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Samedi 8 mars 2008

mairieMARIANNE.JPGLes compétences des communes sont identiques quelle que soit leur taille. Elles ont une vocation générale instituée par la loi du 5 avril 1884 : « le conseil municipal règle, par ses délibérations, les affaires de la commune ».

Si la commune est l’échelon qui a été le moins concerné par la décentralisation, ses missions ont néanmoins été élargies. D'où l'importance que revêt cette élection.

On peut ainsi distinguer :

les compétences traditionnelles, en partie liées à la fonction de représentant de l’État dans la commune du maire, dont :

- les fonctions d’état civil : enregistrement des mariages, naissances et décès... 
;
- les fonctions électorales : organisation des élections, révision des listes électorales... ;

- l’action sociale : gestion des garderies, crèches, foyers de personnes âgées ;

- l’enseignement : depuis la loi Ferry de 1881, l’école primaire est communale, elle gère la construction, l’entretien et l’équipement des établissements ;

- l’entretien de la voirie communale ;

- l’aménagement : logement social, zones d’activités, assainissement, protection des sites... ;

- la protection de l’ordre public grâce aux pouvoirs de police du maire.

les compétences décentralisées :

- l’urbanisme
 : c’est pour l’essentiel une compétence des communes. Celles-ci élaborent et approuvent les plans locaux d’urbanisme (qui ont remplacé en 2000 les plans d’occupation des sols), ce qui permet au maire de délivrer des permis de construire au nom de la commune, et non plus au nom de l’État. Les communes ou leurs groupements compétents ont l’initiative de l’élaboration d’un schéma de cohérence territoriale (appelé schéma directeur avant la loi du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, dite loi SRU) présentant le projet d’aménagement et de développement durable retenu et fixant les objectifs des politiques d’urbanisme dans certains domaines (habitat, développement économique, déplacement des personnes et des marchandises..) ;


- l’enseignement
 : la commune a la charge des écoles publiques. Elle en est propriétaire et en assure la construction, la reconstruction, l’extension, les grosses réparations, l’équipement et le fonctionnement. Les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), ou bien une ou plusieurs communes, peuvent également créer, selon la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, à titre expérimental, des établissements publics d’enseignement primaire pour cinq ans maximum et avec l’accord de l’autorité académique. La commune intervient, par ailleurs, dans la définition de la carte scolaire ;


- l’action économique
 : depuis la loi du 27 février 2002 portant sur la démocratie de proximité, les communes et leurs groupements, tout comme les départements, peuvent participer au financement des aides directes aux entreprises, dans le cadre d’une convention passée avec la région et leur attribuer des aides indirectes (ex : garantie d’emprunt). La loi du 13 août 2004 leur permet désormais, en plus de la participation au financement des aides économiques aux entreprises, de mettre en œuvre leurs propres régimes d’aides avec l’accord de la région qui coordonne sur son territoire les actions concernant le développement économique. Par ailleurs, les communes et les EPCI peuvent dorénavant instituer un office de tourisme ;


- les ports de plaisance et les aérodromes
 : les communes sont compétentes pour la création, l’aménagement et l’exploitation des ports de plaisance. Depuis la loi du 13 août 2004, les communes et leurs groupements, comme les autres collectivités ou groupement de collectivités, ont pu demander jusqu’au 1er janvier 2006 à devenir propriétaire, à aménager, à entretenir et gérer tout port non autonome relevant de l’État situé sur son territoire. De plus, les communes et certains groupements sont compétents pour aménager et exploiter les ports de commerce et de pêche qui leur ont été transférés. Cette loi leur a également permis de se porter aussi candidats jusqu’au 1er juillet 2006 pour l’aménagement, l’entretien et la gestion d’aérodromes civils. Au 1er mars 2007, les aérodromes, dont le transfert expérimental est arrivé à échéance, sont définitivement transférés, sauf délibération contraire de la collectivité ;


- le logement
 : les communes au sein d’un EPCI participent à la définition d’un programme local de l’habitat qui fixe, pour six ans au moins, les objectifs et les principes d’une politique destinée à répondre aux besoins en logements et à favoriser le renouvellement urbain et la mixité sociale à l’intérieur d’une commune mais aussi entre les communes de l’EPCI. Depuis la loi du 13 août 2004, la commune a aussi des compétences en matière de logements sociaux et étudiants ;


- la santé
 : depuis la loi du 13 août 2004, les communes, qui en font la demande dans l’année qui suit l’entrée en vigueur de la loi, peuvent exercer la responsabilité de la politique de résorption de l’insalubrité dans l’habitat, à titre expérimental pour quatre ans. Elles peuvent également, tout comme les autres collectivités territoriales, dans le cadre d’une convention conclue avec l’État exercer des activités en matière de vaccination, de lutte contre la tuberculose, la lèpre, le sida et les infections sexuellement transmissibles ;


- l’action sociale
 : la commune a une action complémentaire de celle du département avec les centres communaux d’action sociale (CCAS), qui notamment analysent les besoins sociaux de la population et interviennent dans les demandes d’aides sociales (aide médicale…). De plus, depuis la loi du 13 août 2004, le président du conseil général peut, par une convention, confier tout ou partie de la gestion du fonds d’aide aux jeunes, pour lequel le département est compétent, à une ou plusieurs communes ou EPCI ;


- la culture
 : la commune joue un rôle important à travers les bibliothèques de prêts, les musées, les conservatoires municipaux. Avec la loi du 13 août 2004, les communes ou leurs groupements sont chargés de l’organisation et du financement de l’enseignement artistique initial (musique, danse, art dramatique), les établissements qui en ont la responsabilité étant intégrés dans un schéma départemental. Les communes ou leurs groupements peuvent aussi, s’ils en font la demande et comme pour toute collectivité territoriale ou groupement de collectivités, se voir transférer la propriété de monuments classés ou inscrits, et des objets qu’ils renferment, appartenant à l’État ou au Centre des monuments nationaux et figurant sur une liste établie par décret en Conseil d’État.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Elections 2008 communauté : Les blogs républicains
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Samedi 8 mars 2008
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Les grandes villes:


Paris: l'un des enjeux majeurs du scrutin. Les sondages prédisent une réélection facile au maire PS sortant Bertrand Delanoë face à l'UMP Françoise de Panafieu, l'UDF-Modem Marielle de Sarnez et au Vert Denis Baupin. Seul enjeu restant: la question des accords autour de Delanoë, avec des Verts qui ne veulent pas du MoDem et un MoDem qui tend la main mais veut garder sa liberté. Les résultats dans les XIIe et Ve arrondissements seront particulièrement suivis.

Marseille: la bataille pour un 3e mandat s'annonce très serrée pour Jean-Claude Gaudin (UMP), face à son adversaire PS Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, passé en tête dans certains sondages.

Lyon: Gérard Collomb (PS) semble bien parti pour conserver à la gauche cette métropole conquise en 2001. Les sondages donnent l'UMP Dominique Perben largement distancé.

Nice: bataille à droite entre Christian Estrosi, investi par l'UMP, et le maire actuel Jacques Peyrat, exclu de l'UMP, résolu à conserver son siège, sans grande chance d'y parvenir.

Toulouse: la gauche emmenée par le socialiste Pierre Cohen pourrait enfin l'emporter dans cette ville qui vote à gauche lors des scrutins nationaux mais à droite aux municipales. Le fauteuil du maire centriste apparenté UMP, Jean-Luc Moudenc, est plus menacé que jamais.

Bordeaux: l'ex-Premier ministre Alain Juppé (UMP) pourrait l'emporter dès le premier tour, face au socialiste Alain Rousset, et ainsi gommer sa défaite aux législatives.

Strasbourg: Fabienne Keller (UMP), maire sortante, est donnée perdante face à l'ancien maire PS, Roland Ries. Les centristes, bien que divisés, pourraient jouer les arbitres.

Les autres points chauds du pays:

Pau: le président du MoDem François Bayrou peut conquérir la deuxième ville d'Aquitaine, détenue par le PS depuis 1971, mais la tâche s'annonce difficile face à la députée socialiste Martine Lignières-Cassou. Le maire sortant, ex-PS, Yves Urieta, désormais soutenu par l'UMP, paraît hors-jeu.

Rouen: le maire centriste Pierre Albertini, qui brigue un second mandat, est en très grand danger face à la nouvelle députée socialiste Valérie Fourneyron, donnée gagnante dès le 1er tour par certains sondages.

Caen: Brigitte Le Brethon (UMP) est menacée par le président PS de la région Basse-Normandie Philippe Duron, qui l'a battue aux législatives. Elle est également handicapée par la division à droite.

Belfort: Etienne Butzbach (MRC), qui a pris les rênes de la mairie après la démission de Jean-Pierre Chevènement, consécutive à sa lourde défaite aux législatives, aura bien du mal à la conserver face au député UMP Damien Meslot.

Saint-Etienne: le maire sortant, Michel Thiollière (UMP-Rad), élu depuis 1994, est confronté à une liste issue de sa propre majorité, dirigée par l'ancien député UDF de la Loire Gilles Artigues (MoDem), proche de François Bayrou.

Aix-en-Provence: la maire UMP Maryse Joissains se représente. Mais deux de ses adjoints UMP ont rallié son vieil ennemi, François-Xavier de Peretti, candidat du MoDem, soutenu par les Verts.

Tarbes: lutte âpre entre le sortant Gérard Trémège (UMP) et l'ancien ministre socialiste Jean Glavany, réélu député en juin avec plus de 61% des suffrages.

Angers: la droite, emmenée par le jeune président du Conseil général du Maine-et-Loire Christophe Béchu (UMP) espère ravir à Jean-Claude Antonini (PS) la mairie de cette ville gérée par la gauche depuis 1977.

Laval: après sa défaite surprise aux législatives, François d'Aubert (UMP) tente de garder la mairie face à Guillaume Garot (PS), élu député en juin. Laval a voté à 53,6% pour Ségolène Royal le 6 mai.

Blois: tombeur de Jack Lang par 35 voix en 2001, le député-maire sortant Nicolas Perruchot (Nouveau Centre) aura fort à faire face au socialiste Marc Gricourt.

Tourcoing: issue incertaine dans cette ville de 95.000 habitants dirigée par la gauche mais qui a voté majoritairement pour Nicolas Sarkozy. Michel-François Delannoy (PS) affronte le député controversé Christian Vanneste (UMP).

Hénin-Beaumont: la seule ville où le FN peut créer la surprise. Face à Marine Le Pen, deuxième sur la liste, la gauche, qui a difficilement fait son unité, devrait toutefois pouvoir conserver la mairie.

Reims: bataille interne à l'UMP, opposant Renaud Dutreil, investi par le parti, et Catherine Vautrin, soutenue par le maire sortant DVD Jean-Louis Schneiter. Une rivalité qui pourrait faire le jeu d'Adeline Hazan (PS).

Neuilly-sur-Seine: passé du statut de dissident à celui de candidat soutenu par l'UMP, Jean-Christophe Fromantin fait figure de favori pour remporter la mairie qui fut celle de Nicolas Sarkozy. Mais le psychodrame qui a conduit au lâchage de David Martinon et à la candidature dissidente d'Arnaud Teullé, pourrait avoir laissé des traces.

Périgueux: élection à haut risque pour le ministre de l'Education, Xavier Darcos, maire UMP sortant, face au socialiste Michel Moyrand, dans une ville où la gauche est arrivée en tête de tous les scrutins depuis 2004.

Le Havre: le PCF, conduit par le député Daniel Paul, espère reconquérir cette ville de près de 185.000 habitants, qu'ils ont administrée jusqu'en 1995. Des sondages le donnent au coude à coude avec le maire UMP sortant Antoine Rufenacht, ancien directeur de campagne de Jacques Chirac.

Montreuil-sous-Bois: La sénatrice des Verts Dominique Voynet part à l'assaut de ce fief communiste dirigée par le député apparenté PCF Jean-Pierre Brard, qui bénéficie du soutien des instances du PS.

La Courneuve: Le maire communiste Gilles Poux pourrait être en danger dans cette ville emblématique pour son parti. Ce sont les socialistes, emmenés par Gilles Troussel, qui espèrent rafler la mise.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Elections 2008 communauté : Les blogs républicains
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Samedi 8 mars 2008

300-x-carte_france_langues_regionales.gifPar Frédéric Beck

Dans une tribune publiée dans Ouest France le 28 février 2008 [1], Jacques Le Goff, professeur de droit à l’université de Brest, revient sur la récente proposition conjointement présentée par les députés Marc Le Fur (UMP) et Marylise Lebranchu (PS) en vue de tempérer l’article 2 de la Constitution — qui dispose que « La langue de la République est le français » — par cette restriction : « Dans le respect des langues régionales qui font partie de notre patrimoine. » Il rappelle très justement que cette initiative avait pour objectif de lever l’obstacle constitutionnel qui sépare la France de la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, pendante depuis de nombreuses années, et à laquelle résistent les républicains. Selon lui, au nom d’un apaisement du débat sur les langues régionales observé depuis quelques années, le temps serait donc venu « d’une “politique positive pour les langues”, faisant sa part à un régionalisme bien tempéré ». À l’appui de son propos, Jacques Le Goff note que la menace sur le français en tant que langue nationale ne vient guère de la concurrence qu’exerceraient les langues régionales mais bien plutôt de celle de l’anglais et de la médiocrité de l’enseignement du français à l’école [2]. Au total, même si l’auteur reconnaît la pesanteur de la situation en Corse et au Pays basque, cette vision semble frappée d’angélisme et de myopie.

Certes, les faits décrits par Jacques Le Goff ne sont pas tous contestables. La situation semble plus apaisée qu’elle ne l’était il y a encore une dizaine d’années : les extrémistes sont peu à peu mis hors d’état de nuire et la vigueur des débats entre régionalistes et jacobins paraît atténuée. Toutefois, ce calme apparent et conjoncturel ne doit pas dissimuler une réalité plus structurelle. Observons d’abord le fait que la France perdure sur une construction politique originale en Europe (Etat unitaire vs. fédéralisme) qui rend certaines évolutions indépassables sans une remise en cause profonde d’éléments fondamentaux de notre identité nationale et de notre contrat social. Reconnaissons ensuite que les régionalistes, en dernière analyse, ont toujours et partout les mêmes aspirations finales : l’autonomie linguistique, culturelle et bientôt économique. Autour de nous, que d’exemples spectaculaires de ces forces de parcellisation : la Belgique, l’Espagne, le Royaume-Uni... Partout, l’extension du champ des autonomies locales n’a été qu’un appel à de nouvelles revendications, et ce d’autant plus confortablement que la régionalisation est l’objectif final des eurofédéralistes aux manettes à Bruxelles, en bonne intelligence avec une Allemagne aux intérêts convergents. On sait ce que procure la liberté. Pourquoi s’en priver si les instances supranationales sont en mesure d’en prendre en charge le coût en exerçant, par le biais des fonds structurels, un pouvoir de redistribution considérable ? De ce fait, les concessions accordées aux revendications linguistiques et culturelles sont à mesurer avec de grandes précautions.

Pour autant, les langues régionales font évidemment partie du patrimoine et de la richesse de notre pays. Mais elles ne sont pas la seule expression de sa diversité. Si l’on a à l’esprit la variété des styles architecturaux et picturaux, de la gastronomie, des costumes et coutumes, de la littérature et de la poésie, des paysages aussi, on mesure que cette richesse et cette variété sont aujourd’hui bien vivantes et présentes mais qu’elles sont elles aussi menacées. Or il n’y aurait pas plus grand danger, pour ces expressions locales du génie humain, que de se focaliser sur l’enjeu linguistique, dont la portée « opérationnelle » est aujourd’hui limitée. On voit bien que la concentration des débats sur la langue tient à des facteurs politiques car, bien plus que d’autres, la langue est un attribut essentiel de la nation. Toutefois, concentrer l’attention sur elle, c’est souvent négliger le reste, rechercher des gains symboliques tout en risquant de voir ainsi avancer, en réalité, la standardisation culturelle. Qu’importe le plus ? Sauver la recette du kouign amann ou boire du Breizh Cola light ? Relire Chateaubriand ou Queffélec ou bien visionner des séries américaines sous-titrées en breton ?

Le débat sur le traité de Lisbonne a été quasiment absent des médias ; celui, connexe, à propos de la révision de l’article 2 de la Constitution a, a fortiori, été complètement passé sous silence. Il y a pourtant là des enjeux importants et l’apaisement apparent du débat sur les droits linguistiques ne doit pas signifier un endormissement des défenseurs d’une République une et indivisible, plus encore s’ils sont attachés à la préservation vivante et au renouvellement d’un patrimoine riche de ses particularismes locaux.

Revue Républicaine

[1] Tribune reproduite sous cet article et accessible sur le site de Ouest-France.

 

[2] Jacques Le Goff reprend dans son article, à l’appui de son propos, l’idée aussi répandue que fallacieuse selon laquelle les enfants scolarisés en immersion bretonnante dans les écoles Diwan affichent un niveau supérieur à la moyenne nationale dans la maîtrise du français et de l’anglais. Preuve que le breton le concurrence pas le français ? Sans doute pas dans la mesure où l’on sait bien que les enfants scolarisés dans ces établissements évoluent dans un cadre familial et intellectuel plus propice à la réussite scolaire que la moyenne des Français. Ceci expliquant cela...

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 6 mars 2008

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Pétition pour demander au président de la République, Nicolas Sarkozy, de respecter ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout-anglais

Monsieur le Président de la République,

Lors de la campagne électorale que vous avez faite au début de l'année 2007 afin de présenter aux Français le programme politique que vous appliqueriez au cas où vous seriez élu, vous vous êtes prononcé à plusieurs reprises pour la langue française, pour la francophonie et pour la lutte contre le tout anglais.
En cela, votre discours du 9 mars 2007 à Caen était exemplaire. Il a surpris très agréablement tous ceux qui depuis des années attendent impatiemment qu'au sommet de l'État, l'on prenne enfin conscience de l'importance vitale de mettre en place une politique linguistique de haut niveau à portée internationale, capable de contrer en la matière les politiques du British Council et de la CIA pour imposer l'anglais partout dans le monde.
Ainsi, les défenseurs de la langue française, et du plurilinguisme en général, ont cru voir en vous l'homme qu'il fallait pour relever le défi linguistique de demain face à l'uniformisation du monde par l'anglais.
Au soir du discours de Caen, nous avions dans la tête et dans le coeur vos phrases pleines d'espoir et de vie, des phrases comme :
« La France, c’est une langue, une langue qu’elle met à la disposition de tous les hommes. Le français disait Rivarol ce n’est plus la langue française, c’est la langue humaine ».
comme :
« Le français, c’est l’âme de la France, c’est son esprit, c’est sa culture, c’est sa pensée, c’est sa liberté. C’est le droit de penser autrement que selon la pensée dominante. La diversité linguistique, c’est la condition de la diversité culturelle et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La langue n’est pas une marchandise, la langue n’est pas une technique ».
comme :
« L’obsession d’une langue unique au prétexte de l’efficacité est un leurre qui masque les effets de domination de la pensée unique dont la langue unique est l’antichambre. Mais l’efficacité n’est même pas prouvée : la Renaissance où tout le monde s’est mis à penser et à écrire dans sa langue nationale fut plus féconde pour la pensée humaine que les longs siècles de domination exclusive du latin, comme si la créativité était bel et bien inséparable de la diversité ».
comme :
« Nous avons le devoir pour nos enfants, pour l’avenir de la civilisation mondiale, pour la défense d’une certaine idée de l’homme, de promouvoir la langue française ».
comme :
 « Si je suis élu, je mettrai la francophonie au rang des priorités diplomatiques de la France. Je renforcerai tout à la fois le dispositif de l’action culturelle de la France à l’étranger et l’aide à la création, parce que c’est par la création que le français rayonne ».
comme :
« Je veillerai à ce que dans les entreprises installées sur le territoire français la langue de travail soit le français dès lors qu’il n’y a aucune nécessité économique ou commerciale qui oblige à s’exprimer dans une autre langue ».
comme :
« Je me battrai pour que dans les instances européennes et à l’ONU le français continue d’être employé. Ce sera naturellement une obligation absolue pour tout représentant de la France dans des organisations internationales ».

Hélas, loin de ces belles phrases, force est de constater, que seulement quelques mois après l'exercice de votre mandat, entre votre discours de Caen et la réalité, un fossé s'est creusé, et qu'un gouffre même est en train d'apparaître.
Pour preuve, la très honorable Académie de la Carpette anglaise* -- qui décerne chaque année le Grand Prix de l'incivilité linguistique à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française --, a nommé cette année pas moins de 6 candidats issus des membres du Gouvernement.
La gagnante a été Christine Lagarde, ministre de l'Économie et des Finances coupable de communiquer en anglais avec ses services de Bercy.
Les autres récipiendaires ne sont pas en reste non plus :
Valérie Pécresse et Jean-Pierre Jouyet, respectivement ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et secrétaire d’État chargé des Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, coupables d'avoir fait la promotion du protocole de Londres dans un article commun (« Le brevet européen, maintenant ! »), publié en juillet 2007 dans Le Monde.
 Jean-Marie Bockel, secrétaire d'État à la Francophonie(!), coupable d'avoir célébré les futurs bienfaits du protocole de Londres dans un article publié en septembre 2007 dans Le Monde (« Ratifions le protocole de Londres ! »).
 Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale coupable de faire la promotion du bilinguisme en France (sous entendu bilinguisme français-anglais) en déclarant « Le Président m’a donné mission de faire de la France une nation bilingue », déclaration contraire avec la politique suivie, jusqu'à maintenant, favorisant le plurilinguisme et l’apprentissage de deux langues étrangères vivantes.
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication coupable d'avoir lancé une « réflexion » sur les synergies possibles entre TV5 Monde, France 24 et RFI (Radio France international), sans y avoir associé nos partenaires suisse, belge et canadien acteurs essentiels de TV 5 Monde.
Ajoutons aussi à cette liste des promus à la Carpette anglaise 2007, l'UMP Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, commissaire responsable du Transport, coupable d'avoir favorisé la mise en place d’une directive imposant dans le transport aérien, l'anglais à partir de mars 2008 dans toutes les communications aériennes même entre Français en France !

Bref, pourquoi, alors que vous dites dans tous les médias, que vous avez été élu pour appliquer le programme que vous avez présenté aux Français lors de votre campagne électorale, pourquoi en matière de langue française, de francophonie et de lutte contre le tout anglais, vous semblez avoir perdu la mémoire ?

Pourquoi tous ces ministres anglolâtres autour de vous, pourquoi de tels capitulards linguistiques aux commandes de notre pays ?

Cela dit, et forts de toutes ces constatations, permettez que nous vous demandions, nous, soussignés, par le biais de cette lettre-pétition, de bien vouloir réagir face à la déferlante du tout anglais qui nous assaille, de vous remémorer en cela votre discours de Caen et d'en faire une ligne de conduite pour vous et pour tous ceux que vous avez nommés ou nommerez pour gouverner la France durant votre quinquennat.
Afin d'empêcher l'anglicisation de notre société, il serait bon d'afficher partout dans tous les ministères comme dans toutes les classes de nos écoles, une note du style :
La langue française est, dans le contexte actuel de la mondialisation de l’économie, une arme de lutte contre l’uniformisation du monde par l’anglais. Entre communautarisme et mondialisme, entre tout ayatollah et tout Coca-Cola, elle est un juste milieu. Et si la liberté, c’est d’avoir le choix, alors, au nom de la liberté, la langue française doit, à son niveau, et avec d’autres langues, contribuer à ce qu’il y ait toujours le choix, dans la communication internationale, de pouvoir s’exprimer autrement qu’en anglais.

Nous vous demandons également, question de faire un peu de publicité pour la Francophonie institutionnelle, d'officialiser le drapeau francophone en décrétant qu'il soit mis systématiquement à côté du drapeau français chaque fois que le drapeau européen y est.

Dans l'attente et dans l'espoir de vous voir respecter vos engagements électoraux en matière de langue française, de francophonie et de lutte contre le tout anglais, pour l'honneur de la France et de la Francophonie, et pour le plus grand respect de la biodiversité linguistique du monde face au tout anglais uniformisateur, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre plus haute considération.


Régis Ravat
Président de l'A.FR.AV
(http://www.francophonie-avenir.com/)

par le Citoyen Thimèle publié dans : Langue française et Francophonie communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 6 mars 2008

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Par Gérard Filoche


C’est une bande organisée au plus haut niveau. Ils trafiquent de l’argent sale, selon leurs propres termes. Ils corrompent. Ils paient des salaires en liquide sans cotisation sociale. Ils se font des prêts à taux zéro, entre eux, illicites. Ils collectent des fonds secrets d’une double comptabilité des entreprises. Ils ont une caisse noire de 600 millions d’euros - certains anciens dirigeants de l’UIMM ont dit qu’elle avait atteint un milliard, qu’ils avaient fait « pareil » que DGS depuis des décennies. Ils sortent des valises de 26 à 32 kg d’argent liquide dont au moins 19 millions - prouvés - depuis l’an 2000. Ils ont même avoué que cela dure depuis bien plus longtemps et que cela porte sur des sommes plus importantes.

On n’a jamais eu un scandale aussi énorme.

La seule chose que DGS ait reconnue c’est que c’était une caisse antigrève - qui devait donc servir aussi à « fausser » la célèbre concurrence « libre ». Denis Gautier-Sauvagnac est toujours en poste comme délégué général de l’UIMM et reçoit 20 000 euros par mois pour faire ce racket et ce trafic d’influence jusqu’à sa retraite prévue en mai 2008 à ses 65 ans. Ils continuent : MM. De Calan, la secrétaire de DGS, et d’autres ont été mis en examen aussi.

Ils se concertent. Des fuites ont été publiées par « Le Parisien » du samedi 1er mars sur leurs réunions en ce sens de fin novembre dernier et de début décembre où ils ont négocié « l’omerta » avec le « parrain » comme dans un « QG » de la mafia.

Ils détruisent les preuves et sont inculpés pour cela, pourquoi ne les empêche-t-on pas ? (le petit trader, Kerviel, de la Société générale a été placé en préventive pour « empêcher qu’il se concerte avec d’éventuels complices » et qu’il « détruise des preuves »). Ils font entrave à la justice en se liguant préventivement contre ses enquêtes, en se prémunissant contre ses verdicts. Pour moins que cela, n’importe quelle bande de ce type serait sous les verrous.

Mme Parisot a reconnu il y a cinq mois qu’elle était « salie » et que « beaucoup savaient inconsciemment » ce « secret de famille honteux ». Elle ne s’est pas lavée depuis. Et c’est son organisation entière qui cautionne aujourd’hui tout cela. On apprend seulement aujourd’hui qu’en début décembre, secrètement, il y a trois mois, ils ont passé un pacte de complicité : DGS ne dira rien, et il lui sera attribué (officiellement) 1,5 million d’euros (combien de Smic ?), ainsi que tous ses frais fiscaux éventuels. Un Pactole pour le silence du « parrain », pour s’assurer de l’omerta. C’est Michel de Virville, successeur de DGS à la présidence de l’UNEDIC l’auteur du premier rapport, en 2004 pour démanteler le Code du travail, très proche de Laurence Parisot, qui a négocié et conclu le « contrat » avec DGS. Que faut-il de plus pour que la bande ne soit pas placée en préventive immédiate ?

Mme Parisot ose à la télévision, interrogée sur les 40 % d’augmentation des salaires des patrons annoncer qu’elle va « saisir la commission d’éthique » du Medef ? Il y a une éthique au Medef ? Et même une « commission d’éthique » ?

M. Sarkozy (qui connaissait le dossier depuis 2004 lorsque le Tracfin l’avait averti en tant que ministre de l’Intérieur, et qui n’avait rien fait alors) M. Fillon et Mme Dati, qui en appellent chaque jour à l’impunité zéro, sont-ils forts avec les faibles et faibles avec les forts ? Ou y a-t-il d’autres complicités plus élevées encore ? Le concurrent de Mme Parisot à la tête du Medef n’était-il pas Guillaume Sarkozy ?

 

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Social communauté : Les blogs républicains
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Lundi 3 mars 2008
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Le FLNC-Union des Combattants, l’un des principaux groupuscules terroristes en Corse, a menacé mercredi, dans un communiqué, de "représailles" les Français "étrangers aux intérêts vitaux de la terre Corse" qui se rendraient aux urnes lors des élections municipales. Cette menace qui vise explicitement des personnes à raison de leur origine n'a pourtant pas indigné le moins du monde les responsables politiques nationaux, de même que les antiracistes professionnels, d'habitude les premiers à s'indigner au moindre propos haineux à l'égard des "minorités visibles"... On s'indigne d'insultes racistes proférés à l'encontre d'un footballeur "noir", mais on se tait quand on menace physiquement des "Français". Deux poids, deux mesures.

Seul le président d'honneur du MRC, Jean-Pierre Chevènement, a tenu à réagir à ces propos, les qualifiant jeudi de "tout à fait inacceptable".
"Le FLNC est fidèle à lui-même, c'est-à-dire à l'ethnicisme qui est, je dirais, sa définition même. C'est le refus de la République et ce sont des pressions inadmissibles exercées sur nos concitoyens", a-t-il ajouté.

Ce dernier s'est lui aussi étonné "de l'absence de réaction des autorités qui, trop souvent, négocient en sous-main avec les indépendantistes corses et cultivent une ambiguïté regrettable".
par le Citoyen Thimèle publié dans : Elections 2008 communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 2 mars 2008
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A l'occasion des municipales, éternelle période de vie politique locale de forte intensité, l'idée m'est venu de décliner "L'Action Républicaine" sur un plan local, en l'occurence pour moi le Nord, et plus particulièrement la région lilloise. Dans le même esprit, il sera informatif et militant, intransigeant et insoumis. Dédié d'abord aux citoyens du Nord et du Pas-de-Calais, sa dimension n'en sera pas moins nationale. A découvrir à cette adresse :

http://lenordrepublicain.wordpress.com/



par le Citoyen Thimèle publié dans : L'ESPRIT REPUBLICAIN
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Dimanche 2 mars 2008
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Parmi les parlementaires qui ont trahi la volonté des français exprimée le 29 mai 2005, lors des votes en chambres (16 et 29 janvier) et en Congrès (4 février) portant sur la révision constitutionnelle puis sur le Traité de Lisbonne lui-même (7 et 8 février), se trouvent certains qui s'étaient pourtant engagés solennellement (!), au travers de pétitions (celle du collectif du 29 mai et celle du CNR), à mener le combat pour le respect du vote du 29 mai 2005, et pour un référendum... Mieux qu'une atteinte à la démocratie, certains ont même été plus loin, en manquant à leur honneur, bafouant une parole donnée des plus explicites. C'est une nouvelle perfidie que nous révèle Kelly-Eric Guillon.

Et c'est à voir ici

(à lire en Word)
par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Samedi 1 mars 2008

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Par Claude Nicolet, Secrétaire national du MRC aux Relations Internationales

« Vers une grande stratégie pour un monde incertain ». C’est sous ce titre que cinq anciens responsables militaires occidentaux ont rédigé un rapport de 150 pages. Les recommandations et perspectives qu’il contient devraient être examinées au prochain sommet de l’OTAN en avril prochain à Bucarest.

Ce document doit être considéré avec beaucoup de sérieux et d’attention. Tout d’abord parce qu’il n’est pas rédigé par n’importe qui. Le général américain John SHAlIKASVILI ancien commandant en chef de l’OTAN en Europe, le maréchal britannique Lord Peter INGE, le général allemand Klaus NAUMANN ancien président du comité militaire de l’OTAN, le général néerlandais Henk van den BREEMEN, l’amiral français Jacques LANXADE ancien chef d’état major de l’armée française.

Autrement dit des militaires confirmés ayant exercés des responsabilités aux plus hauts niveaux de la hiérarchie des forces armées de leur pays. Mais ce qu’il y a de passionnant et surtout d’effrayant dans ce document c’est en réalité ce qu’il révèle de la vision et de la perception du monde de ces hommes. Ils font un certain nombre de constats qui servent d’appui à leur raisonnement

-  Le changement climatique conditionnera des bouleversements sociaux gigantesques notamment liés aux transferts de populations.

-  Développement du terrorisme international, du crime organisé et de la prolifération des armes de destruction massive.

-  Affaiblissement des Etats nations et des organisations internationales comme l’ONU, l’OTAN et l’Union Européenne.

-  La monté des fanatismes religieux.

Afin de pouvoir faire face à ces nouvelles menaces « asymétriques », ils proposent un « sursaut stratégique » qui envisage l’utilisation préventive de l’arme nucléaire « en premier », même s’il est dit qu’elle doit être un « instrument ultime ». Une pareille annonce, à un tel niveau est un évènement majeur. Pourquoi ? Parce qu’il veut affirmer la fin de la doctrine classique de la dissuasion nucléaire même si la France y reste officiellement attachée (avec la notion d’ultime avertissement) ainsi que la Russie qui vient de la réaffirmer par une déclaration du chef d’état major général des forces armées russes, le général Iouri BALOUÏEVSKI. Mais la Russie n’a pas été associée à cette réflexion (elle n’est pas membre de l’OTAN tandis que la France met tout en œuvre pour rejoindre le commandement intégré de l’Alliance).

L’arme nucléaire de fait n’est plus une arme à part. Elle est simplement la dernière dans une gamme d’armement qui va de la baïonnette à la bombe atomique. Elle quitte son statut d’arme essentiellement politique. Il s’agit là d’une révolution copernicienne. Révolution rendue nécessaire selon les auteurs pour faire face à la multiplicité des nouvelles menaces. Menaces qui seraient d’un niveau de dangerosité supérieur à ce que furent les menaces de la guerre froide. Mais quel est donc le nouveau bloc soviétique sur armé qui nous tient en joue et nous maintient dans la terreur ? Le Terrorisme international, la dissémination et la prolifération nucléaire, le fondamentalisme religieux.

Ce texte contient surtout un véritable projet d’organisation politique et de vision du monde qui s’articule parfaitement avec l’idéologie dominante et les projets actuellement à l’œuvre pour nous imposer ce modèle et son fonctionnement politique.

L’Occident serait assiégé et affaibli de l’intérieur et de l’extérieur. De l’intérieur par la disparition de la volonté de défendre ses valeurs et le règne du relativisme. Par le manque de volonté politique de la part de certains européens (notamment l’Allemagne encore gênée par son histoire du siècle dernier) de s’investir plus avant dans le fonctionnement de l’OTAN qui manquerait de relais et de volonté politiques. A ce titre l’Union Européenne doit cesser de jouer les empêcheurs de tourner en rond et accélérer son rapprochement avec l’OTAN pour en devenir en fait le bras politique qui manque si cruellement à l’Alliance Atlantique. On voit bien le dessin qui se profile à plus ou moins long terme d’une « fusion » institutionnelle de l’Union Européenne et de l’OTAN. Les avantages politiques seraient énormes pour les tenants de cette vision du monde et de l’ordre dominant. Une organisation politique multilatérale dotée de la personnalité juridique et morale (Traité de Lisbonne) avec son organisation militaire. Les choses peuvent aussi se lire en sens inverse : Une organisation militaire sous domination des États Unis d’Amérique organiquement reliée à un pouvoir politique que l’on peut activer autant que de besoin en fonction de ses propres intérêts. Nous sommes là clairement dans la déconnection du pouvoir politique d’avec la légitimité fondé sur la souveraineté des peuples. Ce qu’illustre parfaitement ce qui est prévu en termes de modalité pratiques de ce « directoire ».

Cet attelage serait donc composé des États Unis d’Amérique, de l’Union Européenne et de l’OTAN qui composeraient un « directoire » occidental. Quelques règles de fonctionnement pour plus d’efficacité et qui viendraient officialiser des pratiques en réalité déjà en cours :

-  La fin du vote majoritaire par la recherche permanente du consensus ce qui entraine la fin du droit de véto. On remarquera ici encore que le même mécanisme sera mis en œuvre au sein des Institutions Européennes avec le Traité de Lisbonne, qui prévoit par ailleurs que la défense des pays membres doit être compatible avec l’OTAN.

-  L’usage de la force peut être requis sans autorisation de l’ONU « si un grand nombre de vie sont en danger », ce qui est une notion très élastique voire floue (je ne suis pas sûr qu’à cette aune là, 50 citoyens d’Afghanistan valent 50 citoyens des États Unis d’Amérique), d’ordre plutôt moral que politique et stratégique. L’OTAN n’avait pas fait autre chose en Serbie en déclenchant une campagne de bombardements aériens. En reconnaissant l’indépendance du Kosovo l’Union Européenne fera un choix politique crucial en participant de manière totalement illégale au dépeçage d’un Etat aux frontières internationalement reconnues et membre de l’ONU. Par ailleurs on se souvient encore du déclenchement de la guerre en Irak par les États Unis d’Amérique sans l’aval de l’ONU et qui a fait des centaines de milliers de morts. A ce titre, pourrait-on envisager que l’OTAN bombardât Washington étant donné qu’en Irak « un grand nombre de vie sont en danger » ?

En réalité de quoi s’agit-il ?

De faire de l’Occident une espèce de nouvelle Sparte. En perspective de la création, de l’organisation et de la défense d’un « Empire Occidental » porteur des valeurs de civilisation, de moral, de progrès et de rationalité. Cette définition englobera le Japon, l’Australie, le Canada et Israël. Une partie de l’Amérique du Sud peut éventuellement y prétendre. En revanche la Russie qui se redresse et veut réaffirmer son poids sur la scène mondiale redeviendra un adversaire mais dans un schéma de rivalité plus classique. Le reste du monde n’est qu’un océan informe de violence, de barbarie et de fanatisme. Univers dans lequel l’Islam (parce que c’est bien de cela dont il s’agit) en tant que tel ne peut que se développer et s’ériger en leader anti occidental. Or comme il est fort peu probable (si tant est que nous le désirions) que nous réussissions à faire baisser les tensions internationales, il ne faut plus hésiter à envisager une solution extrême : la disparition pure et simple de ce que l’on considère comme étant un problème par le feu nucléaire. Un tel raisonnement s’appuie sur des réalités idéologiques et sur des pratiques. La guerre devient un « mode de gestion » et un horizon normal, comme un autre de la politique étrangère des « démocraties ».

Certes on objectera la possibilité de l’utilisation d’armes de destruction massive par des groupes terroristes ou des « États voyous ». C’est une réalité qu’il faut prendre en compte très sérieusement.

Ceci étant, cela n’exclue pas une analyse sérieuse de ces notions qui nous viennent tout droit de la boite à outil idéologique de l’administration Bush.

Mais dans les cas de groupes terroristes déterritorialisés qui va-t-on vitrifier de « façon préventive » ? Pour liquider AL Qaïda ou les talibans faut-il rayer de la carte l’Afghanistan ou le Pakistan ? Puis viendra le tour de l’Iran ou de la Syrie ? La tentation exterminatrice est belle et bien là, mue par la peur face aux résultats de politiques folles et criminelles qui sont menées et dont l’Occident porte une part de responsabilité non négligeable. Cette incapacité à envisager que les politiques menées peuvent avoir des conséquences désastreuses laisse pantois.

L’islam compris comme une totalité ne veut rien dire, « le monde musulman » n’a aucune réalité envisagée de façon totalisante. Nous sommes ici en peine manipulation. Les États en revanche sont des réalités, portent des politiques compréhensibles ce qui ne veut pas dire acceptables. Mais est-ce que la politique de Monsieur Bush est acceptable ? L’Iran veut la bombe atomique ? Pourquoi ? Pour rayer Israël de la carte ? Le premier de ses missiles n’aura pas décollé que l’Iran n’existera déjà plus et avec lui 70 millions d’Iraniens. Et l’Iran le sait.

Pousser ce genre de raisonnement à son terme, c’est accepter d’assassiner des centaines de millions d’hommes et de femmes de façon « préventives » au nom de la « civilisation ».

Ni l’Iran, ni la Syrie ne sont assez fous pour risquer de disparaître dans un « holocauste nucléaire » comme l’a dit Nicolas SARKOZY. Les auteurs du rapport insistent sur le fait qu’aujourd’hui « face aux défis du monde globalisé, aucun pays, aucune organisation, ne peut espérer l’emporter seul ». Mais l’emporter sur quoi, sur qui et au nom de quoi ? Il ne faut pas être grand clair pour constater qu’il s’agit en fait d’élargir la base de la puissance politique et militaire des Etats Unis d’Amérique et de servir de supplétifs à ce projet en espérant être un peu dans la lumière de l’exercice du pouvoir de l’Empire mondial. De lui donner plus de moyens, plus de profondeur géographique et stratégique face à des enjeux en perpétuel mouvement. Il faut aussi plus prosaïquement partager le poids financier de ce que cela représente. Car les États Unis d’Amérique mesurent également chaque jour leur incapacité militaire et politique à régenter seuls le monde. Leurs analyses et postulats de bases dans le domaine international étant faux, leurs perceptions du monde étant basé sur des projections idéologiques totalement déconnectées de la réalité, leur outil militaire s’avère incapable de répondre à la situation sur le terrain puisqu’il n’est pas formaté pour des missions de nature politique. Pour être caricatural, il n’y a pas adéquation entre l’offre et la demande, le résultat ne peut donc être que catastrophique.

Mais c’est aussi la poursuite de la dé légitimation et de la destruction de l’ONU. Ce qui entre en parfaite contraction avec le regret de constater de l’affaiblissement des États Nations. Derrière cela c’est la remise en cause du fonctionnement de cette instance considérée comme étant de plus en plus inutile, inopérante, inefficace et politiquement gênante, notamment son Assemblée Générale. N’oublions pas que deux membres permanents du Conseil de Sécurité (les États Unis et la Grande Bretagne, par ailleurs détenteurs de l’arme nucléaire) se sont engagés illégalement dans la guerre en Irak. En fait c’est la notion même de droit international qui est remise en cause. Ce fonctionnement exaspère de plus en plus certaines puissances occidentales qui aimeraient bien pouvoir s’en affranchir (ce qu’elles font de plus en plus : Abou Graïb, Guantanamo, tortures, vols secrets de la CIA, prisons secrètes israéliennes...°) Bien sûr ces pratiques sont malheureusement fréquentes dans de nombreuses dictatures et il ne faut pas s’en accommoder. Mais ce qui fait la différence dans le cas présent, c’est que les pays porteurs de ce mouvement se disent tous des démocraties exemplaires et que c’est justement au nom de ces valeurs démocratiques qu’il faut utiliser l’arme nucléaire de façon préventive et remettre en cause certaines règles essentielles de la démocratie. Tout cela porte la marque de l’échec. A quoi ont aboutit les guerres préventives ? 1967 la guerre des Six Jours ? Ou en est-on ?

2003 : invasion de l’Irak ? Ou en est-on ?

Bien sûr si on utilise l’arme nucléaire, que plus rien ne subsiste, il n’y aura plus de problème. Cela veut dire qu’il faut penser dès à présent à se débarrasser de tout ce qui n’est pas occidental. Parce que ni l’Inde, ni la Chine n’ont à long terme vocation à plier le genou devant de pareilles « valeurs ».

Il me semble que la coopération entre États, entre nations est quelques choses qui existent. Qu’il n’est pas interdit de discuter avec celles et ceux qui veulent discuter. Qu’il faut sortir de ces logiques d’enfermement dans lesquelles nous nous piégeons nous même en refusant de parler à tel ou tel. En érigeant des listes noires sans cesse plus longues qui nous évitent d’aborder la réalité des problèmes. Les Palestiniens qui ont voté pour le Hamas n’ont pas voté pour la destruction d’Israël, tout le monde le sait. Ils ont voté d’abord parce que « la communauté internationale » le leur a demandé, ensuite parce qu’ils veulent vivre dignement et faire valoir les droits politiques et historiques légitimes qui sont les leurs, tout simplement. Est-ce si difficile à comprendre ?

La vraie faiblesse, la vraie peur, est de refuser de regarder la réalité en face et de dialoguer avec ceux qui composent la réalité du monde tel qu’il est, et dont nous ne sommes qu’une partie. Il ne fallait pas parler à ARAFAT, on a crée et on a eu le Hamas, il ne faut pas parler avec le Hamas, avec le Hezbollah ? On aura Al Qaïda. Et après ? Une bombe thermo nucléaire ?

Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est retrouver cette capacité de s’adresser aux peuples, d’oser leur parler, de les considérer comme nos égaux, de lancer cette grande alliance des peuples plutôt que celle de l’Atlantique Nord, contre l’idéologie dominante du libéralisme financier qui gangrène l’idée même de démocratie. Sinon l’Occident ne pourra résister au ressentiment et à la vengeance de la misère du monde. Il ne fera que la retarder ou liquider 3 à 4 milliards d’individus.

Comment ne pas s’alarmer de cette multiplication des violations des droits les plus élémentaires par les démocraties elles mêmes : emprisonnements arbitraires, dissimulations, tortures, entreprises militaires illégales, non respect du vote des peuples...

Dans de telles conditions il ne faut pas s’étonner de voir des pans entiers de l’Afrique par exemple, se tourner vers la Chine ou l’Inde. Le mépris, l’arrogance et la violence occidentale, elle a déjà donné.

MRC
par le Citoyen Thimèle publié dans :