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"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
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"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Mardi 10 juin 2008

Entretien avec Michael Youlton, Coordinateur national du vote « non » au traité de Lisbonne en Irlande (CAEUC).


Le samedi 7 juin, Michael Youlton, coordinateur national du vote « non » au traité de Lisbonne, est venu spécialement d'Irlande pour participer au colloque En finir avec l'eurolibéralisme, organisé par Mémoire des luttes, Utopie critique et l'Institut d'études européennes de l'université Paris 8. Il répond ici aux questions de Mémoire des luttes sur le référendum du jeudi 12 juin.


Michael Youlton, pourquoi un référendum en Irlande, alors que les 26 autres membres de l'Union européenne, par crainte d'un rejet populaire, ont opté pour une ratification parlementaire du traité de Lisbonne ?
Croyez bien que ce n'est pas de gaieté de cœur que le gouvernement de la République d'Irlande organise cette consultation dont les 26 autres chefs d'État ou de gouvernement de l'UE ont privé leurs concitoyens. Mais il y est tenu par une disposition constitutionnelle datant de 1987. Un recours avait alors été formé devant la Cour suprême par Raymond Crotty pour s'opposer à la ratification de l'Acte unique européen par une majorité simple du Dail, le Parlement irlandais. La Cour statua que toute modification significative des traités européens nécessitait un amendement constitutionnel, donc, selon la Constitution, une consultation du peuple par référendum. C'est le cas pour le traité de Lisbonne.

Quelles sont les forces qui appellent à voter oui ?
Sur le papier, elles sont impressionnantes. On y trouve le parti au pouvoir, le Fianna Fail ; le principal parti d'opposition, le Fine Gael ; le Parti travailliste. S'y ajoutent les deux organisations patronales, les Chambres de commerce, les évêques et la quasi totalité des médias. Et bien entendu tout le gouvernement. Un récent article du Monde a qualifié les forces du « non » de rassemblement « hétéroclite ». Que dire alors des forces du « oui » ! Finalement, c'est une configuration qui rappelle celle des « ouistes » en France à l'occasion du référendum du 29 mai 2005.

Quels sont les arguments des partisans du oui ?
Le discours des partis est plus que sommaire. Les affiches du Fianna Fail disent simplement « C'est bon pour l'Irlande. C'est bon pour l'Europe. Votez oui ». L'IBEC, principale organisation patronale, exhorte à voter oui « pour les emplois, l'économie et l'avenir de l'Irlande ».
Quant aux évêques, qui se sont mobilisés plus récemment pour contrer les propos de prêtres qui, dans certaines paroisses, appelaient à voter non, ils mettent surtout en garde contre le vote-sanction contre le gouvernement : « Le référendum ne doit pas être utilisé pour émettre un vote de protestation. Il doit porter sur les valeurs. Il y a des valeurs humanistes chrétiennes dans le traité ». L'épiscopat regrette cependant qu'il n'y ait pas dans ce traité de « reconnaissance explicite de l'héritage chrétien de l'Europe »…
Sans doute instruit par l'expérience française, qui avait permis à tous les citoyens de décortiquer le traité constitutionnel européen qu'ils avaient reçu par la poste, le gouvernement a cru habile de ne pas diffuser le texte complet du traité de Lisbonne. Au motif qu'il était trop compliqué, que les citoyens ne le comprendraient pas et que cela coûterait trop cher, il s'est contenté d'en distribuer un résumé de 30 pages, rédigé par une commission prétendument « indépendante » : 15 en langue irlandaise et 15 en anglais.
Cela n'a fait qu'alimenter la suspicion et donner aux citoyens l'impression qu'on leur cachait des choses et que l'on leur réclamait simplement un chèque en blanc.

Quelles sont les forces qui appellent à voter non ?
Sur le papier, face aux puissantes organisations du « oui », elles sont très réduites, et le « non », au début de la campagne, ne recueillait que de faibles intentions de vote dans les sondages. Notre campagne pour le « non » est menée par un collectif de 14 organisations : Communist Party of Ireland, Community & Workers Action Group, Éirígí, Irish Anti-War Movement, Irish Republican Socialist Party, Irish Socialist Network, Peace & Neutrality Alliance, People Before Profit, People's Movement, Sinn Féin, Socialist Party, Socialist Workers Party, Workers Party. A l'exception du parti Sinn Fein (mais qui n'a que deux parlementaires), il s'agit de petites, voire très petites structures associatives et politiques nationales ou locales. Ces structures ont jusqu'ici maintenu une unité sans faille. Le site de notre campagne, www.sayno.ie, que je vous invite à visiter, est quotidiennement mis à jour par trois militants du CAEUC. Nos moyens financiers sont dérisoires. Notre budget prévisionnel était seulement de 10 000 euros, que nous espérons mobiliser. J'en profite pour remercier chaleureusement les participants à ce colloque, ainsi que Mémoire des luttes en tant que telle, pour leur généreuse contribution financière à notre campagne. Je remercie également Susan George qui est venue cet après-midi au colloque pour me remettre la contribution d'Attac France et la sienne propre.

Mais vous avez été rejoints par une organisation, Libertas, qui, elle, ne semble pas manquer de moyens…
Effectivement, une organisation de ce nom, animée par un multi-milliardaire, M. Richard Ganley, est apparue sur la scène du « non » il y a quelques semaines. Elle mène sa campagne sans aucun lien avec nous, et sur des thèmes qui ne sont pas les nôtres, en particulier sur le fait que, avec le traité de Lisbonne, l'Irlande n'aura pas de commissaire cinq ans sur quinze.
Libertas a publié et distribue gratuitement le traité de Lisbonne dans sa version intégrale, un véritable pied de nez au gouvernement. M. Ganley invoque des « raisons personnelles » pour son initiative, dans laquelle il a investi un demi-million d'euros. Notre attitude est simple : bien qu'il nous y ait conviés, nous ne travaillons pas avec lui, mais nous ne l'attaquons pas non plus. Ce n'est pas à nous qu'il pose un problème, mais aux « élites » irlandaises. Comme me le disait mon épouse : « He sounds yes, but he speaks no ».

Quels sont vos thèmes de campagne ?
Ils sont au nombre de six, chacun méthodiquement argumenté : la militarisation impulsée par le traité ; le travail de sape de la démocratie ; la priorité au « big business » contre le peuple ; les dangers de la Charte des droits fondamentaux ; le commerce juste ; les relations de l'UE avec les pays sous-développés ; la protection de l'environnement. Le thème de la militarisation est particulièrement sensible en Irlande, pays traditionnellement neutre et n'appartenant pas à l'OTAN. Nous rappelons constamment que ni le gouvernement précédent de Bertie Ahern (démissionnaire depuis trois semaines pour cause d'accusations de corruption) ni l'actuel, celui de Brian Cowen, n'ont été neutres par rapport aux États-Unis.
La neutralité aurait impliqué que notre territoire ne soit pas utilisé par des belligérants. Bafouant ce principe fondamental et les dispositions de la Convention de La Haye de 1907, nos « élites » politiques ont autorisé plus d'un million de soldats américains à faire escale à l'aéroport de Shannon en route pour l'Irak et l'Afghanistan, ou en revenant. Elles ont autorisé, entre autres, sans les fouiller, le transit d'avions transportant des détenus destinés à des centres de torture en Pologne, en Roumanie et en Égypte.

Vous êtes confiants dans le résultat du 12 juin ?

Tout est possible, car le nombre d'indécis est encore très important. Nous faisons une campagne de fond, pas de slogans. Quoi qu'il arrive, elle laissera son empreinte sur la société irlandaise.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne
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Mardi 10 juin 2008

La Commission européenne vient de lancer une nouvelle attaque massive contre le Code du Travail de plusieurs pays européens, dont la France.

Les Commissaires européens, qui n’ont jamais été élus à ces fonctions stratégiques par qui que ce soit, et parmi lesquels on compte 1 Français sur 27, ont en effet décidé de mettre à l’ordre du jour leur projet de révision de l’actuelle Directive européenne sur le temps de travail.


Ce projet, qui sera examiné au prochain conseil des ministres européens de l’Emploi et des Affaires sociales le 9 juin à Luxembourg, prévoit le maintien et la pérennisation de la procédure dite d’« opting out », procédure qui permet à une entreprise de déroger, dans un cadre individuel, à la règle du maximum de 48 heures hebdomadaires de travail. Rappelons que cette règle des 48 heures de travail maximum par semaine avait été établie pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs, de même que leur bien-être et leur vie de famille.

L’Europe veut repousser de 48 à 60 heures la durée maximum de travail autorisée

Si cette nouvelle Directive européenne banalisant le travail au-delà des 48 heures par semaine est avalisée par les ministres des 27 États européens, les salariés ne disposeront alors plus que d’une ultime protection juridique : la Commission européenne propose de limiter la durée maximale hebdomadaire à 60 heures de travail calculée en moyenne sur trois mois. Du reste, le même projet de révision de la Directive prévoit aussi d’étendre à 12 mois, au lieu de 3, la période de référence pour le calcul de la durée moyenne de travail hebdomadaire.

Autant dire que ce que la Commission européenne a en tête, c’est bien de rendre licites, sinon banales, des semaines de travail pouvant aller jusqu’à 60 heures.

Elle se retranche hypocritement derrière l’idée que cette durée résulterait de « négociations » effectuées par les entreprises au cas par cas avec leurs salariés. Mais, compte tenu de la situation de l’emploi et de la précarisation croissante des contrats de travail, il n’est pas besoin d’être devin pour prévoir que ces « négociations » opposant le salarié-pot-de-terre à l’employeur-pot-de-fer risqueront de tourner rapidement à l’alternative : « c’est 60 heures de travail par semaine ou vous prenez la porte. »

Cerise sur le gâteau, ce projet de « modernisation » de la Directive européenne sur le temps de travail prévoit également que le temps de garde sur le lieu de travail ne soit plus considéré comme temps de travail effectif, contrairement à la jurisprudence européenne actuelle.

Une régression sociale de 90 ans en arrière

La « modernisation » concoctée par les dictateurs de Bruxelles revient, avec un cynisme consommé, à affubler du terme de modernité ce qui constitue au contraire une formidable régression sociale. Comme vient de s’en indigner le syndicat FO, il s’agit en effet rien moins que de supprimer la limite des 48 heures de travail hebdomadaire, durée qui avait été fixée par la Convention n°1 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en... 1919 !

Cette régression sociale de 90 ans en arrière est si spectaculaire que ce projet de révision de la Directive sur le temps de travail - voulu par la Commission européenne depuis des années - a été bloqué depuis des années par quelques États, dont la France. Mais cette fois-ci, il est possible qu’elle soit enfin entérinée par les 27 ministres de l’Emploi et des Affaires sociales qui doivent se réunir à Luxembourg.  Les lobbys industriels très actifs auprès de la Commission européenne exercent une pression considérable, de nombreux nouveaux États membres y sont favorables, et plusieurs capitales jusque-là rétives, dont Paris et Londres, ont souligné cette semaine leur volonté d’aboutir sur ce texte.

CONCLUSION : LE VISAGE HIDEUX DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE

Avec ce goût pour les antiphrases cyniques et odieuses qui est celui de toutes les dictatures, la « construction européenne » est une déconstruction de tout ce qu’avaient bâti nos aïeux. Sa prétendue « modernité » camoufle un retour impitoyable et sournois à l’Europe du XIXe siècle. Avec les enfants que l’on est en train de remettre au travail à partir de 12 ans, avec des semaines de travail de plus en plus interminables, avec une précarité sociale croissante et tous azimuts, avec la paupérisation du plus grand nombre tandis qu’une infime minorité de fortunes indécentes donne des leçons de morale, la construction européenne nous ramène avec obstination et aveuglement à l’Europe de Dickens.

Ainsi donc, la « construction européenne » apparaît chaque année un peu plus pour ce qu’elle est : une phénoménale régression historique, politique, économique et sociale, une sorte de Restauration dans l’esprit de Louis XVIII et du retour de ces nobles émigrés qui n’avaient, selon le mot fameux de Talleyrand, « rien oublié, ni rien appris ».

La dictature européenne est en train de faire régresser la France et tout le continent européen vers une situation moralement inhumaine et socialement explosive, celle-là même qui provoqua toutes les convulsions tragiques des deux siècles passés.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale
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Dimanche 8 juin 2008


On le sait, nos chers amis européistes, qui prétendent penser mieux que tout le monde, excellent dans l'art de mépriser les peuples. Que ce soit dans les menaces et culpabilisations incessantes, dans l'insulte gratuite ou dans le piétinement des volontés populaires, ils semblent même y prendre un malin et délicieux plaisir. Cette semaine, les peuples néerlandais et irlandais ont reçu les honneurs de l'intelligentsia européiste. Aussi jouissif pour ces derniers que révoltant pour tout citoyen qui se respecte.

 Le "non" néerlandais liquidé, trois ans après

 Le jeudi 5 juin, trois ans quasiment jour pour jour après le "NON" des Néerlandais à la Constitution européenne, le Parlement des Pays-Bas ratifiait sa quasi-copie, le Traité de Lisbonne, à une majorité de 111 voix contre 39. Ce qui est un véritable viol de la démocratie s'est pourtant déroulé dans la plus stricte indifférence générale, comme en France il ya trois mois. Au plus grand bonheur des intégristes "européens", qui savourent allègrement le fait d'avoir mis à terre la volonté populaire. On achève bien les consciences citoyennes...

Irlandais, marche ou crève !


Le lendemain, pourtant, la ratification du traité par l'Irlande, qui doit s'y faire par référendum, semblait compromise. En effet, le quotidien Irish Times publiait un sondage donnant pour la première fois le "non" en tête à 35 %  contre 30 % au "oui" - 28 % restant indécis. La probabilité d'un "non" Irlandais, à une semaine du scrutin, a littéralement délié les langues des grands démocrates européistes. Réagissant à ce sondage, la propagande "oui-ouiste" a redoublé d'efforts, passant des arguments bling-bling (voir photo ci-dessus) à ceux catastrophistes, non moins sérieux. Dirigeants et éditorialistes de toute l'Europe sont venus à la rescousse, exhortant les Irlandais à choisir entre "oui", et ce qu'ils appellent la "catastrophe", la "crise" ou encore le "chaos". La Commission européenne a précisé qu'il n'existait pas de "plan B". D'autres ont rappelé que les Irlandais n'avaient aucune raison de se plaindre d'une Europe qui l'a engraissée financièrement. En d'autres termes, les Irlandais doivent faire ce qu'on leur dit : ils n'ont pas le choix et n'ont pas à se protester. Que l'"Europe" leur impose à longueur de temps leur sinistre diktat et aliène leur liberté, cela est évidemment secondaire. On le sait, la sauvegarde de la démocratie, partout en Europe, ne fait absolument pas partie des soucis des "européens" bien-pensants, loin de là.

Rendez-vous jeudi prochain

La semaine prochaine, jeudi 12 plus précisément, aura donc lieu le référendum irlandais. Nul doute que d'ici là, et bien sûr au-delà, l'entreprise jouissive va continuer. Nul doute que la machine propagandiste de l'intelligentsia européiste va tourner à plein régime. Nul doute que les donneurs de leçons d'après-scrutin-négatif-européen se tiennent déjà prêts.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne
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Dimanche 8 juin 2008

Pour la première fois de son histoire, le Conseil national de l'Ordre des médecins vient de s'associer publiquement aux quatre grands syndicats de médecins libéraux français (CSMF, MG-France, SML, FMF) dans un texte commun titré "Maintenir des services de santé de proximité et protéger le secteur de la Santé des appétits des financiers ". Ce communiqué sans précédent historique dénonce le " diktat de la Commission Européenne exigeant de la France qu'elle laisse des capitaux, de toute nature, prendre la maîtrise des sociétés d'exercice (SEL) constituées entre professionnels de santé libéraux." 


Interrogé par l'AFP, le Dr Martial Olivier-Koehret, président du syndicat MG-France, a déclaré que "pour qu'on ait une position commune il faut qu'on soit très inquiets: ça n'est jamais arrivé ".

Dogmatisme européen

Avec son dogmatisme habituel, la Commission européenne considère la santé comme un service comme les autres. Elle exige donc qu'il soit ouvert à la concurrence et elle impose à la France de modifier sa loi sur les "sociétés d'exercice libéral" (SEL) pour ouvrir leur capital aux financiers qui veulent les acquérir.

Actuellement, les SEL doivent être possédées en majorité (75 à 100%) par des professionnels, afin de préserver l'indépendance et la qualité de leur exercice. Ce que veut Bruxelles, c'est faire sauter ce verrou qui interdit à des non-professionnels de la santé de dépasser 25% du capital. Et c'est ce qui provoque la réprobation unanime des médecins, pharmaciens, dentistes, mais aussi sages-femmes et kinésithérapeutes français.

La tactique du salami

Comme à l'accoutumée, Bruxelles utilise également la "tactique du salami" pour parvenir à ses fins. Comment ? En pratiquant des coups de force sournois et petit à petit, pour imposer de façon progressive et peu visible une politique rejetée par une écrasante majorité de Français.

C'est ainsi que, dans un premier temps, les exigences de la Commission européenne ne concernent que les laboratoires d'analyses constitués en SEL, qui se voient donc sommés d'ouvrir leurs capitaux à des non professionnels de la santé.

Mais les autres professions de la santé ne perdent rien pour attendre : ce qui est en train d'arriver aux biologistes va arriver aux pharmaciens. Puis ce sera le tour des médecins en SEL. Enfin, cela s'étendra à l'activité de l'ensemble des médecins français.

Mise en garde solennelle

Dans leur communiqué du 3 juin 2008, le Conseil de l'Ordre des médecins et les syndicats de médecins libéraux " demandent au Gouvernement et au Parlement de maintenir la réglementation qui, jusqu'à présent, a garanti la qualité des soins et l'indépendance professionnelle. "

L'ensemble des représentants du corps médical assortit cette demande d'une mise en garde solennelle : "La santé ne doit pas devenir une marchandise livrée aux spéculations financières avec des processus de concentration et une recherche de rentabilité immédiate incompatibles avec la proximité que les médecins offrent aujourd'hui aux patients. [...] La position de la Commission européenne met aujourd'hui brutalement en cause la reconnaissance de la spécificité du secteur de la santé " .

La logique de l'Europe : ponctionner notre production de richesses pour mieux servir les fonds de pension anglo-saxons.

Ce que ne dit pas le communiqué conjoint de tous les organismes représentatifs du monde médical, c'est que l'ouverture du capital des SEL à des non-professionnels de la santé se fera pour l'essentiel au bénéfice des fonds de pension anglo-saxons et notamment américains.

En d'autres termes, la logique qui découle de la politique de l'Europe, sur cette question des métiers de la santé comme sur bien d'autres sujets, c'est d'exiger toujours plus de rentabilité en France, pour pouvoir servir des dividendes toujours plus élevés aux actionnaires et aux retraités…américains. Il ne s'agit rien moins que d'un pillage organisé et déguisé de façon présentable.

Rappelons ici que, si les fonds d'investissement américains sont à ce point pléthoriques qu'ils peuvent virtuellement tout acheter, c'est parce que l'ensemble de la société américaine est fondée sur un hyper-endettement à côté duquel l'endettement de la France est dérisoire.

Conclusion : pour la santé comme pour tout le reste, une seule solution : sortir de l'Union européenne au plus vite

Naturellement, le prétendu " gouvernement français " a fait savoir, sur ce sujet de la santé comme sur tous les autres, qu'il obéirait à Bruxelles. C'est logique puisque notre " gouvernement " ne gouverne plus rien du tout. Il n'est que l'exécuteur des directives européennes.

Interrogé sur le communiqué historique de l'Ordre des Médecins et de tous les syndicats de médecins libéraux, le ministère de la Santé a donc botté en touche, en indiquant seulement avoir quémandé à la Commission européenne un " délai supplémentaire pour finaliser avec les professionnels la réforme déjà en cours. La France a pris l'engagement de répondre aux griefs de la Commission, en adoptant une loi d'ici fin 2008-début 2009".

Dans l'ensemble du secteur de la santé, comme dans celui de l'industrie, de l'agriculture, des pêches, des professions libérales, des hôteliers-restaurateurs, et l'on en passe, les esprits ont commencé à évoluer. Toutes les catégories sociales commencent à comprendre que la prétendue " construction européenne ", c'est la destruction de la France, de notre démocratie, de notre modèle social et même de notre modèle de santé. Il est désormais grand temps d'arrêter les frais et de sortir de l'Union européenne, conformément à l'article 49A du nouveau traité de Lisbonne.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Santé et Environnement
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Samedi 7 juin 2008


Par Guylain Chevrier


Riposte laïque occupe, dans le paysage politique actuel une place originale, qui a pour particularité de ne pas hésiter à sortir des idées reçues et à transgresser les clivages politiques traditionnels. Entre un politiquement correct de droite et un politiquement correct de gauche, et tout particulièrement d’extrême-gauche, étouffant pour la pensée critique, il existe un espace essentiel à investir, où nous avons établi notre camp. De quoi s’agit-il ? De défendre sans concession les valeurs de notre République, liberté-égalité et fraternité, et comme principe premier la laïcité, de refuser l’idéologie de la tolérance et de la compassion qui les minent, d’accommodements en accommodements, de concessions en renoncements. Le champ que nous tentons d’occuper sous cette volonté ne vient pas de nulle part, mais découle d’une situation historique qu’il faut situer pour en voir les enjeux essentiels.

Crise du politique et discrédit gauchiste de l’alternative politique

Depuis la victoire de la gauche de mai 1981, portée par l’immense espoir d’un changement de société trahi par une politique lui tournant le dos une fois conquis le pouvoir, la gauche institutionnelle n’a cessé de dériver de renoncements en renoncements, vers l’abandon de tout projet de société remettant en cause les fondements du système capitaliste. Le PS a continué son glissement à droite à travers la défense sans vergogne du libéralisme sous le projet d’une Europe fédérale, superstructure de la mondialisation capitaliste (comme s’en réclamait il y a quelques jours encore un certain Bertrand Delanoë ou comme peut le représenter un DSK président du FMI) Le PC quant à lui dévissait, de sa participation à des gouvernements de gauche mettant en pratique une politique de plus en plus libérale, jusqu’à l’abandon de toute analyse de classe de la société laissant pour compte l’ouvrier et la nation, pour rejoindre finalement une extrême-gauche boboïsante compassionnelle, communautariste et antinationale.

La droite et le PS se positionnent à présent comme concurrents dans la course au meilleur élève de la mondialisation libérale, chacun avec sa méthode de vente, le PC et l’extrême-gauche servant dans ce jeu d’alibi démocratique, derrière un dogmatisme centré sur la défense du multiculturalisme et du culte des droits d’un individu où la liberté à disposer de lui-même a remplacé toute idée d’horizon commun. Le résultat en est pour ces révolutionnaires d’être rendus incapable de produire la cohérence d’un projet politique tangible à opposer à la domination de l’argent-roi. Les grands patrons et les princes de l’actionnariat s’en frottent les mains.

Dans tout cela, aucune perspective, mais un désenchantement de la chose publique qui fragilise notre démocratie et la prive de sa capacité primordiale à jouer son rôle d’instrument de correction de la trajectoire collective, par la promotion d’une alternative politique portant les intérêts populaires.

Le gauchisme, un allié du capitalisme qui doit diviser pour régner

Le capitalisme est en crise mais s’adapte en faisant reculer les sociétés développées sur leurs acquis, il ne peut avancer qu’en divisant et en reprenant des droits. Les individus face à l’absence de perspective, d’alternative, ont tendance à se replier sur eux-mêmes, dans tout ce qui peut constituer une identité refuge à l’aune d’une société qui n’a plus de projet commun, alors que le capitalisme se présente comme la fin de l’histoire.

Le gauchisme qui a toujours été animé par un dogmatisme antinational se traduisant par un soutien inconditionnel aux minorités de toutes sortes, favorisant les communautarismes, mais aussi une conception de l’individu de droit en dehors de toute idée de devoir envers la nation, récupère ici cette situation de délitement pour s’appuyer sur tout ce qui fait sécession, croyant ainsi résister au libéralisme à travers une valorisation des particularismes de toutes sorte. L’altermondialisme rejoignant cette tendance à travers une dérive de l’idée qui en fonde la démarche, de penser global/agir local, à l’idée de résister à la mondialisation par la valorisation des identités culturelles et religieuses, servant ainsi la logique de « diviser pour régner ».

Une tendance de l’écologie politique institutionnelle accompagne ce mouvement en jouant sur un thème concordant, « régresser pour durer », qui n’est pas sans fournir encore un argument au système pour détruire l’idée de progrès collectif, décrédibilisant le bien commun et renvoyant l’individu à se réfugier dans des identités partielles. Une logique qui participe d’un droit à la différence se traduisant par la différence des droits.

La seule analyse globale procède chez tous ces révolutionnaires de l’opposition entre riches du Nord (où s’amalgames Rmistes, ouvriers, et patrons du CAC 40) et pauvres du Sud qui ne feraient que subir, offrant aux libéraux-bobos qui profitent du système, une grande cause à défendre en apportant leur soutien à ceux qui en émigrent, pour trouver là la bonne conscience de continuer à ne rien changer à leur individualisme dans le plus grand mépris du peuple.

L’immigré, figure erronée de l’émancipation collective

Ainsi, en lieu et place de l’ouvrier d’hier et de toute analyse de classe jetée à la poubelle de l’histoire, on entend défendre l’immigré sans-papier, nouvelle figure d’un monde libre car sans frontières, devenu soudain spontanément conscient d’être un citoyen du monde, auquel il faudrait donner le droit de libre installation partout ou encore le droit de vote à toutes les élections sans condition, vidant la citoyenneté de son rapport entre droits et devoir envers la nation. Ce serait tout oublier d’une participation politique qui repose sur une conception du bien commun inscrite dans le choix de la nationalité, relevant de la conscience de faire peuple sur des valeurs et des droits que ceux qui arrivent de sociétés qui ignorent les droits de l’homme ou les négligent, n’ont pas naturellement acquis.

L’immigration sub-saharienne qui domine l’immigration aujourd’hui, fortement marquée par la polygamie et le mariage forcé, jusqu’au musulman militant qui revendique un droit de peser sur les choix politiques au nom du passé colonial dont on lui serait redevable pour imposer sa tradition, ses mœurs, son conformisme, ses tabous, ne sont pas que des bienfaits pour la société française, la défense de ses acquis et de ses droits.

Si une nouvelle internationale devait voir le jour, elle ne pourrait se faire que sur une conception des peuples rejetant l’immigration qui est un instrument de la mondialisation capitaliste cherchant par tous les moyens à organiser l’exploitation par la mis en concurrence des individus, en les excluant de toute dignité à les jeter les uns contre les autres, pour mieux tous les mettre à genoux. Quels progrès nous promettent donc ces charlatans de l’alternative politique qui opposent l’immigré sans-papier à la nation !

On pourrait ici souligner, qu’il y a même ici une attitude irresponsable qui va à l’encontre de la défense du droit d’asile légitime pour des milliers d’immigrés voulant trouver refuge en France, dans ce soutien sans condition de toute immigration, car elle donne des arguments à la restriction de ce droit pour ceux qui en ont besoin face à l’affluence de ceux qui viennent en France sans autre motif que celui d’y travailler pour améliorer leur sort personnel ou d’une famille là-bas, sans aucun fond politique.

Le gauchisme, facteur d’affaiblissement des forces populaires et républicaines

En réalité, cette dynamique gauchiste de valorisation des particularismes de toutes sortes qui cultive les communautarismes par les divisions du peuple qu’elle crée, entre en complicité de cause avec ceux qui aujourd’hui ne rêvent que d’en finir avec la France jacobine et républicaine, déjà mise à mal dans le cadre d’une Europe fédérale ultra-capitaliste niant les nations et la souveraineté des peuples, la laïcité. En guise de mieux résister au libéralisme, c’est un formidable cadeau qui lui est ici fait, à travers la promotion d’une multitude d’entités minoritaires culturelles et religieuses concurrentes rendant impossible tout rassemblement d’ensemble des forces populaires pour s’y opposer.

On voit ici comment, derrière la défense de toutes les causes minoritaires où le sentimentalisme ne demande qu’à s’exprimer, telle celle de l’immigré, les mécanismes de la bonne conscience fonctionnent, croyant sauver la veuve et l’orphelin en portant secours à ceux qui sont dans la maison qui brûle, sans s’occuper de savoir comment éteindre l’incendie. Le gauchisme est infantile dans ses réactions, il défend l’égalité comme principe pour tous sans considération des parcours et des différences de mentalités, sans s’intéresser au sens qui lui est donnée comme forme de liberté, une liberté qui n’est pas qu’individuelle mais de portée collective, comme bien commun à défendre ensemble, dont la notion ne s’acquière pas par enchantement en passant une frontière ou une autre, pas plus que le principe de laïcité ne s’approprie sans une intégration réussie qui prend du temps et de l’expérience.

Il ne peut sortir de cette veine aucune arme sérieuse contre la logique libérale mais au contraire, qu’un affaiblissement des forces citoyennes et républicaines qu’il faudrait réunir derrières l’intérêt général qui s’oppose fondamentalement au libéralisme qui le piétine.

La droit de penser étouffé par l’idéologie dominante et le dogmatisme gauchiste

Aussi, nous nous retrouvons dans une société où le politiquement correct mine notre liberté de pensée, un politiquement correct de la droite et de la gauche libérales, comme idéologie dominante, mais aussi un autre politiquement correct propre à une intelligentsia d’extrême-gauche et altermondialiste agressive, qui n’hésitent pas à manier l’insulte, la stigmatisation, la caricature envers ceux qui pensent autrement quant à éclairer les enjeux d’un changement de société dont ils se pensent les seuls propriétaires, à l’aune d’un dogmatisme et d’un sectarisme redoutable.

Pour eux, défendre la nation, c’est être nationaliste ; être fiers d’être Français, c’est avoir des accointances avec le Front National ; définir la laïcité à travers l’idée de la citoyenneté comme bien commun porté au-dessus des différences interdites de jouer d’influences sur les choix politiques et la démocratie, une intolérance ; donner aux valeurs de la République un caractère universel, un ethnocentrisme insupportable ; mettre l’égalité hommes-femmes au fronton de nos droits inaliénables, une insulte au respect des traditions et un rejet néo-colonial des immigrés ; refuser que la laïcité soit réduite à une égalité de traitement des religions par l’Etat servant à justifier le financement de lieux de cultes musulmans par les deniers publics, être islamophobe ; considérer que la prison n’est pas une infamie mais qu’il n’y a pas de respect de la loi sans la justice, c’est être un fasciste ; penser que le cannabis est une drogue qui procède d’une perte de liberté de l’individu, de la compréhension de sa vie, qu’elle favorise l’échec scolaire chez ceux qui ont le plus besoin de réussir, qu’on doit donc en combattre la consommation, c’est être un liberticide ; dénoncer l’imposture de la justification de l’augmentation du pétrole au nom du principe écologique d’imposer aux gens un changement de comportements face à la consommation d’énergie, commettre un crime contre la planète ; être contre la libre installation des immigrés en France et la régularisation sans condition des sans-papiers, faire acte de racisme ; considérer l’intégration comme un grand principe humaniste qui concourre à l’égalité de tous, c’est vouloir assimiler l’immigré en le dépouillant de la dignité de sa culture…

Comme l’exprimait Elisabeth Badinter dans un reportage contre la polygamie diffusé cette semaine sur France 2 : « La France doit revendiquer ses valeurs, rappeler les interdits… Nous n’avons pas la force de défendre nos principes parce que nous avons peur d’être taxé de raciste, d’extrémiste…Non ! Il ne faut pas avoir peur d’imposer ses valeurs. »

La liberté de pensée, outil révolutionnaire indispensable à l’invention d’un autre monde

On a l’impression que du côté de cette gauche de la gauche, il existe en matière d’analyse de la société et de proposition d’une alternative politique au libéralisme, une véritable religion officielle, où l’on traite toute variation de la ligne comme un blasphème. Avoir des idées différentes, dans un pays démocratique comme le nôtre, est une richesse et ne saurait être traitée comme un délit par quiconque, a fortiori pas par ceux qui prétendent défendre des valeurs d’émancipation au compte desquelles se trouve la liberté de pensée, le libre-arbitre, la laïcité, indissociables de la démocratie et des valeurs de notre République. Tout mouvement populaire a besoin de tout le contraire pour se rassembler, de la fraternité, d’une solidarité de combat.

Nous n’avons pas peur de nous affronter à cette adversité qui fait partie de ce qu’il faut ébranler pour faire avancer une réflexion qui puisse nourrir les choix fondamentaux à faire dans la construction politique de la réalité aujourd’hui, pour libérer le champ des possibles de la pensée et de ce que les facultés humaines recèlent d’émancipation à venir. C’est de ce côté que se jouent les conditions de la définition d’un projet de société comme projet commun des citoyens digne de ce nom, mettant la souveraineté populaire au centre de celui-ci et la conscience de la nation comme propriété commune, sous une république laïque et sociale qui, si elle ne contient pas spontanément le principe de la transformation sociale, en est la condition première, vers une République nouvelle non seulement sociale mais économique, où la laïcité étende à la remise en cause du capitalisme son principe égalitaire sans rien renier des libertés de l’individu.

C’est une perspective enthousiasmante, un combat à la mesure de la grandeur de l’homme, de son pouvoir d’émancipation, de ses capacités de comprendre et de dépasser par le développement de ses facultés conscientes toutes les contradictions de son histoire, c’est même par là qu’il nous permet de le voir, comme une humanité ayant pour sens, malgré tous les aléas de l’histoire, le progrès.


Riposte Laïque

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Vendredi 6 juin 2008
 
Le 29 mai 2005, une majorité de Français (54,67%) des Français disaient non au projet de constitution européenne. D'après un sondage OpinionWay réalisé pour Metro, 64% des électeurs estiment que ce vote n'a finalement pas eu de conséquences graves sur la constitution européenne. 57% estiment même avoir rendu service aux citoyens des pays de l'UE dans lesquels il n'y a pas eu de référendum. Toutefois 52% jugent que leur vote n'a pas rendu les dirigeants français plus attentifs à l'opinion des citoyens sur la manière dont se construit l'Europe, tandis que 51% estiment que ce vote n'a pas terni l'image de la France en Europe.



Trois ans après, les Français ne regrettent par leur vote (Métro)


« Les Français ne sont pas eurosceptiques, mais ils minimisent la portée du vote non, en grande partie parce qu'il n'a pas fait bouger les dirigeants politiques », analyse Bruno Jeanbar, directeur des études politiques d'OpinionWay. En effet, 57% des personnes interrogées estiment que depuis le 29 mai, la façon dont est conduite la construction européenne n'a pas changé. 29% jugent qu'elle a changé en mal, 13% seulement en bien.

"On reste dans un sentiment général d'insatisfaction vis-à-vis de l'Europe, souligne Bruno Jeanbar. Parce que les Français en ont toujours une perception lointaine, plus institutionnelle que quotidienne, et parce que le seul élément concret, le passage à l¹Euro, est lié pour beaucoup à un phénomène négatif, la hausse des prix."


Quelles conséquences pour 2009 ?

Par ailleurs que pensent les Français de l'adoption du traité simplifié, le 19 octobre dernier par les Vingt-sept pays membres de l'UE ?  61% des Français estiment qu'il s'agit d'une remise en cause de leur vote le 29 mai. Pourraient-ils utiliser les élections européennes de 2009 pour exprimer leur mécontentement ? « L'abstention risque d'être forte parce que les Français ont le sentiment qu'ils ne peuvent pas agir sur la construction européenne
», pronostique Bruno Jeanbar. «Et il y a aussi une fenêtre de tir pour les souverainistes et tous les adversaires de l'Europe (ndlr : l'Europe actuelle), à gauche comme à droite.


Méthodologie: Etude réalisée en ligne les 28 et 29 mai auprès d'un échantillon de 1 042 personnes, constitué selon la méthode des quotas représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.


Observatoire de l'Europe (d'après Metro)
par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne
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Jeudi 5 juin 2008

Par Paul-Eric Blanrue


"Si le mouvement national contemporain ne veut pas se contenter de rééditer les anciennes tragédies amères de notre histoire passée, il doit se montrer capable de s’élever au niveau des exigences de l’heure présente". James Connolly (1868-1916), fondateur de l’Irish Republican Socialist Party

"Donnez-moi un point d’appui et un levier et je soulèverai la Terre." Archimède

"Pensez-vous tous ce que vous êtes supposés penser ?" Tyler Durden


"Ce que nous devons conquérir, la souveraineté du pays, nous devons l’enlever à quelqu’un qui s’appelle le monopole. Le pouvoir révolutionnaire, ou la souveraineté politique, est l’instrument de la conquête économique pour que la souveraineté nationale soit pleinement réalisée". Ernesto Guevara.



À chaque époque, ses contradictions. L’une des contradictions majeures de notre temps, se déroulant dans la pratique sociale et politique, se présente sous la forme d’une lutte à mort entre les puissances convergeant vers l’homogénéisation planétaire et les mouvements résistant à ce processus. Largement utilisés depuis les années 1980, les termes de mondialisation et de globalisation traduisent l’action des puissances homogénéisantes.

Qu’est-ce que la mondialisation ? L’intégration croissante des économies dans le monde, au moyen des courants d’échanges et des flux financiers. Elle se définit par les transferts internationaux de main-d’oeuvre et de connaissances, et les phénomènes culturels et politiques que ceux-ci engendrent. Les principales caractéristiques en sont : la concentration de la production et du capital sous forme de monopoles ; la fusion du capital bancaire et industriel ; l’exportation massive des capitaux ; la formation d’unions transnationales monopolistes se partageant le monde ; la fin du partage territorial du monde entre les puissances capitalistes.

La mondialisation actuellement en oeuvre est une forme avancée de l’impérialisme capitaliste apparu au début du XXe siècle. Étant donné ses conséquences constatables et prévisibles (mort des cultures, disparition des particularismes, avènement du positivisme néo-kantien bêtifiant, anéantissement de la pensée critique, massification, dressage cognitif, crises économiques et guerres récurrentes, désintégration des religions occidentales et moralisme morbide subséquent, etc.), la mondialisation apparaît, à sa limite, comme un "holocauste mondial", ainsi que l’a définie Jean Baudrillard.

Du côté de la résistance organisée et spectaculaire - les mouvements altermondialistes et antiglobalisation qui défilent dans les médias - règne la confusion la plus grande. L’ambiguïté de la critique qu’ils adressent à la mondialisation et la limite des solutions qu’ils proposent se révèlent patentes si on les passe au tamis d’une critique impartiale. Pétris de bonnes intentions (remarquons à leur actif un notable appel à voter non au référendum sur le Traité européen), les altermondialistes sont aussi, au fond, les meilleurs alliés de la mondialisation capitaliste.

La diversion altermondialiste

D’abord, les altermondialistes sont des gestionnaires, et non des critiques radicaux. José Bové s’en vante : "A Seattle, dit-il, personne ne brandit le drapeau rouge de la révolution chinoise, ni le portrait du Che, ni la victoire révolutionnaire dans un pays devant bouleverser les autres ; c’est bien fini et c’est porteur d’espoir".

Les altermondialistes vitupèrent en effet le capitalisme, mais n’ont en fait nulle intention de le renverser. Ils désirent seulement l’amender. La taxe Tobin, le prélèvement qu’ils veulent instaurer sur les transactions spéculatives, ne s’attaque en réalité qu’à une infime partie de la spéculation et cache le fait que la crise du capitalisme ne porte pas uniquement sur la spéculation mais sur l’ensemble du capitalisme. La crise générale du capitalisme a pour trait distinctif l’accentuation extrême de toutes les contradictions de la société capitaliste. Et ces contradictions sont aujourd’hui portées à un point d’incandescence jamais atteint.

La campagne pour la suppression des paradis fiscaux, autre thème de campagne des altermondialistes, vise quant à elle à moraliser le capitalisme. Mais, à nouveau, la spéculation et les trafics financiers ne sont nullement la cause de la crise. Ils sont seulement la conséquence directe de l’impasse où est acculé le mode de production actuel. Aucune mesure de ce type n’empêchera jamais la crise de se poursuivre ni d’étendre ses ravages.

Au lieu de proposer une alternative efficace, les altermondialistes militent pour un système de redistribution à l’intérieur du capitalisme : les pays riches doivent partager leur richesse avec les pays pauvres, les patrons avec ceux qu’ils exploitent, etc. Ils espèrent ainsi qu’un capitalisme revu et corrigé sera porteur de justice, perpétuant l’utopie d’un capitalisme viable, à orienter dans un sens favorable. Pourtant, il n’y a pas de société "juste" dans le cadre du capitalisme dont l’essence conflictuelle nourrit des antagonismes en cascade. La seule réponse historique valable est de le dépasser, d’abolir le salariat en développant les luttes contre l’exploitation de la force de travail et les rapports capitalistes de production.

Les altermondialistes croient au soft-capitalisme, au capitalisme à visage humain, comme s’ils avaient lu l’oeuvre de Karl Marx avec les lunettes de plage d’Alain Minc. À l’instar de José Bové, avatar actuel de Proudhon, la plupart d’entre eux voudraient retourner au capitalisme de papa, celui des petits producteurs. Leur rêve est de freiner la concentration monopolistique par des institutions internationales qui superviseraient l’économie mondiale. Mais ils oublient que c’est la libre concurrence, constitutive du capitalisme, qui a depuis plus d’un siècle donné naissance aux monopoles mondiaux. C’est la libre concurrence qui a produit le monopole. C’est la libre concurrence du XIXe siècle qui a accouché de la dictature de deux cents multinationales du XXe siècle. Combattre la dictature des multinationales sans combattre en même temps la libre concurrence et le libre marché capitaliste qui les engendrent est un non-sens.

Comme le monopole, la mondialisation est contenue en germe dans le capitalisme : le capitalisme la porte en lui, c’est son produit inéluctable, sa déduction. Les multinationales, les délocalisations, comme les inégalités sociales et la flexibilité, sont les effets naturels de sa logique, le déroulement d’un processus autodynamique irréversible tant que l’on ne se décide pas à le subsumer.

Poussés par le besoin incessant de trouver des débouchés toujours nouveaux, les marchands ont envahi le monde entier. L’exploitation du marché mondial a du coup donné un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Déplorer le cour sur la main "l’horreur économique" comme Viviane Forrester, scander "no logo" comme Noami Klein , hurler "le monde n’est pas une marchandise" ou manifester sous les murailles des forteresses de Big Brother pour que le monde capitaliste reparte du bon pied, ce n’est pas prendre le problème à la racine : c’est le décentrer. Couper les mauvaises herbes sans désherber, c’est leur permettre de repousser.

Le capitalisme est, par nature, une économie poussant à la mondialisation et à la marchandisation. Or tout est marchandisation en puissance, et puisque Dieu est provisoirement mort, il n’y a plus aucune limite humaine connue à l’expansion universelle de la marchandisation si on la laisse suivre son cours. Les marchands ont tout le temps devant eux, et ce ne sont pas les comités d’éthique officiels qui les empêcheront d’agir. Comme ces institutions spectaculaires nourrissent une pensée théologique coupée du terreau social, les marchands ont raison de prendre patience, car la théologie s’écroule toujours un moment donné de l’histoire, lorsque l’infrastructure la rend caduque.

Pour s’opposer concrètement à la marchandisation du monde, il ne suffit donc pas de minauder sur quelques-unes des conséquences annexes du Système, il faut dénoncer celui-ci dans son ensemble et en son fondement. Il importe en premier lieu de commencer par lui donner un nom, car "ce qui est censé être atteint, combattu, contesté et réfuté", comme disait Carl Schmitt, doit être nommé afin de viser la cible en son coeur : ici, il s’agit du mode de production capitaliste. Et il faut également proposer une alternative radicale, car nuancer, c’est considérer que la mécanique mérite de fonctionner, qu’il suffit de l’adapter et d’y incorporer de menus arrangements régulateurs : c’est au fond rester keynésien et marcher main dans la main avec MM. Attali et Fukuyama. "La compréhension de ce monde ne peut se fonder que sur la contestation, et cette contestation n’a de vérité qu’en tant que contestation de la totalité", écrivait Guy Debord.

Au temps où on évoquait (déjà) les États-Unis d’Europe, un révolutionnaire célèbre avait (déjà) remarqué que les gauchistes - ancêtres des altermondialistes - étaient les meilleurs alliés des opportunistes. Les gauchistes partagent en effet la vision de ceux qui veulent perpétuer le Système à la solde duquel ils vivent. Si l’ex-animateur du Mouvement du 22-Mars, Daniel Cohn-Bendit est devenu le meilleur allié de l’ancien cofondateur du mouvement atlantiste Occident, Alain Madelin, formant ainsi le noyau du libéral-libertarisme, ce n’est pas à cause d’une conjonction astrale fortuite : c’est parce que leurs destins convergents étaient inscrits dès l’origine dans leurs gènes idéologiques. Nous revivons cycliquement cette situation, aujourd’hui avec les altermondialistes, qui ne sont en somme que des antimondialistes de papier.

Les altermondialistes au service de l’oppression

Face la mondialisation du capital, on assiste à une mondialisation des résistances et des luttes. Seulement il ne s’agit pas de courants authentiquement antimondialistes - telle était leur dénomination première, et le changement de terminologie, opéré à leur instigation, est lumineux -, car ils militent de facto pour une "autre mondialisation", comme l’assure et l’assume François Houtart, directeur la revue Alternatives Sud. Susan George, présidente de l’Observatoire de la mondialisation se détermine, elle, en faveur d’une "mondialisation coopérative". Les chefs de file de l’altermondialisme médiatique se veulent ainsi des mondialistes. L’un des livres de Bové s’intitule Paysan du monde. Les altermondialistes revendiquent simplement l’avènement d’un mondialisme plus humain.

Du coup, et ce n’est pas un hasard, les voici réclamant l’avènement de la mondialisation des Droits de l’homme. Lorsque José Bové se rend Cuba, la première pensée qui lui traverse l’esprit, c’est qu’il y a "beaucoup de policiers dans les rues" et "des queues devant les magasins". Ce distrait vient d’oublier les quarante années d’embargo américain. Il aurait pu dire : "La mortalité due à la maternité est dix-sept fois plus basse à Cuba que la moyenne mondiale". Mais il est passé à côté, car il raisonne en métaphysicien, articulant des catégories fixes d’usage obligatoire dans un Système que de telles notions ont pour unique mission de soutenir. Il n’a pas compris que les Droits de l’homme sont devenus l’idéologie par laquelle les pays riches s’ingèrent dans les affaires des pays pauvres (hochet kouchnerien à vocation exterministe, depuis le Vietnam jusqu’à l’Irak, en attendant mieux). Et qu’au final, les Droits de l’homme sont devenus le cheval de Troie des oppresseurs d’aujourd’hui.

Comme l’a démontré Noam Chomsky, c’est en se fondant sur ces principes universels datant de la révolution bourgeoise que les États-Unis ont déclaré toutes leurs guerres depuis cinquante ans. Preuve éclatante de leur manque de logique, MM. Bové et ses amis ne se sont pas demandé qui ferait régner ces Droits précieux sur le monde, ni quelle puissance idéalement autonome parviendrait à lutter contre les diverses influences économiques et politiques pour les appliquer avec impartialité. Ni par qui serait élue cette autorité mondiale suprême. Ni comment elle gouvernerait. Ni quel parti ou quelle tendance de parti la dirigerait. Ni avec quelles forces armées elle se ferait respecter.

La tendance despotique de ce Léviathan serait, de plus, consubstantielle à son existence, puisque l’expérience a prouvé que plus un organisme est éloigné des individus qu’il encadre, plus son déficit démocratique est levé. On peut donc s’étonner que des anarchistes et des gauchistes soutiennent l’édification d’un tel monument d’oppression.

L’utopie des altermondialistes est donc totale. Ils croient en la vertu opératoire de la parole magique : "Monde, ouvre-toi !" , et le trésor des 40 voleurs nous sera acquis. Or le monde est un rapport de forces entre puissances économiques, et il ne suffit pas de vouloir avec détermination, ni de crier à tue-tête que les États-Unis, fer de lance de l’impérialisme, réduisent leur puissance pour que celle-ci décline dans les faits. Croire le contraire relève de la naïveté. Être naïf, c’est se payer le luxe d’être inopérant. Et tout mouvement inopérant encourage nolens volens la persistance du système qu’il prétend combattre.

La nation, comme foyer de guérilla

De glissement en compromis, d’accommodement en complicité objective, les altermondialistes reprennent ainsi dans leurs discours les arguments qui soutiennent le plus puissamment les intérêts des capitalistes. C’est-à-dire qu’ils s’inoculent à haute dose - et inoculent à ceux qui les écoutent - le virus qui justifie l’oppression, en retour.

Le mépris qu’ils affichent pour le fait national, auquel ils substituent un antiracisme formel, sentimental et terroriste, est à ce titre révélateur. Si les peuples désorientés par l’évolution actuelle et le dynamitage des frontières se jettent parfois dans les bras de partis qui semblent ici et là leur proposer un barrage provisoire au mondialisme, ce n’est pas, comme le prétendent les belles âmes de l’altermondialisme, parce qu’ils sombrent dans le fascisme, notion datée et dépassée. C’est d’abord parce que ces populations vivent au quotidien des situations dramatiques et déchirantes, et que nul ne leur propose un avenir digne d’être vécu, les altermondialistes moins que les autres, avec leur programme gauchiste de tabula rasa. C’est sur cette base qu’il faut édifier une réflexion.

A contrario, il est bien sûr parfaitement ridicule de prôner le raidissement identitaire comme solution-miracle. "Le repli sur la tradition, frelaté d’humilité et de présomption, n’est capable de rien par lui-même, sinon de fuite et d’aveuglement devant l’instant historial" écrivait Martin Heidegger. Le désir de rejouer le passé est vain, car "l’histoire ne repasse pas les plats", ainsi que le disait plaisamment Céline. Tout autre est l’affirmation d’une communauté nationale populaire vivante, une communauté de culture et de destin qui entend conserver son indépendance, sa volonté de puissance, sa capacité d’agir sur son avenir en puisant dans un héritage partagé, et qui offrirait la possibilité d’un contrôle populaire réel et conscient sur le pouvoir et l’expression libre des aspirations et des besoins.

La nation, catégorie historique du capitalisme ascendant, demeure en effet, contre de nombreuses prévisions, une réalité à l’époque du capitalisme déclinant. Elle devient même, selon la conception de Fidel Castro, un "bastion", un pôle de résistance révolutionnaire. La défense d’une communauté attaquée dans sa substance s’avère d’autant plus révolutionnaire que l’agression provient d’un système coupeur de têtes et aliénant. Le world-capitalisme a en effet intérêt à trouver devant lui des peuples désagrégés, des traditions mortes, des hommes fébriles et sans attache,