent les institutions. Ainsi 2007 se profile essentiellement comme une compétition entre des candidats tous partisans du oui à un référendum fondamental auquel le peuple français a dit non de la façon la plus nette.

Certes, des candidats honnêtes tenteront, par ailleurs, de porter les couleurs du Non. Mais ils se couleront dans un jeu réducteur dans lequel le clivage du 29 mai n’aura pratiquement pas de place. Ils ne seront alors que des candidats de témoignage ou des forces d’appoint dans les accords électoraux en préparation pour les législatives qui suivront et non des porte-parole crédibles d’une autre politique. Le faible score qu’ils feront comparé au 55% obtenus par le « non » signera leur erreur, tout en affaiblissant la portée du 29-Mai.

Car cette élection présidentielle est un jeu pipé d’avance qu’il ne faut pas cautionner. Il ne s’agit donc pas de trouver un candidat à jeter dans un nœud de vipères, mais de chercher collectivement la meilleure manière de donner un sens politique au Non. Le temps n’est plus aux petits accommodements avec le système dominant, mais à la construction d’une rupture avec lui qui soit cohérente, consistante et responsable. Le 29 mai 2005 n’a pas vu, en effet, s’exprimer un vote ordinaire. Ce jour là, les électeurs ont montré qu’ils sont prêts à se mobiliser pour répondre à de vrais enjeux politiques. Ils ont affirmé « nous sommes le peuple et nous exprimons notre volonté ». C’est cette volonté et elle seule qu’il faut réaffirmer désormais aussi bien pour la détermination de la politique nationale que pour une construction européenne qui respecte le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Une nouvelle fois dans notre histoire, le Tiers-État n’est rien et doit redevenir tout. Le 29 mai a ouvert un espace politique qui redonne force et vigueur au suffrage universel. En votant blanc, le refus de cautionner une élection qui n’est qu’une compétition entre des fractions de la nouvelle aristocratie doit permettre de déboucher sur une nouvelle organisation de la vie politique et, dans un premier temps, sur une Assemblée constituante. Celle-ci doit être réellement représentative du peuple français, c’est-à-dire être composée de représentants élus individuellement avec un débat public le plus large possible. Elle sera chargée de restaurer les principes républicains, démocratiques et laïques, la séparation des pouvoirs, l’égalité des citoyens et de donner corps au progrès social.

Face aux conséquences sociales dramatiques des politiques menées depuis des décennies, devant leur caractère destructeur de la société, seule une réappropriation collective de l’idéal démocratique peut permettre de reconstruire la légitimité du pouvoir politique.

 

Jean-Pierre ALLIOT, Journaliste, André BELLON, Ancien Président de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale, Michel BOUCHAUD, Enseignant, Anne CÉROBÉ, Enseignante, Jérémy MERCIER, Étudiant, Jack PROULT, Militant associatif

par le Citoyen Thimèle publié dans : Vie politique
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Mercredi 25 octobre 2006

Après un premier round courtois la semaine dernière, les échanges entre présidentiables socialistes sur les questions de société se sont tendus lors de leur deuxième vrai-faux débat télévisé mardi.

Dès les premières minutes, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn se sont opposés frontalement à plusieurs mesures prônées par Ségolène Royal qui n'a rien lâché, défendant à nouveau bec et ongles ses propositions d'assouplir la carte scolaire ou de créer des "jurys de citoyens".

La présidente de Poitou-Charentes semble en revanche avoir adouci sa proposition d'encadrer militairement les primo-délinquants, en évoquant des "camps humanitaires dans un pays pauvre encadrés par l'armée" ainsi que le "développement de toutes les alternatives à la prison" pour les jeunes.

"Je fais de la politique en regardant ce que je ferai pour mes propres enfants (...) Ce choix là je veux le faire pour les jeunes de mon pays parce que si j'y étais confrontée, je ferais ce choix", a expliqué la compagne de François Hollande, avec qui elle a eu quatre enfants.

Tous trois se sont ensuite retrouvés sur des sujets plus consensuels, le passage vers une République parlementaire, les questions de laïcité - "joyau du joyau du joyau", selon Laurent Fabius -, les investissements massifs dans l'éducation ou la critique de la politique du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qualifié de "pompier pyromane".

Ni "immigration choisie", ni "discrimination positive", ont-ils fait valoir, dénonçant également la proposition "démagogique" du président de l'UMP de faire passer en cour d'assises les agresseurs de policiers.


DESACCORDS SUR L'IMMIGRATION


Interrogés sur l'immigration, les trois présidentiables ont exposé leurs divergences, cette fois dans le calme.

Pour Ségolène Royal, qui veut donner dans ce domaine plus de pouvoirs aux "territoires", promettre des régularisations massives, c'est "se donner bonne conscience". "On ajoute de la misère à la misère", a déclaré l'élue picto-charentaise.

 Laurent Fabius a estimé quant à lui qu'il fallait une "régularisation large mais pas aveugle" et s'est opposé  toute gestion "régionale" de ces questions. Il faut une "politique nationale qui doit être ferme", a-t-il souligné.

"Le vrai problème, c'est l'intégration", a fait valoir de son côté Dominique Strauss-Kahn, qui entend "régulariser régulièrement pour qu'il n'y ait pas de soubresauts nationaux".

L'élu de Sarcelles a également proposé de créer un "ministère des migrations", touristes compris, afin de retirer les questions d'immigration au ministère de l'Intérieur.

L'ancien ministre de l'Economie a distillé des mesures concrètes tout au long du débat, qui a duré près de deux heures alors que les producteur souhaitaient le limiter à 90 minutes.

Afin que les étudiants en difficulté puissent financer le début de leurs études, il a prôné la création d'un "patrimoine départ".

Il a également souhaité concentrer "toutes les aides sur les familles les plus défavorisées". "Il faut sortir de l'hypocrisie : on donne la même chose, les allocations familiales par exemple, à un enfant quel que soit le revenu de ses parents, ce n'est pas raisonnable", a-t-il estimé.


"NON, TOUT NE VA PAS BIEN !"


Les trois postulants ont également validé l'idée du mariage et de l'adoption par des couples de même sexe - une mesure figurant dans le projet présidentiel du PS - même si Ségolène Royal ne l'a approuvé que d'un petit "oui" après un exposé des valeurs "fondamentales" de la famille.

Les règles imposées pour ce "débat" ne permettaient pas aux candidats de s'interpeller directement. Mais tous ont haussé la voix et joué les lignes, utilisant au mieux leurs prises de parole pour affiner leur profil présidentiel, au grand dam des journalistes chargés de faire respecter les temps de parole.

"Il n'y a pas d'un côté ceux qui sont pour telle ou telle proposition extrêmement discutable et les autres qui ne connaissent rien à rien, qui vivent en dehors du monde", s'est insurgé Laurent Fabius.

"Je ne crois pas que vouloir rétablir l'ordre, même juste, c'est suffisant", a attaqué Dominique Strauss-Kahn, critiquant "l'ordre juste", slogan de campagne de Ségolène Royal.

L'ordre "est immobile (et) ne peut pas à soi seul être un projet politique. La gauche doit être porteuse d'autre chose. (...) La gauche c'est protéger et avancer", a-t-il martelé.

"L'ordre juste n'est pas immobile. Il est revendiqué par ceux qui subissent le désordre", a riposté Ségolène Royal, retrouvant le ton très à gauche qu'elle avait utilisé devant les militants socialistes de Clermont-Ferrand la semaine dernière.

"Pour ceux qui sont en haut du panier tout va très bien, ils ont tout (...) Et les autres? Ils sont les victimes de la déréglementation économique et financière. Il faudrait croire que tout va bien. Non, tout ne va pas bien !", a-t-elle insisté.


D'après Reuters

par le Citoyen Thimèle publié dans : Vie politique
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Mercredi 25 octobre 2006
Corinne Lepage, candidate à l'Elysée, publie mercredi 25 octobre un "projet de constitution pour une VIe République" où elle défend un exécutif fort et un parlement "responsable du contrôle de l'action politique" et insiste sur la nécessité d'introduire la démocratie participative dans la constitution.
L'ouvrage est téléchargeable pour un euro sur le site www.atelierdepresse.com, avant de sortir dans le commerce d'ici une dizaine de jours au prix de 5 euros.
"Sans réforme fondamentale des institutions, sans réconciliation des Français avec leur système politique, aucune réforme d'envergure ne pourra être engagée, aucune confiance des Français en eux-mêmes et dans leur représentants ne pourra être retrouvée", écrit la présidente de Cap 21, avocate et ancienne ministre de l'Environnement, dans son introduction à ce projet.
Elle dénonce "les dérives actuelles" : "parlement croupion devenu une chambre d'enregistrement aux ordres du président de la République", "enrichissement personnel", "monarchie bananière", "carriérisme politique"...


 
Pour la candidate écologiste, "le régime présidentiel est incontournable" du fait de l'élection du président au suffrage universel. Mais il doit s'accompagner d'un Parlement fort.
Le président serait "pénalement responsable", et le pouvoir judiciaire "totalement indépendant de l'exécutif" et "partiellement élu".
Un vice-président serait élu en même temps que le président, ayant en charge "le long terme et le développement durable".
Elle préconise, pour les citoyens, le droit de référendum d'initiative populaire et le droit d'initiative législative, dès lors que 5% du corps électoral l'a demandé, et le droit de saisir un nouveau "Conseil supérieur de la justice".
En place du Conseil économique et social, serait créé un Conseil de la société civile, chargé de fournir "l'expertise indispensable aux grands choix contemporains".


> Le projet de constitution
par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Institutions
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Mercredi 25 octobre 2006
Communiqué de l'UFAL:

Le 18 octobre dernier ,après plus de 40 jours de grève de la faim, une mobilisation sans précédent de personnalités et de citoyens de toutes tendances confondues de tous les départements de France ainsi que de l'étranger, Anas El Jazouli militant laïque marocain victime d'une fatwa de la part d'islamistes, apprenait du tribunal administratif de Melun (77) que sur la base de la convention internationale des droits de l’enfant et de l’article 8 de la Convention Européenne des droits de l’Homme, il pourrait rester en France pour vivre libre en famille.


C'était sans compter avec le cynisme inqualifiable dont fait preuve le représentant de l'Etat en Seine-Et-Marne.

Le 24 octobre, Anas El Jazouli recevait conformément à la décision du tribunal, une carte de séjour mais était tenu informé que son épouse et ses enfants ne pourraient rester sur le territoire avec lui et qu'ils devraient donc être expulsés vers le Maroc.

L' UFAL dénonce ce nouveau coup abject de la préfecture de seine-et-marne et demande si la seine-et-marne peut encore être considérée comme un département de la République Française puisque l'arbitraire y remplace les principes républicains ?

Anas El jazouli qui a repris sa grève de la faim doublée d'une grève de la soif n'est malheureusement pas un cas isolé dans ce département.

L'UFAL a été informé de la situation tout aussi révoltante de la famille Sadoun, venue d'Algérie.

Abdelkrim Sadoun ancien gardien de la paix à Alger ayant été impliqué dans la lutte contre les terroristes islamistes a fait l'objet d'une fatwa du GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat) suivie de l'assassinat de son père, de menaces à l'encontre de sa femme et d 'une tentative d'attentat contre lui.

Réfugié en France avec sa famille, l'OFPRA a reconnu les persécutions dont ils furent victimes mais leur refusa le droit d'asile car policier, il aurait pu être mêlé à des actions armées pourtant consécutives à l'état de guerre du pays et à son mêtier .

La famille Sadoun correspondant, comme la famille El Jazouli, aux critères de la circulaire Sarkozy se voit pourtant refuser le titre de séjour qui ,seul, pourra leur éviter de tomber aux mains des fanatiques islamistes. (le GSPC vient , ces derniers jours, d'assassiner une trentaine de policiers et de gendarmes algériens).

L'UFAL demande à tous les soutiens de la famille El Jazouli de se remobiliser en faveur de ces deux familles en contactant massivement les services suivants :

Préfecture Seine et marne
Télécopie: 01 64 37 10 35
communication@seine-et-marne.pref.gouv.fr
isabelle.herve@seine-et-marne.pref.gouv.fr
Préfet :
jacques.barthelemy@seine-et-marne.pref.gouv.fr

Ministère de l'Intérieur :
Secrétaire général C. Guéant
<claude.gueant@interieur.gouv.fr>
Ministère de Intérieur C. Guéant
<sec.gueant@interieur.gouv.fr>

Ministère de Intérieur G. Larrivé
<sec.larrive@interieur.gouv.fr>
Ministère de Intérieur G. Larrivé
<guillaume.larrive@interieur.gouv.fr>

Ministère de Intérieur M. Tandonnet
<sec.tandonnet@interieur.gouv.fr>
Ministère de Intérieur M. Tandonnet
<maxime.tandonnet@interieur.gouv.fr>
Standard 01 40 07 60 60
Télécopie 01 40 07 21 09

Télécopie secrétaire général 01 40 07 13 90


Contact Presse UFAL : Nicolas Pomiès 06 27 17 26 91

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Mercredi 25 octobre 2006
(Retranscription d'un e-mail reçu)

Merci de vous être associé à la première liste de ceux qui ont manifesté leur soutien à Robert Redeker. Le vôtre, qui lui a été communiqué, lui est très précieux dans la tragique situation qui est la sienne aujourd'hui. Nous devons continuer à l'aider, non seulement par des messages, mais surtout maintenant financièrement. Il n'a pas d'autre choix que déménager, car la photographie et l'adresse de sa demeure ont été largement publiées. Et ce changement de domicile, bien sûr, entraîne des frais que ni le gouvernement, ni le ministère de l'Education Nationale ne sont disposés à prendre à leur charge ( ils assurent sa protection et lui maintiennent son traitement de professeur, largement insuffisant pour faire face à la survenue, dans sa vie, d'une épreuve comme celle qu'il traverse).

Selon vos possibilités et quel qu'en soit le montant, vous pouvez soit adresser un chèque libellé à l'ordre de Robert Redeker, à l'attention de Martine Cullier CREDIT INDUSTRIEL ET COMMERCIAL, 21 rue Bréa 75006 Paris ( seul le nom de Martine Cullier, avec la mention "personnel" doit apparaître sur l'enveloppe), soit faire un virement sur le compte bancaire aux coordonnées suivantes : code banque  : 30066 , code guichet : 10621, compte : 00010986401 / clé RIB 63. Tout ce que vous et vos amis pourrez faire pour lui sera bienvenu.

La liste de celles et ceux qui se sont joints à la pétition initiale sera publiée quand elle comptera suffisamment de noms.

André Glucksmann, Claude Lanzmann, Bernard-Henri Lévy
par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Mercredi 25 octobre 2006
Par Simon Archipenko

Il n'y a pas de vérité sacrée, c'est à dire interdite à la pleine investigation de l'Homme. Ce qu'il y a de plus grand au monde, c'est la liberté souveraine de l'esprit.

Jean Jaurès. Discours sur l'enseignement laïque, 11 février 1895.

Trois faits importants dans leur gravité et leur conséquence viennent de se produire dans notre pays. Ils se rejoignent quant à leur socle commun et doivent interpeller les tenants de l'esprit des Lumières pour un combat en faveur de la liberté de conscience.

Le premier fait, et de loin le plus emblématique, est la fatwa prononcée à l'encontre de notre ami, de notre frère Redeker. J'écris ami et frère car, tant que durera l'épreuve que subit Robert Redeker de la part des tenants de l'obscurantisme le plus crasse et le plus lâche, les hommes[1] libres doivent s'honorer du titre d'ami et frère. Ils souligneront de la sorte, une fraternité de combat que rien au monde et surtout pas la fatwa d'un clerc autoproclamé, ne saurait entraver. La liberté de conscience ne souffre d'aucune fatwa, à commencer par celles que nous instillons dans notre propre tête.

Des citoyens pensent-ils que la laïcité et les fondements de la République sont des acquis irréversibles ? A moins, mais je n'ose le croire, que les susdits pensent qu'il faut introduire un peu de spiritualité dans le champ du politique. Quant aux benêts compassionnels, il suffit de lire leur prose sur les sites du MRAP, voire sur les sites officiels de l'extrême gauche, pour savoir qu'ils sont passés avec armes et bagages du côté des tenants des fatwas.

Voici ce qu'on peut lire sur un site dit progressiste :

...Avant eux (les nouveaux intellectuels) la Laïcité se contentait d'être la garante de la séparation de l'Eglise et de l'Etat mais, moderne démocratie oblige, elle est devenue un instrument de propagande aux mains de ceux qui savent racler au fond des peurs ancestrales pour obtenir le pouvoir ou la notoriété. Désormais être laïque c'est aller à l'encontre des valeurs de tolérance et de mesure transmises par les Lumières et être polémiste c'est blesser A DESSEIN une communauté en se fondant sur sa propre xénophobie, c'est valoriser la culture judéo-chrétienne au détriment de la culture musulmane, c'est devenir le chantre d'une morale édictée à coups de chandelier à 7 branches et de goupillon, ô paradoxe !

Nous pouvons constater que ce benêt là a tout compris de la laïcité. Afin d'être objectif, ce même site, dit progressiste, héberge le discours intégral d'Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah.

Le deuxième fait récent, est la venue à Lyon d'Hani Ramadan, en qualité d'enseignant dans une madrassa, école coranique, appelée centre de formation et qui, plus prosaïquement est une SARL dont le nom commercial est la librairie Tawhid.[2]

Le centre islamique Tawhid fait ainsi sa promotion sur le site www.ujm.fr.

Le centre Islamique Tawhid a été fondé en 1986, attenant à la librairie Tawhid, se veut un pôle d'enseignement de la spiritualité et un lieu d'échanges pour tous notamment par la mise à disposition d'activités culturelles et éducatives. Le centre Tawhid est composé : d'une salle polyvalente (salle de prière et de conférence avec un espace de rencontre convivial), d'un espace lecture, d'une salle de cours.

Hani Ramadan, quant à lui, dirige le Centre islamique de Genève et donne régulièrement des conférences en France, est le frère aîné de Tariq Ramadan et le petit-fils du fondateur des Frères musulmans égyptiens Hassan al-Banna.

En septembre 2002, Hani Ramadan avait effectivement défrayé la chronique intolérance en défendant dans une tribune publiée dans Le Monde l'application de la charia et la lapidation des femmes adultères. Il avait été ensuite licencié de son poste d'enseignant de Français par le gouvernement genevois pour propos contraires aux valeurs démocratiques et aux objectifs de l'école publique.

Il doit intervenir dès le 14 octobre à Lyon pour donner des cours en sciences islamiques au sein de ce centre de formation fondé par l'Union des Jeunes musulmans (UJM). Selon le site Internet de l'UJM, il doit encadrer cinq séances de travaux dirigés, dont la première, consacrée à la foi musulmane et aux noms divins, aura lieu le 14 octobre.

L'association Regards de femmes a adressé une lettre à Nicolas Sarkozy, pour lui demander d'interdire l'accès au territoire d'Hani Ramadan.

Pour Regards de Femmes, les propos d'Hani Ramadan légitiment les violences envers les femmes et diffusent l'homophobie. L'association a transmis à M. Sarkozy une pétition, signée par mille personnes au 11 octobre 2006), parmi lesquelles les anciennes ministres Yvette Roudy et Corinne Lepage, pour demander son interdiction d'entrée en France. Concomitamment, l'association organise un rassemblement devant la madrassa Tawhid, le jour du premier travail dirigé d'Hani Ramadan...

Dans sa lettre-pétition, Regards de femmes, présidée par Michèle Vianès, demande également l'interdiction d'entrée sur le territoire ou l'expulsion des savants en religion, qui transmettent l'idéologie totalitaire de la charia.

Le troisième fait est la lapidation d'une adolescente dans un collège de Lyon, pour cause de rupture du ramadan.

Les faits ont eu lieu mercredi 4 octobre à la récréation de 10h00 dans un collège de Lyon. Des garçons ont jeté des pierres sur une adolescente de l'établissement, sous prétexte qu'elle n'observait pas le jeûne du ramadan. La collégienne a été blessée et très choquée. Le principal a signalé cet acte à l'inspection académique. Il a incité les familles à porter plainte, ce qui a été fait. Les deux élèves ont été exclus pour une semaine.

Le principal a rassemblé tous les enseignants et tous les élèves fait un rappel à la loi. Pour lui, il s'agit de violences de collégiens. Il a rappelé aux enseignants leur devoir de réserve. La thèse de non-respect du ramadan est cependant confirmée par le Parquet de LYON.

On peut légitimement s'interroger sur la notion de violences de collégiens. A partir du moment où l'Ecole de la République doit transmettre les savoirs en faisant des élèves des citoyens en devenir, on dépasse largement l'aspect chahut que l'on trouve communément au moment de chaque récré. Mais la frilosité de l'inspection académique du Rhône, lors d'affaires similaires, en dit long sur le fait républicain dans l'administration, quand bien même elle est l'Education nationale, sans évoquer également la lamentable prise de position du ministre Robien.

Pour Azzedine Gaci, président du conseil régional du culte musulman et UOIF, le ramadan est une obligation pour tout musulman. En sont exemptées les personnes âgées, les femmes enceintes et les femmes indisposées.

Azzedine Gaci continue ainsi :

Je rappelle que nous sommes dans un pays laïque. Certains jeunes n'ont aucune connaissance de l'Islam. Il faut revoir IMPERATIVEMENT la façon dont l'islam est enseigné à l'école.

On relèvera la duplicité du président du conseil régional du culte musulman qui avance fort heureusement tel l'éléphant dans un jeu de quilles en voulant faire entrer l'islam dans les salles de classe. Je note au passage, que ce monsieur a oublié, dans son antienne sur les exemptions au ramadan, le fait que dans notre pays chacun est libre de croire en un dieu en plusieurs dieux, à la soupe à l'oignon et au filet mignon ou de ne pas croire. Mais, sans doute, est-ce beaucoup pour cet esprit étréci.

Contre l'esprit de Munich : la liberté de conscience.

Aujourd'hui, une impérieuse nécessité : ALLER PLUS LOIN.

Il est symptomatique de dire que nos sociétés sont entraînées dans un vertigineux tourbillon moyenâgeux. Je ne sais pas si le 21ème siècle sera ou ne sera pas religieux. Ce que je sais, en revanche, c'est que si l'on ne promeut pas la liberté de conscience, dans notre pays mais aussi dans le monde, on s'engage rapidement vers un 21ème siècle obscurantiste pour TOUS, du Nord au Sud et de l'Occident à l'Orient. Car, loin s'en faut, les intellectuels éclairés d'Orient, comme d'Amérique ou d'Europe, si nous ni prenons garde, sont appelés à être happés par les tenants des fascismes religieux.

La liberté de conscience, au-delà de la liberté d'expression.

La base du pacte Républicain en France, c'est le passage pour l'individu de l'état de sujet dépendant en totalité de son roi, lequel détient lui son pouvoir de Dieu (sphère publique), à l'individu maître de sa propre pensée, acteur de sa destinée qui pousse Dieu dans la sphère privée. Sortir de ce principe c'est donner raison aux spiritualistes qui rêvent de réintroduire un peu (beaucoup ? passionnément ?) de religion dans l'espace public. C'est donner raison aux islamistes et intégristes de tout poil (je pense là aux créationnistes états-uniens)[3].

Ce serait un extraordinaire recul de nos montres qui nous ramènerait au 13 juillet 1789. et, comme Arx tarpeia Capitoli proxima, la roche tarpéienne n'est pas loin du Capitole, on ne serait plus loin de 1231[4].

La liberté de conscience est universelle.

Promouvoir la liberté de pensée dans le monde, c'est à dire la liberté de conscience, c'est remettre l'Homme au centre et maintenir Dieu là où il n'aurait jamais dû cesser d'être depuis 217 ans, dans la sphère privée, n'en déplaise aux sieurs Ramadan frères et autre Gaci. C'est proclamer que chacun a son libre arbitre, à commencer par tous les laïques et ceux qui dans leur religion sont les captifs des auteurs de fatäwa, d'excommunications, de lapidations ou de discours psalmodiés dans des madrassas, comme aujourd'hui à Lyon par notre savant en religion, Hani Ramadan. C'est dire, qu'en conservant son libre arbitre, l'Homo laïcus a la possibilité, à tout moment, de l'introspection spirituelle à son bon vouloir non à celui des clercs et chamans de toutes sortes.

La liberté de conscience est un acte anti-raciste.

C'est parce que l'Homme conserve sa liberté de conscience, son libre arbitre, le respect des autres, rejette aux poubelles les fascismes religieux qui laissent accroire par une rhétorique de bas art, que les tenants de la liberté de conscience sont des racistes, islamophobes voire arabophobes (2). C'est un acte anti-raciste car, la liberté de conscience subsume la liberté d'expression.

Ce que je veux signifier ici, c'est que les intégristes de tous horizons et leurs affidés, les benêts compassionnels, ne veulent qu'avancer sur le concept de liberté d'expression et ses limites. Il est vrai que, pour raison de liberté d'expression, nous ne pourrions tolérer le racisme, l'antisémitisme. Les islamistes jouent sur ce concept de limite de la liberté d'expression pour faire accroire que poser le problème de l'islamisme est un acte raciste.

Comme l'écrit Robert Redeker :

{{Est-il raciste de se poser la question: un Islam à visage humain est-il possible, comme on se demandait naguère si un socialisme à visage humain est possible? (2)

Les individus du monde veulent adorer Dieu, Allah, Yahvé, Vishnu, Bouddha, Manitou, la Pacha Mama, les esprits de la forêt, ou Brocéliande. D'autres ne le veulent pas mais y sont contraints. Aujourd'hui nous avons l'ardente obligation d'être tous solidaires dans leur droit d'inventaire, d'introspection, le droit d'adorer ou de ne pas adorer pour tout individu, de l'Afghanistan au Zimbabwe, des Etats-Unis à la Chine.

Nous devons promouvoir la liberté de conscience.

Dernière minute. Un rassemblement Républicain devant la madrassa Tawhid a eu lieu le samedi 14 octobre à 11h00 à l'appel de l'association Regard de femmes. Ce rassemblement a été d'une dignité exempte de tous reproches, particulièrement par l'intervention de Michèle Vianès. Il en fût autrement des vociférations de quelques, savants en gesticulation qui s'en sont notamment pris aux élus présents, Christian Philip et André Gérin, députés du Rhône qui ont eu un comportement républicain. André Gérin a notamment rappelé, suite à une question d'un journaliste lui demandant si nous étions présents pour mettre de l'huile sur le feu, que le feu était bien allumé, non pas par nous mais bien par les islamistes.


Notes

[1] N.B. J'ai ici écrit Homme dans son acception la plus large.

[2] Les informations relatives à la venue d'Hani Ramadan en France sont extraites du livre de Michèle Vianès, Les islamistes en manoeuvre, éditions Hors de moi pages 154 et suivantes.

[3] Voir à ce propos l'article de Robert Redeker, publié dans le numéro 475 de Respublica.

[4] Année de fondation de l'Inquisition

 

ReSPUBLICA

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Mardi 24 octobre 2006

Par Pierre Larrouturou, économiste et porte-parole de «Nouvelle donne». Dernier ouvrage paru : «Urgence sociale», Ramsay

Jamais depuis 50 ans, nos pays n'ont vu des écarts aussi scandaleux se creuser entre l'évolution des bénéfices et le niveau de vie des gens normaux. Cette situation est explosive ! Face à une droite dure, il faut réveiller la gauche…



«Le PS est en état de mort cérébrale. Cela fait 4 ans que nous n'avons eu aucun débat de fond.» Cette analyse de Michel Rocard me revient à l'esprit à chaque fois qu'un ami me demande ce que j'ai pensé du débat entre les trois candidats socialistes.

La plupart des commentateurs ont analysé les différences entre candidats (« pas de différences fondamentales » de l'avis unanime). Ce qui m'a frappé, moi, c'est la différence (colossale) existante entre les trois discours, assez homogènes, et ce qui serait nécessaire pour sortir le pays de la crise… A aucun moment on n'a senti que nos trois héros parlaient d'un pays en situation d'urgence sociale.

Si l'on tient compte des chômeurs cherchant -ou acceptant- des emplois en CDD ou en intérim et des plu