En
décidant que seuls les parlementaires pourraient se prononcer sur le traité de Lisbonne, véritable copie de la Constitution européenne rejetée par le peuple français, Nicolas Sarkozy se rend
coupable d'une scandaleuse forfaiture.
Lettre-Type pour tous les parlementaires
"Madame / monsieur le député / le sénateur,
Le 29 mai 2005, les français ont rejeté à plus de 55 % des voix le projet de Constitution européenne. Alors que le devoir de nos gouvernants aurait dû être de prendre en compte la volonté du peuple, c’est tout le contraire qui s’est depuis produit.
Ainsi, le jeudi 13 décembre dernier, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a signé à Lisbonne un traité européen censé remplacer cette Constitution européenne et a confirmé qu’il le fera ratifier par la France sans référendum, via le Parlement.
Or, vous n’êtes pas sans savoir que ce traité, dit « modificatif », n’est ni plus ni moins qu’une copie de la Constitution européenne rejetée. C’est ce qu’admettent d’ailleurs tous les juristes, hommes politiques et journalistes de bonne foi. Le « père » de la Constitution européenne lui-même, Valéry Giscard d’Estaing, l’a reconnu : 90 % des termes sont identiques à « sa » Constitution.
Les différences entre ce traité et la Constitution sont incontestablement superficielles. Le terme de « Constitution » est abandonné, les symboles de l’Union ont disparu, mais l’essentiel est conservé, telle l’absence réelle de démocratie dans les prises de décision, telle la sacralisation des politiques libérales, tel l’alignement forcé de notre politique étrangère sur celle des Etats-Unis.
Plus globalement, la ratification de ce traité liera encore un peu plus les mains des dirigeants français et dynamitera à terme notre modèle républicain, social et laïque.
Outre la dangerosité de ces dispositions, approuver ce traité sans passer par la voie référendaire serait un scandaleux déni de démocratie.
C’est pourquoi, madame / monsieur le député / le sénateur, je vous prie et remercie de ne pas approuver cette ubuesque trahison de la volonté populaire et de
réclamer la tenue d’un référendum sur cette question.
Comptant sur vous, je vous prie de croire, madame / monsieur le député / sénateur, en l'expression de ma profonde considération."
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