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"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Lundi 16 juin 2008

Par Edouard Husson, historien. Qui revient sur cinquante ans d'histoire européenne pour éclairer l'aveuglement des élites européennes sur la construction du l'Union.


Je me souviens d'un échange, le lendemain du référendum danois de 1992 sur Maastricht, entre dirigeants de ce qui s'appelait à l'époque l'UDF et qui était alors ma famille politique. Face au non danois, toute la panoplie des réponses stéréotypées que nous entendons face au non irlandais, seize ans plus tard, était déjà en place: «On va les faire revoter»; «Il faut continuer le processus de ratification»; «il est inacceptable qu'une population si peu nombreuse aille contre l'intérêt de 300 millions d'Européens» etc....
C'est ce jour-là, écoeuré par un comportement qui rappelait, moins de trois ans après la chute du Mur de Berlin, la violence physique en moins, le comportement des gouvernements et des apparatchiks au sein du bloc soviétique, que j'ai décidé que j'allais voter non à Maastricht, pour contribuer à réintroduire la question de la démocratie dans le débat européen. Seize ans plus tard, et après bien des référendums perdus (même sur la «victoire de Maastricht», il n'y avait pas de quoi pavoiser, vu que, rapporté au nombre des inscrits, la seule réalité qui compte, 30% des Français se sont abstenus, 34% ont voté non et 36% seulement ont voté oui), nous pouvons constater que le déni de démocratie continue de la part des dirigeants européens. Depuis trois ans, tout a été fait, de leur part, pour annuler les non français et néerlandais au Traité constitutionnel européen. Et l'opération va recommencer avec le non néerlandais.

Le vrai affrontement politique de l'époque moderne n'est pas entre la droite et la gauche mais entre ce qu'on appelait dans la philosophie médiévale le nominalisme et le réalisme. Le nominaliste, à commencer par Guillaume d'Ockham, ne croit pas que les concepts renvoient à une réalité. Ils sont un moyen d'appréhender le réel, de le modeler, de le manipuler au besoin. Le réaliste, au sens de Thomas d'Aquin, pense au contraire que les concepts sont inséparables des réalités qu'ils désignent, qu'ils invitent l'homme à respecter le réel, à s'appuyer sur lui pour agir. Le nominaliste commence par dire qu'il ne croit qu'aux réalités particulières, individuelles puis, comme l'empirisme ou l'individualisme absolus ne sont pas pensables ni praticables, il finit par chercher des idées générales mais, comme il refuse de les trouver dans le réel, il les pense a priori et décide de les imposer au réel.

Le nominaliste Monet contre le réaliste de Gaulle
Application à l'Europe : l'Europe est une réalité ancienne et complexe, devenue naturelle pour les Européens de la fin du XIXè siècle, qui pouvaient voyager sans passeport de Paris à Saint-Pétersbourg, qui profitaient d'une monnaie européenne (et même mondiale) parfaitement stable (l'étalon-or) et qui goûtaient à la même culture, exprimée dans une diversité de langues qui lui donnait toujours plus d'épaisseur. L'Europe existait, sans uniformité; la diversité des peuples y était une réalité, tout comme celle des Etats. Elles ne coïncidaient que rarement entre elles. La réalité et la pluralité des souverainetés politiques n'empêchait ni l'existence d'économies nationales ouvertes ni l'expression, toujours mieux reconnue, d'une diversité de croyances, de coutumes et de pensées. Parmi tous les courants négateurs du réel, le plus puissant était à l'époque était celui du nationalisme, qui voulait, partout, faire coïncider nation et Etat. Quand on veut plaquer une pensée a priori sur la complexité du réel, on finit par tuer les hommes et l'Europe sombra, en 1914, dans trois décennies de violence.

Après que les deux guerres mondiales avaient failli détruire l'Europe, il s'agissait de la reconstruire, de la faire revivre, de faire réémerger l'unité du continent. En Europe de l'Ouest, un courant toujours plus nombreux s'exprima, pour réclamer la réconciliation entre anciens belligérants. Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi sont les figures les plus illustres du mouvement européen naissant, qui a buté sur deux limites : il opposait artificiellement les nations et l'Europe, comme si l'Europe n'avait pas vécu, toujours, du dynamisme de ses entités particulières; la reconstruction de l'Europe était inséparable de celle de ses nations, elle passait forcément par elles, comme le montrent les Trente Glorieuses. Deuxième limite: la moitié orientale du continent était exclue des considérations sur la nouvelle unité européenne par ces anticommunistes bon teint qu'étaient Schuman, Adenauer et De Gasperi.

La chance de l'Europe fut, de ce point de vue, le retour du Général de Gaulle, qui posa la triple question de l'effort économique national, du ralliement des peuples à la construction européenne et de l'unité du continent «de l'Atlantique à l'Oural». On n'a pas compris l'antagonisme entre De Gaulle et Jean Monnet si l'on ne voit pas que le premier voulait faire revivre l'Europe et ses nations, réalités préexistantes à l'action politique tandis que le deuxième voulait «construire l'Europe» selon des schémas a priori, qui écartaient du champ de vision tout ce qui ne rentrait pas dans le schéma prévu. On oublie trop que Jean Monnet ne rejetait pas seulement les nations mais aussi «l'autre Europe», s'accommodant d'une division du continent qui permettait de réaliser sans trop d'obstacle ses «Etats-Unis d'Europe» et surtout qu'il détestait la politique, autant dire la démocratie, voulant mettre les peuples et les parlements devant le fait accompli concocté par une petite avant-garde d'Européens éclairés prêts à faire le bien des nations malgré elles.

L'occasion manquée des années 1990
Le nominalisme est toujours plus confortable à pratiquer que le réalisme; il est toujours plus facile, au moins dans un premier temps, de segmenter le réel et de formuler avec des idées simplificatrices décrétées a priori. Et dès les années 1960, le réalisme européen de de Gaulle était ultra-minoritaire dans les milieux dirigeants européens. Il fut progressivement abandonné alors même que l'exigence de démocratie n'a pas cessé de se renforcer depuis les grandes revendications des années 1960; que le rideau de fer a disparu et que les nations de l'Est européen ont réaffirmé leur vitalité.

Mille neuf cent quatre vingt dix aurait pu être l'occasion d'un retour au réalisme en matière de coopération européenne; or il n'en a rien été. Les Européistes ont été surpris et dérangés dans leurs projets par les révolutions européennes de 1989-1990. On se rappelle Jacques Delors commentant la normalité retrouvée dans les quelques heures où l'on put croire que des nostalgiques de l'ancienne Union Soviétique avaient repris le pouvoir en août 1991. Rien n'a été véritablement fait pour préparer les pays de l'ancien bloc soviétique à leur association à ce qui existait déjà à l'Ouest de l'Europe. Alors qu'il aurait fallu les aider à constituer un ou plusieurs marchés communs adaptés à leurs besoins et les associer politiquement, on les a immédiatement jetés dans la mondialisation et on a attendu des années avant de les faire entrer dans une Communauté économique européenne «approfondie», l'Union, qui, de son côté, ne répondait pas aux appréhensions des sociétés exposées à la double asymétrie de la mondialisation actuelle, causée par l'étalon-dollar et la mise en concurrence avec les pays à très bas salaires.

Lorsque les historiens prendront en compte le nombre d'années consacrées à établir une construction européenne sans rapport avec la réalité du monde, ils seront stupéfaits de l'énergie et la matière grise dépensée pour que la montagne accouche d'une souris. Ils parleront d'une idéologie peu violente (encore qu'on ne compte pas le nombre de destins brisés par l'absence de protection des Européens face aux vents de la mondialisation) mais qui aura progressivement relégué le continent européen hors de l'histoire.

On s'est gaussé des anciens pays du bloc soviétique mais nos dirigeants sont actuellement dans la logique exprimée par la boutade de Brecht, en 1953: « Si le peuple s'exprime contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple».

A moins que les dirigeants européens donnent au non irlandais sa signification. A moins qu'ils se réconcilient avec la démocratie (qui est le droit, pour les minorités de s'exprimer et de contribuer au débat, n'en déplaise à tous ceux qui sont choqués que 900 000 Européens aient pu parler contre les supposés intérêts du continent tout entier). Ils verront alors les peuples soutenir sans hésiter un projet de coopération européenne adapté au réel.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne
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Samedi 14 juin 2008


Bravo et merci au Peuple irlandais !


Ils l'ont fait ! Malgré la propagande infâme et les féroces intimidations dont ils ont été victimes pendant des semaines, les Irlandais ont nettement rejeté le Traité de Lisbonne, avec 53,4% de « NON » contre 46,6 % de « OUI ». Ce qui paraissait encore improbable pour bon nombre d'observateurs il y a encore deux semaines a bien eu lieue. Une véritable claque pour ceux qui prétendent faire l'Europe à la place des peuples. Et une grande joie bien légitime pour tous leurs pourfendeurs !

C'est ainsi que le seul peuple de l'Union Européenne à être consulté sur ce traité, quasi-copie de la défunte Constitution européenne, s'est clairement prononcé contre une vision de l'Europe qu'il confortait. Les Irlandais ont dit NON à cette Europe qui méprise le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Les Irlandais ont dit NON à cette Europe qui se fait le relais d'une mondialisation libérale totalement débridée et destructrice. Les Irlandais ont dit NON à cette Europe qui impose aux Etats de mener des politiques toujours plus injustes et inefficaces. Les Irlandais ont dit NON à cette Europe qui entend inféoder les pays européens à la logique militariste américaine.

Et pourtant, comme si de rien n'était, minimisant et méprisant le vote des Irlandais, l'intelligentsia européiste a appelé unanimement à poursuivre la ratification du Traité de Lisbonne. Le problème ne serait en effet pas ce traité, mais les Irlandais. Le
« NON » irlandais ne concernerait qu'eux-mêmes. Ce serait un « NON » égoïste, qu'il ne faudrait pas prendre en compte. Ainsi, on oppose l'Irlande et l'Europe. Ainsi on prétend nous faire croire, avec le plus grand mépris, que ce ne sont pas quatre millions d'Irlandais qui peuvent décider du sort de 500 millions d'Européens !

Ils oublient bien de préciser que les Irlandais sont les seuls Européens à n'avoir pas été bâillonnées, et à avoir eu le droit de se prononcer librement sur ce traité. Le vote des Irlandais a sans conteste plus de valeur que toutes les ratifications parlementaires, souvent organisées en catimini, sans le moindre débat public et sans mandat clair du peuple.

Le résultat de ce référendum n'est donc aucunement de l'ordre de l' « incident », comme a osé l'affirmer Nicolas Sarkozy. Il est primordial. Il est prépondérant. Il est même certain qu'il ne soit que la partie émergée de l'iceberg. Déjà, les peuples français et néerlandais, consultés sur un texte similaire en 2005, avaient infligés tous les deux un « NON » franc et massif. On sait très bien ce qu'il en aurait été si les Anglais, si les Danois, si les Allemands avait été consultés. Le résultat aurait été négatif. Si l'ensemble des peuples européens était aujourd'hui consulté, ce serait à coup sûr un terrible désaveu pour les promoteurs de cette Europe-là.

En cherchant à « déseuropéaniser » le vote des Irlandais, à l'isoler, à le faire passer pour un simple vote égoïste, l'intelligentsia européiste veut éviter que les peuples européens prennent conscience que les Irlandais ont osé affirmer haut et fort ce qu'ils sont pour l'instant sommés de penser tout bas.

Conséquences d’ores et déjà concrètes de ce résultat, le Président Tchèque, Vaclav Klaus, seul dirigeant de l’UE à s’avouer « eurosceptique », entend mettre fin à la ratification du Traité de Lisbonne. Pour lui, sa ratification a pris fin avec « la décision des électeurs irlandais », estimant par ailleurs que le NON des Irlandais était « une victoire de la liberté et de la raison, sur les projets élitistes artificiels et la bureaucratie européenne ».

Un obstacle de plus qui n’empêchera sans doute pas l'Europe de Bruxelles de faire tout son possible pour annuler au maximum les répercussions que pourrait avoir ce vote. Elle trouvera évidemment une parade pour aller à l'encontre de cette volonté populaire toute fraîchement exprimée. Quoiqu'il en soit, le vote des Irlandais du 13 juin 2008 ne s'effacera pas nos mémoires.

Tout comme les Français et les Néerlandais en 2005, les Irlandais ont montré la voie de la liberté et de l'honneur. Ils ont rappelé aux yeux de tous les européens que les Nations étaient plus que jamais des réalités. Des Nations qui n'entendaient pas se dissoudre dans un prétendu « peuple européen », si tant est qu’ils se donnaient les moyens de s'affirmer.

Ne tombons pas aujourd'hui dans les lendemains qui déchantent. Nous avons assisté ce vendredi 13 juin à une grande victoire ! Si nous n'avons pas gagné la guerre, loin de là, nous avons remporté une grande bataille. Ce que nous ont montré les Irlandais, c'est que les peuples européens n’étaient pas aussi résignés que l'on dit à cette construction européenne. Loin d’être vaines, les spectaculaires victoires des peuples qui disent « NON » sont autant de coups portés à cette Europe totalitaire. Ils sont autant d’exemples à suivre pour les peuples européens. Ils sont autant d’espoirs. Ils sont autant d’incitation à leur libération, mentale et politique. L’Europe de Bruxelles pourra toujours faire la sourde oreille, elle pourra magner la propagande autant qu’elle le souhaitera, elle ne pourra cacher beaucoup plus longtemps sa vraie nature, qui finira peu à peu par se révéler à tous. Et inévitablement, par l'abattre.


Quoiqu’il en soit, il faut que cette victoire soit, ici et ailleurs en Europe, un encouragement à décupler notre rage de vaincre. Les élections européennes de l’année prochaine seront l’occasion de passer à l’offensive, et de transformer ces « NON » en constitution d'un projet alternatif. A tous les républicains, patriotes et progressistes partisans d’une Europe des Nations d’être unis pour ce grand combat.


par le Citoyen Thimèle publié dans : EDITORIAUX
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Samedi 14 juin 2008

Michael Youlton (coordinateur du "NON" irlandais)

"C'est un vote clairement exprimé. C'est magnifique ! Le peuple irlandais a rejeté le traité de Lisbonne. Et nous avons une pensée particulière pou nos amis français et néerlandais qui sont venus nous soutenir. Le scrutin montre que nos arguments ont porté et que nous avons eu raison d'exprimer nos craintes et d'exprimer nos craintes et d'expliquer en quoi elles nous paraissaient fondées.
Crainte de la militarisation, avec le principe de neutralité très important en Irlande risquan d'être annihilé par les dispositions spécifiques du traité en matière de défense et de sécurité communes ; craintes sur le plan démocratique, les petits pays comme le nôtre vont se trouver marginalisés face aux poids-lourds européens ; crainte du point de vue social, la charte des droits fondamentaux est restrictive, et le principe du libre marché signifie pour nous un processus de privatisation à grande échelle des services de santé et d'éducation. Je note que le peuple irlandais a accepté nos arguments, c'est particulièrement vrai dans les secteurs populaires et ouvriers. Maintenant que va-t-il se passer ? Nous posons plusieurs questions.
Le premier ministre irlandais Brian Cowen, qui avait promis de démissionner en cas de défaire, le fera-t-il ? S'il ne le fait pas ira-t-il à Bruxelles pour renégocier, car c'est ce que les Irlandais demandent aujourd'hui ? Enfin nous proposons aussi "un aller simple" pour Bruxelles au premier ministre et aux ministres de la Défense et des Finances pou les obliger à discuter des propositions que nous avons mises sur la table. Maintenant, en ce qui concerne le mouvement du "non", dont le travail a été remarquable, nous allons nous réunir d'ici à deux semaines lors d'une conférence nationale pour discuter de ce que sera notre avenir non seulement immédiat, mais aussi pour les années à venir..." (source : l'Humanité)


Nicolas Dupont-Aignan


"Bravo et merci à l’Irlande d’avoir sauvé le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! La morale et la démocratie triomphent !

Le seul peuple consulté par référendum sur le Traité de Lisbonne a massivement dit NON.

C’est un véritable vote par procuration pour les 495 millions d’Européens privés de référendum.

C’est un profond désaveu pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui ont voulu imposer la Constitution européenne malgré les référendums de 2005.

Les dirigeants européens n’ont plus le choix, ils doivent se rendre à la raison : les peuples d’Europe rejettent une Union supranationale, bureaucratique et inefficace.

Les Irlandais aujourd’hui, comme les Français et les Néerlandais en 2005, ne sont pas hostiles à l’Europe. Ils veulent tout simplement une Europe qui les respecte et les protège. Une Europe des Nations et des projets. Une Europe démocratique, indépendante, au service du progrès social.

Les élections européennes de juin 2009 seront l’occasion historique, notamment en France, de transformer ce magnifique essai irlandais en envoyant au Parlement européen des Députés défendant cette autre vision de l’Europe."

Jean-Luc Mélenchon
  
Le sénateur PS, Jean-Luc Mélenchon, a affirmé  vendredi à l’AFP que le non irlandais attendu au traité européen de Lisbonne est "une très bonne nouvelle" et a appelé à un "nouveau combat" pour faire respecter ce vote.
"Le non des Irlandais envoie le traité de Lisbonne dans la poubelle où le non des Français et des Hollandais a déjà jeté la version originale qu’était le traité constitutionnel", affirme le sénateur de l’Essonne, un des ténors du non au référendum de 2005.
Selon lui, désormais, "les grandes manoeuvres vont commencer pour essayer de contourner le vote des Irlandais. Un nouveau combat commence donc pour faire respecter ce Non".
"Le moment est venu pour les dirigeants européens, qui viennent de prendre cette euro-gifle, de faire un examen de conscience" et "faire le constat que la méthode qui consiste à proposer des textes illisibles pour cacher des politiques libérales ne réussit pas", souligne-t-il.
Selon lui, "leur arrogance et leur méthode de culpabilisation infantilisante des électeurs, finissent par créer un sentiment anti-européen qui n’est pas bon".
Le sénateur propose une autre méthode: "donner un mandat constituant au Parlement européen, qui sera élu l’an prochain, de rédiger un nouveau traité d’organisation des pouvoirs" en Europe.

Jean-Pierre Chevènement

Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a estimé vendredi que le probable rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais, selon des projections de la télévision publique, était "un service rendu à l'Europe tout entière".

"Le vote du peuple irlandais revêt une signification profonde : les peuples refusent de se laisser dissoudre dans une Europe à la fois technocratique et antisociale", a affirmé M. Chevènement dans une déclaration à l'AFP.

Adversaire du traité, il a jugé que "le rejet de la Constitution européenne bis est un service rendu à l'Europe tout entière". "C'est aussi un service rendu à la France, dont le poids relatif était affaibli par le Traité de Lisbonne, en rupture avec la parité fondatrice avec l'Allemagne qui avait jusqu'ici permis le progrès équilibré de la construction européenne", a-t-il ajouté.

Selon M. Chevènement, "c'est à partir de la volonté démocratiquement exprimée des nations qu'on doit pouvoir avancer vers une Europe à géométrie variable, fondée sur des coopérations renforcées". "Cela est particulièrement vrai pour le gouvernement économique de la zone euro, mais pourrait l'être aussi dans des domaines comme la politique étrangère et la défense", a précisé l'ancien ministre.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne
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Samedi 14 juin 2008

Le renversement de l'UMP-PS, parti unique de la résignation, est chaque jour davantage à l'ordre du jour des républicains. Mais pour réussir dans cette entreprise, les opposants devraient commencer par accomplir le rassemblement des sensibilités susceptibles de composer une force politique idoine. Si la chose n'est pas encore faite, c'est qu'elle présente en effet des difficultés. Par cet article, en tant que républicains, nous souhaitons relancer le débat avec les citoyens du courant souverainiste.


Une condition indispensable à une percée dans le débat politique sera satisfaite lorsqu'auront réussi à se rassembler des représentants sérieux des sensibilités républicaines, ouvriéristes, écologistes et gaullistes-souverainistes afin que soit synthétisé un ensemble complet de problématiques de fond actuellement en dissidences avec la pensée unique qui accompagne la globalisation et se soumet à elle.
En tant que derniers gaullistes fidèles à l'esprit des politiques de Charles de Gaulle, les souverainistes font partie des «dissidents» avec lesquels il faudrait réussir à s'entendre. Néanmoins ils campent sur une position par laquelle ils rendent tout vrai rapprochement avec les républicains quasiment impossible.

Deux positions, deux arguments
L'argument central qui fonde le positionnement souverainiste est le suivant : les Français devraient dans un premier temps reconquérir leur indépendance et ne pas se disperser en entrant dans les détails de politiques diverses, car cela ne conduirait qu'à les diviser. Ce n'est que lorsque notre indépendance serait retrouvée, que nous pourrions élargir notre débat à ces autres politiques, car les Français pourraient alors choisir en toute liberté.
La réponse des républicains : nous considérons aussi que la souveraineté est une condition nécessaire à toute politique. Ni «délire d'autarcie», ni «délire de toute puissance», comme les caricatures usuelles le voudraient, elle est l'indépendance, la liberté de décision d'une nation qui veut et se doit d'agir et d'être responsable de son avenir (en coopération avec les Etats qui partagent ses valeurs, pour les questions qui relèvent des relations internationales). Sans souveraineté, c'est-à-dire sans indépendance, il n'y a pas de démocratie. Mais si la souveraineté est une condition nécessaire de la politique de la France, elle n'est pas une condition suffisante. Les citoyens français demandent à savoir pour quoi, pour quelles politiques, pour quels buts, ils devront consentir des efforts.

Un encrage historique
Si notre pays était occupé militairement, si les résistants étaient pourchassés et assassinés, on pourrait imaginer que dans ce cas en effet, la reconquête de la souveraineté pourrait servir de base à elle seule au rassemblement des différentes formations de la résistance. Or, cette situation a déjà existé et les choix qui furent arrêtés sont clairs et sans appels. L'expérience historique nous éclaire.
En effet, l'histoire nous apprend que les résistants de 1940-1945 n'ont pas pu se contenter de réclamer la seule indépendance de la France, bien au contraire, ils ont dû s'avancer plus, ils ont dû préparer les politiques qui seraient mises en œuvre le jour de l'indépendance retrouvée, les citoyens ont demandé à connaître les «buts de guerre» politiques de leur résistance. Précisément, ils ont rédigé le programme du Conseil national de la résistance. Ce texte transposé est devenu le Préambule de la constitution de la IVème République, il occupe plus que jamais cette même place dans la Vème. Il définit toujours, et pour un nombre certain de générations à venir le contour de l'Etat républicain -- n'en doutons pas une seconde, quoi qu'en pensent les sarkozystes. L'Etat républicain n'est pas seulement l'Etat régalien, il est prolongé par l'Etat social, l'Etat dans lequel la solidarité, sa mise en œuvre, la mise en place de ses conditions, sont une mission sacrée du gouvernement, une ambition inaliénable, au final, une nouvelle espèce de mission régalienne.

De Gaulle, suspecté d'aspirer à la dictature
L'histoire de cet avènement est d'ailleurs d'un intérêt de toute première importance, car jusqu'au début de 1942 de Gaulle a campé sur des positions que l'on pourrait qualifier aujourd'hui de souverainistes : tout faire pour libérer la France et en dire le moins possible pour tout ce qui relevait de la politique, car cela faisait courir, croyait-on, le risque de la division, comme dans l'avant-guerre. Mais jusqu'au début 1942, la Résistance intérieure et celle de Londres, la France Libre, s'ignoraient largement, ce qui affaiblissait les deux parties. Pire, une partie de la Résistance intérieure suspectait de Gaulle d'aspirer à la dictature, de chercher à devenir un Franco à la française. Il était devenu plus qu'évident que ces suspicions nuisaient à la libération de la France elle-même et que la posture minimaliste consistant à ne parler que de la libération du territoire national était devenue contre-productive. Il a impérativement fallu a de Gaulle dépasser les politicailleries qui divisent et la stratégie d'évitement.
De Gaulle a alors rédigé, en mars-avril 1942, la Déclaration aux mouvements de résistance en menant de nombreuses discussions avec des résistants venus de France, notamment Christian Pineau qui ramènera le document en France. Ce texte capital est peu connu, mais d'une importance prodigieuse, il jalonne le chemin qui mène au Programme du CNR, il faut le lire attentivement, chaque mot, chaque virgule sont pesés. De Gaulle n'a ni cédé aux politicailleries, ni à l'évitement des questions politiques, il est entré au cœur du sujet, de pieds en cap. Il a fait de la politique telle que la France républicaine le demandait, tels que les Français le réclamaient.

La situation actuelle, dans ce qu'elle a de différent, ne se distingue pas de celle d'alors pour ce qui est de l'exigence politique que nous avons à satisfaire. D'autant que les Français d'aujourd'hui, tout égarés qu'ils soient, sont encore plus regardants quand au respect de l'Etat républicain qu'ils ne l'étaient alors, parce qu'il en ont connu les vertus.
Citoyens souverainistes, nous ne pouvons faire l'économie de déclarer clairement nos intentions politiques pour l'après-libération de l'UMP-PS si nous voulons vraiment les vaincre un jour prochain. Imaginer réussir là où de Gaulle lui-même a infléchi sa trajectoire, ce serait vouloir être «plus royaliste que le roi», c'est-à-dire «plus gaulliste que de Gaulle», orgueil dont nous ne saurions vous imaginer victimes.

Nous réussirons !

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Mardi 10 juin 2008

Entretien avec Michael Youlton, Coordinateur national du vote « non » au traité de Lisbonne en Irlande (CAEUC).


Le samedi 7 juin, Michael Youlton, coordinateur national du vote « non » au traité de Lisbonne, est venu spécialement d'Irlande pour participer au colloque En finir avec l'eurolibéralisme, organisé par Mémoire des luttes, Utopie critique et l'Institut d'études européennes de l'université Paris 8. Il répond ici aux questions de Mémoire des luttes sur le référendum du jeudi 12 juin.


Michael Youlton, pourquoi un référendum en Irlande, alors que les 26 autres membres de l'Union européenne, par crainte d'un rejet populaire, ont opté pour une ratification parlementaire du traité de Lisbonne ?
Croyez bien que ce n'est pas de gaieté de cœur que le gouvernement de la République d'Irlande organise cette consultation dont les 26 autres chefs d'État ou de gouvernement de l'UE ont privé leurs concitoyens. Mais il y est tenu par une disposition constitutionnelle datant de 1987. Un recours avait alors été formé devant la Cour suprême par Raymond Crotty pour s'opposer à la ratification de l'Acte unique européen par une majorité simple du Dail, le Parlement irlandais. La Cour statua que toute modification significative des traités européens nécessitait un amendement constitutionnel, donc, selon la Constitution, une consultation du peuple par référendum. C'est le cas pour le traité de Lisbonne.

Quelles sont les forces qui appellent à voter oui ?
Sur le papier, elles sont impressionnantes. On y trouve le parti au pouvoir, le Fianna Fail ; le principal parti d'opposition, le Fine Gael ; le Parti travailliste. S'y ajoutent les deux organisations patronales, les Chambres de commerce, les évêques et la quasi totalité des médias. Et bien entendu tout le gouvernement. Un récent article du Monde a qualifié les forces du « non » de rassemblement « hétéroclite ». Que dire alors des forces du « oui » ! Finalement, c'est une configuration qui rappelle celle des « ouistes » en France à l'occasion du référendum du 29 mai 2005.

Quels sont les arguments des partisans du oui ?
Le discours des partis est plus que sommaire. Les affiches du Fianna Fail disent simplement « C'est bon pour l'Irlande. C'est bon pour l'Europe. Votez oui ». L'IBEC, principale organisation patronale, exhorte à voter oui « pour les emplois, l'économie et l'avenir de l'Irlande ».
Quant aux évêques, qui se sont mobilisés plus récemment pour contrer les propos de prêtres qui, dans certaines paroisses, appelaient à voter non, ils mettent surtout en garde contre le vote-sanction contre le gouvernement : « Le référendum ne doit pas être utilisé pour émettre un vote de protestation. Il doit porter sur les valeurs. Il y a des valeurs humanistes chrétiennes dans le traité ». L'épiscopat regrette cependant qu'il n'y ait pas dans ce traité de « reconnaissance explicite de l'héritage chrétien de l'Europe »…
Sans doute instruit par l'expérience française, qui avait permis à tous les citoyens de décortiquer le traité constitutionnel européen qu'ils avaient reçu par la poste, le gouvernement a cru habile de ne pas diffuser le texte complet du traité de Lisbonne. Au motif qu'il était trop compliqué, que les citoyens ne le comprendraient pas et que cela coûterait trop cher, il s'est contenté d'en distribuer un résumé de 30 pages, rédigé par une commission prétendument « indépendante » : 15 en langue irlandaise et 15 en anglais.
Cela n'a fait qu'alimenter la suspicion et donner aux citoyens l'impression qu'on leur cachait des choses et que l'on leur réclamait simplement un chèque en blanc.

Quelles sont les forces qui appellent à voter non ?
Sur le papier, face aux puissantes organisations du « oui », elles sont très réduites, et le « non », au début de la campagne, ne recueillait que de faibles intentions de vote dans les sondages. Notre campagne pour le « non » est menée par un collectif de 14 organisations : Communist Party of Ireland, Community & Workers Action Group, Éirígí, Irish Anti-War Movement, Irish Republican Socialist Party, Irish Socialist Network, Peace & Neutrality Alliance, People Before Profit, People's Movement, Sinn Féin, Socialist Party, Socialist Workers Party, Workers Party. A l'exception du parti Sinn Fein (mais qui n'a que deux parlementaires), il s'agit de petites, voire très petites structures associatives et politiques nationales ou locales. Ces structures ont jusqu'ici maintenu une unité sans faille. Le site de notre campagne, www.sayno.ie, que je vous invite à visiter, est quotidiennement mis à jour par trois militants du CAEUC. Nos moyens financiers sont dérisoires. Notre budget prévisionnel était seulement de 10 000 euros, que nous espérons mobiliser. J'en profite pour remercier chaleureusement les participants à ce colloque, ainsi que Mémoire des luttes en tant que telle, pour leur généreuse contribution financière à notre campagne. Je remercie également Susan George qui est venue cet après-midi au colloque pour me remettre la contribution d'Attac France et la sienne propre.

Mais vous avez été rejoints par une organisation, Libertas, qui, elle, ne semble pas manquer de moyens…
Effectivement, une organisation de ce nom, animée par un multi-milliardaire, M. Richard Ganley, est apparue sur la scène du « non » il y a quelques semaines. Elle mène sa campagne sans aucun lien avec nous, et sur des thèmes qui ne sont pas les nôtres, en particulier sur le fait que, avec le traité de Lisbonne, l'Irlande n'aura pas de commissaire cinq ans sur quinze.
Libertas a publié et distribue gratuitement le traité de Lisbonne dans sa version intégrale, un véritable pied de nez au gouvernement. M. Ganley invoque des « raisons personnelles » pour son initiative, dans laquelle il a investi un demi-million d'euros. Notre attitude est simple : bien qu'il nous y ait conviés, nous ne travaillons pas avec lui, mais nous ne l'attaquons pas non plus. Ce n'est pas à nous qu'il pose un problème, mais aux « élites » irlandaises. Comme me le disait mon épouse : « He sounds yes, but he speaks no ».

Quels sont vos thèmes de campagne ?
Ils sont au nombre de six, chacun méthodiquement argumenté : la militarisation impulsée par le traité ; le travail de sape de la démocratie ; la priorité au « big business » contre le peuple ; les dangers de la Charte des droits fondamentaux ; le commerce juste ; les relations de l'UE avec les pays sous-développés ; la protection de l'environnement. Le thème de la militarisation est particulièrement sensible en Irlande, pays traditionnellement neutre et n'appartenant pas à l'OTAN. Nous rappelons constamment que ni le gouvernement précédent de Bertie Ahern (démissionnaire depuis trois semaines pour cause d'accusations de corruption) ni l'actuel, celui de Brian Cowen, n'ont été neutres par rapport aux États-Unis.
La neutralité aurait impliqué que notre territoire ne soit pas utilisé par des belligérants. Bafouant ce principe fondamental et les dispositions de la Convention de La Haye de 1907, nos « élites » politiques ont autorisé plus d'un million de soldats américains à faire escale à l'aéroport de Shannon en route pour l'Irak et l'Afghanistan, ou en revenant. Elles ont autorisé, entre autres, sans les fouiller, le transit d'avions transportant des détenus destinés à des centres de torture en Pologne, en Roumanie et en Égypte.

Vous êtes confiants dans le résultat du 12 juin ?

Tout est possible, car le nombre d'indécis est encore très important. Nous faisons une campagne de fond, pas de slogans. Quoi qu'il arrive, elle laissera son empreinte sur la société irlandaise.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne
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Mardi 10 juin 2008

La Commission européenne vient de lancer une nouvelle attaque massive contre le Code du Travail de plusieurs pays européens, dont la France.

Les Commissaires européens, qui n’ont jamais été élus à ces fonctions stratégiques par qui que ce soit, et parmi lesquels on compte 1 Français sur 27, ont en effet décidé de mettre à l’ordre du jour leur projet de révision de l’actuelle Directive européenne sur le temps de travail.


Ce projet, qui sera examiné au prochain conseil des ministres européens de l’Emploi et des Affaires sociales le 9 juin à Luxembourg, prévoit le maintien et la pérennisation de la procédure dite d’« opting out », procédure qui permet à une entreprise de déroger, dans un cadre individuel, à la règle du maximum de 48 heures hebdomadaires de travail. Rappelons que cette règle des 48 heures de travail maximum par semaine avait été établie pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs, de même que leur bien-être et leur vie de famille.

L’Europe veut repousser de 48 à 60 heures la durée maximum de travail autorisée

Si cette nouvelle Directive européenne banalisant le travail au-delà des 48 heures par semaine est avalisée par les ministres des 27 États européens, les salariés ne disposeront alors plus que d’une ultime protection juridique : la Commission européenne propose de limiter la durée maximale hebdomadaire à 60 heures de travail calculée en moyenne sur trois mois. Du reste, le même projet de révision de la Directive prévoit aussi d’étendre à 12 mois, au lieu de 3, la période de référence pour le calcul de la durée moyenne de travail hebdomadaire.

Autant dire que ce que la Commission européenne a en tête, c’est bien de rendre licites, sinon banales, des semaines de travail pouvant aller jusqu’à 60 heures.

Elle se retranche hypocritement derrière l’idée que cette durée résulterait de « négociations » effectuées par les entreprises au cas par cas avec leurs salariés. Mais, compte tenu de la situation de l’emploi et de la précarisation croissante des contrats de travail, il n’est pas besoin d’être devin pour prévoir que ces « négociations » opposant le salarié-pot-de-terre à l’employeur-pot-de-fer risqueront de tourner rapidement à l’alternative : « c’est 60 heures de travail par semaine ou vous prenez la porte. »

Cerise sur le gâteau, ce projet de « modernisation » de la Directive européenne sur le temps de travail prévoit également que le temps de garde sur le lieu de travail ne soit plus considéré comme temps de travail effectif, contrairement à la jurisprudence européenne actuelle.

Une régression sociale de 90 ans en arrière

La « modernisation » concoctée par les dictateurs de Bruxelles revient, avec un cynisme consommé, à affubler du terme de modernité ce qui constitue au contraire une formidable régression sociale. Comme vient de s’en indigner le syndicat FO, il s’agit en effet rien moins que de supprimer la limite des 48 heures de travail hebdomadaire, durée qui avait été fixée par la Convention n°1 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en... 1919 !

Cette régression sociale de 90 ans en arrière est si spectaculaire que ce projet de révision de la Directive sur le temps de travail - voulu par la Commission européenne depuis des années - a été bloqué depuis des années par quelques États, dont la France. Mais cette fois-ci, il est possible qu’elle soit enfin entérinée par les 27 ministres de l’Emploi et des Affaires sociales qui doivent se réunir à Luxembourg.  Les lobbys industriels très actifs auprès de la Commission européenne exercent une pression considérable, de nombreux nouveaux États membres y sont favorables, et plusieurs capitales jusque-là rétives, dont Paris et Londres, ont souligné cette semaine leur volonté d’aboutir sur ce texte.

CONCLUSION : LE VISAGE HIDEUX DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE

Avec ce goût pour les antiphrases cyniques et odieuses qui est celui de toutes les dictatures, la « construction européenne » est une déconstruction de tout ce qu’avaient bâti nos aïeux. Sa prétendue « modernité » camoufle un retour impitoyable et sournois à l’Europe du XIXe siècle. Avec les enfants que l’on est en train de remettre au travail à partir de 12 ans, avec des semaines de travail de plus en plus interminables, avec une précarité sociale croissante et tous azimuts, avec la paupérisation du plus grand nombre tandis qu’une infime minorité de fortunes indécentes donne des leçons de morale, la construction européenne nous ramène avec obstination et aveuglement à l’Europe de Dickens.

Ainsi donc, la « construction européenne » apparaît chaque année un peu plus pour ce qu’elle est : une phénoménale régression historique, politique, économique et sociale, une sorte de Restauration dans l’esprit de Louis XVIII et du retour de ces nobles émigrés qui n’avaient, selon le mot fameux de Talleyrand, « rien oublié, ni rien appris ».

La dictature européenne est en train de faire régresser la France et tout le continent européen vers une situation moralement inhumaine et socialement explosive, celle-là même qui provoqua toutes les convulsions tragiques des deux siècles passés.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale
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Dimanche 8 juin 2008


On le sait, nos chers amis européistes, qui prétendent penser mieux que tout le monde, excellent dans l'art de mépriser les peuples. Que ce soit dans les menaces et culpabilisations incessantes, dans l'insulte gratuite ou dans le piétinement des volontés populaires, ils semblent même y prendre un malin et délicieux plaisir. Cette semaine, les peuples néerlandais et irlandais ont reçu les honneurs de l'intelligentsia européiste. Aussi jouissif pour ces derniers que révoltant pour tout citoyen qui se respecte.

 Le "non" néerlandais liquidé, trois ans après

 Le jeudi 5 juin, trois ans quasiment jour pour jour après le "NON" des Néerlandais à la Constitution européenne, le Parlement des Pays-Bas ratifiait sa quasi-copie, le Traité de Lisbonne, à une majorité de 111 voix contre 39. Ce qui est un véritable viol de la démocratie s'est pourtant déroulé dans la plus stricte indifférence générale, comme en France il ya trois mois. Au plus grand bonheur des intégristes "européens", qui savourent allègrement le fait d'avoir mis à terre la volonté populaire. On achève bien les consciences citoyennes...

Irlandais, marche ou crève !


Le lendemain, pourtant, la ratification du traité par l'Irlande, qui doit s'y faire par référendum, semblait compromise. En effet, le quotidien Irish Times publiait un sondage donnant pour la première fois le "non" en tête à 35 %  contre 30 % au "oui" - 28 % restant indécis. La probabilité d'un "non" Irlandais, à une semaine du scrutin, a littéralement délié les langues des grands démocrates européistes. Réagissant à ce sondage, la propagande "oui-ouiste" a redoublé d'efforts, passant des arguments bling-bling (voir photo ci-dessus) à ceux catastrophistes, non moins sérieux. Dirigeants et éditorialistes de toute l'Europe sont venus à la rescousse, exhortant les Irlandais à choisir entre "oui", et ce qu'ils appellent la "catastrophe", la "crise" ou encore le "chaos". La Commission européenne a précisé qu'il n'existait pas de "plan B". D'autres ont rappelé que les Irlandais n'avaient aucune raison de se plaindre d'une Europe qui l'a engraissée financièrement. En d'autres termes, les Irlandais doivent faire ce qu'on leur dit : ils n'ont pas le choix et n'ont pas à se protester. Que l'"Europe" leur impose à longueur de temps leur sinistre diktat et aliène leur liberté, cela est évidemment secondaire. On le sait, la sauvegarde de la démocratie, partout en Europe, ne fait absolument pas partie des soucis des "européens" bien-pensants, loin de là.

Rendez-vous jeudi prochain

La semaine prochaine, jeudi 12 plus précisément, aura donc lieu le référendum irlandais. Nul doute que d'ici là, et bien sûr au-delà, l'entreprise jouissive va continuer. Nul doute que la machine propagandiste de l'intelligentsia européiste va tourner à plein régime. Nul doute que les donneurs de leçons d'après-scrutin-négatif-européen se tiennent déjà prêts.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne
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Dimanche 8 juin 2008

Pour la première fois de son histoire, le Conseil national de l'Ordre des médecins vient de s'associer publiquement aux quatre grands syndicats de médecins libéraux français (CSMF, MG-France, SML, FMF) dans un texte commun titré "Maintenir des services de santé de proximité et protéger le secteur de la Santé des appétits des financiers ". Ce communiqué sans précédent historique dénonce le " diktat de la Commission Européenne exigeant de la France qu'elle laisse des capitaux, de toute nature, prendre la maîtrise des sociétés d'exercice (SEL) constituées entre professionnels de santé libéraux." 


Interrogé par l'AFP, le Dr Martial Olivier-Koehret, président du syndicat MG-France, a déclaré que "pour qu'on ait une position commune il faut qu'on soit très inquiets: ça n'est jamais arrivé ".

Dogmatisme européen

Avec son dogmatisme habituel, la Commission européenne considère la santé comme un service comme les autres. Elle exige donc qu'il soit ouvert à la concurrence et elle impose à la France de modifier sa loi sur les "sociétés d'exercice libéral" (SEL) pour ouvrir leur capital aux financiers qui veulent les acquérir.

Actuellement, les SEL doivent être possédées en majorité (75 à 100%) par des professionnels, afin de préserver l'indépendance et la qualité de leur exercice. Ce que veut Bruxelles, c'est faire sauter ce verrou qui interdit à des non-professionnels de la santé de dépasser 25% du capital. Et c'est ce qui provoque la réprobation unanime des médecins, pharmaciens, dentistes, mais aussi sages-femmes et kinésithérapeutes français.

La tactique du salami

Comme à l'accoutumée, Bruxelles utilise également la "tactique du salami" pour parvenir à ses fins. Comment ? En pratiquant des coups de force sournois et petit à petit, pour imposer de façon progressive et peu visible une politique rejetée par une écrasante majorité de Français.

C'est ainsi que, dans un premier temps, les exigences de la Commission européenne ne concernent que les laboratoires d'analyses constitués en SEL, qui se voient donc sommés d'ouvrir leurs capitaux à des non professionnels de la santé.

Mais les autres professions de la santé ne perdent rien pour attendre : ce qui est en train d'arriver aux biologistes va arriver aux pharmaciens. Puis ce sera le tour des médecins en SEL. Enfin, cela s'étendra à l'activité de l'ensemble des médecins français.

Mise en garde solennelle

Dans leur communiqué du 3 juin 2008, le Conseil de l'Ordre des médecins et les syndicats de médecins libéraux " demandent au Gouvernement et au Parlement de maintenir la réglementation qui, jusqu'à présent, a garanti la qualité des soins et l'indépendance professionnelle. "

L'ensemble des représentants du corps médical assortit cette demande d'une mise en garde solennelle : "La santé ne doit pas devenir une marchandise livrée aux spéculations financières avec des processus de concentration et une recherche de rentabilité immédiate incompatibles avec la proximité que les médecins offrent aujourd'hui aux patients. [...] La position de la Commission européenne met aujourd'hui brutalement en cause la reconnaissance de la spécificité du secteur de la santé " .

La logique de l'Europe : ponctionner notre production de richesses pour mieux servir les fonds de pension anglo-saxons.

Ce que ne dit pas le communiqué conjoint de tous les organismes représentatifs du monde médical, c'est que l'ouverture du capital des SEL à des non-professionnels de la santé se fera pour l'essentiel au bénéfice des fonds de pension anglo-saxons et notamment américains.

En d'autres termes, la logique qui découle de la politique de l'Europe, sur cette question des métiers de la santé comme sur bien d'autres sujets, c'est d'exiger toujours plus de rentabilité en France, pour pouvoir servir des dividendes toujours plus élevés aux actionnaires et aux retraités…américains. Il ne s'agit rien moins que d'un pillage organisé et déguisé de façon présentable.

Rappelons ici que, si les fonds d'investissement américains sont à ce point pléthoriques qu'ils peuvent virtuellement tout acheter, c'est parce que l'ensemble de la société américaine est fondée sur un hyper-endettement à côté duquel l'endettement de la France est dérisoire.

Conclusion : pour la santé comme pour tout le reste, une seule solution : sortir de l'Union européenne au plus vite

Naturellement, le prétendu " gouvernement français " a fait savoir, sur ce sujet de la santé comme sur tous les autres, qu'il obéirait à Bruxelles. C'est logique puisque notre " gouvernement " ne gouverne plus rien du tout. Il n'est que l'exécuteur des directives européennes.

Interrogé sur le communiqué historique de l'Ordre des Médecins et de tous les syndicats de médecins libéraux, le ministère de la Santé a donc botté en touche, en indiquant seulement avoir quémandé à la Commission européenne un " délai supplémentaire pour finaliser avec les professionnels la réforme déjà en cours. La France a pris l'engagement de répondre aux griefs de la Commission, en adoptant une loi d'ici fin 2008-début 2009".

Dans l'ensemble du secteur de la santé, comme dans celui de l'industrie, de l'agriculture, des pêches, des professions libérales, des hôteliers-restaurateurs, et l'on en passe, les esprits ont commencé à évoluer. Toutes les catégories sociales commencent à comprendre que la prétendue " construction européenne ", c'est la destruction de la France, de notre démocratie, de notre modèle social et même de notre modèle de santé. Il est désormais grand temps d'arrêter les frais et de sortir de l'Union européenne, conformément à l'article 49A du nouveau traité de Lisbonne.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Santé et Environnement
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Samedi 7 juin 2008


Par Guylain Chevrier