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"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine  des autres." Romain Gary

"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
Patrick Kessel


"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Lundi 28 avril 2008

 


Voilà le « Tout Paris » en émoi. « Le Café de la Jatte » est frappé par la grève de ses « employés sans papiers » (« Le Figaro en ligne » du 19 /04 /08) tous immigrés clandestins depuis de longs mois, embauchés sans vérification aucune (ou avec des papiers falsifiés), payés sans doute « de la main à la main » (les charges sociales sont si lourdes), sans garanties ni horaires légaux... bref, comme des « colonisés » de l’intérieur taillables et corvéables à merci, l’expression est adéquate ici.

Et chacun de s’étonner : comment, les entreprises de services, la restauration et l’hôtellerie, l’agriculture, le BTP, le « monde du spectacle », des plus grandes entreprises au simple artisan-commerçant local, font appel à une main d’œuvre illégale traitée en dehors de toute loi, de toute référence au code du travail, et personne ne dit rien ? Les responsables professionnels et élus de toutes sortes ne disent rien … ne font rien ?

Naïfs que vous êtes : tout le monde est au courant. Tenez : même le Sénat a « pondu » un rapport là-dessus (1)….Ah, oui… il est classé dans le même tiroir que le rapport Obin et quelques autres susceptibles de mettre à mal le « politiquement correct » et les arrangements politico-économiques « entre amis ».

Tous complices… Oui, tous complices, du « bobo » parisien qui utilise un personnel de service « mauricien » à la multinationale du BTP qui sous-traite aux entreprises locales en passant par les maraîchers du Comtat-Venaissin et les restaurateurs de la Côte d’Azur (oui, ceux qui veulent une TVA à 5,5%... pour créer des emplois !!!!). Oui , tous complices pour faire entrer en France, de quelque manière que ce soit (et il faudra un jour analyser en ce domaine aussi bien le rôle des pays d’origine que celui des réseaux mafieux qui suscitent les exodes des plus vulnérables), une main d’œuvre qui va leur permettre d’échapper à toutes les contraintes et d’augmenter leurs bénéfices sans peine, tout en pesant sur les salaires face à un marché de l’emploi qui recèle ( au bas mot) 2 000 000 de demandeurs. C’est aussi comme cela que fonctionne le système économique libéral que nous impose la construction européenne.

Alors, les « sans papiers » (abus de langage : il s’agit de personnes qui n’ont aucun droit de séjour) qui font grève et qui arpentent le bitume ont-ils raison, comme ont raison les syndicats et les associations « humanitaires » qui les organisent ? Voire…

Ecartons tout de suite le principe de légalité : demander l’application des lois civiles et sociales dans un pays où l’on a pénétré illégalement relèverait du plus haut comique de situation si, justement, cette situation n’était pas porteuse de formes de tensions et de rejet à l’intérieur des populations autochtones. On voudrait susciter sa non-acceptation qu’on ne s’y prendrait pas autrement !

Non, intéressons-nous aux motivations de ceux qui, syndicats et associations « humanitaristes », instrumentalisent ces victimes consentantes. Les régulariser reviendrait, de toute évidence, à ouvrir la porte à des flux encore plus denses, et à permettre aux patrons des entreprises concernées de se séparer de celui qui a été régularisé (et qui donc aurait droit à un traitement légal en tous domaines) pour le remplacer par des apports nouveaux, illégaux, eux, et malléables à souhait. Crier à la régularisation massive sans fermer les frontières aux arrivées illégales, sans décider d’un plan de lutte contre les réseaux « mafieux » qui organisent ces flux et ceux qui utilisent ces déracinés ( employeurs et marchands de sommeil notamment), sans mettre en place une politique rigoureuse en matière d’immigration régulière ( à limiter aux seuls emplois non pourvus une fois que les demandeurs d’emplois locaux ont été sollicités et que les formations nécessaires ont été réalisées) revient à apporter sa caution à ce qui est un trafic d’êtres humains.

Cela revient aussi à favoriser la politique de libre circulation de la main d’œuvre que l’Europe économique impose et que les libéraux de tout acabit promeuvent …nonobstant la réalité socio-économique de notre pays qui n’a nul besoin d’une immigration qui coûte vraiment cher (un mémoire signé par Jean Paul Gourevitch et publié par « Les Contribuables Associés » en mars 2008 (2) évalue à 36,4 milliards d’euros le coût annuel de toutes les formes d’immigration) et que la demande intérieure d’emplois et de formation ne justifie pas.

« Mais les Français ne veulent pas faire le travail dévolu à ces immigrés… ». La phrase est communément prononcée pour justifier l’apport de cette main d’œuvre étrangère dont Mme Laguillier, se prenant pour Mme Parisot, a dit récemment « que la France en avait tant besoin » ( reportage sur LCI lors d’une précédente manifestation de « sans papiers » ). Outre que cela conduit à discriminer une main d’œuvre intellectuellement et humainement mésestimée pour les besoins d’une mauvaise cause, on peut se demander si les 50 000 jeunes qui quittent le système scolaire sans formation chaque année ne seraient pas capables d’occuper ces emplois, ce qui leur permettrait en s’insérant dans la vie active de trouver leur place dans la société. Et que dire des milliers d’inscrits à l’ANPE qui auraient là des débouchés professionnels réels… sans compter que rien n’empêche le gouvernement de la France de mettre en place les structures de formation qui permettraient de répondre à la demande industrielle et/ou commerciale de qualification…

On assiste, de fait, à une complicité évidente entre des « patrons » qui emploient une main d’œuvre soumise et des bonnes « âmes de gauche » qui volent à leur secours pour qu’ils puissent continuer à exploiter des salariés et employés à des conditions de travail, de rémunération, d’insécurité que les citoyens français ne peuvent accepter !

Mais ces hommes et ces femmes constituant cette immigration illégale ne sont pas que des « travailleurs »…Il leur faut vivre civilement, se loger, se soigner, « faire enseigner » leurs enfants, rechercher des aides de toutes sortes. Leurs demandes s’ajoutent aux difficultés vécues chaque jour par les plus modestes, y compris par celles et ceux qui relèvent de l’immigration légale, et nuisent à la solution de ces dernières. Le rapport du Sénat mentionné ci-dessus le montre clairement ; l’ignorer, c’est faire la « politique de l’autruche ». Mais le plus grave, sans doute, c’est que, du fait des multiples difficultés rencontrées ( le problème de la rupture linguistique, culturelle, religieuse n’étant pas le moindre) par ces personnes dont le choix individuel a été de venir en France sans que qui que ce soit ne le leur ait demandé, elles auront tendance à former le tissu communautariste que les manipulateurs religieux et/ou politiques n’auront ensuite qu’à façonner pour introduire un coin mortel dans l’espace politique et sociétal laïque français.

Et sur ce point encore, nos « belles âmes » de la « gôôôche » humanitariste et gauchisante volent au-devant du projet politique européen dont la vision anglo-saxonne communautariste de l’organisation et du fonctionnement de la société correspond parfaitement aux objectifs économique libéraux, le traité de Lisbonne étant fort clair en la matière. Tout en apportant leur caution morale à ce qui n’est que mise en place d’une nouvelle division internationale du travail, elles se constituent aussi un fonds politico-humanitaire qu’elles pensent susceptibles de leur apporter les suffrages qu’elles ont perdus dans les couches populaires historiques (le peuple votant mal, tâchons de changer le peuple) et qui justifie leur existence.

Les épisodes migratoires que nous vivons n’ont rien de spontané ni d’inéluctable. Pour peu qu’on y regarde de près, on s’aperçoit que l’Afrique maghrébine et subsaharienne (par exemple) n’est ni pauvre ni stérile : il y a des terres, de l’eau, des capitaux (Soudan, Tchad, Nigéria, Gabon, Sénégal, Congo, Algérie sont des pays riches), des « bras » : la mise en valeur de la terre, des politiques tournées vers l’intérêt des populations, des gouvernements non corrompus qui n’accapareraient pas les richesses permettraient de fixer les populations et d’apporter des solutions aux intentions migratoires en gommant petit à petit les raisons qui les sous-tendent. Il faudra se demander un jour pourquoi cela n’est pas… et se tourner vers (en vrac) Davos, la Banque Mondiale, le FMI, les magnats du pétrole, les places financières internationales ! Les vraies raisons des exodes actuels s’éclaireront alors…

Mais ce dont on peut être sûr dès maintenant c’est qu’il n’y a rien de plus performant pour déstructurer l’espace laïque et démocratique de notre Nation Républicaine que l’organisation idéologique, politique, sociale du multiculturalisme (notamment dans sa dimension religieuse) considéré comme ciment social enfermant chacun dans ses particularismes et tissant la trame du communautarisme.

L’immigration que nous vivons participe de cette volonté, portée par les tenants de la construction européenne actuelle, qu’ils soient « libéraux » bon teint ou « sociaux-démocrates » avérés, et par les fossoyeurs de l’unité de la Nation.


Empédoclatès

« du bon usage de la raison »

Riposte Laïque

________________


1 - http://www.senat.fr/noticerap/2005/r05-300-1-notice.html

2- www.contribuables.org/wpcontent/uploads/2008/03/monographie14_le_cout_reel_de_limmigration.pdf

par le Citoyen Thimèle publié dans : Libertés, Justice et Droits de l'Homme
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Dimanche 27 avril 2008
Le journal  Le Parisien - Aujourd'hui en France vient d’interviewer François Bayrou pour lui demander de commenter le premier anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.


Interrogé sur la chute dans les sondages du chef de l'Etat, François Bayrou a doctement expliqué que « le problème est à l'origine dans sa campagne, et aussi en lui, dans ses goûts et ses choix. Or, la France est la France : un peuple de citoyens qui veulent de la profondeur, pas de l'apparence ». . Avant de conclure avec le coup de pied de l’âne : « Un homme peut-il changer en profondeur ? Franchement je n'y crois guère ».

Pour donner dans la vacherie avec des airs de Sainte Nitouche, le président du MoDem est décidément très fort. Reconnaissons d’ailleurs que sa critique féroce est hélas fondée.

Mais le problème de François Bayrou est de croire qu’il lui suffit de prendre la pose de l’intellectuel anxieux devant les micros, et d’afficher une mine préoccupée devant les caméras, pour acquérir aux yeux du public cette « profondeur » dont il dénonce la carence chez Nicolas Sarkozy.

Or il ne s’agit que de poudre aux yeux. La « profondeur » est aussi factice chez Bayrou qu’elle est inexistante chez Sarkozy. D’une certaine façon, l’attitude de donneur de leçons de Bayrou est même pire car elle porte un nom : l’hypocrisie.

Car que ferait donc de si différent le président du MoDem s'il parvenait au pouvoir ?

Sur l’euro par exemple, dont le taux de change détruit notre industrie de l’aveu même de très nombreux chefs d’entreprise français ? Eh bien la réponse est très simple : M. Bayrou ne ferait R-I-E-N.

On n’a en effet jamais rien entendu d’autre chez lui que ses habituels soupirs de Tartuffe sur le thème que l’euro est un dossier très compliqué et qu’il faudrait, selon la formule habituelle qui ne veut rien dire, «améliorer la gouvernance de la zone euro» .
   
Pendant la campagne présidentielle de 2007, on a même entendu M. Bayrou expliquer sur les antennes que l’euro n’était pour rien dans le marasme économique français.

 Il a cru intelligent et « profond » de reprendre à son compte le couplet orchestré par les médias sur le prétendu contre-exemple de « l’Allemagne dont le commerce extérieur se porte très bien malgré l’euro » . Preuve que M. Bayrou, d’une part ignore tout de la mauvaise situation économique et sociale allemande, d’autre part qu'il semble également ignorer que le commerce extérieur français souffre de handicaps de compétitivité structurels par rapport au commerce extérieur allemand qui le rend beaucoup plus sensible au taux de change que celui de l’Allemagne, et que c'est en vain que l’on ressasse cette rengaine éculée depuis plus d’une centaine d’années.

· Et sur les OGM, que ferait donc d’original M. Bayrou ? R-I-E-N puisque les mesures prises par Nicolas Sarkozy et son gouvernement ne sont que l’application du lobbying exercé par la société américaine Monsanto, transformé en directives de la Commission européenne que M. Bayrou approuve par ailleurs. Notre politicien béarnais a d’ailleurs voté la récente loi sur les OGM.

· Et sur les coupes sombres dans tous les budgets de l’Etat, que déciderait de novateur M. Bayrou ? R-I-E-N puisque les mesures prises par Nicolas Sarkozy et son gouvernement ne sont que l’application des exigences de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Pacte de Stabilité inclus dans le traité de Maastricht, toutes choses que M. Bayrou approuve totalement.

· Et sur les déremboursements médicaux, la privatisation rampante de la Sécurité Sociale et la scandaleuse apparition d’une médecine à plusieurs vitesses, quel coup d’arrêt apporterait M. Bayrou ? A-U-C-U-N puisque les mesures prises par Nicolas Sarkozy et son gouvernement ne sont que l’application mécanique des exigences précises formulées dans le rapport « Recommandations spécifiques à la France » faites par la Commission européenne dans son Rapport COM (2003) du 8 avril 2003 concernant les Grandes orientations des politiques économiques des Etats-membres, document et procédure que M. Bayrou approuve totalement.

· Et sur les démantèlements de toutes nos protections douanières décidées à l’OMC qui provoquent la destruction accélérée de pans entiers de notre industrie, en quoi M. Bayrou renverserait-il la situation ? EN RIEN puisque la France a accepté de se dessaisir de tout pouvoir dans ces domaines, qui sont entièrement décidés par la Commission européenne, stratégie complètement suicidaire que M. Bayrou soutient mordicus par ailleurs

· Et sur les délocalisations accélérées vers les pays de l’est ? Et sur l’absence d’harmonisation fiscale et sociale européenne ? Quel tournant majeur M. Bayrou apporterait-il ? A-U-C-U-N puisque, là comme toujours, il approuve le bien-fondé d’avoir remis ces choix stratégiques dans une structure où la France est totalement marginalisée par rapport à 26 autres Etats-membres dont l’écrasante majorité a des intérêts radicalement contraires aux nôtres.

· Et sur l’engagement militaire de plus en plus atlantiste de la France sous commandement américain, que ferait donc M. Bayrou de si différent de M. Sarkozy ? R-I-E-N car il a soutenu ardemment la ratification de la Constitution européenne, puis celle du traité d’Amsterdam, qui veille explicitement à harmoniser la prétendue « défense européenne » avec les objectifs de l’Alliance atlantique et qui crée une fonction de ministre des affaires étrangères européen, laquelle se trouve être dévolue à l’ancien Secrétaire général de l’OTAN. Du reste, entre deux simagrées qui se voulaient vaguement « gaulliennes » , le président du MoDem a voté en faveur de l’envoi massif de nouveaux soldats français en Afghanistan.

· Et sur les atteintes portées en France contre la démocratie, la liberté d’opinion et la République , grand sujet sur lequel M. Bayrou ne cesse de jouer les martyrs alors que son parti croule littéralement sous l’argent public, en quoi redresserait-il la tendance ? EN RIEN puisque ce prétendu démocrate sourcilleux a trouvé parfaitement normal de ratifier le traité de Lisbonne dans le dos des Français alors que ceux-ci avaient rejeté la Constitution européenne par référendum.

CONCLUSION

François Bayrou reprochant à Nicolas Sarkozy son manque de « profondeur », c'est très exactement l’hôpital qui se moque de la charité. Car il n'a strictement rien à dire de novateur et rien à proposer de concret qui puisse, si peu que ce soit, changer la politique décidée dans tous les domaines par la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne sur la base des traités européens, dont il est par ailleurs l'un des partisans les plus acharnés.

Comme d’autres politiciens de moindre pointure, M. Bayrou joue ainsi le rôle de l’opposant factice. Celui qui fronce le sourcil et prend la pose du moraliste en attendant que le Système ait besoin de lui.

Si les choses devaient tourner mal, les médias présenteraient alors ce Tartuffe comme « l’alternative » que souhaitent les Français. Une alternative qui ferait pschitttt à son tour. Le président du MoDem a, en somme, la « profondeur » d’une roue de secours.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Vie politique
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Vendredi 25 avril 2008

Nous, parents, élèves et étudiants, enseignants, citoyens, nous appelons à renforcer le mouvement populaire d’opposition à la suppression de 11 200 postes dans l’Éducation Nationale, annoncée par le ministre Xavier Darcos.

En effet, on ne peut justifier cette suppression en disant que l’encadrement moyen en France est de 10,5 élèves par enseignant : il existe des classes à effectifs réduits, des dédoublements, des groupes de soutien. Faut-il les supprimer ? Peut-on par ailleurs étudier et enseigner efficacement dans des classes surchargées ? Encore une fois, ce seront les élèves les plus en difficulté, scolairement et souvent socialement, qui en feront les frais.

Et on ne peut pas répondre que ces suppressions de postes seront compensées en heures supplémentaires. Outre que, dans l’Éducation Nationale, les heures supplémentaires sont mal payées et qu’on entend donc obtenir des enseignants qu’ils travaillent plus pour gagner moins, les enseignants ont besoin de temps libre pour préparer efficacement leurs cours et corriger leurs copies.

En fait, on sait que cette réduction est destinée à être suivie d’autres réductions dans les années à venir, qui enlèveront à l’enseignement public encore de son efficacité. Quand le quantitatif devient aussi désastreux, il ne peut que nuire à cette qualité que le ministre prétend viser.
On sait aussi que ces coupes sombres doivent aller de pair avec un nouveau dégraissage dans les horaires d’enseignement. En témoigne déjà la réforme des lycées professionnels dont les élèves, très souvent en difficulté, n’auront que trois ans au lieu de quatre pour préparer un bac pro, sans avoir à mi-parcours l’acquis d’un BEP. Cela en découragera un grand nombre et dévalorisera le bac pro : ainsi le ministre, prétendant élever le niveau des qualifications, travaille à le faire baisser.

En témoignent aussi les projets annoncés de réforme du lycée général et technique, avec réduction d’horaires et coupes sombres sur les options, dans la continuité aggravée des décennies passées.

Le ministre affecte par ailleurs de vouloir ramener l'école à sa fonction d'instruction, avec des programmes clairs, simples, axés sur des contenus consistants et laissant liberté pédagogique aux enseignants. C’est ce que nous réclamons depuis longtemps. Mais que valent ces effets d’annonce quand les moyens sont encore diminués ?

On ne peut pas devenir plus savant avec moins d’heures d’enseignement. Ainsi la suppression des heures du samedi matin dans le primaire est scandaleuse. Elles seront, nous dit-on, remplacées par des heures de soutien, c'est-à-dire pour remédier aux dégâts précisément causés par la réduction des heures !

Par exemple, à l’heure actuelle un élève sortant du collège a reçu depuis le début de sa scolarité 800 heures de français de moins qu'en 1976. Il importe de revenir à des horaires substantiels, notamment dans les disciplines fondamentales, mais aussi dans toutes les disciplines à vocation générale qui concourent à former l’homme et le citoyen. Ces horaires d’enseignement, (comprenant les travaux dirigés faits en classe sous la conduite du professeur), ainsi que des horaires supplémentaires de soutien et d’étude, sont particulièrement nécessaires pour préserver le droit à l’instruction de ceux qui ne sont pas aidés par leurs familles ou portés par leur milieu.

On peut certes espérer que de meilleurs programmes et des pédagogies plus efficaces centrées sur les contenus disciplinaires améliorent à terme le niveau des élèves, sous réserve que les moyens nécessaires soient mis en œuvre Mais en attendant qu’ils produisent leurs effets, il est nécessaire de panser les plaies pour ceux qui sont déjà engagés dans le cursus scolaire : les cours, les heures dédoublées, les options, le soutien leur sont doublement indispensables.

Moins que jamais, par conséquent, il ne peut être question de procéder à des coupes sombres dans l’Éducation Nationale. Celles qu’on nous annonce ne sont qu’une étape, après d’autres, dans le processus de marchandisation de l’éducation prévu par l’Accord Général sur le Commerce des Services : il s’agit de vider le service public d’enseignement de son contenu, renvoyant les élèves dont les parents en ont les moyens vers des officines de cours complémentaires (financées à 50 % par l’État via les réductions d’impôt !) ou vers des établissements privés.


Par le Secteur Ecole de l'UFAL

Premiers signataires: Bernard TEPER (Président de l'Ufal), Marie PERRET (Secrétaire nationale de l'Ufal - responsable du secteur école de l'Ufal), Catherine KINTZLER (Philosophe), l'association Sauver Les Lettres et Jean-Marie KINTZLER (professeur de philosophie honoraire)


Signer la pétition

par le Citoyen Thimèle publié dans : Education
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Vendredi 25 avril 2008

Par Sylvain Lapoix


Gaulliste indépendant, Nicolas Dupont-Aignan joue le réseau local contre une élite coupée des électeurs qui ont dit « Non » au référendum. Acharné, cet « opposant professionnel » est le poil à gratter d'une droite en train de se réveiller.


« Vous allez peut-être me trouver frapadingue mais le peuple est avec nous ! » Malgré son sourire de petit garçon assorti à sa coupe de gendre idéal, il ne faut pas s'y tromper : Nicolas Dupont-Aignan est très sérieux. L'année 2007 a pourtant été difficile pour « NDA » : privé de présidentielle faute de parrainages suffisants, seul député de son parti, Debout la République (DLR) élu aux dernières législatives, privé de financement par l'UMP... Il aurait plus d'une raison de déprimer.

Mais la grogne qui monte à droite, dans l'électorat comme chez les élus, est du pain béni pour lui, qui l'élève au rang de contestateur en chef du Président. Nicolas Sarkozy, NDA le connaît depuis son entrée au RPR, en 1993. A l'époque, Sarko et sa bande le regardait déjà de travers quand il avait ravi à Karoutchi le poste stratégique de secrétaire aux Fédérations.

Aujourd'hui, Nicolas Dupont-Aignan ne pardonne pas au nouveau président de la République d'avoir déçu « l'espoir qu'il a suscité à droite » pendant la campagne. « En juin 2007, il avait une légitimité fabuleuse pour remettre en cause la pensée unique sur l'Europe à Bruxelles, peste-t-il. Mais sa vanité l'a emporté sur la raison. »

Hérault depuis plus de dix ans de la contestation d'une construction européenne qui menace, selon lui, « la grandeur de la France » - grandeur qu'il met en première ligne de son programme de gaulliste social-, Nicolas Dupont-Aignan profite de son indépendance pour voter contre le traité de Lisbonne, qu'il surnomme "Le coup d'Etat simplifié". Le 8 avril, il soutient la motion de censure, à l'inverse de Bayrou. Regain d'intérêt des journalistes qui viennent chercher ses piques contre Sarkozy tandis qu'une poignée de députés le félicitent (discrètement) de ses interventions à la tribune. « Nous partageons beaucoup d'idées, notamment sur l'Europe, confie Jacques Myard, députés UMP des Yvelines. Mais il a fait l'erreur de se marginaliser. »

Nicolas Dupont-Aignan n'est pas d'accord : « je ne me fie pas au raisonnement de la Salle des Quatre Colonnes. L'un de mes plus gros atouts, c'est mon réseau local. » Au moins une fois par semaine, le député-maire d'Yerres se rend en province : Lorraine, Bretagne, Centre… Cette semaine, c'est Marseille et Toulon, où il espère pouvoir renforcer son parti qui compte un peu moins de 10 000 adhérents aux profils variés - chevènementistes, anciens RPR ou encore villiéristes - qui l'animent dans 72 départements.

Parmi eux, Dominique Farçy, retraité et bénévole qui a « levé le doigt pendant le meeting de la Maison de la Chimie en 2007 » quand Nicolas Dupont-Aignan a demandé si certains souhaitaient se présenter aux législatives. Aujourd'hui il travaille presque à plein temps à la permanence de Yerres au milieu des milliers de tracts que les militants envoient à travers toute la France. Ce petit local est le QG d'une propagande nerveuse alimentée par les bonnes volontés : privé des subsides de l'UMP, Debout la République fonctionne avec 350 000 à 400 000 euros par an, en comptant les cotisations des adhérents, contre 600 000 en 2007. Une rigueur qui oblige cet « opposant professionnel », comme se surnomme Nicolas Dupont-Aignan, à être sur le pont à plein temps, s'accordant juste de quoi profiter de sa famille et de sa ville.

Ecole Saint-Exupéry, promenade Barbara, Cinéma Paradiso… A Yerres, « NDA » a marqué la ville de ses goûts. Faites le tour de la bâtisse rococo de la mairie, fouillez-en les couloirs et retournez chacune des chaises, vous n'y trouverez pas un seul drapeau européen !

Envoyé un peu par hasard dans cette commune des Yvelines pour se présenter contre un maire socialiste réputé imbattable, il est élu dès le premier tour en 1995. « Mon premier miracle », confie-t-il. Le second fut son élection comme député en 1997, au second tour cette fois et d'une courte tête (50,4%).

Depuis, il gère sa municipalité avec l'expérience acquise comme conseiller technique à la politique de la ville entre 1993 et 1995 chez François Bayrou puis Michel Barnier. En 2008, il est le maire le mieux élu de France, avec 78% des suffrages exprimés au premier tour.

Il préfère de loin la gestion de sa ville aux intrigues de parti. Ses premiers problèmes avec le RPR remontent à 1999, quand il s'oppose au traité d'Amsterdam - attitude jugée par ses coreligionnaires indigne du secrétaire national qu'il est alors. Toujours au sein du parti, il soutient la liste Pasqua-Villiers aux élections européennes et devient secrétaire général adjoint de leur Rassemblement pour la France. L'aventure se termine au bout de trois mois et il revient au RPR, « la queue basse, pour assister au détricotage du parti gaulliste », se souvient-il.

Gaulliste : il défend bec et ongles cet adjectif que l'UMP lui dénie. Il faut dire que ses positions eurosceptiques lui attirent des voisinages un peu sulfureux. « Je suis un républicain, insiste-t-il. Je ne veux pas être amalgamé avec le souverainisme ringard de Villiers : je suis un progressiste ! »

Philippe de Villiers, lui, aimerait bien capter la nouvelle aura du président de Debout la République : « Nicolas Dupont-Aignan fait le même bon constat que nous sur l'impossibilité de faire de la politique en France quand tout se décide à Bruxelles », explique Patrick Louis, député européen MPF. Paul-Marie Coûteaux espère aussi ce rapprochement qu'il tente de favoriser en vue des élections européennes de 2009.

Bref, Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais été aussi courtisé mais il préférerait choisir ses prétendants. Son objectif est simple : « survivre jusqu'en 2012. » « Aujourd'hui, je ne vois personne qui veuille reprendre le flambeau de mes idées », déplore-t-il. Un avis que partage François-Xavier Vilain, député-maire de Cambrai affilié à DLR : « Je me retrouve dans ce qu'il exprime et il est le seul à porter ces idées-là sur l'Europe à droite. Les électeurs commencent à le connaître ! », ajoute-t-il. « Sincère » pour beaucoup, il est, pour un journaliste qui l'a suivi toute la campagne durant, « trop gentil. » Mais, de l'avis général, c'est un véritable acharné.

Sa motivation ? Des pères de famille qui l'encouragent à la sortie de la boucherie. Pour lui, le non au référendum sur le TCE a été le signal : « on a une élite d'abandon qui n'aime plus le peuple et vous voudriez que je travaille avec cette élite ? » Qu'il se rassure : cette élite n'a pas l'intention de lui proposer le moindre job. Face à un Président qui remet en cause la laïcité, réintègre l'Otan ou reste passif face à l'euro fort, NDA voit venir la révolte. « Ca va finir dans la rue, toute l'histoire est faite de ça, dit-il d'un air d'évidence. Il y aura besoin d'une recomposition politique et j'espère modestement pouvoir y participer. » Pour l'instant, Nicolas Dupont-Aignan organise la résistance. Seul.



par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain
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Jeudi 24 avril 2008


C'est du moins l'avis de Vladimir Boukovsky, ancien dissident soviétique, qui persiste ici dans sa dénonciation sans appel de la dérive totalitaire de l'Union Européenne.

Né en 1942, emprisonné pendant 12 ans (camp, prison, hôpital psychiatrique), il fut le premier à avoir dénoncé l’utilisation de l’emprisonnement psychiatrique contre les prisonniers politiques en Union soviétique.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Vidéothèque
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Mercredi 23 avril 2008

Article 3 : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants » (Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales)


Malgré l’opposition de très nombreux professionnels et citoyens, la loi instaurant une « rétention de sûreté » qui permet, après l’exécution de la peine de prison, de prolonger - sans limitation de durée et sans infraction - l’enfermement des personnes considérées comme d’une «particulière dangerosité» est entrée en vigueur.

La mise en place d’un tel dispositif relève d’une philosophie de l’enfermement qui dénie à l’homme toute possibilité d’amendement.

La présomption d'innocence devient secondaire et la justice de sûreté prend le pas sur la justice de responsabilité.


NOUS NE POUVONS ACCEPTER UN TEL MODELE DE SOCIETE:

  • parce que la rétention de sûreté, comparable dans sa philosophie à la peine de mort, est une peine d’élimination préventive susceptible de graves dérives ;
  • parce que la rétention de sûreté ajoute de l’enfermement à la peine de prison, déjà anormalement longue en France au regard des standards européens, et constitue en conséquence un traitement inhumain et dégradant ;
  • parce que la rétention de sûreté implique un pronostic arbitraire de la « dangerosité », dont les contours ne peuvent être clairement définis, ni par les psychiatres, ni par les juristes ;
  • parce que la rétention de sûreté crée l’illusion du « risque zéro » de récidive par l’exploitation démagogique de la douleur des victimes ;
  • parce que la rétention de sûreté témoigne du renoncement des pouvoirs publics à faire de la prison un temps utile à la prévention de la récidive et à la réinsertion ;
  • parce que la rétention de sûreté, malgré l’accomplissement de la peine, n’autorise plus l’oubli du crime, réduisant ainsi la personne à son acte criminel passé avec le risque de l’y enfermer à jamais ;
  • parce que la rétention de sûreté est une violence institutionnelle inacceptable qui prive les détenus de tout espoir de liberté ;

Pour toutes ces raisons, la rétention de sûreté n’est en aucun cas un instrument de prévention de la récidive et de protection des citoyens.

Nous appelons tous les professionnels concernés à la résistance contre cette nouvelle disposition répressive, emblématique d’une régression majeure de leurs principes déontologiques.

Nous appelons tous les citoyens à la mobilisation pour l’abolition de la rétention de sûreté, véritable honte pour la France.

Signer l'appel

par le Citoyen Thimèle publié dans : Libertés, Justice et Droits de l'Homme
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Lundi 21 avril 2008
« Etat dépendant de lobbies industriels sous dominance étrangère »



Fait sans précédent dans l'histoire de toutes les Républiques, les six fédérations syndicales représentant le personnel civil de la Défense viennent d'adresser une lettre-ouverte à Nicolas Sarkozy président de la République, chef des Armées.

Dans ce document aux accents historiques, les six syndicats commencent par souligner qu'« un tiers des effectifs de personnels civils serait supprimé avec le triptyque RGPP (révision générale des politiques publiques), Livre Blanc (sur la fonction publique) et loi de programmation militaire ». Ils soulignent que les personnels civils du ministère de la Défense ont « déjà payé un lourd tribut aux restructurations permanentes, avec une réduction des effectifs de 50% en une quinzaine d'années ».

 Puis les personnels de la Défense lancent une solennelle mise en garde à destination de l'ensemble des Français :  « Les orientations et les choix qui se dessinent et qui pourraient être annoncés aux personnels et à l'opinion publique le 19 juin, aboutiraient à anéantir les capacités industrielles et de soutien d'une Défense Nationale qui n'en serait plus une ».

Plus terrible encore, les six syndicats expliquent que « la réforme de la carte militaire va contraindre la France à passer d'une démocratie républicaine possédant des valeurs fortes avec des fonctions régaliennes à un Etat dépendant trop souvent des lobbies industriels dont les secteurs sensibles peuvent passer sous dominance étrangère par le biais de fusions capitalistiques non maîtrisées ».

« Nous vous demandons solennellement, Monsieur le président de la République, de ne pas approuver de telles orientations et options destructrices de l'outil de défense de la France, aux conséquences sociales et économiques lourdes pour les salariés et les collectivités territoriales ».
   
COMMENTAIRE

Cette déclaration publique et solennelle est un fait historique. Pour la première fois dans l'Histoire, les personnels civils de la Défense (soutenus secrètement par un très grand nombre de personnels militaires mais qui sont dépourvus du droit syndical) prennent à témoin l'opinion publique pour expliquer que le président de la République est en train d' « anéantir notre Défense nationale » et notre « démocratie républicaine » pour les remplacer par un « Etat dépendant de lobbies industriels sous dominance étrangère ».

Si les mots ont un sens, cela signifie que les personnels du ministère de la Défense accusent tout bonnement, entre les lignes, le chef de l'Etat de se rendre coupable de haute trahison au profit d'intérêts étrangers.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale
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Dimanche 20 avril 2008

La « nouvelle » réforme de l’État, lancée et pilotée par le Président de la République, s’appuie essentiellement sur la RGPP (révision générale des politiques publiques).

Cette réforme s’inspire des exemples étrangers de réforme de l’État (ex. : Canada, Nouvelle Zélande, Suède, royaume Uni, USA, Allemagne, Italie, Islande, Australie, Danemark, Pays Bas,…), de l’administration et de la gestion publique.

La RGPP : considérations générales

Les raisons avancées pour ce type de réformes :
- la mondialisation et les crises économiques et financières ; - les attentes des citoyens qui évoluent ;
- la crise de confiance entre les citoyens et l’État.

La problématique générale :
- la maîtrise des dépenses publiques ;
- l’amélioration de l’efficacité des politiques publiques ;
- le renforcement du contrôle démocratique sur la gestion publique.

Les principaux axes :
- la recherche de la performance, la culture du résultat ;
- une administration ouverte ;
- une réforme de la gestion des ressources humaines (GRH) avec le rapprochement vers la gestion de type privée, une réduction drastique des effectifs État, une gestion individualisée des personnels, axée sur la performance individuelle, une rémunération liée à la performance.

Des évolutions des structures administratives :

Une séparation du « politique » et de « l’administratif ». Dans le système néolibéral, les citoyens doivent avoir la liberté de choisir le prestataire du service (public, privé, associatif) pour répondre à leurs besoins dans le cadre du marché.

L’objectif recherché est d’avoir :
- des structures ministérielles (administrations ou cabinet ministériels renforcés) réduites ayant pour mission la conception des politiques publiques, le contrôle et l’évaluation de celles-ci ;
- des structures réalisant la mise en œuvre des politiques ainsi définies. Ce sont les structures les « mieux » placées sur le marché qui effectueront cela.
- la création d’agences. Cela est une règle assez générale dans les pays étrangers ayant appliqué une réforme similaire. En France ce système se développe depuis plusieurs années.
- les externalisations vers le privé.

La RGPP en France


La RGPP en France a été lancée par le Conseil des ministres du 20 juin 2007.

Toutes les politiques publiques sont visées par cette réforme. La méthode utilisée est celle des audits avec une grille d’analyse en 7 questions.

Ces audits concernent les 14 domaines d’intervention de l’État, 6 grandes politiques d’intervention (emploi et formation professionnelle, développement des entreprises, ville et logement, famille, assurance maladie, politique de solidarité et de lutte contre la pauvreté). Tout cela est complété par 4 chantiers interministériels (la GRH, l’organisation de l’administration territoriale, les relations entre l’État et les collectivités locales, la simplification des procédures internes). Le pilotage est assuré par un Conseil de la modernisation des politiques publiques, présidé par Sarkozy, en personne et le suivi par un Comité de suivi de la RGPP, présidé par le Secrétaire général de la présidence de la République et le directeur de Cabinet du Premier ministre.

Le Président de la République rendra ses conclusions en mai 2008 et la réforme s’appliquera sur 2009-2011.

Dans son discours du 19 septembre 2007, à Nantes, Sarkozy a présenté son « pacte service public 2012 » (réforme de la GRH) :
- statut : les nouveaux recrutés dans la fonction publique (FP) pourront choisir entre le statut de la FP ou un contrat de gré à gré. C’est de fait la mise en extinction du statut de la FP pour la majeure partie des agents ;
- un pécule de départ pour ceux qui veulent quitter la FP ;
- ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ;
- individualisation de la gestion des carrières, suppression des corps ;
- rémunération au mérite ;
- développer la mobilité inter fonction publique et public-privé ;
- dialogue social : abandon de la composition strictement paritaire des instances.

Dans ce discours, le Président de la République a oublié quelques sujets : la revalorisation du point d’indice, base du traitement des fonctionnaires, la revalorisation des grilles indiciaires servant à définir le salaire, le rattrapage du pouvoir d’achat,…

Les premières mesures annoncées le 12 décembre 2007

Le Président de la République a annoncé une première série de 96 mesures :
- des administrations recentrées sur le cœur de leurs missions avec un certain nombres de mesures dont un contrôle de légalité des actes des collectivités locales modernisé et recentré sur les sujets à risques (urbanisme et environnement), un accroissement du potentiel opérationnel des forces de sécurité (recentrage sur le maintien de l’ordre), divorce par consentement mutuel sans le juge,…
- des procédures plus modernes, au service des usagers dont la suppression de la première demande de visa long séjour, un plan de réduction drastique des charges administratives pesant sur les entreprises,…
- un État réorganisé et allégé. Il s’agit de réduire par 2 le nombre des directions de l’administration centrale, prolongeant la limitation à 15 ministères. Le niveau de pilotage des politiques publiques de l’État sera le niveau régional avec passage de plus de 30 directions régionales à moins de 10. Les missions du niveau départemental seront réorganisées autour de 5 ou 6 grands missions, généralisations des fusions DDE – DDAF. Ces entités départementales pourraient être regroupées dans les préfectures ;
- réduction - fusion d’établissements publics ;
- affirmation de l’autorité du préfet de région sur le préfet du département ;
- un État mieux géré, qui valorise le travail des fonctionnaires et qui utilise au mieux les ressources publiques (exemple : mise en place d’une agence des achats de l’État, d’un opérateur national de paye des agents, à terme d’un processus unique et rationalisé de liquidation des pensions, d’agences de service public, d’un État propriétaire unique, rénovation de la GRH). Nous avons une réforme de la gouvernance de dépenses publiques (ex. : budget pluriannuel couvrant la période 2009 – 2011) avec l’objectif de retour à l’équilibre des comptes publics au plus tard en 2012 (dépenses État, sociales et des collectivités territoriales), des mesures sur la famille, sur la solidarité, le développement des entreprises ;
- les relations entre l’État et les collectivités territoriales (cf. le rapport Lambert du 7/12/07).

RGPP : des éléments d’analyse

La RGPP version Sarkozy relève d’une stratégie bien réfléchie, d’un choix politique.

Dans notre analyse, il convient de prendre en compte :
- les dysfonctionnements réels des services publics, conséquence de la réduction des moyens, d’absence de réelle politiques de modernisation pour prendre en compte les évolutions sociétales, du manque d’analyses sur le rôle de l’État, dans le contexte actuels (Union européenne, décentralisation, subsidiarité,…). Cela facilite grandement la tâche pour faire accepter une telle réforme en cachant les enjeux réels sous le couvert de réponse à ces dysfonctionnements :
- la forte bataille idéologique menée sur ce thème ;
- l’alibi « état des finances publiques ».

La RGPP ne marque pas la fin ou le retrait de l’État mais un autre rôle de celui-ci, renforçant ses prérogatives sur la base du « sécuritaire » et au service du marché. Cette réforme s’articule sur la nette distinction du « politique » et de « l’administratif ». Le politique est reconcentré avec un omni-président et sa garde rapprochée, 15 ministères, quelques grandes directions d’administration au niveau central et un renforcement de l’échelon régional au niveau local.

« L’administratif », au sens de la mise en œuvre des politiques publiques, doit être réalisé par le mieux placé sur le marché (agences, entreprises privées, associations). Ainsi l’échelon départemental se réduit fortement avec un regroupement en 5 ou 6 directions qui pourraient être directement rattachées à la préfecture.

Sur le statut de la fonction publique, l’objectif est similaire à celui sur le code du travail avec notamment réduction du périmètre d’application du statut de la fonction publique de l’État, nouvelle GRH, avec une lourde réforme ayant pour axes majeurs la gestion personnalisée (mobilité, parcours professionnel, mérite, flexibilité,…) et la performance.

Sarkozy entend gérer la France comme une entreprise avec lui pour « grand » patron, des ministres aux ordres (le système d’évaluation de leur action n’est pas anecdotique) et des services « publics » ( ?) au service de sa politique. Il recentre l’État sur son « cœur de métier » et externalise le reste, avec une organisation de type privée « flux tendu ». Plus fondamentalement, la réforme de l’État initiée par Sarkozy est un éléments important de sa « politique de civilisation ». Au-delà de la prétention verbale, il s’agit d’inscrire notre pays dans la logique néoliberale de guerre économique mondiale. Son projet de société vise à la transformation du « modèle » social et économique français, pour le plus grand profit des patrons et des plus riches, sous couvert de plus de liberté pour chaque individu.

Cette compétition généralisée où chaque collègue de travail, chaque voisin est un « ennemi » lamine la cohésion sociale, les garanties collectives (statut, code du travail, sécurité sociale, régime de retraite, règles sur le temps de travail), sous l’argument de plus de liberté, pour laisser la place à des contrats individuels, de gré à gré, avec une rémunération basée sur la performance.

Cependant, les néolibéraux ont besoin d’un État puissant pour imposer un ordre conforme à leurs intérêts. Dans cette concurrence, y compris entre État, il faut abaisser le coût du travail, réduire les cotisations sociales, les impôts pour résister à la concurrence (Sarkozy, VRP à l’étranger pour les grandes entreprises), pour attirer les capitaux et les emplois qualifiés (cf. « l’immigration choisie ») et reporter les dépenses pour des biens publics sur les salariés.

Les dépenses publiques restantes sont réorienter vers le sécuritaire (ordre intérieur et extérieur, protection des biens et de la propriété, du marché,…), l’essentiel de la production des biens publics relève alors du marché. Nous franchissons un seuil dans la privatisation de l’État. Dans cette logique de concurrence, nous arrivons très rapidement à une déstructuration de la société, des individus et à une pseudo démocratie.

La RGPP : une réforme qu’il faut combattre

Si cette analyse est partagée, nous ne pouvons pas composer sur une telle réforme.

Nous ne pouvons que la combattre.

Nous avons des atouts dont le sentiment « antilibéralisme » majoritaire des citoyens (cf. enquête Ipsos réalisée auprès de 22 000 citoyens engagés dans 22 pays). Les citoyens sont très attachés au service public en France. Ils commencent à mesurer concrètement les effets du « sarkozisme ».

Cependant, nous avons aussi, de toute évidence, des retards à combler en terme de projet politique partagé sur le rôle et la place de l’État, des collectivités territoriales et donc sur les services publics, sur la démocratie,… pour une transformation sociale de la société. Nous devons mener cette bataille d’opposition à la RGPP, en nous appuyant sur les grands principes du service public, d’un État au service de tous, porteur des valeurs d’une société de progrès humain permettant l’épanouissement individuel dans le cadre de relations sociales « saines », de cohésion sociale, de développement véritablement durable, équilibré et cohérent des territoires… ; en partant du vécu de tous les citoyens et dans une démarche démocratique. Le Parti socialiste doit prendre très clairement position contre cette réforme de l’État et ouvrir de vraies perspectives alternatives.


Didier Lassauzay, Démocratie & Socialisme
par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
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