Ils ont dit...


"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine  des autres." Romain Gary

"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
Patrick Kessel


"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

  Culture et Mémoire Républicaine

Mémoire Nationale

Mouvements Républicains


L'Internet Républicain
undefined
 


Vous aussi...

Photothèque

Citoyens !

Bienvenue sur L’Action Républicaine, le Journal du Combat Républicain et National.
N'hésitez pas à laisser vos réactions. La liberté d'expression n'est ici pas un vain mot ! ;-)
Lundi 21 avril 2008
« Etat dépendant de lobbies industriels sous dominance étrangère »



Fait sans précédent dans l'histoire de toutes les Républiques, les six fédérations syndicales représentant le personnel civil de la Défense viennent d'adresser une lettre-ouverte à Nicolas Sarkozy président de la République, chef des Armées.

Dans ce document aux accents historiques, les six syndicats commencent par souligner qu'« un tiers des effectifs de personnels civils serait supprimé avec le triptyque RGPP (révision générale des politiques publiques), Livre Blanc (sur la fonction publique) et loi de programmation militaire ». Ils soulignent que les personnels civils du ministère de la Défense ont « déjà payé un lourd tribut aux restructurations permanentes, avec une réduction des effectifs de 50% en une quinzaine d'années ».

 Puis les personnels de la Défense lancent une solennelle mise en garde à destination de l'ensemble des Français :  « Les orientations et les choix qui se dessinent et qui pourraient être annoncés aux personnels et à l'opinion publique le 19 juin, aboutiraient à anéantir les capacités industrielles et de soutien d'une Défense Nationale qui n'en serait plus une ».

Plus terrible encore, les six syndicats expliquent que « la réforme de la carte militaire va contraindre la France à passer d'une démocratie républicaine possédant des valeurs fortes avec des fonctions régaliennes à un Etat dépendant trop souvent des lobbies industriels dont les secteurs sensibles peuvent passer sous dominance étrangère par le biais de fusions capitalistiques non maîtrisées ».

« Nous vous demandons solennellement, Monsieur le président de la République, de ne pas approuver de telles orientations et options destructrices de l'outil de défense de la France, aux conséquences sociales et économiques lourdes pour les salariés et les collectivités territoriales ».
   
COMMENTAIRE

Cette déclaration publique et solennelle est un fait historique. Pour la première fois dans l'Histoire, les personnels civils de la Défense (soutenus secrètement par un très grand nombre de personnels militaires mais qui sont dépourvus du droit syndical) prennent à témoin l'opinion publique pour expliquer que le président de la République est en train d' « anéantir notre Défense nationale » et notre « démocratie républicaine » pour les remplacer par un « Etat dépendant de lobbies industriels sous dominance étrangère ».

Si les mots ont un sens, cela signifie que les personnels du ministère de la Défense accusent tout bonnement, entre les lignes, le chef de l'Etat de se rendre coupable de haute trahison au profit d'intérêts étrangers.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Dimanche 20 avril 2008

La « nouvelle » réforme de l’État, lancée et pilotée par le Président de la République, s’appuie essentiellement sur la RGPP (révision générale des politiques publiques).

Cette réforme s’inspire des exemples étrangers de réforme de l’État (ex. : Canada, Nouvelle Zélande, Suède, royaume Uni, USA, Allemagne, Italie, Islande, Australie, Danemark, Pays Bas,…), de l’administration et de la gestion publique.

La RGPP : considérations générales

Les raisons avancées pour ce type de réformes :
- la mondialisation et les crises économiques et financières ; - les attentes des citoyens qui évoluent ;
- la crise de confiance entre les citoyens et l’État.

La problématique générale :
- la maîtrise des dépenses publiques ;
- l’amélioration de l’efficacité des politiques publiques ;
- le renforcement du contrôle démocratique sur la gestion publique.

Les principaux axes :
- la recherche de la performance, la culture du résultat ;
- une administration ouverte ;
- une réforme de la gestion des ressources humaines (GRH) avec le rapprochement vers la gestion de type privée, une réduction drastique des effectifs État, une gestion individualisée des personnels, axée sur la performance individuelle, une rémunération liée à la performance.

Des évolutions des structures administratives :

Une séparation du « politique » et de « l’administratif ». Dans le système néolibéral, les citoyens doivent avoir la liberté de choisir le prestataire du service (public, privé, associatif) pour répondre à leurs besoins dans le cadre du marché.

L’objectif recherché est d’avoir :
- des structures ministérielles (administrations ou cabinet ministériels renforcés) réduites ayant pour mission la conception des politiques publiques, le contrôle et l’évaluation de celles-ci ;
- des structures réalisant la mise en œuvre des politiques ainsi définies. Ce sont les structures les « mieux » placées sur le marché qui effectueront cela.
- la création d’agences. Cela est une règle assez générale dans les pays étrangers ayant appliqué une réforme similaire. En France ce système se développe depuis plusieurs années.
- les externalisations vers le privé.

La RGPP en France


La RGPP en France a été lancée par le Conseil des ministres du 20 juin 2007.

Toutes les politiques publiques sont visées par cette réforme. La méthode utilisée est celle des audits avec une grille d’analyse en 7 questions.

Ces audits concernent les 14 domaines d’intervention de l’État, 6 grandes politiques d’intervention (emploi et formation professionnelle, développement des entreprises, ville et logement, famille, assurance maladie, politique de solidarité et de lutte contre la pauvreté). Tout cela est complété par 4 chantiers interministériels (la GRH, l’organisation de l’administration territoriale, les relations entre l’État et les collectivités locales, la simplification des procédures internes). Le pilotage est assuré par un Conseil de la modernisation des politiques publiques, présidé par Sarkozy, en personne et le suivi par un Comité de suivi de la RGPP, présidé par le Secrétaire général de la présidence de la République et le directeur de Cabinet du Premier ministre.

Le Président de la République rendra ses conclusions en mai 2008 et la réforme s’appliquera sur 2009-2011.

Dans son discours du 19 septembre 2007, à Nantes, Sarkozy a présenté son « pacte service public 2012 » (réforme de la GRH) :
- statut : les nouveaux recrutés dans la fonction publique (FP) pourront choisir entre le statut de la FP ou un contrat de gré à gré. C’est de fait la mise en extinction du statut de la FP pour la majeure partie des agents ;
- un pécule de départ pour ceux qui veulent quitter la FP ;
- ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ;
- individualisation de la gestion des carrières, suppression des corps ;
- rémunération au mérite ;
- développer la mobilité inter fonction publique et public-privé ;
- dialogue social : abandon de la composition strictement paritaire des instances.

Dans ce discours, le Président de la République a oublié quelques sujets : la revalorisation du point d’indice, base du traitement des fonctionnaires, la revalorisation des grilles indiciaires servant à définir le salaire, le rattrapage du pouvoir d’achat,…

Les premières mesures annoncées le 12 décembre 2007

Le Président de la République a annoncé une première série de 96 mesures :
- des administrations recentrées sur le cœur de leurs missions avec un certain nombres de mesures dont un contrôle de légalité des actes des collectivités locales modernisé et recentré sur les sujets à risques (urbanisme et environnement), un accroissement du potentiel opérationnel des forces de sécurité (recentrage sur le maintien de l’ordre), divorce par consentement mutuel sans le juge,…
- des procédures plus modernes, au service des usagers dont la suppression de la première demande de visa long séjour, un plan de réduction drastique des charges administratives pesant sur les entreprises,…
- un État réorganisé et allégé. Il s’agit de réduire par 2 le nombre des directions de l’administration centrale, prolongeant la limitation à 15 ministères. Le niveau de pilotage des politiques publiques de l’État sera le niveau régional avec passage de plus de 30 directions régionales à moins de 10. Les missions du niveau départemental seront réorganisées autour de 5 ou 6 grands missions, généralisations des fusions DDE – DDAF. Ces entités départementales pourraient être regroupées dans les préfectures ;
- réduction - fusion d’établissements publics ;
- affirmation de l’autorité du préfet de région sur le préfet du département ;
- un État mieux géré, qui valorise le travail des fonctionnaires et qui utilise au mieux les ressources publiques (exemple : mise en place d’une agence des achats de l’État, d’un opérateur national de paye des agents, à terme d’un processus unique et rationalisé de liquidation des pensions, d’agences de service public, d’un État propriétaire unique, rénovation de la GRH). Nous avons une réforme de la gouvernance de dépenses publiques (ex. : budget pluriannuel couvrant la période 2009 – 2011) avec l’objectif de retour à l’équilibre des comptes publics au plus tard en 2012 (dépenses État, sociales et des collectivités territoriales), des mesures sur la famille, sur la solidarité, le développement des entreprises ;
- les relations entre l’État et les collectivités territoriales (cf. le rapport Lambert du 7/12/07).

RGPP : des éléments d’analyse

La RGPP version Sarkozy relève d’une stratégie bien réfléchie, d’un choix politique.

Dans notre analyse, il convient de prendre en compte :
- les dysfonctionnements réels des services publics, conséquence de la réduction des moyens, d’absence de réelle politiques de modernisation pour prendre en compte les évolutions sociétales, du manque d’analyses sur le rôle de l’État, dans le contexte actuels (Union européenne, décentralisation, subsidiarité,…). Cela facilite grandement la tâche pour faire accepter une telle réforme en cachant les enjeux réels sous le couvert de réponse à ces dysfonctionnements :
- la forte bataille idéologique menée sur ce thème ;
- l’alibi « état des finances publiques ».

La RGPP ne marque pas la fin ou le retrait de l’État mais un autre rôle de celui-ci, renforçant ses prérogatives sur la base du « sécuritaire » et au service du marché. Cette réforme s’articule sur la nette distinction du « politique » et de « l’administratif ». Le politique est reconcentré avec un omni-président et sa garde rapprochée, 15 ministères, quelques grandes directions d’administration au niveau central et un renforcement de l’échelon régional au niveau local.

« L’administratif », au sens de la mise en œuvre des politiques publiques, doit être réalisé par le mieux placé sur le marché (agences, entreprises privées, associations). Ainsi l’échelon départemental se réduit fortement avec un regroupement en 5 ou 6 directions qui pourraient être directement rattachées à la préfecture.

Sur le statut de la fonction publique, l’objectif est similaire à celui sur le code du travail avec notamment réduction du périmètre d’application du statut de la fonction publique de l’État, nouvelle GRH, avec une lourde réforme ayant pour axes majeurs la gestion personnalisée (mobilité, parcours professionnel, mérite, flexibilité,…) et la performance.

Sarkozy entend gérer la France comme une entreprise avec lui pour « grand » patron, des ministres aux ordres (le système d’évaluation de leur action n’est pas anecdotique) et des services « publics » ( ?) au service de sa politique. Il recentre l’État sur son « cœur de métier » et externalise le reste, avec une organisation de type privée « flux tendu ». Plus fondamentalement, la réforme de l’État initiée par Sarkozy est un éléments important de sa « politique de civilisation ». Au-delà de la prétention verbale, il s’agit d’inscrire notre pays dans la logique néoliberale de guerre économique mondiale. Son projet de société vise à la transformation du « modèle » social et économique français, pour le plus grand profit des patrons et des plus riches, sous couvert de plus de liberté pour chaque individu.

Cette compétition généralisée où chaque collègue de travail, chaque voisin est un « ennemi » lamine la cohésion sociale, les garanties collectives (statut, code du travail, sécurité sociale, régime de retraite, règles sur le temps de travail), sous l’argument de plus de liberté, pour laisser la place à des contrats individuels, de gré à gré, avec une rémunération basée sur la performance.

Cependant, les néolibéraux ont besoin d’un État puissant pour imposer un ordre conforme à leurs intérêts. Dans cette concurrence, y compris entre État, il faut abaisser le coût du travail, réduire les cotisations sociales, les impôts pour résister à la concurrence (Sarkozy, VRP à l’étranger pour les grandes entreprises), pour attirer les capitaux et les emplois qualifiés (cf. « l’immigration choisie ») et reporter les dépenses pour des biens publics sur les salariés.

Les dépenses publiques restantes sont réorienter vers le sécuritaire (ordre intérieur et extérieur, protection des biens et de la propriété, du marché,…), l’essentiel de la production des biens publics relève alors du marché. Nous franchissons un seuil dans la privatisation de l’État. Dans cette logique de concurrence, nous arrivons très rapidement à une déstructuration de la société, des individus et à une pseudo démocratie.

La RGPP : une réforme qu’il faut combattre

Si cette analyse est partagée, nous ne pouvons pas composer sur une telle réforme.

Nous ne pouvons que la combattre.

Nous avons des atouts dont le sentiment « antilibéralisme » majoritaire des citoyens (cf. enquête Ipsos réalisée auprès de 22 000 citoyens engagés dans 22 pays). Les citoyens sont très attachés au service public en France. Ils commencent à mesurer concrètement les effets du « sarkozisme ».

Cependant, nous avons aussi, de toute évidence, des retards à combler en terme de projet politique partagé sur le rôle et la place de l’État, des collectivités territoriales et donc sur les services publics, sur la démocratie,… pour une transformation sociale de la société. Nous devons mener cette bataille d’opposition à la RGPP, en nous appuyant sur les grands principes du service public, d’un État au service de tous, porteur des valeurs d’une société de progrès humain permettant l’épanouissement individuel dans le cadre de relations sociales « saines », de cohésion sociale, de développement véritablement durable, équilibré et cohérent des territoires… ; en partant du vécu de tous les citoyens et dans une démarche démocratique. Le Parti socialiste doit prendre très clairement position contre cette réforme de l’État et ouvrir de vraies perspectives alternatives.


Didier Lassauzay, Démocratie & Socialisme
par le Citoyen Thimèle publié dans : Services Publics
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 20 avril 2008


Par Guylain Chevrier


Le 9 avril dernier, à l’initiative du Président de la République, un comité de réflexion sur le Préambule de la Constitution a été créé par décret. Il est chargé, conformément à ce qu’expose la lettre présidentielle annexée à celui-ci, d’étudier dans quelle mesure, les droits fondamentaux reconnus par la Constitution doivent être complétés par des principes nouveaux. Le comité peut entendre ou consulter toute personne de son choix. Mme Simone Veil, ancien membre du Conseil constitutionnel, ancien ministre d’Etat, a été nommée présidente du comité ainsi institué, sorte de caution morale à cette démarche. Il remettra son rapport au Président de la République avant le 30 juin 2008.

Lors de la conférence du 8 janvier dernier au cours de laquelle il avait présenté ses vœux à la presse, le Président Sarkozy avait affirmé son intention de « réformer » le préambule de la Constitution de 1958 afin d’intégrer de nouveaux droits, affirmant qu’il apporterait en 2008 un changement « en profondeur » en France, dans le prolongement de ce qu’il nomme « la politique de civilisation ». Dans la lettre annexée au décret, le Président Sarkozy interroge : « Doit-on permettre au législateur de mieux garantir l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités, en dehors même de la sphère politique ? Y a-t-il des principes directeurs sur lesquels il conviendrait de fonder, au-delà de l’évolution des techniques, notre approche des problèmes liés à la bioéthique ? Faut-il rendre possibles de nouvelles politiques d’intégration valorisant davantage la diversité de la société française pour favoriser le respect effectif du principe d’égalité ? » Il évoque « l’ancrage européen de la République » ou encore que, « la Charte européenne des droits fondamentaux, doit en outre être pris en considération. »…

Que cherche donc Sarkozy à travers ce qui semble à la fois un éloge de l’égalité et de la diversité, sorte de paradoxe dont il a le secret ? L’égalité homme-femme réduite à la logique de la parité Lorsqu’il nous parle de garantir l’égalité homme-femme, pour enchaîner la justification de l’introduction du principe de diversité dans le Préambule de la Constitution qui pourrait être réécrit, il y a une manœuvre qui s’attaque en réalité d’emblée au principe d’égalité.

Il nous parle de mieux garantir l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités, en dehors même de la sphère politique, en fait d’égalité il fait directement référence à l’élargissement d’une logique de la parité à d’autres secteurs de la vie nationale, comme l’entreprise… Parler d ‘égalité en en fondant la démarche sur la parité, c’est réduire cette première à une mise en concurrence des sexes, au lieu de promouvoir un projet commun aux hommes et aux femmes et non un combat d’un genre contre l’autre.

La dynamique de l’égalité entre hommes et femmes qui a été un facteur important de libération pour toute la société et d’amélioration de la condition du grand nombre, est remplacé par la mise en concurrence des genres qui vise au remplacement des hommes par des femmes dans les mêmes carrières, et il y a fort à parier que cela ne changera rien au système, mieux, cela le justifiera un peu plus comme le seul qui vaille.

L’avantage de cette logique pour l’architecte qui est à l’œuvre ici, est de proposer une égalité par la mise en concurrence des sexes s’identifiant avec la mise en concurrence des individus, dans un système libéral qui s’en régal. Une promotion des femmes se faisant sur ce mode ne risque en rien d’être porteuse d’une promotion de l’égalité pour tous. On relèvera ici que la logique de l’égalité à laquelle se réfère les propos du Président Sarkozy relève en réalité d’une logique de la parité qui ouvre la porte au principe de diversité, car c’est la différence entre hommes et femmes qui est ici cultivée, les genres implicitement considérés comme des communautés distinctes et concurrentes, au lieu de l’interchangeabilité des droits qui fondent l’égalité et avec elle la communauté de la nation.

Le principe de diversité contre l’égalité et les Droits de l’homme

Il s’en suit une promotion du principe de diversité qui, sous prétexte de prendre en compte des évolutions de la société, telle que le développement qu’à connu l’immigration en France depuis la seconde moitié du vingtième siècle, entend donner une reconnaissance aux différences de cultures et de religions, constitutionnalisant le principe des communautés, et piétinant par la même le principe d’égalité.

Sous couvert de faire justice à des minorités culturelles ou religieuses en les rendant visibles à travers une reconnaissance en droits, on s’attaque aux droits inaliénables de l’individu tels qu’énoncer dans la Déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen, avec lesquelles cette logique très sarkozienne entre ouvertement en conflit.

C’est pour Sarkozy, donner un signe de bonne volonté aux chantres des revendications communautaristes, c’est aussi par là-même, à la fois, avancer dans le sens d’une France formatée sur le modèle anglo-saxon de la juxtaposition de communautés en lieu et place du peuple, de sa souveraineté politique, et développer une logique clientéliste de la politique qui fasse de la démocratie un instrument de gouvernement et de confiscation du pouvoir. C’est à un essor des communautarismes à quoi incite l’affirmation de ce principe de diversité parallèlement aux Droits de l’homme. C’est une façon d’encourager un islam, qui est au premier plan de la dynamique communautaire en France, à refuser d’évoluer, de s’adapter à la condition moderne de l’individu et de ses libertés, de « s’historiciser ».

C’est induire le risque que demain, le respect de ce principe constitutionnel de diversité puisse voir des tribunaux condamner pour discrimination ceux qui défendront l’égalité contre les pratiques communautaires parfois moyenâgeuses. Mais lorsque l’on sait que la liberté de conscience, qui se réfère au choix d’avoir une croyance ou pas, n’est rien sans la liberté de pensée mise ici à mal dans sa nature même, il y a fort à craindre que ce soit à terme la démocratie elle-même qui se trouve en péril derrière les faux-semblants de nouvelles libertés privatives se rapportant à la reconnaissance d’un droit à la diversité. On imagine comment la liberté d’expression peut être mise en péril dans cette évolution, le poids d’une censure et d’une autocensure assassinant le droit à la critique.

Une adaptation de notre Constitution à une mondialisation contre les peuples

Mais finalement, cette évolution voulue du préambule de notre constitution est en parfaite cohérence avec d’autres évolutions auxquelles on entend qu’elle d’adosse. La remis en cause de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat par la reconnaissance du financement public des lieux de culte sous prétexte d’égalité de traitement entre les religions, la mise en conformité de la France avec une Constitution européenne récemment adoptée par un passage en force qui contient la Charte des droits fondamentaux mettant le droit des minorités sur le même plan que les Droits de l’homme, la nouvelle Déclaration universelle des droits de l’homme en train d’être concoctée par l’ONU qui consacre une conception des droits de l’homme inscrite dans la logique des minorités ethniques et des cultures, des droits de dieu valant pour droits de l’homme. Autant d’aspects qui nient l’idée de nation dans le cadre desquelles les peuples ont leurs repères et peuvent se défendre, dont il est question de faire table rase au nom du principe de diversité pour faire place net au marché comme continent-monde piétinant les droits et les acquis universels des hommes.

La laïcité, à porter au-dessus de toutes les différences ce bien commun de l’interchangeabilité des droits, de la citoyenneté, des libertés communes, protège la démocratie contre les intérêts partisans des corps intermédiaires tels que les religions ou les communautés ethniques, et en même temps protègent celles-ci dans leurs libertés contre l’hégémonie de l’une sur les autres. Il y a tout à craindre que, une fois que cette diversité aurait battu en brèche la République en s’unissant contre elle, elle s’entredéchire dans un combat fratricide pour notre société, justifiant d’un côté jusqu’au pire des Etats policiers, et de l’autre, une séparation d’isolement des communautés parquées dans des quartiers, laissant libre cours au tribalisme et à l’intégrisme, livrant les femmes aux pires soumissions, et la fraternité passée au pilori.

C’est une guerre déclarée ici au peuple qui se prépare, qui ne sera nullement sollicité pour donner son avis dans ce changement de sens de notre constitution, de notre République, dont la moindre virgule devrait donner lieu à un référendum. On ne laissera pas le loisir à quiconque d’autres que ceux qui, à droite comme à gauche, sont pour la même mondialisation, de définir comment doit s’écrire le monde selon Monsieur Profit.

Le concept de diversité au service du règne sans partage des riches

Sur le modèle économique qui lui est cher, et qu’il exposait aussi lors de la conférence du 8 janvier, il promettait d’introduire « plus d’équité » dans le système économique, entendant faire profiter également les salariés des succès des entreprises, de promouvoir un capitalisme « d’entrepreneurs », un « capitalisme familial »… En réalité, il s’agit bien dans le lignage de ce capitalisme ultra individualiste tout azimut, de cultivé toutes les formes de divisions, sous couvert de diversité, appliquant le fameux principe, diviser pour régner. On voit encore ici comment le capitalisme a étroitement partie liée avec le communautarisme, comment la laïcité est son ennemi mortel. Car seul un peuple qui n’en est plus un, parce que brisé en communautés de droits concurrentes, au non d’un principe de diversité qui enterre l’égalité, est supportable pour ceux qui entendent reproduire les conditions d’une société où l’enrichissement de quelques-uns uns se fait sur l’appauvrissement du grand nombre, où se creuse le fossé entre riches et pauvres.

Monsieur Sarkozy attribue à une politique de civilisation d’on ne sait d’où sortie dans l’histoire, et dont il serait le continuateur, les acquis de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, la laïcité, le droit du travail, les congés payés, les services publics…Non ! Ce furent des conquêtes acquises de hautes luttes contre ceux avec lesquels il se trouve en filiation, rien qui ne vint sans que des révolutions poussent dans le sens de plus d’égalité sociale et politique, sans quoi nous ne serions même pas sous le drapeau de la République !

Aux armes citoyens !

En réalité, ce qui nous est présenté comme une adaptation moderne à des évolutions de notre société à travers cette promotion du concept de diversité est une fin en règle de la laïcité, un grand retour aux corps intermédiaires que la Révolution française avait balayé avec l’établissement de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est à une « marche arrière toute » de l’histoire à quoi nous invite en réalité ici le Président Sarkozy en livrant ainsi la société française au communautarisme dans un seul but, assurer la division du peuple pour déposséder les hommes de leur volonté commune et par la-même, de leur liberté d’écrire ensemble leur destin. Aux armes citoyens !

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 20 avril 2008
On connaissait l’amour immodéré du président français pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. On découvre aujourd’hui sa préférence manifeste pour le Canada anglais ! Ce serait en effet une rupture historique, aucun dirigeant français n’ayant jamais fait ouvertement le jeu du Canada britannique contre le Canada français…




Quelle mouche aurait piqué Nicolas Sarkozy ?



Le Devoir, édition du mardi 01 avril 2008

Par Louise Beaudoin, membre associée au CERIUM, chargée des questions de Francophonie internationale et professeure invitée au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal.


Jean-Pierre Raffarin nous annonce que le président Nicolas Sarkozy profiterait de son passage à Québec en octobre prochain pour mettre à mal la politique de la France par rapport au Québec. Cette politique, dont un des principaux éléments, énoncé en 1977 par le ministre de la Justice de l’époque et grand ami du Québec, Alain Peyrefitte, s’énonce comme suit : « Non-ingérence et non-indifférence. » Je ne suis pas étonnée que M. Sarkozy songe à la remplacer. Je l’ai rencontré à quelques reprises, dont une fois à la résidence du délégué général du Québec à Paris — du temps de Clément Duhaime — et une autre fois en compagnie de Bernard Landry, alors chef de l’opposition officielle. Il ne nous a pas caché, à chacune de ces occasions, son amitié pour la famille Desmarais et le fait qu’il partageait leur vision de l’histoire et de l’avenir du Québec.

J’ai bien senti qu’il serait difficile sinon impossible de le convaincre de la pertinence de toute autre version, notamment celle des souverainistes québécois. Il m’a tout de même semblé étonnant, au cours de ces conversations, que le futur président de la République ne se pose pas de questions et adopte sans discussion, en bloc, une thèse plutôt que l’autre.

Tous ses prédécesseurs, plus ou moins sympathiques à l’indépendance du Québec, avaient au moins la curiosité de s’informer, de débattre avec leurs interlocuteurs québécois. Ainsi, il est bien connu — et je le sais pour en avoir souvent discuté avec lui — que François Mitterrand n’était pas spontanément favorable à la souveraineté, mais, en revanche, il s’intéressait beaucoup à la culture québécoise en plus d’avoir assuré à Jacques Parizeau qu’il accompagnerait le Québec dans la voie qu’il choisirait.

La vraie surprise vient plutôt du messager de cette nouvelle, Jean-Pierre Raffarin, qui lui, au contraire, nous avait, à Bernard Landry et moi-même, tenu un discours différent, très différent dans la lignée de celui des Raymond Barre, Michel Rocard, Philippe Séguin et Jean-Pierre Chevènement, notamment. On a l’impression, en lisant la dépêche de La Presse canadienne de vendredi dernier, que l’ancien premier ministre et actuel commissaire français des fêtes du 400e accepte sans état d’âme cet éventuel changement, alors que l’on aurait pu penser qu’il défendrait auprès du président Sarkozy les raisons et les bénéfices pour la France et le Québec de l’actuelle politique.

Venons-en au fond de la question.

Cette politique non partisane, faut-il le souligner, a été acceptée et reprise comme telle autant par les libéraux du Québec, de Robert Bourassa à Jean Charest, que par la gauche en France, de François Mitterrand à Ségolène Royal. Jamais l’actuel premier ministre du Québec, qui se rend souvent en France et qui accueillera en 2008 son homologue François Fillon ainsi que Nicolas Sarkozy, n’a-t-il publiquement, et j’imagine privément, exigé quelque changement que ce soit à cette politique bien établie. Pas plus que le chef de l’ADQ Mario Dumont, reçu in extremis récemment par le premier ministre français.

Si tous les partis politiques au Québec et en France s’en accommodent, c’est qu’elle a des vertus et que, derrière les mots, il y a une réalité. Toutes les avancées du Québec sur la scène internationale sont dues à l’appui de la France. À commencer par notre présence en Francophonie. Si Georges Pompidou, dans un premier temps, et François Mitterrand, dans un second temps, n’avaient pas appuyé les demandes du Québec pour devenir gouvernement participant de l’Agence de coopération des pays francophones et ensuite membre de plein droit du Sommet de la Francophonie, jamais nous ne nous serions retrouvés dans cette enceinte où siègent avec nous 54 autres pays et territoires.

Si Lionel Jospin, en 1998, n’avait pas accepté de signer avec Lucien Bouchard un procès-verbal créant le groupe de travail France-Québec sur la diversité culturelle, le Québec n’aurait jamais, au grand jamais, pu jouer sur la scène internationale le rôle de leader qu’il a réussi à jouer dans un dossier de ce type, une question qui relève carrément de la politique étrangère et non pas de la paradiplomatie réservée aux États fédérés et aux nations sans État.

Enfin — ironie de l’histoire —, cette politique a permis à M. Raffarin d’inviter le Québec, en 2004, malgré les protestations véhémentes de la Gazette, du National Post et du Globe and Mail, à se joindre à la France dans le cadre d’une mission conjointe au Mexique : pour la première fois, la France et le Québec se déplaçaient ensemble, au plus haut niveau, dans un pays tiers.

Que signifierait un changement de cette politique dans le sens procanadien annoncé ? Messieurs Raffarin et Charest promettaient, par exemple, en 2004, d’autres missions en pays tiers. François Fillon pourra-t-il, dans une telle perspective, donner suite à cette promesse ? Qu’un président de la République veuille imprimer « sa » marque en inventant, à la limite, sa propre petite phrase, soit ; mais le premier ministre Charest a le devoir de lui rappeler pendant qu’il est encore temps que, comme le disent les anglophones, « if it ain’t broke, don’t fix it » ! Pour paraphraser Sully Prudhomme, « elle n’est pas brisée, n’y touchez pas ».

Pourquoi la France se mettrait-elle à dos une bonne partie de ceux qui, au Québec, de toutes les couleurs politiques, animent cette relation unique au monde, et ce, dans tous les secteurs, alors que personne, ni ici ni en France, ne demande de changement ? La rupture pour la rupture ? Alors que le Québec fête l’arrivée de Samuel de Champlain et la naissance de la Nouvelle-France, le moment de l’annonce de cette mise à sac serait bien mal choisi.

Trouvé sur le site de DLR !

par le Citoyen Thimèle publié dans : Langue française et Francophonie
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 20 avril 2008

Dans son édition datée du 14 avril, le Daily Mail révèle le contenu d'un courriel confidentiel (publié ci-dessous en intégralité) qui aurait été adressé par une diplomate britannique à Dublin, dans lequel on constate, selon le journal, que "le gouvernement irlandais a élaboré un plan destiné à tromper les électeurs lors de la prochaine consultation référendaire sur le Traité européen". Le message de la diplomate indiquerait en particulier qu'il faut ménager les craintes irlandaises sur la future Europe de la Défense qui menace la neutralité du pays, en organisant le référendum le plus tôt possible car, écrit-elle, "Sarkozy est complètement imprévisible", faisant allusion à la future présidence française de l'Union européenne. Le memo diplomatique indiquerait également que la Commission entendait bien "minimiser ou reporter les messages qui pourraient être contreproductifs" pour le "oui" irlandais. Il faut précipiter l'organisation du référendum en pariant sur le fait que "la plupart des gens n'auront pas le temps d'étudier le texte et suivront alors les recommandations des politiciens en qui ils ont confiance"...




"THE TREATY  CON"

by John Lee and Michael Lea
 

Le gouvernement a élaboré un plan destiné à tromper les électeurs lors de la prochaine consultation référendaire sur le Traité européen. C'est ce que révèle aujourd'hui le Daily Mail. Un courriel vient en effet d'être rendu public, qui montre comment les ministres préparent une campagne délibérée de désinformation afin de faire gagner le "oui" au Traité de Lisbonne lors du vote référendaire imposé par la Constitution.

Le Ministre des Affaires étrangères, Dermot Ahern, a même reçu personnellement l'assurance que la Commission de Bruxelles nuancerait ou reporterait toute annonce qui pourrait être "contreproductive" pour le "oui"...

Plus grave, le courriel révèle que les ministres ont refusé que le référendum ait lieu en octobre, ce qui aurait un choix plus pertinent sur le plan de la procédure, parce qu'ils craignaient des "développements contreproductifs" au cours de la Présidence française de l'Union, en particulier en ce qui concerne la défense européenne. Voilà qui soulève de graves inquiétudes sur le fait que la neutralité militaire inscrite dans la Constitution irlandaise soit gravement affaiblie par le Traité - nouvelle version de la défunte constitution européenne.

Ce mémo a été envoyé au gouvernement britannique par Elizabeth Green, une diplomate britannique de haut rang à Dublin, à la suite d'une réunion avec Dan Mulhall, haut responsable du Ministère irlandais des affaires étrangères. L'objet de ce courriel était d'informer Londres des efforts du gouvernement irlandais afin d'assurer un vote "oui" au référendum. 

L'Irlande est le seul Etat membre de l'Union européenne qui autorise ses électeurs à donner leur avis sur le Traité et les chefs d'Etats sont visiblement terrifiés à l'idée qu'ils puissent le rejeter.

Ceux qui font campagne pour le "non" mettent en garde contre un Traité qui pourrait mettre fin au pouvoir de l'Irlande de décider de sa politique fiscale comme de sa politique sociale. Toutefois, l'aspect le plus controversé est la possibilité d'avancées dans le concept "d'armée européenne" qui violerait le principe de neutralité qui est un des principes fondateurs de l'Etat. La France a particulièrement à cœur de faire avancer l'idée d'une force armée européenne, que ses opposants craignent de voir passer à l'action malgré l'opposition de l'Irlande, en raison du système de vote à la majorité qualifiée au Conseil [clause passerelle de l'art 48, NDLR].

Des craintes ont déjà été exprimées sur le sort des soldats de la paix irlandais envoyé au Tchad qui pourraient être impliqués dans les objectifs politiques et militaires français dans la région. Le courriel qui a fait l'objet de cette fuite admet que c'est l'un des problèmes que l'on doit se garder de soumettre aux électeurs, et que le risque de voir les Français d'exprimer sur ce sujet rendait impossible la tenue du référendum à l'automne. Il est ainsi rédigé : "Mulhall estime que le choix d'une date en octobre aurait été plus facile sur le plan procédural, mais le risque d'évènements contreproductifs au cours de la Présidence française - en particulier sur la défense européenne - est beaucoup trop élevé. Nicolas Sarkozy est totalement imprévisible." 

Le haut responsable irlandais est également préoccupé par les récentes négociations à l'OMC, qui ont déjà suscité la colère des agriculteurs et qui pourraient décider les électeurs à voter contre le traité. Les agriculteurs et les acteurs de la filière agricole préparent une journée de grève cette semaine pour protester contre les positions prises par le Commissaire européen au commerce international Peter Mandelson. Le courriel indique aussi que Mulhall craint "un accord de l'OMC fondé sur des concessions qui pourraient conduire les puissantes organisations agricoles à retirer leur soutien". 

Toutefois, les ministres du gouvernement fondent leurs espoirs sur le fait que le traité ne peut être lu ou compris par la plupart des électeurs - et qu'en lançant un référendum à court terme, on empêcherait qu'ils le fassent de toute façon : "la plupart des gens n'auront pas le temps d'étudier le texte et suivront alors les recommandations des politiciens en qui ils ont confiance", ajoute-t-il.

Il souligne également que le gouvernement prévoit d'empêcher les électeurs d'analyser les détails, déclarent que "l'objectif est de se concentrer sur les avantages globaux de l'Union européenne plutôt que sur le traité lui même". 

Il poursuit en expliquant les détails de la loi référendaire, qui a été adoptée "après de longues consultations avec les juristes du gouvernements et avec les partis politiques". Toutefois, il admet que la loi est "en grande partie incompréhensible pour le lecteur moyen".

Le message fait référence à des manoeuvres destinées à tromper l'électeur sur la véritable date et indique : "Les irlandais ont choisi le 29 mai mais vont retarder l'annonce de cette date afin de laisser le camp du non dans le flou". "Le Taoiseach (Premier ministre) et Dermot Ahern [Ministre des affaires étrangères, NDLR) ont estimé qu'il y aurait un petit avantage à laisser le camp du Non dans le doute".

La date du 12 juin a été avancée depuis lors, mais il n'est pas clair que ce soit la date définitivement retenue ou si l'option du 29 mai est toujours en réserve afin de déstabiliser la campagne du "non".

Le courriel ajoute que la Commission européenne faisait de son mieux pour éviter de diffuser de mauvaises nouvelles auprès des électeurs irlandais et que M. Mulhall estimait que d'autres institutions - y compris la Commission - jouaient le jeu et jouent un profil bas. 

Il ajoute que durant son voyage à Dublin, la Vice Présidente de la Commission Margot Wallstrom a indiqué à Dermot Ahern que "la Commission voulait minimiser ou reporter les messages qui pourraient être contreproductifs". 

Le message souligne que "Mulhall a remarqué que les médias ont été relativement calmes jusqu'à présent sur le processus de ratification". 

Un porte parole du gouvernement a refusé  de commenter cette fuite lors d'une réunion, hier soir, en déclarant : "La date a été fixée par le Taoiseach, il n'y a aucun changement".

DAILY MAIL, Ireland, 14 avril

Traduit de l'anglais par l'Observatoire de l'Europe


Memo envoyé au gouvernement britannique par Elizabeth Green, diplomate britannique à Dublin, à la suite d'une réunion avec Dan Mulhall, haut responsable du Ministère irlandais des affaires étrangères

Irish have picked May 29 for voting but will delay an announcement to keep the no camp guessing (please protect). DFA's EU director gives us referendum timetable and details of the bill, to be published next week. Aim is to focus the campaign on overall benefits of EU rather than the treaty itself. Concern about the potential impact of a WTO deal and of Sarkozy.

The draft, largely incomprehensible to the lay reader, had been agreed following lengthy consultation with government lawyers and with the political parties.

The bill would enter parliament in the second week of April and it would probably take two weeks to go through and be passed around 22 April. The minister for the environment would thus be entitled to set an order naming the date for the referendum between 30 to 90 days of the order being made. Technically, the Taoiseach and Ahern saw a slight advantage in keeping the no campaign guessing. 29 May was the assumed date in working plans.

Mulhall said a date in October would have been easier from a procedural point of view. But the risk of unhelpful developments during the French presidency - particularly related to EU defence - were just too great. Sarkozy was completely unpredictable. The only other unhelpful event the Irish thought might impact on the May vote would be a WTO deal based on agricultural concessions that could lead the powerful farming association to withdraw its support.

I ran through the UK parliamentary ratification timetable and noted that the refernedum vote on 5 March would be a particularly sensitive moment. Mulhall remarked that the media had been relatively quiet on the ratification process so far. We would need to remain in close touch given the media crossover.

Mulhall said other partners - including the Commission - were playing a helpful, low-profile role. Vice-president Margot Wallstrom, who had been in Dublin yesterday and today, had told Dermot Ahern that the Commission was willing to tone down or delay messages that might be unhelpful.

??? ??? ???...so Irish thought treaty was taken for granted...... David Miliband not going

Most people would not have time to study the text and would go with the politicians they trusted.

par le Citoyen Thimèle publié dans : International
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 19 avril 2008
Interrogée le 13 avril, au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, sur l'éventualité de voir la Sécurité sociale se désengager de secteurs entiers de soins - comme l'optique – et de laisser leur prise en charge aux assurances privées ou aux mutuelles complémentaires, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a répondu affirmativement , en précisant :

« La question est posée. On constate que les cotisations sociales que paient les organismes complémentaires ont certes augmenté de 30% dans les dix dernières années, mais (on constate aussi) que dans les quatre ans qui viennent de s'écouler la marge bénéficiaire (...) a pratiquement doublé à périmètre de prise en charge égal. Donc il y a des marges de manœuvre. Je mets, pour faire basculer des dépenses de santé vers les organismes complémentaires, un certain nombre de conditions (...) D'abord les mettre en concurrence » .

Le 4 avril, le PS réagit vivement, par la voix de Jean-Marie Le Guen, député de Paris, qui condamne sur RTL ce possible désengagement de la Sécurité sociale en ces termes : « C'est une privatisation annoncée, c'est un transfert sur les familles parce qu'évidemment personne ne peut croire une seconde que devant ces charges nouvelles, les organismes complémentaires, mutuelles ou assurances, n'augmenteront pas leurs cotisations. Cette mesure, qui est évidemment supportable pour des familles qui ont de très hauts niveaux (de revenus), est totalement insupportable pour des familles qui ont plusieurs enfants et qui ont des vrais problèmes de pouvoir d'achat. C'est un reniement de la parole donnée par le pouvoir, une inconséquence sociale, et puis une absence d'imagination et de générosité ».

De son côté, Pascal Terrasse, secrétaire national du PS à la Santé, a publié un communiqué pour dénoncer « la droite (qui) cherche à faire des économies au détriment de la santé des Français, alors que 14% de la population renonce déjà à se soigner pour des raisons financières. Les franchises médicales étaient le hors-d'oeuvre, nous sommes passés au plat principal avec la fin de la Sécurité Sociale pour tous », accuse-t-il.

Les critiques du Parti Socialiste contre ce « ballon d’essai » envoyé par Roselyne Bachelot sont parfaitement justifiées. La mesure de désengagement envisagée n’est que la énième d’une longue liste de mesures de déremboursements décidées depuis maintenant plusieurs années. Toutes ces mesures s’inscrivent dans le droit fil d’une politique dont la logique finale est bel et bien le démantèlement des acquis de la Libération, la privatisation rampante de la Sécurité sociale et une santé à plusieurs vitesses selon que l'on sera riche ou pauvre. Le tout pour singer le « modèle américain », dont le mauvais fonctionnement et les injustices criantes sont pourtant continuellement dénoncées outre-Atlantique.

Mais les critiques du PS sont aussi d’une parfaite hypocrisie. Car le nouveau démantèlement envisagé par le gouvernement n'est pas sorti tel quel du cerveau de Mme Bachelot. Comme la plupart des grandes décisions prises désormais dans notre pays, il n'est que la mise en œuvre des « Grandes Orientations des Politiques Economiques » (GOPE) décidées par la Commission européenne depuis de nombreuses années pour chacun des pays de l’Union.

S’agissant de la France, ces grands choix stratégiques ont été décidés par M. Klaus Regling, fonctionnaire allemand, à l’époque directeur général des affaires économiques à la Commission européenne, qui est sans doute l’une des personnes qui a eu, depuis 5 ans, le plus de pouvoir pour fixer la politique économique et sociale de la France.

Avec les fonctionnaires de sa direction, il est en effet l’auteur des « Recommandations spécifiques à la France » faites par la Commission dans son Rapport COM (2003) du 8 avril 2003 concernant les Grandes orientations des politiques économiques des Etats-membres (période 2003-2005).

 Cette politique, qui doit être appliquée par tous les gouvernements français, qu'ils soient « de droite » ou « de gauche » se décline en de nombreuses têtes de chapitre, parmi lesquelles :

    1. abaisser le déficit public sous la barre de 3 % du PIB,

    2. réduire le coût de la main d’œuvre, notamment pour les bas salaires, (c'est-à-dire remettre en cause les minimums sociaux, développer les emplois à temps partiel),

    3. réformer le marché du travail en « simplifiant » la protection de l’emploi et en imposant des schémas d’emploi et de carrière «plus flexibles», (en termes clairs, cela signifie démanteler le droit du travail, développer les empois précaires de type CNE, CPE, etc.),

    4. réformer complètement notre système de retraite, (en termes clairs, la Commission européenne exige que la France allonge les durées de cotisation et supprime les régimes spéciaux),

    5. élever l’âge effectif de la retraite,

    6. enrayer la spirale des dépenses dans le secteur de la santé, (en termes clairs, la Commission européenne demande que la France procède à des déremboursements graduels mais de plus en plus importants et au basculement vers des systèmes privés à chaque fois que cela est possible),

    7. mettre en concurrence les marchés de l’énergie, notamment du gaz et de l’électricité.

    Voilà comment nous troquons notre protection sociale, sur injonction d'un fonctionnaire de la Commission européenne, pour un système prétendument libéral en déconfiture.

La mesure envisagée par Mme Bachelot n’est donc que l'un des points d’application de cette politique exigée par la Commission européenne.

S'ils étaient au pouvoir, les socialistes feraient donc exactement la même politique que Mme Bachelot, à quelques artifices de présentation près. Les Français ont d’ailleurs pu s’en apercevoir puisqu’ils ont constaté que, droite ou gauche, c'est désormais la même chose. Les choses ne changeront donc vraiment que le jour où le gouvernement français renverra sa copie à la Commission européenne en annonçant que les Français sont un peuple majeur et libre de ses choix macro-économiques. Et ce jour-là n’arrivera que lorsque la France aura décidé, enfin, de se sortir de la « construction européenne » qui détruit notre République dans ses fondements.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Vendredi 18 avril 2008

 


150 000 jeunes qui sortent chaque année sans diplôme du système scolaire, une crise du logement sans précédent depuis les années 1950, des inégalités qui se creusent de façon dramatique, des enjeux environnementaux colossaux, le défi démographique, l’innovation et la croissance à la traîne... Dans un tel contexte, chercher à accroître l’efficacité de l’action publique, c’est mieux mettre en œuvre les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Cela exige que la satisfaction des besoins essentiels soit reconnue comme un droit fondamental. Cela implique le choix d’une société solidaire, la maîtrise des biens communs et l’activité efficace de Services publics indispensables au développement économique, social et culturel. Face à la montée des inégalités, ils sont garants de l’exercice effectif des droits.

L’intérêt général a besoin de personnels dont la qualification soit reconnue, présents sur tout le territoire et non de salariés interchangeables et corvéables à merci ; de solidarité et non de concurrence ; de stabilité et non de précarité ; de sens des responsabilités et non de docilité ; d’indépendance et non de soumission aux intérêts particuliers. Toutes choses que le statut des fonctionnaires, mis en œuvre depuis la Libération, a contribué à réaliser.

Mais ce n’est pas du tout ce à quoi nous assistons actuellement : de fusion en restructuration, d’externalisation en privatisation et de flexibilité en précarité, une vaste opération de destruction des fondements du Service public et de la Fonction publique s’accélère sous nos yeux. La « Révision générale des politiques publiques » (RGPP) est le plus récent développement de cette campagne dirigée par le gouvernement, encouragée par le patronat et menée par des cabinets privés. Elle s’attaque frontalement à l’ensemble de la Fonction publique d’État, Territoriale et Hospitalière. Comme déjà dans d’autres secteurs (Poste, EDF, télécommunications, transports...), cela signifie la détérioration organisée des services rendus au public, ouvrant la voie à la privatisation des activités les plus profitables, à la disparition de nombreuses autres.

Contrairement à ce qu’il prétend, le Président de la République n’a reçu aucun mandat pour remettre en cause ces acquis essentiels. Avec son gouvernement, il considère l’action publique comme une dépense, jamais comme une source de richesse. Creusant les déficits par sa politique fiscale, il veut réduire au maximum les dépenses d’intérêt général dans les secteurs de la famille, du logement, de la santé, de la solidarité, de l’emploi formation. Il refuse de répondre par des créations d’emploi à la situation critique de l’hôpital public. Il programme de nouvelles coupes claires dans les effectifs de fonctionnaires de l’État (160 000 suppressions en quatre ans). Il décharge l’État de nombreuses missions en les renvoyant vers les collectivités territoriales sans pour autant leur donner les moyens de développer de vrais services publics locaux et démocratiques, programmant le corsetage de l’emploi public territorial.

Comme l’a clairement résumé le Premier ministre le 10 octobre 2007 « La réforme de l’État supposera que chacun d’entre nous accepte qu’il y ait moins de services, moins de personnel, moins d’État sur son territoire. »

Nous ne l’acceptons pas !

Aux côtés des usagers, agents, élus, qui se battent quotidiennement pour le maintien et l’amélioration de services publics de proximité :

Nous sommes partisans d’une modernisation de la Fonction publique en réponse à l’évolut