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Mercredi 28 mai 2008

Par Anne-Marie Le Pourhiet

Par décret du 9 avril 2008, le président de la République a désigné le comité présidé par Simone Veil, chargé de réviser le préambule de la Constitution française où sont consacrés la philosophie politique de la France ainsi que les droits et libertés des citoyens. Trois mois s'étant écoulés depuis l'annonce faite le 8 janvier, et le président ayant depuis judicieusement rappelé qu'il n'avait pas été élu pour désigner des comités, on s'était pris à espérer qu'il renonce à son inquiétant projet. Il n'en a rien été.

C'est pour ancrer la Ve République dans la tradition républicaine, et rassurer ceux qui redoutaient une dérive bonapartiste du régime, que la loi constitutionnelle du 3 juin 1958 avait imposé au gouvernement du général de Gaulle de garantir dans la nouvelle Constitution les droits essentiels consacrés par la déclaration libérale de 1789 et le préambule social de 1946.

La cohabitation n'a pas toujours été facile entre ces deux philosophies puisque le libéralisme impose à l'État de se cantonner dans des fonctions régaliennes (État gendarme) tandis que le socialisme l'invite au contraire à fournir prestations et réglementations (État providence). Toutefois, les textes de 1789 et de 1946 ont en commun un élément essentiel qui assure leur cohérence : l'universalisme, qui ne veut rien voir entre le citoyen libre et la nation souveraine. La consécration de l'autodétermination d'un homme doué de conscience et de raison, libéré de toute chaîne ou appartenance héréditaire, coutumière, ethnique, religieuse ou linguistique est la caractéristique majeure de la tradition républicaine et donc de notre «identité constitutionnelle», pour reprendre l'expression du Conseil constitutionnel. L'égalité de tous les citoyens devant la loi, le refus des groupes, catégories ou corporations, l'abolition des privilèges et la promotion du seul mérite constituent, depuis la Révolution, le socle intangible de nos valeurs.

Or la lettre de mission adressée par le président Sarkozy à Mme Veil, malgré ses précautions de langage, promet clairement une remise en cause de celles-ci. Il ne suffit pas, en effet, d'affirmer que la révision projetée ne saurait «modifier ou affaiblir» les textes de 1789 et de 1946 et qu'il s'agirait seulement d'inscrire dans le préambule «des droits et principes fondamentaux nouveaux». Les juristes savent bien que beaucoup de «droits nouveaux» issus du multiculturalisme ou du féminisme ne s'ajoutent pas simplement aux droits de l'homme traditionnels mais les contrarient au point de les détruire. Lorsque Marcel Gauchet affirme : «Un nouvel homme des droits de l'homme est né qui n'a plus rien à voir avec son ancêtre de 1789», il constate simplement que les nouveaux droits aujourd'hui revendiqués ou consacrés dénaturent les libertés fondamentales de la première génération.

Introduire la parité et la diversité dans le préambule revient à saper le principe d'égalité de tous devant la loi et à consacrer des assignations à identité sexuelle, ethnique, linguistique ou religieuse que le Conseil constitutionnel a toujours refusées au nom de l'universalisme révolutionnaire. C'est aussi remettre en cause la méritocratie républicaine que d'introduire des discriminations positives, c'est-à-dire des passe-droits ethniques et sexuels, qui constituent autant de privilèges, au sens étymologique de lois privées, en opposition avec la res publica. Ne nous y trompons pas, c'est la philosophie réactionnaire de Joseph de Maistre, illustrée par son fameux «J'ai vu des Français, des Italiens, des Russes mais quant à l'homme je déclare ne jamais l'avoir vu de ma vie», qui est de retour et que l'on a clairement entendue dans le discours de Dakar qui ne voulait voir, lui aussi, que «l'homme africain». La remise en cause de la laïcité n'est sans doute pas expressément au programme du comité Veil, mais on devine bien qu'elle rôdera alentour sous couvert de «diversité religieuse» ou de «dignité des croyants», et l'on sait aussi que les militants des langues et «préférences» régionales ont déjà préparé leurs amendements ethnocentriques.

La dignité constitue aujourd'hui la menace la plus directe contre la philosophie des Lumières et l'idée républicaine, l'arme fatale contre nos libertés. Ériger cette notion philosophique et morale, éminemment subjective et relative, en norme juridique est une folie. On voit déjà depuis plusieurs années que c'est au nom de la dignité des individus et des groupes que des militants narcissiques et hystériques ont obtenu la multiplication des incriminations pénales de harcèlement moral et sexuel, de discriminations et propos sexistes, homophobes, handiphobes, etc., aboutissant à un arsenal répressif menaçant notamment les libertés d'expression et de la presse. C'est encore au nom de la dignité humaine qu'est revendiquée une euthanasie «très active», et ce n'est pas non plus un hasard si les décisions juridictionnelles récentes les plus intellectuellement indigentes et tirées par les cheveux ont été rendues sur le fondement de cette notion fourre-tout et galvaudée.

Prenons garde à ce que l'on ne nous remplace subrepticement la devise «Liberté, Égalité, Fraternité» par la trilogie «dignité, diversité, parité» et que l'emblème «bleu, blanc, rouge» ne vire subitement au «black, blanc, beur». Le seul texte constitutionnel français à avoir jusqu'à présent mentionné expressément la «dignité de la personne humaine» et reconnu les «droits des communautés» est le projet de Constitution du maréchal Pétain. C'est à méditer.

Dans ses vœux à Jacques Chirac, en janvier 2006, Pierre Mazeaud indiquait que «l'inconstance institutionnelle porte l'empreinte du sous- développement». C'est exact et il est certain que le remplissage droit-de-l'hommiste ne saurait tenir lieu de philosophie politique. Et puisque nous avons emprunté notre principe «gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple» à Abraham Lincoln, il conviendrait enfin de rappeler au président de la République française que si c'est le «peuple constituant» qui s'est effectivement référé en 1958 aux principes de 1789 et de 1946, c'est encore à ce même peuple qu'il conviendrait de proposer, cinquante ans plus tard, de les modifier. On ne change pas le contrat social d'une nation sans son consentement exprès et direct.

Le Figaro
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Mercredi 28 mai 2008
Le mouvement social et la prise de conscience populaire et républicaine grandissent

Par Claude Beaulieu

Péremptoire, Nicolas Sarkozy a déclaré un jour : « certains en France m’appellent Sarkozy l’Américain. J’en suis fier ». Et en effet depuis son élection, sa politique relève d’un atlantisme sans rivage, d’un alignement sur George W Bush dans le domaine des affaires étrangères et de l’adoption en matière de politique économique et antisociale, de la vision des néolibéraux états-uniens les plus réactionnaires. « Sarkozy l’Américain » est donc bien une appellation contrôlée.

Les Résistants de l’Affiche rouge et tout particulièrement Missak Manouchian, dont le Comité Valmy souhaite le transfert des cendres au Panthéon, ont montré que dans le peuple et la classe ouvrière, l’on pouvait être issu d’une immigration récente et cependant aimer, défendre la France, se battre et même mourir pour sa liberté. Il est manifeste que dans les milieux bourgeois de l’immigration et qui ont pu côtoyer le capital financier, il n’est pas vraiment nécessaire d’apprécier son pays d’accueil et de lui être fidèle, pour être conduit à sa présidence.

L’appareil souterrain de l’oligarchie euro- atlantiste et occidentaliste qui a assuré le tri et la promotion des deux principales candidatures pour la dernière élection présidentielle, ne parait pas en effet, avoir sélectionné Nicolas Sarkozy – ni même d’ailleurs Ségolène Royal, son « faire-valoir » social libérale et chantre de l’Europe fédérale des länder – pour leur commune volonté de défendre la souveraineté populaire et l’indépendance nationale ou encore pour leurs fortes préoccupations républicaines, démocratiques et sociales.

L’oligarchie avait au contraire seulement besoin d’une sorte de Président « Canada Dry » afin d’intégrer à marche forcée la France vassalisée et son peuple sous narcose et manipulation politico- médiatique, dans un empire transatlantique euro-états-unien, prochaine étape pour les partisans dogmatiques d’une Europe supranationale qui s’oriente dangereusement vers le soutien à la politique américaine de guerre tout en s’enlisant toujours davantage dans la barbarie du capitalisme néolibéral.

Envoi de nouveaux supplétifs aux couleurs de la France en Afghanistan, réintégration de l’organisation militaire intégrée de l’Otan, création d’une base militaire française à Abou Dhabi, appui à la mise en place belliciste en Europe par les dirigeants américains, d’un bouclier anti-missiles dans le cadre d’un encerclement militaire américain de la Russie et de l’Iran mais aussi d’une hostilité stratégique fondamentale envers la Chine... Sur toutes ces questions comme sur d’autre Sarkozy provocateur et aventuriste se place en position hostile envers les pays concernés, en appliquant pleinement solidaire, une politique élaborée et décidée à Washington et contraire à l’intérêt national du peuple de France et des autres peuples du monde.

Selon Emmanuel Todd, " le renforcement des troupes françaises en Afghanistan est une erreur diplomatique et stratégique, et dessine les contours d’une idéologie extrême droitière à l’échelle mondiale". Le Comité Valmy affirme depuis longtemps que la marche forcée vers l’Europe fédérale est un processus euro-atlantique totalitaire, lié à la stratégie de guerre des dirigeants des États-Unis qui essaient de pérenniser leur domination sur le monde. Nous partageons la constatation d’Emmanuel Todd selon laquelle l’Occidentalisme qui se met en place "dessine le contours d’une idéologie extrême droitière à l’échelle mondiale".

" Non seulement le retour de la France dans l’Otan ne correspond pas aux intérêts de notre pays, mais je crois aussi que c’est dangereux" a déclaré Dominique de Villepin, ancien premier ministre et intermittent du gaullisme. Nous perdrions des marges de manœuvre, des marges d’indépendance" et "une possibilité d’agir seul, sans être embrigadé dans un ensemble" a-t-il dit en précisant que l’Otan est une "organisation sous contrôle américain."

En même temps qu’il prépare la réintégration de l’Otan Sarkozy relance le projet de communauté Européenne de Défense, mise en échec dans les années cinquante, essentiellement par les refus convergents des gaullistes et des communistes et leur alliance objective sur ce dossier. Aujourd’hui il contribue consciemment à la mise en place d’un front occidentaliste contre le monde musulman, la Chine et la Russie, dangereux pour tous les peuples de la planète qui subiraient solidairement les effets de la nouvelle guerre mondiale qui menace. Ses prises de position anti-laïques, son soutien à une conception chrétienne de l’Europe, son comportement notamment au Liban, au Moyen Orient et en Afghanistan, comme son sionisme inconditionnel, le font souvent apparaître comme un partisan au moins relatif du choc des civilisations que souhaitent et organisent ses suzerains américains ainsi que leurs alliés objectifs chez les intégristes musulmans.

Le discours extrêmement belliciste de Georges W Bush devant la Knesset en Israël paraît confirmer les signaux en provenance de Washington qui incitent à penser que son administration n’a pas renoncé à attaquer l’Iran et préparerait une opération ciblée qui pourrait utiliser des armes nucléaires tactiques. Cette nouvelle guerre américaine ne manquerait pas de provoquer des réactions en chaine et serait catastrophique. L’hypothèse de cette crise majeure ne fait pas l’unanimité aux États-Unis et se heurte à l’hostilité de la Russie, de la Chine et d’autres pays.

La volonté américaine d’agression et de guerre qui doit être endiguée, n’est pas pour rien dans le renforcement de l’Organisation de Coopération de Shanghai à laquelle l’Inde demande maintenant, la transformation de son statut d’observateur en adhésion à part entière. Selon le Comité Valmy, l’intérêt de la France serait d’œuvrer pour un dialogue des civilisations et d’avoir des relations de concertation avec l’OCS, dans le but de promouvoir la paix mondiale et de favoriser un monde multipolaire.

Bien au contraire, les déclarations de Nicolas Sarkozy vont dans le même sens que celle de G W Busch et il est très probable qu’il chercherait à entraîner la France dans le cataclysme si celui-ci parvenait à mettre en pratique sa volonté mystique de guerre. Bush et Sarkozy entendent travailler de concert à un objectif commun : la domination globale politique, militaire et idéologique d’un grand empire d’Occident sur un monde asservi.

Les partisans professionnels de l’Europe supranationale, ultra libérale et atlantiste, qui partagent les séquelles du pouvoir national - lequel n’est plus pour eux qu’un pouvoir de nuisance - ont choisi, pour recevoir les prébendes récompensant leur œuvre persévérante de destructeurs de la nation, de la République et des acquis sociaux, soit le canal la droite actuellement gouvernementale soit celui du social libéralisme et leurs satellites respectifs. Ils maîtrisent en commun l’ensemble des médias qu’ils ont transformé en appareil de propagande et de conditionnement politico-médiatique des masses qui efficacement et en permanence, fabrique une opinion qu’il manipule en violant les consciences.

Mais ce lavage obsessionnel des cerveaux que subissent les masses populaires, peut s’avérer insuffisant car malgré l’autosatisfaction de Fillon, convaincu d’avoir imposé avec Sarkozy une Révolution culturelle, le peuple français dont la prise de conscience progresse en réalité, est déjà entré en résistance, face à la volonté et la pratique de démantèlement des acquis économiques, sociaux et démocratiques, imposés à la Libération et issus du programme du CNR. Bertrand Renouvin, ce monarchiste avec lequel le républicain que je suis partage bien des analyses estime "qu’une répression sanglante d’une révolte de grande ampleur ne saurait être exclue."

Le Comité Valmy partage cette préoccupation. Les conditions objectives appelant une révolte populaire tendent à se généraliser. Dans un délai actuellement imprévisible, la démocratie étant toujours plus bafouée et la souveraineté populaire rejetée, elle pourra s’avérer inévitable et impérative, probablement spontanée . Le moment n’est peut-être pas si loin où selon l’image d’un révolutionnaire chinois : "une étincelle peut mettre le feu à la plaine".

Par contre et comme ce fut le cas lors de l’expérience héroïque de la Commune, les conditions subjectives pouvant la rendre victorieuse sont faibles en particulier, l’organisation du peuple, bien que des réseaux républicains, patriotiques, progressistes et anti-impérialistes existent et cherchent à se regrouper et à organise un front commun.

La trahison de la plupart des dirigeants socialistes fanatiquement fédéralistes et honteusement ralliés à l’idéologie ultra libérale ; la perte de repère des principaux dirigeants communistes et d’une partie de ceux de la CGT ; l’incompréhension dogmatique ou téléguidée de la majorité des trotskystes et autres altermondialistes, du rôle moderne d’un Etat s’il est mis au service du peuple-nation, comme socle de la souveraineté populaire et du combat économique, social, politique et anti-impérialiste ; les succès objectifs de la guerre idéologique menée conjointement par l’appareil euro-atlantiste de l’UMPS, indirectement soutenu par certains idéologues altermondialistes au nom d’un internationalisme dévoyé...tels sont les principaux obstacles que devra surmonter le peuple de France dans son combat de reconquête.

Il est urgent pour lui de s’unir et se préparer, d’organiser la Résistance et de réactualiser le programme du CNR. Le principe de la République, affirme la Constitution est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

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Dimanche 25 mai 2008

Jeudi dernier, dans le cadre de la « révision constitutionnelle », les députés ont voté à la quasi unanimité un amendement à l'article premier de notre Constitution, précisant que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la Nation ».

Les langues régionales font évidemment partie du patrimoine de la Nation. Mais leur inscription dans la Constitution ne relève pas d’une intention de pure bonté désintéressée. Il relève d'une stratégie visant à remettre en cause cet élément fondamental de cohésion nationale qu'est la prédominance exclusive de la langue française dans la vie publique. Si cette intrusion des langues régionales dans la Constitution est confirmée, il s'agirait là d'un rude coup porté à l'unité de la République, déjà mise à mal par une décentralisation ratée, par les communautarismes de tout ordre et par la déliquescence du lien social.


Les langues régionales reconnues - au nombre de 77 pour la métropole et l'outre-mer - pourront ainsi être évidemment aidées, soutenues et enseignées dans les écoles, collèges et lycées publics, le tout au détriment du français. Mais ce n'est pas tout. De l'avis de plusieurs professeurs de droit constitutionnel, cette intrusion dans la Constitution de cet amendement pourra servir de base légale - et ainsi mettre à mal les dernières résistances - à la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. Cette Charte, signée par la France en 1998, n'avait jamais été ratifiée, Jacques Chirac ayant toujours refusé de réviser la Constitution à cet effet. Celui qui l’a succédé à l’Elysée, Nicolas Sarkozy, avait promis durant la campagne, contrairement à Ségolène Royal et François Bayrou, de rester sur cette position raisonnable. Hélas, son silence consentant depuis jeudi ne laisse rien présager de bon.

Si cette Charte, soutenue par l'Europe de Bruxelles, est tant controversée, c'est qu'elle porte un projet de société en totale contradiction avec les valeurs républicaines hérités de la Révolution, proclamant l'égalité absolue de tous les citoyens devant la loi, quelque soit leurs origines, et le refus de tout différentialisme ethnique et régional.

Cette Charte oblige en effet les Etats qui l'ont ratifiés à donner, pour les « minorités » considérées, le droit à utiliser leur « langue minoritaire » dans leurs relations avec l'administration et l'Etat. En clair, elle prévoit la possibilité pour tout citoyen de présenter devant l'administration, et d'exiger d'elle, des documents rédigés dans une langue régionale (alsacien, breton, basque, corse, etc.). On imagine aisément les dérives d'un tel système, et jusqu'à quelles folies l'ouverture d'une telle boîte de Pandore pourrait nous mener. En y adhérant, il en sera fini de la Nation française. Il en sera fini de notre idéal républicain laïque, proclamant que, pour vivre ensemble, ce qui nous unit doit prédominer sur ce qui nous différencie… En lieu et place, nous ne trouverons plus qu'une mosaïque de minorités, chacune parlant sa langue ou son dialecte dans son coin, en se refermant sur elle-même. De la France des citoyens, nous passerons à la France des ethnies. De la France unie, nous passerons à une France en proie aux séparatismes.

Liban, Irak, Rwanda, etc. Le communautarisme ne fait donc apparemment pas assez de dégâts dans le monde. Certains ont décidé qu’il était temps de mettre les Français à contribution.  Est-ce donc cela la modernité ? Est-ce donc cela la liberté ? Est-ce donc cela que veulent ces prétendus députés progressistes, cherchant à en finir avec cette « horrible » et « liberticide » République jacobine ?

 

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Mercredi 21 mai 2008

Les gouvernants et ses directions semblent prendre conscience qu’effectivement il y a une discrimination qui concerne 10 catégories d’enfants de « Morts pour la France de 39/45 » sur 12, qui existe depuis 2000 avec un renforcement en 2004 (créée d’ailleurs par ces mêmes gouvernants et/ou leurs frères et sœurs de l’autre bord).

Ce qui était évident depuis 2000, à tout électeur de base, encarté ou non politique, a dû être « imposé », par un combat sans relâche, avec de très faibles moyens, par les « Pupilles de la Nation de 39/45 », discriminés, à des gouvernants, réputés être les garants-en-chef des valeurs républicaines (et donc les défenseurs et non les pourfendeurs).

 

Cela a été long….

Mais quelque chose semble bouger !

Qu’en sortira-t-il :

  • une nouvelle discrimination (6 000 dossiers sur les quelques 120 000) la troisième du genre
  • ou enfin la reconnaissance, à l’identique, de tous les « Pupilles de la Nation de 39/45 »

La réponse définitive et ultime dans quelques mois !

 

Il est vrai qu’au rythme où vont les dérives actuelles, dérives relatives aux atteintes aux valeurs de la République (chaque semaine semble nous en présenter de nouvelles et il n’y en a que quels que 9 depuis Janvier 2008), il devient urgent de redorer une partie du blason Présidentiel, fusse la partie « mémorielle ».

 

Que l’on ne s’y trompe pas, les anciens combattants de 39/45 se raréfient.

Seuls les « Pupilles de la Nation  de 39/45 » peuvent prendre le relais et qu’elle mémoire peuvent transmettre des gens qui constatent que le sacrifice de leur parent est discriminé au travers de leur propre non-reconnaissance égalitaire.

Nous ne pourrons transmettre que l’abandon scandaleux et déshonorant dont nous faisons l’objet !

 

Voir plus en détail sur :

www.pupilles-homega.org / actualités des Pupilles / 10-05-2008 : la sortie de la discrimination des « pupilles » est-elle en vue ?

Voir par la même occasion, nos cinq années de combat…. qui y sont relatées.

 

Nous faisons par ailleurs l’objet d ‘une « censure » sur un forum (décidée par France2 ?)

 

Kelly-Eric Guillon

« sous-Pupille de la Nation de 4éme Catégorie de 39/45 » par décrets

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Dimanche 18 mai 2008

Par Christine Tasin


Je n’en peux plus. Chaque jour apporte sa moisson de stupidités de la part du parti qui voudrait et devrait être le fer de lance de l’opposition et/ou de celle de ses autoproclamés candidats de 2012. Or, ils sont souvent pires que Sarkozy. C’est un comble !

On passera par pertes et profits Delanoé faisant du dirigeant d’une théocratie féodale aux antipodes de l’esprit des lumières français, le dalaï-lama, le citoyen d’honneur de Paris ; on passera par pertes et profits la Madone Egolène se faisant photographier par les paparazzi en train de prier dans une église de Florence et portant plainte ensuite pour violation de la vie privée(1) ; on passera par pertes et profits les démêlés de la même avec la justice. On passera encore par pertes et profits sa défense et ses anathèmes contre Sarkozy : elle a le front de l’accuser de faire de la politique politicienne quand il accuse les médias de ne pas donner autant de publicité aux revers de son ex-concurrente qu’aux siens ( ce qui montre que, bien que la presse soit aux mains de nombre d’amis du Président de la République, un vent d’indépendance souffle encore parfois ) alors qu’elle avait osé, en plein débat de l’entre-deux tours, lui imputer la responsabilité du viol d’une femme policier… Il y a bien pire, hélas.

La dernière tartufferie est de taille : le P.S., conscient de son pouvoir au Congrès (la modification constitutionnelle en cours ne pouvant être ratifiée qu’avec les voix du P.S, comme le Traité de Lisbonne ne l’a été que parce que le P.S. a décidé, le 4 février dernier, de ne pas jouer le jeu de la démocratie), a décidé d’user de chantage pour imposer ce qui lui tient à cœur. Il votera donc la révision constitutionnelle à condition que …

A condition que le gouvernement se penche sur les services publics en déréliction dans les campagnes ou les suppressions de postes dans la fonction publique ? Vous n’y êtes pas.

A condition que le gouvernement renonce à sa réforme des retraites ? Vous n’y êtes pas.

A condition que le gouvernement se batte contre la B.C.E.et sa politique de l’euro cher ? Vous n’y êtes pas.

A condition que le gouvernement lance une bataille européenne pour remettre en cause la libre circulation des capitaux afin d’endiguer la logique spéculative sur les matières premières ? Vous n’y êtes pas.

A condition que le gouvernement supprime du texte en préparation la possibilité de faire ratifier par le Congrès l’adhésion de la Turquie, en supprimant le referendum obligatoire ? Vous n’y êtes pas (heureusement, des députés de l’UMP veillent et le demandent…).

Qu’est-ce qui mérite que le P.S. ose ce qu’il n’a pas voulu faire en février (2) ? On a honte de le dire, des intérêts électoralistes, tout simplement : remise en cause du mode d’élection des sénateurs, afin de pouvoir faire basculer le Sénat à gauche en donnant moins de poids aux petites communes, traditionnellement ancrées à droite ; introduction dans les législatives d’une dose de proportionnelle plus importante afin que l’extrême gauche, susceptible de s’allier avec les socialistes, entre à l’Assemblée ; enfin, sous la pression de ses alliés Verts et pour donner des gages à l’extrême gauche, octroi du droit de vote aux élections locales aux étrangers non européens, de quoi faire basculer nombre de villes à gauche…

Ce dernier point est tout simplement scandaleux, car, dans notre tradition républicaine, le droit de vote fait partie intégrante de la citoyenneté. Cf la définition de Wikipedia : un citoyen est une personne qui relève de l’autorité et de la protection d’un Etat et par suite jouit de droits civiques et a des devoirs envers cet Etat. Chaque citoyen exerce à sa façon la citoyenneté telle qu’elle est établie par les lois et intégrée dans l’ensemble des mœurs de la société à laquelle il appartient. Au-delà du droit de vote, la citoyenneté établit un rapport privilégié entre l’Etat qui donne aide et protection et le citoyen, qui, en échange, répondra présent quand son pays aura besoin de lui : il participera à la vie politique en votant pour ses représentants, il défendra sa patrie en temps de guerre, il participera aux jurys de cour d’assises, il appliquera et défendra les valeurs liées à l’histoire de son pays…

Les partisans du droit de vote des étrangers aux élections locales prétendent que quelqu’un qui paie des impôts aurait le droit d’élire ses représentants. Cela n’a rien à voir : celui qui paie des impôts reçoit par ailleurs un salaire, a un rôle et un statut social, et, grâce à ces impôts, bénéficie si besoin d’aides sociales et des infrastructures mises à la disposition de tous ceux qui vivent en France : école gratuite, hôpitaux, réseau routier… Ou alors on peut pousser la logique jusqu’au bout : les sans-papiers qui paient des impôts auraient le droit de voter, voire de se présenter aux élections législatives comme Bové le proposait lors de son discours à Saint-Denis en 2007 (3) !!!

Ce serait tout mélanger, si travailler donne le droit de participer aux élections professionnelles, payer des impôts ne donne pas celui de prendre des décisions, mais cela n’empêche pas de participer à la vie politique au sens premier, la vie de la cité, par le biais des associations ou des activités culturelles. Stéphane Arlen a utilisé à cet égard une excellente comparaison (4) : Quand une association fait une assemblée, il y a les membres et les personnes invitées. Si un repas a été organisé, on a pu demander une participation à toutes les personnes présentes, même les invités. Chacun a le droit de s’exprimer, de donner son avis, de faire des propositions. Mais si une décision doit être votée, seuls les membres peuvent prendre part au vote. Si des invités veulent voter, il leur suffit de devenir membres, ce n’est pas compliqué. En effet, des invités n’ont pas le droit de décider de la façon dont on utilise les finances publiques ni des priorités de la communauté qui les accueille. Cela ne leur donne surtout pas le droit d’infléchir ces priorités dans un sens communautariste, qui ferait passer le bien de quelques-uns avant le bien de tous. Or, donner le droit de vote à des non-citoyens c’est, forcément, ouvrir la boîte de Pandore des revendications "culturelles" au sens large, ou religieuses. C’est encourager les promesses électorales ciblées sur des communautés, c’est permettre la discrimination féminine en acceptant des horaires spécifiques pour les femmes dans les piscines, c’est utiliser l’argent public pour financer des salles de prière, des mosquées ou autres lieux de culte, au mépris de la loi de 1905, c’est accepter les revendications et interdits religieux dans les menus des cantines…

Si celui qui habite dans une commune française depuis un certain temps se sent suffisamment chez lui pour avoir envie de participer aux élections, il a une solution, demander la nationalité française – et l’on devrait en faciliter l’acquisition- ; en la demandant il montrera qu’il participe de son plein gré à une communauté et qu’il en accepte les règles, en l’obtenant il obtiendra le droit de vote et les devoirs qui vont avec. Il serait en effet pour le moins paradoxal que quiconque vivant en France n’ait que les droits et avantages des citoyens sans avoir les devoirs et contraintes !

L’autre argument de ces partisans consiste à dire qu’il y aurait injustice ; puisque les ressortissants européens ont le droit de vote aux élections locales, ils ne voient pas pourquoi d’autres étrangers, présents dans la même commune depuis plus longtemps que le ressortissant européen n’y aurait pas droit. Ma réponse est très simple.

Ce droit de vote donné aux ressortissants européens est une ineptie de nos élites européennes destinée à faire disparaître l’idée même de nation, pour les raisons que j’ai évoquées ci-dessus. Alors, d’abord, pourquoi faudrait-il, sous prétexte qu’on a eu une mauvaise idée, la généraliser abusivement ?

Ensuite, le nombre de ces ressortissants européens est négligeable (si on exclut quelques villages de Dordogne peuplés d’Anglais) comparé aux chiffres de l’immigration non européenne, ce qui a peu de chance de modifier le mode de vie français.

Enfin, que cela choque m’importe peu, il est des réalités que l’on ne peut celer : les Européens actuels sont pratiquement tous des enfants des Lumières, ils connaissent et respectent la démocratie, les principes républicains, la séparation public/privé pour le domaine religieux, l’égalité homme-femme etc. Est-ce le cas de tous les pays non européens ? Evidemment non, et donner à ces immigrés un poids qui, dans certaines villes pourrait être déterminant, c’est prendre le risque de voir installés des villages ethnicisés sur le territoire de la république française. Gravissime.

On me dira que je suis de mauvaise foi car j’oublie de dire que le P.S. voudrait bien que la réforme prévue soit votée, afin que le parlement ait davantage de pouvoirs (il est étrange que cette réforme soit proposée par celui qu’ils ont diabolisé pendant toute la campagne, le faisant passer pour un nouveau Bonaparte …) et qu’il ne peut porter sur ses épaules le poids de cet échec. Je répondrai qu’on a toujours le choix si on a des convictions.

On me dira que les conditions que j’aurais aimé mises en avant par le P.S. sont hors de propos, qu’à l’Assemblée on ne mélange par tout. Je répondrai qu’à l’Assemblée on ne peut discuter que d’amendements portant sur le texte mais que rien n’empêche qu’à l’extérieur on négocie son vote pour faire avancer les affaires dans le sens de l’intérêt des Français. Si on ne veut pas faire de la politique politicienne. Si. Mais c’est le Parti Socialiste. Il y a longtemps qu’on ne l’admire plus. Il y a longtemps qu’on le dit : il faut jeter le bébé avec l’eau du bain. Le Parti socialiste n’étant plus ni de gauche ni républicain(5), ses militants devraient reprendre la main lors de leur prochain congrès pour et le transformer et se débarrasser des caciques, éléphants, ex-candidats ou futurs candidats qui en font un succédané d’un UMP corrompu par l’antirépublicanisme de l’extrême gauche !


http://www.ripostelaique.com/

http://christinetasin.over-blog.fr


________


(1) http://www.lepoint.fr/actualites-medias/segolene-royal-attaque-paris-match-en-justice-pour-des-photos/1253/0/244430

(2) http://www.marianne2.fr/Arnaud-Montebourg-nous-ressort-sa-VIeme-Republique_a86484.html

(3) http://www.gaucherepublicaine.org/2,article,952,,,,,_Le-font-ils-tous-expres.htm

(4) http://www.fairelejour.org/article.php3 ?id_article=1202

(5) http://www.marianne2.fr/Reforme-des-institutions-le-PS-divise-encore-une-fois_a86941.htm
par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain communauté : Les blogs républicains
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Samedi 10 mai 2008

 Les «souchiens», c'est le nom que les Indigènes de la République donnent aux français de souche. Lors de son défilé du 8 mai, ce mouvement communautariste a appelé à la création d'un parti politique. Histoire de lutter contre la «suprématie blanche et chrétienne» (sic) !


A part le Ku Klux Klan, qui ose encore parler de « suprématie blanche et chrétienne » ? Les Indigènes de la République (MIR). C'est à l'appel de ce mouvement qu'a eu lieu, hier à Paris, la manifestation prétendument destinée à commémorer les massacres de Sétif le 8 mai 1945. Prétendument, car lorsqu'on lit le texte des Indigènes, on constate que Sétif y occupe une place très modeste. De fait, le MIR appelle avant tout à la création d'un parti politique, une formation « autonome, antiracialiste et décoloniale » pour « tous ceux qui sont aujourd'hui traités comme des indigènes ». Et de désigner l'ennemi : l'Etat français, qui « entretient la continuité coloniale à la française : le racisme républicain ». Le ministère de Brice Hortefeux est ainsi accusé de préserver la fameuse « suprématie blanche et chrétienne », l'état met en œuvre une « politique sécuritaire, racialiste », le plan de Fadela Amara est un « plan anti-banlieues ». Et la France a ouvertement une politique de « préférence raciale » (sans parler du « soutien sans faille » à l'inévitable « colonialisme sioniste d'Israël »). C'est tout ? Non. Car le complot est vaste : tout le « système politique, économique et culturel » œuvre, selon les Indigènes, pour le racisme !

Un discours fondé sur la rancoeur et la haine, ça ne vous rappelle rien?

Mais qui sont ces paranos ? Les Indigènes de la République sont nés en janvier 2005 avec leur appel « Nous sommes les indigènes de la République – Appel pour des Assises de l'anti-colonialisme post-colonial». Un texte volontairement provocateur et d'une incroyable mauvaise foi, puisque ses auteurs y défendaient le communautarisme au nom même des valeurs républicaines. Parmi les signataires, des associations qui prônaient des principes aussi républicains que le port du foulard à l'école, et divers sociologues et intellectuels pro-Ramadan. Après le tollé soulevé par leur appel, les Indigènes étaient retombés dans un oubli bien mérité. A quelques exceptions près, à commencer par les violentes interventions dans les médias de leur porte-parole Houria Bouteldja. Une jeune femme dont la beauté physique n'a d'égale que sa hargne envers les Français « blancs », qu'elle appelle les « souchiens » (on appréciera l'aimable jeu de mots entre « souche » et « chiens »).
Mais voilà que les Indigènes ont trouvé, bien malgré eux il est vrai, un allié de poids en la personne de Jean-Marie Le Pen. Le président du Front national a en effet offert au MIR l'occasion de revenir dans l'actualité en demandant il y a quelques jours l'interdiction de la marche du 8 mai ! Ce n'est d'ailleurs pas le seul parallèle qu'on peut faire entre le FN et le MIR - qu'on peut difficilement soupçonner d'être proche de Le Pen. Car même si les Indigènes exècrent le Front National, le parti qu'ils appellent à créer est lui aussi fondé sur la rancoeur et la haine. Vous en doutez ? Faisons une petit test : qui a dit, au sujet des ministres issues de l'immigration : « Mr Sarkozy exhibe ses marionnettes noires, arabes et/ou musulmanes ! ». Jean-Marie Le Pen ou Les Indigènes de la République ? (Réponse : les Indigènes)

Bénédicte Charles, Marianne2.fr

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Les Indigènes de la République :
Qui sont-ils ? Que veulent-ils ?


Par Denis Gorteau


En janvier 2005 : un collectif nommé " les Indigènes de la République " voyait le jour à la suite d'un appel signé par plusieurs milliers de personnes au nom de la défense des " droits " des populations d'origine immigrée vivant en France. Le texte de cet appel surprend car il mêle des revendications justifiées à des prétentions identitaires malsaines. Phraséologie gauchiste, attaques contre la France " coloniale ", exigences aux contours mal définis, " les Indigènes de la République ", en outre, usent et abusent de la victimologie pour susciter l'intérêt. Colère sincère ou basse opération de lobbying ?

 
L'obsession coloniale

Si l'appel des " Indigènes " associe des arguments disparates, il en est un, cardinal dans l'esprit de ses auteurs, qui consiste à présenter la France comme un pays dominé par un état d'esprit colonial dans sa gestion de la population d'origine immigrée.

Selon cette théorie, les descendants de peuples colonisés vivant en France seraient victimes de discriminations, voire dans certains cas de violences, en raison du statut de colonisés dans lequel la République les enfermerait. D'où le nom " d'Indigènes de la République " dont s'affublent les tenants de cette étrange interprétation de la réalité.

Cela nous vaut de belles tirades, dignes de la meilleure littérature gauchiste, comme : " L'idéologie coloniale perdure, transversale aux grands courants d'idées qui composent le champ politique français ". Vive le grand Soir !

Compte tenu de l'empathie de l'appel pour les descendants des populations colonisées, on aurait pu attendre une analyse plus fine, permettant de faire la différence entre des citoyens ou des résidents ordinaires, fussent-ils d'origine immigrée, et la minorité de voyous occupée à terroriser la population et à saccager le mobilier urbain.

Cette obsession de la référence coloniale comme grille de lecture de la réalité, se retrouve dans l'assimilation des DOM-TOM à des colonies. Comme si les habitants de ces territoires ne jouissaient pas en tous points des mêmes droits que les métropolitains !

Mais les " Indigènes " vont encore plus loin. Pour eux, la " gangrène " coloniale toucherait non seulement la France dans son ensemble mais aussi le reste du monde. L'appel enchaîne sur une dénonciation de la politique étrangère américaine, méritée, mais en porte-à-faux, car les entreprises de Bush, en Irak ou en Afghanistan, s'inscrivent dans une logique différente du colonialisme au sens strict du terme.

Islamo-gauchisme ?

Pas facile de se retrouver dans ce texte qui amalgame passé et présent, colonialisme et République, France et racisme…
De plus, les " Indigènes " rendent un bien mauvais service à ceux qu'ils disent défendre en dénonçant aussi l'assimilation et l'intégration. On va jusqu'à lire sur leur site Internet les mots " va te faire intégrer ", subtile allusion à une pratique généralement réprouvée dont la connotation méprisante n'aura échappé à personne.

On est en droit de se demander pourquoi ils condamnent les discriminations, puisqu'ils vilipendent à la fois le mal et son antidote. Il faut encore se retenir de sourire quand nos bons " Indigènes " s'en prennent à la loi interdisant le voile dans les enceintes scolaires, car celle-ci, protégeant l'intimité spirituelle de chacun, apparaît comme un facteur d'intégration et fait autant pour les musulmans que pour les chrétiens ou les athées.

En clair, l'appel des " Indigènes " repose sur une idéologie communautariste et il lance une guérilla identitaire pour exercer des pressions sur la République. Une méthode couramment utilisée par certaines minorités aux Etats-Unis. En France, néanmoins, les traditions sont différentes et nos " Indigènes " auront du mal à embrigader les prétendus colonisés, parce que ces derniers ne se perçoivent pas comme tels. Les immigrés et leurs descendants, pour la plupart, n'aspirent qu'à devenir des citoyens ordinaires, prospérant à l'ombre des acquis de la République une et indivisible.

Reste à faire remarquer une chose aux auteurs de l'appel : les indigènes sont, en langue française, les individus nés sur un territoire, d'une population anciennement installée. Dans l'Hexagone, sont indigènes les Français par le sang, descendants depuis des siècles des primo occupants. Cohérents avec leur théorie, ce sont ces indigènes là, dont les " Indigènes " devraient s'efforcer de respecter l'identité et les coutumes.

Surgeon des lobbies communautaristes anglo-saxons, les " Indigènes de la République " semblent avoir pour modèle inavoué le CRIF qui donne périodiquement des leçons aux élus au nom d'une communauté spécifique. Néanmoins, pour le moment, leur chantage victimaire n'a pas ébranlé les institutions. Espérons les choses demeurant ainsi, dans un pays où les élites cèdent si facilement au vertige de la repentance.

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Vendredi 25 avril 2008

Par Sylvain Lapoix


Gaulliste indépendant, Nicolas Dupont-Aignan joue le réseau local contre une élite coupée des électeurs qui ont dit « Non » au référendum. Acharné, cet « opposant professionnel » est le poil à gratter d'une droite en train de se réveiller.


« Vous allez peut-être me trouver frapadingue mais le peuple est avec nous ! » Malgré son sourire de petit garçon assorti à sa coupe de gendre idéal, il ne faut pas s'y tromper : Nicolas Dupont-Aignan est très sérieux. L'année 2007 a pourtant été difficile pour « NDA » : privé de présidentielle faute de parrainages suffisants, seul député de son parti, Debout la République (DLR) élu aux dernières législatives, privé de financement par l'UMP... Il aurait plus d'une raison de déprimer.

Mais la grogne qui monte à droite, dans l'électorat comme chez les élus, est du pain béni pour lui, qui l'élève au rang de contestateur en chef du Président. Nicolas Sarkozy, NDA le connaît depuis son entrée au RPR, en 1993. A l'époque, Sarko et sa bande le regardait déjà de travers quand il avait ravi à Karoutchi le poste stratégique de secrétaire aux Fédérations.

Aujourd'hui, Nicolas Dupont-Aignan ne pardonne pas au nouveau président de la République d'avoir déçu « l'espoir qu'il a suscité à droite » pendant la campagne. « En juin 2007, il avait une légitimité fabuleuse pour remettre en cause la pensée unique sur l'Europe à Bruxelles, peste-t-il. Mais sa vanité l'a emporté sur la raison. »

Hérault depuis plus de dix ans de la contestation d'une construction européenne qui menace, selon lui, « la grandeur de la France » - grandeur qu'il met en première ligne de son programme de gaulliste social-, Nicolas Dupont-Aignan profite de son indépendance pour voter contre le traité de Lisbonne, qu'il surnomme "Le coup d'Etat simplifié". Le 8 avril, il soutient la motion de censure, à l'inverse de Bayrou. Regain d'intérêt des journalistes qui viennent chercher ses piques contre Sarkozy tandis qu'une poignée de députés le félicitent (discrètement) de ses interventions à la tribune. « Nous partageons beaucoup d'idées, notamment sur l'Europe, confie Jacques Myard, députés UMP des Yvelines. Mais il a fait l'erreur de se marginaliser. »

Nicolas Dupont-Aignan n'est pas d'accord : « je ne me fie pas au raisonnement de la Salle des Quatre Colonnes. L'un de mes plus gros atouts, c'est mon réseau local. » Au moins une fois par semaine, le député-maire d'Yerres se rend en province : Lorraine, Bretagne, Centre… Cette semaine, c'est Marseille et Toulon, où il espère pouvoir renforcer son parti qui compte un peu moins de 10 000 adhérents aux profils variés - chevènementistes, anciens RPR ou encore villiéristes - qui l'animent dans 72 départements.

Parmi eux, Dominique Farçy, retraité et bénévole qui a « levé le doigt pendant le meeting de la Maison de la Chimie en 2007 » quand Nicolas Dupont-Aignan a demandé si certains souhaitaient se présenter aux législatives. Aujourd'hui il travaille presque à plein temps à la permanence de Yerres au milieu des milliers de tracts que les militants envoient à travers toute la France. Ce petit local est le QG d'une propagande nerveuse alimentée par les bonnes volontés : privé des subsides de l'UMP, Debout la République fonctionne avec 350 000 à 400 000 euros par an, en comptant les cotisations des adhérents, contre 600 000 en 2007. Une rigueur qui oblige cet « opposant professionnel », comme se surnomme Nicolas Dupont-Aignan, à être sur le pont à plein temps, s'accordant juste de quoi profiter de sa famille et de sa ville.

Ecole Saint-Exupéry, promenade Barbara, Cinéma Paradiso… A Yerres, « NDA » a marqué la ville de ses goûts. Faites le tour de la bâtisse rococo de la mairie, fouillez-en les couloirs et retournez chacune des chaises, vous n'y trouverez pas un seul drapeau européen !

Envoyé un peu par hasard dans cette commune des Yvelines pour se présenter contre un maire socialiste réputé imbattable, il est élu dès le premier tour en 1995. « Mon premier miracle », confie-t-il. Le second fut son élection comme député en 1997, au second tour cette fois et d'une courte tête (50,4%).

Depuis, il gère sa municipalité avec l'expérience acquise comme conseiller technique à la politique de la ville entre 1993 et 1995 chez François Bayrou puis Michel Barnier. En 2008, il est le maire le mieux élu de France, avec 78% des suffrages exprimés au premier tour.

Il préfère de loin la gestion de sa ville aux intrigues de parti. Ses premiers problèmes avec le RPR remontent à 1999, quand il s'oppose au traité d'Amsterdam - attitude jugée par ses coreligionnaires indigne du secrétaire national qu'il est alors. Toujours au sein du parti, il soutient la liste Pasqua-Villiers aux élections européennes et devient secrétaire général adjoint de leur Rassemblement pour la France. L'aventure se termine au bout de trois mois et il revient au RPR, « la queue basse, pour assister au détricotage du parti gaulliste », se souvient-il.

Gaulliste : il défend bec et ongles cet adjectif que l'UMP lui dénie. Il faut dire que ses positions eurosceptiques lui attirent des voisinages un peu sulfureux. « Je suis un républicain, insiste-t-il. Je ne veux pas être amalgamé avec le souverainisme ringard de Villiers : je suis un progressiste ! »

Philippe de Villiers, lui, aimerait bien capter la nouvelle aura du président de Debout la République : « Nicolas Dupont-Aignan fait le même bon constat que nous sur l'impossibilité de faire de la politique en France quand tout se décide à Bruxelles », explique Patrick Louis, député européen MPF. Paul-Marie Coûteaux espère aussi ce rapprochement qu'il tente de favoriser en vue des élections européennes de 2009.

Bref, Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais été aussi courtisé mais il préférerait choisir ses prétendants. Son objectif est simple : « survivre jusqu'en 2012. » « Aujourd'hui, je ne vois personne qui veuille reprendre le flambeau de mes idées », déplore-t-il. Un avis que partage François-Xavier Vilain, député-maire de Cambrai affilié à DLR : « Je me retrouve dans ce qu'il exprime et il est le seul à porter ces idées-là sur l'Europe à droite. Les électeurs commencent à le connaître ! », ajoute-t-il. « Sincère » pour beaucoup, il est, pour un journaliste qui l'a suivi toute la campagne durant, « trop gentil. » Mais, de l'avis général, c'est un véritable acharné.

Sa motivation ? Des pères de famille qui l'encouragent à la sortie de la boucherie. Pour lui, le non au référendum sur le TCE a été le signal : « on a une élite d'abandon qui n'aime plus le peuple et vous voudriez que je travaille avec cette élite ? » Qu'il se rassure : cette élite n'a pas l'intention de lui proposer le moindre job. Face à un Président qui remet en cause la laïcité, réintègre l'Otan ou reste passif face à l'euro fort, NDA voit venir la révolte. « Ca va finir dans la rue, toute l'histoire est faite de ça, dit-il d'un air d'évidence. Il y aura besoin d'une recomposition politique et j'espère modestement pouvoir y participer. » Pour l'instant, Nicolas Dupont-Aignan organise la résistance. Seul.



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