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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 20:55
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C'est fait. Après la révision constitutionnelle préalable, les parlementaires se sont prononcés à une très large majorité pour la ratification du Traité de Lisbonne, pérennisant une Europe libérale et anti-démocratique, dont les français avaient pourtant rejeté les bases le 29 mai 2005.

Après les députés jeudi, qui ont adopté le projet de loi de ratification par 326 voix contre 52, les sénateurs ont bouclé le processus ce vendredi, à deux heures et quart du matin, en se prononcant à leur tour favorablement à la ratification par 265 voix contre 42. Le projet de loi de ratification va maintenant être envoyé à Nicolas Sarkozy, qui devrait le signer rapidement.

Les politiciens traîtres et les médias dominants se félicitent sans sobréité aucune de cette grande nouvelle. L'Europe, paraît-il, va enfin pouvoir reprendre sa glorieuse marche humaniste, après que ces salauds de français l'aient bloqués honteusement en votant il y a deux ans contre la divine recommandation des élites, ces gens qui pensent bien, contrairement au petit peuple bête et stupide.

Les plus heureux - et les plus naïfs - sont sans conteste les parlementaires socialistes qui ont légitimé ce déni de démocratie, et qui pensent que l'affaire est aujourd'hui close, et qu'ils pourront enfin savourer tranquille - sans ces citoyens couillons un peu trop scrupuleux sur l'éthique démocratique et républicaine - leur soi-disante "victoire" annoncée aux municipales. Que ces messieurs et mesdames sachent qu'on ne les lâchera pas de sitôt, tout comme l'ensemble des traîtres et leurs complices.

Nous ne les lâcherons pas, et nous n'oublierons rien du coup sans précédent et irresponsable qu'ils auront porté à la République et à la France.

En ratifiant le Traité de Lisbonne, les parlementaires ont remis en selle tout l'esprit de la Constitution Giscard rejetée :
sacralisation des politiques libérales, absence réelle de démocratie dans les prises de décisions, élargissement des compétences exclusives de l’Union européenne, élargissement des décisions prises à la majorité qualifiée, etc.

En acceptant ces dispositifs, il en est désormais fini du droit du peuple français à disposer de lui-même. Sommé d'obéir à toutes les décisions d'un super-Etat européen, qui plus est gouverné par des bureaucrates non élus, il en sera fini à terme du modèle social, laïque et républicain français, minoritaire dans l'Union. Il en sera également fini de notre politique étrangère indépendante, à laquelle nombre de pays européens préfère de loin un atlantisme borné.

En clair, le Traité de Lisbonne abat la République et fait aujourd'hui de la France une province docile de l'Empire.

Et ceux qui se prétendent être l''opposition" dans ce pays, la gauche pseudo-socialiste des messieurs Hollande et Moscovici, ainsi que le Mouvement pseudo-Démocrate de Bayrou, cautionnent totalement cet état de fait. Chez eux aussi, en dehors de cette Europe folle, point de salut ! Pas la moindre critique sérieuse, ni sur le fond ni sur la forme. Que des belles paroles sans lendemain. Voyez donc à quel point ils forment une alternative crédible à la politique sarkozyste !

La dictature qui se met en marche aujourd'hui paraît si forte, si rusé qu'elle ne laisserait plus de vie à la moindre opposition, ni à la moindre alternative crédible. Cette opposition, cette résistance à l'inacceptable est pourtant au coeur même du peuple français. Il ne tient qu'à un réveil du peuple - que l'on a minutieusement endormi - pour qu'elle puisse se reformer, recouvrer notre liberté et restaurer la République. Loin de tout extrêmisme et de toute intransigeance partisane, les militants républicains, patriotes et progressistes de ce pays - à condition
qu'ils mettent de côté leurs dissenssions et regroupent enfin leurs efforts - peuvent sonner le début de l'insurrection générale. Seule une opposition unie, forte et populaire, en France comme ailleurs en Europe, sera en effet à même de faire tomber ce Leviathan, cet Empire sacralisé.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Editoriaux
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commentaires

Torsade de Pointes 11/02/2008 00:05

Outre cette insurrection populaire que vous appelez de vos voeux, ce qu’il faut souhaiter également, me semble-t-il, est l’avènement d’une nouvelle élite, différente des élites actuelles, et professant des conceptions différentes, à l’opposé de la brutale idéologie ultralibérale qui paraît être de mise en ce moment, et qui n’aura pas une vision uniquement négative de la nation. Je crois même que l’arrivée d’une telle élite nouvelle est inévitable, tant est insatisfaisante pour l’esprit l’idéologie dominante actuelle. D’autre part, cher citoyen, je me permets (une fois n’est pas coutume) de relever deux erreurs de langue dans votre billet, attendu que ces erreurs peuvent gêner la lecture. Voici:-         ‘recouvrir notre liberté’, il eût fallu écrire ‘recouvrer notre liberté’ (‘recouvrer’ a le même sens et la même étymologie que le mot ‘récupérer’);‘si tentés qu’ils mettent de côté leurs dissensions’: sans doute vouliez-vous dire: ‘si tant est qu’ils mettent etc.’. Mieux serait: pourvu qu’ils mettent’, ‘à condition qu’ils mettent’.

le Citoyen Thimèle 11/02/2008 15:02

Merci citoyen d'avoir repéré mes erreurs de langue ! Je répare tout cela de suite ! ;-)

Instit 10/02/2008 21:33

Dimanche 10 février 2008, Nicolas Sarkozy fait un discours sur la ratification du traité de Lisbonne. Vous pouvez le lire ici : http://www.elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&mode=view&cat_id=7&press_id=1024 « Un traité simplifié, ne conservant que les dispositions institutionnelles qui avaient paru recueillir un consensus assez large pendant la campagne du référendum était une solution qui permettait de dépasser les oppositions entre partisans et adversaires de la Constitution. » Cette phrase contient deux mensonges. Premier mensonge : le traité de Lisbonne n’est pas un traité simplifié. Second mensonge : le traité de Lisbonne ne conserve pas que les dispositions institutionnelles qui avaient paru recueillir un consensus assez large pendant la campagne du référendum. 1- Le traité de Lisbonne n'est pas un traité simplifié. Il est lisible ici : http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i0439.pdf Le traité de Lisbonne a 281 pages ! Par comparaison, le Traité Etablissant une Constitution pour l’Europe que nous avions reçu dans notre boîte aux lettres en 2005 n'avait que 191 pages. 2- Le traité de Lisbonne ne conserve pas que les dispositions institutionnelles qui avaient paru recueillir un consensus assez large pendant la campagne du référendum. En revanche, le traité de Lisbonne impose des politiques. A partir de la page 62, vous pouvez lire la troisième partie du traité de Lisbonne intitulée « Les politiques et actions internes de l'Union (articles 26 à 197) ». Cette troisième partie explique quelles doivent être les politiques concernant : - le marché intérieur (articles 26 et 27)- la libre circulation des marchandises (articles 28 à 37)- l'union douanière (articles 30 à 32)- la coopération douanière (article 33)- l'interdiction des restrictions quantitatives entre les Etats membres (articles 34 à 37)- l'agriculture (articles 38 à 44)- la pêche (articles 38 à 44)- les travailleurs (articles 45 à 48)- le droit d'établissement (articles 49 à 55)- les services (articles 56 à 62)- les capitaux et les paiements (articles 63 à 66)- l'espace de liberté, de sécurité et de justice (articles 67 à 76)- les contrôles aux frontières (article 77)- l'asile (article 78)- l'immigration (article 79)- la coopération judiciaire en matière civile (article 81)- la coopération judiciaire en matière pénale (articles 82 à 86)- la coopération policière (articles 87 à 89)- les transports (articles 90 à 100)- les règles de concurrence- les règles applicables aux entreprises (articles 101 à 106)- les aides accordées par les Etats (articles 107 à 109)- les dispositions fiscales (articles 110 à 113)- le rapprochement des législations (articles 114 à 118)- la politique économique (articles 120 à 126)- la politique monétaire (articles 127 à 133)- l'emploi (articles 145 à 150)- la politique sociale (articles 151 à 161)- le fonds social européen (articles 162 à 164)- l'éducation, la jeunesse et les sports (article 165)- la formation professionnelle (article 166)- la culture (article 167)- la santé publique (article 168)- la protection des consommateurs (article 169)- les réseaux transeuropéens (articles 170 à 172)- l'industrie (article 173)- la cohésion économique, sociale et territoriale (articles 174 à 178)- la recherche et le développement technologique (articles 179 à 190)- l'espace (article 189)- l'environnement (articles 191 à 193)- l'énergie (article 194)- le tourisme (article 195)- la protection civile (article 196)- la coopération administrative (article 197). Nicolas Sarkozy ment aux Français. 

Instit 10/02/2008 13:09

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, article 16 : « Tout Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » Cet article 16 consacre la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Or, que dit le traité de Lisbonne ? Le traité de Lisbonne est lisible à cette adresse : http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i0439.pdf Le traité de Lisbonne dit ceci : la Commission européenne, et elle seule, propose un acte législatif. « Un acte législatif de l'Union ne peut être adopté que sur proposition de la Commission, sauf dans les cas où les traités en disposent autrement. Les autres actes sont adoptés sur proposition de la Commission lorsque les traités le prévoient. » (Traité sur l’Union européenne, Titre III, Article 17, page 28.) Ensuite, comment va être adoptée cette proposition de loi ? « La Commission présente une proposition au Parlement européen et au Conseil.Première lecture.3. Le Parlement européen arrête sa position en première lecture et la transmet au Conseil.4. Si le Conseil approuve la position du Parlement européen, l'acte concerné est adopté dans la formulation qui correspond à la position du Parlement européen. » (Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Sixième partie, Titre 1, Chapitre 2, Section 2, Article 294, page 186) Or, qu’est-ce que le Conseil ? « Article 16.1. Le Conseil exerce, conjointement avec le Parlement européen, les fonctions législative et budgétaire. Il exerce des fonctions de définition des politiques et de coordination conformément aux conditions prévues par les traités.2. Le Conseil est composé d'un représentant de chaque État membre au niveau ministériel, habilité à engager le gouvernement de l'État membre qu'il représente et à exercer le droit de vote. » (Traité sur l’Union européenne, Titre III, Article 16, page 27) Une loi européenne est donc votée par le Parlement européen et par un groupe de 27 ministres. Un pouvoir exécutif exerce un pouvoir législatif. Il n’y a plus de séparation des pouvoirs. C’est contraire à l’article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.