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"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine  des autres." Romain Gary

"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
Patrick Kessel


"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Mardi 1 avril 2008

Par Régis Debray (Le Monde, 20 mars 2008)


Ce qui m’importe, c’est ce que l’on pensera dans deux générations« , disait de Gaulle en 1969. Sentant venir la mort à Colombey et pesant chaque mot sur sa page blanche, le mémorialiste travaillait d’arrache-pied à ses Mémoires d’espoir, ses Discours et messages, pour les léguer à la jeunesse. »C’est elle qui saura reconnaître ce qui est essentiel« , ajoutait-il, anxieux de savoir »s’ils vont comprendre le sens de ces textes« . Deux générations ont passé, et l’essentiel a changé de face. C’est non une bibliothèque, mais un »monument audiovisuel", sous le nom improbable d’historial, qui s’offre aujourd’hui à nos lévites, aux Invalides. Dans cet Espace de Gaulle, dont le coeur est un film biographique projeté sur cinq écrans et qui serre la gorge, l’homme de plume et de pensée, l’auteur du Fil de l’épée et des Mémoires de guerre, a disparu derrière l’homme d’action et d’image. L’icône a gommé les mots, traités çà et là sur le mode images. Nos écoliers pourront voir ce que de Gaulle a fait sans avoir à se demander pourquoi il l’a fait. Au moins seront-ils surpris de constater, au fil des prises de vue et des clichés, qu’il y eut une préhistoire où un chef de l’Etat n’était pas encore tenu, du matin au soir, de sourire aux caméras. Le général s’y découvre à cru, tour à tour bougon, émoustillé, hautain, absent, rêveur - sans ce cheese d’optimisme benêt qui plaque désormais un même sourire de plâtre sur le visage de nos politiques.

Imaginé en 2002 par Yves Guéna, compagnon de la Libération, décidé et mis en oeuvre par Jacques Chirac, ce sanctuaire de pixels et de sons a été inauguré, à cause des retards de la construction - dus à la découverte inopinée d’un blockhaus allemand construit sous la cour de la Valeur -, par notre véloce et fringant président, Nicolas Sarkozy. Le bougiste de la vidéosphère, tout aux surfaces et à la transparence, a donc pu saluer le menhir de la graphosphère, tout en mystères et arrière-plans. En sa personne, l’antithèse a célébré la thèse.

Voilà qui n’est pas sans rappeler que sous cette même coupole dorée, en 1840, Louis-Philippe procéda à la translation des restes de Napoléon, recueillis à Sainte-Hélène par son propre fils, le prince de Joinville. Le bonnet de coton appelait à la rescousse le bonnet à poil, le parapluie invoquait les prestiges du sabre. Qu’un PDG de l’entreprise France and Co. rende à présent les honneurs au prophète de la nation France témoigne que l’ironie de l’histoire aussi a son bégaiement. La légitimité morale que la monarchie des notables et des banquiers, inféodée à l’Angleterre, attendait de la dépouille du Petit Caporal, voici que la République du CAC 40 et du show-biz, inféodée aux Etats-Unis, la demande à l’ombre scintillante du Grand Charles (qui disait n’avoir eu qu’un seul ennemi, sur la longueur : l’argent). Souvenons-nous que l’écrivain-soldat, qui écrivait plume en main ses discours, ne recevait de ses collaborateurs que des fiches techniques ; et qu’il exigea de son éditeur, Marcel Jullian, une note de lecture de son manuscrit, avant tout projet de contrat.

Le grand souffle a son thermostat : quand il déserte nos palais, il repeuple nos écrans. Ce jeu de bascule entre le réel et l’imaginaire nous vaut parfois de belles consolations. C’est le cas ici. Les initiateurs de ce lieu de mémoire sophistiqué, qui souhaitaient inscrire le fondateur de la Ve République dans le sol parisien, auraient un moment pensé au château de Vincennes, à la sobre et roide majesté. Les Invalides lui furent finalement préférés. Et voilà que l’homme du 18-Juin, gisant dématérialisé en reflets lumineux, repose aux côtés de Louis XVI (peinture à l’huile) et de Napoléon (porphyre rouge). « De Gaulle au musée ! » Le voeu de Mai 68 est exaucé.

« Entre autres particularités dont peuvent se targuer les monuments, notait Musil, la plus frappante, paradoxalement, est qu’on ne les remarque pas… L’attention coule sur eux comme l’eau sur un imperméable. » Et Freud jugeait bon qu’une société fixe ses spectres sur un socle de pierre pour se débarrasser des harcèlements de la mémoire. Puisse l’invisibilité épargner cette impalpable statue. La scénographie interactive, sonorisée et plurimédia, donne lieu à des commentaires équilibrés qui ne lèsent aucune sensibilité, gauche ou droite. On y plonge comme un scaphandre dans un aquarium frémissant de phosphorescence, de réminiscences et d’émotions, flottant et dérivant d’une console à une autre.

La transmutation de la trace écrite en silhouette électronique, d’un penseur de l’action en vedette de l’écran, eût sans doute réjoui l’auteur du Musée imaginaire, convaincu qu’il était que la métamorphose est la providence des oeuvres d’art en leur permettant toutes les résurrections. Ce qui vaut pour l’histoire à rebondissements des formes vaut sans doute aussi pour celle des grands hommes. Chaque époque technique les restaure à son image et semblance, chaque moyen de transmission les transfigure avec les moyens du bord. La mémoire de Napoléon, à l’époque romantique, devait autant au Mémorial de Sainte-Hélène qu’aux images d’Epinal. Celle de De Gaulle, en notre époque cynique, devra moins aux Chênes qu’on abat qu’aux archives de l’INA. Mieux vaut une mémoire allégée qu’une pesante amnésie. Ni Louis XIV ni Napoléon n’ont laissé d’empreintes visuelles et sonores, alors que, du général-micro, les faits et gestes furent pour la plupart enregistrés. Ce qui devrait suffire pour rendre obligatoire cette plongée dans l’Histoire, il y a mille ans, quand la France pesait encore, par le choix du mot juste, sur le cours des choses et du monde.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Culture et Mémoire Républicaine
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Dimanche 30 mars 2008

Par refus de voir les islamistes dictaient leur loi, par volonté inébranlable de défendre la liberté d'expression face à tous les censeurs et capitulards, nous ne pouvons que diffuser le film du très controversé Geert Wilders, "Fitna".


Alors oui, ce film est le produit d'un député d'extrême-droite, dont les progessistes ne peuvent évidemment pas partager les arrières-pensées xénophobes.

Mais, en soi, qu'a donc de si scandaleux ce film, au point que la bien-pensance, relayant le discours islamiste, voudrait voir interdire ?

Est-il insultant ? Est-il raciste ? Amalgame-t-il vraiment Islam et terrorisme ? Est-il un appel à la haine ?

Rien de tout cela. Ce qui scandalise ces gens, c'est que ce film met le point là où ça fait mal, et ce avec des arguments incontestables. Alors que l'Islam est présenté comme une religion d'amour, au point que les islamistes n'auraient absolument rien à voir avec celle-ci, le film montre que les crimes et sévices commis au nom de l'Islam trouvent bel et bien leur justification dans le Coran, le livre saint de cette religion.

Est-ce donc un crime que de critiquer une religion ? Faudrait-il se taire, et laisser l'Islam à son stade obscurantiste ? Faudrait-il donner raison à la vision de l'Islam qu'en ont les islamistes ?

Evidemment, les musulmans d'aujourd'hui sont à une écrasante majorité modéré. Le problème, c'est que l'Islam en lui-même n'est pas modéré.

Aux responsables musulmans qui ne se reconnaissent pas dans les attaques de Wilders envers l'Islam de prendre enfin leur distance avec les sourates haineuses de l'Islam, ainsi qu'avec tous les islamistes, "modérés" ou pas, qui y trouvent toute leur légitimité.

Le monde n'avancera que dans la controverse. Certainement pas avec la censure, outil par excellence de la tyrannie et de l'obscurantisme.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Vidéothèque
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Samedi 29 mars 2008

 

Retirer la France de l'OTAN, outil américain de guerre et d'agression

 


Répondant aux exigences répétées de Georges Bush, Nicolas Sarkozy a décidé unilatéralement et sans consultation préalable du Parlement, d’envoyer 1000 militaires français en Afghanistan, lesquels viendraient s’ajouter aux 1900 qui déjà combattent le peuple Afghan dans une guerre américaine illégitime, sous les ordres directs de l’Administration des Etats-Unis qui contrôle l’Otan globalement.

En s’installant dans cette logique de guerre, Monsieur Sarkozy confirme qu’il n’est que le Président d’une République Française qui, sous son influence, s’enfonce toujours davantage dans l’engrenage de la souveraineté limitée inhérente au carcan euro-atlantiste. Sous sa pratique d’un pouvoir personnel apparent, la réalité est une fuite en avant dans l’approfondissement de la vassalisation de la France.

L’armée française est en passe de devenir une structure supplétive de la politique d’agression et de guerre de l’impérialisme américain. Face à celle-ci, une politique étrangère conforme à l’intérêt national, nécessiterait au contraire, une volonté d’endiguement de la menace américaine et de défense de la paix mondiale, dans le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

En Europe, le bellicisme de notre Président représentant de la bourgeoisie compradore, n’est pas isolé notamment en Grande-Bretagne et en Allemagne. Dans ce pays l’ancien ministre de la défense Joseph Fischer est inquiet devant l’incapacité des troupes de l’Otan de gagner la guerre voulue par les stratèges américains en Afghanistan. Dans ce pays, les combats s’intensifient. Le bilan des pertes américaines s’accroît et s’ajoute à celles de la guerre coloniale en Irak. Cela fait progresser la prise de conscience du peuple américain et son refus de ces guerres.

Devant cette réalité Fischer, homme de « gauche » n’hésite pas : ce qui est en jeu en Afghanistan « c’est une victoire ou une défaite sur le terrain » et donc « l’avenir même de l’Otan ». Pour le moment le gouvernement allemand semble réticent devant l’hypothèse de suivre Joseph Fischer. Celui-ci estime que l’Allemagne, la France et la Grande Bretagne doivent agir de concert et développer des forces militaires « européennes » Ce n’est pas nouveau, Fischer défend l’idée d’une politique européenne militaire et de sécurité sous hégémonie allemande. Il confirme en cela une fois encore l’analyse du Comité Valmy du rôle à la fois complice et concurrent de l’impérialisme allemand par rapport à la politique des dirigeant américains.

Cette guerre américaine en Afghanistan, comme d’autres, est menée au nom de la lutte « contre le terrorisme » Mais les services de renseignements US eux –mêmes, confirment que ces guerres peuvent exacerber -et nous considérons que c’est l’un de leurs objectifs- des contradictions au sein des peuples, entre les cultures et les civilisations. Sarkozy dans sa logique et sa volonté de guerre n’est aucunement représentatif du peuple français qui était avec raison, quasiment unanime sur le refus de la guerre américaine contre l’Irak exprimé à l’époque par Jacques Chirac et Dominique de Villepin.

Nous estimons que les Français doivent exiger que la France officielle renonce à la politique de guerre de Sarkozy et à transformer les soldats qui agissent au nom de la France, en supplétifs d’une guerre américaine injuste, illégitime et illégale.

Le Comité Valmy estime que les militaires français doivent quitter l’Afghanistan et qu’il est de l’intérêt de la France de se retirer de l’Otan. Nous estimons aussi que cet appareil d’agression et de guerre sous contrôle absolu des USA doit être dissous dans l’intérêt de la paix dans le monde qu’il menace en permanence.

Nous estimons que la France s’inspirant de l’exemple donné par le Général de Gaulle, doit refuser toute participation à une guerre qu’elle n’aurait pas elle-même décidée. Il convient à cet effet, de rétablir une politique de défense nationale souveraine, dans le cadre d’une indépendance nationale réaffirmée.

Nous estimons encore que la République française doit rétablir la conscription. L’armée française doit redevenir l’armée la nation et celle de notre peuple, au service de sa défense. La souveraineté populaire et nationale ainsi que la démocratie, détruites par le totalitarisme néolibéral et atlantiste de l’Union européenne, doivent être rétablies.


Gilles Bachelier et Claude Beaulieu, pour le Comité Valmy

par le Citoyen Thimèle publié dans : La France dans le monde communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 27 mars 2008


Par Pierre Baracca


Enquête par sondage de l’Ifop pour La Croix, réalisée les 6-7 mars 2008, à partir d’un échantillon représentatif d’une population de 15 ans et plus (méthode des quotas).

C’est une enquête qui bouscule de nombreux discours médiatisés convenus. N’en déplaise au Président Sarkozy et à ceux qui à gauche ont oublié la République laïque, les Français ne les suivent pas pour liquider la laïcité avec la notion-piège de « laïcité ouverte » ou « apaisée » ou « positive ». L’enquête réalisée par l’Ifop et publiée par « La Croix » le 21 mars 2008 montre que la laïcité est l’une des valeurs républicaines les plus importantes pour les Français. Et même 77 % d’entre eux disent que « les autorités religieuses ne devraient pas prendre position publiquement sur les grands enjeux de société ». La laïcité est donc un choix politique fondamental des Français.

Ce qui interpelle dans cette enquête, c’est qu’elle tord le cou à des préjugés. L’enquête empirique casse des représentations toutes faites, comme on dit en sociologie. D’abord du côté des « jeunes ».

La laïcité : un principe républicain prisé des jeunes

Parmi les cinq principes républicains soumis à l’ensemble des sondés, la laïcité est classée en 2ème position avec 30%, derrière le suffrage universel (41%) et devant la liberté syndicale (12%), la liberté d’association (9%), la libre constitution des partis politiques (8%). Et la laïcité est le seul principe à progresser depuis 2003 : son score passe de 25% à 30%, soit 5 points de plus.

Dans ce classement, la surprise vient des jeunes. Ce sont les « 15-24 ans » qui attachent le plus d’importance à ce principe de laïcité : 35%, alors que le taux est de 27% pour les « 25-34 ans » et de 30% pour les « 35 ans et plus ». La laïcité n’est donc pas un principe obsolète de vieux qu’il conviendrait de jeter à la poubelle pour s’adresser aux jeunes, pour faire « Jeune » (jeunisme). Au contraire !

Cette tendance est confirmée ailleurs dans l’enquête. Si 71% des Français disent vouloir maintenir la loi de 1905 telle qu’elle est, cette aspiration est encore plus forte chez les « moins de 35 ans » : 77% contre 68% chez les « 35 ans et plus ». La demande de laïcité progresse donc chez les jeunes.

A la question « La religion relève de la vie privée et les autorités religieuses ne devraient pas prendre position sur les grands enjeux de société », ce sont encore les « 15-34 ans » qui sont le plus d’accord (80%). Mais les « 35 ans et plus » partagent aussi fortement cet avis : 76%.

C’est clair : pour les Français la religion relève de la vie privée et la vie en société doit être régie par la République laïque.

Si 87% des Français répondent positivement à la proposition « Les religions peuvent créer des tensions au sein de la société », les « moins de 35 ans » l’affirment encore davantage avec un taux de 90%.

Au vu de ces résultats, les Français, et les jeunes en particulier, sont acquis à la République laïque et rejettent massivement l’emprise des appareils religieux (les Eglises) sur la vie sociale et le politique. On peut considérer qu’ils refusent tout projet politique d’une théocratie. Ils exigent en somme le primat du politique sur le religieux. Revendiquer l’extension à l’Université de la loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux est donc en phase avec les choix des « jeunes ».

En somme, il faut cesser de confondre la majorité de la jeunesse française avec la poignée de jeunes qui s’agitent très médiatiquement autour des thèses des « Indigènes de la République », de Tariq Ramadan et des jeunes filles voilées de l’islamisme politique ou autour des thèses anti-IVG des intégristes catholiques. Pas étonnant qu’il y ait des discordances entre des leaders politiques et leur électorat.

Laïcité : quand des leaders politiques divergent avec leur électorat…

Cette enquête met en évidence que les choix anti-laïques de certains leaders politiques divergent avec leur électorat. En effet les gens proches de la gauche et de la droite classent tous la laïcité comme 2ème principe républicain.

C’est le cas des personnes proches de l’UMP qui retiennent « la laïcité » à hauteur de 26%, soit seulement à 4 points sous la moyenne des Français. La liquidation de la loi de 1905 par la « laïcité positive », martelée par le président Sarkozy, n’est donc pas conforme aux valeurs de ces électeurs. Est-ce une des raisons de l’abstention de l’électorat UMP aux municipales ? Et de son désamour avec les orientations anti-laïques de N. Sarkozy ? D’autant que 85% de l’électorat UMP considèrent que « les religions peuvent créer des tensions au sein de la société ».

A gauche, certaines fractions des états-majors auraient intérêt à s’interroger aussi sur leur coupure avec leur électorat.

Si ce sont les proches du PS qui défendent le plus (80%) « la loi de 1905 telle qu’elle est », les dérives anti-laïques de certains leaders socialistes entrent probablement en compte dans l’abstention de l’électorat socialiste aux municipales. Les horaires de piscines réservés aux femmes voilées (comme à Lille) et les injonctions religieuses dans les cantines scolaires municipales (comme à Lyon) ne peuvent pas être un schéma de pensée facilement accepté par les électeurs socialistes.

Les proches du PC défendent à 74% la « loi de 1905 telle qu’elle est ». Seulement 9% sont pour la « réformer » : ils sont d’ailleurs les moins nombreux, gauche et droite confondues, à demander la réforme de la loi de 1905. Ils sont donc défavorables à la « laïcité ouverte » défendue par la ligne politique de Marie-Georges Buffet. Les anti-laïques seraient-ils donc sur-représentés au sein de l’appareil du PCF ? D’autant que 69% de cet électorat approuvent la proposition « La religion relève de la vie privée et les autorités religieuses ne devraient pas se positionner sur les grands enjeux de société ». Ceux des députés communistes qui ont refusé de voter la loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux à l’Ecole, ne reflètent pas l’énorme majorité de l’électorat communiste. Pas plus que les maires communistes finançant des mosquées.

C’est encore plus flagrant à l’extrême-gauche ! 78% de leurs proches veulent maintenir la « loi de 1905 telle qu’elle est » et seulement 16% veulent la « réformer » : on peut dire qu’ils sont donc en désaccord avec les thèses islamo-gauchistes, d’autant qu’ils sont ceux des Français qui accordent le plus grand score à la laïcité parmi les cinq principes républicains : 48%, soit 11 points de plus que la moyenne de la gauche et 18 points de plus que la moyenne des Français. Le discours anti-républicain et anti-laïque d’un Olivier Besancenot, d’un José Bové, de certaines directions syndicales constitue probablement un obstacle à un développement populaire du courant anti-libéral et anti-capitaliste en France.

L’électorat des « Verts » se situe à 64% pour défendre la loi de 1905 contre 72% pour le MoDem. Avec 25% il figure parmi les plus perméables « pour réformer la loi de 1905 », soit un score semblable à celui du MoDem (24%) et de l’UMP (26%).

Quelques autres préjugés qui sautent…

► Femmes-Hommes :

Y a-t-il un effet « Sexe, Genre » ? Sur la question de la laïcité, la différence entre les femmes et les hommes est insignifiante : 72% des hommes et 70% des femmes veulent garder la « loi de 1905 telle qu’elle est ». Cette tendance à la similitude de pensée traduit donc une émancipation croissante des femmes par rapport à l’influence religieuse du passé sur leur socialisation. C’est un total démenti au projet politique anti-féministe des islamistes en France ! Ce que ne reflètent pas les propos de nombreux journalistes ou animateurs des médias écrits ou parlés.

► Catégories socio-professionnelles :

On les aurait classés « Bobos » ou « Réacs », or ce sont les « Professions libérales-Cadres supérieurs » qui sont les plus favorables en France à la « loi de 1905 telle qu’elle est » : 77% (selon l’Ifop, le 82% des « Artisans-commerçants » repose sur un effectif interrogé trop petit). Puis viennent les « Professions intermédiaires » (74%), les « Ouvriers » (67%) et les « Employés » (58%). Les retraités (toutes catégories confondues) se situent à 73%, soit deux points au-dessus de la moyenne des Français.

► Les catholiques et les autres…

Les catholiques français : des « intégristes ? Nenni ! Une forte majorité des catholiques (69%) veut conserver la « loi de 1905 telle qu’elle est », ne se différenciant guère ainsi des « Sans religion » (70%). L’enquête montre que 61% des « Autres religions » ont la même attitude, mais ne précise pas les différences selon le protestantisme, le judaïsme et l’islam.

En somme, cela invite à la nuance et à ne pas confondre laïcité et anti-cléricalisme, ce qui peut être destructeur de l’adhésion massive actuelle à la laïcité en France. D’autant que simultanément 79% des interrogés sont favorables à la proposition « La laïcité doit consister à respecter toutes les croyances et ne doit pas considérer les religions comme un danger, mais comme un atout pour la société », même si dans le même temps 87% tempèrent la formulation de la question en disant que « les religions peuvent créer des tensions au sein de la société ».

► Effet de la taille des communes ?

« L’agglomération parisienne » dit à 63% vouloir conserver la « loi de 1905 telle qu’elle est », soit 6 points de moins que les « Communes rurales (69%), 10 points de moins que les « Communes urbaines de province », mais aussi 8 points de moins que la moyenne française, 14 points de moins que les « Professions libérales-Cadres supérieurs », 15 points de moins que l’extrême-gauche. Quelles hypothèses d’explication avancer ? A creuser par d’autres enquêtes.

Finalement, que conclure ?

Que les Français assument tenacement leur histoire politico-religieuse depuis les ruptures successives des rois de France avec les Papes (gallicanisme ou primat du politique sur le religieux), depuis l’Edit de Nantes avec Henri IV, depuis la philosophie des Lumières et la Révolution de 1789, depuis les grands combats républicains du XIXe siècle pour la république, la laïcité, l’Ecole publique obligatoire, donc gratuite, donc laïque. On peut ajouter que le débat et la loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux ostensibles à l’Ecole ont probablement contribué à refaire prendre conscience que les libertés ne sont pas naturelles, mais qu’elles dépendent de cette conquête qu’est la République laïque.

En effet « les façons de pensée, d’agir, de se comporter », comme disait le sociologue Emile Durkheim, et même la liberté de choisir sa religion ou de ne pas en avoir ne sont possibles que dans une République laïque. Comme les Français en ont hélas la preuve quotidiennement avec la vision des massacres liés aux guerres inter-religieuses en Orient, au Moyen Orient, en Inde, au Pakistan, en Afrique. Comme le prouvent aussi les exigences obscurantistes croissantes des islamistes en Europe, au Canada, etc. L’attachement des Français à la laïcité procèdent de tout cela : il est une valeur politique incontournable que le Président Sarkozy ne doit pas perdre de vue, même si les institutions européennes l’aident dans cette opération de liquidation du pacte de la République laïque en France.

Riposte Laïque

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 23 mars 2008
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Européanisation de la dissuasion française : un nouveau coup d'éclat au détriment de l'intérêt supérieur de la France

Le président de la République vient de resservir la vieille lune de la mise au pot commun européen de la force de frappe nucléaire française.

Une européanisation de notre dissuasion nucléaire, tout comme celle de notre droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations Unies régulièrement préconisée par exemple au Parlement européen, serait une triple faute :

- faute stratégique, car il est évident que les 27 pays de l'UE, majoritairement atlantistes ou neutres, ne peuvent s'entendre sur une doctrine d'emploi du feu nucléaire, ultime élément de la défense d'intérêts vitaux bien compris. La France risque ainsi d'aliéner sa dissuasion nucléaire, élément majeur de sa politique d'indépendance nationale, sans pour autant parvenir à bâtir aucune dissuasion nucléaire européenne, à ce jour sans objet.

- Faute diplomatique aussi, car la France n'obtiendra rien de significatif en contrepartie de cette européanisation paralysante de sa dissuasion, en particulier sur le terrain économique et monétaire où l'urgence d'une réorientation européenne, elle, se fait chaque jour plus pressante.

- Faute politique enfin, car le peuple français ne pardonnerait pas à ses dirigeants d'abandonner, au nom d'un geste européen aussi hasardeux qu'inutile, le principal élément de sa sécurité et de son indépendance.

En s'inscrivant dans la dérive supranationale au lieu de l'infléchir, la France sacrifierait pour rien son rang de puissance nucléaire, ce que n'envisage nullement son alter ego britannique. Le président SARKOZY, qui ne manque jamais une occasion de proclamer son attachement à l'héritage du général de Gaulle, commettrait en réalité une faute très lourde vis-à-vis de notre pays.


Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l'Essonne Président de
Debout la République

par le Citoyen Thimèle publié dans : La France dans le monde communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 23 mars 2008

133_83805.jpgPar Gabrielle Desarbres


Avec plus de dix millions de spectateurs, inutile que je fasse de la publicité pour ce film dans Riposte laïque. Ce qui m’intéresse , c’est de comprendre les raisons de ce phénoménal succès.

Beaucoup a déjà écrit à ce sujet, le Figaro y a consacré une page entière. Pourtant, il me semble utile d’y revenir. En effet, et au delà du simple plaisir d’aller voir un film drôle, je ne pense pas que l’on puisse se suffire de cette seule explication. Je suis allée le voir pour comprendre : la salle de cinéma de ma ville de banlieue souvent à moitié vide, a fait salle comble à toutes les séances. Le public était varié : des enfants aux dames âgées, très âgées même : tous avaient voulu venir. Surprenant tout de même.

Certains des commentateurs patentés ont essayé d’expliquer le succès du film par sa valorisation de la langue ch’ti et donc de s’engouffrer dans la brèche pour nous jouer le couplet valorisation des langues régionales. Pourtant, je ne suis pas certaine qu’un film en breton à la gloire des Bretons aurait suscité le même enthousiasme, la même adhésion. Il plairait aux Bretons et serait vu par les Bretons mais après ?

D’autres, comme ma très chère fille, ont dit que c’était une réaction contre le côté bling bling de Sarkozy. Ce n’est pas exclu, mais cette explication me semble un peu juste car il me semble que le mépris de peuple n’a pas commencé avec Sarkozy. Pour être totalement honnête, j’aurais presque envie d’écrire au contraire…Certes, la gauche caviar n’a pas étalée son fric avec autant de tapage et encore.. mais elle fréquentait assidûment l’Ile de Ré, le Lubéron, les Seychelles ou le Maroc et les meilleures tables en demandant au bon peuple de faire des efforts, de partager le travail et de subir la fatalité de la mondialisation. C’est quand même sous la gauche que j’ai découvert que lors des grands rassemblements populaires, comme les concerts de SOS racisme, les VIP(very important persons) pour les non-initiés étaient reçus à l’abri des masses avec champagne et petits fours.

En ce qui me concerne, mon analyse est que ce film renoue avec une certaine tradition populaire des films des années d’avant guerre où l’on montrait des gens ordinaires, des films comme ceux de Marcel Carné et de bien d’autres par exemple. Et puis est venu la rupture des années 68 ou Cabu a pétrifié l’homme populaire d’en la figure repoussoir du beauf, et le cinéma a suivi avec un film comme Dupont la joie. Depuis, la grande majorité des films produits en France sont soit des films intimistes se délectant des états d’âme de bourgeois ou de bobos, soit des films compassionnels et victimaires, films encensés par Télérama, l’organe officiel de la bien- pensance. A cet égard, au moment où sortait le film de Dany Boon, la cérémonie mortelle des Césars encensait un film sirupeux « la graine et le mulet » caricature du film de bons sentiments dégoulinants à propos d’un vieux tunisien qui veut ouvrir un restaurant. Rien que la bande d’annonce m’a fait fuir.

C’est parce que le film de Dany Boon sur un ton comique sort de ces registres qu’il a rencontré un tel succès qui n’est pas partagé par les élites de la boboïtude parisienne... Reconnaissons d’ailleurs à Dany Boon le mérite de nous avoir évité le bon beur ou le bon noir pour faire dans la diversité ou le métissage de rigueur, lui dont le père est d’origine kabyle, ne nous a pas joué le mythe des racines mais assume totalement sa part de chtis du Nord. A juste titre d’ailleurs, car tous les immigrés quand ils ne sont pas instrumentalisés par les communautaristes adoptent l’accent local, parlant cht’is, lyonnais ou marseillais.

Il faudra revenir plus longuement sur les trente dernières années et la façon dont non seulement le peuple a du subir l’austérité (pas en 2008 avec Sarko mais en 1983 avec la gauche, je précise pour les jeunes), les blocages de salaires, les licenciements massifs mais en plus le dénigrement de sa culture. Seuls ont été encouragés et subventionnés les modes d’expression des élites (opéra théâtre) pour aller dans la décomposition totale (cf. festival d’Avignon lire l’opuscule de Régis Debray) ou le soutien aux cultures urbaines (hip hop, rap..). La plupart des bals populaires ont été détruits par des sonos agressives et la techno. Plus personne n’ayant la moindre envie de danser aux sons de ces décibels agressifs. C’est toute une génération qui a perdu droit de cité et qui a été reléguée, oubliée, méprisée.

Il faut écouter le sociologue Michel Vievorka, référence de toute la gauche libérale, parler avec mépris de ce film, essayer de le démolir, dans l’émission de Yves Calvi. Quel mépris de la culture populaire, quel mépris du peuple ! (1)

Alors, au delà sans doute des intentions du réalisateur, ce film est ressenti comme une petite revanche , celle d’un film qui donne la parole aux gens ordinaires qui ont sans doute tant effrayés le juge d’Outreau, avec un message simple et chaleureux au contraire de tous ceux qui le ridiculisent comme les Deschiens ou Groland (sur Canal +).

Pour terminer, le moment le plus émouvant du film est celui qui se déroule au stade de Lens quand la foule entonne le chant des corons. Les drapeaux rouges (ndlr : simple couleur du club de football), la fraternité éclate chaleureuse, sincère. Et l’on ne peut que ressentir une grande émotion mais aussi un vrai ressentiment à l’encontre de ceux qui ont détruit ces valeurs au profit du fric, de la mondialisation, du libéralisme. Une fois encore, on ne peut s’empêcher d’analyser comment la gauche a abandonné lentement mais sûrement toutes les valeurs qui la caractérisaient et comment le fossé s’est creusé inéluctablement entre elle et le peuple. Et il ne suffira pas qu’un front anti-sarkozy se substitue au front anti FN pour faire renaître de ces cendres la gauche qui n’est plus qu’une coquille vide quelque soit le résultat des élections municipales.

Riposte Laïque

(1) http://www.dailymotion.com/video/x4m4qy_wieviorka%E2%80%94cauchemar-gauchiste_news
par le Citoyen Thimèle publié dans : Inclassable
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Dimanche 23 mars 2008

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Par Philippe de Saint-Robert , ancien commissaire général de la langue française.


Dans Le Figaro du 26 février dernier sont rapportés des propos tenus à Bruxelles par le ministre de l’Enseignement supérieur, Mme Valérie Pécresse, d’après qui la France devrait… cesser de prétendre bannir l’usage de l’anglais !

On croyait plutôt que ce sont les usagers de l’anglais qui s’employaient à bannir l’usage du français, dont il convient de rappeler qu’il fut la langue de travail du Marché commun jusqu’à l’arrivée de l’Angleterre.

Encore, à ce moment, le président Pompidou pensa-t-il prendre les précautions nécessaires pour que notre langue ne fût pas occultée, puisqu’il déclarait au Soir , le quotidien de Bruxelles, le 19 mai 1971 : « Je dis que si demain l’Angleterre étant entrée dans le Marché commun, il arrivait que le français ne reste pas ce qu’il est actuellement, la première langue de travail de l’Europe, alors l’Europe ne sera jamais tout à fait européenne. »

L’affirmation du rôle de notre langue en Europe et dans le monde va bien au-delà de revendications étroitement « souverainistes », très respectables, mais insuffisantes. Ce qui est contre-productif pour nous-mêmes, c’est de céder aux grands marchés internationaux dont l’obsession est d’uniformiser les goûts et les comportements, donc de broyer les cultures et les langues. Le français a en effet un statut particulier dans tous les organismes internationaux et figure même, avec l’anglais, comme seule langue de travail du secrétariat des Nations unies. C’est ainsi que la France a toujours exigé que le secrétaire général ait une maîtrise suffisante du français.

Pour les fonctionnaires francophones qui se battent pour maintenir l’usage du français dans les grands organismes internationaux, les propos de Mme Pécresse sonnent comme une insulte à leur travail et à leurs efforts, alors que toutes les organisations internationales incitent leurs fonctionnaires à parfaire leur connaissance du français.

Mme Pécresse nous annonce qu’elle « ne milite pas pour imposer l’usage déclinant (sic) du français dans les institutions européennes à l’occasion de la prochaine présidence française de l’Union » . Bien que ministre de l’Enseignement supérieur, sans doute ignore-t-elle que le fait que le français a été la langue de la première encyclopédie universelle, montre assez qu’il peut être porteur d’une culture aussi scientifique que littéraire. C’est-à-dire que notre langue a vocation à conserver son caractère d’universalité, si l’on entend par là, non pas la prétention de tenir lieu de toutes les langues, mais la capacité pérenne de donner accès à tous les domaines de la culture scientifique, technique et philosophique.

L’agression dont Mme Pécresse vient de se rendre coupable à l’encontre de la langue française constitue un curieux écho aux propos tenus par le président de la République à Caen, en mars 2007, où il annonçait qu’il se battrait « pour que dans les instances européennes, le français continue d’être employé », ajoutant que ce serait « naturellement une obligation absolue pour tout représentant de la France ».

Quant au projet abusif d’imposer aux petits Français un bilinguisme généralisé, il ne ferait que nous précipiter dans le fatal effet de la fameuse loi de Gresham constatée jadis au sujet du bimétallisme, et selon laquelle la mauvaise monnaie chasse la bonne.

On sait de plus qu’il n’est pas recommandé de s’initier à une langue étrangère avant d’avoir une parfaite possession de la sienne propre. Le débat actuel autour du français et de son rôle est à replacer au sein de la crise générale, de la civilisation et des échanges, que nous connaissons. Milan Kundera s’était livré naguère à une analyse de l’agressivité qui se manifeste, jusqu’en France même, contre notre langue : « Il s’agit, disait-il, d’un courant de pensée, d’une attitude, de comportements qui consistent à critiquer et à fustiger la constitution d’une communauté francophone internationale et surtout à tourner en dérision la volonté des francophones de se doter de législation linguistique et de défendre leur identité culturelle dans le libre-échange des marchandises. »

De Paul Valéry à Fernand Braudel, les philosophes et les historiens les plus objectifs, les moins marqués par les idéologies partisanes, ont reconnu que ce qui définit et illustre sans doute le mieux cette fameuse identité de la France, dont on nous avait sans doute annoncé un peu hâtivement la renaissance, est en fin de compte la langue française.

C’est le sentiment d’une réalité. Ce sentiment et cette réalité courent dans notre histoire depuis Malherbe et Richelieu un poète et un ministre jusqu’à Francis Ponge ou René Étiemble appelant à légiférer, et jusqu’à Georges Pompidou l’entreprenant en renouant ainsi avec François Ier.


Tribune paru dans Le Figaro

par le Citoyen Thimèle publié dans : Langue française et Francophonie communauté : Les blogs républicains
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Vendredi 21 mars 2008

Question ô combien centrale posée par Christine Tasin dans "Riposte Laïque" ! Et réponse ô combien lucide et pertinente. Voici une intervention qui vaut particulièrement le détour. A lire et à faire lire !

 


Par Chrisine Tasin


Longtemps j’ai cru que la République était de gauche parce que sociale, longtemps j’ai cru que les gens de droite, les partisans du capitalisme, qui se disaient républicains, usurpaient le titre … Et puis, ces dernières années et, surtout, ces derniers mois m’ont poussée à me remettre en question et à cesser de jouer, comme tous ces "gens de gauche qui veulent donner des leçons", les idiotes utiles.

J’ai, d’abord, été atterrée par le spectacle pitoyable de la "gauche", de moins en moins républicaine, j’ai, ensuite, admiré l’étoile montante Nicolas Dupont –Aignan et j’ai, enfin, apprécié nos élections municipales, qui échappent, peu ou prou, au manichéisme traditionnel, pour le grand bonheur de nos concitoyens.

Beaucoup confondent république et démocratie : une République serait un Etat doté d’une constitution qui aurait des représentants élus, par opposition à la monarchie ou à la théocratie. On ne saurait accepter cette définition qui ouvre la porte à tous les excès, comme en témoignent la République française sous Pétain, les Républiques démocratiques des ex-pays de l’Est ou la République islamique iranienne.

Comment, alors, définir la République ?

En revenant aux sources : étymologiquement, "respublica" signifie "la chose publique", ce qui sous-entend qu’elle doit servir le bien commun et non des intérêts particuliers ou privés. Etymologiquement, la République serait donc sociale, laïque et hostile au capitalisme et au libéralisme.

Les choses sont simples… mais l’analyse implacable : il n’y aurait, à gauche, qu’un seul parti républicain, le MRC de Jean-Pierre Chevènement ; en effet, que dire de l’extrême gauche et des Verts, rejoints en cela récemment par le Parti Communiste, qui refusent le capitalisme et le libéralisme mais sont favorables au communautarisme et revendiquent des droits spécifiques pour les minorités, bien éloignés du bien commun ?

Que dire du Parti Socialiste (dans son courant majoritaire) et du PRG qui ont permis comme un seul homme la ratification du Traité de Lisbonne, qui consacre la prédominance du marché et les intérêts des multinationales, c’est-à-dire du privé ?

Que dire de ces élus de gauche ou de droite, de l’UMPS, qui financent des mosquées avec l’argent des contribuables ou qui autorisent des horaires réservés aux femmes dans les piscines ?

Quant au Modem, au Nouveau Centre ou l’UMP, ils défendent tous, plus ou moins, eux aussi, une Europe fédérale et libérale, la Charte des droits fondamentaux du Traité de Lisbonne et/ou celle des langues minoritaires.

Il me semble que le fer de lance de la République est, symboliquement, la laïcité, parce que cette valeur requiert toutes les autres : égalité, liberté et fraternité n’ont jamais fait bon ménage avec les religions, qu’elles soient d’Etat ou pas ; aucune religion (à part peut-être le bouddhisme) ne permet la liberté de conscience, de parole et d’action, l’égalité des sexes et encore moins la liberté des femmes de disposer de leurs corps.

On rappellera à l’occasion que seize députés ont eu le courage de critiquer, en octobre 2006, le rapport de la commission Machelon qui avait reçu la mission de "toiletter" la loi de 1905 pour prendre en compte l’évolution de la société et, notamment, la place de l’islam. Ils s’étaient engagés sans ambiguïté pour le maintien en l’état de la loi de 1905. Seize braves.

Seize républicains, hélas fort peu représentatifs de leurs partis respectifs. 4 du P.S., 4 de l’UMP, 4 du P.C ou apparentés, 4 de l’UDF qui ont clairement écrit : "Si elles devaient être suivies d’effet, ces recommandations saperaient les fondements de la loi de 1905 notamment en introduisant le financement public sans plafonnement des lieux de culte et la banalisation des associations cultuelles".

Alors comment ne pas fustiger le sectarisme de tous ceux qui, même engagés dans des associations laïques – c’est un comble !-, considèrent que République et laïcité sont les chasses gardées de la gauche. Ça a peut-être été vrai, il y a longtemps… mais nos élus de gauche nous prouvent, chaque jour, que le fossé s’agrandit entre gauche et laïcité.

Il va donc bien falloir aller chercher ailleurs les républicains qui existent encore, il va donc bien falloir jeter des ponts entre "la gauche" et "la droite" pour unir les quelques défenseurs de Marianne qui subsistent, et nous saluons ceux qui, comme Marie-Noëlle Lienemann et Jean-Pierre Chevènement, ont accepté de faire un meeting commun avec Nicolas Dupont-Aignan, pour défendre leur conception, républicaine, de l’Europe.

En effet, il va bien falloir admettre que les partis républicains sont ceux qui respectent la règle d’or soulignée plus haut. Il va donc falloir admettre qu’un parti de droite, qui défend la laïcité, qui se bat pour la souveraineté populaire et le respect des principes de notre constitution peut être républicain, même s’il accepte et favorise la capitalisme, pour peu qu’il considère que celui-ci peut être un outil qui, maîtrisé, encadré, régulé, peut apporter emploi, bien-être, croissance et garantie des acquis sociaux.

C’est impossible à droite, me direz-vous ? Pas sûr, les discours de Nicolas-Dupont-Aignan, fondateur de "Debout la République", témoignent d’un engagement citoyen et d’un souci de la souveraineté nationale, du bien commun et de la laïcité bien républicains.

On en jugera à ces quelques extraits tirés d’une certain nombre de ses discours : Intervention à la tribune de l’Assemblée, lors du débat parlementaire sur le « Grenelle de l’environnement" (1)

- "[On pourrait] réparer la politique de Gribouille de la cession au privé de nos sociétés d’autoroute qui, faut-il le rappeler, prive la collectivité des 20 milliards d’euros pour financer les infrastructures nécessaires de ces vingt prochaines années".

- "La France devra ainsi avoir le courage de dire son fait à la Commission de Bruxelles qui veut imposer les OGM dans nos assiettes. Soit dit en passant, l’exemple des OGM doit nous alerter sur le danger du traité européen simplifié, qui aggraverait encore cette fuite en avant irresponsable dans le fédéralisme européen."