Ils ont dit...


"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine  des autres." Romain Gary

"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
Patrick Kessel


"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Bienvenue sur L’Action Républicaine, le Journal du Combat Républicain et National.
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Mercredi 1 août 2007
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"Valeurs et Actions Républicaines" est une association national-républicaine fondée en mai 2005. Le mois suivant, elle a décidé d'adhérer collectivement au Comité Valmy sur la base de son appel à l'Union du peuple de France.

Déclaration de principe :

"Nous nous référons à la déclaration des droits de l’Homme, à la constitution de 1793 et au préambule de la Constitution de 1946.
Notre association est indépendante organiquement et politiquement de toutes structures partisanes.
Nous défendons la République démocratique, laïque et sociale.
Une République accomplie doit garantir le droit au travail, le plein emploi, les droits sociaux et la sûreté des citoyens.
Nous défendons la souveraineté populaire et nationale.
Nous considérons les institutions de l’Union Européenne comme oligarchiques, antidémocratiques et antirépublicaines.
Nous combattons toute forme d’extrémisme, de communautarisme et de xénophobie.
Nous souhaitons des associations d’États basées sur la coopération, le libre-échange et la volonté populaire.
Nous refusons par conséquent toute inféodation de la République française à toute politique impérialiste. Nous considérons que les richesses doivent aller prioritairement à ceux qui les produisent."

Président : Joël Halpern
Date de création : mai 2005

Contact : valactrep@yahoo.fr

Site Internet : http://www.que-faire.info/

par le Citoyen Thimèle publié dans : Mouvements Républicains
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Mardi 31 juillet 2007
Dans le style, nous avons aussi: «Travailler plus pour penser moins.» Ces piquants aphorismes peuvent désormais passer pour les nouveaux slogans de la communication du cabinet Sarkozy - pardon, du gouvernement Fillon, quelle étourderie... Après le discours étonnant, pour employer un euphémisme secourable, prononcé le 10 juillet à l’Assemblée nationale par la ministre des Finances à l’occasion de la présentation du projet de loi "Travail, emploi et pouvoir d’achat", l’"International Herald Tribune" (22/07/07) a opportunément relié ses propos à la liturgie du «travailler plus», bourdonnée telle une inlassable antienne par le candidat puis le président Sarkozy.

Dans cette allocution mémorable, qui restera probablement comme un sommet de rhétorique néolibérale, Christine Lagarde a en effet stigmatisé l’utilisation immodérée que nous autres Français ferions de notre néocortex, siège de notre pensée consciente. Le passage en question vaut son pesant de cacahuètes et cervelles grillées : « C’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant, retroussons nos manches. »

La première impression est que la ministre a appliqué sa propre exhortation : pour proférer de telles incongruités, elle n’a pas surmené ses connections synaptiques. Selon Bernard-Henri Lévy, « c’est le genre de chose que vous pouvez entendre dans des conversations de café, de la part d’abrutis qui boivent trop »... Mais la perplexité cède ensuite rapidement le pas à l’indignation. Car enfin il ne s’agit justement pas d’une blague de comptoir, ni même d’un badinage off avec des journalistes, mais de l’exposition pesée et préparée, devant les représentants du peuple, de l’idéologie politique présidant à une réforme annoncée comme décisive. Le plus officiellement du monde, le gouvernement professe un renversement total de certaines valeurs fondatrices de « l’identité » française, à laquelle il se prétend pourtant si sensible. Ce qui était en haut se retrouve en bas : être d’un pays qui réfléchit, qui a théorisé sur tous les grands courants de pensée, qui a produit les Lumières et nombre de philosophes parmi les plus importants de l’histoire des idées, dont les bibliothèques publiques sont garnies d’ouvrages qui nous aident à comprendre le monde et notre humaine condition, constitue pour vous comme pour moi un motif de satisfaction et de fierté ?... Eh bien désormais, nous intime la ministre, il nous faut en avoir honte. La quête de sens, la réflexion, le discernement, l’intelligence, doivent être considérés comme les symptômes d’un passé plus poussiéreux que les rayonnages de bibliothèques qu’on est prié de ne plus alimenter en œuvres nouvelles. Pour les philosophes, écrivains, et intellectuels divers, ce sera tantôt le chômage technique ou le recyclage façon Mao...

Pourquoi ? Parce que nous explique ainsi la ministre, en France nous pensons trop pour bien travailler - cette pensée-là étant générée par un cerveau gouvernemental, un des rares encore encouragés à réfléchir avec ceux des ingénieurs R&D, elle n’est pas incluse dans l’anticogito lagardien. Par conséquent, tous ceux qui se retroussant déjà les manches jusqu’à l’omoplate, souhaitent consacrer du temps à d’autres petites choses essentielles au plaisir de vivre - conjoint, enfants, amis, loisirs - sont des fainéants. Tous ceux qui ont cru constater que, pour bien faire son boulot, il fallait se triturer un tant soit peu le chou, sont des rêveurs. Même pour être président de la République, contrairement à ce qu’on pouvait estimer, il n’y a pas besoin de beaucoup penser : « Je ne suis pas un théoricien, je ne suis pas un idéologue, je ne suis pas un intellectuel », se louait notre chef d’État à la télévision le mois dernier, comme le rappelle l’article susnommé du Herald...

Selon quelle étrange logique peut-on proférer qu’il faut arrêter de penser ? Peut-être, au hasard, suivant celle de l’idéologie néolibérale : il serait assurément plus facile de faire croire à une population d’anencéphales que la hausse de la TVA est une mesure sociale, les cadeaux fiscaux aux plus aisés un filon pour relancer la croissance, réduire le chômage et la dette, et tant qu’on y est, que la lune est une peau de veau... L’atrophie de la pensée est au sein même de l’entreprise un redoutable moyen de contrôle. Comme l’expliquait en effet Christophe Dejours, titulaire de la chaire de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers, dans la revue Res Publica (août 2004), les nouvelles formes d’organisation du travail et de management se basent sur la concurrence généralisée entre collègues, l’encouragement aux pratiques déloyales, et la rupture des liens de solidarité ; « ce système qui génère la peur chez nombre de travailleurs est aussi à l’origine d’injustice, de harcèlement, de déstabilisation calculée, qui produisent toutes sortes de souffrances ». Mais, pour que le système fonctionne, il lui faut des outils : « Des masses de braves gens sont dans le cadre de la modernité néolibérale invités à apporter leur concours [...] à des actes qui consistent à intimider autrui, à menacer, à faire peur, à mettre au point des « plans sociaux », [...] c’est-à-dire à commettre des actes injustes. » Certains n’y parviennent pas. D’autres, pour parvenir à effectuer « le sale boulot » sans se haïr, mettent au point une stratégie de défense qui a pour effet « d’engourdir la conscience morale, ce qui passe par un rétrécissement - c’est important sinon capital - de la capacité de penser ».

Arrêter de penser, selon Mme Lagarde, permet en outre de travailler davantage. Le problème est qu’un salarié pressuré court plus de risques qu’un adepte de la méditation... Certains en meurent. Dans le contexte préoccupant de l’accroissement des psychopathologies professionnelles sévissant de l’ouvrier au cadre, les rafales de suicides sur le lieu de travail comme chez Renault et PSA - phénomène nouveau de mémoire médicale, suscitent un franc malaise. C’est de fatigue que d’autres salariés décèdent. Ainsi, par exemple, du métallurgiste Rudy Norbert, employé d’une entreprise sous-traitante dans le Nord, dont le sort est révélé par le journaliste Paul Moreira dans son livre Les Nouvelles Censures. Voilà un cas édifiant. Son patron exigeait qu’il puisse être joint en permanence. Il travaillait parfois deux jours d’affilée, la masse illégale des heures supplémentaires étant camouflée en primes. Le 7 mai 2001, il travaille 21 heures de suite. On le rappelle à 2 h 30 la nuit suivante ; à 6 heures du matin, constatant son total épuisement, son chef de chantier lui dit d’aller se reposer quelques minutes dans la voiture de la société. Il s’assoit, pose sa tête contre la vitre et meurt. Il avait 30 ans... Et pendant que certains laissent leur raison et leur peau au boulot, d’autres n’en ont aucun. Mme Lagarde, pour qui il n’existe pas de lien social en dehors du travail (« Le contrat social, aujourd’hui, se décline en contrats de travail »), nie pourtant que le marché du travail soit « un gâteau à partager » entre concitoyens. Il faut dire qu’il est tellement plus rentable, pour une charge de labeur donnée, de payer moins de gens qu’il n’en faudrait...

Il faut lire ce discours en entier. Les envolées lyriques finales sont insurpassables : « Le travail engendre le travail. À l’intérieur de ce cercle vertueux, le pays tournera à plein régime. [...] Travailler plus, et vous multiplierez l’emploi. Dépensez plus, et vous participerez à la croissance. Gagnez plus, et vous augmenterez le pouvoir d’achat ! » Tant pis pour les bécanes humaines qui cassent à force de tourner à plein régime : le salarié jetable se remplace facilement. Travaillez plus, consommez plus, polluez plus. La fuite en avant n’en sera que plus rapide.

De cette facture orwellienne idéale, il n’y aurait donc que la pensée à soustraire... Il convient d’appeler enfin les choses par leur nom : quand un pouvoir politique articule l’affaiblissement de la pensée à l’augmentation du travail, il assume une propension au totalitarisme contre laquelle nous devons rester éveillés - les Nord-Coréens sont-ils par exemple encouragés à réfléchir par leur charismatique leader ?...

La pensée contient des mondes infinis ; elle est le siège de notre humanité, ce qui nous reste quand tout nous a été ôté. Elle ne devrait jamais être soluble dans le travail. Employer ne doit pas devenir synonyme de domestiquer, ni l’argumentation économique marchande dominer toutes les autres dimensions de la délibération politique.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale
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Mardi 31 juillet 2007
Par Anne Soetemondt

Nos voisins belges n’ont pas de gouvernement depuis 50 jours. Yves Leterme, leader du parti majoritaire (CVD, conservateur) après les élections de juin, a été appelé à former le gouvernement. Controversé, l’actuel ministre-président de Flandre enchaîne les gaffes, cristallise les tensions entre Flamands et Wallons et ne parvient toujours pas à réunir son équipe.

Le jour de la fête nationale belge, à la question d’un journaliste « Monsieur Leterme, pouvez-vous nous chanter la Brabançonne (hymne belge) ? » le futur Premier ministre belge répondait : « Allons enfants deuhh la patrieeeeee euhh…» La gaffe… L’ennui, c’est qu’au lieu d’en rire, Yves Leterme s’est enfui, sans esquisser le moindre sourire. Il a fini par s’excuser, mais juste en néerlandais. Maladroit, pour un ancien ministre-président flamand, soupçonné par bon nombre d’observateurs de se sentir plus flamand que belge. L’homme politique s’en défend, il n’a de cesse de rappeler que son père est francophone, sa mère néerlandophone. Mais déjà l’année dernière, le 17 août 2006, il avait confié à Libération qu’« apparemment les francophones ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais », ravivant une fois de plus des tensions entre les deux communautés, et les soupçons à son encontre.

Pour Dirk Vanoverbeke, journaliste au service politique du quotidien Le Soir, « l’épisode Yves Leterme montre qu’on est peut-être arrivé, en Belgique, au bout d’une certaine logique. Jusqu’ici, on avait toujours réussi, dans le champ politique, à arriver à des compromis. En échange de certaines demandes communautaires, les Flamands, beaucoup plus riches, cédaient sur le plan financier. Mais dans la situation actuelle, les francophones ne sont pas demandeurs. Il n’y a donc pas de monnaie d’échange ». La Belgique est un couple : la femme est wallonne, le mari flamand. Et comme dans un couple, quand le ton monte, le choc est frontal. Certains analystes se demandent même si nos voisins ne sont pas au bord du divorce.

L’analyse des résultats électoraux du 10 juin est intéressante de ce point de vue. Après le canular sur la scission de la Belgique par la RTBF (chaîne publique de télévision), plusieurs sondages avaient montré qu’une majorité de la population était contre un partage du pays en deux. « On a même cru à un électrochoc », explique Dirk Vanoverbeke. Il n’en est rien. « Les résultats électoraux de juin sont clairs, on a assisté à une radicalisation au niveau de l’échiquier flamand ». Sur 88 députés pour la Flandre, 17 font partie du parti extrémiste Vlaams, 30 de la coalition alliant les démocrates-chrétiens du CDV aux nationalistes du NVA et 4 d’une liste à tendance « poujadiste ». « Il y a un ras le bol du côté flamand qui se manifeste par une volonté de régionaliser et d’accorder des compétences encore plus importantes – en matière fiscale par exemple – à la Flandres et à la Wallonie ». On est peut-être proche d’une partition avec d’un côté une Flandre, riche, prospère, en situation de plein emploi et de l’autre une Wallonie avec 20% de chômeurs en moyenne. En attendant, l’heure est aux négociations. Ce n’est pas la première fois que la Belgique est orpheline de son gouvernement. À la fin des années 1980, le temps politique s’était arrêté plus de quatre mois. La réponse, le deuxième mardi d’octobre, pour la rentrée parlementaire.


Marianne

par le Citoyen Thimèle publié dans : International
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Dimanche 29 juillet 2007


Déclaration du Comité de soutien contre le Protocole de Londres (11 juillet 2007) :



Préambule :

Les soussignés approuvent le projet de développer la recherche française et l’innovation, qui passe notamment, mais pas seulement, par l’augmentation du nombre de dépôts de brevets en France et en Europe, mais ils dénoncent les risques d’une éventuelle ratification du protocole de Londres dont les grandes entreprises étrangères bénéficieraient au détriment des PME et TPE françaises, et surtout ses conséquences dramatiques pour la langue française.

La ratification de ce protocole, signé en juin 2001, fortement soutenue par une partie des grandes entreprises françaises et internationales, aboutirait en effet, en Europe, à la suppression de l’obligation actuelle de traduire en français tous les brevets rédigés en langue anglaise ou allemande sous prétexte de diminuer le coût des brevets d’invention.

La vérité sur le coût des brevets :

Or, le prix de revient élevé des brevets européens ne résulte pas des traductions, contrairement à ce que prétendent abusivement ceux qui soutiennent la ratification du protocole de Londres. En effet, selon une étude réalisée par l’OEB (Office européen des brevets), le coût de la traduction représente seulement, en moyenne, 15% de celui du dépôt et non 40% comme l’avancent les plus fervents défenseurs du protocole de Londres.

La suppression de la traduction obligatoire en français des brevets déposés en langue anglaise n’aurait donc qu’un effet très limité sur la baisse du coût de dépôt des brevets. Ce n’est pas le coût de la traduction qui est un frein au dépôt de brevets européens mais bien plus le niveau élevé des taxes prélevées par l’OEB et le manque de culture des petites et moyennes entreprises pour ce type de démarche en France.

Une atteinte inadmissible au respect de la langue française et à la diversité culturelle :

La ratification du protocole de Londres par le Parlement français reviendrait à admettre, en réalité, l’usage de l’anglais en droit français et serait très dangereuse pour la pérennité de la langue française comme langue scientifique, technique et commerciale.

C’est le plurilinguisme, reflet de l’identité et de la culture de l’Europe, qui est directement
menacé par le protocole de Londres. D’ailleurs, de nombreux pays l’ont compris et, à ce jour, sur les 31 concernés, seuls 13 ont ratifié ce texte (dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas...) mais 17 pays ont refusé de le signer et continueront d’exiger une traduction obligatoire des brevets européens dans leur langue nationale : Autriche, Espagne, Italie, Finlande, Portugal, Pologne, Irlande, Belgique, Grèce, etc.; et deux pays, la France et le Luxembourg, ont signé, mais pas encore ratifié, ce protocole. L’accord de la France étant indispensable pour que ce traité entre en vigueur, c’est elle qui détient le sort de notre langue et du plurilinguisme.

Au moment où le gouvernement français réaffirme l’importance de la francophonie, le fait de refuser le protocole de Londres serait cohérent avec la politique clairement affichée par le président de la République et le Premier ministre pour défendre la langue française et une Europe civique.

En conséquence, les signataires demandent aux parlementaires de ne pas ratifier le protocole de Londres, afin que la langue française demeure une langue obligatoire pour le dépôt des brevets en Europe. Les enjeux et les « vices cachés » de ce protocole sont trop importants pour que celui-ci soit approuvé en « catimini » au cours d’une prochaine session parlementaire sans un véritable débat national sur ses conséquences pour l’avenir de la langue française.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Langue française et Francophonie
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Dimanche 29 juillet 2007

Les 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris connaît trois journées d'insurrection populaire (que les auteurs romantiques qualifieront de « Trois Glorieuses ») au terme desquelles Charles X est contraint de laisser le trône à son cousin, le duc d'Orléans, futur Louis-Philippe Ier. Cette révolution républicaine confisquée par les libéraux monarchistes signe toutefois l'échec d'un retour à l'Ancien Régime.

Tout commence le 26 juillet 1830 lorsque le « Moniteur », le journal officiel du gouvernement français d'alors, publie quatre ordonnances du roi Charles X qui sont autant de coups de forces à l'encontre de l'agitation parlementaire. En effet, depuis plus d'un an, le torchon brûle entre le roi, désireux d'en revenir à une monarchie d'avant 1789, et la Chambre, où l'opposition libérale est grandissante.

Le 18 mars précédent, le roi avait décidé de dissoudre cette Chambre indélicate. Pourtant, contre toute attente, les nouvelles élections portent à 274 le nombre d'opposants, contre 221 précédemment.

Affaibli sérieusement par ces élections, considérant abusivement que le royaume est en péril, et qu'il en va de la sûreté de l'Etat, le roi publie quatre ordonnances « scélérates » visant à rétablir, par la force, son autorité.

La première ordonnance suspend la liberté de la presse et rétablit la censure et l'autorisation préalable de publication. La deuxième dissout la Chambre qui vient d'être élue. La troisième réduit le corps électoral déjà très limité en ôtant la patente et l'impôt sur les portes et fenêtres du montant du cens électoral indispensable pour bénéficier du droit de vote, revenant ainsi à exclure la bourgeoisie, majoritairement libérale, du corps électoral. Enfin, la quatrième convoque les électeurs pour le mois de septembre.

La nouvelle met en émoi la bourgeoisie et l'ensemble du petit peuple parisien.

Dans les bureaux du « National », le journaliste Adolphe Thiers rédige aussitôt une protestation solennelle, signée par 44 journalistes, et publiée le lendemain par « Le National », « Le Temps », « Le Globe » et « Le Journal du commerce », qui paraissent tous sans autorisation.

Aussitôt, le préfet de police, Claude Mangin, ordonne la saisie des presses des quatre journaux en cause et le parquet lance des mandats d’arrêt contre les signataires de la protestation. De vives échauffourées ont alors lieu entre la police et les ouvriers typographes, qui redoutent de perdre leur emploi.




Ces échauffourées actent du début des émeutes. La foule parisienne, des ouvriers aux commerçants en passant par les étudiants, exaspérée par la situation politique et exaltée par la fougue de quelques activistes républicains, tel François-Vincent Raspail, Louis-Adolphe Robin-Morhéry ou encore Armand Marrast, se soulève.

Les mouvements de foule du 27 vont dès le lendemain s'embraser en révolution républicaine. Le peuple parisien se soulève, s'arme et dresse des barricades par milliers dans les rues et affronte les forces armées commandées par le très détesté maréchal Marmont au cours de combats sanglants. Les soldats perdront 200 hommes, les insurgés un millier.

Le 29 juillet, le dispositif militaire de Paris fini toutefois par céder. Les insurgés sont maîtres de Paris. Charles X et la famille royale sont contraints à fuir Paris.

Les députés libéraux, majoritairement monarchistes, vont alors récupérer le bénéfice de la révolution populaire aux dépens des républicains, désorganisés. Au terme de « l'hésitation de 1830 », jouant sur la peur, ces députés libéraux, tel Laffitte, soutenu par le vieux Talleyrand et le jeune Thiers, vont finalement réussir à conserver la monarchie constitutionnelle, au prix d'un changement de dynastie. C'est la « révolution confisquée ».

Cette monarchie dite de Juillet veut toutefois bien rompre avec le passé. Cette rupture se veut tout d'abord symbolique : elle prend ainsi comme emblème le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge. Rompant avec le « parti prêtre », le nouveau régime s’affirme beaucoup plus laïc et plus libéral que son prédécesseur. Mais la Charte de 1814  n’est que superficiellement toilettée, et le droit de vote n’est que peu étendu par la loi électorale du 19 avril 1831.

Les activistes républicains, peu nombreux, mais déterminés, et profondément déçus par les premiers pas de la monarchie bourgeoise, harcèleront sans cesse le régime. Des émeutes, parfois armées, toujours rapidement réprimées, vont secouer sporadiquement le pays, de 1831 à 1839. Ainsi, par exemple, les émeutes déclenchées les 5, 6 et 7 juin 1832, à l’occasion des obsèques du général Lamarque, député républicain, feront 800 morts. Ces émeutes seront d'ailleurs immortalisées par Les Misérables de Victor Hugo où le jeune Gavroche meurt sur les barricades.

Les initiateurs de la monarchie de Juillet croyaient réitérer en France la «Glorieuse Révolution» qui a permis aux Anglais, en 1688, par le changement de monarque, d'installer une monarchie parlementaire durable. Ils n'aboutiront en fait qu'à un répit de 18 ans avant une nouvelle révolution qui mit définitivement fin à la royauté en France…


par le Citoyen Thimèle publié dans : Culture et Mémoire Républicaine
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Samedi 28 juillet 2007
Molestée par son mari, une femme a été condamnée jeudi à Dunkerque à trois mois de prison avec sursis pour avoir soustrait ses enfants à leur père.

Après avoir quitté le domicile familial avec ses enfants, une femme victime de violences conjugales a été condamnée jeudi à trois mois de prison avec sursis et devra s'acquitter d'une amende de 800 euros. La décision du tribunal de Dunkerque suscite beaucoup d'incompréhension, notamment du côté des associations.

"C'est complètement différent pour les femmes battues sans enfants. Là, parce que cette femme a des enfants, cela pose problème. Si elle reste au domicile, les services sociaux peuvent décider de placer les enfants, mais si elle part de son propre chef, on lui reproche de les soustraire à l'autorité de leur père", déplore Mauricette Sauvignon, vice-présidente de la Fédération nationale solidarité femmes, qui représentait la mère de famille pendant l'instruction. Avant de souligner que les enfants constituent surtout un moyen pour le père de se manifester auprès de la mère.

C'est début 2003 que la jeune femme entre en contact avec Sedire, une association basée à Dunkerque, membre de la Fédération nationale solidarité femmes. Battue par son mari, elle vient de quitter le domicile conjugal, emmenant avec elle ses enfants. Les faits de violence sont avérés, par sept jours d'interruption de travail. On lui trouve un logement à Dunkerque, loin de son mari.

Au mois de juillet de la même année, la mère de famille se rend à Nice, où des proches peuvent l'aider. Une procédure de divorce est en cours. En 2004, elle obtient la garde exclusive de ses enfants. Deux ans plus tard, après plusieurs reports d'audience, alors que le divorce doit être prononcé, l'avocate de son mari demande l'annulation de la procédure. Raison invoquée: l'adresse indiquée par la mère n'est pas celle où vivent les enfants. C'est vrai: pour se protéger, elle a donné l'adresse de l'association. La requête est acceptée.

Sedire et la jeune femme ont donc comparu une première fois, en décembre 2006, devant le tribunal de Dunkerque, qui a rendu son verdict cette semaine. L'association a été relaxée, la mère condamnée, pour "soustraction d'enfants". Un jugement bien mal compris par Mauricette Sauvignon: "Nous sommes tombés de haut, alors que le problème semblait avoir été clairement posé durant l'audience". La mère a immédiatement fait appel.


L'Express



Voilà une décision de justice particulièrement inique, digne de celles régulièrement rendues dans les Etats régis par la charia. Nous ne savons pas si les juges ayant rendus cette décision sont des nostalgiques du paters familia ou des admirateurs d'Hani Ramadan. En tout cas cette décision ne doit pas être pris pour un cas isolé. Elle révèle parfaitement la vague réactionnaire qui, petit à petit, cherche à submerger notre pays, et que nous devons absolument stopper.
par le Citoyen Thimèle publié dans : Libertés, Justice et Droits de l'Homme
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Vendredi 27 juillet 2007



Le dimanche 27 juillet 1214, dans les plaines des Flandres, à Bouvines, les troupes du roi de France Philippe Auguste écrasent celles d'une coalition regroupant l'empereur germanique Otton IV, des comtes de Flandre et de Boulogne, soutenues par le roi d'Angleterre, Jean sans Peur. Cette victoire de modestes miliciens des villes, exaltés par une foi patriotique nouvelle, contre une armée de professionnels équipés et préparés à la guerre est considérée pour beaucoup comme l'acte de naissance de la nation française.

La France naissait à peine. Elle était en train de devenir autre chose que le simple butin des Mérovingiens et que la simple province des Carolingiens. Les Capétiens, et en premier lieu le roi Philippe Auguste, s'évertuaient à lui donner une âme. Celui-ci décida ainsi de ne plus se nommer « roi des Francs », mais désormais « roi de France ». Ce changement de titulature va affirmer toute son ambition, celle d'être le maître d'un peuple, et non d'un simple domaine royal partagé entre grands vassaux.

En cette année 1214, le royaume de France est menacé. Jean sans Terre, roi d'Angleterre, a décidé une bonne fois pour toute d'en finir avec ce petit royaume orgueilleux qui aspire à s'agrandir à ses dépens. Il réussi en effet à monter une coalition avec Renaud de Dammartin, le comte de Boulogne, le comte Guillaume Ier de Hollande, Ferrand, fils cadet du roi de Portugal et comte de Flandre et surtout Othon IV, empereur romain germanique. La plupart des seigneurs installés entre l'Escaut et le Rhin se joindront à cette coalition. L'année précédente, alors que Philippe Auguste guerroyait déjà contre Ferrand de Flandre, les Anglais avaient anéanti la flotte française dans le port de Damme (31 mai 1213). Les coalisés envisagent un plan d'invasion d'envergure dans lequel les troupes anglaises de Jean sans Terre attaqueront par La Rochelle et Othon et ses alliés par le Nord.

Pourtant un véritable miracle se produit. Le 2 juillet, le prince Louis, futur Louis VIII, défait l'armée anglaise à la bataille de la Roche-aux-Moines, près d'Angers.

A la nouvelle de cette victoire, Philippe Auguste décide de prendre l'initiative sur le front nord avec le reste de son armée, avant que les renforts lorrains et allemands ne rejoignent les troupes de l'empereur.

Ces coalisés, forts de 80 000 hommes au total, écrasent numériquement les forces du roi de France, estimés à à peine 25 000. De Tournai où il s'est établi, Philippe Auguste décide prudemment de faire retraite vers Lille. Il entame son mouvement le 27 juillet au matin.

Informé de cette nouvelle, l'empereur décide alors de l'attaquer sans attendre, ne se souciant guère que ce jour soit un dimanche, interdit à toute action de guerre par la Paix de Dieu. Il se porte sur l'arrière-garde de l'armée française qui commence à traverser la rivière de la Marcq, sur le pont de Bouvines. A la vue de l’ennemi, Philippe Auguste rappelle sans délai les troupes qui ont déjà franchi le pont. L'armée française se déploie alors face aux coalisés. La bataille s'engage à la manière féodale, dans un corps à corps indescriptible où chacun cherche son ennemi pour le tuer ou le capturer.

Les Français sortent finalement, et contre toute attente, vainqueurs de cette bataille, qui fit 1000 tués de chaque côté et près de 9000 prisonniers du côté des coalisés.

Pour Philippe Auguste, sorti vainqueur de la journée, la bataille s'avère un immense succès militaire. Elle est aussi une victoire politique et dynastique majeure, et, selon l'expression de Jean Favier, « l'une des batailles décisives et symboliques de l'histoire de France ».

Othon s'enfuit et perd sa couronne. Le Saint Empire romain germanique éclate en morceaux. Ferrand de Portugal passa quinze ans en prison au Louvre. Dépossédé de la Normandie, du Maine, de l'Anjou de la Touraine et de la Bretagne depuis 1206, Jean Sans Terre cesse les hostilités contre la France, et regagne l'Angleterre. Pour sauver sa couronne, Jean sans Terre est contraint d'accorder à ses barons la Grande Charte (1215). Du côté français, la dynastie capétienne sort renforcée tandis que les récentes acquisitions de Philippe Auguste sur Jean sans Terre sont consolidées. Contrairement à ce dernier, Philippe Auguste n'a plus aucun compte à rendre à ses barons. Il est le maître absolu du royaume de France, l'incarnation même du peuple, de ce peuple patriote qui a combattu à ses côtés en ce jour.

Victoire du roi de France, cette victoire est avant tout celle d'un peuple qui prend, face au péril, conscience de son unité, de son identité commune. Ce jour de dimanche est celui, dit Max Gallo, de « l'irruption éclatante de la nation ». Les peuples de France, que rien ne prédisposaient pourtant à s’entendre, laissent place à un peuple de France. Les chroniqueurs, extasiés par la force de la victoire, exaltent les « fils de France » «  à la bouillante saveur » qui « n'hésitent jamais à braver toute sorte de danger ».

Le retour de Philippe Auguste à Paris est ainsi triomphal. Pour la première fois, la foule des anonymes, aussi diverse que nombreuse, fête la victoire qu'elle considère comme leur. Ce qui se passe à ce moment est étincelant. La nation montre là ses premiers jours d'une déroutante auto-proclamation.

Les chroniqueurs ont font leur choux gras, non sans abuser d'extase :

« Dans tout le royaume, on n'entend partout qu'un applaudissement ; toute condition, toute fortune, toute profession, tout sexe, tout âge chantent les mêmes rythmes d'allégresse... Les innombrables danses des gens du peuple, les chants suaves des clercs, les sanctuaires parés au-dedans comme au-dehors, les rues, les maisons, les routes, dans tous les villages et dans toutes les villes, tendues de courtines et d'écoles de soie, tapissées de fleurs, d'herbe et de feuillage vert... Ceci se passa sur la route jusqu'à ce qu'on fût arrivé à Paris. Les bourgeois parisiens et par-dessus tout la multitude des étudiants, le clergé et le peuple allaient au-devant du roi, chantant des hymnes et des cantiques... Durant toute la nuit, les cierges ne cessent de briller dans les mains de tout le monde, chassant les ténèbres, de telle sorte que la nuit, se trouvant subitement transformée en jour et resplendissant de tant d'éclats et de lumières, dit aux étoiles et à la lune : Je ne vous dois rien ! Tant l'amour du roi portait les peuples à se livrer aux transports de leur joie dans tous les villages... »

Ce mouvement magnifié va renforcer durablement le pouvoir royal. Il fait ainsi naître les premières tentatives de centralisation, qui seront indissociablement lié jusqu’à aujourd’hui à la recherche de l'unité nationale. La bataille de Bouvines, décrite par Georges Duby comme un des événements fondateurs et constitutifs de la nation française et du sentiment d'appartenance à la France, fut ignoré et laissé à la marge de l’Histoire de France jusqu’au début du 20e siècle, quand la IIIe République décida de remettre sa symbolique nationale au goût du jour. Le 27 juillet 1914, il était ainsi prévu de célébrer en grande pompe le 700e anniversaire de cette victoire. C'est une autre guerre, bien plus terrible, qui l'en empêchera...

par le Citoyen Thimèle publié dans : Mémoire Nationale
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Vendredi 27 juillet 2007

Le dernier Conseil européen de Bruxelles du 23 juin 2007 a décidé de confier à une Conférence intergouvernementale le soin de travailler d'ici à la fin de l'année à la rédaction d'un nouveau Traité européen « simplifié », suite au rejet par les peuples hollandais et français du Traité constitutionnel.

Le Président de la République française, puis son ministre des Affaires étrangères, ont néanmoins explicité les grandes lignes de ce nouveau traité « simplifié ».

Il ressort qu'il concernera le système et le mode de décisions européens, les questions sociales, les valeurs constitutives de l'Union et des mesures significatives concernant la lisibilité de l'Union.

Ce nouveau Traité « simplifié » aura des conséquences majeures et directes pour la vie de nos concitoyens et de nos institutions.

Cela implique donc qu'il soit soumis à referendum.

Tout d'abord, conformément à la Constitution française, dès lors que ce nouveau Traité modifiera le fonctionnement de nos institutions il devrait être soumis à approbation populaire.

En second lieu, si le besoin existe absolument de réconcilier l'Union européenne et les peuples européens alors ce Traité doit être aussi leur affaire.

Le précédent Traité, dit constitutionnel, a montré que la voie parlementaire n'était pas la voie par laquelle les peuples pouvaient se reconnaître. Et si ce nouveau Traité fait la synthèse entre les tenants du « non » et du « oui », ainsi que le dit le Président de la République , alors que peut-il craindre d'un referendum ? Les arguments du ministre des Affaires étrangères selon lesquels la ratification par la voie parlementaire évitera les inconvénients précédemment constatés ne peuvent être recevables.

La démocratie n'est pas négociable. Elle ne peut souffrir d'une mise à l'écart, d'un manque d'appropriation par les peuples européens de la construction européenne. Le retour de la politique suppose que notre peuple soit consulté. Il a défait le précédent Traité. Il doit s'exprimer sur ce nouveau Traité. C'est une double exigence : nationale et européenne.

En conséquence, nous appelons solennellement le Président de la République Française à soumettre le nouveau Traité à la ratification de notre peuple et à décider de l'organisation d'un referendum.

Que l'on soit pour ou contre ce nouveau Traité, l'Europe ne se fera pas contre les peuples. Elle ne se fera pas sans eux. Elle se fera nécessairement avec eux !


par le Citoyen Thimèle publié dans : Actions et Soutiens
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Mardi 24 juillet 2007