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"Il n'y a que la force de l'Etat qui fasse la liberté de ses membres." Jean-Jacques Rousseau

 
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Mardi 1 janvier 2008
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2007 aura été une année terrible. Terrible pour la République et pour toutes les promesses qu'elle renferme. Terrible pour la démocratie. Terrible pour la France et les français. 

L'élection à la présidence de Nicolas Sarkozy a marqué un nouveau coup d'accélérateur dans la funeste marche de la Réaction. L'ensemble de notre modèle républicain, social et laïque, unique au monde, résultat de plus de deux siècles de lutte philosophique, politique et populaire, est ainsi promis à la destruction pure et simple.

Portant en complète admiration le modèle de société américain, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui en train de réaliser le sinistre rêve de tous ceux qui veulent irrémédiablement mettre fin en tout point à cette fameuse "exception française", et faire de notre pays une province dévouée de l'hypermarché mondial.

Ces attaques portés à l'intérieur au modèle républicain, prolongées à l'extérieur par le "réalisme" et l'atlantisme prôné en matière de politique étrangère, se trouvent en voie de parachèvement par la volonté de nos dirigeants et des partis dominants de passer outre la volonté des français exprimée le 29 mai 2005, et d'imposer un Traité de Lisbonne copie conforme de la dangereuse Constitution européenne rejetée, la forme en moins.

Ce coup d'Etat, que s'apprête à légitimer dans un peu plus d'un mois un Parlement digne de ceux de 1871 et de 1940, montrera à qui ne le serait pas encore la nature profondément anti-démocratique de cette Union Européenne, véritable instrument de soumission des peuples européens au nouvel ordre mondial.

2008 est promise à un sort aussi comparable que 2007. La très probable ratification du Traité de Lisbonne - à moins d'un sursaut populaire majeure - et la poursuite de la politique réactionnaire du gouvernement seront autant de coups portés à la République.

Mais le pessimisme doit-il être de mise ? Certainement pas. L'histoire l'a toujours montré : rien n'est jamais définitif, ni dans un sens, ni dans l'autre. La République est actuellement au fond de l'abîme, mais sa renaissance a déjà commencé, à l'initiative désintéressée de nombreux citoyens.

Que 2008 soit donc le début d'une nouvelle espérance pour la France et la République. Que la France des Lumières, que la France des Révolutions, que la France du 18 juin, que la France des Hugo, Clemenceau et Jaurès ressorte enfin de l'ombre où le parti du renoncement a cru bon les placer.

A tous ceux qui se reconnaissent dans le combat perpétuel pour l'émancipation de l'humanité, à tous ceux pour qui la République est encore et toujours un idéal, à tous ceux qui croient encore et toujours en la France, à tous ceux-là nous envoyons nos meilleurs voeux.

Excellente année 2008 !

Nous nous retrouvons d'ici quelques jours pour une reprise normale des activités du site. A bientôt !

par le Citoyen Thimèle publié dans : L'ESPRIT REPUBLICAIN communauté : Les blogs républicains
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Lundi 31 décembre 2007
undefinedJanvier :

- Un droit pour l'homme est un devoir pour la collectivité
- Mouloud Aounit : une casserole d'enfer pour Marie-George Buffet
- Le peuple corse n'existe pas
- Eric Raoult, l'idiot utile de l'islamisme

Février :

- Les ethnicistes se déchaînent !
- La liberté d'expression en procès
- La France d'aujourd'hui n'a pas à s'excuser pour la France d'hier
- Non, il n'y a pas eu de génocide vendéen !

undefinedMars :

- A quand l'Alsace-Moselle dans la République ?
- Le "salaud de peuple" bientôt débarassé de Chirac
- Je n'irai pas voter pour eux !
- Vive la Nation !

Avril :

- Ces casseurs dont on ne parle jamais...
- Il faut renationaliser TF1 !
- Le Pen est indigne de la Nation
- Le terrorisme par le sondage

undefinedMai :

- Quelle mouche a donc piqué Dupont-Aignan ?
- Pour une scission salutaire du Parti Socialiste, prélude au grand rassemblement républicain
- L'Anti-République a bel et bien fait son entrée au gouvernement

Juin :

- Bayrou : un "peut-être" qui en dit long...
- Un reflux qui ne change rien !
- La voie du socialisme français est républicaine, pas blairiste !

11632640.jpgJuillet :

- Houria Bouteldja ou le racisme acceptable
- Sarkozy, un Bonaparte de pacotille
- Un 14 juillet sous tutelle européiste

Août :

- Du règne de la publicité, ou de la fin de la civilisation
- Le "politiquement correct", ce doux terrorisme intellectuel...
- "Traité simplifié" : les français doivent savoir, et se prononcer !

t-logos-AF2.JPGSeptembre :

- Nicolas Sarkozy, l'homme de la rupture... avec ses engagements
- Dur avec les faibles, faible avec les durs : telle est votre "République irréprochable", monsieur Sarkozy ?
- Petite chronique ordinaire de l'européisme totalitaire

Octobre :

- Le Parti Socialiste : machine à illusions, bonne conscience de la mondialisation libérale
- BHL ou la bien-pensance incarnée
- Traité simplifié : le PS prêt à la trahison

07-05-23-sarkozy-barroso.jpgNovembre :

- Réforme des institutions : là aussi, il faudra un référendum !
- Mouvements sociaux et lutte contre le TCE bis : une convergence nécessaire

Décembre :

- "Islamophobie" : Sarkozy prend les islamistes au mot
- Anarchie morale en Sarkozie


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par le Citoyen Thimèle publié dans : L'ESPRIT REPUBLICAIN
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Dimanche 30 décembre 2007

file-299385-78062.jpgPar Yvon Quiniou, agrégé de philosophie, membre du comité de rédaction de la revue « Actuel Marx ».


C’est une véritable régression dans la manière de concevoir la laïcité que Nicolas Sarkozy vient de nous proposer dans son discours de Rome, sous prétexte de nous en offrir une version positive et moderne. Cela tient à ce que sa réflexion implique à la fois un contresens théorique, une ignorance historique et un parti pris idéologique difficilement acceptables. Le contresens, d’abord. La laïcité, telle que la France la revendique depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ne se définit pas positivement par une ouverture de principe aux croyances religieuses. Elle consiste bien plutôt dans un retrait ou une abstention qui fait devoir à la République de ne pas porter atteinte à la liberté de conscience et de culte et, par conséquent, de n’en reconnaître ou de n’en soutenir aucun en particulier. Elle garantit ainsi, à l’encontre du prosélytisme religieux, la liberté absolue d’être sans religion.

Si la laïcité a un sens positif, ce n’est pas celui que lui prête notre président. Elle a pour fonction non de libérer les croyances, c’est-à-dire de les favoriser, mais de libérer des croyances instituées que les différentes églises ont toujours, peu ou prou, voulu imposer. Appuyée sur la raison, elle doit former l’esprit critique et le libre jugement de chacun, de façon à ce qu’il prenne ses distances avec tous les contenus de pensée religieux qui prétendent se soustraire au débat rationnel et fonder leur légitimité sur une source transcendante échappant à l’intelligence profane. Cette démarche n’interdit en rien que l’on retrouve et donc que l’on accepte les croyances religieuses, mais contrôlées par la raison humaine : des croyances qui ne s’opposent pas à ses acquis scientifiques et moraux, et débarrassées alors des emportements irrationnels qui les ont trop souvent caractérisées.

C’est ici que la prise de position de M. Sarkozy révèle une ignorance étonnante, si elle n’est pas feinte. L’identité progressiste de la France républicaine ne s’est pas construite avec l’héritage chrétien officiel, mais, pour l’essentiel, contre lui. Laissons de côté le grave passif de l’Eglise catholique dans son rapport aux sciences : au nom d’une Révélation dogmatisée, elle s’est régulièrement opposée aux grandes théories scientifiques, comme celles de Galilée ou de Darwin, pour autant qu’elles mettaient en cause sa vision du monde et de l’homme.

Ne parlons que des grands bouleversements sociopolitiques qui font désormais consensus : la République elle-même, les droits de l’homme, l’égalité de l’homme et de la femme, les conquêtes sociales, la conception civile du mariage, la libération sexuelle et l’acceptation du droit à la différence dans ce domaine (comme l’homosexualité). Tout cela a été refusé et combattu par l’institution religieuse, avec virulence.

Une conception exigeante de la laïcité se doit de rappeler ces faits, et appeler à une vigilance constante, dans la tradition de la philosophie des Lumières, face aux menaces dont est porteuse toute foi quand elle n’est pas soumise à l’examen critique.

À la racine de l’approche sarkozyenne de la laïcité, qui rompt avec la tradition républicaine française, il y a un parti pris idéologique : l’idée que l’homme ne saurait se passer de la religion et du fondement qu’elle est censée apporter à ses choix moraux. Il rejoint ici clairement Benoît XVI qui, dans sa dernière encyclique, défend un scepticisme radical quant à la possibilité pour l’humanité d’améliorer sa condition historique sans le secours de la foi.

Toute l’histoire de l’humanité nous prouve que l’homme a su progresser sans l’aide des religions (même si elles ont pu aussi aider à ce processus) et qu’il n’a pas besoin de la référence à une transcendance pour savoir ce qu’il en est du Bien et du Mal : la raison humaine, compétence naturelle qui s’améliore au fil du temps, y suffit, et elle a même dû souvent se débarrasser des préjugés religieux pour exercer sa liberté. Vouloir enraciner la morale dans la religion, c’est faire dépendre les valeurs qui doivent réunir toute l’humanité de croyances particulières, souvent opposées entre elles et dont la pérennité est rien moins qu’assurée ; c’est s’exposer soi-même au relativisme et au nihilisme à l’instant même où on croit les combattre.

Une société réellement laïque ne trouvera donc dans les doctrines éthiques des différentes religions qu’un élément parmi d’autres de sa discussion sur les normes qui doivent régir notre vie collective et individuelle, sans leur conférer le moindre statut privilégié. Elle fera, par conséquent, du pouvoir humain de juger, partagé par tous, le fondement exclusif de ses prises de position morales : seul ce qui est universel peut décider de ce qui vaut universellement, par-delà les croyances ou les incroyances des uns et des autres.

 Le Monde

par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité communauté : Les blogs républicains
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Samedi 29 décembre 2007

fraternite.jpegPar Paul Thibaud

La solidarité se heurtant à l'extension continue des «droits à», il devient nécessaire de revisiter le principe de fraternité. Celui-ci était pensé afin de fonder moralement la vie sociale en se passant des préceptes religieux dans le contexte anthropologique de l'individualisme des Lumières.



La laïcité française ne se résume pas à l'absence de concordat, à la (relative) séparation de l'Eglise, des Eglises, et de l'Etat. Si les pères fondateurs ont voulu réduire les droits et l'influence (dans l'école en particulier) de l'Eglise catholique, c'est avec l'espoir que la République remplace celle-ci dans le rôle d'éducatrice comme dans celui d'énoncer, d'enseigner, de représenter les valeurs communes. Cet aspect positif de la laïcité est au moins aussi important que la lutte anti-cléricale et inséparable de celle-ci : comment tenir en lisière l'institution catholique si l'on n'est pas capable de fonder moralement la vie sociale en se passant des préceptes religieux ?

Pour ce faire le principe de fraternité, paraissait tout indiqué, puisque c'était le troisième mot de la devise du régime nouveau. Il était aussi riche de promesses : après deux mots résumant les droits des citoyens, il indiquait les obligations qu'ils avaient les uns envers les autres. La trilogie associait ainsi droits et obligations, droit et morale. Pareillement équipée, la République française paraissait dépasser et démentir la critique que Marx avait faite de la déclaration des droits de l'homme : charte de l'égoïsme, où le seul élément de morale sociale était l'interdiction de nuire à autrui.

La solidarité, une politique continue des républicains
Mais entre la devise, fixée en 1848, et l'éthique mise en œuvre par la IIIème République, il y a dès le départ une distance. La seconde ne se réfère pas à la fraternité mais à la solidarité. Le « solidarisme » deviendra même la doctrine officielle du « parti républicain », diffusée dans l'appareil d'enseignement qu'il prend en mains progressivement. Ce choix dans la génération de Ferry et de Gambetta s'explique par le parti pris de rompre avec un socialisme, dont ils ont vu et combattu les débordements en juin 48 et en 1871, à quoi ils imputent largement la responsabilité du succès de la réaction bonapartiste. A ce sentimentalisme ils tiennent à opposer une vision de la société sinon conservatrice, du moins réaliste et rationnelle. Ils se placent du même coup sur un terrain éloigné de la pensée sociale chrétienne, dans sa version traditionaliste comme dans sa version socialisante. La solidarité ne se présente pas comme une proclamation d'altruisme, mais comme la mise en forme de l'intérêt bien compris. Elle justifie que dans la chaîne qui unit aussi bien les générations que les malades d'aujourd'hui et ceux de demain, chacun bénéficie de l'aide publique quand il en a besoin. Le devoir de solidarité a même servi à fonder l'imposition progressive des revenus et l'assistance publique aux indigents.

On peut dire que de Waldeck Rousseau à Chaban-Delmas, la mise en œuvre de la solidarité a été l'entreprise la plus continue de nos diverses républiques, gouvernements de droite et de gauche se relayant pour apporter leur pierre à l'édifice. C'est donc bien plus que l'œuvre d'une majorité qui est en cause dans la crise actuelle, crise dont les causes ne sont pas seulement matérielles mais intellectuelles et morales.

La solidarité face à l'extension des « droits à »
Toute solidarité, par principe, renvoie à un cadre où la réciprocité des services et des prestations peut être assurée, pratiquement où l'autorité politique définit les droits et réunit les moyens nécessaires pour que ceux-ci soient honorés. Cette condition est bien moins satisfaite quand l'internationalisation de l'économie rend vulnérables les Etats nationaux pratiquement soumis à une concurrence dont on les croyait par nature exempts. Ceci a d'autant plus de conséquences, qu'un autre aspect, moral, de la formule sociale associée à la République est compromis. Le solidarisme voulait, différent en cela du socialisme, limiter les demandes des individus à la compensation de ce qui dans leur existence ne relevait pas de leur responsabilité propre. Aussi, par exemple, n'ont-ils pas envisagé qu'existe un droit au travail. Cette limite naguère reconnue, l'inflation actuelle des « droits à » la transgresse, étendant sans cesse le domaine de la solidarité. On peut décrire la difficulté à la fois de limiter et d'assurer la solidarité - la crise matérielle et morale de la solidarité - en disant qu'on emploie le mot désormais bien moins pour désigner une politique publique, une tâche collective que pour appuyer toutes sortes de créances individuelles ou de groupe. Autrement dit, la solidarité au lieu d'être un aspect de la participation à la collectivité politique apparaît comme la concrétisation des droits de l'individu, donc quelque chose d'absolu, d'inconditionnel, de plus en plus délié de toute basse assurancielle ou politique. Toute délimitation, indiquant qui a droit et qui n'a pas droit, apparaît désormais discriminatoire. Cette inflation de la solidarité, qui dans les faits la fragilise, est particulièrement évidente en France, où n'existe aucune structure de type social-démocrate donnant corps dans son ensemble au peuple des salariés, où l'Etat se trouve seul face à une multitude de catégories demandeuses de droits.

Ces dérèglements montrent que le solidarisme républicain n'était viable que si l'Etat national restait maître à la fois de réunir les ressources nécessaires et de limiter les demandes. Si ces conditions étaient réunies, on pouvait éviter de faire appel aux sentiments moraux de citoyens et ne leur parler que le langage du droit, langage satisfaisant parce qu'excluant tout paternalisme et tout arbitraire, à la différence de la charité cléricale. Mais ce langage du droit quand on le détache du civisme, de la capacité et du prestige associés à l'Etat devient dangereusement inflationniste, il produit, au contraire de ce qui était prévu, une prolifération de « droits à » et met inévitablement l'Etat dans la position du débiteur insolvable et coupable de l'être. De cela les discours qui accompagnent les « incidents de banlieue » sont des expressions : quand on n'a pas ce à quoi on a droit, on cogne, on brûle. Cet aboutissement historique montre que la prétention des fondateurs de la République de s'appuyer sur une morale pleinement laïque, une « morale rationnelle » comme ils disaient, était en fait très dépendante de la mystique patriotique à laquelle leur action devait son élan.

La fraternité, une morale républicaine
Au lieu, comme on le fait actuellement, de transformer en slogan toujours disponible une solidarité dont on oublie ce qui la rend possible et légitime, mieux vaudrait reprendre les questions qu'il a fallu trancher pour inventer cette formule. Si nous voulons renoncer aux deux limitations qui rendaient la solidarité viable : le cadre national et le refus d'empiéter sur la responsabilité de chacun, il est clair que la question des obligations que nous avons les uns envers les autres doit être à nouveau posée. L'usage actuel de l'expression « solidarité active » nous montre conscients de cela : le tout n'est pas d'accorder des droits, notre prochain peut aussi avoir besoin qu'on l'aide et, en employant un tel mot on change de terrain… Il faut donc reconstruire et pour cela le mot Fraternité, qui sur la façade des mairies semble indiquer un idéal céleste, peut nous guider, si nous essayons de le ramener sur terre. D'un côté, la fraternité n'est pas a priori dépendante des deux limitations qui caractérisent la solidarité (limitation du cadre de référence, limitation anthropologique, à la compensation des risques, non des échec ou des incompétences). De l'autre côté elle n'est pas un principe juridique, mais un principe moral, faisant appel non seulement à l'Etat mais à tous, dépendant dans sa réalisation d'une relation interpersonnelle, existante ou à créer, donc ne prétendant pas remplacer le politique mais faisant appel à lui et lui proposant un horizon. Pour parler comme Péguy, la solidarité est un principe raide, inconditionnel et inadaptable alors que la fraternité est par nature souple n'existant que selon les circonstances de sa mise en œuvre. C'est notre nouveau chantier si nous voulons sortir des griefs et de la désespérance.

 
par le Citoyen Thimèle publié dans : Valeurs de la République communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 27 décembre 2007
pour-en-finir-avec-la-repentance.jpg"Après celle de la guerre d'Algérie, une nouvelle génération d'anticolonialistes s'est levée, qui mène combat pour dénoncer le péché capital que nous devons tous expier : notre passé colonial, à nous Français. Battons notre coulpe, car la liste de nos crimes est longue Nous avons pressuré les colonies pour nourrir notre prospérité, les laissant exsangues à l'heure de leur indépendance ; nous avons fait venir les " indigènes " au lendemain des deux guerres mondiales pour reconstruire la France, quitte à les sommer de s'en aller quand nous n'avions plus besoin d'eux ; surtout, nous avons bâti cet empire colonial dans le sang et les larmes, puisque la colonisation a été rien moins qu'une entreprise de génocide : Jules Ferry, c'était, déjà, Hitler !
Contrevérités, billevesées, bricolage... voilà en quoi consiste le réquisitoire des Repentants, que l'auteur de ce livre, spécialiste de l'Algérie coloniale et professeur d'histoire à l'université Paris-8, a entrepris de démonter, à l'aide des bons vieux outils de l'historien - les sources, les chiffres, le contexte. Pas pour se faire le chantre de la colonisation, mais pour en finir avec la repentance, avant qu'elle transforme notre Histoire en un album bien commode à feuilleter, où s'affrontent les gentils et les méchants."

Daniel Lefeuvre, Pour en finir avec la repentance coloniale,  Flammarion,  2006

Face aux contrevérités diffusés par des pseudo-historiens chantres de la repentance, voilà un remarquable essai qui remet enfin les choses à leur place tant au sujet de la colonisation, bien sûr, que de celui de l'histoire de l'immigration dans notre pays. A lire et à faire lire.
par le Citoyen Thimèle publié dans : Livres à lire
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Lundi 24 décembre 2007

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Deux jugements récents rendus par la Cour de Justice européenne révèlent une nouvelle fois la nature profondément anti-sociale de l'Europe telle qu'elle existe aujourd'hui.

Un premier jugement (affaire Viking) a ainsi reconnu le droit à une entreprise de déménager son siège dans un autre pays, à la seule fin de remplacer entièrement du personnel bien payé (finlandais) par un autre (estonien). Un second (affaire Laval) a permit à une entreprise de Lettonie d’envoyer ses ouvriers sur un chantier à Stockholm, là encore en piétinant la convention collective, qui a force de loi en Suède.

La cour de Strasbourg légalise ainsi le dumping social le plus sauvage à l’intérieur de l’Union européenne, malgré les belles promesses hypocrites des eurocrates de lutter contre (cf. affaire Bolkestein).

Voilà donc cette belle Europe que l'UMP et le PS prétendent en coeur honnir mais qu'ils favorisent pourtant en soutenant main dans la main la ratification du Traité de Lisbonne, texte qui conforte et pérennise sa voie libérale et anti-sociale.

Raison de plus pour les français et les européens d'exiger un référendum !

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Social communauté : Les blogs républicains
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Lundi 24 décembre 2007
Les dirigeants européens s’apprêtent à faire passer en force le Traité de Lisbonne, alors qu’un texte similaire a été rejeté par voie référendaire dans les États membres où une consultation avait été organisée, France et Pays-Bas. Du fait de ce procédé oligarchique, l’Union européenne ne pourra plus être considérée comme une institution démocratique, mais elle ne l’a en réalité jamais été assure le professeur Anne-Marie Le Pourhiet.

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Anne-Marie Le Pourhiet interviewée par Silvia Cattori (pour le Réseau Voltaire)


Silvia Cattori
 : Lors du Rassemblement du Comité national pour le Référendum qui a réuni à la tribune Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Dupont-Aignan, vous avez prononcé des mots forts, des mots surprenants. Vous avez qualifié de « haute trahison, de coup d’Etat » le fait que le président Sarkozy veuille ratifier le « traité modificatif » par voie parlementaire. N’est-ce pas excessif ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Il s’agit d’un acte très grave qui prouve bien que les références incessantes des traités européens aux valeurs démocratiques sont une tartufferie car cette Europe technocratique et confiscatoire ne peut se faire que contre la volonté des peuples.

L’Europe est consubstantiellement anti-démocratique, on veut nous l’imposer de gré ou de force. Nous ne sommes pas le premier peuple dont on aura bafoué la volonté, les Irlandais et les Danois ont aussi été contraints à revoter jusqu’à ce qu’ils disent oui.

Mais chez nous le cynisme est bien pire puisque l’on nous refuse même le droit de revoter en nous imposant une ratification parlementaire. Tout démocrate, qu’il soit souverainiste ou fédéraliste, devrait s’insurger contre une telle forfaiture.

Silvia Cattori : Le 29 mai 2005, le peuple français avait rejeté le projet de Constitution européenne à 55 % des voix. Depuis lors, ce projet n’a-t-il pas été amélioré ? N’a-t-on pas supprimé les dispositions de la Constitution européenne qui faisaient l’objet de contestation ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Bien sûr que non. On nous a seulement enlevé les termes de Constitution et de loi ainsi que les symboles (hymne, drapeau). Ce n’est pas anodin car cela prouve que les eurocrates ont compris la motivation anti-fédéraliste des citoyens français, mais tout le reste du traité constitutionnel se trouve dans le nouveau texte.

Le procédé consistant à ne plus intégrer la Charte des droits fondamentaux dans le traité lui même mais à lui conférer cependant une valeur contraignante ou encore le remplacement de la référence expresse à la primauté du droit européen par une mention de la jurisprudence de la Cour qui pose cette primauté, constituent autant de supercheries destinées à tromper les citoyens et à se moquer d’eux.

La version consolidée des traités, telle qu’elle a été rédigée sous la direction d’un député français, et qui fait 281 pages, montre à quel point le Traité constitutionnel est intégralement recopié. Même la disposition ridicule de l’article III-121 du TCE sur le « bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles » se retrouve à l’article 13 du nouveau traité sur le fonctionnement de l’Union !

Comme toutes les dispositions du TCE avaient été critiquées à un titre ou à un autre et que le « non » français s’adressait à l’intégralité du texte, on ne voit pas comment le président Sarkozy pouvait prétendre conserver les éléments « non contestés », c’est totalement arbitraire et dictatorial.

Silvia Cattori : Quels sont les dispositions les plus importantes qui se trouveraient ainsi imposées aux Français par ce « mini-traité », contre la volonté qu’ils avaient exprimée ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Tout, dans ce traité est très important. Le président de l’Union désigné pour deux ans, la politique étrangère et son ministre désormais déguisé en « haut représentant », la Charte des droits fondamentaux, si éloignée de l’esprit de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et surtout l’extension sans précédent de la règle de la majorité qualifiée accompagnant la suppression des « piliers ». Le transfert de souveraineté est colossal.

Silvia Cattori : N’est-il pas vrai que le Parlement verrait ses pouvoirs renforcés ?

Anne-Marie Le Pourhiet : C’est un bien mince avantage dans un système où une commission indépendante des gouvernements, et donc des Parlements devant lesquels ces gouvernements sont responsables, monopolise l’initiative législative.

Le Conseil constitutionnel français ne s’y est pas trompé en affirmant que le Parlement européen n’est pas « l’émanation de la souveraineté nationale ». Quand on connaît de surcroît la composition médiocre et l’organisation ubuesque de cette assemblée, on n’est pas vraiment rassuré par le renforcement de son pouvoir.

Silvia Cattori : Comment expliquer que cette majorité de Français qui avaient voté « non » au projet de Constitution en 2005, aient voté « oui » à l’élection de M. Sarkozy tout en sachant qu’il ne prendrait pas en compte le non de ceux qui avaient rejeté ce projet ?

Anne-Marie Le Pourhiet : D’une part M. Sarkozy avait simplement annoncé un « mini-traité » qui se bornerait à « permettre à l’Union de fonctionner » de telle sorte qu’on pouvait imaginer une simple amélioration des règles de vote au Conseil, d’autre part on ne peut pas confondre la réponse à une question référendaire et le choix d’un candidat à une élection.

Comment voulez-vous qu’un électeur de droite, de surcroît convaincu que Mme Royal est une parfaite incompétente, puisse voter pour elle simplement parce qu’elle promet (du bout des lèvres) un nouveau référendum et alors qu’elle a aussi prôné le « oui » à la Constitution européenne ? Les socialistes français ont fait depuis longtemps de l’Europe leur fond de commerce et le moins que l’on puisse dire est que ni Ségolène Royal, ni François Bayrou, ne pouvaient constituer une alternative crédible sur ce point. Le vote Sarkozy a été pour beaucoup un vote par défaut.

Silvia Cattori : Le traité a été signé jeudi 13 décembre à Lisbonne par les chefs d’Etat et de gouvernement des vingt-sept pays membres de l’Union européenne. M. Sarkozy est déterminé à le faire ratifier par voie parlementaire avant fin février. Qu’est-ce qui pourrait encore déjouer, d’après-vous, ce « coup d’Etat » ? Quels moyens le peuple français a-t-il d’imposer la voie du référendum ? Le droit constitutionnel peut-il encore remettre tout cela en cause ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Nous n’avons aucun recours juridique car la Constitution française n’interdit pas, comme la Constitution californienne, de modifier une loi référendaire par une loi parlementaire. Le Conseil constitutionnel français n’a pas non plus fait sienne la jurisprudence de la Cour constitutionnelle italienne qui impose un nouveau référendum pour contourner la volonté populaire. Le Conseil constitutionnel pourrait éventuellement « constater » que les deux traités sont quasiment identiques et « regretter » la méconnaissance de la volonté populaire mais il ne peut pas la sanctionner.

Il ne nous reste donc plus qu’à compter soit sur la mobilisation populaire, soit sur un rejet parlementaire de la révision constitutionnelle préalable à la ratification. Le projet de révision doit, en effet, être adopté à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès [réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat à Versailles, Ndlr.].

Silvia Cattori : Si, après avoir été mis en discussion à l’Assemblée nationale puis au Sénat, la révision constitutionnelle est approuvée par les trois-cinquièmes des suffrages exprimés des parlementaires, plus rien ne pourra plus s’opposer à la mise en œuvre de ce traité ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Non. 60 députés ou 60 sénateurs pourront encore déférer au Conseil constitutionnel la loi autorisant la ratification du traité, mais il n’y a aucune chance pour que le recours aboutisse.

Silvia Cattori : L’Irlande est tenue par sa propre constitution de consulter son peuple par référendum. En cas de rejet, comment sortira-t-on de cette impasse ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Sûrement de faire voter de nouveau les Irlandais ! Ainsi va l’Europe !

Silvia Cattori : Si ce traité est finalement imposé, et si, comme vous l’affirmez il y a dans la manière de procéder un « double coup d’État », M. Sarkozy, mais également les chefs d’État et de gouvernement des vingt-sept États membres de l’Union européenne, ne vont-ils pas devoir, tôt ou tard, s’expliquer quant à leur « trahison » ?

Anne-Marie Le Pourhiet : Pour ce qui est de la France, le président Sarkozy aura à s’expliquer de beaucoup de choses. Mais la sanction électorale ne peut jouer que lorsqu’il y a un candidat alternatif crédible, ce n’est pas encore le cas chez nous. Pour les élections municipales et législatives, nous saurons en tous cas nous souvenir des votes de nos parlementaires !

Silvia Cattori : 75 % des citoyens européens sont favorables à un référendum. Reste donc à ses partisans d’obtenir que le débat s’ouvre et s’élargisse au plus vite à tous les pays de l’Union européenne ?

Anne-Marie Le Pourhiet : La mobilisation citoyenne me semble indispensable, ne serait-ce que pour faire honte aux traîtres.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale
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Dimanche 23 décembre 2007


par le Citoyen Thimèle publié dans : Vidéothèque
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Dimanche 23 décembre 2007
bapteme-clovis1.jpgAgnostiques, athées, chrétiens ou non chrétiens se trouvent  en quelque sorte blessés par l’affirmation du Président de la République considérant :

« Que s’il existe une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée des convictions religieuses.

D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas associée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini…
»

Chacun dans la République laïque, justement, est libre d’espérer, de désespérer, ou de ne rien attendre …

Qui peut juger la justesse de la recherche de chacun d’entre nous et de ses positionnements à l’égard des origines, des mystères de la vie et de la mort ? Pas le Président de la République, certainement pas la République,  pas un quelconque Etat.

Il y  là une tentative d’imposer, en quelque sorte, à chaque citoyen la nécessité d’une dimension spirituelle qui ne peut que provoquer la colère de ceux qui partagent ce projet d’un pacte républicain et laïque.

La morale laïque, la pensée philosophique athée, la pensée agnostique ne sont-elles pas, elles aussi, constitutives de notre nation ? Quelle est cette idée saugrenue de considérer que le christianisme a façonné la nation française ?
Certes, il faut citer Péguy, Claudel ou Bernanos. Et également André Gide, Sartre, Camus…

Mais Le christianisme tout au long des siècles, en tout cas du Moyen-âge à la Révolution Française s’est aussi traduit par un catholicisme d’Etat qui n’était pas particulièrement épris des libertés individuelles et qui participait institutionnellement à l’absolutisme politique.

Comment ne pas oublier le Chevalier de la Barre qui fut roué parce qu’il n’avait pas enlevé son chapeau devant une procession religieuse ?

Voltaire le défendit.
Faudra t-il trouver de nouveaux Voltaire ?

La France a de multiples histoires : la Grèce, Platon, Socrate, Aristote et Rome, naturellement…L’Eglise Catholique, sans doute, mais surtout  l’humanisme de la Renaissance du XVIème siècle et la pensée des Lumières qui prône la liberté absolue de conscience sont tout aussi porteurs de l’identité nationale.

Mais il y a bien eu une rupture en 1789 entre deux formes de société proposée. Celle qui prône le religieux, l’inné et l’autorité et celle qui, au contraire, met en avant le libre examen, l’acquis et la liberté.

La laïcité n’est pas épuisée et elle ne mène pas au fanatisme. Elle est le moteur pour empêcher les savoirs imposés, les dogmes et les cléricalismes de quelque sorte qu’ils soient.

La laïcité n’est ni négative, ni positive. Elle est la laïcité.

Peu importe nos foi, nos recherches et quêtes personnelles, les seules racines qui sont aujourd’hui celles de la France sont celles de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, c’est à dire de la République fondatrice du projet citoyen et national.


Jean – Michel QUILLARDET
Grand Maître du Grand Orient de France
par le Citoyen Thimèle publié dans : République et Laïcité
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Dimanche 23 décembre 2007

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Par Stéphane Arlen


Nicolas Sarkozy a fait, au Palais de Latran, le jeudi 20 décembre, le discours le plus antirépublicain et antilaïque qui ait sans doute jamais été fait par un Président français depuis des décennies.

Je reproduis ici dans l’ordre chronologique quelques-unes de ses phrases qui resteront dans l’Histoire de France comme autant de coups portés à nos institutions. Des commentaires personnels suivent ces citations. Le texte intégral de ce discours d’anthologie se trouve .

En préambule, il faut savoir que Nicolas Sarkozy, dans son discours comme dans l’interview qu’il a donnée aux médias du Vatican, a constamment parlé de « Saint-Siège », de « Saint-Père », de « Dieu » (avec majuscule et sans précision supplémentaire), etc. Bien évidemment, il a baisé la main du pape. Tous ces actes, tous ces mots, sont assurément prémédités : Sarkozy a voulu afficher le retour de la France dans le sein de l’Église catholique.

Nicolas Sarkozy (NS) affirme dès le début, à propos de son hôte Benoît XVI : « Quelles que soient les étapes de son séjour, Benoît XVI sera le bienvenu en France. » Ainsi, comme Kadhafi, Benoît XVI pourra venir à l’Assemblée nationale, s’il le souhaite. Pourquoi s’en priverait-il ?

Afin que les choses soient claires et qu’on ne puisse pas mal interpréter ses propos, il assène d’entrée également : « C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue la Fille aînée de l’Église. Les faits sont là. » Cette expression « Fille aînée de l’Église », qui n’a aucune valeur autre que celle que veut bien lui donner l’Église catholique, est reprise ici par un Président français qui montre par là l’attachement indéfectible, la soumission de la France à sa mère universelle.

Pour qu’on ait bien compris, il ajoute : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. » Là-dessus, il cite une liste... de « saints » français, comme s’ils faisaient partie des grandes figures de l’Histoire de France.

Revenant à notre époque, il parle du cardinal Lustiger, au sujet duquel il dit : « J’ai tenu à participer à ses obsèques, car aucun Français, je l’affirme, n’est resté indifférent au témoignage de sa vie, à la force de ses écrits et permettez-moi de le dire, au mystère de sa conversion. » Hep, Nicolas, tu as oublié de tenir compte des millions de Français qui n’en ont rien à faire d’un homme qui passe sa vie à vendre l’idée d’une hypothèse divine et qui prétend faire le bien (et ça, ça se discute) non pas pour faire le bien, mais pour assurer sa place au paradis. NS ne devrait pas affirmer des inepties au nom de tous les Français.

Mais comme il représente la France, il en rajoute en dressant la liste des cardinaux français présents dans la salle, « dont l’action, je n’hésite pas à le dire, honore la France » . Ah oui ? Un pauvre type qui croit à la stupide idée de la Trinité, de l’Immaculée Conception, qui défend une idéologie liberticide (antiavortement, antihomos, etc.) « honore » la France ? Eh bien, on n’a décidément pas la même idée de l’honneur.

NS en arrive au sujet important : montrer aux vieux aigris qui l’entourent que l’heure de leur revanche a sonné, en s’en prenant à la laïcité française (c’est-à-dire l’unique laïcité). Refaisant un peu d’Histoire, il prend parti en déclarant : « Je sais les souffrances que sa [la laïcité] mise en œuvre a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905. » Un peu comme ces ecclésiastiques espagnols amnésiques qui ne voient que les martyrs qu’ils veulent, NS oublie de parler de tout le malheur, des siècles de guerres, des siècles de privation de liberté et d’endoctrinement religieux dont ont souhaité se débarrasser ceux qui ont mis en place la laïcité française version 1905. Tel le pape disant que les Indiens d’Amérique n’ont pas été convertis de force, NS se lance dans le révisionnisme.

Alors, que faire avec cette laïcité française encombrante ? NS a une idée : « C’est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité, enfin parvenue à maturité. » Mais c’est bien sûr ! Comme on ne se débarrassera pas tout de suite d’une laïcité « parvenue à maturité », c’est-à-dire ayant déjà été vidée de sa substance par les attaques successives portées depuis l’origine, il n’y a qu’une solution : valoriser le christianisme ! Et, forcément, on ne fera pas de jaloux, on valorisera les autres religions, parce qu’elles le valent bien.

Entre deux citations d’encycliques papales, NS fait une autoanalyse psychanalytique : « Les facilités matérielles de plus en plus grandes qui sont celles des pays développés, la frénésie de consommation, l’accumulation de biens, soulignent chaque jour davantage l’aspiration des hommes et des femmes à une dimension qui les dépasse, car moins que jamais elles ne la comblent. » Arrête de parler de toi, Nicolas. Ne vois pas en chaque Français un Sarkozy qui s’ignore.

Mais Nicolas Sarkozy ne m’écoute pas. Il enchaîne : « Le fait spirituel, c’est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance. Le fait religieux, c’est la réponse des religieux à cette aspiration fondamentale qui existe depuis que l’homme a conscience de sa destinée. » Oui, NS a beaucoup étudié les humains, et maintenant il a tout compris de leur aspiration fondamentale. Il sait même, et ça c’est très fort, que l’homme a une destinée. On n’en saura malheureusement pas plus. La suite, sans doute, lors de la visite de son nouveau meilleur ami à Lourdes ou ailleurs.

Revenons-en à la vie politique et sociale française : « Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux. » Eh oui, nous l’avons souvent dit sur fairelejour.org : la République version UMP a besoin des religions, car avec elles les pauvres cons exploités continuent d’espérer. Tout se tient. NS pourrait néanmoins se demander si ce n’est pas plutôt sa politique de cadeaux fiscaux aux nantis qui n’a pas rendu les Français plus heureux. Mais ce serait demander un peu d’introspection à un homme qui n’a du temps que pour l’action ou les délires mystiques.

Nicolas se souvient sans doute pourquoi il est au Latran, à savoir faire vœu de repentance pour la méchante laïcité française, alors il poursuit : « C’est pourquoi j’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire d’une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser (sic), à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. Il ne s’agit pas de modifier les grands équilibres de la loi de 1905. Les Français ne le souhaitent pas et les religions ne le demandent pas. Il s’agit en revanche de rechercher le dialogue avec les grandes religions de France et d’avoir pour principe de faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels plutôt que de chercher à le leur compliquer. » La grande idée de valoriser les religions est ici développée. Pour parvenir à ses fins, le Président d’une République ne reconnaissant et ne subventionnant aucun culte mettra tout en œuvre pour « faciliter » la vie quotidienne des grandes religions (mais pourquoi se restreindre à quelques gr