Fanny Truchelut, la propriétaire
d'un gîte vosgien qui avait demandé en août 2006 à une cliente et sa mère de retirer leur voile dans les parties communes de son établissement, a été condamnée mardi à quatre mois de prison avec
sursis et 1.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel d'Epinal.
L'avocat de la propriétaire du gîte a indiqué que sa cliente avait fait appel du jugement.
"Ma cliente a fait appel juste après le rendu de la décision", a déclaré Me Alexandre Varaut, qui a trouvé "regrettable" que "le tribunal fasse une équivalence entre le foulard et la religion".
"Nous demanderons donc à nouveau à la cour de dire qu'on peut refuser le voile sans refuser la religion, comme ça a été le cas dans de nombreux pays musulmans au cours du XXème siècle", a observé Me Varaut.
Poursuivie pour discrimination en raison de la religion, l'origine ou la race, Mme Truchelut s'était défendue en assimilant le voile à "un instrument de soumission et d'oppression de la femme", qu'elle ne souhaitait pas voir porter dans les parties communes de son établissement.
"Le voile, je le mets où je veux", lui avait répondu Horia Demiati à l'audience, précisant que la propriétaire ne lui avait "jamais parlé de partie commune".
Le tribunal a également condamné Mme Truchelut à verser 3.000 euros de dommages et intérêts à la plaignante, Mme Demiati et à deux membres de sa famille
(1.000 euros chacun) et 800 euros à la Ligue des droits de l'homme (LDH) ainsi qu'à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) et au Mouvement contre le racisme et
l'amitié entre les peuples (Mrap), qui s'étaient portés partie civile.
Voilà une décision qui va faire du bien à tous les pro-voiles obscurantistes. Merci la justice.


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