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Dimanche 19 août 2007

20070810Notre président de la République a décidé d’interrompre momentanément ses vacances aux Etats-Unis pour participer à la cérémonie religieuse en hommage à M. J.-M. Lustiger.

L’Association des Libres Penseurs des Yvelines (ALPY) constate une fois de plus que le plus haut représentant de notre République laïque qui devrait être le garant de la séparation des églises et de l’Etat, se commet dans une manifestation qui bafoue ce principe démocratique fondamental. Le président ne saurait concevoir la laïcité autrement que comme un simple “ respect de toutes les religions” (discours d’investiture UMP, Paris-Porte de Versailles, 14/1/2007).

Il en va de même de notre ministre de l’Intérieur, Mme Alliot-Marie. Le 4 juillet 2007, lors de l’inauguration des locaux de la Maison de la Conférence des Evêques de France, avenue de Breteuil à Paris, elle a fait la déclaration suivante : “La conception française des relations entre l'Etat et les cultes est fondée sur la neutralité de l'Etat.” … “Je souhaite donner prochainement une suite à cette réflexion avec des solutions pragmatiques, partagées et équilibrées aux questions soulevées en matière d'exercice du culte. Je ferai très prochainement des propositions en ce sens au premier Ministre et au Président de la République.”

L’ALPY s’inquiète et dénonce cette attitude constante d’allégeance aux structures religieuses et à cet “air du temps” des élus gouvernementaux qui préparent un prochain train de mesures participant à un très probable détricotage de la loi de séparation des églises et de l’Etat

Association des Libres Penseurs des Yvelines (Alpy)

Magnanville, le 10 août 2007


par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Mercredi 13 juin 2007

Par Pierre Cassen


Christine Boutin est aujourd’hui ministre du Logement. Logique, puisqu’elle a longtemps menacé Nicolas Sarkozy de se présenter contre lui aux présidentielles, avant de renoncer à ce projet. Dès la nomination de la députée de Rambouillet au gouvernement, des organisations laïques et féministes comme l’Ufal avaient exprimé leur indignation, expliquant que la nomination de la conseillère diplomatique du Vatican, nostalgique de l’ordre moral, était une insulte pour les féministes et les laïques de ce pays. La suite des événements montre que ces protestations étaient légitimes.

Après avoir nommé un intégriste catholique, Jean-Paul Bolufer, comme directeur de cabinet, Christine Boutin vient de nommer un prêtre catholique, Jean-Marie Petitclerc, dans son ministère, comme chargé de mission auprès de son cabinet, avec l’argument de « l’expérience des quartiers » qu’on lui prête. Ce prêtre a auparavant officié au conseil général des Yvelines, où siège Christine Boutin.

Avec de tels arguments, on imagine facilement les imams, pasteurs, prêtres ou rabbins, en fonction de certaines réalités locales, demander à devenir des interlocuteurs officiels des municipalités, conseils généraux ou régionaux, voire, au nom de l’égalité des religions, d’être à leur tour chargés de mission dans d’autres ministères.

Respublica avait informé ses lecteurs de l’action de laïques, à Limoges, qui avaient saisi le tribunal administratif, contre la Chambre de Commerce et de l’Industrie, qui avait décidé de prendre quatre consultants, issus de quatre religions différentes, pour que les chefs d’entreprise s’adaptent aux spécificités de chaque Eglise.

La nomination d’un prêtre dans un ministère, proposée par Christine Boutin et non récusée par le président de la République et son Premier ministre, est une entorse grave aux principes laïques de séparation du religieux et du politique.

Masquée derrière son poste de ministre du logement, Christine Boutin est le fer de lance, au sein du gouvernement Fillon, de toutes les Eglises qui revendiquent un rôle politique incompatible avec les principes laïques de notre pays.

Dans la même période, on apprend que la Halde continue de dévoyer gravement la mission qui lui a été confiée de lutter contre les discriminations, en voulant absolument légitimer le voile islamique dans des lieux hautement symboliques de la République, comme les préfectures, lors de l’obtention de la nationalité française, ou les écoles, lors des sorties scolaires.

Elle prétend, d’autre part, se substituer aux autorités judiciaires, alors qu’elle n’est qu’un organe de consultation, et, dans les principes républicains, n’a aucune légitimité pour cela.

La Halde et Christine Boutin ont, chacun leur registre, une partition complémentaire qui ne peut que convenir au nouveau président de la République. Nicolas Sarkozy voulait toiletter la loi de 1905, et il a affirmé y renoncer, quelques semaines avant le premier tour des présidentielles. Mais il a utilisé de tout temps la religion musulmane, qu’il victimise et instrumentalise, pour remettre en cause des principes laïques fondamentaux. Aujourd’hui, c’est la bataille autour de la légitimité du voile dans des lieux hautement symboliques, demain, ce sera, dans l’esprit de la commission Machelon, au nom de l’égalité des religions, l’autorisation pour les élus locaux de financer la construction de mosquées, de temples évangéliques ou autres nouveaux lieux de cultes, sans risquer de se retrouver au tribunal administratif.

Ce n’est pas Christine Boutin, qui était invitée l’an passée par les intégristes de l’UOIF au Bourget, qui protestera contre une telle décision.

Toutes les Eglises ont compris que grâce à l’action conjuguée de la gauche communautariste, qui relaie l’offensive islamiste contre la République, et de Christine Boutin au gouvernement, il y avait du grain à moudre sous un gouvernement Sarkozy. Aux laïques de ce pays de montrer une vigilance et une mobilisation suffisante pour construire un rapport de forces qui mette en échec une offensive qu’on sent venir de loin.

(Pour écrire au Président, suite à la nomination du prêtre.)

Pour écrire au ministère du logement de Christine Boutin: infologement.dguhc@equipement.gouv.fr


ReSPUBLICA

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Lundi 11 juin 2007
La délibération de la halde concernant les "parents auxiliaires bénévoles de l'éducation nationale" est proprement scandaleuse.
Il est indispensable de réagir vivement et d'envoyer chacune et chacun directement une lettre de protestation à la halde, aux médias, au ministre de l'Education nationale, au Président, aux  parlementaires, etc.
Notre  lettre de réaction est ci dessous et en pièce jointe.
Vous pouvez utiliser notre courrier ou vous en inspirer.
A partir du  site de la Halde,  www.halde.fr, vous pouvez envoyer des courriels ou téléphoner au  08 1000 5000 du lundi au vendredi de 8h à 20h.
Sur notre site www.regardsdefemmes.fr vous trouverez les délibérations précédentes et notre échange de courrier.





Monsieur Louis Schweitzer
HALDE
11 rue Saint Georges
75009 Paris

LR/AR

Lyon, le 9 juin 2007


Délibération de la Halde n° 2007 du 14 mai 2007

 

Monsieur,

Notre association « Regards de Femmes » est habilitée à agir, devant les tribunaux notamment,  pour l’égalité des femmes et des hommes et pour que, sur le territoire national, toutes les fillettes et femmes aient les mêmes droits, indépendamment de leur appartenance religieuse ou de celle de leur père, frère ou mari.

 

Nous sommes consternées par l’acharnement de la Halde à vouloir légitimer « le voile islamique » dans des lieux hautement symboliques de la République :

·         dans les préfectures, lors de la cérémonie de remise des certificats de nationalité française, par votre délibération 2006-131 du 5 juin 2006 que nous avons dénoncé comme discriminante à l’égard des femmes, dans un courrier en date du 23 janvier 2007

·         à l’école de la République, par la délibération citée en référence.

 

Nous relevons que votre instance, dite « Haute Autorité » prétend se substituer aux juridictions judiciaires ou administratives. Nous nous arrêtons sur quelques arguties dans le galimatias de votre délibération.

 

1-Vous annoncez avoir été saisi  par une association de lutte contre « l’islamophobie ».  Votre collège a-t-il examiné l’habilitation à agir de ceux qui vous ont saisi ? Le terme « d’islamophobie » est  sans contenu. L’islam n’étant pas une personne, ce terme ne peut en aucun cas définir du racisme. A quel titre soutenez-vous l’interprétation de l’islam qui considère « le voile islamique » comme une obligation religieuse sexuée? Prétendez-vous trancher en matière d’interprétations religieuses, sur les croyances intimes des personnes ?

 

2-Des règlements intérieurs des écoles, dont les parents ont eu connaissance, l’avis des Inspecteurs d’Académie, un courrier du Ministre, dont « la portée au regard de la question expressément posée n’est pas explicite » de votre point de vue, rappellent clairement les règles de neutralité du service public. Mais comme ils ne partagent pas votre obsession de voiler les femmes, vous les réfutez en vous appuyant sur « une situation similaire ».

Il s’agit d’une jurisprudence concernant les établissements pénitentiaires (sic). L’école serait-elle une prison ? Les règlements concernant l’application de la laïcité dans les milieux fermés (détenus carcéraux ou militaires en opération) sont bien évidemment différents. On sait cela depuis 1905.

 

3- Vous citez un extrait de l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Mais vous savez que:

« L’article 9 ne protège toutefois pas n’importe quel acte motivé ou inspiré par une religion ou conviction et ne garantit pas toujours le droit de se comporter dans le domaine public d’une manière dictée par une conviction (voir, parmi plusieurs autres, Kalaç c. Turquie, arrêt du 1er juillet 1997, Recueil des arrêts et décisions 1997-IV, p. 1209, § 27, Arrowsmith c. Royaume-Uni, no 7050/75, décision de la Commission du 12 octobre 1978, Décisions et Rapports (DR) 19, p. 5, et C. c. Royaume-Uni, no 10358/83, décision de la Commission du 15 décembre 1983, DR 37, p. 142) » Arrêt de la Cour européenne des Droits de l’Homme, présidée par Sir Nicolas Bratza, du 29 juin 2004 concernant l’affaire Leyla Sahin c.Turquie.


Ce même arrêt « dit » :

«Il n’y a pas eu violation de l’article 9 de la Convention par la réglementation de l’université d’Istanbul, qui soumet le port du foulard islamique à des restrictions, et les mesures d’application y afférentes, étaient justifiées dans leur principe et proportionnées aux buts poursuivis et pouvaient donc être considérées comme « nécessaires dans une société démocratique ». 

 

Vous connaissez également la résolution votée le 4 octobre 2005 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe exhortant tous les pays membres à  : « Veiller à ce que la liberté de religion et le respect de la culture et de la tradition ne soient pas acceptés comme des prétextes à la justification des violations des droits des femmes, y compris lorsque des jeunes filles mineures sont contraintes de se soumettre à des codes religieux (y compris à des codes vestimentaires), … » (article 7.3) que nous vous avons déjà rappelé dans notre courrier du 23 janvier.

 

4- Vous avez décidé de considérer  les parents des élèves participant « bénévolement au service public de l’Education Nationale comme des usagers, sans tenir compte de la spécificité de l’école de la République « lieu où s’opère la transmutation d’un petit humain réalisé à partir d’une dotation génétique en une personne rendue singulière par la pluralité de ses rencontres, capable de savoir être.  ( …) Toutes les attitudes qui manifestent une soumission à des impératifs venus d'ailleurs, que ce soit la famille ou la religion, doivent donc être proscrites. »» (Albert Jacquard).

 

Cet espace de liberté est un sanctuaire, c’est-à-dire un lieu à l'abri des combats, à l'abri des luttes idéologiques, religieuses  ou politiques, qui peuvent avoir lieu à l'extérieur.


Les auxiliaires de l'éducation, bénévoles ou non, doivent respecter tous les élèves et ne sont pas appelés pour s’occuper uniquement de leur(s) enfant(s).  Il vous échappe que, dans le cas particulier, il s’agit de parents en uniforme, religieux ou politique, qui prétendent encadrer et influencer des mineurs, élèves de l’école publique.

 

Quelles représentations des rapports entre les femmes et les hommes,  la présence d’une femme voilée « contribuant au service public de l’éducation » induit-elle chez les enfants ? Comment construire le principe d’égalité en droit entre les hommes et les femmes, si les femmes doivent se cacher dans l’espace public parce qu’elles représenteraient une source de désordre et si on considère les hommes comme des  brutes incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles à la vue de la moindre mèche de cheveux? Comment tolérer l’endoctrinement des enfants ? Comment éduquer les enfants au principe constitutionnel d’égalité entre les hommes et les femmes ?

 

5- Vous relayez l’argument absurde de femmes qui se discriminent volontairement en portant un signe, un stigmate qui les séparent des autres personnes, femmes et hommes et qui  s’offusquent d’être discriminées ! Elles font appel à la Halde lorsque les magistrats des tribunaux administratifs, qui jugent en fonction de la loi, déboutent leurs réclamations.  Vous vous érigez en recours sans légitimité constitutionnelle et populaire. Or personne ne peut imposer son interprétation personnelle de sa  religion comme supérieure aux lois communes de la République. La République, une et indivisible,  ne saurait accorder de droits particuliers en fonction de convictions philosophiques ou croyances religieuses qui relèvent de l’intime.

 

Le présent courrier par lettre recommandée ouvre les voies et délais de recours selon la législation et n’exclut pas les recours que permet le cadre législatif dans la mesure où votre « délibération » porte atteinte et fait grief à l’objet social de « Regards de Femmes »

 

Nous vous demandons de réexaminer votre position et nous vous prions de croire, Monsieur, en l’expression de notre considération.


 

Pour le bureau

Michèle Vianès

Présidente

                                                

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Jeudi 31 mai 2007

Par Robert Albarèdes


La « question » de la laïcité n’a pas été vraiment au cœur de la campagne électorale qui vient de s’achever... Si « Les Laïques en réseau » (et d’autres structures...) ont interpellé les candidats sur ce point pour les faire se déterminer, l’écho et les résultats de ces initiatives ont été fort ténus...et les intéressés sont restés très discrets en la matière. Face à un candidat qui était chaque jour qualifié « d’antilaïque existentiel », de chantre du communautarisme à l’anglo-saxonne, de fossoyeur de la loi de 1905, la candidate supposée appartenir au « camp de la laïcité » n’a même pas « porté le fer » sur ce terrain, préférant simuler une colère ridicule à propos de la « scolarisation des handicapés », sujet propre « à faire pleurer Margot dans les chaumières » et, à ses yeux, bien plus important que l’organisation et le mode de fonctionnement laïques de notre société puisque la défense du socle laïque de notre République n’a pas été jugé digne du débat !!! Il est « des impasses » plus éloquentes que des discours ...

Mais ces impasses-là sont de véritables « refoulements »... refoulements d’une question à laquelle on ne veut pas répondre parce qu’on ne peut pas répondre... Car, qu’on appartienne à la « droite » ou à la « gauche » (elle est où , aujourd’hui, la gauche ?) , on pratique allègrement la dilution de la loi de 1905 et l’ouverture aux diverses formes du communautarisme (islamique, surtout) ...

Quand le Tribunal administratif de Poitiers annule une délibération de la municipalité (PS) de La Rochelle inscrivant une subvention publique dans le montage financier de la construction d’une mosquée, celui de Marseille en efface une de la municipalité (UMP) locale approuvant un bail emphytéotique à loyer dérisoire pour un terrain public mis à disposition d’une association islamique afin d’ériger un lieu de culte, et celui de Paris se prépare à faire de même à l’encontre de la municipalité (apparentée PC) de Montreuil qui pratique communément le bail emphytéotique à loyer symbolique pour que les diverses confessions puissent construire des lieux de culte (mosquée, synagogue... demain temple solaire ?).

Il est heureux que le Justice administrative, quand elle est saisie, veille attentivement au respect d’une loi que les élus territoriaux de tous bords transgressent quotidiennement, préparant ainsi l’opinion à son toilettage (ou à son abrogation...) . Les exemples, hélas, ne manquent pas, qui témoignent de ces pratiques « électoralistes », et on peut s’attendre à les voir se multiplier à l’approche des échéances municipales... Mais les décisions de justice montrent clairement combien la loi de 1905 est une barrière infranchissable (ce qui explique la propension des différents partis de gouvernement à la mettre en cause...) et ouvrent aux défenseurs de la laïcité un champ d’action qu’il va falloir occuper de manière permanente... d’autant que son abandon par les différentes structures attachées à l’espace laïque républicain le voit être accaparé par les courants extrêmes de la droite. Le politique, comme la nature, a « horreur du vide » ! Il est donc temps de se ressaisir et de préparer les outils qui permettront à tous ceux qui s’attachent à l’application stricte des principes de séparation des Eglises et de l’Etat d’intervenir dans l’immédiateté et « tous azimuts » contre tous les représentants de la République qui en violeraient les principes fondateurs. « Les Laïques en Réseau » vont s’engager dans cette voie... Tous ceux qui voudront agir avec eux seront les bienvenus.

Il faut être clair : quand la municipalité de Montreuil déplore la (future) décision de TA à son encontre, quand elle invoque un principe d’égalité entre les religions, quand elle affirme vouloir aider financièrement les musulmans (les juifs, les protestants...) à se doter de lieux de culte présentés comme « nécessaires », elle viole directement le principe fondateur de laïcité en transformant la séparation Eglises /Etat en un lien concordataire par lequel la puissance publique organise les religions (oubliant de fait la majorité des citoyens qui ne se reconnaissent en aucune d’entre elles...) et donne une fonction de « service public » à ce qui relève strictement de la sphère privée. Les impôts, nationaux ou territoriaux, ne doivent pas servir à financer les constructions de mosquées, églises, synagogues, pagodes, temples ou autres « Mandaron House »... qui n’appartiennent qu’à quelques-uns, ils doivent être réservés à la satisfaction des besoins collectifs , réservés à l’espace public qui rassemble et unit et où s’exprime ce qui appartient à tous.

Mais, dira-t-on, les musulmans (les évangéliques, les hindouistes, les scientistes....) n’ont pas suffisamment de lieux pour prier... Par compassion, et au mépris de la loi générale, faudrait-il alors corriger l’héritage historique de la France ? Comme toutes les enquêtes récentes le montrent, ceux qui se reconnaissent « musulmans » représentent à peine 4 % de la population (seul un quart d’entre eux pratiquent réellement...), la demande « en lieux de culte » n’est ni massive ni insatisfaite au point d’exiger un plan « Marshall » de constructions nouvelles et surdimensionnées.... Et , depuis le 01/01/2006 , le problème des constructions en ce domaine est résolu au point qu’aujourd’hui, on peut en tracer le processus  : création d’une association spécifique, acquisition d’un terrain dans un espace prévu au plan d’urbanisme local, montage d’un dossier de permis de construire conforme à le loi générale en vigueur, élaboration d’un cahier des charges organisant légalement le fonctionnement de la structure, plan privé de financement ( avec contrôle des capitaux éventuellement) , gestion de l’ensemble ainsi créé dans le respect de l’ordre public.. Rien dans la loi générale ne s’oppose à ce qu’un culte érige un lieu dévolu à son seul bénéfice et assis sur ses seules ressources : c’est cela « connaître » les cultes, et « assurer la liberté des cultes » , chacun dans son domaine propre d’intervention , l’Etat chez lui, « l’Eglise » chez elle...

 

Au fait, quand une collectivité territoriale veut acheter un terrain pour réaliser un équipement public, elle le fait évaluer par le service fiscal des "Domaines", ou elle lance une procédure d’expropriation dans laquelle c’est un juge qui fixe le prix à payer... Dans les deux cas, c’est l’impôt local qui est sollicité... Et certains voudraient ensuite donner ces terrains ?...

Quand une collectivité territoriale loue une propriété communale à un particulier (individu ou structure), elle en fait évaluer le loyer par le service fiscal « des Domaines » : et certains voudraient exonérer de ce loyer des associations confessionnelles au mépris de la loi générale ?

Quand une collectivité territoriale veut construire une école primaire, un collège, un espace sportif, un ensemble social... elle acquiert des terrains dont le coût entre dans le prix de l’équipement réalisé payé par les ressources publiques : au nom de quoi certains voudraient-ils faire des « exceptions cultuelles » où des associations « privées » bénéficieraient de subventions publiques pour leur seul usage ? D’autant que si les populations concernées (immigrées et de culture musulmane dans leur majorité) ont des besoins, ce sont des besoins d’emplois, de logements, d’équipements sociaux et d’éducation... D’autant que si les populations concernées ont besoin de « repères », ce sont ceux de la République où s’expriment la primauté du citoyen, l’égalité des individus, la reconnaissance de l’identité individuelle, la liberté de choix et de conscience... Pour ce qui est « de prier » , cela relève de l’espace privé de chacun, et cela s’exprime dans cet espace-là !

Au nom de quoi ? sinon de celui du « clientélisme électoral » et pour habituer à l’effacement de l’article 2 de la loi de 1905, et donc, à terme, de la loi elle-même, afin de construire l’espace politique et sociétal unique, sécularisé et « communautarisé », dont rêvent les tenants de la construction politique européenne que le TCE préparait.

On n’a pas beaucoup parlé de « laïcité » dans cette campagne électorale... Faisons en sorte d’en parler davantage dans celle qui s’ouvre... Posons avec force le principe de la nécessaire séparation des Eglises et de l’Etat, de l’intangibilité des articles 1 et 2 de la loi de 1905, du renforcement du socle laïque de notre République, du refus de tout communautarisme, du rejet de toute remise en cause , dans quelque domaine que ce soit, de l’égalité en droits de l’homme et de la femme, de la réservation à l’espace public des ressources publiques...

Le combat (oui, c’est un combat...) est devant nous.

A nous de nous y préparer, d’élaborer les armes pour le mener, de nous y engager sans réserves et sans exclusive.

 

Liberté Egalité Laïcité

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Mardi 29 mai 2007

Par Pierre Régnier



En lisant, sur les sites républicains, les nombreuses interventions traitant de la laïcité, on voit que les positions des républicains sont très diverses. Même si je sais mon opinion très minoritaire, je souhaite ici la faire connaître.

Je ne croyais pas très utile la loi contre les signes religieux à l’école laïque. J’étais même plutôt contre et l’ai dit dans une libre opinion publiée par France Soir le 30 octobre 2003 : « Ne nous trompons pas de victime. La laïcité ne subit aucun dommage quand une ou un élève vient, en disant par son vêtement ou sa coiffure sa foi religieuse, chercher à l’école ce que celle-ci proclame vouloir dispenser équitablement à toutes et à tous ». La loi discutée, puis votée, je l’ai cependant considérée comme un progrès, d’autant plus que je voyais se développer chez ses opposants une volonté de faire avancer l’islamisme politique, avec la complicité d’un islamo-gauchisme qui fit, et continue de faire, de grands dégâts. La loi aidait au moins les jeunes filles de culture musulmane qui souhaitaient échapper au contrôle religieux, surtout masculin, et rejoindre par l’école publique la liberté et l’égalité républicaines des sexes. C’était important.

J’ai pourtant vite constaté les insuffisances de cette loi. Ne mettant pas dans ses objectifs la suppression de l’exception d’Alsace Moselle, elle paraissait « hypocritement laïque ». Les signes religieux ostensibles restant possibles côté institution (par exemple un crucifix sur le mur) dans les classes de la France de l’Est, c’était une chose beaucoup plus choquante, plus antilaïque que les signes religieux sur les élèves partout ailleurs. D’autre part, aucune loi complémentaire ne visait à interdire dans l’espace public hors l’école le port du voile total par les femmes musulmanes. Aujourd’hui encore, je vois qu’on en discute surtout pour décider si ce voile est, dans la rue, un symbole tolérable ou non par la République laïque, ou si la gêne occasionnée chez les non voilées est trop grande, à éviter par l’interdiction. Je ne sous-estime pas ces arguments, mais c’est surtout le sort des femmes voilées elles-mêmes qui m’indigne : n’ayant pas de visage elles sont tout simplement condamnées à l’inexistence sociale, réduites à des « choses » comme les murs, les trottoirs ou les poteaux d’éclairage. « Ça » bouge, en plus, c’est tout. Le fait que quelques femmes victimes manifestent pour revendiquer (sous quelle pression familiale ou communautaire ?) leur esclavage (par elles peut-être même intériorisé comme une bonne chose, une « protection » par exemple) ne change rien au scandale. (1)

Rien n’était fait par ailleurs pour empêcher le développement d’exceptions communautaristes comme le refus, à l’école, de cours non conformes aux croyances religieuses, le refus du sport, l’exigence de plats spéciaux à la cantine, d’horaires réservés à la piscine ou encore, à l’hôpital, l’exigence de médecins de même sexe pour dispenser les soins, etc.

Je pense que ces insuffisances ne sont que la conséquence d’une autre, plus générale et plus grave, mais rarement mise en lumière de cette manière : aujourd’hui encore les religions, toutes les religions restent, par la présentation très officielle (assumée, choisie par les responsables religieux au plus haut niveau) de leurs écrits sacrés, incompatibles avec les Droits de la personne humaine (Droits « de l’homme »). Tout récemment encore, pour exprimer en commun leur opposition à toute forme d’euthanasie sur les malades en fin de vie, l’archevêque et le grand rabbin de Paris ont fait référence au commandement biblique « Tu ne tueras pas ». Respectable référence, mais, comme d’habitude, personne n’a rappelé aux dirigeants religieux que les consignes contraires, du genre « Tu massacreras abondamment » sont aussi présentes dans l’Ancien Testament (par exemple dans le Livre de Josué : ordre « de Dieu » de massacrer les Cananéens) et dans le Coran (par exemple dans le verset 5 de la Sourate IX : « Tuez les polythéistes ») et que les institutions religieuses enseignent toujours (par exemple dans la dernière version du Catéchisme de l’église catholique) que ces secondes consignes sont tout autant que les premières l’authentique parole de Dieu. Cela donne la trilogie suivante : Il faut croire en Dieu/Dieu commande des meurtres/Il faut obéir à Dieu. Une trilogie dont l’équivalent profane, dans les textes d’un parti politique, d’un syndicat, d’un cercle philosophique ou de toute autre association ne serait toléré dans aucun pays démocratique. (2)

Le maintien de cette exception religieuse (nullement fatale, parfaitement éliminable par voie réformatrice) rend parfaitement légitime la démarche entreprise par Salvatore Pertutti auprès du tribunal de Metz, puis de la Cour européenne des Droits de l’Homme contre des éditeurs de la Bible et du Coran (voir Respublica nº 514). En décembre 2001 (évidemment motivé par le 11 septembre), j’étais pour ma part intervenu par écrit auprès de l’Éducation nationale de la manière suivante : « J’ai acquis récemment une conviction : c’est seulement par l’enseignement des religions à l’école laïque que la violence religieuse pourra reculer. Mais pour concrétiser cet espoir, il faudrait garantir que l’enseignement des religions par les professeurs laïques ne soit pas une simple reproduction des conceptions toujours dominantes au sein des religions elles-mêmes. Sur le point le plus préoccupant, la violence, l’indispensable objectivité laïque devrait alors conduire à rompre radicalement avec le vieux mensonge qui consiste à ne retenir des “commandements de Dieu” contenus dans les textes sacrés que le “Tu ne tueras pas” alors que s’y exprime aussi clairement, en de nombreux endroits, un tout aussi impératif “Tu massacreras abondamment”. Il faut parier sur le rétablissement honnête de la vérité biblique et coranique (“Tu ne tueras pas” et “Tu tueras abondamment”) pour provoquer chez ceux des élèves qui sont ou deviendront croyants une interrogation et un besoin de changement qui devraient conduire, au sein de leur religion, à l’exigence d’un choix entre un Dieu pacifiste et un Dieu criminel, ce fameux choix auquel se dérobent toujours les institutions religieuses ».

Autre initiative personnelle : en 2005 j’ai écrit au Directeur Général de l’UNESCO, l’organisme chargé par l’ONU de la coordination des activités de la Décennie pour l’éducation à la non-violence. Je lui demandais de profiter de l’arrivée à mi-parcours de la Décennie pour faire une évaluation des résultats jusque-là obtenus, ce qui permettrait de constater qu’on avait, à l’origine, oublié quelque chose de très important : formuler envers les institutions religieuses l’exigence de désacralisation de la violence religieuse. Je n’ai pas obtenu de réponse. J’ai réécrit récemment pour dire que la suggestion restait valable à l’occasion de l’arrivée aux 2/3 de la Décennie (c’est maintenant).

Mais les initiatives personnelles ne suffisent pas. Ne donnons pas un sens laxiste à la séparation des Églises et de l’État. Quelle que soit leur conception de la manière de faire (par exemple pour ou contre l’enseignement du fait religieux à l’école laïque), les républicains doivent intervenir collectivement pour l’élimination de toute théologie criminogène, base des violences concrètes exercées par des croyants qui l’ont acquise au sein de leur religion. Ceci n’est nullement un combat contre le tout des religions (j’ai pour ma part le plus grand respect pour ceux qui y cherchent un sens à la vie). C’est seulement un combat contre ce qui les fait encore aujourd’hui manifestement incompatibles avec les Droits de la personne humaine. Mais ce combat doit être très ferme, très déterminé et très durable.


Faire le Jour

1) Sur l’aggravation de la condition de la femme iranienne, voir sur le site ProChoix du 26 avril le message de L’Association des Femmes Iraniennes en France

(2) On a trop peu souligné l’hypocrisie de Benoît XVI lorsque, en mai 2006, à l’occasion d’une visite au camp d’Auschwitz, il tenta de faire croire à une sincère interrogation compassionnelle de responsable religieux : « Où était Dieu ? Pourquoi est-il resté silencieux ? Comment a-t-il pu permettre cet abominable carnage ?... » On a (un peu) rappelé que le pape Pie XII, soi-disant représentant de Dieu sur la terre et à coup sûr bien vivant à l’époque, était lui aussi resté silencieux. On a (un tout petit peu) rappelé la longue culture, multiséculaire, de l’antisémitisme par l’église catholique. Mais on n’a pas du tout relevé que, selon Benoît XVI lui-même, à l’occasion d’autres célèbres massacres de masse, Dieu s’était très précisément trouvé là où était donné l’ordre de procéder au carnage. C’est en effet le pape actuel qui précise que, entre autres, le massacre des Cananéens était bien ordonné par Dieu lui-même comme le dit explicitement le Livre de Josué puisque « Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés. En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, Lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement » (verset 106 de la dernière édition du Catéchisme de l’église catholique, rédigé sous la direction du cardinal Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI).


par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Lundi 21 mai 2007

Par Anne Demetz


Dans une interview publiée le 01 Mai 2007 dans l’édition française du “Jérusalem Post”, Nicolas Sarkozy, a précisé, à propos d’une éventuelle réforme de la loi de 1905 : “ Si cette question mérite sans doute d’être étudiée, c’est notamment parce qu’il n’est pas juste que les fidèles de certaines confessions apparues ré-cemment sur notre territoire rencontrent des difficultés pour pratiquer leur culte. (..) Pour légiférer sur ces questions délicates, l’accord de la grande majorité des Français et des différentes communautés cultuelles me semble indispensable." .

Ce serait certainement un préalable indispensable. Mais le mieux serait, la France étant, par sa Constitution une république laïque et sociale, régie par le principe d’égalité et son Président, Gardien de cette Constitu-tion, d’abandonner toute vélleïté de modifier la loi de 1905...

Mais, dans cette interview (comme dans celle donnée à La Croix, le 03/04/07), Nicolas Sarkozy, persiste à imputer les difficultés rencontrées par les fidèles de "certaines confessions apparues récemment sur notre territoire", à la loi de 1905. Or, en qualité d'ancien Ministre des Cultes, il devrait savoir qu’elles tiennent à ce que rien n'a été fait pour intégrer lesdites confessions au dispositif de cette loi (la plupart des associations cultuelles créées en France depuis 1945, sont constituées sous la seule la loi de 1901).

Pourtant, le statut de la loi de 1905, donne désormais droit à des financements publics indirects substantiels. A titre d’exemple, pour un un lieu de culte d’un coût global de 3 000 000 €, un culte de la loi de 1905 peut recevoir des dons manuels, donations et legs, en franchise des 60% de droits de mutation (art. 795-10 CGI) et les fidèles imposables bénéficient d’une déduction fiscale sur leurs dons manuels de 66% (Art. 200e CGI). Mais une association cultuelle de la loi de 1901, elle, devra réunir 4 800 000 € (même les dons manuels peuvent être taxés au taux de 60% (art. 757 CGI)) et ce laborieusement (non déductibilité des dons manuels pour les donateurs). Enfin, elle n’a pas droit à l’aide des collectivités publiques pour la réparation des bâti-ments affectés au culte, réservée aux associations la loi de 1905 (art.19 L 1905),

Alors pourquoi, songer, à présent, à un financement direct des cultes par les pouvoirs publics, au lieu d’encourager ceux qui ne sont pas constitués sous le visa de la loi 1905, à adopter cette forme légale ?

Certes, les seules contreparties prévues aux généreuses exonérations fiscales liées au statut de la loi de 1905 sont un objet exclusivement cultuel et le respect renforcé de l'ordre public (ce qui permet de circonve-nir les pratiques intégristes et sectaires même des cultes “sous influences étrangères” ) (1).

Or, ces conditions ne permettent pas au bailleur de fonds publics d'influer sur les votes des fidèles ni d'exi-ger d’un culte, une collaboration à l’application d’une politique publique. En outre, si on encourage tout culte à bénéficier de la loi de 1905 (façon la plus équitable, en France (2), d’assurer les libertés de croire et de ne pas croire), cela peut, coûter plus cher qu'un financement direct discrétionnaire, au cas par cas, de tel ou tel culte par les maires (3).

Aussi est-il tentant, pour certains représentants des églises et de l’Etat, de songer que tout serait plus simple sans l’article 2 de la loi de 1905 :”L’Etat ne reconnait ne salarie ni ne subventionne aucun culte». (4) Comme d'antan, ils pourraient faire, des deniers publics et des enseignements religieux, les instruments de leurs ambitions personnelles, quand, ni les uns ni les autres ne doivent être détournés à cette fin.

Toutefois, il est douteux que les populations de “mécréants” et de “fidèles”, désormais tous citoyens et élec-teurs, apprécient de redevenir dépendants des cultes pour la solidarité sociale et auxiliaires des élus pour la pratique de leur foi (voir l’exemple des Etats Unis note 2).

Cette considération devrait faire réfléchir. Mais la vigilance reste de mise. Les libertés se conquièrent lente-ment mais peuvent se perdre très vite...

ProChoix


1) Dans l’interview donnée à la Croix, Nicolas Sarkozy déclarait vouloir s’en tenir “à quelques objectifs.” dont “couper l’islam de France des influences étrangères, qu’il s’agisse du financement des lieux de culte ou de la formation des imams”.

(2) Au Royaume Uni et aux Pays Bas (depuis 1983), les cultes ne peuvent recevoir que des financements publics indirects. Mais à la différence de la France, ils ne sont pas tenus à un objet exclusivement cultuel et reçoivent aussi des fonds publics pour leurs actions humanitaires (”Le financement des communautés reli-gieuses” Site du Sénat-). Alors qu’en France, pour ce faire, les cultes doivent créer une structure non cultuelle (prévention de la confusion des financements, du prosélytisme sous couvert d’humanitaire et choix laissé aux fidèles de soutenir ou non des actions sociales: l’organisation interne des religions étant rarement démocratique et souvent sexiste). Aux Etats Unis le financement public direct des cultes est admis. Néan-moins:.“Autrefois, quand des organisations religieuses percevaient des fonds fédéraux, elles devaient rendre des comptes et prouver que ces fonds n’étaient pas destinés au culte, au prosélytisme, à la prédication et à la conversion” . Mais sous les mandats de Georges Bush “ il n’est plus nécessaire aux ONG de rendre compte séparément de leurs activités religieuses, soit de démêler celles-ci de leurs efforts humanitaires, ni de s’interroger sur la légalité d’un recrutement fondé sur des critères religieux” (Charitable choice : L’humanitarisme et les politiques de la foi” par Erica Bornstein,- revue Vacarme n° 34, hiver 2006). Ce pro-cessus s’accompagne d’un désengagement de l’Etat fédéral de l’aide sociale.

(3) Le rapport Machelon propose d’autoriser le financement direct des lieux de culte par les maires. Ce fi-nancement, non plafonné, est conçu comme une simple faculté soumise au seul bon vouloir des municipali-tés.

(4) Jean Paul Scot, Historien, observe judicieusement qu’il fait partie du titre I de la loi, intitulé volontairement «Principes», à propos duquel Briand a expliqué que «les législateurs s’engageaient ainsi envers le pays en proclamant des principes rationnels d’action quelles que soient les circonstances ultérieures de la sépara-tion» qui devaient à l’avenir inspirer les législateurs et les magistrats.

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Jeudi 26 avril 2007
Le 20 juin 2005, à l’occasion d’une réunion interreligieuse organisée par l’association la Bible au théâtre de Neuilly, devant ses banlieusards à lui, il ne mâche pas ses mots : « Les religions sont un plus pour la République… ce sont les sectaires qui ont fait de la laïcité une laïcité de combat. » Le thème du débat ? « Dieu peut-il se passer de la République ? » Nicolas Sarkozy voit plutôt les choses dans l’autre sens. À l’entendre, la République ne peut pas se passer de Dieu. Surtout dans les quartiers populaires, où le manque de spiritualité semble expliquer tous les maux. « Nos quartiers sont devenus des déserts spirituels, je ne pense pas que nous ayons quoi que ce soit à y gagner […] Si personne n'explique que la vie n'est pas un produit de consommation, il ne faut pas s'étonner que le sens de la vie ne soit pas le même à La Courneuve qu'à Neuilly », lance-t-il à son public. Le ministre revient de la cité des « 4 000 » à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), où un enfant de onze ans, Sidi Ahmed Hammache, vient d’être tué par balles lors d’un règlement de comptes entre bandes. « Quand on voit des choses pareilles, on comprend que choisir l'espérance soit une nécessité. »

« chrétien et homme politique »

Car chez le ministre, qui s’affirme fièrement « chrétien et homme politique », la religion n’est jamais présentée autrement que comme un « espoir ». Après quoi, il lui suffit de s’interroger sur un air faussement naïf : «En quoi le fait d'espérer serait-il un danger pour la République ?» Son public est aux anges. «Je regrette la frilosité d'un certain nombre d'hommes d'Église : vous n'avez pas à vous excuser de croire en ce que vous croyez», poursuit-il sous les applaudissements de ses troupes… prêtes à partir en mission dans la banlieue d’à côté ? Le capitaine Sarkozy, en tout cas, les galvanise : « Il faut que les hommes et les femmes qui croient puissent prendre part au débat public. » Quitte à faire de la religion une idéologie et à s’exposer à d’éventuelles réactions citoyennes ? Sarkozy sera là pour les protéger. Faisant allusion à l’intrusion de militants d’Act-Up au sein de Notre-Dame, où ils ont parodié une cérémonie de mariage gay pour dénoncer l’homophobie de l’Église, le ministre de l’Intérieur hausse le ton et prévient : « Je n'accepte pas qu'on vienne bafouer un prêtre dans une église, ni qu'on n'ait pas le droit, parce qu'on est musulman, de vivre sa foi et de la transmettre. » Idéologues de toutes les religions, ayez confiance !


Caroline Fourest & Fiammetta Venner, ProChoix
par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité