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"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine  des autres." Romain Gary

"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
Patrick Kessel


"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Jeudi 31 mai 2007

Par Robert Albarèdes


La « question » de la laïcité n’a pas été vraiment au cœur de la campagne électorale qui vient de s’achever... Si « Les Laïques en réseau » (et d’autres structures...) ont interpellé les candidats sur ce point pour les faire se déterminer, l’écho et les résultats de ces initiatives ont été fort ténus...et les intéressés sont restés très discrets en la matière. Face à un candidat qui était chaque jour qualifié « d’antilaïque existentiel », de chantre du communautarisme à l’anglo-saxonne, de fossoyeur de la loi de 1905, la candidate supposée appartenir au « camp de la laïcité » n’a même pas « porté le fer » sur ce terrain, préférant simuler une colère ridicule à propos de la « scolarisation des handicapés », sujet propre « à faire pleurer Margot dans les chaumières » et, à ses yeux, bien plus important que l’organisation et le mode de fonctionnement laïques de notre société puisque la défense du socle laïque de notre République n’a pas été jugé digne du débat !!! Il est « des impasses » plus éloquentes que des discours ...

Mais ces impasses-là sont de véritables « refoulements »... refoulements d’une question à laquelle on ne veut pas répondre parce qu’on ne peut pas répondre... Car, qu’on appartienne à la « droite » ou à la « gauche » (elle est où , aujourd’hui, la gauche ?) , on pratique allègrement la dilution de la loi de 1905 et l’ouverture aux diverses formes du communautarisme (islamique, surtout) ...

Quand le Tribunal administratif de Poitiers annule une délibération de la municipalité (PS) de La Rochelle inscrivant une subvention publique dans le montage financier de la construction d’une mosquée, celui de Marseille en efface une de la municipalité (UMP) locale approuvant un bail emphytéotique à loyer dérisoire pour un terrain public mis à disposition d’une association islamique afin d’ériger un lieu de culte, et celui de Paris se prépare à faire de même à l’encontre de la municipalité (apparentée PC) de Montreuil qui pratique communément le bail emphytéotique à loyer symbolique pour que les diverses confessions puissent construire des lieux de culte (mosquée, synagogue... demain temple solaire ?).

Il est heureux que le Justice administrative, quand elle est saisie, veille attentivement au respect d’une loi que les élus territoriaux de tous bords transgressent quotidiennement, préparant ainsi l’opinion à son toilettage (ou à son abrogation...) . Les exemples, hélas, ne manquent pas, qui témoignent de ces pratiques « électoralistes », et on peut s’attendre à les voir se multiplier à l’approche des échéances municipales... Mais les décisions de justice montrent clairement combien la loi de 1905 est une barrière infranchissable (ce qui explique la propension des différents partis de gouvernement à la mettre en cause...) et ouvrent aux défenseurs de la laïcité un champ d’action qu’il va falloir occuper de manière permanente... d’autant que son abandon par les différentes structures attachées à l’espace laïque républicain le voit être accaparé par les courants extrêmes de la droite. Le politique, comme la nature, a « horreur du vide » ! Il est donc temps de se ressaisir et de préparer les outils qui permettront à tous ceux qui s’attachent à l’application stricte des principes de séparation des Eglises et de l’Etat d’intervenir dans l’immédiateté et « tous azimuts » contre tous les représentants de la République qui en violeraient les principes fondateurs. « Les Laïques en Réseau » vont s’engager dans cette voie... Tous ceux qui voudront agir avec eux seront les bienvenus.

Il faut être clair : quand la municipalité de Montreuil déplore la (future) décision de TA à son encontre, quand elle invoque un principe d’égalité entre les religions, quand elle affirme vouloir aider financièrement les musulmans (les juifs, les protestants...) à se doter de lieux de culte présentés comme « nécessaires », elle viole directement le principe fondateur de laïcité en transformant la séparation Eglises /Etat en un lien concordataire par lequel la puissance publique organise les religions (oubliant de fait la majorité des citoyens qui ne se reconnaissent en aucune d’entre elles...) et donne une fonction de « service public » à ce qui relève strictement de la sphère privée. Les impôts, nationaux ou territoriaux, ne doivent pas servir à financer les constructions de mosquées, églises, synagogues, pagodes, temples ou autres « Mandaron House »... qui n’appartiennent qu’à quelques-uns, ils doivent être réservés à la satisfaction des besoins collectifs , réservés à l’espace public qui rassemble et unit et où s’exprime ce qui appartient à tous.

Mais, dira-t-on, les musulmans (les évangéliques, les hindouistes, les scientistes....) n’ont pas suffisamment de lieux pour prier... Par compassion, et au mépris de la loi générale, faudrait-il alors corriger l’héritage historique de la France ? Comme toutes les enquêtes récentes le montrent, ceux qui se reconnaissent « musulmans » représentent à peine 4 % de la population (seul un quart d’entre eux pratiquent réellement...), la demande « en lieux de culte » n’est ni massive ni insatisfaite au point d’exiger un plan « Marshall » de constructions nouvelles et surdimensionnées.... Et , depuis le 01/01/2006 , le problème des constructions en ce domaine est résolu au point qu’aujourd’hui, on peut en tracer le processus  : création d’une association spécifique, acquisition d’un terrain dans un espace prévu au plan d’urbanisme local, montage d’un dossier de permis de construire conforme à le loi générale en vigueur, élaboration d’un cahier des charges organisant légalement le fonctionnement de la structure, plan privé de financement ( avec contrôle des capitaux éventuellement) , gestion de l’ensemble ainsi créé dans le respect de l’ordre public.. Rien dans la loi générale ne s’oppose à ce qu’un culte érige un lieu dévolu à son seul bénéfice et assis sur ses seules ressources : c’est cela « connaître » les cultes, et « assurer la liberté des cultes » , chacun dans son domaine propre d’intervention , l’Etat chez lui, « l’Eglise » chez elle...

 

Au fait, quand une collectivité territoriale veut acheter un terrain pour réaliser un équipement public, elle le fait évaluer par le service fiscal des "Domaines", ou elle lance une procédure d’expropriation dans laquelle c’est un juge qui fixe le prix à payer... Dans les deux cas, c’est l’impôt local qui est sollicité... Et certains voudraient ensuite donner ces terrains ?...

Quand une collectivité territoriale loue une propriété communale à un particulier (individu ou structure), elle en fait évaluer le loyer par le service fiscal « des Domaines » : et certains voudraient exonérer de ce loyer des associations confessionnelles au mépris de la loi générale ?

Quand une collectivité territoriale veut construire une école primaire, un collège, un espace sportif, un ensemble social... elle acquiert des terrains dont le coût entre dans le prix de l’équipement réalisé payé par les ressources publiques : au nom de quoi certains voudraient-ils faire des « exceptions cultuelles » où des associations « privées » bénéficieraient de subventions publiques pour leur seul usage ? D’autant que si les populations concernées (immigrées et de culture musulmane dans leur majorité) ont des besoins, ce sont des besoins d’emplois, de logements, d’équipements sociaux et d’éducation... D’autant que si les populations concernées ont besoin de « repères », ce sont ceux de la République où s’expriment la primauté du citoyen, l’égalité des individus, la reconnaissance de l’identité individuelle, la liberté de choix et de conscience... Pour ce qui est « de prier » , cela relève de l’espace privé de chacun, et cela s’exprime dans cet espace-là !

Au nom de quoi ? sinon de celui du « clientélisme électoral » et pour habituer à l’effacement de l’article 2 de la loi de 1905, et donc, à terme, de la loi elle-même, afin de construire l’espace politique et sociétal unique, sécularisé et « communautarisé », dont rêvent les tenants de la construction politique européenne que le TCE préparait.

On n’a pas beaucoup parlé de « laïcité » dans cette campagne électorale... Faisons en sorte d’en parler davantage dans celle qui s’ouvre... Posons avec force le principe de la nécessaire séparation des Eglises et de l’Etat, de l’intangibilité des articles 1 et 2 de la loi de 1905, du renforcement du socle laïque de notre République, du refus de tout communautarisme, du rejet de toute remise en cause , dans quelque domaine que ce soit, de l’égalité en droits de l’homme et de la femme, de la réservation à l’espace public des ressources publiques...

Le combat (oui, c’est un combat...) est devant nous.

A nous de nous y préparer, d’élaborer les armes pour le mener, de nous y engager sans réserves et sans exclusive.

 

Liberté Egalité Laïcité

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Mercredi 30 mai 2007

"Il y a deux types de voleurs. Il y a deux types de justice, deux types de procédure.
Les sans-papiers, les drogués, les immigrés, les clochards, les chômeurs, les adolescents déséquilibrés ou abandonnés arrachent des téléphones portables, des sacs ou des portes-monnaie. Ils ouvrent les portes des pavillons, cassent des vitrines de magasins. Tous ou presque vivent et volent dans la rue, sur le trottoir. Tous ou presque, moins de quarante-huit heures après leur arrestation, vont en prison. Des peines de prison ferme, à purger immédiatement. Parfois trois mois dans une cellule pour un vol de baladeur. La justice est rapide, et sans pitié.
Les très hauts fonctionnaires, les grands patrons, les intermédiaires incontournables du grand commerce international, les négociateurs, les hommes politiques, les piliers indispensables des réseaux d'influence encaissent des pourcentages et des commissions parfois indues, surévaluent de temps à autre la valeur de telle ou telle intervention, voire détournent une partie du paiement. Ils profitent parfois de l'argent public ou sont illégalement rémunérés pour le travail fourni. Tous ou presque échappent à la prison."


Jacques Vergès, Malheur aux pauvres, Ed Plon, p 79.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Libertés, Justice et Droits de l'Homme
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Mardi 29 mai 2007

Lors de la
"Semaine Sanglante", qui se déroula 21 au 28 mai 1871, le mouvement insurrectionnel de la Commune de Paris est écrasé par les troupes versaillaises, après des combats acharnés sur des centaines de barricades et une répression féroce.

Dès la signature du traité de paix avec l'Allemagne, le 10 mai, Adolphe Thiers, l'homme fort de la République "réaliste", obtient de l'occupant prussien la libération anticipée de 60 000 soldats. Il décide aussitôt de lancer contre la capitale 130 000 hommes, dont des anciens prisonniers et beaucoup de campagnards recrutés et formés à la hâte.

Le dimanche 21 mai, les troupes gouvernementales entrent dans Paris par la porte de Saint-Cloud. Pendant une semaine, les combattants de la Commune, déterminés, vont lutter quartier par quartier, maison par maison, barricade par barricade. Les combats sont sanglants. Ils feront au total 4000 tués côté communards et 877 du côté des troupes versaillaises.

Mais l'armée pratique en même temps ce que Louise Michel a nommé la "curée froide". On a ainsi prévu des cours prévôtales chargé de juger sommairement les insurgés pris les armes à la main, et de les fusiller sur place. Une vingtaine fonctionne dès le 23 mai. C'est à Montmartre, dans toutes les rues, qu'on commença à tuer systématiquement. Puis se mirent en place les "abattoirs", où l'on fusillait à la chaîne au moindre soupçon : au Luxembourg, au Châtelet, caserne Lobau, à l'Ecole militaire, aux prisons Mazas et de la Roquette, au parc Monceau, aux gares. Les exécutions se faisaient parfois à la mitrailleuse. Elles durèrent toute la semaine, et plusieurs jours encore après le 28 mai.

Le 26 mai, la résistance est à son comble, tandis que les exécutions sommaires par les versaillais se multiplient à mesure qu’ils avancent dans Paris. Le 27 mai, c’est le massacre des fédérés au milieu des tombes du Père-Lachaise : cent quarante-sept fédérés, combattants de la Commune furent fusillés et jetés dans une fosse ouverte au pied du mur.. Cependant, le 28, Ferré, Varlin, Gambon se battent encore au cœur du Paris populaire, entre la rue du Faubourg-du-Temple et le boulevard de Belleville. À une heure, la dernière barricade tombe. Le lendemain, le fort de Vincennes capitule et ses neuf officiers sont fusillés sur-le-champ.

Les Communards se vengent en faisant fusiller environ 480 otages, dont l'archevêque Darboy. Ils n'hésitent pas non plus à mettre le feu à Paris. Ils incendient les monuments les plus illustres tels que le palais des Tuileries, le palais de Justice gothique, l'Hôtel de Ville hérité de la Renaissance, le Palais-Royal et le palais d'Orsay...

On ne saura jamais le nombre exact des victimes que fit la Semaine Sanglante : au minimum 15 000, probablement 20 000, voire davantage. A cela s'ajoute la gigantesque rafle organisé dans le Paris populaire : 43 522 arrestations sont ainsi, officiellement, dénombrés. 20 000 furent détenus pendant plusieurs mois dans des conditions inhumaines, sur des pontons dans les ports de Brest, Cherbourg, Rochefort et Lorient. Un millier de prisonniers y trouvèrent la mort.  Quelques-uns seulement, trop évidemment innocents, furent relâchés. Il resta à juger 34 952 hommes, 819 femmes et 538 enfants dont un quart n'avait pas 15 ans…

Vint alors le procès des communards. On constitua pour juger ces insurgés, bien souvent des miséreux, vingt-quatre conseils de guerre qui rendirent 50 000 décisions. On jugeait et on condamnait encore à mort en 1877. Pour les hommes, furent prononcées 87 condamnations à mort (26 seulement furent exécutées), 231 condamnations aux travaux forcés à perpétuité ou à temps, 1157 condamnations à la déportation en enceinte fortifiés, 3400 à la déportation simple. Le reste du pauvre troupeau l'était à des peines diverses de prison. On condamna 130 femmes (dont 8 à la peine de mort, commuée), 19 aux travaux forcés, 28 à la déportation. 55 enfants étaient envoyés en maison de correction, cinq condamnés à la prison, un à la déportation simple.

Les peines les plus lourdes se purgaient en Nouvelle-Calédonie : à l'île Nou pour les travaux forcés ; à la presqu'île Ducos pour les "blindés" de la déportation en enceinte fortifiée ; à l'île des Pins pour la déportation simple. Au 1er janvier 1876, on comptait 2983 déportés simples, dont 13 femmes, 879 déportés en enceinte fortifiée, dont 6 femmes, et quelques trois cent bagnards, dont trois femmes.

L'amnistie complète ne fut accordée que le 11 juillet 1880. Elle libéra 541 hommes et 9 femmes, dont Louise Michel...


D'après les travaux de Jacques Rougerie
par le Citoyen Thimèle publié dans : Culture et Mémoire Républicaine
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Mardi 29 mai 2007
« FRANCHISE » SUR LES SOINS : L’ASSURANCE MALADIE SOLIDAIRE EN DANGER

En matière d’assurance maladie l’UMP et Nicolas Sarkozy ont une idée fixe : l’augmentation des dépenses de santé, ce serait d’abord et avant tout la faute des patients. Il faudrait donc les « responsabiliser », c’est à dire les pénaliser financièrement pour « qu’ils consomment moins », ou, au minimum, pour que « la Sécu rembourse de moins en moins ».

Déremboursements incohérents, augmentation du « ticket modérateur » sur des soins courants, généralisation des dépassements tarifaires pour les médecins spécialistes, invention du forfait de 1€ par acte de soins ou de biologie, du forfait de 18 euros sur les actes supérieurs à 91€, l’actuelle majorité a multiplié les atteintes à la prise en charge solidaire des soins. Mais si elle a augmenté le reste à la charge des patients, le déficit de l’assurance maladie n’en a pas été comblé pour autant.

Aujourd’hui Nicolas Sarkozy va plus loin, beaucoup plus loin, en annonçant que s’il est élu il mettra en place une « FRANCHISE » c’est-à-dire un seuil annuel de dépenses en dessous duquel l’assurance maladie ne remboursera rien. Rien du tout. Franchise qui, pour mieux jouer son rôle de dissuasion de la consommation, ne sera pas remboursable par les assurances complémentaires, au moins dans un premier temps.

Nous, professionnels de santé, acteurs du monde associatif ou médico-social, universitaires, représentants des usagers et/ou usagers du système de santé dénonçons les RISQUES MAJEURS D’UNE TELLE FRANCHISE :

Franchise = Régression sociale : Dans son principe même une franchise d’un montant identique pour tous « pèsera » différemment selon les revenus. C’est la fin d’un système d’assurance maladie solidaire dans lequel chacun cotise selon son revenu et qui protège, équitablement, les individus en bonne santé et les malades. On quitte la logique de la solidarité pour celle de l’assurance privée.

Franchise = Menace sur l’accès aux soins des plus modestes :Dans une France où vivent plus de 3 millions de chômeurs et 7 millions de « travailleurs pauvres », 100 € de soins de santé non remboursés ce n’est pas rien… Et ce sont eux qui seront les premières victimes de la franchise si jamais elle voit le jour. La franchise, c’est la remise en cause de ce progrès social et sanitaire évident qu’avait été la création de la CMU.

Franchise = Menace sur l’accès aux soins primaires et la santé publique : Pour les « gros consommateurs », c’est-à-dire les patients atteints de maladies lourdes, il n’y aura pas le choix : il faudra payer. Mais au-dessus du montant de la franchise, ce sera sinon gratuit du moins « comme avant ».
La cible de cette mesure ce sont surtout les petits ou moyens consommateurs qu’il faut dissuader de se faire soigner pour des maladies apparemment moins sévères (celles qui, non soignées, peuvent justement s’aggraver) et bien évidemment pour les actes de prévention que l’on croit toujours pouvoir « reporter » à plus tard. L’inverse d’une politique cohérente de santé publique.

Franchise = Remise en cause du « tiers payant » : Les professionnels de santé ne pouvant savoir si le montant de la franchise a, ou non, déjà été acquitté, les patients devront systématiquement faire intégralement « l’avance de frais ». Ce qui constituerait un obstacle supplémentaire à l’accès aux soins des plus modestes.

Franchise = Porte ouverte à l’escalade : Nicolas Sarkozy ne s’en est pas caché, cette franchise sera « modulable » c’est-à-direque « si les dépenses augmentent et si le déficit augmente on pourrait augmenter le montant », et comme les dépenses augmenteront, inéluctablement, la franchise augmentera, non moins inéluctablement, et avec elle augmentera la gravité de ses effets pervers.

Nous refusons l’instauration d’une telle « FRANCHISE », socialement injuste, économiquement inefficace et dangereuse pour la santé publique.
Rejoignez-nous afin d’exiger des candidats à la présidentielle une clarification de leur position face à cette menace inacceptable sur l’accès aux soins en France.


Signer la pétition

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale
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Mardi 29 mai 2007

Par Pierre Régnier



En lisant, sur les sites républicains, les nombreuses interventions traitant de la laïcité, on voit que les positions des républicains sont très diverses. Même si je sais mon opinion très minoritaire, je souhaite ici la faire connaître.

Je ne croyais pas très utile la loi contre les signes religieux à l’école laïque. J’étais même plutôt contre et l’ai dit dans une libre opinion publiée par France Soir le 30 octobre 2003 : « Ne nous trompons pas de victime. La laïcité ne subit aucun dommage quand une ou un élève vient, en disant par son vêtement ou sa coiffure sa foi religieuse, chercher à l’école ce que celle-ci proclame vouloir dispenser équitablement à toutes et à tous ». La loi discutée, puis votée, je l’ai cependant considérée comme un progrès, d’autant plus que je voyais se développer chez ses opposants une volonté de faire avancer l’islamisme politique, avec la complicité d’un islamo-gauchisme qui fit, et continue de faire, de grands dégâts. La loi aidait au moins les jeunes filles de culture musulmane qui souhaitaient échapper au contrôle religieux, surtout masculin, et rejoindre par l’école publique la liberté et l’égalité républicaines des sexes. C’était important.

J’ai pourtant vite constaté les insuffisances de cette loi. Ne mettant pas dans ses objectifs la suppression de l’exception d’Alsace Moselle, elle paraissait « hypocritement laïque ». Les signes religieux ostensibles restant possibles côté institution (par exemple un crucifix sur le mur) dans les classes de la France de l’Est, c’était une chose beaucoup plus choquante, plus antilaïque que les signes religieux sur les élèves partout ailleurs. D’autre part, aucune loi complémentaire ne visait à interdire dans l’espace public hors l’école le port du voile total par les femmes musulmanes. Aujourd’hui encore, je vois qu’on en discute surtout pour décider si ce voile est, dans la rue, un symbole tolérable ou non par la République laïque, ou si la gêne occasionnée chez les non voilées est trop grande, à éviter par l’interdiction. Je ne sous-estime pas ces arguments, mais c’est surtout le sort des femmes voilées elles-mêmes qui m’indigne : n’ayant pas de visage elles sont tout simplement condamnées à l’inexistence sociale, réduites à des « choses » comme les murs, les trottoirs ou les poteaux d’éclairage. « Ça » bouge, en plus, c’est tout. Le fait que quelques femmes victimes manifestent pour revendiquer (sous quelle pression familiale ou communautaire ?) leur esclavage (par elles peut-être même intériorisé comme une bonne chose, une « protection » par exemple) ne change rien au scandale. (1)

Rien n’était fait par ailleurs pour empêcher le développement d’exceptions communautaristes comme le refus, à l’école, de cours non conformes aux croyances religieuses, le refus du sport, l’exigence de plats spéciaux à la cantine, d’horaires réservés à la piscine ou encore, à l’hôpital, l’exigence de médecins de même sexe pour dispenser les soins, etc.

Je pense que ces insuffisances ne sont que la conséquence d’une autre, plus générale et plus grave, mais rarement mise en lumière de cette manière : aujourd’hui encore les religions, toutes les religions restent, par la présentation très officielle (assumée, choisie par les responsables religieux au plus haut niveau) de leurs écrits sacrés, incompatibles avec les Droits de la personne humaine (Droits « de l’homme »). Tout récemment encore, pour exprimer en commun leur opposition à toute forme d’euthanasie sur les malades en fin de vie, l’archevêque et le grand rabbin de Paris ont fait référence au commandement biblique « Tu ne tueras pas ». Respectable référence, mais, comme d’habitude, personne n’a rappelé aux dirigeants religieux que les consignes contraires, du genre « Tu massacreras abondamment » sont aussi présentes dans l’Ancien Testament (par exemple dans le Livre de Josué : ordre « de Dieu » de massacrer les Cananéens) et dans le Coran (par exemple dans le verset 5 de la Sourate IX : « Tuez les polythéistes ») et que les institutions religieuses enseignent toujours (par exemple dans la dernière version du Catéchisme de l’église catholique) que ces secondes consignes sont tout autant que les premières l’authentique parole de Dieu. Cela donne la trilogie suivante : Il faut croire en Dieu/Dieu commande des meurtres/Il faut obéir à Dieu. Une trilogie dont l’équivalent profane, dans les textes d’un parti politique, d’un syndicat, d’un cercle philosophique ou de toute autre association ne serait toléré dans aucun pays démocratique. (2)

Le maintien de cette exception religieuse (nullement fatale, parfaitement éliminable par voie réformatrice) rend parfaitement légitime la démarche entreprise par Salvatore Pertutti auprès du tribunal de Metz, puis de la Cour européenne des Droits de l’Homme contre des éditeurs de la Bible et du Coran (voir Respublica nº 514). En décembre 2001 (évidemment motivé par le 11 septembre), j’étais pour ma part intervenu par écrit auprès de l’Éducation nationale de la manière suivante : « J’ai acquis récemment une conviction : c’est seulement par l’enseignement des religions à l’école laïque que la violence religieuse pourra reculer. Mais pour concrétiser cet espoir, il faudrait garantir que l’enseignement des religions par les professeurs laïques ne soit pas une simple reproduction des conceptions toujours dominantes au sein des religions elles-mêmes. Sur le point le plus préoccupant, la violence, l’indispensable objectivité laïque devrait alors conduire à rompre radicalement avec le vieux mensonge qui consiste à ne retenir des “commandements de Dieu” contenus dans les textes sacrés que le “Tu ne tueras pas” alors que s’y exprime aussi clairement, en de nombreux endroits, un tout aussi impératif “Tu massacreras abondamment”. Il faut parier sur le rétablissement honnête de la vérité biblique et coranique (“Tu ne tueras pas” et “Tu tueras abondamment”) pour provoquer chez ceux des élèves qui sont ou deviendront croyants une interrogation et un besoin de changement qui devraient conduire, au sein de leur religion, à l’exigence d’un choix entre un Dieu pacifiste et un Dieu criminel, ce fameux choix auquel se dérobent toujours les institutions religieuses ».

Autre initiative personnelle : en 2005 j’ai écrit au Directeur Général de l’UNESCO, l’organisme chargé par l’ONU de la coordination des activités de la Décennie pour l’éducation à la non-violence. Je lui demandais de profiter de l’arrivée à mi-parcours de la Décennie pour faire une évaluation des résultats jusque-là obtenus, ce qui permettrait de constater qu’on avait, à l’origine, oublié quelque chose de très important : formuler envers les institutions religieuses l’exigence de désacralisation de la violence religieuse. Je n’ai pas obtenu de réponse. J’ai réécrit récemment pour dire que la suggestion restait valable à l’occasion de l’arrivée aux 2/3 de la Décennie (c’est maintenant).

Mais les initiatives personnelles ne suffisent pas. Ne donnons pas un sens laxiste à la séparation des Églises et de l’État. Quelle que soit leur conception de la manière de faire (par exemple pour ou contre l’enseignement du fait religieux à l’école laïque), les républicains doivent intervenir collectivement pour l’élimination de toute théologie criminogène, base des violences concrètes exercées par des croyants qui l’ont acquise au sein de leur religion. Ceci n’est nullement un combat contre le tout des religions (j’ai pour ma part le plus grand respect pour ceux qui y cherchent un sens à la vie). C’est seulement un combat contre ce qui les fait encore aujourd’hui manifestement incompatibles avec les Droits de la personne humaine. Mais ce combat doit être très ferme, très déterminé et très durable.


Faire le Jour

1) Sur l’aggravation de la condition de la femme iranienne, voir sur le site ProChoix du 26 avril le message de L’Association des Femmes Iraniennes en France

(2) On a trop peu souligné l’hypocrisie de Benoît XVI lorsque, en mai 2006, à l’occasion d’une visite au camp d’Auschwitz, il tenta de faire croire à une sincère interrogation compassionnelle de responsable religieux : « Où était Dieu ? Pourquoi est-il resté silencieux ? Comment a-t-il pu permettre cet abominable carnage ?... » On a (un peu) rappelé que le pape Pie XII, soi-disant représentant de Dieu sur la terre et à coup sûr bien vivant à l’époque, était lui aussi resté silencieux. On a (un tout petit peu) rappelé la longue culture, multiséculaire, de l’antisémitisme par l’église catholique. Mais on n’a pas du tout relevé que, selon Benoît XVI lui-même, à l’occasion d’autres célèbres massacres de masse, Dieu s’était très précisément trouvé là où était donné l’ordre de procéder au carnage. C’est en effet le pape actuel qui précise que, entre autres, le massacre des Cananéens était bien ordonné par Dieu lui-même comme le dit explicitement le Livre de Josué puisque « Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés. En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, Lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement » (verset 106 de la dernière édition du Catéchisme de l’église catholique, rédigé sous la direction du cardinal Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI).


par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Lundi 28 mai 2007

Scène (tragique) de la vie quotidienne en Sarkozie : trois journaleux (d’i-TELE, France Inter et "Le Monde") servent une soupe crémeuse à Xavier Bertrand, "ministre du travail".

Question : "Un de vos défis est d’instaurer le service minimum..."

Le mot "défi" est ici complètement idiot : pour le nouveau régime, l’instauration du service minimum n’est absolument pas un défi, mais une intention, un projet, clairement énoncé - une menace, qu’il s’agit à présent de mettre à exécution.

Mais ce mot, qui est tout sauf anodin, permet à nos journaleux de présenter Bertrand comme un homme courageux - plutôt que sous les traits du gars chargé de mettre en oeuvre une partie du programme antisocial de Nike Sarkozy.

Le ministre, charmé par tant de prévenance, répond : "Le service minimum n’est plus aujourd’hui un sujet tabou. C’est un dossier qui échappe aux logiques partisanes, puisqu’il y a plus de 80 % des Français qui en veulent".

Nouvelle question : "De quel sondage minable sortez-vous ce chiffre burlesque de 80 % ?"

Je rigole, bien sûr.

Vous imaginez bien que nos journaleux ne posent pas du tout cette question.

Vous imaginez bien qu’ils ne vont pas empêcher Xavier Bertrand de faire son miel des statistiques à deux balles dont eux-mêmes se délectent à longueur d’antennes et de colonnes.

Xavier Bertrand peut donc poursuivre, sans être inquiété : "Aujourd’hui, il y a un droit important, constitutionnel, c’est le droit de grève".

Ce droit, effectivement (très) important, est justement celui que le régime veut abroger en instaurant le service minimum.

Mais Xavier Bertrand ne peut bien sûr pas l’énoncer aussi directement - même avec la complicité des journaleux qui lui passent les plats.

Il commence donc par expliquer : "Quand le droit de grève est exercé, le service est perturbé".

C’est parfaitement juste.

Xavier Bertrand est, on le voit, un observateur avisé de la chose publique.

(Sans doute a-t-il aussi noté qu’après l’hiver vient le printemps.)

Nous pouvons même postuler que la perturbation du service est justement ce qui fait l’intérêt d’une grève - du point de vue des grévistes, qui n’est pas le moins légitime.

Le cheminot qui se met en grève, par exemple, ne fait pas ça pour le plaisir de perdre x journées de salaire : il fait ça pour adresser un signal fort, sur le thème, tu as voulu me niquer, mais désolé, ça va pas être possible, parce que tu vois les jolis trains, là, là, et là ?

Ben je les bloque, et c’est le bordel.

A ce moment-là (voyez Juppé en 95), le gouvernement réalise qu’en effet, la grève met partout un joyeux bordel, et renonce (un peu) à ses projets scélérats.

Je schématise, hein ?

Mais grosso modo, c’est comme ça que ça fonctionne.

Les profs se mettent en grève ?

C’est le bordel partout, derechef.

Les gens ne peuvent plus du tout laisser leurs enfants à l’école, tout le monde s’énerve, et le gouvernement flippe, genre, nooooom de Dieu, est-ce que ma foutue popularité serait pas en chute libre ?

C’est ce que veut dire Xavier Bertrand, avec ses mots à lui, quand il énonce doctement que, pendant la grève, "le service est perturbé".

Il veut dire que la Sarkozie a salement les jetons, à l’idée que les cheminots ou les profs (liste non exhaustive) immobilisent les trains ou ferment les écoles, pour contrecarrer les hideux plans du gouvernement.

Alors Xavier Bertrand introduit, un peu comme dans une chronique d’Eric Le Boucher, une kolossale finesse : "Il faut faire la différence entre la perturbation et la paralysie du système".

En d’autres termes : d’accord pour la grève des cheminots - mais si les trains roulent.

D’accord pour la grève des profs - mais à condition que leurs établissements restent ouverts.

Et pour cause.

A partir du moment où les trains circuleront, à partir du moment où les enfants seront à l’école, nos grévistes pourront gueuler : tout le monde s’en foutra - surtout le gouvernement, qui n’aura plus aucune raison de leur céder quoi que ce soit, puisque le système ne sera plus du tout "perturbé".

Il est scientifiquement prouvé que le gars qui se tape dix bornes à pied matin et soir finit par tendre l’oreille aux revendications des cheminots en grève, et par se demander si au fond ces gens-là n’auraient pas un peu raison de se révolter - alors que le même type, calé dans son RER, n’a que foutre de leurs slogans.

Le service minimum, dont les contours ne sont, vous l’aurez noté, jamais nettement tracés, représente bel et bien une abrogation du droit de grève : l’objectif est de déposséder les agents des services publics de leur seul moyen de pression, qui est en effet la paralysie du système.

Pour (essayer de) nous faire avaler cette gigantesque pilule, Xavier Bertrand nous sort l’habituel argument de ceux qui n’en finissent jamais de briser les reins des travailleurs : "le droit au travail".

Le ministre développe, sans rire : "Ce droit au travail qui est lié à la valeur du travail est aussi constitutionnel".

Et de préciser : "Le droit que vous avez quand vous êtes obligé de prendre les transports en commun, d’aller au travail et de revenir de votre travail".

Xavier Bertrand, on le constate, essaie ici, en fin stratège, de dresser les travailleurs les uns contre les autres : le vilain cheminot qui bloque le train du gentil prolétaire contre le gentil prolétaire qui aimerait que le vilain cheminot arrête un peu de lui bloquer son train.

Bien tenté, Xavier Bertrand !

Mais raté : parce que dans la vraie vie, les choses ne sont pas exactement comme sur un plateau d’i-TELE.

Dans la vraie vie, le cheminot et le prof n’ont pas du tout l’intention d’empêcher leurs voisins d’aller bosser : ils réclament juste des conditions de travail décentes, parce que le sacro-saint "droit au travail", c’est bien beau, mais pas à n’importe quel prix.

Et pour ça, ils sont prêts en effet à paralyser le système - non pour faire chier le populo, qui souffre des mêmes atteintes qu’eux, mais parce que c’est leur seul moyen de se faire entendre, quand on leur tape trop fort sur les conditions de travail.

Instaurer le service minimum, c’est leur ôter ce moyen - ni plus, ni moins.

Xavier Bertrand "oublie" d’ailleurs, très soigneusement, de mentionner que le service minimum n’est pas le seul moyen d’éviter la paralysie du système.

Il en existe un autre, beaucoup plus évident : c’est de prévenir cette paralysie, en évitant, quand on gouverne, d’infliger aux salarié(e)s des coups si rudes, qu’ils n’ont d’autre choix, pour les parer, que de faire grève.

(Une fois la grève déclarée, un autre moyen existe, encore un : la négociation.)

Mais voilà : Nike Sarkozy n’a aucune espèce d’envie de retenir ses coups - puisqu’il veut, notamment, une "réforme" des régimes spéciaux...

Et nous en revenons à nos journaleux, qui posent alors cette question particulièrement débile à Xavier Bertrand : "(...) Vous n’engagerez la réforme des régimes spéciaux qui concernent notamment les entreprises de transport qu’après avoir réformé le service minimum ?"

(Que de réformes, dans cette formulation !)

Pourquoi est-ce une question particulièrement débile ?

Parce que même un enfant de cinq ans sait que la réponse est : "Oui".

Xavier Bertrand le confirme d’ailleurs : "Il a toujours été dit et écrit dans la loi que le rendez-vous pour les retraites, ce serait au début de l’année 2008, et dans ce rendez-vous des retraites, il y aurait notamment la question des régimes spéciaux".

Donc : d’abord le service minimum.

Puis : les régimes spéciaux.

Pourquoi dans cet ordre-là ?

Pourquoi pas l’inverse ?

Ben, est-ce que c’est pas évident ?

Si le régime s’attaque aux retraites des cheminots avant de leur avoir supprimé le droit de grève, que vont faire les cheminots ?

Ils vont se mettre en grève.

Bravo.

Alors que si le régime commence par abroger ce droit en instaurant le service minimum, il aura ensuite un boulevard devant lui, pour tout bousiller.

Il se pointera, la bouche en coeur : "Toc, toc, toc, c’est le régime, je viens vous pourrir vos retraites !"

Les cheminots : "Dans ce cas-là, on se met en grève !"

Le régime : "Faites, je vous en prie, et pendant que vous perdez un gros morceau de salaire, agadez ce qu’on voit au loin, des trains, des jolis trains qui roulent - c’est pas beau, le service minimum ?"

Tout ça est joliment goupillé.

François Chérèque a d’ores et déjà fait savoir qu’il était disponible, pour discuter le coup avec le gouvernement.

Acré Fanfan.

Mettons que les cheminots (et les autres) lui répondent vite fait par une très jolie grève générale illimitée, jusqu’à ce que le régime oublie jusqu’aux mots : "service" et "minimum" ?

En exigeant, cela va de soi, le paiement des jours de grève ?

Vous croyez que la Sarkozie décomplexée ferait donner la troupe ?

Vive Le Feu !

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale
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Samedi 26 mai 2007

Par Christophe Beaudouin

"L'Europe, je veux la changer" déclarait Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle, laissant "ouistes" et "nonistes" un peu sur leur faim. Voici un voile du mystère, peut-être devrions-nous dire du drapeau, enfin levé. Depuis le soir de son élection, il a multiplié les gestes, les signes de ce qui sera le nouveau style mais aussi la direction qu'il entend donner à sa présidence. En voici un qui risque de faire couler beaucoup d'encre. Pour la première fois dans l'Histoire, un étrange drapeau bleu étoilé fait son apparition sur le portrait officiel du Président de la République. La Constitution française est pourtant claire sur ce point, en son article 2 : "l'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge". Que le Président Nicolas Sarkozy veuille marteler son engagement en faveur de l'intégration supranationale, c'est son droit le plus absolu. Mais peut-il changer ainsi, sur le conseil d'un photographe "people" (!), unilatéralement et sans révision constitutionnelle, l'emblème national, en y ajoutant celui de l'Union européenne ? Et à quoi bon faire mine de se soucier de "l'identité nationale" en la collant au fronton d'un ministère de l'immigration dédié lorsque dans le même temps, on organise le déménagement de la souverainet