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Mercredi 31 janvier 2007

Par Skander Houidi

 

Un sondage récemment effectué au Royaume-Uni tendrait à prouver que les jeunes de confession musulmane sont plus enclins à répondre aux sirènes de l’islamisme que leurs aînés.


Sous le titre « Vivre à part ensemble : les musulmans britanniques et le paradoxe du multiculturalisme », l’étude du think tank « Policy exchange » est formelle : les thèses fondamentalistes progressent chez les jeunes britanniques de confession musulmane. Le sondage effectué par téléphone et par internet auprès d’un millier de musulmans révèle que 37% des 16-24 ans sont favorables à la Charia ; c’est-à-dire vivre sous la chape de plomb de la loi islamique, comme c’est le cas aujourd’hui dans plusieurs pays du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Iran), ainsi que dans certains Etats africains (Soudan, provinces du nord du Nigéria). Le chiffre diminue de moitié (17%) pour les plus de 55%.

Autres chiffres encore plus effarants, 74% des jeunes de cette tranche d’âge affirment préférer que les femmes, de leur obédience, portent le voile en public, tandis que  13% déclarent « admirer des organisations comme Al-Qaïda qui sont prêtes à combattre l’Occident ». Où se situe la part de provocation dans cette réponse ?

Lorsque l’on égrène différentes questions, du type « Est-ce que l’apostasie devrait être punie de mort », « L’homosexualité devrait-elle être déclarée illégale ? » ou « Est-ce que la Charia devrait être amendée ? », invariablement, les 16-24 ans apparaissent comme plus conservateurs que leurs aînés.

Le « Londonistan » a beau avoir été vidé de ses prédicateurs à la suite des attentats de Londres (juillet 2005), les thèses islamistes ont largement eu le temps d’essaimer dans les esprits de la jeune génération. D’autant plus que leur connaissance du monde arabo-musulman semble superficielle : alors que les questions de politique étrangère font partie, disent-ils, de leurs préoccupations majeures, seuls 9% sont capables de nommer le Président de l’Autorité palestinienne.

Ces résultats viennent pointer les échecs de la politique multiculturelle tant vantée par certains – y compris en France –, menée par les gouvernements britanniques successifs depuis les années 80. D’après les auteurs de l’étude, en « soulign(ant) la différence aux dépens d’une identité nationale partagée et en divis(ant) les personnes en fonction de lignes de fracture  ethniques, religieuses et culturelles », le multiculturalisme a favorisé « l’émergence d’une forte identité islamique en Grande-Bretagne ».



Les politiques multiculturalistes (ou communautaristes) ont montrés leur limite. Quand une société cherche à exalter les différences religieuses et culturelles entre les individus, elle génère toujours le repli sur soi, l'intégrisme, et pour finir l'éclatement de cette société. Regardez ce qui se passe au Liban et en Irak !

A l'inverse une société laïque est une société qui cherche à rassembler au-delà des différences des individus, sans pour autant renier ces dernières.

Une société humaine doit pointer le doigt sur ce qui nous rassemble, pas sur ce qui nous différencie. C'est toute la philosophie laïque.

Le Royaume-Uni montre donc jour après jour les résultats très inquiétants de sa politique. Et dire qu'il y en a en France qui y voit un modèle !

Vive la laïcité, plus que jamais !

par le Citoyen Thimèle publié dans : International
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Mardi 30 janvier 2007
Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, a appelé dimanche « tous les Français qui ont voté non » à la Constitution européenne à « se rassembler » derrière lui. « Je serai le seul candidat républicain du non » au référendum du 29 mai 2005, a-t-il lancé devant les quelque 600 personnes — dont selon lui « un tiers d’anciens chevènementistes » — réunies au gymnase Japy pour un banquet républicain suivi d’un meeting.

« J’appelle tous les Français qui ont voté non [...] à se rassembler derrière moi » et à mettre en échec les « oligarchies » européennes, a-t-il ajouté devant une assistance enthousiaste, agitant des drapeaux tricolores ornés de la croix de Lorraine, et des pancartes proclamant « L’amour de la France ».

Sur une estrade sur fond bleu clair, barrée de son slogan de campagne « Français, reprenez le pouvoir ! », M. Dupont-Aignan, qui a claqué le 13 janvier la porte de l’UMP, a fustigé les candidats UMP et socialiste, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, auxquels il prête l’intention de « bafouer le vote » du 29 mai.

« Ils proposent de recueillir votre suffrage en s’asseyant sur votre suffrage ! », a-t-il lancé.

« Demandons à M. [Jean-Claude] Trichet d’aller prendre sa retraite », a-t-il dit à l’adresse du président de la Banque centrale européenne, affirmant qu’« il faudra consulter les Français pour un retour au franc ».

« Les appels du pied des partis de l’extrême ne m’intéressent pas », a précisé le candidat gaulliste et républicain, qui avait été invité par Bruno Mégret, le jour de son départ de l’UMP, à rejoindre l’Union patriotique de Jean-Marie Le Pen (FN).

Il a dénoncé la « farce démocratique » que constitue à ses yeux la pré-campagne, avec un « duel factice entre une candidate qui ne dit rien sur rien, et un candidat qui promet tout, à tout le monde ».

M. Dupont-Aignan a également égrené des propositions, comme la « renationalisation des autoroutes, d’EDF/GDF » ou encore l’exonération de « toutes charges sociales de la première nouvelle embauche dans les PME et moins de 10 salariés ».

Devant la presse, M. Dupont-Aignan a estimé qu’il y avait « 80% de chances qu’il soit candidat ». « J’ai recueilli 400 promesses signées de parrainages », a-t-il précisé. « Je suis plutôt confiant », mais « ce n’est pas gagné ». Il a estimé son budget de campagne à environ 750 000 euros.


Revue Républicaine

 

Le discours de clôture de Nicolas Dupont-Aignan au Banquet Républicain - 28 janvier 2007

par le Citoyen Thimèle publié dans : Elections 2007
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Mardi 30 janvier 2007


Par l'Union des Républicains Radicaux


Les radicaux soutiennent donc Corinne Lepage lors de cette campagne présidentielle. Cela ne surprendra que les naïfs ou les nostalgiques d’une République figée dans un passé révolu. Or la République n’est pas une nostalgie, ou alors, elle est la nostalgie de l’avenir. Loin de regarder dans le rétroviseur, la République est avant tout une méthode, un outil pour résoudre les problèmes de son temps. Les radicaux ont su avec elle résoudre la question politique au XIXe siècle en imposant le suffrage universel ; ils ont apporté tout au long du XXe siècle des réponses à la question sociale grâce au solidarisme de Léon Bourgeois.

Aujourd’hui, l’un des défis les plus redoutables de notre temps est l’écologie : la République doit là encore être l’outil capable de créer les conditions d’un développement durable. Face aux écologistes intégristes qui ne croient qu’en des mesures autoritaires dont on sait qu’elles pénaliseront les plus pauvres, face aux libéraux persuadés que la toute-puissance du marché peut résoudre le problème de l’épuisement des ressources naturelles, les radicaux sont eux convaincus que seules des méthodes démocratiques et républicaines permettront de mettre en place une société plus respectueuse de la nature. En cela, les radicaux restent fidèles à leur héritage : Michel Crépeau, figure emblématique du radicalisme de gauche, maire exemplaire de La Rochelle, premier ministre de l’Environnement d’un gouvernement de gauche, n’était-il pas finalement un précurseur de l’écologie ? Les radicaux n’ont-ils pas, dès les années 1970, fait figure d’avant-garde en affichant très tôt leurs préoccupations pour l’environnement ? Choisir Lepage, c’est donc prolonger le combat républicain de nos ancêtres radicaux, c’est aussi faire le choix de la fidélité de nos engagements passés, c’est enfin faire vivre l’idée républicaine dans la France de 2007, en la débarassant de cette couche de naphtaline qui la rend inaudible aujourd’hui.

Cela suffirait en soi pour rallier la candidature de Lepage. Mais le spectacle désolant de la pré-campagne ne peut que nous conforter dans notre choix. Les retraits successifs de Fabius et de Chevènement ne laissaient pas, en effet, dans le paysage politique, d’autres candidats plus républicains que Corinne Lepage. A droite Dupont-Aignan, certes sympathique par son courage, campe sur une vision gaulliste de la France et du pouvoir bien peu compatible avec les idéaux radicaux ; par ailleurs, son positionnement à droite ne peut que décourager les républicains de progrès. A gauche, les Verts sont décidément bien peu républicains, qu’il s’agisse de leur fédéralisme européen quasi-théologique ou de leur proposition irréaliste de régularisation systématique des sans-papiers. La gauche dite « anti-libérale » fait, de son côté, des propositions trop peu crédibles pour exercer le pouvoir et s’avère incapable de transformer le Non du 29 mai en un engagement positif et constructif. Quant à Ségolène Royal, ses premiers pas en campagne confirment certaines de nos craintes exprimées lors des primaires PS.

Dans ce désert qui pourrait conduire certains républicains à désespérer et à se retirer sur leur Aventin, la candidature de Corinne Lepage apparaît comme une divine surprise. Voici une écologiste de terrain, loin des discours moralisateurs, avocate réputée et efficace des causes écolos, qui n’hésite pas, tel David contre Goliath, à assigner devant les tribunaux les grands groupes industriels ; voici une femme courageuse qui, bien que née à droite, s’en éloigne, s’apercevant comme le disait Mitterrand que « la droite n’a pas d’idées, seulement des intérêts » ; voici une femme qui s’entoure de talents comme le journaliste André Bercoff ou l’universitaire Jean-Pierre Dupuy et qui sait rester à l’écoute de la société civile ; voici, enfin, une femme qui a compris que l’engagement écologiste ne prenait son sens que dans sa dimension républicaine et laïque.

Bref, tout concourt à ce que les radicaux, tous les radicaux, et au-delà, tous les républicains sincères, rejoignent Corinne Lepage. Célébrons ensemble les noces de l’écologie et de la République : et que vive la « République durable ».

par le Citoyen Thimèle publié dans : Elections 2007
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Lundi 29 janvier 2007


Par Etienne Chouard


Pas question de l’accepter sans référendum !

Quand je pense que Nicolas Sarkozy, ce soi-disant "représentant" des Français, en plus de détruire le droit du travail (avec un CNE qui deviendrait la règle générale, à vie), promet, pour sauver l’Europe, de nous imposer la partie 1 du TCE par voie parlementaire — sans référendum ! — s’il est élu Président, au motif que ce serait une partie faisant consensus, je fais des bonds au plafond :

La partie 1 du TCE est la plus dangereuse de toutes :

c’est la partie 1 qui programme l’irresponsabilité de tous les acteurs politiques (aucun mécanisme de destitution du Parlement, du Conseil des Ministres, du Conseil européen, de la Banque centrale, etc.),

c’est la partie 1 qui scelle l’impuissance des citoyens pour décider de leur sort ou contrôler leurs élus,

c’est la partie 1 qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes avec son misérable droit de pétition (1-47-4),

c’est la partie 1 qui prévoit la dépendance des juges européens (hyper puissants) envers les exécutifs qui les nomment et qu’ils auront pourtant à juger (1-29-2),

c’est la partie 1 qui fait de notre Parlement national un assemblée sans pouvoirs (1-33),

c’est la partie 1 qui nous impose l’indépendance de la Banque centrale et nous prive du droit de battre monnaie au profit .../... des banquiers privés (1-30-3), etc. etc. etc.

Je m’étrangle de tant de félonie impunie.

C’est la partie 1 du TCE qui scelle l’assassinat de la démocratie au profit des banquiers.

Consensus ? Tu parles… Menteur !


Le site d'Etienne Chouard

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale
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Lundi 29 janvier 2007

C'est évidemment passé inapercu. La moindre bourde de Ségolène Royal, la moindre des rumeurs sur elle fait la une. Mais quand Nicolas Sarkozy se révèle, alors là on se tait !


Nicolas Sarkozy a en effet déclaré mercredi, lors d'une rencontre avec des patrons de PME, qu'il entendait s'inspirer du CNE (le contrat nouvelle embauche, grand frère du CPE) pour créer un contrat de travail unique s'il était par malheur élu président. Le CNE, réservé aux entreprises de moins de 20 salariés et qui prévoit une période d'essai de deux ans, est qualifié de "progrès" par Sarkozy, et déclare qu'"il ne faut pas y toucher". "Je garderai l'intérim et les contrats de projet (...) mais le contrat de travail unique inspiré du CNE est une occasion de simplifier beaucoup le droit du travail français" a affirmé le sinistre-candidat !

Ce que veut donc Sarkozy, c'est purement et simplement la fin d'un droit central dans le monde du travail: que le patron soit obligé de justifier tout licenciement, permettant au salarié de le contester s'il le faut devant les prud'hommes. En quelque sorte ce droit permet au salarié de ne pas être considéré comme un vulgaire kleenex et de pouvoir exercer son travail autrement qu'au jour le jour.


Mais pour Sarko, tous les droits accordés sont une mauvaise chose, et il faut donc faciliter pour l'employeur la possibilité de rompre unilatéralement le contrat de travail et ce SANS AUCUN MOTIF ! Et ce pas seulement pour les jeunes de moins de 26 ans comme le CPE ! Et ce pas seulement pour les salariés des entreprises de moins de 20 salariés comme le CNE ! Et ce pas seulement pendant une période de deux ans comme le CNE et le CPE !


Ca sera pour tout le monde, pour toujours !


La soumission complète de l'employé face à l'employeur, voilà le monde moderne qu'imagine Sarko !


Dans ce monde moderne, le salarié ne bronchera plus au travail, ne se syndiquera pas, ne fera plus grève et fera tout ce que le patron lui demande s'il ne veut pas être licencié. Dans ce monde moderne, le salarié ne pourra plus faire de projet, quel qu'il soit. Il vivra au jour le jour, et au bon vouloir de son patron...


C'est sa manière à Sarko de "réhabiliter l'esclavage le travailleur" comme il dit...


Mais il n'y a heureusement pas de fatalité ! Il y a un moyen facile pour cela : voter !


L'année dernière, un grand mouvement populaire a empêché l'instauration du CPE. Cette année, il faudra un mouvement citoyen encore bien plus grand dans les urnes pour empêcher le retour à la France des Misérables et de Germinal...


Je sais que je peux compter sur vous tous !

par le Citoyen Thimèle publié dans : EDITORIAUX
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Dimanche 28 janvier 2007


Par Annick Cojean



L’invention a fait la « une » des médias de Grande-Bretagne le soir même de sa révélation. Une burqa chirurgicale pour patientes pratiquantes. Bleu vif. Pleine de plis et replis. Et couvrant intégralement le corps, de la tête aux pieds, avec une simple petite fente au niveau des yeux. Un vrai rêve de taliban. La blouse, bizarrement appelée « interconfessionnelle », a immédiatement soulevé maints débats outre-Manche. Certains, dont le journal Islamic Times, ont réagi avec enthousiasme : « Ingénieux ! Le plus sûr moyen de ramener à l’hôpital des femmes musulmanes effarouchées par les usages et la nudité imposés dans les établissements de santé occidentaux. » D’autres, députés, médecins et éditorialistes, ont dénoncé avec affliction « la compromission occidentale » et ce nouveau gage au « politiquement correct ».


À Rotterdam, c’est le projet de création d’un hôpital islamique - le premier en Europe - qui suscite la polémique. Nourriture halal, tours de garde d’imams, départements séparés pour hommes et femmes avec personnel médical du même sexe : toutes les recommandations de l’islam seraient strictement respectées, et l’homme d’affaires néerlandais qui a lancé le projet estime que la niche commerciale est considérable dans un pays comportant 1,7 million d’immigrés non occidentaux et 450 mosquées. Un signe d’ouverture très fort envers la communauté musulmane, se réjouissent certains. « Le choix de l’apartheid », commentent les autres.


Et c’est, semble-t-il, ainsi que réagissent beaucoup de médecins français à l’évocation d’un tel projet. « Une absurdité !, s’offusque le professeur Israël Nisand, chef du service de gynécologie-obstétrique du CHU de Strasbourg. Cela revient à ghettoïser une communauté pour mieux l’abandonner ! Je trouve cela incompatible avec l’idéal républicain. Même s’il arrive à certains collègues médecins de rêver d’être un jour débarrassés des problèmes posés par les patients musulmans. »


Des problèmes en nombre croissant. Religieux. Culturels. Ethiques. Et souvent traumatisants parce que devant être résolus dans l’urgence. Le serment d’Hippocrate en bandoulière. Mais avec un devoir de respect et une obligation de diplomatie devant ce que le patient présente comme « la loi de Dieu ». Le malaise est patent dans de nombreux établissements hospitaliers français. Doublé d’un sentiment d’insatisfaction morale et intellectuelle dans le corps médical.


Il y a d’abord cette violence observée dans certains services de gynécologie obstétrique en région parisienne et dans plusieurs grandes villes. Des maris fondamentalistes refusent que leurs femmes soient examinées, soignées, accouchées par un homme. Ils l’exigent avec vigueur, quitte à mettre en danger leurs épouses et à s’en prendre physiquement au praticien en fonction.


Un incident violent s’est produit en septembre à la maternité de l’hôpital Robert-Debré, à Paris, où le professeur Jean-François Oury, appelé en urgence auprès d’une femme maghrébine sortant d’un accouchement difficile, s’est vu giflé par le mari au motif que l’islam interdisait à un autre homme de toucher sa femme. Condamné à six mois de prison ferme le 24 janvier au tribunal correctionnel de Paris, l’intéressé, un jeune père de 23 ans nommé Fouad Ben Moussa, expliqua qu’il était « stressé » et qu’il s’agissait plus, à ses yeux, « d’une question de pudeur que de religion ». L’avocat du gynécologue frappé, Me Georges Holleaux, abonda dans ce sens : « La religion n’est qu’un mauvais prétexte à un comportement violent », expliqua-t-il, ajoutant que, à ses yeux, « tout amalgame serait extrêmement dangereux ».


Il reste que le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), qui regroupe la majorité des gynécologues français, a noté, depuis trois ou quatre ans, une multiplication d’incidents de nature à perturber l’organisation des maternités. À Lyon, un chef de clinique du service du professeur Raudrant a été un jour menacé par un homme d’origine africaine armé d’un couteau, furieux qu’il ait examiné son épouse.


Près de Grenoble, un mari présent en salle de travail s’est opposé au docteur André Benbassa, directeur médical de la maternité Belledonne, venu aider à l’accouchement de sa femme, qui nécessitait des forceps. À Roubaix, un mari a refusé que sa femme, dont le frottis révélait une anomalie, subisse une colposcopie (examen du col utérin), parce que le seul spécialiste, le docteur Yves Verhaegue, était un homme. D’autres problèmes ont été signalés à Tours, Nice, Montreuil, Créteil, Bondy, Mulhouse, Versailles.


À Strasbourg, le professeur Israël Nisand se dit inquiet de l’augmentation de la « violence verbale » et des cas « d’incivilité, voire de délinquance prenant le prétexte de la religion ». L’agression dont a été victime une assistante sociale de son service a ébranlé le personnel (Le Monde du 28 février 2006) et incité la direction de l’hôpital à installer des caméras. Deux Maghrébins avaient surgi dans le bureau de l’employée, la giflant, lui tapant la tête contre une table en criant : « Ça vous apprendra à vous occuper de nos femmes ! », et la laissant dans le coma, après lui avoir arraché son tee-shirt et écrit « Mohamed » sur son ventre.


Un mari turc à qui la secrétaire du professeur expliquait qu’on ne pouvait garantir que sa femme serait examinée par un médecin femme l’a menacée : « On vous aura ! » Un autre, dont la femme avait un oeil au beurre noir et des traces de brûlures de cigarette sur les bras, s’est emporté contre le praticien : « Je préfère que ma femme meure plutôt qu’un homme la voie ! »


Récemment, raconte encore le professeur Nisand, « j’ai été appelé d’urgence pour délivrer un certificat de virginité à une gamine de 11 ans ! Je me suis récrié ! Mais que de menaces et de coups de pied dans les portes ! » L’accumulation de ces incidents a incité le CNGOF, en octobre 2006, à publier un communiqué alarmiste et à proclamer son souci de « défendre les femmes contre l’intégrisme musulman ».


« Les gynécologues-obstétriciens hommes devront-ils désormais être protégés par la police pour exercer leur métier ? (...) C’est inadmissible dans un pays laïque comme le nôtre, où l’hôpital, s’il permet la liberté de culte, n’a pas à plier son organisation aux pratiques religieuses quelles qu’elles soient. (...) Nous le disons fermement, nous continuerons à avoir des services où les médecins hommes ou femmes apporteront les soins aux patients quel que soit leur sexe. Nous défendrons la liberté des femmes à se déterminer sur la contraception, l’avortement, la stérilisation, sans l’avis de leur mari. (...) Il y a trente ans, les femmes musulmanes venaient dans nos hôpitaux sans l’appréhension d’être prises en charge par des médecins généralement hommes, et il n’y avait pas ces violences. Pourquoi cette régression ? »


Pour entraver le phénomène, Dominique de Villepin a demandé en avril 2006 au Haut Conseil à l’intégration un rapport et un projet de « charte de la laïcité dans les services publics » qui devait lui être remis incessamment. Nicolas Sarkozy avait demandé la même chose à André Rossinot, coprésident du Parti radical valdoisien avec Jean-Louis Borloo. Ce rapport a été remis au président de l’UMP le 20 septembre 2006, et recommandait, lui aussi, la rédaction d’une « charte ». Consulté, le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a exprimé son refus d’une « talibanisation de l’islam de France ».


Pour Jacques Lansac, le président du CNGOF, « le problème s’était déjà posé avec l’avortement. Par trois fois dans le passé, j’ai porté plainte contre les intégristes catholiques qui venaient s’enchaîner et prier dans les blocs opératoires pour entraver les IVG. La loi m’y aidait, qui prévoyait des sanctions . Mais là, comment faire ? On se bat contre des traditions qui aboutissent à l’humiliation et à la chosification de la femme ».


Quant au rôle de la femme elle-même dans ces situations, il est formel : « Ce n’est pas elle qui provoque les incidents. Elle est accommodante et ne souhaite qu’une chose : que l’arrivée du bébé se passe bien. Mais elle n’a pas voix au chapitre ! C’est l’homme qui refuse la césarienne... au point qu’il nous faut parfois appeler en urgence, dans la nuit, le procureur de la République ! C’est l’homme qui refuse la péridurale au motif que la douleur est normale ! C’est encore l’homme qui refuse une ligature des trompes demandée par une femme épuisée par de multiples grossesses et à laquelle il refuse d’autres méthodes de contraception ! »


Daniel Raudrant, lui, a fait apposer une affichette à la maternité de l’hôtel-Dieu de Lyon, qui accueille fréquemment des immigrés tchétchènes : « Madame, nous vous rappelons que le personnel soignant du service est mixte. (...) En cas de refus d’accepter les règles du service et d’être prise en charge éventuellement par un homme, nous ne pourrons vous dispenser les soins dont vous avez besoin. » Parfois, des maris furieux, accompagnés d’une femme voilée, arrachent l’affiche. Certains repartent après l’avoir lue. D’autres se rebellent.


Mais le professeur se montre intraitable : « Fini, les palabres à 3 heures du matin, les scandales parce qu’on ose demander à un homme de ne pas bloquer un couloir pendant sa prière ou la menace de coups contre une sage-femme qui a pris la défense d’une patiente violentée par son mari. Ce n’est pas au personnel hospitalier de gérer cela. Désormais, je n’hésite plus : j’appelle la police. Une ligne spéciale nous relie au commissariat. Le personnel est plus serein. »


Le docteur Georges-Fabrice Blum, à Mulhouse, pense aussi qu’il s’agit d’une question de rapport de forces. « Quand, en salle d’accouchement, un homme me dit : “Touche pas à ma femme”, je lui réponds : “Ta gueule ! Ici, c’est moi le chef ! Je respecterai ta femme, je ne la regarderai pas dans les yeux, et je ferai naître ton bébé dans la sécurité. Mais pas de négociation !” » Voilà. Ensuite, je laisse le papa faire la prière dans l’oreille de l’enfant après la section du cordon. »


Les césariennes exigent de longues discussions. « Le charisme et l’autorité du chef de service sont alors fondamentaux », dit le docteur Blum. Mais il faut expliquer les risques de mortalité pour la mère et l’enfant, certifier que cela n’entravera pas les naissances ultérieures, rassurer la femme africaine et parfois appeler un imam, un marabout ou des grands-parents. On apprend sur le tas. « Quand j’ai commencé, il y a dix-sept ans, se souvient Laurence Jalbert, sage-femme à Montreuil (Seine-Saint-Denis), nous avions un manque total d’informations sur les coutumes et religions des immigrés. Aujourd’hui, il y a certes un grand retour à la tradition, mais beaucoup moins d’incompréhensions culturelles. »


À la maternité de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, où se côtoient une quarantaine de nationalités, le professeur Jacques Milliez mise davantage sur l’accueil et la tolérance que sur le rapport de forces. « Il ne saurait être question, pour moi, de blesser quiconque au nom d’une uniformisation laïque. Tout a été mis en oeuvre pour éviter le moindre conflit lié à un particularisme religieux. Souci de la pudeur, de l’alimentation (casher, halal), observance du shabbat et du ramadan... Bien sûr dans la limite du bon fonctionnement du service. »


Pas d’exception à la règle de la mixité des gardes, pas d’accouchement en burqa - « la vue du visage est fondamentale pour vérifier l’identité d’une personne, surveiller son teint et l’expression du regard » -, une seule personne en salle de travail... La cohabitation des cultures, dit-il, peut se faire aisément. Les problèmes liés à la religion sont ailleurs. Dans le choix d’interrompre ou non médicalement une grossesse à risque par exemple : « Faut-il s’engager dans un processus complexe de diagnostic prénatal, notamment l’examen permettant de déceler la trisomie 21, lorsqu’on sait qu’un couple, en raison de convictions religieuses profondes, ne s’engagera jamais dans la voie d’un avortement ? Voilà les vrais dilemmes. »


Le professeur Milliez en est parfaitement conscient : « Il y a une pression très forte pour que les enfants trop prématurés ou mal formés ne viennent pas au monde. Mais que veulent les parents ? Il est fondamental de les écouter et de respecter leur choix. »


Là sont sans doute les vraies questions. Philosophiques et éthiques. À partir de quand, la vie ? À quel prix, la vie ? À tout prix, la vie ? Les nouvelles techniques d’assistance médicale à la procréation ou la sélection du sexe de l’enfant à naître questionnent à la fois l’éthique laïque ou religieuse des médecins et patients, et ouvrent un champ de réflexion immense pour toute la société. Le colloque « Ethique, religion, droit et procréation », organisé chaque année, attire une foule de médecins.


Pour le reste, pense Isabelle Lévy, auteur de La Religion à l’hôpital (Presses de la renaissance), une bonne information sur les moeurs et croyances des patients ainsi que le rappel inflexible des principes de la laïcité et du droit français, qui sanctionne « la non-assistance à personne en danger », devrait assurer une cohabitation sereine au sein de l’hôpital. « Les trois religions monothéistes sont beaucoup plus pragmatiques que ne le pensent certains croyants tentés de faire du zèle. Elles donnent toujours priorité à la vie et admettent la transgression des interdits au cas où elle est en danger. Aux soignants de se montrer à la fois respectueux et stricts. »

 

par le Citoyen Thimèle publié dans : Laïcité, Religions et Intégrismes
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Samedi 27 janvier 2007

Paris Berlin - le 26 janvier 2007

Communiqué d'Oskar Lafontaine et Jean-Luc Mélenchon



"Nous déplorons la réunion organisée aujourd’hui à Madrid de représentants des gouvernements de 18 pays de l’UE ayant ratifié le projet de Constitution européenne.

Alors que les peuples français et néerlandais, représentant 80 millions d’habitants de pays fondateurs de l’Union, se sont prononcés contre ce projet de Constitution européenne, nous exprimons nos plus vives inquiétudes concernant une réunion qui vise, d’après le Ministre espagnol des affaires étrangères, M. Moratinos, à « permettre à la politique européenne contenue dans le projet constitutionnel de devenir une réalité ».
Il nous semble en effet inadmissible de vouloir forcer des peuples à subir des politiques qu’ils ont refusé, y compris en en changeant l’emballage. Toute tentative d’encerclement politique de ces peuples par une coalition d’autres pays de l’Union ne peut que conduire à des impasses dangereuses.

Nous refusons donc toute mise à l’écart des pays ayant déjà voté non au projet de Constitution européenne ou ne s’étant pas encore prononcés. Une telle méthode rompt le cadre collectif de discussion qui a toujours prévalu pour faire avancer l’Europe communautaire depuis les traités CECA et de Rome.
Elle crée un grave précédent où certains Etats s’arrogeraient le droit de décider de l’avenir de l’Europe à l’exclusion d’autres Etats.

Nous regrettons vivement que le gouvernement allemand ait choisi de s’associer à cette initiative, alors qu’il exerce la présidence de l’Union au nom de tous les Etats membres.
Nous nous étonnons que le gouvernement français ne se soit pas opposé publiquement à une telle réunion qui exclut la France des discussions sur l’avenir de l’Union.

Nous mettons en garde les décideurs européens contre toute tentative de se passer de l’avis des peuples pour imposer le traité constitutionnel européen. Nous appelons tous les responsables politiques progressistes en Europe à refuser ces tentatives de négation de la volonté des peuples.
Nous leur proposons de travailler à une autre méthode pour que la rédaction d’une Constitution européenne réussisse et trouve l’assentiment des citoyens et des peuples de l’Union. Pour cela, nous soumettons au débat l’idée d’une assemblée constituante européenne élue par tous les citoyens de l’Union."


Le Blog de Jean-Luc Mélenchon


par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale
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Samedi 27 janvier 2007

La chaîne TF1, dont on ne rappellera jamais assez que l’actionnaire est un proche de Nicolas Sarkozy, n’a toujours pas sollicité Nicolas Dupont-Aignan pour participer à l’une des quatre émissions grand public qui auront lieu chaque lundi soir de février dans le cadre de la campagne présidentielle. Cette mise au ban du candidat gaulliste et républicain, qui suscite l’indignation au-delà du cercle des militants de Debout la République, a décidé NDA à adresser une lettre aux responsables de cette chaîne, « leur proposant de les rencontrer pour les convaincre du bien-fondé de ma participation (même modeste) à l’une de ces émissions ».

« J’y défends en particulier la nécessité qu’un candidat gaulliste et républicain, issu de la droite républicaine, soit présent dans cette campagne pour défendre la voix des 55% de Français qui ont rejeté la Constitution européenne mais que les candidats “favoris” s’acharnent à ne pas vouloir entendre », précise M. Dupont-Aignan. « J’y ai également réaffirmé ma crainte que, dans le cas contraire, nombre d’électeurs désabusés ou en colère ne grossissent le flot grandissant de l’abstention ou du vote protestataire, au risque de qualifier des candidats extrémistes au second tour. Non contente de faire à nouveau trébucher la démocratie française, une telle hypothèse rendrait complètement inaudible les préoccupations légitimes d’une majorité de Français, ce qui serait bien sûr très dangereux pour la bonne santé démocratique de notre pays », ajoute-t-il dans un message adressé aux militants.

En difficulté pour recueillir les 500 parrainages nécessaires à son entrée officielle dans la compétition présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan a fort à faire pour soulever la chape de plomb qui repose sur le paysage audiovisuel français.

Revue Républicaine

par le Citoyen Thimèle publié dans : Elections 2007
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Jeudi 25 janvier 2007

Ségolène Royal a déclaré être favorable à la souveraineté et à la liberté du Québec.

On ne peut que la féliciter pour avoir tenu des propos aussi censés !

Mais pour certains... haro sur la sauvageonne ! Oh la gaffeuse ! Mais il est vrai que ceux qui la critiquent aussi violemment sur ces propos-là sont ceux qui sont au pouvoir depuis cinq ans dans ce pays, et que la souveraineté et la liberté du peuple français, ils marchent dessus, mais alors bien comme il faut ! Alors imaginez, qu'on puisse penser qu'un peuple puisse être souverain et libre, ça leur donne la nausée !

Imaginez-vous aussi un peu qu'un parti qui se prétend gaulliste ose critiquer une femme qui n'a rien dit d'autres ce que De Gaulle, ou même Séguin ont pu déjà dire par le passé ! Même Alliot-Marie, qui se prétend héritière du gaullisme, s'y est mit ! Mais vraiment, quelles bandes de fanatiques ! Incapable de trouver la moindre des qualités, la moindre des choses positives à ceux qui ne sont pas dans leur camp... La lumière est de leur côté, la bêtise tout partout ailleurs !

En tout cas, nous n'attendons maintenant plus que Ségolène veuille bien appliquer ce même principe à la France ! (cf. Constitution Giscard !)
par le Citoyen Thimèle publié dans : EDITORIAUX
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Jeudi 25 janvier 2007

Par Jean-Michel Hureau


Le Grand Jacquot et le Beau Dom envisagent de rallonger la durée de collecte des parrainages. On le saura dans quelques jours, disent-ils.

Première remarque : la question est parfaitement inconstitutionnelle puisque c’est le Conseil Constitutionnel qui décide de la date limite, actuellement fixée au 16 mars à 18 heures et ce n’est ni le Président, ni le Premier ministre. Mais, on n’est plus à une entorse prés à la Constitution.

La raison officielle :

Les candidats pourront collecter les signatures du 1er au 16 mars et les parrains ne recevront pas les formulaires deux semaines avant, comme c’était l’usage jusqu’à ce que la loi du 5 avril 2006 supprime cette disposition, du fait que la Poste est devenue plus performante pour les acheminer. Le « délai de réflexion » n’existe donc plus et il conviendrait alors de rallonger la durée à trois semaines, ce qui nous emmène au 23 mars.

Les autres raisons possibles :

1) Au cas où Jacquot z’y va pas

Le délai supplémentaire permettrait à certains candidats d’obtenir leurs 500 signatures. On pense tout naturellement au Dérapeur Borgne et Olivier Besancenot, mais aussi aux autres « petits candidats ». Pourquoi ? Mais, diviser pour mieux régner, bien sûr, c’est bien connu. Outre le fait que si le Dérapeur ne pouvait pas se présenter, ça pourrait quand même créer un malaise pour un candidat qui ramasse entre 15 et 20 % des voix et qui était présent au deuxième tour en 2002. Ça pourrait tenter les petits chérubins qui constituent ses troupes à saboter le processus électoral et pourquoi pas, ressortir leurs bonnes vieilles barres de fer si gentiment utilisées en 68.

2) Au cas où Jacquot z’y va (celle qui me paraît la plus probable)

La seule façon qu’à Jacquot d’annoncer sa candidature est de bénéficier d’un contexte international particulièrement tendu. Or, la tension monte. Baby Bush annonce l’envoi de troupes supplémentaires en Iraq, ce qui vise l’Iran. L’hypothèse d’une attaque de l’Iran, y compris avec recours à l’arme nucléaire, n’est pas exclue, loin s’en faut. Enfin, tout ce qu’il faut pour nous préparer un beau chantier. Alors, en Sauveur de la Patrie, en Homme d’expérience connaissant les Grands de ce Monde, en Modérateur face à Baby Bush, il nous annonce sa candidature. Mais pour ça, il faut que le dossier iranien soit suffisamment avancé. Or, les frappes sur l’Iran ne seraient projetées qu’en avril et il ne peut faire son annonce que quand tout le monde aura conscience du danger qui nous guette. Donc, tu as compris, il faut reculer la date limite de collecte des parrainages de fa&c