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"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine  des autres." Romain Gary

"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
Patrick Kessel


"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Lundi 2 juin 2008


Par Guylain Chevrier


La vie politique et démocratique de notre pays est marquée par une crise profonde, une crise de sens, qui se traduit par un rapport litigieux du citoyen avec elle. Il y a une perte de confiance dans la République, dans les valeurs communes, mais pourquoi ? Les dernières élections présidentielles ont montré combien le peuple de France s’est trouvé désemparé face à deux faux choix et encore plus particulièrement le peuple de gauche. Les dernières élections municipales ont montré un taux de participation le plus faible depuis 50 ans. Il manque aujourd’hui de façon criante, un projet politique cohérent de société qui fasse alternative au libéralisme. Mais ce projet est en mal de voir le jour, dans le contexte de tabous qui entoure les grandes questions que soulève celui-ci à la gauche de la gauche, du côté de ceux qui s’attribuent de représenter les intérêts du peuple.

Il existe à la gauche de la gauche aujourd’hui, des forces qui font pression en faveur d’une pensée unique toute aussi destructrice que celle de l’Europe fédérale qu’on veut nous imposer de la droite au PS. Une pensée unique côté gauche dite révolutionnaire qui entend faire taire certains débats capitaux, mais aussi empêche par là-même que s’expriment dans les milieux populaires les expériences et les idées essentielles qui fondent un nouveau projet de société opposable au libéralisme.

Un politiquement correct gauchiste tourné contre le peuple, la nation et la République

Alors que la nation, comme souveraineté du peuple, est l’entité résistante à partir de laquelle mettre en cause le libéralisme, le cadre où le peuple a ses repères et sa mémoire collective, celle de ses luttes et de ses acquis, là où il est le mieux à même donc de se défendre contre la logique de la mondialisation, on ne peut s’en réclamer sans être immédiatement accusé de nationalisme, sans être pointé du doigt comme suspect, voire dangereux.

Parler d’un modèle social à défendre passe encore, dire que c’est le modèle social français c’est encore aux yeux de certains faire du nationalisme, avec en arrière plan l’idée qu’on ne saurait plus défendre aujourd’hui une quelconque dimension nationale à l’heure de l’autre mondialisation, celle qui proclame que nous serions tous des citoyens du monde et que ce serait à cette échelle unique que les choses se joueraient.

On peut pourtant s’interroger de la capacité réelle à être citoyen du monde de l’habitant du Soudan, de religion animiste, qui est soumis au Darfour à l’arme de la faim et de la guerre pratiquée par les dirigeants de la République islamique de son pays, qui pratique une politique d’élimination systématique de tout ce qui n’est pas musulman ? Ou encore, de la condition de citoyen du monde de celui qui en Birmanie vit sous une dictature et dans des conditions de pauvreté qui ne lui laisse aucune place à penser la question de sa liberté à côté de l’obsession de survivre.

Il n’y aurait rien de plus ringard que de penser que la France comme pays indépendant serait encore une valeur d’avenir sur laquelle se mobiliser, qu’elle pourrait exister sans l’Europe. Pourtant, semble-t-il, la France, avec sa conception de la citoyenneté qui porte au-dessus des différences le bien commun, sa laïcité qui nous protège contre l’hégémonie d’une religion sur nos consciences tout en garantissant le libre exercice du culte, un système de solidarité le plus avancé au monde avec ses services publics uniques, une République fondée sur un socle de valeurs Liberté-Egalité-Fraternité qui n’a rien de comparable ailleurs, est bien un contre modèle à l’individualisme anglo-saxon. La France s’oppose à ce type de société fait d’une juxtaposition de communautés bien séparées limitant au maximum les mélanges entre populations d’origines différentes, et ayant comme valeur dominante la réussite pour quelques-uns et dieu pour tous.

Colonialisme, esclavage, immigration, intégration, vote des immigrés, régularisation des sans-papiers, sécurité, islam... un seul discours autorisé !

Les attaques les plus virulentes contre la République et la nation ne viennent pas de la droite mais d’une gauche de la gauche qui ne cesse de la dénigrer. Encore là, si on ne crie pas avec les loups sur la question de la mémoire de l’esclavage, pour dire que la France doit affronter son passé et que la République a des comptes ici à rendre, on risque les pires accusations de forfaiture. Pourtant, il est utile de rappeler que s’il y a une histoire de l’esclavage qui concerne la République, c’est celle de son abolition car jamais ni esclavage ni traite négrière n’ont été pratiquées sous le drapeau de la République. Rappelons que l’esclavage a été aboli deux fois, une fois sous Robespierre juste après la Révolution de 1789 une fois proclamée les Droits de l’Homme et du Citoyen en toute bonne cohérence, et une fois immédiatement après la proclamation de la Seconde République en 1848.

Si on est anticolonialiste, on se doit de dire que la France à été l’auteur avec la colonisation d’un génocide à défaut de quoi, bien qu’elle n’ait jamais cherché à supprimer une quelconque population mais à l’exploiter, ce qui n’est absolument pas la même chose, on peut être traîné dans la boue. Et si l’on ose préciser que ce n’est pas la République qui s’est rendue responsable du colonialisme, que ses valeurs en sont tout le contraire, mais que c’est le capitalisme et des hommes politiques qui en étaient les alliés qui s’en sont rendus coupables, sans oublier que ce fut en héritant de ces colonies, pour l’essentiel des rois et de deux empereurs, on commet alors un crime de lèse majesté.

Si en plus on rajoute que le colonialisme n’a enrichi personne du côté du peuple, de ce peuple de France qui est celui qui s’est le plus mobilisé pour les indépendances, que celui-ci n’a en conséquence aucune raison de se culpabiliser et demander pardon à ceux des pays ex-colonisés qui ont choisi la France, on ne nous le pardonne pas. Pourtant, ceux qui défendent ce que nous dénonçons ici et disent être du côté du peuple, à travers combien d’amalgames l’affaiblissent, le démobilisent, le démoralisent…

Il l’empêche de prendre conscience de ce qu’il a à faire valoir, de ce dont il est porteur dans la continuité de ses acquis qui sont un modèle pour le monde.

N’aller pas plus critiquer le principe acquis, pour ces bien-pensants de la gauche dite révolutionnaire, de la libre installation des immigrés en France, et dire en plus que le principe de la nationalité aurait encore du sens. N’aller pas dire que notre pays ne peut pas accueillir sans limite et que les personnes d’origine immigrées rencontre des problèmes d’intégration parfois très importants, par exemple lorsqu’ils sont d’origine sub-saharienne, immigration qui n’a cessé de croître depuis trente ans, où la notion de famille nombreuse rime fréquemment avec une absence de conscience des enjeux éducatifs qui accompagnent ce genre de situation, qui commencent à poser des problèmes croissant dans nos cités populaires, dans l’école publique, dans la société.

Ne dites pas qu’un changement de culture entre un ailleurs et un ici, nécessiterait un passage complexe qui ne va pas de soi, que la polygamie et le mariage forcé qui connaissent un regain dans notre société sont liés à l’immigration et au développement en France de pratiques portées par ces populations auxquelles il faudrait faire une place limitée à la mesure du chemin qu’elles ont à parcourir pour acquérir d’autres références. Ne rajoutez pas de façon incorrigible que, « l’égalité entre tous » n’a pas de sens si la liberté en tant que responsabilité politique commune n’est pas placée à la même hauteur d’exigence, et qu’en dehors de ce rapport il n’y a pas de fraternité possible entre égaux.

N’allez pas dire qu’en donnant le droit de vote à toutes les élections aux étrangers on saborde toute notion d’appartenance à une communauté nationale qui a pour sens des valeurs que l’on acquière pas sans un minimum d’acculturation, de prises de conscience contenues à minima dans le processus d’acquisition de la nationalité. Là, attention, vous risquez de vous faire traiter rien de moins que d’ethniciste, de Maurrassien…

Si vous vous laissez aller à dire que la régularisation de tous les sans-papiers vous paraît un problème, parce que la France atteindrait les limites du possible en matière d’accueil des étrangers sur son sol, constatant que l’on voit fleurir un communautarisme de plus en plus revendicatif en rapport avec cette situation, attention, vous allez être accusé d’être favorable à un nouveau Vel d’Hiv prenant pour cible les étrangers, de collaborer ainsi à les faire déporter. Tout un vocabulaire historiquement daté est ici merveilleusement remis au goût du jour, pour intimider la moindre critique de ce politiquement correct à la gauche de la gauche qui mine notre capacité de penser.

L’instrumentalisation de l’immigré

Ne vous autorisez pas à expliquer que les jeunes casseurs de nos banlieues ne seraient pas des révolutionnaires de nouvelles génération mais une minorité en rupture avec la société, ne représentant nullement la banlieue et qu’il n’y a rien de glorieux à brûler les voitures des familles de la même cité parmi lesquels il n’y a aucun nanti, ou vous serez désigné d’anti-jeune, ou de Sarkoziste.

N’allez pas dire que la religion musulmane tend vers le communautarisme alors que le port du voile, pire, de la burka tendent à se banaliser au pays des droits de l’homme et du MLF, que ses représentants qui sont pour la limitation du droit d’expression, comme cela a été montré lors de l’affaire des caricatures dont ils demandaient l’interdiction, défendent une volonté d’influer de façon flagrante sur les choix politiques de notre pays, pour nous faire rompre avec une tradition de séparation des Eglises et de l’Etat mise à mal de tous bords. N’allez surtout pas dire que cette religion n’a pas fait son aggiornamento, sa modernisation, et qu’elle contient quelques archaïsmes extrêmement dangereux pour nos libertés et la démocratie et plus particulièrement encore pour le statut des femmes que le Coran déclare juridiquement inférieures… Cela est trop, c’est du racisme, de la xénophobie, du néo-colonialisme ! Vous risquez, si vous pensez tout cela, d’être tout simplement mis au banc de la gauche, que dis-je, de la société !

Ce qui ressort de ce petit examen, c’est que l’immigré est devenu l’homme nouveau à partir duquel décliner la réalité, celui qui symbolise toutes les injustices d’un Nord opposé au Sud, faisant ainsi un amalgame qui oppose le peuple des exploités de France additionné de façon indifférenciée aux riches qui vivent sur leurs dos, à ceux venus d’ailleurs. L’immigré est ainsi propulsé en lieu et place de l’ouvrier, mettant malheureusement dans cette analyse simpliste un point final à la lutte des classes, livrant ainsi Français et immigrés à la même exploitation…

L’immigré est aussi l’instrument de ceux qui vivent du système et ont besoin de se fabriquer une bonne conscience à peu de frais à travers sa défense inconditionnelle. Il est le cheval de Troie d’une attaque contre la nation qui est le propre de la haine que voue à cette dernière les gauchismes par dogmatisme internationaliste. Le gauchisme et le libéralisme s’entendent ici fort bien contre la nation sur le dos du peuple, en déroulant ainsi ensemble le tapis rouge à la mondialisation.

Le peuple agent de l’histoire, contre les censeurs du gauchisme bien-pensant

Ce que l’on veut nous faire oublier, du côté de la nouvelle bourgeoisie pseudo-révolutionnaire humanitariste, c’est qu’en France, à travers plusieurs révolutions, c’est le peuple qui a imposé un sens de l’histoire qui est celui de la nation, qui a édifié une possibilité nouvelle dans l’histoire donnant aux hommes la maîtrise de leur destin, c’est lui qui a poussé à ce que notre pays sache faire que les contradictions qu’il a pu rencontrer, nourrir, soient dépassées par toujours plus d’égalité, de liberté et de fraternité.

Ce que l’on veut du côté des tenants du libéralisme, c’est lui reprendre l’initiative, ce à quoi, ces faux soutiens des opprimés qui font de la morale contre la République, prêtent la main. Mais n’en déplaise à ces faiseurs, c’est le peuple qui fait l’histoire, un peuple qui a une mémoire, celle des révolutions de 1789 et de 1830, de 1848 et de la Commune de Paris, du Front populaire au programme du Conseil National de la Résistance à mai 68. Ce peuple qui est le nôtre a un pays, une identité, qui a apporté au monde des lumières nouvelles qui continuent d’être l’enjeu principal de notre temps, comme modèle de société, contenu dans l’essence d’une République laïque et sociale qui est notre bien et est encore à ses balbutiements, mais qui est la voie de toute libération. Voilà le cadre que nous devons faire fructifier en en défendant les valeurs sans complexe et contre toutes les dérives qui puissent en détruire la référence qui demeure une chance pour le monde.

Vive la France, vive le peuple, vive la nation, vive la République

Tous ces gens pour lesquels le mot France ou Français est un tabou, ne veulent surtout pas d’une nouvelle révolution qui remettrait en cause leur situation dans ce système où ils trouvent leur compte, bon en mal an, voire grâce à lui, vivent pour certains de leurs rentes. Ils concourent à travers une démarche essentiellement humanitaire à donner une place à chacun dans ce monde d’injustice, les uns à côté des autres sans rien résoudre sur le fond, sans rien proposer pour changer le système dans sa nature, jusqu’à donner des leçons de politique et de morale à un peuple que profondément ils méprisent.

Ils voudraient nous empêcher de penser par l’invective, l’intimidation, par l’opprobre, par la diffamation opposés à toute critique, sans jamais répondre sur le fond. Ce n’est de leur part qu’aveu de faiblesse. Ils voudraient nous faire abandonner le peuple pour qu’ils puissent vivre l’illusion de prendre sa place tout en confortant leur situation dans le système, à l’aune d’un politiquement correct brouillant les cartes à tout changement de société. Rien d’étonnant ici, car il n’y a pas de changement possible qui ne mette le peuple au cœur du projet d’un autre monde qui commence ici et maintenant, un peuple qui ne craint d’affronter aucune question, et pas n’importe quel peuple, le peuple de France, aux couleurs de sa République.

 

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Samedi 31 mai 2008

Face aux dénis permanents de démocratie, associez-vous pour une Assemblée Constituante !


Á une époque où la souveraineté populaire est de plus en plus bafouée et n'est respectée que lorsqu'elle apporte la réponse voulue par une nouvelle aristocratie, où les dirigeants d’un bipartisme de plus en plus illégitime s’accordent pour modifier sans cesse et sans contrôle nos institutions nationales autant que les règles européennes qui, maintenant, nous régissent, nous avons, comme vous le savez, créé une "Association pour une Constituante". Son but est de populariser, agir et mobiliser pour imposer l'élection d'une Assemblée Constituante au suffrage universel direct dans notre pays.

Une Constituante est un symbole démocratique rassembleur. Elle est destinée à permettre au peuple de se réapproprier la vie politique, en particulier en remettant à plat les règles d’un jeu politique devenu illisible, de moins en moins légitime et porteur de dangers.

Il s’agit donc de faire revivre une vie politique désormais confisquée par une soi-disant élite qui empêche l’expression et la représentation de toute opposition réelle en prétextant des contraintes qu’elle met elle-même en oeuvre.

Il s’agit de recréer un espace public national, aujourd’hui démantelé au profit d’intérêts parcellaires.

Légitime, notre objectif peut ouvrir des perspectives concrètes de transformation sociale et politique.

Nous avons, en partenariat avec la revue "Utopie critique", tenu un colloque sur ce thème le 19 avril. Cette rencontre a réuni plus de 100 personnes en dépit des vacances scolaires. Après ce succès, nombreux parmi vous ont adhéré ou nous ont demandé comment organiser la suite.

Ce message est destiné à répondre aux interrogations formulées.

Les buts

Les adhérents constatent que la démocratie est de plus en plus bafouée par les gouvernements successifs, que la Constitution est de plus en plus manipulée et transformée, en dehors de toute volonté populaire, par un bipartisme aux mains de la pensée unique et que les institutions ne permettent ainsi plus une représentation crédible du corps social. C’est pourquoi ils se rassemblent dans l’association pour imposer l’élection d’une Assemblée Constituante au suffrage universel direct, réellement représentative des citoyens et destinée à redéfinir les institutions, c'est-à-dire la règle du jeu politique.

Les adhésions sont libres. Les seules conditions requises de la part des membres sont le soutien aux principes énoncés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, à la forme républicaine du gouvernement et donc, tout particulièrement, à la souveraineté du peuple et au suffrage universel.

En ce sens, l’association ne veut pas définir a priori quelle doit être la Constitution. Elle veut agir pour que le peuple désigne ses représentants afin de l’élaborer et, qu’ensuite, un référendum constitutionnel soit organisé.

Les membres de l’association sont attachés au progrès social comme à la liberté. Mais, selon eux, la question politique n’est pas le simple résultat des conditions économiques et sociales ; bien au contraire, la dégradation de la démocratie depuis des décennies a permis la remise en cause de tous les acquis sociaux et de l’intérêt général.

L’association se fixe comme moyens d’action de populariser par des réunions, des prises de positions publiques et des écrits, l’idée d’une Constituante à l’instar de ce que firent les citoyens il y a deux siècles lorsque le roi fut contraint de convoquer les États Généraux. Comme autrefois, elle appellera à la rédaction de cahiers de doléances par les citoyens. Elle fera aussi pression auprès des élus et divers responsables pour imposer le principe de la Constituante. Elle proposera les modes d’élection des constituants pour que ceux-ci soient vraiment représentatifs du peuple.

L’organisation

L’adhésion est individuelle pour toute personne qui le souhaite. La cotisation est alors de 15 euros, 10 euros pour les chômeurs et étudiants à adresser à l’ordre et au siège de l’association en précisant les coordonnées, y compris, si possible, la messagerie électronique.

Cela étant, il est souhaitable que, une fois admis les principes généraux sur lesquels repose l’action de l’association, les cercles locaux soient le plus autonomes possible dans la pratique. Ils choisiront donc les moyens pour populariser la Constituante, pour dynamiser la rédaction des cahiers de doléances, pour définir les modalités d’élection des constituants.

C’est pourquoi les cercles locaux peuvent adhérer en tant que tels à l’Association, le bureau étant responsable de leur adhésion. La cotisation est alors fixée à 50 euros si le nombre d’adhérents est compris entre 1 et 10, 100 euros entre 10 et 50, 300 euros entre 50 et 100. Le cercle perçoit alors lui-même les cotisations, transmet la liste des adhérents au bureau et reverse les sommes dues au trésorier.

A côté du bureau élu annuellement existe alors un Conseil des cercles qui réunit le bureau et les responsables des cercles locaux.

Les adhérents, autant que les cercles locaux, s’engagent, en dehors de leur action pour la Constituante, à n’utiliser leur qualité de membres de l’association dans le cadre d'aucune activité politique et électorale.

Une assemblée générale sera organisée en juin 2008 pour arrêter toutes ces questions statutaires.

___________

Association pour une Constituante

13 rue du Pré Saint Gervais 75019 Paris

pouruneconstituante@yahoo.fr

par le Citoyen Thimèle publié dans : Mouvements Républicains
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Samedi 31 mai 2008

Les Pays-Bas , qui , à l’époque de Voltaire , faisaient office de refuge pour tous les européens victimes de persécutions politiques et religieuses , sont en train de devenir un pays en pointe en ce qui concerne le rétablissement des persécutions religieuses et du délit de blasphème , avec l’arrestation honteuse d’un caricaturiste . Examinons les faits :

L’affaire débute en 2005 avec la plainte déposée par un imam , Abdul Jabar van de Ven , contre un blogueur caricaturiste dont le pseudonyme est Gregorius Nekschot ( ce qui peu se traduire par " tir d’une balle dans la nuque ) , qui était un proche du réalisateur Théo Van Gogh qui avait été rituellement massacré par un musulman . Le blog de Neckshot est consultable ici : http://www.gregoriusnekschot.nl/blog/

Cet imam Van de Ven qui a porté plainte , hollandais " de souche " converti à l’islam à l’âge de 14 ans , s’était " illustré " dernièrement par des propos se réjouissant de la mort de Théo van Gogh , et souhaitant la mort de Geert Wilders , et pour avoir soutenu l’idée selon laquelle il est interdit à une femme musulmane de serrer la main d’un homme : http://www.jihadwatch.org/dhimmiwatch/archives/004040.php

Le caricaturiste a été arrêté sur la charge de " publication de caricatures de caricatures discriminant l’islam et injures racistes " . Sa maison a été perquisitionnée , son ordinateur , ses téléphones portables , carnets d’adresse et agendas , ses clefs USB et de nombreux dessins ont été saisis.

Selon la porte-parole de son éditeur ( Xtra ) , il a été arrêté avec un grand déploiement de forces ( environ 10 policiers ) . Cette porte-parole a demandé à rester anonyme car l’auteur et l’éditeur ont déjà reçu des menaces de mort.

Nekschot a déclaré au journal " Het parol " que les officiers de police lui ont déclaré " ce que tu dessines est pire que ce qu’ils ont fait au Danemark .Est-ce que tu réalises ce qui peut t’arriver si ton identité est dévoilée ? " Le dessinateur craint pour sa vie : " comme auteur de ces caricatures , ma vie est en danger en prison . " Neckschot a été libéré deux jours plus tard , mais reste menacé de poursuites.

Dans une interview au journal De Volksrant , Nekschot explique : " Aux pays-Bas , on muselle les artistes et les caricaturistes , au Danemark , ils protègent les caricaturistes , aux Pays-Bas , on les arrête " .

L’association " reporters sans frontières ", s’est indignée de cette arrestation arbitraire dans une déclaration qu’on peut consulter ici : http://www.rsf.org/article.php3 ?id_article=27072

Selon le procureur , Nekschot " fait sa profession de dessiner des caricatures de nature insultante et discriminante " Selon Ernst Hirsch Ballin , ministre de la justice chrétien démocrate , la police a mis trois ans à découvrir sa véritable identité derrière son pseudonyme.

Les réactions aux Pays- Bas ont été virulentes. Le ministre de la justice sus-mentionné a été critiqué par une grande partie du parlement au sujet de cette arrestation , dont les modalités ont été jugées " disproportionnées. Un des membres de droite du parlement, s ’exprimant dans De Telegraaf , a parlé de pratiques comparables à celles de l’ancienne Allemagne de l’Est, tandis que le parlementaire De Wit suggérait que le ministre de la justice avait essayé par cette arrestation de se venger de l’opposition récente du parlement à une nouvelle législation sur les injures blasphématoires. Un autre parlementaire , Fred Teeven , a parlé d’une arrestation politique . De nombreux journaux ont défendu Gregorius Nekschot en publiant ses caricatures . De nombreux dessinateurs de presse ont fait des caricatures de soutien.

Que penser de cette affaire ? Ecartons d’abord l’accusation fantaisiste de racisme. Le plaignant est bien entendu non fondé à porter plainte pour racisme . En effet , si l’on admet l’existence de " races " , ce qui pour un biologiste est un non-sens , il s’avère que le plaignant , hollandais dit " de souche " est , dans ce cas , de la même " race " que le dessinateur , et qui plus est de la même nationalité, sauf à ce que cet imam affirme contre tout bon sens que son changement de religion à l’âge de quatorze ans avait également constitué en un " changement de race " , ce qui n’ a bien entendu guère de chance d’être admis par les tribunaux . Une caricature , même virulente , d’une religion n’est donc pas une attaque contre une " race ".

Dans les récits de la presse néerlandaise , personne n’a pu attribuer avec certitude un quelconque caractère délictueux ou punissable aux caricatures incriminées dont l’analyse détaillée peut être retrouvée ici : http://en.wikipedia.org/wiki/Gregorius_Nekschot#Cartoons_described

La vérité est que les Pays-Bas, qui étaient le haut-lieu de la liberté d’expression, ne le sont plus actuellement. Dans une interview donnée au journal De Volkskrant , Gregorius Neksschot explique que c’est la première fois en 800 ans d’histoire de la satire aux Pays-Bas qu’un artiste est mis en prison.

A l’époque de la guerre froide , on parlait de " finlandisation " lorsque un petit pays devenait neutre afin de ne pas subir les foudres d’un puissant voisin (l’URSS , en l’occurrence).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Finlandisation

On pourrait maintenant parler de " hollandisation " lorsqu’un pays renonce à une partie de ses valeurs et de ses libertés pour satisfaire les exigences d’une religion devenue menaçante par son expansion dans certaines partie de son territoire.

La hollandisation n’est d’ailleurs pas l’apanage des Pays-Bas. On l’observe également , par exemple , dans certains états des USA quand on renonce , entre autres , à enseigner l’évolution sous la pression de lobbies bibliques et créationnistes.

On l’observe aussi au Canada, avec des politiques " d’accommodements raisonnables " qui ont failli aboutir à l’instauration de la charia dans un des états constituant ce pays. Néanmoins, c’est aux Pays -Bas que le phénomène de la hollandisation s’observe de la façon la plus complète :

- des personnalités publiques sont assassinées pour raisons religieuses (Pym Fortuyn, Théo Van Gogh) d’autres sont menacées et doivent s’exiler (Aayan hirsi Ali) .

- Des complices objectifs des religieux, se prétendant militants anti-racistes , se livrent à de honteuses manipulations pour faire croire au racisme de leurs concitoyens :

http://www.ripostelaique.com/Quand-de-pretendus-antiracistes-se.html

- Le gouvernement prend peur et essaye par tous les moyens de censurer Geert Wilders , avec la complicité de l’ONU :

http://www.ripostelaique.com/Fitna-l-ONU-veut-etablir-une.html

On en arrive enfin, avec cette honteuse arrestation, au renoncement total à la tradition de liberté d’expression qui était un des plus grands apports des Pays-Bas à la civilisation. Bien entendu, le grand prétexte de ce renoncement est la lutte contre " l’islamophobie " (peur de l’islam). Mais qui a peur de l’islam dans cet affaire ? Des personnes qui se font tuer, exiler, censurer, confisquer, arrêter pour avoir courageusement défendu leurs opinions ? Ou bien un gouvernement qui a tellement peur de l’islam qu’il préfère renoncer aux valeurs ancestrales de son peuple, en un geste abject de soumission au fanatisme, que de risquer un conflit opposant la raison et la liberté aux forces de l’obscurantisme ?

Or , partout en Europe , des demandes de plus en plus exorbitantes se font jour de la part de l’islam :

- En Belgique , dans la ville de Dendermonde la police doit protéger une oeuvre sculptée du 17ème siècle , réalisée à la suite de la bataille de Vienne , dont on pense qu’elle représenterait Mahomet et le coran écrasé par des " anges " . Un journal turc ( Yenicaq ) , s’est livré à une diatribe contre cette statue , qui a ensuite fait l’objet de menaces .

- En Italie , des musulmans extrémistes demandent la destruction d’une fresque du début de la renaissance , dans l’église San Petronio à Bologne sous le prétexte qu’elle représente Mahomet torturé en " enfer " !

http://www.brusselsjournal.com/node/3249

http://www.snappedshot.com/archives/2085-For-Yenicag-A-Gift.html

Non seulement il faudrait pour complaire au fanatisme renoncer à la liberté d’expression actuelle , mais effacer de la surface de la planète toute ouvre d’art contraire aux intérêts de l’islam , comme les talibans l’ont déjà fait pour les bouddhas géants en Afghanistan !

Le soutien de tous les êtres humains épris de liberté à Gregorius Nekschot doit donc être total et sans restrictions , si l’on ne veut pas voir disparaître dans un avenir proche nos libertés et nos droits .


Par Docdory, Riposte Laïque
par le Citoyen Thimèle publié dans : International
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Vendredi 30 mai 2008


Communiqué de l’UFAL :


Le tribunal de grande instance de Lille vient de rendre un jugement étonnant : il a considéré la virginité comme une « qualité essentielle » (sic) de la femme avant le mariage.

Un mari avait demandé l’annulation de son mariage au motif que sa femme n’était pas vierge alors qu’elle avait prétendu l’être. Il se trouve que les deux époux sont de confession musulmane. Le tribunal aurait-il tenu compte de la religion des époux pour rendre son jugement ? De deux choses l’une : ou bien le tribunal a été différentialiste et a rendu un jugement discriminatoire, ou bien il faut comprendre que la virginité est devenue une qualité essentielle sur laquelle une future épouse ne doit dorénavant ni plaisanter, ni mentir.

La décision rendue par le tribunal pervertit l’esprit même de cette loi qui avait pour finalité manifeste de protéger les femmes contre les mariages forcés.

Il s’agit d’un précédent : la République, en tant qu’elle est laïque, n’a jamais considéré, ni dans son esprit ni dans sa lettre, que la virginité pouvait être une qualité essentielle d’une citoyenne qui veut librement s’engager dans le mariage, fût-elle musulmane.

Un jugement rendu par un tribunal français est prononcé au nom du peuple souverain, source de la volonté générale, et non pas au nom d’une religion, d’une tradition ou d’un droit coutumier. Dans la même veine anti-républicaine, anti-laïque et anti-féministe, pourquoi ne pas aller jusqu’à blanchir cette coutume barbare qu’est l’excision ?

L’UFAL appelle la représentation nationale et, au-delà d’elle, tous les citoyens, à résister à cette dérive communautariste et à refuser ce jugement : il serait en effet désastreux qu’il fasse jurisprudence.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Laïcité, Religions et Intégrismes
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Vendredi 30 mai 2008

Etienne Chouard était interviewé par Anna Borrel (Marianne2.fr) à l'occasion du troisième anniversaire du "Non" français à la Constitution européenne. De cette interview se révèle qu'il ne se fait guère d'illusion sur une quelconque prise en compte d'un éventuel "Non" Irlandais au Traité de Lisbonne.


Le 29 mai 2005, les Français votaient non au référendum sur le Traité européen. Trois ans après, que reste-t-il de la gauche du non ?
Etienne Chouard : Trois ans après, on a recommencé à traiter le peuple comme un enfant politique et à le maltraiter. Les citoyens sont la grande victime de cette affaire. On leur a ôté leur bâillon une fois, en 2005, pensant qu'ils ne seraient pas capables de s'intéresser au sujet des institutions qu'on leur présentait comme poussiéreux, ennuyeux. Mais comme ils ont réagi en criant "non !", on leur a remis le bâillon et la maltraitance a repris. Aujourd'hui, ils n'ont plus la parole. Et en modifiant la Constitution sans nous, les Parlementaires nous font une violence considérable.

Vous dites que le peuple est bâillonné. Mais grâce à Internet, vous étiez parvenu à vous exprimer très largement au moment du référendum…
EC : Oui mais à l'époque, certains médias relayaient nos réflexions et il y avait l'enjeu du référendum. Aujourd'hui, plus personne ne veut parler de l'Europe. Internet tout seul ne suffit pas. Les Parlementaires de gauche ne font plus leur travail. À quelques exceptions près – Généreux, Mélenchon, Filoche et quelques autres – les socialistes ne font plus leur travail. D'ailleurs, il faut mettre « socialiste » entre guillemets : nous vivons dans un régime orwellien qui n'a plus que les apparences de la démocratie, avec un parti unique, de droite, l'UMPS.

Mais Nicolas Sarkozy avait annoncé la couleur : pendant sa campagne, il avait bien dit qu'il ferait revoter le traité par le Parlement et non par référendum. Les Français ont voté pour lui en connaissance de cause…
EC : Mais non ! Est-ce qu'il a dit qu'il ferait voter une nouvelle Constitution européenne identique à la précédente ? Pas du tout : lors de sa campagne, il avait parlé d'un « mini-traité », d'un traité « simplifié » ! Or le Traité qui nous est imposé par voie parlementaire n'est ni mini ni simplifié et il contient les mêmes graves atteintes à la démocratie. Par exemple, il prévoit toujours la faiblesse des organes élus et la confusion des pouvoirs entre les mains d'organes non élus (donc hors contrôle), la dépendance des juges, le chômage (et les bas salaires) imposés par une politique monétaire suicidaire, etc. Quand les ministres modifient la Constitution, ils écrivent des règles pour eux-mêmes et ils trichent : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir.

Le 12 juin prochain, les Irlandais auront, eux, à se prononcer par référendum sur le nouveau Traité européen. Pensez-vous qu'ils pourraient voter non et ainsi remettre en cause ce Traité ?
EC : Je ne crois pas. Il n'y a quasiment pas de débat en Irlande, et quand il y en a un, il est calamiteux. Leurs médias matraquent les arguments des partisans du « oui » exactement comme cela a pu être le cas en France. On glorifie le « oui » et on culpabilise le « non », systématiquement, en le stigmatisant comme l'apanage de l'extrême droite. De plus, Valéry Giscard d'Estaing l'a bien fait comprendre : si les Irlandais votaient « non » malgré tout, on trouverait un moyen de faire passer ce Traité d'une façon ou d'une autre.

Comment continuez-vous à faire vivre vos idées ?
EC : Depuis un mois environ, nous avons lancé les MOCRIES, les Manifestations Obstinées Contre le Régime Illégitime Européen. L'idée est simple : il s'agit d'organiser nous-même des protestations hebdomadaires exigeant une assemblée constituante honnête et un référendum pour toute révision constitutionnelle. Chacun peut le faire chez soi, avec des amis résistants, de gauche comme de droite. C'est ce qu'avaient imaginé les Allemands de l'Est pour résister avant la chute du mur. Ça ne coûte rien, contrairement aux grèves, et on peut le faire librement, près de chez soi. Il y en a déjà plus de vingt qui s'organisent chaque semaine dans tout le pays : à la Réunion, à Paris, dans des villes et des villages de France. Ça fait du bien d'agir enfin, souvent, au lieu de prendre des coups sans rien dire. On n'a jamais essayé ça - d'innombrables microrésistances durables : ça peut marcher.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Traité de Lisbonne
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Mercredi 28 mai 2008

Par Anne-Marie Le Pourhiet

Par décret du 9 avril 2008, le président de la République a désigné le comité présidé par Simone Veil, chargé de réviser le préambule de la Constitution française où sont consacrés la philosophie politique de la France ainsi que les droits et libertés des citoyens. Trois mois s'étant écoulés depuis l'annonce faite le 8 janvier, et le président ayant depuis judicieusement rappelé qu'il n'avait pas été élu pour désigner des comités, on s'était pris à espérer qu'il renonce à son inquiétant projet. Il n'en a rien été.

C'est pour ancrer la Ve République dans la tradition républicaine, et rassurer ceux qui redoutaient une dérive bonapartiste du régime, que la loi constitutionnelle du 3 juin 1958 avait imposé au gouvernement du général de Gaulle de garantir dans la nouvelle Constitution les droits essentiels consacrés par la déclaration libérale de 1789 et le préambule social de 1946.

La cohabitation n'a pas toujours été facile entre ces deux philosophies puisque le libéralisme impose à l'État de se cantonner dans des fonctions régaliennes (État gendarme) tandis que le socialisme l'invite au contraire à fournir prestations et réglementations (État providence). Toutefois, les textes de 1789 et de 1946 ont en commun un élément essentiel qui assure leur cohérence : l'universalisme, qui ne veut rien voir entre le citoyen libre et la nation souveraine. La consécration de l'autodétermination d'un homme doué de conscience et de raison, libéré de toute chaîne ou appartenance héréditaire, coutumière, ethnique, religieuse ou linguistique est la caractéristique majeure de la tradition républicaine et donc de notre «identité constitutionnelle», pour reprendre l'expression du Conseil constitutionnel. L'égalité de tous les citoyens devant la loi, le refus des groupes, catégories ou corporations, l'abolition des privilèges et la promotion du seul mérite constituent, depuis la Révolution, le socle intangible de nos valeurs.

Or la lettre de mission adressée par le président Sarkozy à Mme Veil, malgré ses précautions de langage, promet clairement une remise en cause de celles-ci. Il ne suffit pas, en effet, d'affirmer que la révision projetée ne saurait «modifier ou affaiblir» les textes de 1789 et de 1946 et qu'il s'agirait seulement d'inscrire dans le préambule «des droits et principes fondamentaux nouveaux». Les juristes savent bien que beaucoup de «droits nouveaux» issus du multiculturalisme ou du féminisme ne s'ajoutent pas simplement aux droits de l'homme traditionnels mais les contrarient au point de les détruire. Lorsque Marcel Gauchet affirme : «Un nouvel homme des droits de l'homme est né qui n'a plus rien à voir avec son ancêtre de 1789», il constate simplement que les nouveaux droits aujourd'hui revendiqués ou consacrés dénaturent les libertés fondamentales de la première génération.

Introduire la parité et la diversité dans le préambule revient à saper le principe d'égalité de tous devant la loi et à consacrer des assignations à identité sexuelle, ethnique, linguistique ou religieuse que le Conseil constitutionnel a toujours refusées au nom de l'universalisme révolutionnaire. C'est aussi remettre en cause la méritocratie républicaine que d'introduire des discriminations positives, c'est-à-dire des passe-droits ethniques et sexuels, qui constituent autant de privilèges, au sens étymologique de lois privées, en opposition avec la res publica. Ne nous y trompons pas, c'est la philosophie réactionnaire de Joseph de Maistre, illustrée par son fameux «J'ai vu des Français, des Italiens, des Russes mais quant à l'homme je déclare ne jamais l'avoir vu de ma vie», qui est de retour et que l'on a clairement entendue dans le discours de Dakar qui ne voulait voir, lui aussi, que «l'homme africain». La remise en cause de la laïcité n'est sans doute pas expressément au programme du comité Veil, mais on devine bien qu'elle rôdera alentour sous couvert de «diversité religieuse» ou de «dignité des croyants», et l'on sait aussi que les militants des langues et «préférences» régionales ont déjà préparé leurs amendements ethnocentriques.

La dignité constitue aujourd'hui la menace la plus directe contre la philosophie des Lumières et l'idée républicaine, l'arme fatale contre nos libertés. Ériger cette notion philosophique et morale, éminemment subjective et relative, en norme juridique est une folie. On voit déjà depuis plusieurs années que c'est au nom de la dignité des individus et des groupes que des militants narcissiques et hystériques ont obtenu la multiplication des incriminations pénales de harcèlement moral et sexuel, de discriminations et propos sexistes, homophobes, handiphobes, etc., aboutissant à un arsenal répressif menaçant notamment les libertés d'expression et de la presse. C'est encore au nom de la dignité humaine qu'est revendiquée une euthanasie «très active», et ce n'est pas non plus un hasard si les décisions juridictionnelles récentes les plus intellectuellement indigentes et tirées par les cheveux ont été rendues sur le fondement de cette notion fourre-tout et galvaudée.

Prenons garde à ce que l'on ne nous remplace subrepticement la devise «Liberté, Égalité, Fraternité» par la trilogie «dignité, diversité, parité» et que l'emblème «bleu, blanc, rouge» ne vire subitement au «black, blanc, beur». Le seul texte constitutionnel français à avoir jusqu'à présent mentionné expressément la «dignité de la personne humaine» et reconnu les «droits des communautés» est le projet de Constitution du maréchal Pétain. C'est à méditer.

Dans ses vœux à Jacques Chirac, en janvier 2006, Pierre Mazeaud indiquait que «l'inconstance institutionnelle porte l'empreinte du sous- développement». C'est exact et il est certain que le remplissage droit-de-l'hommiste ne saurait tenir lieu de philosophie politique. Et puisque nous avons emprunté notre principe «gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple» à Abraham Lincoln, il conviendrait enfin de rappeler au président de la République française que si c'est le «peuple constituant» qui s'est effectivement référé en 1958 aux principes de 1789 et de 1946, c'est encore à ce même peuple qu'il conviendrait de proposer, cinquante ans plus tard, de les modifier. On ne change pas le contrat social d'une nation sans son consentement exprès et direct.

Le Figaro
par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Mercredi 28 mai 2008
Le mouvement social et la prise de conscience populaire et républicaine grandissent

Par Claude Beaulieu

Péremptoire, Nicolas Sarkozy a déclaré un jour : « certains en France m’appellent Sarkozy l’Américain. J’en suis fier ». Et en effet depuis son élection, sa politique relève d’un atlantisme sans rivage, d’un alignement sur George W Bush dans le domaine des affaires étrangères et de l’adoption en matière de politique économique et antisociale, de la vision des néolibéraux états-uniens les plus réactionnaires. « Sarkozy l’Américain » est donc bien une appellation contrôlée.

Les Résistants de l’Affiche rouge et tout particulièrement Missak Manouchian, dont le Comité Valmy souhaite le transfert des cendres au Panthéon, ont montré que dans le peuple et la classe ouvrière, l’on pouvait être issu d’une immigration récente et cependant aimer, défendre la France, se battre et même mourir pour sa liberté. Il est manifeste que dans les milieux bourgeois de l’immigration et qui ont pu côtoyer le capital financier, il n’est pas vraiment nécessaire d’apprécier son pays d’accueil et de lui être fidèle, pour être conduit à sa présidence.

L’appareil souterrain de l’oligarchie euro- atlantiste et occidentaliste qui a assuré le tri et la promotion des deux principales candidatures pour la dernière élection présidentielle, ne parait pas en effet, avoir sélectionné Nicolas Sarkozy – ni même d’ailleurs Ségolène Royal, son « faire-valoir » social libérale et chantre de l’Europe fédérale des länder – pour leur commune volonté de défendre la souveraineté populaire et l’indépendance nationale ou encore pour leurs fortes préoccupations républicaines, démocratiques et sociales.

L’oligarchie avait au contraire seulement besoin d’une sorte de Président « Canada Dry » afin d’intégrer à marche forcée la France vassalisée et son peuple sous narcose et manipulation politico- médiatique, dans un empire transatlantique euro-états-unien, prochaine étape pour les partisans dogmatiques d’une Europe supranationale qui s’oriente dangereusement vers le soutien à la politique américaine de guerre tout en s’enlisant toujours davantage dans la barbarie du capitalisme néolibéral.

Envoi de nouveaux supplétifs aux couleurs de la France en Afghanistan, réintégration de l’organisation militaire intégrée de l’Otan, création d’une base militaire française à Abou Dhabi, appui à la mise en place belliciste en Europe par les dirigeants américains, d’un bouclier anti-missiles dans le cadre d’un encerclement militaire américain de la Russie et de l’Iran mais aussi d’une hostilité stratégique fondamentale envers la Chine... Sur toutes ces questions comme sur d’autre Sarkozy provocateur et aventuriste se place en position hostile envers les pays concernés, en appliquant pleinement solidaire, une politique élaborée et décidée à Washington et contraire à l’intérêt national du peuple de France et des autres peuples du monde.

Selon Emmanuel Todd, " le renforcement des troupes françaises en Afghanistan est une erreur diplomatique et stratégique, et dessine les contours d’une idéologie extrême droitière à l’échelle mondiale". Le Comité Valmy affirme depuis longtemps que la marche forcée vers l’Europe fédérale est un processus euro-atlantique totalitaire, lié à la stratégie de guerre des dirigeants des États-Unis qui essaient de pérenniser leur domination sur le monde. Nous partageons la constatation d’Emmanuel Todd selon laquelle l’Occidentalisme qui se met en place "dessine le contours d’une idéologie extrême droitière à l’échelle mondiale".

" Non seulement le retour de la France dans l’Otan ne correspond pas aux intérêts de notre pays, mais je crois aussi que c’est dangereux" a déclaré Dominique de Villepin, ancien premier ministre et intermittent du gaullisme. Nous perdrions des marges de manœuvre, des marges d’indépendance" et "une possibilité d’agir seul, sans être embrigadé dans un ensemble" a-t-il dit en précisant que l’Otan est une "organisation sous contrôle américain."

En même temps qu’il prépare la réintégration de l’Otan Sarkozy relance le projet de communauté Européenne de Défense, mise en échec dans les années cinquante, essentiellement par les refus convergents des gaullistes et des communistes et leur alliance objective sur ce dossier. Aujourd’hui il contribue consciemment à la mise en place d’un front occidentaliste contre le monde musulman, la Chine et la Russie, dangereux pour tous les peuples de la planète qui subiraient solidairement les effets de la nouvelle guerre mondiale qui menace. Ses prises de position anti-laïques, son soutien à une conception chrétienne de l’Europe, son comportement notamment au Liban, au Moyen Orient et en Afghanistan, comme son sionisme inconditionnel, le font souvent apparaître comme un partisan au moins relatif du choc des civilisations que souhaitent et organisent ses suzerains américains ainsi que leurs alliés objectifs chez les intégristes musulmans.

Le discours extrêmement belliciste de Georges W Bush devant la Knesset en Israël paraît confirmer les signaux en provenance de Washington qui incitent à penser que son administration n’a pas renoncé à attaquer l’Iran et préparerait une opération ciblée qui pourrait utiliser des armes nucléaires tactiques. Cette nouvelle guerre américaine ne manquerait pas de provoquer des réactions en chaine et serait catastrophique. L’hypothèse de cette crise majeure ne fait pas l’unanimité aux États-Unis et se heurte à l’hostilité de la Russie, de la Chine et d’autres pays.

La volonté américaine d’agression et de guerre qui doit être endiguée, n’est pas pour rien dans le renforcement de l’Organisation de Coopération de Shanghai à laquelle l’Inde demande maintenant, la transformation de son statut d’observateur en adhésion à part entière. Selon le Comité Valmy, l’intérêt de la France serait d’œuvrer pour un dialogue des civilisations et d’avoir des relations de concertation avec l’OCS, dans le but de promouvoir la paix mondiale et de favoriser un monde multipolaire.

Bien au contraire, les déclarations de Nicolas Sarkozy vont dans le même sens que celle de G W Busch et il est très probable qu’il chercherait à entraîner la France dans le cataclysme si celui-ci parvenait à mettre en pratique sa volonté mystique de guerre. Bush et Sarkozy entendent travailler de concert à un objectif commun : la domination globale politique, militaire et idéologique d’un grand empire d’Occident sur un monde asservi.

Les partisans professionnels de l’Europe supranationale, ultra libérale et atlantiste, qui partagent les séquelles du pouvoir national - lequel n’est plus pour eux qu’un pouvoir de nuisance - ont choisi, pour recevoir les prébendes récompensant leur œuvre persévérante de destructeurs de la nation, de la République et des acquis sociaux, soit le canal la droite actuellement gouvernementale soit celui du social libéralisme et leurs satellites respectifs. Ils maîtrisent en commun l’ensemble des médias qu’ils ont transformé en appareil de propagande et de conditionnement politico-médiatique des masses qui efficacement et en permanence, fabrique une opinion qu’il manipule en violant les consciences.

Mais ce lavage obsessionnel des cerveaux que subissent les masses populaires, peut s’avérer insuffisant car malgré l’autosatisfaction de Fillon, convaincu d’avoir imposé avec Sarkozy une Révolution culturelle, le peuple français dont la prise de conscience progresse en réalité, est déjà entré en résistance, face à la volonté et la pratique de démantèlement des acquis économiques, sociaux et démocratiques, imposés à la Libération et issus du programme du CNR. Bertrand Renouvin, ce monarchiste avec lequel le républicain que je suis partage bien des analyses estime "qu’une répression sanglante d’une révolte de grande ampleur ne saurait être exclue."

Le Comité Valmy partage cette préoccupation. Les conditions objectives appelant une révolte populaire tendent à se généraliser. Dans un délai actuellement imprévisible, la démocratie étant toujours plus bafouée et la souveraineté populaire rejetée, elle pourra s’avérer inévitable et impérative, probablement spontanée . Le moment n’est peut-être pas si loin où selon l’image d’un révolutionnaire chinois : "une étincelle peut mettre le feu à la plaine".

Par contre et comme ce fut le cas lors de l’expérience héroïque de la Commune, les conditions subjectives pouvant la rendre victorieuse sont faibles en particulier, l’organisation du peuple, bien que des réseaux républicains, patriotiques, progressistes et anti-impérialistes existent et cherchent à se regrouper et à organise u