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"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine  des autres." Romain Gary

"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
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"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Jeudi 31 janvier 2008
melenchon-choc.jpgDans un billet daté du 29 janvier, Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste, raconte les minables manoeuvres dont a fait preuve la majorité présidentielle au Sénat pour empêcher tout débat sur un référendum au sujet du Traité de Lisbonne.

(...) Je suis mobilisé au Sénat par la révision de la Constitution en vue de la ratification du traité européen de Lisbonne. Là, le plus difficile est de lutter contre la résignation. « C’est plié », « c’est perdu », « à quoi bon ». Voilà le fond de l’air. Pour un peu on nous inviterait à jeter l’éponge. Un bon combat ne serait qu’un combat gagné d’avance. Ou raisonnablement gagnable. Il n’en est rien. Avec ce genre de raisonnement aucun combat de gauche n’aurait jamais eu lieu. A l’instant, cet après-midi au Sénat, la droite s’est couverte de ridicule. Pour contrer la bataille que les parlementaires du Comité National pour un Référendum ont engagée avec le dépôt d’une « motion référendaire », il lui aura fallu recourir aux méthodes les plus misérables.

 

Nous avons donc décidé avec nos collègues communistes et les camarades socialistes et verts partisans du référendum de déposer au sénat une motion référendaire à l’ouverture de la séance sur la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité européen. La motion référendaire permet, si elle est discutée et votée, de renvoyer directement au référendum le vote d’un texte de loi (ici le projet de révision constitutionnelle). Mais pour pouvoir la discuter, c’est un vrai parcours du combattant. Il faut notamment être au moins 30 sénateurs à la soutenir en étant physiquement présents en séance.

Il fallut donc faire le tour de tous les partisans du référendum pour que personne ne manque à l’appel. De quoi faire une belle démonstration de force puisque nous étions 34 sénateurs de gauche partisans du référendum en séance (20 communistes, 12 socialistes et 2 verts) alors que le total des sénateurs de droite présents ne dépassait pas les 25. La droite n’en revenait pas ! A commencer par le premier ministre Fillon qui n’avait pas vu arriver le coup. De quoi mettre de l’ambiance en ce début de discussion. J’ai réellement cru à ce moment que nous allions y arriver.


Notre demande de motion référendaire aurait donc dû être discutée. Mais, coup de théâtre, le président Poncelet souleva une possible irrecevabilité de notre motion. Il proposa donc de suspendre la séance pour faire examiner ce point par la Commission des Lois du Sénat. Les sénateurs membres de cette commission sont donc sortis de la séance, tandis que les autres ont patienté le temps de cette suspension. La manœuvre a bien failli se retourner contre ses auteurs. Grâce à une nouvelle démonstration de force des partisans du référendum dans la Commission des lois. Les rangs de la droite sénatoriale étant déjà très clairsemés dans l’hémicycle, ils le furent encore plus dans la Commission des lois. Au sein de cette commission, la droite n’arriva en effet à aligner que 7 sénateurs face à 8 partisans du référendum ! Nouveau coup de théâtre donc. Car ainsi composée, la Commission des lois ne pouvait que conclure à la recevabilité de notre motion référendaire. Son président, le sénateur Hyest suait donc à grosse goutte, tandis que les assistants du groupe UMP et les attachés parlementaires du gouvernement faisaient chauffer les téléphones portables pour rameuter quelques sénateurs UMP et tacher de renverser la tendance. Rien n’y fit. Toujours pas le compte. La déroute était en vue à droite. C’est alors qu’il y eut une trouvaille de carabin. Des procurations furent rédigées comme par enchantement, alors que cette réunion de la commission n’était pas prévue et qu’il était donc impossible officiellement pour des sénateurs de faire une procuration pour s’y faire représenter. La droite est donc arrivée à aligner 14 voix en commission des lois (7 sénateurs présents et 7 votes par procuration) face à nos 8 voix favorables au référendum. Résultat, par ces méthodes que j’ai qualifiées de misérable de retour en séance, la Commission des lois a conclu que notre motion référendaire était irrecevable.

Mais le calvaire n’était pas terminé pour la droite. Car de retour en séance, le sénat devait désormais valider par un vote la conclusion de la commission des lois. Avec à nouveau un problème d’effectifs présents en séance. Qu’à cela ne tienne, le président du groupe UMP demanda illico un scrutin public, procédure qui permet au président d’un groupe de voter pour tout son groupe y compris les absents. Pour la deuxième fois, les absents ont donc fait la décision. Alors que la droite sénatoriale était minoritaire en séance, elle a réussi à faire rejeter notre demande de discussion de motion référendaire. Pitoyable caricature. Non seulement la droite veut priver le peuple de parole sur ce traité européen, mais elle veut même empêcher que l’on puisse en débattre au Parlement. Nous l’avons abondamment dénoncé en séance. Nos interventions de protestation avec nos camarades socialistes Charasse et Dreyfus Schmidt ainsi que notre camarade communiste Nicole Borvo ont tapé ferme ! Je publierai le texte de cette première intervention que j’ai prononcée dans ce débat dès qu’il sera retranscrit.

La droite croyait enfin pouvoir dire ouf. Fillon s’apprêtait à prononcer son discours à la gloire du traité européen. Mais nous avons tiré une autre cartouche pour porter avec force l’exigence du référendum. Nous avons utilisé pour cela un autre instrument de procédure qui permet à 30 sénateurs présents en séance de demander la discussion immédiate d’une proposition de loi déposée préalablement. Bien sûr, nous avions justement déposé quelques jours auparavant une proposition de loi (avec 2 communistes, 2 socialistes et 2 verts) proposant de réviser la constitution pour rendre obligatoire un référendum sur toute question sur laquelle le peuple s’est déjà prononcé par référendum. Une manière d’inscrire dans la constitution que seul le peuple peut défaire ce que le peuple a décidé. Cette fois-ci la droite n’avait plus aucun artifice juridique pour bloquer notre demande. Le président du Sénat fut contraint de constater, sous l’œil dépité du premier ministre et de l’UMP, que plus de 30 sénateurs étaient bien là (34 exactement, les mêmes qu’au départ, toujours fidèles au poste) dans l’hémicycle pour soutenir la discussion immédiate de cette proposition de loi. Celle-ci ne sera discutée qu’à la fin de la séance cette nuit. Mais cela nous offre une tribune supplémentaire pour plaider en faveur du référendum.

Nous entrons donc maintenant dans la discussion elle-même sur la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité européen. La droite sénatoriale est toujours minoritaire, pour encore un petit moment face aux sénateurs de gauche partisans du référendum. Ca n’a pas l’air de gêner M. Fillon qui déroule son discours sur le traité européen sur un air blême, sans même commenter les deux heures d’incidents préalables dans lesquels son parti vient de se ridiculiser. Voilà une bataille bien engagée.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 31 janvier 2008
lepourhiet2w.JPGPar Anne-Marie Le Pourhiet (intervention du 2 décembre 2007)

"Dans l’article intitulé « Haute trahison », que j’ai publié le 9 octobre 2007 sur le site www.marianne2.fr, j’ai qualifié de « coup d’Etat » le fait, pour le président de la République, de faire ratifier par voie parlementaire un « traité modificatif » en réalité identique à 90% au traité établissant une constitution pour l’Europe pourtant rejeté par les Français lors du référendum du 29 mai 2005. On m’a dit « Tu vas fort ! » mais puisque Pierre Lefranc reprend le terme en appuyant, l’onction gaullienne m’est accordée, donc je persiste et je signe.

          

1° Qu’est-ce qu’un coup d’Etat ? On utilise le plus souvent ce terme pour désigner une prise de pouvoir illégitime tendant à renverser un gouvernement établi ou, à l’inverse, le maintien de force au pouvoir d’un individu ou d’une équipe qui a perdu les élections. Dans tous les cas, c’est le refus de s’incliner devant le verdict des urnes, conformément à l’ordre constitutionnel établi, qui conduit à la qualification de coup d’Etat. Dans d’autres cas c’est une violation grave d’un principe constitutionnel majeur, généralement aussi destinée à renverser le régime, qui est ainsi qualifiée. Par exemple, lorsque Louis-Napoléon Bonaparte, n’ayant pu obtenir le vote d’une révision constitutionnelle pour proroger son mandat, dissout l’Assemblée le 2 décembre 1851 alors que la Constitution de 1848 ne permet pas la dissolution, il commet évidemment un coup d’Etat. C’est d’ailleurs aussi à partir d’accusations d’inconstitutionnalités répétées que François Mitterrand a qualifié la pratique gaullienne du régime de la Vème République de « coup d’Etat permanent ».

Or, de quoi s’agit-il dans notre affaire de traité « modificatif » européen sinon, précisément, de refuser ostensiblement de d’incliner devant le verdict des urnes rendu tout à fait régulièrement et massivement le 29 mai 2005 en vertu d’un référendum organisé dans le strict respect des formes constitutionnelles ?

 

Sans doute la Constitution de 1958 n’interdit-elle pas expressément, comme la Constitution californienne, de modifier ou abroger une loi référendaire par une loi parlementaire. Mais il y a des principes supérieurs de notre texte constitutionnel dont cette règle découle implicitement : « La France est une république (…) démocratique. (…) Son principe est : gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. (…) La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Il va sans dire que les mandataires n’ont pas le droit moral de violer la volonté directement et clairement exprimée par les mandants. Le Conseil constitutionnel lui-même, en se déclarant incompétent pour contrôler les lois référendaires qui sont « l’expression directe de la souveraineté nationale » reconnaît que la loi référendaire est d’une essence supérieure à la loi parlementaire et que l’on ne peut les mettre sur le même plan.

Logiquement d’ailleurs, à quoi servirait-il de soumettre un projet de loi au peuple si le parlement pouvait aussitôt ignorer et piétiner la volonté populaire ?

En réalité nous sommes en face d’un double coup d’Etat, formel et matériel. Formel parce que l’on nous fait passer par voie parlementaire un traité refusé par voie référendaire, matériel parce que l’objet de cette procédure, le traité de Lisbonne, comme son prédécesseur, abandonne le gouvernement démocratique de la France à la gouvernance technocratique de l’Europe. Le verdict apparaîtra dans la décision du Conseil constitutionnel qui ne pourra pas dire autre chose de ce traité que ce qu’il a dit du précédent dans sa décision de 2004 : le texte porte atteinte aux « conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale » et ne pourra être ratifié qu’après révision constitutionnelle. C’est le peuple français que l’on dépouille ainsi de la maîtrise de son destin, et le Dictionnaire constitutionnel (PUF, 1992) parle aussi de coup d’Etat lorsque les autorités légitimes abandonnent le pouvoir à des institutions sans titre pour l’exercer, l’armée par exemple ou … la commission européenne. On appelle cela un « coup d’Etat par consentement mutuel ».

 

2° Les auteurs de coups d’Etat ont tous un point commun, celui de tenter de camoufler le caractère illégitime de leur acte par des mensonges et dissimulations. Et nous sommes servis depuis quelques mois en la matière.

On nous a d’abord annoncé un mini-traité simplifié qui ne reprendrait que les dispositions de la Constitution européenne « n’ayant pas fait l’objet de contestations ». A notre connaissance les Français n’ont eu à se prononcer, par un « oui » ou un « non » global, que sur l’ensemble du traité. Celui-ci ne leur a pas été proposé par tranches comme c’est le cas dans certains référendums à questions multiples. Nous avons dit « non » à tout le traité et, effectivement, on a constaté pendant la campagne que toutes les dispositions étaient contestées par les uns ou les autres. Certains s’offusquaient principalement des symboles fédéraux, d’autres de la charte des droits fondamentaux, d’autres du principe de concurrence libre et non faussée, d’autres encore de la primauté ou de l’extension de la règle de la majorité, chacun avait quelque chose à redire à une ou plusieurs dispositions. On pouvait sans doute apercevoir que le non de gauche était plus sensible au recul de l’Etat providence et celui de droite à celui de l’Etat régalien, mais tout, dans ce traité a été contesté. On ne voit donc pas comment le président de la République pourrait se permettre de prétendre que nous aurions en réalité accepté les trois quarts de ce texte, c’est un mensonge éhonté.

On nous assène aussi qu’en élisant le candidat Sarkozy les Français auraient validé par avance la ratification parlementaire du mini-traité annoncé. C’est un comble ! D’une part ce n’est pas du tout un mini-traité que l’on nous sert mais 90% du précédent, d’autre part confondre une question référendaire et un programme électoral est une énormité politique et constitutionnelle. Jamais aucun électeur n’approuve l’intégralité du programme d’une candidat ou d’une liste, il choisit celui dont le programme est globalement le plus proche de sa sensibilité ou, simplement, celui qui lui déplaît le moins. Prétendre que les électeurs auraient approuvé sans nuances l’intégralité du programme sarkozyste est d’autant plus malhonnête que les principaux candidats étaient tous favorables au fédéralisme européen et qu’on ne voit pas quelle alternative se serait offerte aux électeurs. Jamais aucun politiste, aucun constitutionnaliste ne pourrait affirmer qu’en votant pour le candidat Sarkozy les Français auraient ratifié par avance le traité de Lisbonne, c’est une aberration intellectuelle.

Mais c’est aussi une injure que de sous-entendre que les Français seraient assez sots et inconstants pour approuver en mai 2007 un traité constitutionnel qu’ils ont refusé en mai 2005. On nous prend pour des écervelés.

 

3° Alors puisque double coup d’Etat il y a donc bien, quelle peut en être la sanction ? Lorsque le maire d’une commune pioche dans les caisses publiques pour se construire une piscine nous nous tournons naturellement vers le Code pénal pour chercher comment cela s’appelle et comment c’est puni. Quand un président de la République viole les droits du peuple en accompagnant sa forfaiture de moult tromperies, on doit naturellement se tourner vers la Constitution pour voir comment cela se nomme et quelle en est la sanction.

Les juristes s’accordaient autrefois à considérer que le crime de haute trahison était constitué en cas d’atteinte grave à la démocratie ou à la séparation des pouvoirs. Dissoudre l’assemblée dans des conditions illicites, recourir irrégulièrement aux pouvoirs de crise ou encore ignorer effrontément les résultats d’un référendum constituent assurément des actes de haute trahison. Aux Etats-Unis, où le pouvoir judiciaire est plus sacré que chez nous, ce sont, par exemple, les obstructions à la justice ou le parjure qui peuvent justifier la destitution du président.

La notion symbolique de haute trahison a cependant été effacée de notre Constitution par la révision du 23 février 2007 qui lui a substitué l’expression affadie et plus banale de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat » (voir Anne-Marie Le Pourhiet, Manuel de droit constitutionnel, Economica,  2007). Bien qu’il soit difficile de cerner cette notion insignifiante, on ne peut pas nier que le fait de bafouer la volonté populaire et de chercher à tromper les citoyens en leur présentant comme un traité « simplifié » la copie conforme de celui qu’ils ont rejeté, constitue un manquement grave aux devoirs d’un chef d’Etat démocratique manifestement incompatible avec la probité qu’implique son mandat.

C’est donc par une opération très classique de qualification juridique des faits que l’on peut conclure, sans forcer, à la possible mise en cause de la responsabilité du président de la République par le parlement réuni en Haute Cour. Au lieu de quoi nos parlementaires vont sans doute plutôt choisir de se faire complices du coup d’Etat en s’empressant de réviser la Constitution française et de ratifier le traité de Lisbonne.

Le rapport du comité Balladur sur les institutions, remis sur sa demande au président de la République est intitulé, sans rire, « Une Vème République plus démocratique »… Au moment même où ce président s’apprête à s’asseoir sur la volonté du peuple français, à tel point qu’on ne voit plus ce qui distingue notre pays d’une république bananière, le titre de ce rapport prend des allures de provocation."

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 30 janvier 2008
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Après l'Assemblée nationale le 16 janvier, le Sénat a adopté sans surprise cette nuit la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité de Lisbonne.
Sur 258 sénateurs participants au vote, 210 se sont prononcés pour, et seulement 48 sénateurs ont défendu la volonté du peuple français en se prononçant contre.

Parmi ces derniers,
23 sénateurs étaient issus du groupe communiste, républicain et citoyen (Mme Éliane Assassi, M. François Autain, Mme Marie-France Beaufils, MM. Pierre Biarnès, Michel Billout, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, MM. Robert Bret, Jean-Claude Danglot, Mmes Annie David, Michelle Demessine, Évelyne Didier, MM. Guy Fischer, Thierry Foucaud, Mmes Brigitte Gonthier-Maurin, Gélita Hoarau, MM. Robert Hue, Gérard Le Cam, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Jack Ralite, Ivan Renar, Mme Odette Terrade, MM. Bernard Vera, Jean-François Voguet.), 22 sénateurs étaient socialistes (M. Bernard Angels, Mmes Maryse Bergé-Lavigne, Alima Boumediene-Thiery, MM. Michel Charasse, Pierre-Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus-Schmidt, Mme Josette Durrieu, MM. Charles Gautier, Jean-Pierre Godefroy, Mme Annie Jarraud-Vergnolle, M. Alain Journet, Mme Bariza Khiari, MM. André Lejeune, Alain Le Vern, Marc Massion, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Michel, Marcel Rainaud, Robert Tropeano, André Vantomme),  2 sénateurs UMP : MM. André Lardeux, Charles Pasqua) et  un sénateur villiériste (Bernard Seillier).
 
Désormais, la révision, ouvrant la voie à la ratification du Traité de Lisbonne, doit être adoptée définitivement en Congrès à Versailles le 4 février prochain. Le Parlement examinera ensuite l'autorisation proprement dite de ratifier les dispositions du traité européen de Lisbonne, pour un bouclage prévue le 7 février.

Ces 48 sénateurs ajoutés aux 77 députés qui avaient votés NON le 16 janvier dernier, cela fait à peine 125 parlementaires sur 908 (soit 14 % d'entre eux) qui respectent la volonté du peuple français exprimée à ce sujet le 29 mai 2005.

Lundi, 783 parlementaires s'apprêtent donc à désavouer le peuple et à démanteler la démocratie... Le tout dans un silence assourdissant.
par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 30 janvier 2008
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La spécialité des grands médias en France en 2008, c'est l'étouffement des sujets qui fâchent. Un exemple d'actualité : aucun média n'a osé comparer les engagements européens de Sarkozy pendant la campagne électorale de 2007, et la réalité du traité de Lisbonne.

Nicolas Sarkozy a pris l’engagement suivant :
 
« J’ai proposé à nos partenaires un traité simplifié, limité aux questions institutionnelles que nul n’a contestées pendant la campagne référendaire, afin que l’Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner efficacement à 27 États membres. »
 
http://www.sarkozy2007.com/
 
Page 6.
 
Dans la réalité, le traité de Lisbonne n’est pas un traité simplifié, et il n’est pas limité aux questions institutionnelles. Sarkozy a trahi ses engagements. Sarkozy a trahi ses promesses.
 
1- Le traité de Lisbonne n'est pas un traité simplifié. Il est lisible ici :
 
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i0439.pdf
 
Le traité de Lisbonne a 281 pages ! Par comparaison, le Traité Etablissant une Constitution pour l’Europe que nous avions reçu dans notre boîte aux lettres en 2005 n'avait que 191 pages.
 
2- Le traité de Lisbonne n'est pas limité aux questions institutionnelles. A partir de la page 62, vous pouvez lire la troisième partie du traité de Lisbonne intitulée « Les politiques et actions internes de l'Union (articles 26 à 197) ». Cette troisième partie explique quelles doivent être les politiques concernant :
 
- le marché intérieur (articles 26 et 27)
- la libre circulation des marchandises (articles 28 à 37)
- l'union douanière (articles 30 à 32)
- la coopération douanière (article 33)
- l'interdiction des restrictions quantitatives entre les Etats membres (articles 34 à 37)
- l'agriculture (articles 38 à 44)
- la pêche (articles 38 à 44)
- les travailleurs (articles 45 à 48)
- le droit d'établissement (articles 49 à 55)
- les services (articles 56 à 62)
- les capitaux et les paiements (articles 63 à 66)
- l'espace de liberté, de sécurité et de justice (articles 67 à 76)
- les contrôles aux frontières (article 77)
- l'asile (article 78)
- l'immigration (article 79)
- la coopération judiciaire en matière civile (article 81)
- la coopération judiciaire en matière pénale (articles 82 à 86)
- la coopération policière (articles 87 à 89)
- les transports (articles 90 à 100)
- les règles de concurrence
- les règles applicables aux entreprises (articles 101 à 106)
- les aides accordées par les Etats (articles 107 à 109)
- les dispositions fiscales (articles 110 à 113)
- le rapprochement des législations (articles 114 à 118)
- la politique économique (articles 120 à 126)
- la politique monétaire (articles 127 à 133)
- l'emploi (articles 145 à 150)
- la politique sociale (articles 151 à 161)
- le fonds social européen (articles 162 à 164)
- l'éducation, la jeunesse et les sports (article 165)
- la formation professionnelle (article 166)
- la culture (article 167)
- la santé publique (article 168)
- la protection des consommateurs (article 169)
- les réseaux transeuropéens (articles 170 à 172)
- l'industrie (article 173)
- la cohésion économique, sociale et territoriale (articles 174 à 178)
- la recherche et le développement technologique (articles 179 à 190)
- l'espace (article 189)
- l'environnement (articles 191 à 193)
- l'énergie (article 194)
- le tourisme (article 195)
- la protection civile (article 196)
- la coopération administrative (article 197).

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par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Mardi 29 janvier 2008

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Le Figaro
, quotidien tout acquis à la cause euro-mondialiste, et complice docile du déni de démocratie qui se profile, s'inquiète aujourd'hui d'un ignoble élément qui pourrait mettre en péril la ratification très démocratique du très démocratique Traité de Lisbonne : l'organisation d'un référendum sur la question en Irlande ! Qu'on se le dise une fois de plus, démocratie et Europe - leur Europe - ne font vraiment pas bon ménage !

""L'indécision irlandaise
met en danger le minitraité"


Le sort du traité de Lisbonne sur les institutions européennes dépend maintenant du choix des quelque trois millions d'électeurs irlandais. La République d'Irlande est en effet le seul pays européen dont la constitution l'oblige à passer par un référendum avant de pouvoir ratifier le fameux minitraité. Or une immense majorité des Irlandais les deux tiers selon un sondage paru ce week-end dans le quotidien Irish Times se disent encore indécis. Avec cette proportion d'électeurs hésitants, la faible avance du oui sur le non (26 % contre 10 %) pourrait bien basculer d'ici le jour du scrutin.

En 2005, les sondages sur l'ancien projet de constitution européenne donnaient une bien plus large avance au oui, avec 46 % des intentions de vote. Après le non de la France et celui des Pays-Bas, le référendum prévu en Irlande avait été annulé.

Cette fois, les Irlandais sont les seuls à voter, et la pression monte, car le référendum doit absolument avoir lieu avant la fin de l'année 2008. Or le débat sur le traité de Lisbonne n'a pas réellement commencé en Irlande, et la date du vote n'a pas encore été donnée par le gouvernement du premier ministre Bertie Ahern.

Le mauvais souvenir de 2001 est encore dans tous les esprits : les électeurs irlandais avaient alors rejeté le traité de Nice, avant d'être appelé à un nouveau référendum sur le même sujet deux ans plus tard. La question de la neutralité de l'Irlande avait été au passage précisée. Et les Irlandais ont finalement accepté le traité… (...)"

par le Citoyen Thimèle publié dans : International communauté : Les blogs républicains
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Lundi 28 janvier 2008

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Par Jean-Marie Blanc

Connaissez-vous un homme politique qui se dise antilaïque ?... Moi pas ! Tout le monde est laïque... Mais attention, il s’agit d’une laïcité « moderne », « ouverte », « apaisée »... c’est-à-dire qui, à force de concessions à toutes les communautés religieuses, n’a plus de laïque que le nom. Celui qui refuse ces concessions et défend tout simplement, à travers la loi de 1905, une complète séparation entre l’État et les religions, ce n’est pas un laïque, mais un « laïcard » anticlérical, assimilé à un athée militant pour qui la laïcité ne serait que le premier pas en direction d’un idéal politique ouvertement antireligieux. Or l’athée, c’est bien connu, est un danger social : au mieux un individu amoral dont la fréquentation serait à éviter, au pire un redoutable gauchiste, révolutionnaire en puissance... Tels sont les schémas dans lesquels nous nous laissons enfermer... mais à qui la faute ?... Essayons donc d’y voir un peu plus clair.


Laïcité, le « vivre ensemble » civilisé

La laïcité n’est pas naturelle à l’humanité. Dans toutes les sociétés traditionnelles, le pouvoir temporel et le pouvoir religieux s’épaulent mutuellement voire se confondent, tant pour leur propre maintien que pour celui de la cohésion sociale. La séparation de ces pouvoirs n’intervient qu’au-delà d’un certain degré d’humanisme et de civilisation, et selon des modalités qui dépendent des traditions culturelles et des vicissitudes historiques des peuples concernés. La spécificité laïque française, par rapport aux pays voisins qui n’ont pas connu de conflit majeur entre l’État et la religion, tient à la Révolution de 1789 qui, en abolissant la royauté, ne pouvait que se heurter violemment à l’Église catholique, alliée de toujours du trône de France. L’antagonisme haineux qui en est résulté entre républicains et cléricaux s’est poursuivi de façon récurrente jusqu’au début du XXe siècle, et la loi de 1905 a été le fruit de cette longue lutte d’émancipation de la République vis-à-vis de la domination théocratique du Vatican. Encore a-t-elle été une loi de compromis, par rapport aux objectifs antireligieux des républicains radicaux de l’époque. Il n’empêche que le pape actuel ne verrait sans doute pas d’un mauvais œil que cette loi soit amendée à la faveur d’un alignement de la France sur ses partenaires européens qui, n’ayant pas le même vécu historique, sont adeptes, au nom du principe de tolérance, d’une plus large reconnaissance des communautés religieuses et culturelles. Or ce serait une erreur, préjudiciable non seulement à la paix publique, mais aussi à la démarche religieuse elle-même.

Toutes les religions sont basées sur des textes anciens, rassemblant des « vérités révélées » de tradition orale plus ancienne encore. Quelle que soit la foi que l’on veuille accorder à ces révélations, il paraît difficile d’admettre que celles-ci aient pu être transmises sur de si longues périodes dans leur pureté originelle. Pour une large part, les textes « sacrés » témoignent des modes de vie et des règles coutumières de leur époque, qu’il est inutile, voire nocif, de vouloir reproduire aujourd’hui : l’autoritarisme théocratique, l’usage de la violence et l’aliénation de la femme, en particulier, sont incompatibles avec les acquis cognitifs, philosophiques et sociopolitiques - la civilisation, en un mot - des sociétés évoluées. Vis-à- vis de ces textes, les croyants ont donc un devoir d’inventaire et d’exégèse sélective dont la difficulté, toujours présente, est néanmoins variable selon les religions : une lecture comparée, fût-elle superficielle, des Évangiles et du Coran ne laisse aucun doute à ce sujet. De fait, chez une majorité de gens, les croyances et les pratiques religieuses s’assouplissent d’une génération à l’autre en intégrant au moins partiellement l’évolution contemporaine des savoirs et des idées, ce qui permet à la démarche religieuse (dont certains ont un réel besoin) de conserver son acceptabilité sociale. Toutefois, en marge de cette majorité de croyants raisonnables, subsistent des minorités plus ou moins intégristes qui, sur la base d’une lecture littérale des textes « sacrés », entendent soumettre à leurs dogmes l’ensemble de la société. Pour les hiérarchies religieuses, obligées de s’adapter à la civilisation pour rester crédibles mais toujours tentées par les dérives hégémoniques, le militantisme de ces intégristes est utile, du moins tant qu’il ne provoque pas de réaction de rejet, et il est donc encouragé, en sous- main ou plus ouvertement selon les circonstances.

Il se trouve que nous vivons actuellement une époque de désenchantement consécutive à la faillite, au cours du XXe siècle, des idéologies ayant annoncé que les peuples allaient accéder au bonheur grâce au progrès matériel et/ou à l’instauration d’un ordre nouveau (social, économique, ou politique) : Dans les faits, ce furent des totalitarismes, des morts et des souffrances... et au mieux, dans les pays en paix et suffisamment riches, une société de consommation où les gens ne se sentent guère plus heureux pour autant. Ce désenchantement, en accroissant le besoin de « sens » et d’espérance qui est le fonds de commerce des religions, leur ouvre un espace propice à la résurgence du fondamentalisme et de l’activisme. On observe ainsi, au nom de confessions diverses, des actions de lobbying contre l’avortement, pour l’enseignement du créationnisme, contre-la libre critique des dogmes, pour le financement public des cultes... et plus généralement pour la constitution de droits communautaires opposables aux valeurs et aux lois nationales. Or, pour contrer cette dynamique intégriste, le modèle communautariste anglo-saxon qui prévaut en Europe est relativement démuni. Il s’enracine en effet dans la philosophie de la tolérance de John Locke, développée au XVIIIe siècle, qui suppose l’unité des religions autour d’un principe fondateur commun (« religion naturelle »), leurs dogmes spécifiques n’étant qu’accessoires, car entachés d’incertitude compte tenu des limitations de l’entendement humain. Outre qu’elle laisse peu de place à l’incroyance, cette philosophie a le défaut de n’être applicable politiquement que si tout le monde joue le jeu de la tolérance, à commencer par les religions elles-mêmes. Qu’une seule s’y refuse et tente d’imposer ses dogmes, et l’État se retrouve législativement désarmé : ayant accepté par avance, au nom de la tolérance, de reconnaître les communautés religieuses comme partenaires, il est en porte à faux face à celle qui lui refuse toute concession en retour. Si le communautarisme a pu fonctionner jusqu’à présent tant bien que mal en Europe, c’est parce que les religions dominantes en présence, toutes judéo-chrétiennes, ont pu et dû s’adapter, plus ou moins et avec le temps, aux valeurs humanistes de nos démocraties. L’irruption de nouvelles religions immigrées en décalage par rapport à ces valeurs, l’Islam en particulier, est en train de changer la donne.

À la différence du modèle communautariste, le modèle laïque français pose en principe la primauté de l’individu, supposé libre et responsable (et se pensant comme tel), par rapport à toute communauté d’appartenance, qu’elle soit ethnique, religieuse ou socioculturelle. Ce système disjoint totalement une sphère relationnelle privée (chez soi, mais aussi dans l’espace public) où l’individu, seul ou en assemblée, est libre d’assumer et d’afficher ses choix religieux ou philosophiques, et la sphère publique, domaine de l’État et de ses institutions, où chacun doit s’abstenir d’extérioriser ses convictions métaphysiques. La République, selon les principes de la loi du 9 décembre 1905, « assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes » (article premier), mais « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (article 2). C’est bien entendu cet article 2 que les lobbies religieux, pour un libre accès aux subventions, voudraient voir amendé. Or la loi forme un tout, ses deux articles fondamentaux sont indissociables, et les croyants raisonnables doivent comprendre que ce déni de reconnaissance publique de leur culte, pour radical qu’il puisse leur paraître, est précisément l’indispensable garant de leur propre liberté de pratiquer ce culte comme ils l’entendent. Tout assouplissement de cet article 2 au nom de la tolérance ne peut en effet que conduire, faute d’un principe civique admis comme supérieur, à un renforcement du pouvoir des clergés et à un déplacement des rapports de forces en faveur des tendances religieuses les plus intégristes. Cela pourrait même aboutir à des affrontements entre communautés, dont les croyants raisonnables seraient les premières victimes. Le risque est d’autant plus grand que nous assistons à une montée en puissance du fondamentalisme musulman, dont le contexte socioculturel, le dogmatisme et les prétentions théocratiques, en retard de plusieurs siècles par rapport aux mentalités européennes, ne manqueront pas de provoquer des réactions de rejet, éventuellement violentes. Face à cette menace, le refus de tout communautarisme et le respect absolu d’une laïcité forte de l’État est le seul rempart capable de préserver à la fois la liberté de pratique religieuse (ou non) et le « vivre ensemble » civilisé.


Laïcité n’est pas lutte antireligieuse

Comme beaucoup de rationalistes, je suis à la fois laïque et athée. En tant qu’athée, je considère que les religions ne sont que des mythes dont tout être intelligent devrait pouvoir se passer, et je professe cette opinion philosophique toutes les fois que l’occasion m’en est donnée. En tant que laïque, en revanche, je suis favorable à une politique de séparation de l’État et des cultes qui implique au premier chef le respect de la liberté individuelle de conscience. Je m’impose alors une attitude politiquement correcte de non-ingérence dans les croyances d’autrui, en totale contradiction avec le prosélytisme philosophique auquel je tends naturellement par ailleurs. Schizophrénie ?... peut-être, mais il importe d’en être conscient, pour ne pas se tromper de combat.

Que se passe-t-il, en effet, dans le combat laïque ? Celui-ci est naturellement mené par des associations qui se sont constituées spécialement dans ce but (encore que leurs adhérents soient en majorité incroyants), mais aussi et surtout par des mouvements athées dont l’objectif principal, avoué ou non, est la lutte contre les religions. Sommes-nous, d’autre part, rejoints par des croyants convaincus du bien-fondé de la loi de 1905 ? Fort peu, et pour cause, on n’a jamais vraiment cherché à les convaincre. Cette situation a pour origine la bipolarisation héritée de la Révolution de 1789, spécificité française évoquée plus haut : républicains forcément irréligieux et anticléricaux d’une part, catholiques forcément conservateurs, royalistes ou bonapartistes, d’autre part. Cette bipolarisation était commode, mobilisatrice, et elle a fait les grandes heures de la IIIe République... mais elle n’est plus d’actualité. La République et ses principes démocratiques sont devenus largement consensuels et l’Église s’y est adaptée, ce qui a démobilisé le militantisme anticlérical. Si donc nous ne comptons que sur les libres-penseurs pour mener le combat laïque, inutile de continuer, il est perdu d’avance - dans un contexte démocratique, s’entend - , d’autant que l’agressivité en ce domaine (« À bas la calotte ! ») est contre-productive : elle permet aux antilaïques... pardon, aux apôtres d’une « laïcité ouverte, apaisée, etc. » de présenter la vraie laïcité (celle qui n’a pas besoin d’adjectif) comme une manœuvre antireligieuse en étant si peu que ce soit crédible... et c’est bien dommage.

Pour défendre aujourd’hui le modèle laïque français, la logique qui l’a justifié au XIXe siècle ne suffit plus. Il faut maintenant une argumentation susceptible de convaincre au-delà du cercle des incroyants. Cette argumentation, c’est celle qui s’adresse à tous les citoyens, croyants ou pas, attachés aux libertés de conscience et d’expression et à tout ce qu’elles impliquent : liberté de croire, de ne pas croire, d’abjurer, de critiquer et même de moquer (sous la seule réserve de ne pas porter atteinte aux personnes et à leur droit à ces mêmes libertés) ; liberté, en somme, d’exercer sa raison dans un débat ouvert qui seul permet, en discutant les idéologies, y compris religieuses, de les faire évoluer positivement. Ne pas admettre cela, c’est être un intégriste, donc un fanatique, un non-civilisé. Les religions, d’ailleurs, n’ont pas le monopole du dogmatisme, et ceux qui justifient la violence totalitaire au nom d’une utopie sociale n’ont rien à envier, en termes de barbarie, à ceux qui font de même au nom d’une religion. Le concept de laïcité ne détermine donc pas une frontière entre croyants et incroyants, mais entre gens raisonnables et fanatiques, pour protéger les premiers contre les seconds. L’État laïque garantit les libertés de conscience et d’expression précisément parce que, ne reconnaissant officiellement aucune religion, il ignore à la fois tout jugement moral relatif à ses dogmes et textes « sacrés » et tout délit (blasphème, hérésie, apostasie...) que l’on pourrait invoquer en leur nom. La laïcité, ce n’est pas de combattre les religions ni même de chercher à les rendre politiquement correctes, c’est de n’en reconnaître aucune dans la sphère publique pour permettre la libre pratique comme le libre examen de toutes dans la sphère privée de chacun.

Dans notre système laïque, donc, l’État n’a pas à se préoccuper du contenu idéologique des textes fondamentaux de quelque philosophie ou religion que ce soit. Les croyants - et c’est pour eux une garantie importante - ne sauraient donc subir de discrimination en fonction de l’acceptabilité morale des préceptes contenus dans ces textes. La laïcité offre ainsi une ouverture sans préjugé à toutes les religions, même à celles dont les traditions sont sexistes, violentes ou totalitaires, et qui pourraient de ce fait constituer une menace pour notre société. Les croyants sont en revanche, comme tous les citoyens, responsables de leur propre comportement vis-à-vis de la loi. Un religieux qui prône ou justifie le meurtre est passible de poursuites judiciaires, et ce quels que soient ses textes de référence (qui ne sont « sacrés » que pour ceux qui veulent bien y croire, et en aucun cas au regard de l’État laïque). Ces textes ne sont pas en eux-mêmes un chef d’accusation, liberté de conscience oblige, mais ne sauraient non plus constituer une excuse. L’absence de toute censure relative à la religion en tant que telle a pour contrepartie l’obligation pour ceux qui y adhèrent de le faire avec discernement.


Laïcité, rien que la laïcité

De culture républicaine comme nombre de mes concitoyens, j’ai fait miennes diverses valeurs morales telles que droits de l’homme (femme incluse, bien entendu), émancipation de la pensée (par l’instruction publique), justice économique et sociale... et naturellement laïcité de l’État. Il est évident que ces valeurs sont liées, à la fois par l’humanisme qui les sous-tend et par leur contexte historique. Pour autant, est-ce rationnel, et surtout stratégiquement judicieux, d’en faire l’amalgame sans précaution ?

L’extériorisation la plus fréquente de la culture identitaire des communautés issues de l’immigration réside dans le port de vêtements traditionnels enveloppants, surtout pour les femmes, sous prétexte d’une protection religieusement correcte de leur pudeur. Les différentes variantes du voile islamique en sont l’exemple classique, où le précepte religieux sert avant tout à conforter une tradition patriarcale profondément sexiste. Rien d’étonnant donc à ce que tous ceux qui sont attachés à l’égalité des droits, et particulièrement les mouvements féministes, soient révulsés par ce symbole vestimentaire de l’asservissement de celles qui le portent. Mais quoi ?... En dehors de la sphère publique de l’État et de ses institutions, on ne peut que respecter la liberté pour chacun d’exprimer son opinion, même si celle-ci - « je suis soumise et j’aime ça » - est la négation même de la liberté. On se souviendra d’ailleurs avoir vu autrefois, sans en avoir été scandalisé outre mesure, les religieuses catholiques semblablement vêtues... Donc, mis à part les voiles qui masquent le visage et qui pourraient (devraient même, à mon avis) être prohibés pour des raisons de sécurité publique, ces accoutrements, tant qu’ils se situent dans la sphère privée, y comprirent dans les lieux publics, ne peuvent être légitimement interdits, et surtout pas au nom de la laïcité : C’est rendre à celle-ci un bien mauvais service que de l’instrumentaliser, par un amalgame avec la cause féministe, contre la liberté d’expression dont, précisément, le système laïque est garant ! En revanche, c’est le rôle des mouvements féministes que de contrer l’argumentaire religieux du sexisme, d’informer les femmes de leurs droits, et de contribuer ainsi à l’éducation publique qui est, à terme, souvent plus efficace que la législation elle- même...

L’importance fondamentale de l’éducation sur l’évolution des mentalités n’est en effet plus à démontrer, et ce n’est pas un hasard si les intégristes de toutes tendances ont toujours rejeté l’éducation par la raison et la connaissance objective pour revendiquer l’enseignement, si possible exclusif, de leurs propres doctrines. Un État démocratique doit donc garantir le droit des enfants à une éducation émancipatrice, soit au travers d’un service public, soit par des conventions avec des établissements de droit privé. D’un point de vue égalitaire, le service public est naturellement préférable, et certains (dont je suis) regrettent même que l’État français, quand il en a eu l’occasion historique, ne se soit pas attribué le monopole de l’enseignement général, au moins primaire - encore eût-il fallu s’en donner les moyens -. Pour autant, c’est une erreur que de défendre l’école publique au nom de la laïcité. Si, en effet, celle-ci impose de tenir les services publics hors de toute influence confessionnelle, elle ne fixe en revanche nullement le domaine que doivent couvrir les services en question. On peut donc, au nom du libéralisme économique, prôner la privatisation de l’enseignement sans que la laïcité soit formellement en cause, pourvu que l’État s’assure de ne subventionner que des établissements pratiquant un enseignement laïque, ce qui est le cas général aujourd’hui. Au temps de Jules Ferry, l’école privée était synonyme d’une éducation dogmatiquement religieuse et antirépublicaine, ce qui justifiait l’instauration de l’école publique au nom de la laïcité et de la démocratie, mais cette logique n’est plus d’actualité. Au contraire, l’abus de l’argument laïque pour défendre les postes et les salaires de l’Éducation Nationale ne peut qu’être utilisé contre la cause de la laïcité elle-même par ceux qui souhaitent, pour mieux la combattre, l’accuser de servir un fonctionnarisme corporatiste.

Le drame de la laïcité, enfin, est qu’elle est perçue, par ceux-là mêmes qui la défendent le plus énergiquement, comme un élément parmi d’autres dans des stratégies politisées « globalisantes », suivant la formule de Jean Jaurès : « aboutir à la république sociale en liant le combat laïque au combat social ». L’amalgame va plus loin encore chez les marxistes, pour qui la religion, de par son effet anxiolytique et réconfortant (« l’opium du peuple »), détourne le prolétariat de la révolution libératrice et doit donc être combattue, la laïcité constituant une étape dans ce but. Ainsi la laïcité se trouve-t-elle associée, dans l’inconscient collectif, non seulement à d’autres principes républicains généralement admis, mais aussi à des idéologies de gauche, voire d’extrême gauche, qui sont beaucoup moins consensuelles. Et les suppôts du communautarisme ont alors beau jeu, tout en manifestant un attachement hypocrite à une laïcité de principe, de reprocher au modèle français une prétendue intolérance qui serait le reflet, au mieux d’un anticléricalisme désuet, au pire d’un totalitarisme sorti des poubelles de l’Histoire...

Il faudrait, en face d’eux, expliquer que le principe laïque n’est rien s’il ne se traduit pas dans la législation ; que la loi de 1905 répond à ce besoin ; qu’elle a été votée en son temps par des « gens de gauche », mais qu’elle n’est aujourd’hui ni de gauche ni de droite, elle est le bien commun de tous les Français ; qu’elle n’est ni féministe, ni socialiste, mais purement et simplement laïque ; et qu’elle n’est pas antireligieuse, mais est faite, au contraire, pour protéger les croyants de bonne foi (dans tous les sens du terme) comme les incroyants... Voilà, en effet, ce qu’il faudrait dire...


L’avenir ?... La laïcité !

Voilà, plutôt, ce qu’il aurait fallu dire... car il est à craindre que ce ne soit déjà trop tard. Les défenseurs de la laïcité, trop politisés et agressifs, n’ont pas su être suffisamment convaincants. La plupart des Français se soucient plus de leur pouvoir d’achat que de leur liberté de conscience qui n’est pas directement menacée. Nos dirigeants pensent garantir la paix civile par des aides aux communautés religieuses, notamment musulmanes, en échange de leur collaboration. Et la construction de l’Europe politique, majoritairement communautariste et déjà sous l’influence des lobbies religieux, est inéluctable. Bref, tout concourt dans notre pays à une régression de l’esprit laïque, à une reconnaissance de plus en plus officielle des instances cléricales de toutes confessions, et finalement à une remise en cause de la loi elle-même. Cette évolution probable, pour décevante qu’elle soit, doit être considérée avec philosophie (n’oublions pas que notre République elle-même ne s’est pas faite en un jour...). Le communautarisme aura peut-être l’avantage, du moins je l’espère, d’amener les non-croyants à se rassembler, à prendre conscience de leur identité et à affirmer publiquement leur humanisme, bref à sortir de l’ombre, mais ceci est un autre débat. Il reste qu’à terme, une chose paraît certaine : la mondialisation des religions finira par avoir raison du communautarisme. Qu’arrivera-t-il en effet lorsque, usant des réseaux modernes de communication et s’appuyant localement sur des populations émigrées de plus en plus nombreuses, les diverses religions de la planète pourront chacune ambitionner d’implanter leur théocratie n’importe où, et notamment en France ? Lorsque pour cela elles entreront en compétition les unes avec les autres ?... Les pouvoirs publics, pour éviter des situations ingérables, pour imposer le « vivre ensemble » civilisé, n’auront alors d’autre recours que celui de la laïcité. Espérons seulement qu’ils n’attendront pas des effusions de sang pour s’en apercevoir.

www.laic.fr

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 27 janvier 2008

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L’effondrement boursier du « Martin Luther King Day » n’est pas la cause de la crise, mais sa conséquence. Loin d’une crise boursière, comme lors de la bulle Internet au début des années 2000, nous assistons en fait à une crise globale du crédit. Son cœur se trouve dans les innovations malhonnêtes – au vrai sens du terme ! – des banques dont le but avoué était de réaliser davantage de profit sans prise de risque. Ainsi, les établissements bancaires encaissaient les commissions des prêts octroyés tout en déléguant la gestion des risques à des intermédiaires. Une fois de plus, la dilution des responsabilités est une marque caractéristique de la déréglementation libérale. La cerise sur le gâteau a été cette invention : la dilution des risques dans l’ensemble du système financier, c'est à dire cette fameuse « titrisation » qui consiste à vendre des « packages » financiers mélangeant toute sorte de titres et de dettes (l'objectif étant de dissimuler les risques réels).

Pour en arriver à cette situation catastrophique, il a fallu paradoxalement en finir avec les mécanismes de contrôle des marchés financiers. Il est presque comique de constater que ceux-là mêmes qui n’ont à la bouche que « l’économie de marché » ont en réalité tout fait pour détruire son existence et ces mécanismes de régulation et de contrôle. Dans l’univers post-moderne de la finance, c’en est terminé avec les notations objectives, les contrôles, le bilan honnête (le « hors bilan » devenant de plus en plus important), la régulation disciplinaire du marché, le mécanisme d’autorégulation des risques, ne sachant plus ou ils se trouvent.

Il s’agit bien d’une crise du crédit et celle-ci est directement le résultat d’une politique économique en cours depuis trente ans. Comment en effet conjuguer dans le même temps une diminution de la part du travail dans la répartition du profit au bénéfice du capital (-11 % en vingt ans), et une croissance de la consommation courante des ménages des pays occidentaux ? C’est impossible à moins de provoquer dans un premier temps une réduction de l’épargne et dans un second temps d’inciter à un endettement, puis finalement à un surendettement des ménages lorsque l'endettement a atteint ses limites raisonnable. Par exemple, la banque centrale d’Angleterre a, dans les trois dernières années, tiré la sonnette d’alarme à de nombreuses reprises en affirmant que la plupart des ménages britanniques étaient en réalité en banqueroute. Et il en va de même en Espagne. La politique stratégique du « crédit à tout va » a généré depuis la crise asiatique, il y a dix ans, une gigantesque bulle. Entre juin 2006 et juin 2007, aux États Unis d'Amérique, le PIB a augmenté de 250 milliards de dollars et la dette des ménages des ménages et des entreprises de 2 186 milliards de dollars. La zone euro suit la même voie. Cette logique de l'endettement permet de créer un flux d'argent des plus pauvres vers les plus riches sans créer fondamentalement de richesses ou très peu. L'illusion est que le PIB augmente, mais il augmente sur du vide. La surenchère conduit à des prêt sur des durées dépassant la durée de vie humaine transmissibles aux enfants, sur des endettement mensuel trois ou quatre supérieur au salaire : c'est une course qui ne repose que sur l'illusion que l'on peut endetter sans fin. Depuis des années, l’inflation des liquidités mondiales s’auto-alimentait par la création de valeurs fictives qui, d’une part, garantissaient l’adossement du crédit et, d’autre part, « fixaient » ces liquidités monstrueuses. Les actions mobilières ou les biens immobiliers tels des mollusques accrochés aux rochers, servant de supports pour cette « illusion fiduciaire ».

Il fallait bien que ce système de « cavalerie » s’arrête un jour ou l’autre ; il aura tout de même duré plus de dix ans. Aujourd’hui, nous sommes revenus dans le monde réel où justement la valorisation des actifs va retrouver sa réalité de marché. En résumé, il va falloir comparer la dette à ce qui existe dans la réalité. Et il y a fort à parier que nous allons assister à une destruction de richesse (en fait fictive) à l’échelle de la planète. Comme d’habitude, les plus pauvres, les surendettés paieront les pots cassés par la saisie et la liquidation de leurs biens achetés à (sur)crédit, comme c’est déjà le cas pour les foyers modestes américains victimes de ces « crédits subprimes » qui ne sont ni plus ni moins que des crédits usuraires.

Mais cette crise, qui s’est déjà étendue à l’économie des pays occidentaux, va peut-être montrer les limites du turbo-capitalisme, même aux yeux des profiteurs du système. Dans le seul but de cyniquement sauver l’essentiel de leurs gains, certains d’entre eux commencent à penser et à dire que l’on ne peut plus continuer comme avant. Il faut faire l'effort rendre compatible une paupérisation relative des pauvres avec une augmentation de la consommation (il faut bien qu'il achète pour que les riches c