Qu'est venu faire le président du MRAP, mouvement laïc né de
la résistance au fascisme et au racisme, dans l’émission de Stéphane Bern du lundi 25 octobre2006 ?
En participant au débat « Peut-on critiquer les religions ? », le président du MRAP aurait dû défendre l'exercice d'un droit fondamental: la liberté d'expression. Mais notre président a choisi un autre camp : celui des religieux qui voudraient limiter cette liberté. Il invoque la loi contre le racisme, mais il en tord l'esprit. Car la loi concerne les hommes - pas les croyances ni les dieux.
Le président du MRAP a été jusqu'à établir un lien entre Redeker et ben Laden.
Si nous ne pouvons admettre les théories d'un professeur qui s'inspirent du choc des civilisations, nous ne pouvons oublier qu'il est menacé de mort, pour une pensée et une parole, par des fanatiques qui entendent imposer leurs idées partout.
En confondant de nouveau critique des religions et racisme antimusulman et antimaghrébin, Mouloud Aounit entretient une confusion permanente, en relativisant la lutte contre le racisme au profit de la défense des religions, sous prétexte qu'elles sont pratiquées par une partie des peuples opprimés.
Si le droit de pratiquer une religion doit être défendu, il importe de dire aussi que la liberté de conscience et d’expression, et la séparation des Eglises et des Etats représentent des valeurs universelles, historiquement portées par les démocrates à l’échelle internationale, qu’il convient de défendre partout.
Nous déclarons nous désolidariser de cette dérive du président de notre mouvement.
Nous ferons tout pour que le MRAP ne se perde pas, ni ne se divise, en cédant à certaines pressions communautaristes ou religieuses.
Le MRAP restera cet espace de fraternité militante qui rassemble croyants et non croyants dans l’unique but de lutter contre l'intolérance et le racisme.
Le 26 octobre 2006
Premières signatures
Nadia Kurys, vice-présidente du MRAP,
Gérard Kerforn, membre du conseil d'administration et président de la Fédération des Landes,
Horiya Mekrelouf, membre du conseil d'administration et présidente du comité de Marseille,
Didier Poupardin, membre du conseil d’administration,
Yves Loriette membre du conseil d’administration,
René Meyer membre du conseil d’administration et président du comité de Toulouse,
Evelyne Verlaque, membre du Bureau exécutif et du conseil d’administration,
Anne Savigneux, membre du bureau exécutif, du conseil d’administration et présidente du comité de Bourgoin,
Jean-Marc Bourquin, membre du bureau exécutif et du conseil d’administration,
Emmanuelle Le Chevalier, responsable du secteur discrimination,
Frédérique Ferry, membre du conseil d’administration,
Colette Maury-Lascoux, présidente du comité de Mont-de-Marsan,
François Savigneux, comité de Bourgoin,
Milène Mondi, comité de Bourgoin-Jallieu-Villefontaine,
Patrice de Rorthais, trésorier du comité de Bourgoin-Jallieu-Villefontaine,
Jean-Paul Erard, président du comité de Bourgoin-Jallieu-Villefontaine,
Danièle Poupardin, comité d’Ivry (94),
Henri Saint-Jean, comité local de Marseille,
Renée Clergue, comité local de Marseille,
France Combet et le comité local de Largentière 07,
Maya Vigier, membre du conseil d’administration, membre resf
Marie-Cécile Pla, comité Paris 18e, membre resf
Nordine Sekai, comité Paris 18e, membre resf,
Marianne Wolff, comité Paris 13e,
Pedro Fernandez, président du comité d'Aix en Provence (13)
Philippe Youchenko comité Fos sur mer et Fédération (13)











Pour résoudre la crise de confiance, il n’y a pas 36 solutions. Qu’on réforme le système à la base, à la racine. Ce n’est pas avec des pansements que l’on stoppe une hémorragie. Tout doit passer par une meilleure représentativité. Cela passe premièrement par davantage de proportionnelle, des mandats uniques et plus courts et un vrai statut de l’élu. Cela induit également d’aller vers une vraie démocratie participative, avec le droit d’initiative citoyenne, avec l’utilisation plus fréquente du référendum, nationale ou locale. Il faut enfin que les élus gouvernent avec une plus grande clarté et de transparence, si ce n’est déjà le cas pour de nombreux élus locaux. Il faut bien sûr que les élus proposent de vraies idées, de vraies solutions. A quoi sert un élu s’il n’est pas capable de proposer la moindre solution. Les citoyens doivent participer à ce débat, c’est certain. Le peuple n’est pas débile. Mais le peuple attend des politiques qu’ils leur proposent des solutions, pas qu’ils leur en demandent en permanence. Entre proposer et écouter, il y a moyen de trouver un juste milieu. Le peuple a un droit à la parole, mais les politiques ont un devoir de compétence.
En République, tous les citoyens, athés, croyants, ou agnostiques, doivent jouir des mêmes droits. Cette égalité est la meilleure garantie de leur liberté. Elle implique la neutralité spirituelle des institutions publiques, ainsi dotées d'une légitimité authentique. Prétendre qu'il n'y a d'espoir que par les religions, comme le fait monsieur Sarkozy, c'est faire injure aux athées dont l'humanisme est source de valeurs autant que peut l'être la croyance en un dieu. Peut-on oublier que, dans la résistance à l'oppression nazie, sont tombés ensemble Honoré d'Estienne-d'Orves, «celui qui croyait au ciel», et Gabriel Péri, «celui qui n'y croyait pas» ? 
Les autorités australiennes ont réclamé jeudi l’expulsion du mufti du pays après ses propos comparant les femmes légèrement vêtues à de la "viande à l’air" qui ont suscité un tollé jusqu’au sein de sa communauté. Cheikh Taj Aldin al-Hilali, plus haut dignitaire musulman du pays (
Le débat sur le voile fait s’interroger la Grande-Bretagne sur les vertus de son modèle multiculturel et sur la place du religieux dans la société, au point d’accorder un écho nouveau, quoiqu’encore modéré, aux arguments des défenseurs de la laïcité. La dénonciation par Jack Straw puis Tony Blair du voile comme signe de la séparation des communautés, puis l’indignation suscitée par le cas d’une jeune musulmane refusant d’enlever son niqab (voile intégral) ont creusé une nouvelle brèche dans le multiculturalisme britannique.

Par Jean-Michel Hureau
A vous la parole