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"Il n'y a que la force de l'Etat qui fasse la liberté de ses membres." Jean-Jacques Rousseau

 
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Vendredi 22 décembre 2006

L’annonce de Jean-Pierre Chevènement de rejoindre la candidate du PS Ségolène Royale n’a surpris personne. Cette annonce porte en elle l’aveu d’un renoncement définitif à l’espoir né en 2002 de relever la République et d’agir pour mettre en œuvre une alternative, celle énoncée dans le discours de Vincennes. Au lendemain de la Présidentielle de 2002, le score de JPC pouvait laisser espérer la poursuite d’une mobilisation pour créer les conditions d’un vaste rassemblement des républicains en appui sur la diversité du peuple français, mais sur la base d’aspirations communes.

C’était l’autre chemin, la longue marche !…

Malheureusement, l’inaction et les contorsions du MRC laissaient plus entrevoir des envies de rapprochement avec le PS qu’une volonté de poursuivre la construction du pôle républicain.

Voilà qui est fait ! « Paris vaut bien une messe » et dix sièges valent bien un tel renoncement !

Ceux qui parlent d’accord politique de première importance n’ignorent pas que durant 35 ans les « chevènementistes » ont signé de nombreux accords « historiques » avec les Socialistes qui une fois au pouvoir oublient tout !

Et il faudrait être naïf pour penser que le PS va changer de doctrine grâce au texte de Chevènement.

Enfin que dire de cette attitude qui consiste à mobiliser, solliciter des fonds et des signatures, s’adresser aux électeurs et subitement changer de cap ? Comment s’étonner que des militants et des électeurs se détournent de la vie politique ?

Non, ceux qui ne croyaient pas en la candidature de Jean-Pierre Chevènement ne sont pas surpris. Ils sont déçus. Déçus devant un tel abandon.

Orphelins en 2002, ils sont aujourd’hui les héritiers d’un combat à poursuivre. Héritiers de la République, chargés de promouvoir « l’autre politique », décidés à poursuivre la construction de cet arc républicain seul chemin pour un avenir de la France que le peuple attend.

Il n’est pas possible de gommer le 29 mai 2005, pas plus d’accepter l’Europe des régions contre la nation. C’est pourquoi notre volonté reste intacte autour de ce que Jean-Pierre Chevènement définissait lui même en 2002 : bâtir une autre Europe, mener une politique étrangère garantissant l’indépendance de la France, faire vivre la République laïque, replacer les citoyens au cœur du développement économique.

VLR ! (comité Drôme-Ardèche) s’adresse à toutes celles et tous ceux qui veulent travailler dans ce sens pour qu’ils rejoignent le combat républicain, sans se laisser abuser par les sirènes de la réconciliation, non pour se réfugier dans l’abstrait, mais pour concrétiser une politique républicaine. VLR ! avec tous ceux qui ont fait campagne en 2002 pour Jean-Pierre Chevènement ne renonce pas.

Vive la République !

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Vendredi 22 décembre 2006
Par Bassam Bounenni


La religion est l’opium des peuples à des degrés divers. L’impatience des uns et l’intolérance des autres confirment Karl Marx dans son prophétisme. On n’adhèrerait certainement pas à toutes ses thèses, mais pour ce qui est de sa vision de la religion, on ne saurait le contredire, dans l’état actuel des choses. En effet, la religion est de plus en plus un lourd fardeau à supporter sur le théâtre politique. Le choc des civilisations qui aurait pu - et dû - être bénéfique pour l’humanité entière est devenu si agressif à cause de l’instrumentalisation du champ religieux qu’il a pris d’autres dimensions, qui sont, parfois, anticivilisationnelles.


L’actuel état du Liban - pays multiconfessionnel - résume presque à la perfection le malaise que vit le monde à cause d’une mauvaise gestion de la réalité religieuse, réalité fondée à la fois sur la différence et sur les impératifs de coopération et de rapprochement.


La Constitution de 1943, puis les Accords de Tayef, de 1989, ont condamné les différentes communautés du pays à se contenter d’une petite portion de la « tarte » politique, telle qu’elle fut partagée par les deux textes susmentionnés. Cela a annihilé toute pratique solide de la démocratie, le modus vivendi excluant toute remise en question du partage. Par conséquent, la compétition, face importante de la chose politique et raison d’être de ceux et celles qui aspirent à un rôle sur l’échiquier, n’est plus respectée.


Plus dangereux encore, le pays du cèdre est devenu une tribune, voire un champ de bataille pour les différentes communautés qui composent son tissu civilisationnel et cultuel. Certes, ce constat n’est pas nouveau. Mais, les soubresauts qui ont secoué le Liban depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, l’ont bel et bien confirmé.


La souveraineté du pays et son intégrité territoriale se trouvent, donc, menacées. Surtout que les « parrains » de l’extérieur et leurs « acolytes » de l’intérieur ne cachent plus ni leur désintéressement de l’intérêt national, ni leurs fins, qui pourraient déstabiliser davantage ce petit pays qui ne connaît qu’une kyrielle presque non discontinue de guerres et de crises.


Face à ces équations devenues presque insolvables, faut-il œuvrer pour un Liban laïque ? Nombreux sont ceux qui s’accordent sur la négation de la « libanité » de l’actuelle crise politique qui secoue le pays. Ils y voient des mains étrangères tirant les ficelles et des « complices » libanais qui n’ont aucune allégeance au Liban. Cette perception de la crise n’est pas assez éloignée de la réalité.


D’où la nécessité de trouver une solution globale et durable aux problèmes intrinsèques du pays, solution qui pourrait justement passer par la remise en question du modus vivendi édicté par la Constitution de 1943 et consolidée par les Accords de Tayef de 1989.


Un Liban laïque qui prendrait en considération la composition civilisationnelle et cultuelle du pays saurait apporter quelque bien. Le Liban jouit, en effet, de plusieurs atouts susceptibles d’y consolider de vraies et solides pratiques démocratiques. L’éducation, la diversité, la vie culturelle sont autant d’acquis et de réalités palpables à Beyrouth qui peuvent accélérer la révision des textes régissant le pays.


C’est un grand chantier. Mais, ne point lui céder, comme le disait le général de Gaulle.

par le Citoyen Thimèle publié dans : International
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Mercredi 20 décembre 2006

Ce mardi, un rapport parlementaire sur les sectes a été rendu public. Il est une nouvelle fois édifiant.

En effet, on y apprend qu'e
ntre 40.000 et 80.000 enfants seraient la proie de ces mouvements sectaires.

Ce rapport parle d'"enfance volée", je parlerais quant à moi de vie volée, de liberté volée ! L'éducation conditionne toute la vie d'un individu. Laisser des sectes, et même des Eglises "reconnus", éduquer nos enfants pour en faire des soldats de leur idéologie obscurantiste, est une atteinte grave à la dignité humaine. C'est une atteinte grave à la liberté de conscience.

Deux mesures radicales doivent mises en oeuvre: la première est la fin de la prétendue "liberté" de l'instruction. Dorénavant, tout enfant devrait être scolarisé dans un établissement public d'enseignement laïque. Fini les écoles privées confessionnelles, fini l'instruction à la maison (sauf cas extrêmes évidemment) ! L'école doit rétablir cet idéal d'émancipation. L'oppression des consciences ne peut être tolérée. La raison doit précéder la foi.

La deuxième concerne les sectes, qui ont "réussies" ou pas. Toute organisation cultuelle qui ne respecte pas les droits les plus élémentaires de l'être humain, doit être durement sanctionné, voire interdite. Il ne s'agirait en aucun cas de condamner une croyance, mais de condamner des pratiques, qui elles sont soumises pour tous à la loi républicaine. Les organisations des Témoins de Jéhovah et de la communauté de Tabitha's Place notamment, doivent ainsi être poursuivis sans ménagement.

Toute organisation qui entend diriger nos consciences et nos modes de vie ne peut se croire impuni. Il ne peut y avoir de liberté religieuse sans garantie de liberté de conscience !
par le Citoyen Thimèle publié dans : EDITORIAUX
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Mardi 19 décembre 2006

Discours prononcé par André Malraux (ministre de la Culture) le 19 décembre 1964 pour inaugurer le transfert des cendres du préfet (et résistant lors de la Seconde guerre mondiale) Jean Moulin qui reposait jusqu'alors au cimetière du Père Lachaise.

Comme le stipule le protocole, le discours est adressé à Charles de Gaulle, Président de la République au moment des faits.


"Monsieur le Président de la République,

Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit. Sans la cérémonie d'aujourd'hui, combien d'enfants de France sauraient son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être tué ; et depuis, sont nés seize millions d'enfants...

Puissent les commémorations des deux guerres s'achever aujourd'hui par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. Après vingt ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation. Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son action légendaire, voici comment je l'ai rencontré. Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donné ordre au maire de les faire enterrer en secret, à l'aube. Il est d'usage, dans cette région, que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille. Nul ne connaissait ces morts, qui étaient des Alsaciens. Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne, et attendant en silence, chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français. Ce sentiment qui appelle la légende sans lequel la résistance n'eut jamais existé et qui nous réunit aujourd'hui c'est peut-être simplement l'accent invincible de la fraternité.


Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ? On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance, au moment où il partit pour Londres : « Il serait fou et criminel de ne pas utiliser, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes aux sacrifices les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui, mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leur adversaire et déterminé leur objectif. » C'était bien l'opinion du général de Gaulle. Néanmoins, lorsque, le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage : une presse clandestine, une source d'informations, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore. Or, ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les Alliés débarqueraient. Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux Alliés. Mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants, et devenir la Résistance française.

C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres. Pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français (qui eussent pu n'être qu'une légion), pas seulement parce qu'une partie de l'empire avait rallié la France libre. S'il venait demander au général de Gaulle de l'argent et des armes, il venait aussi lui demander « une approbation morale, des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui ». Le Général assumait alors le Non du premier jour ; le maintien du combat, quel qu'en fût le lieu, quelle qu'en fût la forme ; enfin, le destin de la France. La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n'avaient pas encore donné », qu'à : " Il faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. « La France, et non telle légion de combattants français. C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat. Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qui l'armait et le soutenait, voire par son seul courage ; le général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de Résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats, car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat. C'est pourquoi - même lorsque le président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de partis - l'armée d'Afrique, depuis la Provence jusqu'aux Vosges, combattra au nom du gaullisme comme feront les troupes du Parti communiste. C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté, dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la microphoto du très simple ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. » Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu'entraîne le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital - entrée en guerre de la Russie, puis des États-Unis, débarquement en Afrique du Nord - renforce sa position. À partir du débarquement, il apparaît que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements (même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques) sont à l'échelle de l'Occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer ; alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble. Il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu, et exécuté, que par l'unité de la Résistance.

C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de Résistance après l'autre : « Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face... » Il y a, inévitablement, des problèmes de personnes ; et bien davantage, la misère de la France combattante, l'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié au bénéfice d'un autre maquis ou d'un autre groupe, qu'indignent, au même moment, les mêmes illusions... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison ; ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien " préfet de gauche ", chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule !

Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. Il a été le Carnot de la Résistance.

Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques, lorsque la nation est en péril de mort - la nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens, mais la donnée invincible et mystérieuse qui allait emplir le siècle ; penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe ; voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a, depuis, appelé le gaullisme. C'était certainement proclamer la survie de la France.

En février, ce laïc passionné avait établi sa liaison par radio avec Londres, dans le grenier d'un presbytère. En avril, le Service d'information et de propagande, puis le Comité général d'études étaient formés ; en septembre, le noyautage des administrations publiques. Enfin, le général de Gaulle décidait la création d'un Comité de coordination que présiderait Jean Moulin, assisté du chef de l'Armée secrète unifiée. La préhistoire avait pris fin. Coordonnateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef. En janvier 1943, le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (ce que, jusqu'à la Libération, nous appellerions les Murs) était créé sous sa présidence. En février, il repartait pour Londres avec le général Delestraint, chef de l'Armée secrète, et Jacques Dalsace. De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le colonel Passy. « Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci disant, presque à voix basse : “Mettez-vous au garde-à-vous”, puis : “Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la victoire”. Et pendant que de Gaulle lui donnait l'accolade, une larme, lourde de reconnaissance, de fierté, et de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin. Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore, au travers de sa gorge, les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné, en 1940, pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi. » Les tortures de l'ennemi... En mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au nord de Roanne.

Ce Conseil national de la Résistance, qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise, mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée en haillons de la Résistance attendra les divisions blindées de la Libération.

Jean Moulin en retrouve les membres, qu'il rassemblera si difficilement. Il retrouve aussi une Résistance tragiquement transformée. Jusque-là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité. Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture. C'est alors qu'elle commence à combattre en face de l'enfer. Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit à son agent de liaison, Suzette Olivier : « J'espère qu'ils nous fusillerons avant. » Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller.

La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir nos maquis ; la Gestapo grandit aussi, la Milice est partout. C'est le temps où, dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit ; le temps où les parachutes multicolores, chargés d'armes et de cigarettes, tombent du ciel dans la lueur des feux des clairières ou des causses ; le temps des caves, et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfants... La grande lutte des ténèbres a commencé.

Le 27 mai 1943, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du Conseil national de la Résistance.

Jean Moulin rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines dans un État d'où la justice sociale ne sera pas exclue et qui aura le sens de la grandeur ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale réelle sur le plan économique et social, dans un monde où la France aura regagné son prestige. »

Puis il donne lecture d'un message du général de Gaulle, qui fixe pour premier but au premier Conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette Résistance qu'il représente.

Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres. Le 9 juin, le général Delestraint, chef de l'Armée secrète enfin unifiée, est pris à Paris.

Aucun successeur ne s'impose. Ce qui est fréquent dans la clandestinité : Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Serreules : « Si j'étais pris, je n'aurais pas même eu le temps de mettre un adjoint au courant... » Il veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud. Il rencontrera leurs délégués le 21, à Caluire.

Ils l'y attendent, en effet.

La Gestapo aussi.

La trahison joue son rôle - et le destin, qui veut qu'aux trois quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande. Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la Résistance.

En vain. Le jour où, au fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturer, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau. Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa sœur : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. »

Comprenons bien que, pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme. Comme le dit Mme Moulin, il savait tout.

Georges Bidault prendra sa succession. Mais voici la victoire de ce silence atrocement payé : le destin bascule. Chef de la Résistance martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons : elles portent le deuil de la France, et le tien. Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy, avec un drapeau fait de mousselines nouées, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres. Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bains - il n'a pas encore entendu parler de la baignoire. Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d'ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures.

Voici le fracas des chars allemands qui remontent vers la Normandie à travers les longues plaintes des bestiaux réveillés : grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Alliés commence, regarde, préfet, surgir dans toutes les villes de France les commissaires de la République - sauf lorsqu'on les a tués. Tu as envié, comme nous, les clochards épiques de Leclerc : regarde, combattant, tes clochards sortir à quatre pattes de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains paysannes formées aux bazookas l'une des premières divisions cuirassées de l'empire hitlérien, la division Das Reich.

Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. »

L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France..."


par le Citoyen Thimèle publié dans : Culture et Mémoire Républicaine
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Mardi 19 décembre 2006

Le post-historisme, idéologie du ségolisme

 

Par Marc-Emile Tournemire


Identifié par feu Philippe Muray comme l’incarnation de l’espèce humaine des temps post-historiques, Festivus festivus vote Ségo.

Après avoir accueilli un forum UMP dépourvu d’intérêt, le CNIT a été le haut lieu du lancement de la campagne ségoliste. Les cadres du PS et des comités « Désirs d’avenir » y ont en effet reçu une leçon de « démocratie participative » par le professeur Royal. La candidate socialiste leur a demandé de faire une campagne « joyeuse » et dans « la joie de vivre ». A mi chemin entre l’opération « immeubles en fête » ou « l’incroyable pique-nique du 14-Juillet », les manœuvres de propagande seront organisées dans « des lieux sympathiques : dans la rue, un bistrot, un appartement". De « petites micro-réunions » (sic) en « petites micro-réunions », la révolution des soviets participatifs est en marche. Et Festivus festivus, angélique et immature, festif et citoyen, en est l’avant-garde.

Festivus festivus devra, explique la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, se rendre en mission « dans des lieux qui ne sont pas habituels : il peut y avoir une tente itinérante qui va dans des quartiers populaires », sorte de sympathique cirque politique allant de banlieues en banlieues.

Guimauve pour tous !

Les censeurs de la ringardise moisie et passéiste verront dans ce qualificatif de cirque de quoi nourrir leur réquisitoire. C’est pourtant, messieurs les procureurs, la stricte vérité. Je cite ma source (le discours ségoliste du CNIT) : « il faut faire intervenir aussi des intermittents du spectacle ! » car « il faut que ce soit gai […] qu’il y ait de la convivialité ». Quoi de mieux pour mettre l’ambiance qu’un spectacle de jonglerie sur fond de djembé ou qu’un chanteur en pull marin vous servant tout le répertoire des Têtes raides ? Qui d’autre qu’une brigade d’intervention poétique ou qu’un clown engagé peut mieux métamorphoser par sa geste artistique le quidam en survêt’ en citoyen participatif ?

Histoire d’enfoncer le clou, la Zapaterror souligne qu’« il faut mettre de la culture aussi, il faut mettre de la poésie ». Villon, Racine et Hugo peuvent reposer en paix, car ce n’est sans doute pas la culture littéraire raffinée d’un François Mitterrand à laquelle Ségolène Royal fait référence, mais plutôt à de la poésie de festival de rue, à du Jacques Prévert subventionné. Les Français sont prévenus !

Ségolène Royal - date de péremption : avril 2007

Avec ses dehors avenants et festifs, la campagne ségoliste sera ludiquement marketing : la député socialiste invite les cadres à confectionner des « produits » de campagne, peut-être pour répondre à l’opération des tongues sarkozistes de l’UMP. « Utilisez des bouteilles avec des étiquettes “Ségolène”, des petits badges, des petits noeuds dans les cheveux pour les enfants » a vivement conseillé Mme Royal. Cela assure-t-elle, permettra d’attirer les citoyens « qui ne sont jamais venus dans une campagne », ce qui sous-entend que l’homme de la rue est un sacré pigeon : la version socialiste du « temps de cerveau disponible » de TF1.

Désir d’avenir, déni de réalité

Initiative louable, les cadres PS sont invités à écouter les Français. Il ne s’agit pas d’entendre le message des citoyens et de le retranscrire dans des propositions concrètes, mais plutôt de prendre les propos des uns et des autres au pied de la lettre : « Notez-les, parce que là on est dans la vérité de ce que les gens pensent » (sic). Etrange conception de la participation démocratique : la notion de contradiction est rejetée, pour être mauvaise et évocatrice de conflits, donc de rapports de force présumés incompatibles avec une ambiance participative sympa. Les militants ne sont pas invités au débat d’idées, mais à une prise de notes pointilleuse. Ce n’est pas du populisme, contrairement à ce qui est souvent affirmé : le populisme est l’expression tribunitienne de ce qui est présentée comme la pensée du peuple. Or ici, il n’est point question de peuple, mais au mieux de « catégories populaires », ce qui suggère irrésistiblement la logique de sondages qui meut le ségolisme. Les militants prendront le pouls de l’opinion, pareils à des enquêteurs d’IFOP. D’ailleurs, le slogan « Pour que ça change fort » est « la phrase que [Ségolène Royal a] entendue le plus souvent partout, dans le train, dans la rue, dans les réunions ». CQFD.

Le malentendu ségoliste réside dans l’ambiguïté du propos de Ségolène Royal. Sous couvert de tirer les leçons de 2002, l’année zéro du PS, Ségolène Royal persiste dans le déni du réel. Elle ne fait pas « peuple », elle fait « people ». Comment expliquer autrement ses plans médias sophistiqués ou le fait de se faire appeler par son prénom comme une starlette de téléréalité ? Convoquons à nouveau Philippe Muray : « Après avoir fait semblant de se mettre à l’écoute du peuple, [les politiciens éconduits par le suffrage universel en 2002] décident que leur différend passager avec celui-ci n’est dû qu’à un déficit de communication, et que si le peuple s’est si mal conduit c’est que l’on est pas encore allé assez loin dans un certain nombre de domaines », comme la régionalisation ! Le « non » l’a emporté largement en 2005 ? C’est qu’il faut plus d’Europe, etc. Le programme de Ségolène Royal n’est pas réactionnaire, mais bien furieusement moderne. Maternant (plus d’Etat providence) et castrateur (gare à l’encadrement militaire !), communautariste (promotion des droits des « minorités » et d’une régionalisation idyllique) et mercatique (le slogan « demain sera féminin » était déjà pris), le ségolisme est une vaste escroquerie intellectuelle, une supercherie de supermarché dont les Français doivent se garder comme de la peste.

 

Revue Républicaine

par le Citoyen Thimèle publié dans : Elections 2007
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Lundi 18 décembre 2006
On connaissait le Sarkozy ennemi de la République, de la laïcité, de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, et j'en passe. On connaît maintenant Sarkozy l'ennemi de la démocratie.

En effet, ce dernier s'est engagé vendredi à faire ratifier par le nouveau Parlement élu en juin 2007 un "traité simplifié" reprenant les deux premières parties de la Constitution européenne, "constitution" faut-il le rappeler rejeté par 55% des français !

Il faut être clair: les français ont en pleine souveraineté rejeté cette "constitution", et ce vote ne peut être remis en cause. A défaut, c'est un déni ni plus ni moins de la démocratie.

Déjà, refaire passer telle quelle deux parties de cette "constitution" est une insulte faite aux français. Pire, le faire voter par les parlementaires, qui, avec le scrutin uninominal à deux tours, ne représentent pas grand chose, c'est une déclaration de guerre !

Mais en effet, Sarkozy l'a dit, les français ont créés un "imbroglio" le 29 mai 2005. En clair, nous avons mal votés ! Nous n'avons pas voter comme le prévoyait le scénario des puissants ! Honte à nous !

On veut régler le problème avec la "constitution" européenne? Eh bien que l'on en refasse une autre ! Cette "constitution" telle quelle est MORTE ! Que certains se mettent enfin ça dans la tête !

Dans le cas contraire, c'est l'asservissement du peuple français. C'est aussi l'asservissement de l'ensemble des peuples européens, à qui on refuse en grande majorité le droit de se prononcer sur cette "Constitution" qui doit les régir. Le vote des français n'est pas représentatif de celui de tous les européens, mais il a au moins eu le mérite de mettre un coup d'arrêt, que l'on espère morterl, à la ratification anti-démocratique d'une "constitution"... anti-démocratique.

Il est aussi bien clair, après tout ça, que voter Sarkozy, c'est voter contre la volonté du peuple français, c'est voter contre notre liberté à tous de régir notre destin !
par le Citoyen Thimèle publié dans : EDITORIAUX
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Dimanche 17 décembre 2006
Par Jean-Baptiste de Montvalon


Campagne présidentielle oblige, tout ce qui touche de près ou de loin au communautarisme est (provisoirement ?) passé de mode. S'il continue - comme ses rivaux et adversaires - de ménager différentes communautés qui représentent autant d'électorats potentiels, le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, ne prononce presque plus jamais un discours sans chercher à se défaire d'une image qui lui colle à la peau. "C'est par l'éducation que nous lutterons contre le communautarisme", a-t-il ainsi déclaré à Angers, le 1er décembre, lors de sa première réunion publique de campagne.

Sa rivale, Ségolène Royal, n'est pas en reste. Massivement investie par les militants socialistes après avoir mené campagne sur la nation et l'ordre, elle vient de mettre en scène le ralliement à sa candidature de l'ultrarépublicain Jean-Pierre Chevènement, assurant que le début de cette "alliance au long cours" est "un moment très important pour l'histoire de la gauche".

Notion d'inspiration anglo-saxonne, le communautarisme a effectué une percée dans le débat public français il y a un an, à la faveur des émeutes urbaines - perçues comme un symptôme de la faillite du modèle français d'intégration - ainsi que des débats historico-mémoriels sur la colonisation et l'esclavage, qui ont relancé des revendications identitaires. Cette période, également marquée par la création du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), semble presque révolue.

Pressentis comme étant susceptibles - dans des registres diamétralement opposés - de "surfer" sur cette vague en 2007, la députée (app. PS) de Guyane Christiane Taubira et l'humoriste Dieudonné ont l'un et l'autre jeté l'éponge. Ces hypothèques levées, les deux candidats dominants font assaut de républicanisme.

Apôtre de la discrimination positive - jusqu'à souhaiter publiquement la nomination d'un "préfet musulman" -, M. Sarkozy a entamé son virage sur l'aile il y a plusieurs mois. Le 9 mai, lors d'un meeting à Nîmes, M. Sarkozy avait soudainement exalté "la France de toujours", "rassemblée" et "fraternelle". L'ex-séguiniste Henri Guaino, qui n'est pas étranger à ce changement de langage, est formel : "La France est foncièrement anticommunautariste. Le principe d'égalité est sa clé de voûte. L'unité est une obsession. On ne peut revendiquer le communautarisme si on veut incarner ce pays."

"TOTALE EXASPÉRATION"

Selon l'économiste antilibéral, la perspective de la présidentielle a "fait remonter à la surface ce qu'il y a de plus profond dans le pays". La "société" aurait "repris le pouvoir", imposant aux candidats à la magistrature suprême une feuille de route républicaine. "La présidentielle va construire un imaginaire national qui rend impossible toute réduction communautariste", assure Stéphane Rozès, directeur de l'institut CSA-Opinion. Pascal Perrineau, directeur du Centre d'études de la vie politique française (Cevipof), note "le retour d'une certaine idéologie républicaine".

Les chiraco-villepinistes, qui ont attaqué sans relâche M. Sarkozy sur ce terrain, l'ont bien compris : la présidentielle, qui sonne l'heure du rassemblement, s'accommode mal de l'expression des différences. Le sociologue Michel Wieviorka, qui avait participé à la création du CRAN et salué l'émergence d'un "modèle post-républicain", constate que "le débat s'est crispé en devenant une affaire de mémoires, mettant en cause l'Etat-nation".

Les multiples et interminables débats où chacun fut invité à revisiter des pages sombres de l'histoire de France ont probablement lassé. Surtout au sein de l'électorat de droite, où l'on n'apprécie que très modérément le thème de la repentance. "Ça a provoqué une totale exaspération", affirme M. Guaino. Ce dernier souligne, en outre, le "problème majeur" que pourrait soulever, "dans un contexte de pénurie", le principe de discrimination positive s'il était appliqué sur des critères ethniques.

Tout en récusant l'accusation de communautarisme, le CRAN espère que ses revendications seront entendues en dépit de ce contexte moins favorable. Il parie à mi-mots sur la permanence d'un clientélisme inhérent à toute campagne. "Si certains candidats étaient tentés de faire l'impasse, je crains pour eux que ce la ne se traduise de manière négative dans les urnes", indique son porte-parole, Louis-Georges Tin.

La bataille va se poursuivre aussi à la base, où l'on se dispute la représentativité des Noirs : une autre association, le Collectif DOM, entend réclamer la dissolution du CRAN, au motif qu'il aurait été fondé "sur un principe ouvertement racial" et "manifestement discriminatoire".


 

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Dimanche 17 décembre 2006


Par Mireille Popelin


Il y a comme ça des articles de personnalités étiquetées "gauche" qui vous trottent dans la tête..Vous établissez un dialogue imaginaire avec l'auteur:"Oui, vous avez raison sur ce point, mais là.."

L'auteur (J.L Benhamias, député vert européen) dénonce le racisme dans et autour des stades. Il parle de " groupuscules haineux" de "pogroms". Il ne faut pas "leur céder le droit d'exister dans le stade" dit-il .Il félicite le policier (noir) risquant sa vie pour sauver le supporter du club de Tel Aviv.Il cite ensuite la pétition ( 400 signatures) de députés européens condamnant ce racisme : bravo donc à ces députés! j'ai eu moi-même souvent la nausée en voyant ces racistes imiter le cri des singes, insulte ignoble envers les joueurs noirs , insulte qui m'a fait mal et honte..

Mais nous eûmes 10 jours de violences incroyables, avec destruction de biens publics, écoles, voitures etc., en novembre 2005. Ce n'était pas une révolte ethnique, comme le dit l'extrême droite. Mais ces hooligans de banlieue, masqués, disaient leur haine d'une certaine France, en détruisant les symboles de l'ETAT, et en tuant sauvagement, en pleine rue, deux citoyens.

Ce fut encore plus visible pour le fameux match France-Algérie, où cette fois, les supporteurs ont sifflé la Marseillaise, en brandissant des drapeaux... algériens! Et pour la manif lycéenne, en 2005, et les manifs anti-CPE, en 2006, où les voyous s'attaquaient aux manifestants blancs ! Le Monde du 15 Mars 2005 titrait" le spectre des violences anti-Blanc" Et ce racisme anti-français est de plus en plus visible, audible, dans les écoles, les lycées, les collèges, refus des cours, insultes envers les professeurs, ce racisme anti-français qui monte inexorablement, entretenu précisément par ce " gauchisme culturel" qui l'encourage et le conforte.

Ainsi, le racisme ne serait que blanc, et même petit-blanc? (selon l'expression méprisante de Jean-luc Mélenchon). Il serait aussi mêlé à un rejet de l'islam, et voilà le cocktail que nous connaissons bien : racisme+islamophobie.

Je n'ai guère entendu dénoncer ce racisme anti-blanc,sauf dans... Respublica

Nous, la Gauche anti-libérale LAIQUE avons tout fait pour faire voter une loi contre les signes religieux à l'école.Nous avons lutté contre TOUS les intégrismes religieux. Nous n'avons pas trouvé le soutien du PCF, à ce moment-là..Mais nous avons gagné quand même .

Il doit en être de même pour le racisme : il faut lutter contre TOUS les racismes, anti-maghrébin, anti-noir, anti-juif.( antisémitisme)mais aussi le racisme anti-français !

Le" gauchisme"teinté de relativisme culturel, qui penche très fort vers le néo-communautarisme anglo-saxon, ce gauchisme-là s'est aggloméré autour de Dieu le père, José Bové, de Besancenot et de ..Marie-Georges Buffet.

La candidate du PCFa cru que se glisser au milieu de cette"famille" ferait un tiercé gagnant et remonterait la cote du PC dans les sondages.

Mais si elle a, pour la campagne du NON au TCE laissé son temps de parole à ces "gauchistes"qui criaient NON au TCE comme elle, quand elle a voulu reprendre son étiquette PCF..hou! Pas question: le PCF a pactisé avec le diable (le PS) , et le parti communiste, représentant de toute la gauche du NON? Allons Marie-Georges Buffet, avez-vous cru réellement qu'ils allaient se ranger derrière..le Parti Communiste? Moi pas . Et pensez-vous que cette gauche, qui a mis en selle Tariq Ramadan au forum social , cette gauche, serait celle des électeurs du Parti Communiste?

Quand vous avez mis sur vos listes des néo-communautaristes notoires, antilaïques, antiféministes, antirépublicains, vous avez pensé que ces " gauchistes" vous laisseraient la première place?

De mauvaises alliances font de mauvais accords.

Il y a un grand absent dans les tractations: la gauche populaire, ouvriers et employés, celle des délocalisations, des licenciements, des chômeurs, la " classe ouvrière" que le Part Communiste défendait fièrement.

Vous avez écouté ces néocommunautaristes qui vous ont affirmé que 60% de souhaits en votre faveur, ce n'était pas représentatif. Mais ce n'est pas le peuple qu'ils veulent . Ils veulent même le nier , le peuple, le dissoudre, pour un nouveau peuple à l'identité"Indigènes de la République", en remplaçant la classe ouvrière par le" lumpenprolétariat".

Vous avez fait une mauvaise alliance, vous avez refusé de faire appel à la gauche REPUBLICAINE et LAIQUE ( qui est pourtant votre alliée naturelle) : vous avez ainsi contribué à la défaite du NON de gauche au TCE!

Or, le racisme"anti-petit-blanc", j'y reviens en conclusion:

Les classes populaires (ouvriers, employés) se sentent rejetées, elles souffrent des délocalisations, des licenciements, du chômage mais aussi de l'insécurité dans des quartiers où elles subissent de plein fouet vols, incendies de voitures , violences..Elles ne sont pas soutenues par ces "élites" plutôt classes moyennes, compassionnelles mais envers les émeutiers de novembre, peu touchées par la mondialisation, et qui cherchent plus à sauver leurs fiefs et leurs places que s'occuper VRAIMENT de la France d'en bas ( On vient de voir ces élites se rallier au plus offrant , un parti du NON au référendum appelant à voter pour ..la représentante socialiste du OUI )

Il faut, hélas, craindre que le peuple des Blancs et petits-Blancs , méprisé, humilié se venge et vote ..Front National ou..s'abstienne.

A moins qu'un candidat nouveau (ou une candidate) de la GAUCHE du NON se présente et tienne un nouveau langage, en remettant au centre ce qui est absent dans presque tous les discours: LA LAICITE.

 

ReSPUBLICA

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Samedi 16 décembre 2006

POUR UN RASSEMBLEMENT REPUBLICAIN, PATRIOTIQUE ET SOCIAL



 Le Comité Valmy, depuis sa création, reconnaissait en Jean Pierre Chevènement un républicain véritable. C’est donc avec beaucoup de regret et une réelle tristesse qu’il prend acte de son ralliement politique à Ségolène Royal et au Parti socialiste qui demeurent plus que jamais liés dogmatiquement au fédéralisme européen néo-libéral et atlantiste. Pour notre comité, il n’y a rien de bon à attendre d’un parti devenu social libéral, à l’atlantisme congénital et formaté dans le nihilisme national des trotskystes qui l’ont phagocyté. Sur l’Europe, le Parti socialiste est spécialiste des promesses non tenues. Nous appelons à se souvenir des promesses de Lionel Jospin, face au mouvement populaire puissant de 1995. Il promettait de « faire l’Europe sans défaire la France », s’était engagé mensongèrement à ne pas ratifier le traité d’Amsterdam qu’il qualifiait de « super Maastricht ». Cynique, il affirmait son intention « de faire en tout domaine retour à la République. » Pendant ses 5 années à Matignon, il a privatisé massivement, mené une politique anti-sociale, il s’est acharné à affaiblir la nation, à trahir la souveraineté populaire ; il a travaillé à détruire l’unité de la République au profit de l’Europe fédérale des régions chère à Ségolène Royal.


Aujourd’hui, les promesses de Madame Royal n’engagent que ceux qui les croient, François Hollande précise dans le Figaro à propos de la capitulation de JPC : « Ce n’est pas un ralliement idéologique. Nous n’avons pas dérivé par rapport à nos convictions. Nous savons ce qui nous sépare » ... Un autre responsable socialiste souligne de son coté « que quatre ou cinq circonscriptions gagnables pour le MRC, ce n’est pas si cher payé ».


Le peuple de France selon nous, ne peut pas plus faire confiance aujourd’hui au couple Royal - Sarkozy, promus par les médias de l’Europe de la finance, qu’il n’en faisait au couple Chirac - Jospin, au moment de la présidentielle de 2002.


L’abandon de Jean-Pierre Chevènement prive la France, en plein malaise et aujourd’hui dans une situation cruciale, de celui qui fut l’un des meilleurs porte-parole du non à la constitution européenne. D’un responsable politique, dont nous restons convaincus qu’en 2002, il pouvait devenir Président de la République, à condition précisément, de rompre avec la social-démocratie maastrchtienne et son représentant d’alors.


L’élection présidentielle se présente mal. Les adversaires de la souveraineté populaire et nationale monopolisent les médias. Le totalitarisme européiste supranational est notamment représenté par le couple Royal - Sarkozy, tandis que François Bayrou fait fonction d’éventuelle roue de secours fédéraliste. A gauche, le nihilisme national et l’anti-républicanisme n’est pas l’apanage du seul PS. Déjà, quatre candidats trotskystes se sont déclarés. Le PCF quant à lui, se fait manipuler par des alter-mondialistes eux aussi trotskysants.


Le Comité Valmy réaffirme sa démarche en faveur d’un rassemblement des républicains autour de la République, de la souveraineté populaire, du progrès social, de l’indépendance nationale, de la lutte anti-impérialiste et pour la paix. Nous redisons que la seule construction européenne possible concerne, si les peuples la souhaitent réellement, une alliance ( confédérale ?) entre des peuples libres et des nations souveraines. La volonté de sauvegarder le droit du peuple de France à disposer de lui-même, est synonyme du rejet de toute perspective supranationale.


Dans l’esprit de la Résistance et du programme progressiste de son Conseil national, travaillons à l’union du