Par Guylain Chevrier
La burka, est sans aucun doute une insulte à l'égalité, une entrave à l'individu, un enfermement au nom d'on ne sait quelle tradition religieuse honteuse, un abaissement, une mise hors du monde pour des femmes n'ayant le droit d'exister que comme des ombres.
La burka ne relève pas d'un choix individuel mais d'une violence communautariste faite aux femmes qui doit être combattue !
Il est ici préalablement nécessaire de rappeler que toute religion appliquée dans ses moindres prescriptions aboutit au totalitarisme et particulièrement à une situation d'infériorisation et d'aliénation de la femme. Toutes les religions sont issues de sociétés patriarcales où les femmes étaient privées de droits. La religion musulmane dans ce contexte a aussi ses particularismes. Elle est appelée al-islâm, mot d'origine arabe qui signifie " soumission docile " autrement dit soumission à dieu.
L'islam est, de façon inséparable, à la fois religion, culte, tradition, règle de vie et projet communautaire. Elle ne définit pas simplement une codification des liens qui lient au Créateur, elle investit le champ social et l'influence La religion musulmane en étant respectée à la lettre n'est pas tendre avec les femmes.
Elle institue l'infériorité juridique de la femme dans l'application stricte de la religion islamique : le Coran ne désigne la femme que comme croyante, épouse et mère et affirme la prééminence de l'homme sur elle, sourate 2 versets 228 - Le témoignage d'une femme vaut la moitié de celui d'un homme, sourate 2 verset 282, la femme perçoit la moitié de la part dévolue à l'homme lors d'un héritage, sourate 4, versets 11-12 - l'homme a droit à la polygamie, à répudier sa femme, d'épouser une femme d'une autre religion du livre... Voilà de quoi fait propagande la burka pour ceux qui pratiquent l'islam selon ces strictes prescriptions, un islam rigoriste et intégriste qui a choisi d'ignorer la société dans laquelle ces femmes qui la portent vivent. Corrélativement, on sait que ce sont les pays qui pratiquent le port de la burka qui atteignent des sommets dans le taux d'analphabétisme chez les femmes. La burka à n'en pas douter devrait être reléguée au rang des archaïsmes dépassés de l'histoire. Il n'en est rien, malheureusement.
Pourtant, la laïcité ne serait pas, selon certains, concernée ici. La pratique de la burka serait même une pure question de choix personnel, intime, sur quoi on ne devrait pas pouvoir légiférer, l'interdire serait même une entreprise liberticide. Rappelons au passage qu'on légifère sur l'intime comme c'est le cas contre la pratique de la polygamie (45 000 Euro d'amende et 1 an d'emprisonnement).
Les femmes ne sont donc pas libres en France de faire de leur corps ce qu'elles veulent en se soumettant par exemple à la polygamie, et heureusement car elle en déciderait en réalité peu, face au poids de la tradition, si elles n'en étaient pas protégées par la loi. On nous dit encore qu'il ne faudrait poser aucune interdiction concernant l'usage privé du corps. Ceci étant, on se demande bien ce qu'il y a de privé et d'intime à exhiber ainsi des femmes portant la burka, dont l'individualité paraît au vu et au su de tous exposée à ce point de négation de ses libertés.
Et puis, de quel libre choix des femmes musulmanes s'agit-il, qu'il s'agisse du niqab (voile facial qui ne laisse visibles que les yeux), où de la burka, y compris même du simple voile, lorsqu'on interroge la marge de liberté d'une femme lorsqu'elle aux prises avec l'intégrisme et le communautarisme ? Mais comment en réalité ne pas réagir contre ce type d'indignité en laissant la liberté à des communautaristes de faire du corps des femmes ce qu'ils veulent sous le prétexte de la liberté de chacun de faire ce qu'il veut de son corps ? C'est exactement ce type de raisonnement qui fait qu'en Belgique, un exorciste musulman après avoir, lors d'une séance d'exorcisme laissé mourir la femme qui en était l'objet à l'avoir plongé un certain nombre de fois dans des bains d'eau bouillante pour la purifier, a été relaxé par les tribunaux belges. Sous prétexte que la personne était consentante et avait donc fait un libre usage de son corps, on a jugé que cela relevait de la tradition et que le droit commun ne pouvait s'appliquer à cet assassinat, et l'imam en cause a été laissé libre de continuer les mêmes pratiques ; révoltant !.
La pratique de la burka, une atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine et une négation de la laïcité.
On peut défendre l'interdiction de la burka en raison du trouble à l'ordre public qu'elle crée, dans la mesure où elle provoque un certain émoi sur son passage, ou en considération du fait qu'elle rend impossible toute identification de la personne qui la porte par les autres jusqu'aux agents de la force publique, niant le principe même de l'identité qui est au fondement de la règle de droit.
Mais c'est d'abord au nom de la transgression de la laïcité et des valeurs républicaines à laquelle procède cet usage religieux qu'il doit être question d'en demander l'interdiction. L'égalité politique découle de la prise de conscience par l'homme de cette capacité résidant en chacun d'être agent de l'histoire, qui recouvre l'idée du gouvernement des hommes par les hommes, ce qui exclue par essence toute influence du pouvoir divin sur les décisions humaines.
Ceci d'autant que cette prise de conscience s'est réalisé à travers une révolution, la Révolution française qui a aboli un régime de division du peuple où le roi était le père de ses sujets, tenant son pouvoir directement de Dieu. En changeant l'ordre établi ici-bas le peuple a concrètement renversé la vision religieuse du monde qui avait pour dogme que le sens et l'ordre de notre monde trouvent leur raison dans une puissance extérieure à l'histoire humaine : Dieu. L'Etat doit alors être l'expression et le garant d'une société de citoyens, censés êtres autonomes à l'égard de tout corps intermédiaire par excellence, de l'institution religieuse. En lieu et place de la souveraineté du pouvoir royal, s'installe " la souveraineté de la nation " l'idée d'une République une et indivisible. Il est question d'imposer des principes d'organisation politiques fondés non sur la tradition, la religion, mais sur la raison.
Voilà ce qui fonde la laïcité et tous les droits qui découlent de ce progrès de la conscience humaine, de la Déclaration des Droits de l'Homme qui affirme dans son article 1 que " Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits " complétée par le préambule de la Constitution de 1946 qui étend ce principe en déclarant dans son article 3 que " La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme ", qui fond partie intégrante de notre Constitution, jusqu'à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat du 9 décembre 1905 qui dans son article 1er exprime que " La République assure la liberté de conscience... " On voit combien la laïcité est ici engagée au premier plan de la lutte contre cette pratique moyenâgeuse.
Laisser proliférer la burka, c'est être complice de faits qui procèdent d'une atteinte majeure aux droits et libertés fondamentales, c'est une atteinte directe à la personne humaine en raison des entraves qu'impose cet habit rituel comme instrument de soumission, tradition de l'islam le plus dur tel que nous l'a fait découvrir l'Afghanistan.
Des femmes vulnérabilisées par le communautarisme dont il faut protéger les droits et les libertés par la loi.
Le mouvement de communautarisation qui touche une partie croissante des musulmans de France dans les quartiers populaires, crée une situation de vulnérabilisation des femmes prises dans celui-ci. La burka apparaît de ce point de vue comme un signal d'alerte, comme la part émergée de l'iceberg. Je rappelle que la loi protège contre les situations de vulnérabilité et de mise en cause des droits fondamentaux de la personne humaine que cela signifie. Un simple signalement peut permettre le déclenchement d'une procédure ici.
Quant à l'argument selon lequel chacun est libre de faire ce qu'il veut, et bien non, la loi étant censée aussi protéger les individus contre leurs propres dépendances, comme celle que l'on connaît dans les sectes. Pour rappel, les situations de danger que connaissent les individus, même lorsqu'ils s'en prennent à eux-mêmes ne sont pas laissées dans le vide par le législateur contrairement à l'argument qui a déjà été utilisé pour justifier la neutralité devant la burka, comme si on avait le droit, par libre choix, de se faire du mal. Toute personne qui assiste ou a connaissance d'une telle situation, s'il n'agit pas pour porter secours ou ne prévient pas les services compétents pour le faire, peut être mise en examen pour non-assistance à personne en danger. Donc, la loi protège aussi les citoyens lorsqu'ils risquent de se complaire dans la soumission à l'arbitraire d'un maître, fut-il choisi ! La loi doit empêcher qu'au nom d'une religion des hommes s'octroient le droit de soumettre des femmes à cette dégradation de leurs libertés. De penser cela et le défendre, n'est-ce pas agir logiquement en faveur de l'application du simple principe de laïcité, à travers les libertés individuelles que ce principe recouvre ? Ne pas le faire, n'est pas seulement une faute mais un crime, car c'est laisser bien des femmes à la discrétion d'archaïques qui les mettent hors de la société en créant ainsi une sorte d'apartheid derrière le prétexte de la tradition, un apartheid qui se développe sous nos yeux et en toute liberté, comme le pire des arbitraires. Il s'agit en réalité d'une pratique qui fait oeuvre de fascisation des moeurs de certains hommes envers certaines femmes en reflet du programme inscrit dans le projet de république islamique de livraison du pouvoir d'Etat à la religion, que défendent ceux qui font usage sur leur femme de cet instrument de domination et de minoration, de soumission. Comment ces femmes, comme en Afghanistan peuvent-elles se faire soigner, comment peuvent-elles participer à la vie sociale, à la vie politique, comment les enfants de ces familles vont-ils pouvoir être éduqués si, comme futures femmes, les filles sont prédestinées à n'être rien qu'un voile pour la société ?
Les enfants dans ces familles ne sont-ils pas en danger ? On voit bien poindre l'argument selon lequel certaines femmes portant le voile le ferait au nom de la résistance à l'Occident, poussant la chose jusqu'à l'adoption de la burka, croyant regagner une dignité sous la morale religieuse face à une société ultra-libérale par essence hyper-matérialiste de l'argent roi détruisant les valeurs communes et poussant par là-même au repli identitaire. De cette façon, au contraire d'une nouvelle liberté, c'est leur faire endosser volontairement leurs propres chaînes. C'est un détournement, un dévoiement de leur sentiment de révolte, car c'est les emmener dans l'impasse de l'étouffement de leurs droits et de leurs voix. Accepter la burka, c'est participer de leur faire abandonner leurs droits démocratiques suicidant leur citoyenneté tout en sapant la laïcité. La burka nie les droits fondamentaux de l'individu, ce n'est pas un problème de la rue ou d'espace publique ou pas, du libre choix de soi ou pas, c'est un problème qui relève d'une atteinte à l'intégrité de la personne humaine, d'une grave mise en cause des droits fondamentaux et des libertés individuelles essentielles par fait de communautarisme. Notre société grâce aux luttes des laïques, des républicains, des révolutionnaires de tous les temps, des mouvements féministes qui ont encore bien du travail, s'est dotée des lois qui permettent de poursuivre en justice la pratique de la burka, et faire une loi dans ce sens recentrant la question des droits des femmes sur l'égalité, serait un pas en avant formidable contre le communautarisme, un signe donné aux musulmans de France dans le sens de leur intégration, ainsi qu'un signe fort donné aux pays de religion musulmane dans le sens de leur modernisation vers plus d'égalité et de laïcité.
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