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Samedi 16 septembre 2006

Cette semaine, notre Sinistre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, au cours de sa tournée médiatique de  pré-campagne électorale aux Etats-Unis (payés avec nos impôts faut-il le souligner) était venu à la Maison-Blanche rencontrer Steve Hardley, conseiller national à la sécurité de Bush. Et, selon les médias (libre bien entendu), il a eu la "surprise" de voir entrer George Bush en personne, avec qui il a eu un entretien "inattendu" de plus d'une demi-heure. Une rencontre si inattendu que ça?


L'axe Sarkozy-Bush

Pour resserrer les liens des Etats-Unis avec ses alliés, le projet de Bush est de convertir l'Europe à l'idéologie américaine, avec l'aide de leaders politiques européens comme Nicolas Sarkozy...

Convertir l'Europe à l'idéologie de Bush


Avec leur enlisement en Irak, les Etats-Unis se sont rendu à l'évidence qu'ils avaient besoin d'alliés pour bénéficier d'un minimum de consensus international en leur faveur. L'administration Bush a donc décidé de resserrer les liens avec les alliés européens, mais sans être disposée pour autant à pratiquer davantage le dialogue et la concertation.

La solution imaginée par l'administration Bush pour bénéficier d'un plus large soutien à l'avenir est de convertir l'Europe et sa population à l'idéologie et aux valeurs des néo-conservateurs américains, et en favorisant la prise du pouvoir par des leaders acquis à cette idéologie.

Après la réélection de Bush, on peut donc s'attendre à une poussée du libéral-fascisme américain vers l'Europe. La personnalité politique européenne la plus proche de cette idéologie est Nicolas Sarkozy, qui vient de prendre le contrôle du principal parti de droite en France, le pays le plus réticent à la guerre en Irak, et donc le plus urgent à convertir selon l'administration Bush.


Nicolas Sarkozy, le relais français de l'idéologie de Bush


Nicolas Sarkozy défend les mêmes orientations politiques que George W. Bush: réduction des libertés au nom de la sécurité, accroissement de la répression policière, communautarisme et discrimination positive, ultra-libéralisme économique, et retour de la religion dans la politique. Et lorsque Nicolas Sarkozy aura abattu toutes ses cartes, il prônera comme Bush une politique étrangère basée sur la guerre.

Comme Bush, Nicolas Sarkozy a une vision du monde totalement binaire, dans laquelle les choses ne peuvent être que noires ou blanches, bonnes ou mauvaises. Cette logique ne laisse aucune place au dialogue ou a la concertation, toute opposition étant définie comme représentant "le mal".

Nicolas Sarkozy utilise les mêmes méthodes de propagande et de manipulation que Bush: instrumentalisation de la peur, populisme, discours basés sur un nombre très réduit d'idées simples mais martelées des centaines de fois, conformément au principe énoncé par Goebbels, ministre de la propagande d'Hitler: "Répétez un mensonge assez fort et assez longtemps et les gens le croieront".

Comme Bush, Nicolas Sarkozy a compris que ceux qui n'y comprennent pas grand chose en politique sont majoritaires parmi les électeurs, et que celui qui peut réunir leurs suffrages est assuré d'être élu. Et pour obtenir l'adhésion de cette majorité, les idées simples sont plus efficaces que les arguments complexes.


La nouvelle stratégie des "Maîtres du Monde"


Des années 1980 jusqu'en 2000, les "Maîtres du Monde" étaient unis par un "consensus" basé sur le libéralisme économique et une mondialisation multilatérale (c'est à dire où les décisions sont prises de façon concertée par l'ensemble des pays en fonction de leur poids économique). Mais une fraction des Maîtres du Monde liée au lobby militaro-industriel américain a fait le choix d'un autre avenir: celui d'un monde dirigé de façon unilatérale par un Empire Américain désormais entièrement contrôlé par les multinationales.

Depuis l'invasion de l'Irak, les Maîtres du Monde sont divisés entre les partisans du multilatéralisme, et les partisans d'un nouvel ordre mondial fasciste et militariste.

Le premier camp est composé principalement d'Européens, mais il comprend aussi quelques Américains politiquement proches des Démocrates. Le deuxième camp, aujourd'hui majoritaire, est composé principalement d'Américains, mais aussi de quelques Européens.

Les deux groupes continuent néanmoins de partager un objectif commun: l'instauration d'un "nouvel esclavage" grâce au libéralisme économique et à la mondialisation (qui permet l'alignement des salaires par le bas en mettant tous les salariés du monde en concurrence directe).

L'analyse des "libéral-fascistes" est que le monde ne pourra bientôt plus être contrôlé par les méthodes "démocratiques" utilisées dans le passé. L'augmentation de la population mondiale, la raréfaction de ressources essentielles comme l'énergie ou l'eau, les situations de chaos engendrées par la multiplication des catastrophes naturelles, l'accroissement des inégalités entre riches et pauvres, l'augmentation de la délinquance causée par l'exclusion, le développement de la contestation contre le nouvel ordre économique, et la montée de l'Islam sont autant de menaces pour le maintien de l'ordre mondial.

Leur solution est donc de remplacer la démocratie par un régime fasciste, où la religion serait rétablie dans sa fonction "d'opium du peuple".

 

Quand la sécurité est préférée à la liberté...


La majorité des gens ont aujourd'hui perdu conscience de la valeur de la LIBERTÉ et de la DÉMOCRATIE, qu'ils croient être des acquis. Or la liberté et la démocratie ne sont jamais acquises, menacées en permanence par l'avidité et la soif de pouvoir de quelques uns.

Le désir de confort et de sécurité est devenu plus fort que le désir de liberté. Dans l'espoir illusoire d'un peu plus de sécurité, une majorité de la population est prête à renoncer à la liberté, en oubliant que dans le passé, des millions de gens sont morts pour obtenir ou pour défendre cette liberté.

Quant aux intellectuels et contre-pouvoirs censés défendre les droits de l'homme, ils sont entièrement occupés à défendre des communautés particulières, au lieu de dénoncer les menaces globales contre la démocratie dans les pays occidentaux.

Le terrain est désormais libre pour la conversion idéologique de l'Europe au "libéral-fascisme", la version moderne du fascisme combinée avec le libéralisme économique.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Vie politique
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Samedi 16 septembre 2006

Par Laurent Maffeïs


Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal se sont prononcé tout deux pour la suppression ou l’assouplissement de la carte scolaire. La prise de position du président de l’UMP n’est pas une surprise : elle confirme la radicalisation libérale et réactionnaire de la droite (voir ci-dessous). Celle de Royal ne peut en revanche que surprendre. Une telle mesure contredirait en effet toutes les valeurs de la gauche. Du coup, Villepin a pu s’immiscer dans ce débat en se posant en garant des principes républicains… tout en proposant à son tour de remettre en cause ce principe fondateur de l’école pour tous. On comprend que nos concitoyens puissent être déboussolés et se demander quoi penser et quoi faire de la carte scolaire ?

Maintenir à tout prix la carte scolaire

La carte scolaire, c'est-à-dire l’obligation de scolariser ses enfants dans un établissement en fonction de sa résidence, est née avec la création du collège dans les années 1960. Ce n’est pas une lubie bureaucratique de l’éducation nationale mais la condition de l’accès égal de tous à l’enseignement.

La carte scolaire garantit d’abord la non concurrence entre établissements. Laisser les parents choisir l’établissement scolaire de leurs enfants conduirait en effet à introduire une logique de marché dans le système éducatif. Avec des consommateurs (les parents et accessoirement leurs enfants) et des fournisseurs de services scolaires en compétition pour en attirer le plus grand nombre possible. C’est le modèle que défendent les libéraux partout dans le monde. Les conséquences seraient pourtant désastreuses.

D’abord, la concurrence aggraverait les inégalités. Les établissements les plus cotés recevraient en effet un afflux de demandes et pourraient en conséquence sélectionner les élèves… rejetant les moins bons dans des établissements dont le niveau baisserait dramatiquement. Il y aurait constitution systématique de ghettos scolaires. La liberté de choix est donc un double leurre. Les parents qui croient pouvoir soustraire leurs enfants à un collège qu’ils considèrent comme moins bon seraient déçus deux fois. D’abord plus la liberté serait grande, plus la concurrence serait vive et plus leur progéniture risquerait d’être refusée dans le collège d’élite auquel ils aspirent. Ensuite, ils seraient contraints dans ce cas de l’inscrire dans un établissement amputé de ses meilleurs élèves, dont le niveau connaîtrait du coup une très forte dégradation. Triste bilan ! Par ailleurs, le libre choix suppose d’être bien informé, et même quasi initié… ce qui n’est pas à la disposition du plus grand nombre et surtout pas dans les catégories populaires. La ségrégation scolaire serait pour beaucoup une ségrégation sociale.

Ensuite, la concurrence pousserait à la différenciation. L’étape suivante après le soi-disant « libre choix » de l’école par les parents serait le libre choix par les proviseurs des programmes et des enseignants. C’est d’ailleurs ce qui se passe dans le privé, contraint de différencier à outrance son offre pour survivre, de développer des politiques commerciales et publicitaires coûteuses et donc de rechercher sans cesse des investisseurs (collectivités locales, entreprises, églises) capables de les financer. Si le public lui emboitait le pas, c’en serait fini de la mission de creuset républicain de l’école, avec les mêmes programmes et les mêmes enseignants sur tout le territoire.

Enfin, la concurrence entraînerait désorganisation et gabegie. Il serait impossible de programmer un financement public national si l’Etat était rendu incapable de prévoir les besoins de scolarisation (combien d’élèves à quel endroit, dans quelles disciplines…). On aurait des classes vides d’un côté, des sureffectifs imprévus de l’autre, en fonction des mouvements panurgiques de parents souvent guidés par la rumeur, avec des coûts exorbitants pour la collectivité et de réels dangers pour l’économie productive du pays qui serait victime de l’illisibilité des formations et d’une baisse des qualifications du plus grand nombre.

Lutter contre les contournements

Curieusement personne n’a vraiment défendu jusqu’ici l’hypothèse pourtant la plus évidente dans ce débat : si la carte scolaire ne parvient pas toujours à assurer l’égalité, c’est parce qu’elle est contournée, en particulier en Ile-de-France. C’est donc en s’attaquant à ces contournements que l’on résoudra le problème et non comme on l’entend en donnant raison à ceux qui trichent. Ce raisonnement est aussi fou que celui qui justifierait la suppression de l’impôt sur le revenu au motif qu’il y a des fraudeurs. Mais c’est somme toute assez logique dans la mesure où les principaux émetteurs de ce débat (médias, hommes politiques libéraux et sociaux-démocrates, experts) appartiennent tous ou presque aux mêmes couches sociales, qui sont précisément celles qui contournent à outrance la carte scolaire. Ce n’est pas un hasard si les records de triche ne sont pas atteints dans les départements les plus déshérités (comme le 93 ou le Nord) mais dans les zones les plus aisées (Paris) où les réflexes de défense sociale contre les classes dangereuses sont les plus forts, et pas toujours les plus justifiés. Dans cette logique de ségrégation, on trouve toujours, même entre gens aisés, un plus pauvre que soit dont il faut se distinguer et se séparer. Paris en est l’exemple le plus emblématique puisqu’elle connaît à la fois une boboïsation fulgurante et un emballement des fraudes à la carte scolaire (atteignant le record de 50 % selon certaines estimations).

Délibérément enfouie dans ce débat, la principale source de contournement de la carte scolaire réside dans le développement soutenu de l’enseignement privé depuis 20 ans. Même s’il n’est pas le seul responsable du déraillement du système, sa croissance a accéléré dans beaucoup d’endroits la polarisation sociale des établissements scolaires. En entretenant un véritable cercle vicieux. Car à mesure que s’étend l’hémorragie vers le privé des « bons élèves » ou de ceux dont les parents sont les mieux informés ou fortunés, les établissements publics les plus en difficultés s’enlisent encore plus dans leurs problèmes. Un des principaux vices de l’enseignement privé est qu’il peut en effet trier ses élèves à son gré, selon leurs résultats scolaires ou le profil des familles. Avec des méthodes très subtiles de sélection occulte comme l’éjection avant les examens des élèves susceptibles d’échouer ou d’être trop justes. Ainsi s’expliquent souvent les taux mirobolants de réussite aux examens affichés par l’enseignement privé. Ainsi se met surtout en place un système scolaire à deux vitesses.

Assurer l’égalité

Enfin, il faut rappeler qu’il n’existe pas de ghettos scolaires qui ne soient pas d’abord des ghettos urbains et sociaux. C’est lorsque que l’on n’ose plus affronter les problèmes de logement et de misère sociale que l’on fait porter à l’école la responsabilité de problèmes qui lui sont extérieurs. La remise en cause de la carte scolaire traduit le refus de casser les ghettos, que l’on veut officialiser à l’inverse dans l’enceinte scolaire.

D’un point de vue de gauche, les inégalités entre établissements ne posent donc pas la question de la suppression ou de l’assouplissement de la carte scolaire. Ils posent le double enjeu de l’abolition de l’apartheid social qui gangrène notre pays et du rétablissement de l’unité républicaine d’un service public d’éducation menacé par la lubie libérale de la mise en concurrence et vampirisé par l’enseignement privé.

Généalogie d’une idée de droite

Années 1980 : économistes ultra-libéraux et extrême droite

Les premières attaques contre la carte scolaire sont apparues dans les années 1980 lors du déferlement de la vague néolibérale en Europe. Inspiré de la pensée d’Hayek et Milton Friedman, quelques économistes ultralibéraux commencent à avancer l’idée qui est reprise en France par Alain Madelin dans son essai « Pour libérer l’école ». Dans le même temps, le Front National est le premier parti à l’adopter comme principe phare de son programme éducatif, en prévoyant d’ailleurs la privatisation totale du financement des écoles qui est son corollaire (versement aux parents d’un chèque éducation qu’ils seraient libres de dépenser). Cette idée figure toujours en tête des propositions pour l’éducation du Programme du Front National : « Il convient de rendre aux parents le droit de choisir eux-mêmes l’école de leurs enfants. La carte scolaire sera abrogée ».

Années 1990 et 2000 : recyclage par la droite traditionnelle

En 1993, toujours sous l’effet de l’influence néolibérale à droite le programme du RPR propose pour la première fois de supprimer la carte scolaire. En partie abandonnée par la droite au pouvoir, l’idée continue toutefois d’être portée par Démocratie libérale (Madelin).

En déclarant le 23 février 2006 vouloir « supprimer à terme la carte scolaire », Nicolas Sarkozy n’a pas fait preuve d’une aussi grande originalité que le font croire les médias. Il s’est mis dans les pas de la droite ultra-libérale et de l’extrême droite.

Un discours nouveau à gauche

Quoi qu’elle en dise aujourd’hui en affirmant vouloir « aménager » et pas supprimer la carte scolaire (même si ses propositions reviennent de fait à la supprimer), Ségolène Royal a bien affirmé le 3 septembre à Florac dans l’Hérault que « l’idéal serait de supprimer la carte scolaire ». Ses propos prennent complètement à contrepied les grandes organisations de gauche du secteur de l’éducation, à commencer par la FCPE et la FSU. En proposant d’ « élargir la sectorisation » en laissant les parents « libres de choisir entre deux ou trois établissements », Ségolène Royal se cale exactement sur la position défendue par la PEEP. Pire, en affirmant sur France 2 le 7 septembre que « le libre choix de l’école est un bon principe », Ségolène Royal a offert à tous les défenseurs de l’enseignement privé une revanche inattendue sur la gauche. « Libre choix », « Liberté de l’enseignement », « Ecole libre », autant de slogans arborés dans la grande manifestation de la droite et de l’Eglise catholique pour l’école privée en 1984.


Trait d'Union

par le Citoyen Thimèle publié dans : Education
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Samedi 16 septembre 2006

par Michèle Vianès


Non, le voile n’est pas un « phénomène français », comme le conclut le Monde 2 (numéro 134, 9 septembre 2006) !

Les héritières de Christine de Pisan, La Boétie, Gabrielle Suchon, Brantôme, Marie de Gournay, Louise Labé, Helvétius, Olympe de Gouges, Condorcet, Schoelcher, Louise Michel, Victor Hugo, Hubertine Auclert, Maria Deraismes, Simone de Beauvoir refusent tout symbole d’asservissement volontaire à Dieu, et en attendant de le rencontrer au ciel, d’assujettissement sur terre aux hommes.

Le « phénomène français » manifeste plutôt l’indignation face au port de tout signe qui entérine l’idée que les femmes seraient source de désordre, qu’elles n’auraient pas la liberté d’aller et venir dans l’espace public sans ce camoufler. Contrairement à ce qui se passe dans les pays « multiculturalistes » où le lien social entre tous et toutes n’est absolument pas l’objectif. Bien au contraire, il convient de séparer les communautés et de les laisser régler entre elles leurs modes de vie. Des femmes voilées dans la rue ne concernent absolument pas le reste de la population.

L’article relatant uniquement des interviews de porteuses de voile, avec en courte annexe l’opinion de Fadéla Amara, se prétend « grande enquête » ! C’est le rêve des tenants de l’islam politique d’imposer leur propre interprétation comme l’unique vérité révélée. L’appui du média français pour définir la tenue vestimentaire caractérisant la « bonne musulmane » est surprenant.

Accepter de nier sa féminité en public afin de protéger les hommes qui seraient incapables de maîtriser leurs pulsions à la vue du moindre bout de peau ou de cheveu féminin est sans doute de l’abnégation, mais sûrement pas du féminisme. Accepter de se dissimuler dans un bout de tissu pour représenter la « future épouse et mère musulmane idéale » est sans doute une « stratégie maritale », mais sûrement pas du féminisme. Accepter de revêtir le signe de la « rédemption » pour que les hommes aient à leur disposition la femme soumise rêvée qu’ils ne trouvent plus dans les pays d’origine, où les femmes seraient trop « délurées », c’est sans doute de la soumission, mais sûrement pas du féminisme ! Les féminismes affirment que les deux formes que revêt l’espèce humaine sont dissemblables et égales.

L’instrumentalisation du vocabulaire, la confusion volontaire créée autour de mots employés à contre-sens pour les dénaturer est caractéristique des totalitarismes. Prétendre à l’émancipation lorsqu’on reproduit les manifestations les plus archaïques et claustrantes de l’oppression des femmes pourrait être risible. « Le voile va donc faire passer la musulmane dans l’anonymat le plus total : être musulmane, c’est vivre incognito[1] ». Mais l’objectif poursuivi est de dénoncer l’émancipation des femmes comme un phénomène occidental. Elle serait, à ce titre, contraire à l’islam !

N’étant pas à une contradiction près, alors qu’elles portent un signe, un stigmate, volontairement, elles s’offusquent d’être stigmatisées !

Les porteuses de voile le revendiquent au nom de la liberté de choix « jusqu’au bout ».
Non, la liberté a des limites. Une liberté sans limites engendre la loi du plus fort, du plus riche, du plus vociférant, du plus manipulateur. Dans la devise républicaine, la liberté est associée à l’égalité et à la fraternité parce que la fraternité républicaine empêche la liberté d’engendrer des privilèges et l’égalité d’engendrer l’oppression. Prétendre que tout se vaut et s’équivaut, ignorer que la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres, que le choix personnel n’est pas un droit, c’est refuser les principes fondamentaux de la République française.

Imposer dans l’espace public la nécessité pour les « bonnes musulmanes » de se cacher, donc une séparation visible dans l’espace commun, entérine l’idée d’une différence fondamentale entre les « bonnes musulmanes » et les autres. Cela engendre des représentations des femmes, aussi bien par les filles que par les garçons, totalement contradictoires avec le principe constitutionnel d’égalité entre les hommes et les femmes. Cela enferme les personnes dans une unique identité religieuse. Les ravages de cette séparation sont dramatiques dans les pays multiculturalistes, tels la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, qui voudraient dorénavant affirmer un socle de valeurs communes.

Si les intérêts particuliers priment sur l’intérêt général, comment s’étonner ensuite de l’absence de lien social avec la communauté nationale, du non-respect des règles essentielles du vivre ensemble dans la République?

Le port du voile manifeste un pur et simple refus des principes républicains et une tentative de désintégration de l’espace commun.

ReSPUBLICA

par le Citoyen Thimèle publié dans : Laïcité, Religions et Intégrismes
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Vendredi 15 septembre 2006
Gilles de Robien, ministre de l'Education nationale, se retrouve sous le feu des critiques du Comité national d'action laïque (Cnal). Jeudi 14 septembre, celui-ci s'est plaint de l'attitude du ministre qui "essaie de banaliser dans l'opinion l'idée que les enseignements public et privé sont identiques". Jean-Louis Biot, secrétaire général du Cnal, qui réunit l'Unsa-Education, le Syndicat des Enseignants SE-Unsa, la FCPE et la Ligue de l'Enseignement, a affirmé au cours d'une conférence de presse qu'il n'y avait qu'une seule école de la République. Il a aussi énoncé les différences entre les deux écoles : entre autre que l'enseignement privé profite de conditions d'inscription différentes puisqu'il peut refuser des élèves et qu'il n'est pas assujetti à la carte scolaire, que la loi de la laïcité sur les signes religieux à l'Ecole n'y est pas appliquée, que les rythmes scolaires y sont libres, et que le délai d'ouverture des établissements est moins long.

La Cnal a également dénoncé le projet de budget 2007, qui prévoit, selon l'Unsa, qu'un tiers des postes créés au primaire (600) reviennent à l'enseignement privé, alors qu'il accueille à la maternelle et en élémentaire seulement 13,6% des élèves. Le Cnal s'est aussi élevé contre l'attribution du label "ambition réussite", réservé aux collèges les plus difficiles, à "11 établissements privés", alors que ceux-ci n'entraient pas dans le dispositif des zones d'éducation prioritaire.
Jean-Louis Biot a donné l'exemple du collège privé des Forges à Denain (Nord), qui a été labellisé "ambition réussite", alors qu'aucun collège public de la ville ne profite de ce programme. Pourtant ce sont ces collèges qui abritent les élèves les plus défavorisés, a affirmé le secrétaire général du Cnal.

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Vendredi 15 septembre 2006
L'annonce de la fusion SUEZ - Gaz de France n'est pas de nature à rassurer concernant le service public et les tarifs.

Les seuls bénéficiaires de la privatisation de gaz de France seraient principalement les actionnaires privés de SUEZ

Le PDG de SUEZ a déjà annoncé qu'il souhaitait une importante augmentation des prix du gaz afin de permettre de verser aux actionnaires des dividendes plus importants.

Alors qu'aujourd'hui, pour les ménages, les prix sont réglementés et validés par l'Etat, les hausses successives déjà très importantes sont pourtant limités par rapport aux demandes de Gaz de France et sont les premiers signes de la privatisation.

Demain, après une fusion Suez-Gaz de France, l'Etat n'aura plus la main sur ces tarifs...
Imaginez quelles seront les hausses des tarifs !!!!

Cette situation va bien évidemment impacter le service public et les tarifs de l'électricité. Il y a fort à parier que le même scénario verra le jour pour EDF avec les mêmes conséquences pour les usagers.

USAGERS, CONSOMMATEURS
de l'électricité et du gaz,
votre argent les intéresse


L'électricité et le gaz sont des produits de première nécessité

Ne les laissons pas en faire une source de profits considérables au détriment de votre pouvoir
d'achat et de votre qualité de vie


par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
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Jeudi 14 septembre 2006

Ce que je craignais ici lundi est malheureusement arrivé.
Laurent Le Mesle, ex-conseiller juridique et ami du président, a été nommé hier procureur général de Paris. Il sera ainsi tout simplement saisi des procédures visant le chef de l'Etat à la fin de son mandat! C'est un véritable aveu de culpabilité de la part de Chirac et une nouvelle occasion de rappeler aux plus sceptiques d'entre vous que nous vivons bien dans une République bananière!


Laurent Le Mesle, ex-conseiller juridique du président Jacques Chirac, a été nommé procureur général de Paris mercredi 13 septembre en Conseil des ministres, selon le compte-rendu du conseil. Laurent Le Mesle remplace Yves Bot, nommé avocat général à la Cour de justice des communautés européennes.
Avant même d'être officielle, l'annonce de la désignation de Laurent Le Mesle, actuel directeur de cabinet du ministre de la Justice, avait suscité la colère de l'opposition de gauche et des syndicats de magistrats.
Le procureur général de Paris occupe en effet un poste-clef pour le traitement des dossiers politico-financiers les plus sensibles.


L'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) estime que la nomination de Laurent Le Mesle vise à gérer l'après-2007, Jacques Chirac, s'il n'est plus à la tête de l'Etat, risquant alors des auditions, voire des poursuites, dans certains dossiers judiciaires visant la gestion de la mairie de Paris, qu'il a dirigée de 1977 à 1995.

Dans un communiqué diffusé mardi soir, le Parti socialiste avait annoncé son intention d'adresser une lettre au président Jacques Chirac dans laquelle il lui demandait "solennellement" de renoncer à la nomination de Laurent Le Mesle.


"Le Parti socialiste demande solennellement au président de la République de renoncer à cette nomination et va lui adresser un courrier en ce sens dès demain", avait indiqué mardi soir le bureau national du PS.
Le PS s'élève contre le fait que "le collaborateur le plus proche de Jacques Chirac dans le domaine judiciaire" soit "saisi demain de la procédure judiciaire" le visant, procédure qui "est suspendue jusqu'à la fin de son mandat". "La reprise en main politique de la justice que le Parti socialiste dénonce depuis 2002 atteint là son paroxysme et renvoie à des pratiques d'une autre époque", s'insurge le PS.
Le ministre de la Justice, Pascal Clément, a insisté pour sa part sur les "qualités de juriste" de ce magistrat de 55 ans, qui fut conseiller à l'Elysée de 2002 à 2005.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Vie politique
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Jeudi 14 septembre 2006

Fillon, lieutenant sarkozyste, voudrait supprimer les régimes spéciaux de certains salariés de la fonction publique. Et pour notre ami, ce sont des privilégiés!

Et les privilèges indécents des grosses fortunes et des patrons du CAC 40, ça ne mérite aucune attention peut-être?!

par le Citoyen Thimèle publié dans : Humour et Satire
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Jeudi 14 septembre 2006

Je veux vous parler d’abord des affaires de la France avant d’en venir à la situation de la gauche, à huit mois de l’élection présidentielle.

I - Les affaires de la France.

A) Le peuple français veut à nouveau maîtriser son destin.

Il l’a clairement manifesté le 29 mai 2005. Il veut que la France fasse entendre sa voix. Il ne fait pas confiance à une Europe qui ne nous protège pas. Il y a une demande d’Etat, d’autorité et il importe que la réponse soit républicaine. Il y a aussi la demande d’un effort partagé, d’un effort justement réparti. Nous en sommes loin.

Depuis le 29 mai 2005, ceux qui nous dirigent n’ont pris aucune initiative de réorientation de l’Europe. Les tenants du oui, mis en minorité par le peuple français, ne décolèrent pas. Ils attendent leur heure pour faire rentrer par la fenêtre ce qui a été sorti par la grande porte du suffrage universel, c’est-à-dire une Constitution pour l’Europe. Il n’ont pas pris conscience de ce que l’Europe ne demande pas une Constitution - l’Europe n’est pas une nation et demeurera un ensemble de nations. Or, seule une nation a besoin d’une Constitution. La priorité est évidemment une profonde réorientation en matière économique et sociale. C’est cela que nous devons faire prévaloir.

Nos dirigeants persistent dans la volonté de vouloir déconnecter la démocratie de la nation pour édifier un système où la décision échappe aux peuples. Ils prétendent vouloir construire une démocratie « post-nationale ». Ils veulent, en fait, mettre fin à la démocratie pour lui substituer un système oligarchique où les maîtres de la finance, en dernier ressort, auront seuls barre sur les décisions. C’est de ce système de connivences, où les sociaux-démocrates ont pris leur place, même si elle est en bout de table, que les peuples et particulièrement le nôtre, ne veulent plus car il y a aujourd’hui une exigence de démocratie.

Quinze mois après le 29 mai, notre pays se sent piégé par l’Europe telle qu’elle se fait, Europe elle-même piégée par la mondialisation. Il faut repartir des nations républicaines et de la volonté populaire pour réorienter l’Europe.

B) Le gouvernement a un discours et une pratique en complet décalage.

1. Ses invocations au « patriotisme économique » ne peuvent dissimuler ses échecs comme l’absorption d’Arcelor par Mittal, aboutissement symbolique de la politique mise en œuvre par la CECA il y a plus de cinquante ans. Quelle fin dérisoire ! Quel gâchis ! Quel scandale ! Faut-il aussi évoquer Péchiney ? Et que dire du mariage déséquilibré entre Alcatel et Lucent ? Qui a pris en compte, dans ces affaires stratégiques, les intérêts de la France ? S’agissant du sort d’Alcatel, certainement pas M. Tchuruk ! Il n’est pas jusqu’au débat sur la fusion de GDF et de Suez qui ne prenne un tour surréaliste, alors que le Parlement ne connaît même pas les exigences de la Commission européenne. On découvre un peu tard que le problème majeur, en matière gazière, n’est pas celui de la concurrence mais celui de la sécurité des approvisionnements. Et pour cela, nous avons certes besoin de grands énergéticiens. Il serait raisonnable que GDF absorbe le secteur énergie de Suez et se défasse du secteur environnement. Mais la voie choisie garantit l’opacité plus que le résultat qui risque d’être à l’inverse.

2. Le gouvernement se targue d’une embellie économique et d’une baisse continue du chômage. Mais il y a tout lieu de craindre que l’embellie économique, toute relative d’ailleurs (2,3 % de croissance), ne soit que passagère. La conjoncture économique aux Etats-Unis commence à se retourner - on le voit sur le marché immobilier - et l’effet s’en fera sentir dans un an de ce côté-ci de l’Atlantique. La baisse du dollar et le prix élevé du pétrole, dans un contexte de crise avec l’Iran pèseront sur notre croissance. Par ailleurs la ponction fiscale que Mme Merkel s’apprête à exercer en Allemagne - trois points de TVA en plus - va inévitablement restreindre nos débouchés et peser sur une conjoncture européenne déjà bien faiblarde. Et c’est dans ce contexte que M. Trichet et ses clônes de la Banque Centrale Européenne de Francfort s’apprêtent à relever encore leur taux d’intérêt sans qu’on entende aucune protestation de la part des gouvernements.

Le nôtre se flatte de la baisse du chômage, mais ce n’est un mystère pour personne que les emplois aidés y sont pour davantage que les emplois nouvellement créés. La précarité s’étend et le nombre réel des chômeurs dépasse largement la barre des trois millions.

3. Il n’est pas jusqu’à la politique étrangère où les contradictions de votre politique ne se fassent voir aux yeux d’un observateur un peu sagace. Le Proche-Orient ne se résume pas au Liban. Si la politique française ne relie pas entre eux les problèmes qui se posent dans cette région, qui donc pourra le faire ? Or, le problème palestinien continue à pourrir. Le gouvernement israélien a gelé son projet de retrait unilatéral de Cisjordanie. Il est essentiel, et pour Israël même, de retrouver un interlocuteur et de négocier ce retrait. De ce point de vue l’attitude européenne vis-à-vis du Hamas est absurde et scandaleuse : on ne peut pas réclamer la démocratie et couper les vivres à ceux qui gagnent les élections ! On peut déplorer que les islamo-nationalistes, partout, occupent le terrain, mais c’est le résultat d’une politique israélo-américaine complètement erronée et maintenue avec constance depuis quinze ans sinon quarante, politique qu’il faudrait revoir entièrement aujourd’hui pour recréer les conditions du dialogue et de la coexistence. Ne serait-ce pas là le rôle de l’Europe et particulièrement celui de la France !

Nous demandons plus d’audace au gouvernement : dès lors que nous avons offert à la force d’interposition de l’ONU des milliers de soldats qui peuvent demain se transformer en otages, car nous ne maîtrisons ni les décisions du Hezbollah ni celles du gouvernement israélien, nous nous sommes obligés nous-mêmes à faire preuve d’initiative vis-à-vis d’Israël, vis-à-vis de l’Iran, et même vis-à-vis de la Syrie. La France ne doit se couper d’aucun des acteurs régionaux si elle veut faire progresser réellement la cause d’une paix juste et durable.

Il ne faudrait pas négocier avec des pays considérés comme ennemis ? Mais avec qui d’autre qu’avec les ennemis est-il vraiment utile de négocier ?

L’Iran aujourd’hui est devenue la puissance dominante au Moyen-Orient. Ceux qui le déplorent aujourd’hui, notamment aux Etats-Unis, ont fait ce qu’il fallait pour cela. La situation effrayante qui prévaut en Irak renforce la main de l’Iran. N’hésitons pas à le dire : l’objectif à long terme est de créer les conditions d’une réintégration de l’Iran dans la communauté internationale. La société iranienne aspire à la prospérité. Ce grand pays doit pouvoir se développer et maîtriser son avenir, y compris dans le domaine de l’énergie nucléaire civile. Incitons-le à respecter les obligations qu’il a souscrites en matière de non-prolifération et indiquons lui fermement que la sécurité d’Israël, indissociable de la création d’un Etat palestinien viable, est un point sur lequel aucune transaction n’est envisageable. Offrons par ailleurs à l’Iran les conditions d’une coopération loyale. La voix de la France, même seule, est indispensable pour recréer de l’espoir dans cette région qui souffre tant. Au Moyen-Orient non plus, il n’y a pas qu’une seule politique possible !

Le prochain Président de la République trouvera partout une situation difficile. Nos marges de manœuvre sont étroites. Ce n’est pas une raison pour ne rien faire ou pour faire marche arrière. Au contraire, il faut savoir infléchir la direction du véhicule. Encore pour cela faut-il prendre une vue d’ensemble de la situation qui nous a été léguée par une gestion paresseuse et bien souvent aveugle des gouvernements qui se sont succédés à la tête de la France.

C) Ce qui s’est réellement passé : prenons une vue perspective des choses :

Le XXe siècle a été éprouvant pour la France. Un très grand homme le domine de sa stature : c’est De Gaulle. Il avait remis la France en orbite en 1944-45 d’abord, après 1958 ensuite. La vraie rupture, après la deuxième guerre mondiale, ce fut 1974, la fin des trente glorieuses, l’élection de Valéry Giscard d’Estaing.

Il faut reconnaître que l’alternance de 1981 n’a pas tenu les promesses que le peuple français avait nourries à l’égard de la gauche. Non seulement la crise économique ne s’est pas résorbée mais la nation elle-même a été mise en congé. C’était une dramatique erreur mais elle a été faite. L’idée a prévalu avec le traité de Maastricht que désormais la France appartenait au passé, et l’avenir à l’Europe.

Le peuple français, à 51 %, a choisi de faire cette expérience en 1992. Il en est maintenant revenu. Il faut inventer un nouveau chemin. Celui-ci s’appelle la République, la réappropriation démocratique par le peuple de son destin, la redéfinition d’une Europe conforme à la démocratie qui vit dans les nations.

D) Nos marges de manœuvre sont étroites.

D’abord parce qu’on ne sortira pas en un jour de l’impasse dans laquelle nous avons été fourvoyés. La création d’un gouvernement économique de la zone euro impliquerait l’accord de l’Allemagne. Or celle-ci se dirige dans une tout autre direction : celle d’une adaptation à la mondialisation. Elle veut revenir dans les clous de Maastricht pour s’affirmer, dixit Mme Merkel « au sommet de l’Europe ». Seuls un retournement de conjoncture et une crise au sein de la grande coalition permettraient de faire triompher une autre orientation que l’orientation libre-échangiste actuelle : celle d’un recentrage sur l’Europe et d’abord sur la zone euro où l’Allemagne réalise 40 % de ses exportations. Bref, il faut que l’Allemagne se convainque qu’il faut réformer les statuts de la Banque Centrale européenne et donner des compétences à l’Eurogroupe pour coordonner les politiques budgétaires et fiscales. Cela ne se fera pas rapidement même si ce doit être l’objectif et c’est possible car l’Europe au sens large, y compris la Russie, représente 70 % des exportations allemandes, qui elles-mêmes dépassent le tiers du PIB allemand, qui est lui-même le tiers du PIB de l’Union européenne. C’est dire l’étroite interdépendance entre toutes les économies européennes. Cette réalité prendra le dessus quand se produira le retournement de la conjoncture mondiale aujourd’hui tirée par la Chine. En attendant, le levier principal pour la France sera la politique industrielle, avec le renforcement des fonds propres des entreprises, le développement de l’épargne salariale, le rôle accru des intermédiaires financiers publics pour enrayer les délocalisations et la réforme des OPA pour empêcher le hold-up du type Mittal ou Alcan.

L’énergie, au XXIe siècle, sera un enjeu majeur. Nous devons en maîtriser les leviers. Il n’y aura pas de politique européenne en dehors des grands énergéticiens nationaux. EDF et AREVA doivent rester au premier rang de la compétition mondiale grâce au réacteur de nouvelle génération EPR sur lequel il faudra résister aux pressions de nos amis Verts pour ne pas revenir. Bref, là comme ailleurs, nous entendons faire prévaloir l’intérêt national.

Les choix de dérégulation qui ont été faits par l’Europe à Lisbonne et à Barcelone limitent nos marges de manœuvre mais nous pouvons élargir ces marges, à condition de maintenir le caractère public ou à prépondérance publique des grands acteurs de l’énergie.

Bien sûr l’éducation, la recherche et la politique de l’emploi sont des enjeux majeurs qui impliquent des choix qui ne sont pas seulement budgétaires mais engagent une philosophie de l’effort et du mérite qui appartient à la meilleure tradition de la gauche, je veux parler de la tradition républicaine, la nôtre. Je vous renvoie au livre « La République et l’Ecole », paru sous les auspices de la « Fondation Res Publica », dans la collection « L’idée républicaine » chez Fayard.

Je n’évoquerai pas longuement les problèmes de fiscalité car nous pourrons parvenir sans trop de difficultés à un accord avec le PS sur ce sujet.

Il est un point cependant où je souhaite marquer notre vigilance : c’est celui de la défense où dans le monde dangereux qui est le nôtre il n’y a pas d’économie à faire. En particulier il serait très grave de renoncer au programme de simulation nucléaire qui conditionne le maintien à long terme de la dissuasion. Il en va de l’indépendance future de la France et de l’Europe. Renoncer serait criminel, d’autant que le coût annuel - 500 millions d’euros - est modique rapporté au budget de la défense, qui lui-même représente à peine deux points de notre PIB.

Nous chercherons, chers camarades, à défendre les intérêts de la France, ceux de notre peuple et ceux bien compris de la gauche elle-même. Car la gauche, dans des domaines essentiels comme l’Ecole, la sécurité, l’immigration, l’Europe, la Défense, doit incarner une ligne ferme qui réponde à l’intérêt des classes populaires.

E) Ne méconnaissons pas à cet égard l’habileté de M. Sarkozy.

Il faut prendre garde à ce que, très marqué à droite jusqu’ici et donnant beaucoup d’arguments à ceux qui le résumaient en trois épithètes : libéral, communautariste, pro-américain, M. Sarkozy ne cherche, à l’approche de l’échéance présidentielle, à récupérer la thématique républicaine dans des champs comme par exemple l’Ecole, en mettant l’accent sur la transmission des savoirs et l’autorité des maîtres. Toutes choses que j’ai dites il y a bien longtemps.

Cela lui sera plus difficile en matière de sécurité. M. Sarkozy a vidé de ses effectifs et de son contenu la police de proximité et s’est avéré impuissant à enrayer la montée des agressions les plus graves contre les personnes et de la délinquance des mineurs. Dans ce domaine, le gouvernement s’est avéré tout à fait incapable de créer les centres de retenue que j’avais préconisés et s’il a mis en place quelques centres fermés c’est de manière tout à fait insuffisante : il y en a moins de vingt au total après cinq ans de gouvernement de la droite. La publication des statistiques mensuelles de la délinquance est bien souvent un miroir aux alouettes, puisque les services, accablés de demandes et de paperasserie, ne retiennent que les faits qu’ils constatent et peuvent jouer sur la « main courante » pour ne pas recueillir les plaintes. Il faudra faire un inventaire complet de cette « politique de sécurité Potemkine » où les exigences de la communication l’emportent sur celle de la protection des citoyens.

De même en matière d’économie et d’emploi, M. Sarkozy aura beaucoup de peine à faire prendre aux Français des vessies pour des lanternes : l’appel au mérite et à l’effort ne peut masquer la progression d’inégalités de rémunérations injustifiables, d’un côté les salaires et les parachutes en or des grands patrons, de l’autre la précarisation croissante du monde du travail, notamment des jeunes.

Il faut cependant se méfier de ce que la thématique « républicaine » mise en avant depuis quelques mois par Nicolas Sarkozy dans ses discours n’entraîne la gauche, sous la pression de son aile libéral-libertaire, à prendre le contre-pied de ces thèses et à se « dérépublicaniser », au moment où elle a justement besoin de mettre ses idées en ordre et la République en avant.

L’erreur majeure que commettrait la gauche serait d’aller là où M. Sarkozy veut qu’elle aille : qu’elle se réfugie dans l’idéologie post-soixante-huitarde, cultive le jeunisme et le laxisme à l’Ecole, oppose la prévention et la répression en matière de sécurité, et sombre dans la démagogie en préconisant par exemple la régularisation de tous les clandestins, au lieu de la politique équilibrée que j’avais mise en œuvre et que ceux qui à l’époque criaient « au loup ! » ne peuvent s’empêcher de regretter aujourd’hui.

C’est là que nous - le MRC - pouvons aider la gauche à ne pas retomber dans ses dérives, hélas, traditionnelles. C’est difficile parce que les pousse-au-crime sont nombreux dans les médias bien-pensants. Ainsi M. Leparmentier, dans Le Monde, identifiait-il un glissement à droite de M. Sarkozy, parce que celui-ci prétendrait réhabiliter Jules Ferry et le général de Gaulle. Si la gauche devait suivre ces conseils biaisés et au demeurant fort peu éclairés s’agissant des orientations réelles de M. Sarkozy, elle se couperait définitivement des couches populaires et courrait à sa perte.

Nous ne le voulons pas. Depuis 2002, beaucoup d’évènements se sont produits qui nous ont donné raison : sur la Corse en 2003, sur l’Europe en 2005, sur l’Ecole, la sécurité, l’industrie hélas tous les jours. Nous ne souhaitons pas nous enfermer dans le rôle de Cassandre.

II - J’en viens donc tout naturellement au problème de la gauche tel qu’il se pose à nous.

Notre but c’est de remettre la gauche à la hauteur des défis auxquels le pays doit faire face. On ne peut pas dire que les candidats à la candidature au sein du parti socialiste aient tiré les conséquences du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005. Le retrait du candidat socialiste au soir du 21 avril avait peut-être pour but de sanctuariser le prétendu « bon bilan » de la gauche plurielle. Il a surtout empêché tout inventaire sérieux. Une stratégie de la culpabilisation a empêché l’exercice de l’esprit critique et le débat démocratique argumenté qu’il eût été sain de laisser se développer, dans l’intérêt de la gauche et du parti socialiste lui-même. C’est pourquoi le parti socialiste est aujourd’hui encore loin d’être au clair sur des sujets comme l’insécurité, la mondialisation, la politique industrielle, les services publics, l’immigration ou l’Europe : on l’a vu au moment du référendum où ses principaux leaders, à l’exception de Laurent Fabius, ont été pris à contre-pied.

Une des raisons du succès de Ségolène Royal est que par rapport à cette glaciation, elle paraît symboliser un changement, en tout cas un renouvellement qui peut permettre de sortir des blocages anciens. Ainsi s’agissant de la carte scolaire, qui peut nier qu’aujourd’hui celle-ci redouble la ségrégation sociale par une ségrégation spatiale, en tout cas dans les grandes agglomérations et qu’elle est bien souvent contournée au bénéfice des enfants des milieux privilégiés ? Sans remettre en cause son principe, il serait sans doute judicieux de permettre aux enfants des milieux défavorisés les plus doués et les plus disposés à travailler de trouver une affectation dans les meilleures classes qu’il conviendrait de répartir selon les établissements. C’est en cela qu’il faut l’assouplir et pas pour permettre aux enfants privilégiés d’y échapper davantage. Ségolène Royal apparaît souvent en rupture avec le PS autant qu’avec la droite. Son succès traduit le réflexe d’éloignement éprouvé, à tort ou à raison, à l’égard des éléphants. Pour autant, y a-t-il un contenu à la