Violence dans les banlieues et Indigènes de la
République
Les Indigènes de la République ont organisé ce samedi 21 octobre 2006 le Parlement de l’anticolonialisme et contre le racisme
Dans leur affiche, les Indigènes de la République annoncent l’organisation de ce parlement avec le message suivant : « Un an avant la prochaine révolte des quartiers
populaires ».
La méthode de démonstration est connue : la France est coloniale puisqu’elle a des DOM-TOM et la France a été coloniale en Afrique. Conclusion : qui a été sera. La France l’a été, donc elle est
coloniale ; par conséquent tout ce qu’elle fait est colonial.
Si un Etat est jugé colonial, donc étranger, illégitime, la lutte contre lui deviendrait dès lors légitime : c’est le but recherché par ce texte qui vise à faire d’un français vivant sur le sol
de ses ancêtres un colon, un occupant illégitime, une personne à combattre et, si possible, à chasser.
Comment ne pas percevoir que les « émeutes » et « révoltes » de banlieue avec destruction des voitures et des bus, caillassages de pompiers et de policiers, destructions
d’écoles, etc… ne sont que des mises en pratique de cette idéologie qui fait de l’Etat et des Français l’ennemi à abattre ?
Il y avait les actes de guerre civile à travers ces émeutes, pillages, l’appel des indigènes de la République en constitue le justificatif théorique en appelant à « lutter pour la
décolonisation de la République ».
Depuis plus d’un et demi, de nombreuses personnalités ont dénoncé cet appel pour son manque de rigueur sur le plan intellectuel et surtout son caractère idéologique et pyromane.
A titre d’exemple, le journal Marianne a écrit que « Les Indigènes de la République sont une organisation réactionnaire, racialiste, à la rhétorique fascisante »
!
Ce journal a qualifié l’appel des Indigènes de « monstre enfanté par une d'une gauche réac, antirépublicaine, cléricale, antilaïque, communautariste et ethniciste ». Cet appel
selon le journal Marianne est un « texte inouï, angoissant, parfois dément, paranoïaque et témoigne d'une régression absolue ». ( N° 410 Semaine du 26 février 2005 au 04 mars
2005)
Le journal Marianne écrit également : « Ces dernières semaines, on a découvert en France un texte qui est l'équivalent intellectuel de la bombe à neutrons. Intitulé « Nous sommes
les indigènes de la République », ce texte fait voler les idées en éclats. Partant d'une lecture caricaturale de l'histoire et du monde contemporain, il assimile la France d'aujourd'hui à la
France coloniale d'hier, et transforme les Français d'origine immigrée en clones des colonisés d'hier, voire des esclaves de jadis ».
Le journal Marianne ajoute : « Ne nous y trompons pas : cette rhétorique folle, aussi réactionnaire et régressive qu'elle soit, fascisante par certains aspects, parce que simpliste
et manichéenne, a un véritable impact sur certaines populations ainsi encouragées à rejeter, tout à la fois, République, laïcité, démocratie pluraliste et solidarité citoyenne ».
J’ai également relevé les commentaires suivants :
Sophie ERNST, philosophe, chargée d'études en philosophie de l'éducation à l'Institut national de recherche pédagogique
Dans Libération du lundi 28 novembre 2005, Sophie Ernst analyse les causes psychologiques de l'activisme destructeur de certains jeunes des cités. « Les études
révèlent, écrit-elle, des êtres qui sont moins intrinsèquement violents que perturbés et gravement immatures au sens où ils n'ont pas intégré des apprentissages minimaux de maîtrise de
l'émotivité, de l'impulsivité et ne sont pas à même de se poser comme sujets si peu que ce soit autonomes. »
Projeter sur l'univers de cette « jeunesse déjantée » le discours « simpliste, manichéen, victimiste et vindicatif qui consiste à présenter tout ex-colonisé comme un indigène de la
République victime du néocolonialisme républicain » a provoqué des dégâts terrifiants.
Leïla Babès, Professeur de sociologie des religions à Université Catholique de Lille
Se proclamant " indigènes de la République", ils réclament des "assises de l'anticolonialisme"
L'appel des "indigènes" n'a pas tardé à susciter des réactions qui traduisent la diversité des sensibilités, au sein même des "descendants de colonisés". Raillant la naissance
d'" une nouvelle identité, le conglomérat des immigrés de père en fils", la sociologue Leïla Babès s'inquiète de ce que ce texte "confus" fait passer les "Maghrébins
laïques" pour des "collaborateurs" de la République néocoloniale", des "Arabes de service", et des "sionistes". De son côté, le site Primo Europe, spécialisé dans la
dénonciation de l'antisémitisme, pointe le recours à la "culpabilisation" par "les islamogauchistes", qui fait de chaque Français "un colon même chez lui".
Source : Des "enfants de colonisés" revendiquent leur histoire, LE MONDE, 21.02.05
Benjamin Stora spécialiste de la colonisation algérienne, est aussi le seul professeur d'histoire du Maghreb des universités françaises
(Inalco, Paris). Dernier ouvrage paru : « les Mots de la guerre »
Le Nouvel Observateur. -Que signifie selon vous cette exhumation des souffrances du passé colonial ?
Benjamin Stora. «Ce qui se joue ici est fondamental, c'est l'entrée en politique de toute une génération de « nouveaux Français ».(…) Maintenant, des centaines de milliers de jeunes
sont en train de se politiser en référence à l'histoire de la colonisation. (..) Quand les jeunes s'imaginent vivre dans une société coloniale, ils se trompent. Nous ne sommes pas dans une
reproduction de l'histoire à l'identique.(…) il faut le leur expliquer ; il faut leur apprendre cette histoire complexe d'une France double, celle qui émancipe et celle qui opprime. Au lieu
de cela, les auteurs de l'appel des Indigènes se contentent d'agiter des stéréotypes. ».
Source : Nouvel Observateur, « Une génération entre en politique » Semaine du jeudi 8 décembre 2005 - n°2144
Max Gallo, agrégé d'histoire, docteur en lettres, a enseigné longtemps avant d'entrer dans le journalisme et d'occuper d'éminentes fonctions
politiques comme Secrétaire d'Etat, porte-parole du gouvernement Mauroy en 1983-1984. Il est également l'auteur de biographies de grands personnages historiques comme celles de De Gaule, César,
Victor Hugo ou Napoléon dont le livre a été publié en quatre tomes et vendu à plus de 800 000 exemplaires.
« Le procès fait à la colonisation n’est qu’un levier pour discriminer en fonction des origines ethniques et constituer des communautés hostiles à la République en
fonction d’un passé colonial qui expliquerait les inégalités existantes entre les citoyens français.
! Et c’est à travers ce prisme le péché historique de la colonisation — ou de l’esclavage — qu’on va juger la France d’aujourd’hui. C’est ce qu’affirment explicitement ceux qui se sont
regroupés dans une association qui s’intitule « Les indigènes de la République ».
Source : Colonisation : la tentation de la pénitence samedi 3 décembre 2005, revue Républicaine
Pascal Bruckner, écrivain français, a enseigné à l'Université de San Diego et de New York, puis à l'Institut d'études politiques de Paris. Il collabore à
l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur. et publie des romans et des essais: «La Tentation de l'innocence» (Prix Médicis de l'essai 1995), , «Les voleurs de beauté» (Prix Renaudot 1997),
« Entendre aujourd'hui, en 2005, que la France vit une « fracture coloniale », voire reste une puissance coloniale sur son propre territoire et occupe les banlieues à la manière d'une
armée étrangère, laisse pantois. Lire sous la plume d'intellectuels responsables ou de sociologues chevronnés que les « indigènes de la République » continuent à Clichy-sous-Bois ou aux
Minguettes le même combat qu'à Diên Biên Phu ou dans les Aurès est d'une niaiserie abyssale. »
Source : Le Nouvel Observateur, Semaine du jeudi 1 décembre 2005 - n°2143 –
Pierre-André Taguieff, philosophe et sociologue français, est directeur de recherche au Centre d'étude de la vie politique française à Paris
et travaille au Centre national de la recherche scientifique sur des sujets qui touchent à la bioéthique, à l'eugénisme et au nationalisme. Ses thèmes de recherches sont ceux qui soulèvent des
polémiques entre intellectuels de droite et de gauche et dont il débusque les ambiguïtés. Il a notamment publié «La force du préjugé», «Les protocoles des sages de Sion: un faux et ses usages
dans le siècle», «L'effacement de l'avenir», «La nouvelle judéophobie», «L'Illusion populiste», «Le sens du progrès», «Prêcheurs de haine», «La Foire aux Illuminés. Esotérisme, théorie du
complot, extrémisme».
« Dans un nouvel essai, le philosophe traque les mots qui sapent la démocratie en s'attaquant à ses faiblesses.Il n'est que de lire le texte de la pétition des « indigènes
de la République » parue récemment dans le Monde pour le suivre dans son questionnement : ce manifeste d'une violence inouïe enferme les individus dans leur appartenance et revisite les manuels
d'histoire d'une façon plus que douteuse.».
Source : Marianne, « l'érudit de la tolérance », N° 412 Semaine du 12 mars 2005 au 18 mars 2005
Jean Daniel, journaliste et écrivain français, il entre en 1955 dans l'équipe de l'hebdomadaire L'Express, fondé par Jean-Jacques
Servan-Schreiber et Françoise Giroud, et en sera le rédacteur en chef. Il quitte L'Express pour créer et diriger Le Nouvel Observateur. Il a écrit une douzaine d'ouvrages, dont un roman
(«L'erreur»), des essais, des nouvelles.
«Cela me conduit à parler d’un texte tout simplement stupéfiant.
(..) Mais, bien plus, les auteurs de ce texte pensent que, «sous les drapeaux de la citoyenneté, de la laïcité, du féminisme», une offensive réactionnaire produit des ravages dans la société
française, «comme une gangrène». (. ;) . Ce mouvement ne s’annonce pas comme le legs de notre anticolonialisme mais comme une monstrueuse caricature, et ce n’est pas un hasard si l’on y
trouve la signature de Tariq Ramadan, qui, avec cohérence, entend féconder la République par sa conception de l’islam. Il se peut aussi que, comme le disent les auteurs, la mentalité colonialiste
ne soit plus le monopole de l’extrême-droite, mais je veux leur répondre que le populisme, lui, est resté d’extrême droite même quand il entend exprimer les «damnés de la France».
Source : Le Nouvel Observateur, Editorial «Les damnés de la République», Semaine du jeudi 10 mars 2005 - n°2105
Jean Birnbaum, journaliste (Le Monde)
« Cela ressemble à une lame de fond. Plus de vingt ans après la "Marche pour l'égalité et contre le racisme", le débat sur les discriminations à l'égard des Français issus
de l'immigration tend à changer de nature : désormais, la polémique porte essentiellement sur la pérennité (réelle ou supposée) de l'esprit colonial au coeur de notre société. Selon des enjeux et
des rythmes contrastés, cette querelle touche à présent de multiples scènes, politiques et militantes aussi bien qu'intellectuelles et universitaires. "Nous sommes les indigènes de la
République", proclamait en janvier un appel qui a semé la zizanie au sein de la gauche radicale (féministe, syndicale et antiraciste). Se réclamant des "descendants d'esclaves et de déportés
africains, filles et fils de colonisés et d'immigrés", ce texte controversé développait l'idée selon laquelle la France serait demeurée, jusqu'à aujourd'hui, une société foncièrement coloniale
(Le Monde du 22 février).
En attendant que des travaux au long cours soient publiés sur l'ensemble de ces questions (plusieurs jeunes chercheurs viennent de soutenir des thèses sur des sujets afférents), on admettra
que l'idée d'un continuum de principe entre le passé colonial et les réalités présentes, s'apparente davantage, pour le moment, à un mot d'ordre mobilisateur qu'à un argument fondé sur de
véritables acquis scientifiques. »
Source : « Spectres coloniaux », LE MONDE DES LIVRES, 22.09.05
Jean Birnbaum, journaliste (Le Monde)
« Dans son livre Le Voile médiatique, en effet, Tevanian focalise toute son attention sur la seule "affaire du voile", pour affirmer qu'elle a été montée de toutes pièces
par les pouvoirs médiatico-politiques (…) Où l'on retrouve à nouveau la rhétorique "postcoloniale" qui, le plus souvent, ne relève encore que de la simple pétition de principe à visée militante,
mais qui n'en constituera sans doute pas moins l'un des grands enjeux des confrontations à venir. »
Source : « Du jeune musulman comme "indigène" de la République », LE MONDE DES LIVRES, 22.09.05.
Marianne
« Un mythe qui brûle très bien. Pierre Tevanian est l'un des idéologues de la mouvance dite des « Indigènes de la République ». On lui doit notamment cette forte pensée,
reprise dans un long texte publié par le site oumma.com : « Le problème de l'insécurité est bel et bien un mythe. » Disons que c'est un mythe qui est parfois explosif, et qui brûle très
bien »
Source : Marianne N° 447 Semaine du 12 novembre 2005 au 18 novembre 2005
« Le voile, emblème du féminisme : Tous les défenseurs de la laïcité, dont Marianne, sont des « antiféministes », puisqu'ils sont hostiles au port du voile islamique
à l'école. De qui, cette connerie ? De Pierre Tevanian, chouchou du journal le Monde et auteur d'un livre, violemment antilaïc, consacré à cette question, dans une interview au site islamiste
imam.com ! Qu'en pense Ni putes ni soumises ? »
Source : Marianne N° 455 Semaine du 07 janvier 2006 au 13 janvier 2006
Jack Dion, directeur adjoint de la réaction de Marianne
« Après avoir réussi l'exploit de publier un sondage qui devait prouver la popularité des thèses du Front national (et qui ne prouvait rien du tout), le Monde est revenu à
la charge pour enfoncer le clou d'une prétendue « lepénisation des esprits ». Le quotidien a consacré une page à une comparaison entre certaines des propositions du FN et les mesures prises par
le gouvernement, le tout agrémenté d'une interview de Pierre Tevanian, auteur du Dictionnaire de la lepénisation des esprits. (..)
Mais le clou du spectacle, si l'on ose dire, reste l'interview de Pierre Tevanian, connu par ailleurs pour sa mobilisation en faveur du voile islamique à l'école. A en croire ce professeur de
philosophie, qui ne s'est toujours pas remis du passage de Jean-Pierre Chevènement au ministère de l'Intérieur, « nous assistons à une libération de la parole raciste, qui n'est que l'expression
plus franche d'un racisme latent ». Qu'il y ait des paroles et des actes racistes, c'est vrai, et condamnable. De là à en conclure à une « lepénisation des esprits », il y a un pas qu'une simple
analyse du récent sondage du Monde infirme absolument. ».
Source : Le piège de la "lepénisation des esprits", Marianne N° 455 Semaine du 07 janvier 2006 au 13 janvier 2006
A vous la parole