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"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
Patrick Kessel


"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
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Samedi 10 mai 2008

 Les «souchiens», c'est le nom que les Indigènes de la République donnent aux français de souche. Lors de son défilé du 8 mai, ce mouvement communautariste a appelé à la création d'un parti politique. Histoire de lutter contre la «suprématie blanche et chrétienne» (sic) !


A part le Ku Klux Klan, qui ose encore parler de « suprématie blanche et chrétienne » ? Les Indigènes de la République (MIR). C'est à l'appel de ce mouvement qu'a eu lieu, hier à Paris, la manifestation prétendument destinée à commémorer les massacres de Sétif le 8 mai 1945. Prétendument, car lorsqu'on lit le texte des Indigènes, on constate que Sétif y occupe une place très modeste. De fait, le MIR appelle avant tout à la création d'un parti politique, une formation « autonome, antiracialiste et décoloniale » pour « tous ceux qui sont aujourd'hui traités comme des indigènes ». Et de désigner l'ennemi : l'Etat français, qui « entretient la continuité coloniale à la française : le racisme républicain ». Le ministère de Brice Hortefeux est ainsi accusé de préserver la fameuse « suprématie blanche et chrétienne », l'état met en œuvre une « politique sécuritaire, racialiste », le plan de Fadela Amara est un « plan anti-banlieues ». Et la France a ouvertement une politique de « préférence raciale » (sans parler du « soutien sans faille » à l'inévitable « colonialisme sioniste d'Israël »). C'est tout ? Non. Car le complot est vaste : tout le « système politique, économique et culturel » œuvre, selon les Indigènes, pour le racisme !

Un discours fondé sur la rancoeur et la haine, ça ne vous rappelle rien?

Mais qui sont ces paranos ? Les Indigènes de la République sont nés en janvier 2005 avec leur appel « Nous sommes les indigènes de la République – Appel pour des Assises de l'anti-colonialisme post-colonial». Un texte volontairement provocateur et d'une incroyable mauvaise foi, puisque ses auteurs y défendaient le communautarisme au nom même des valeurs républicaines. Parmi les signataires, des associations qui prônaient des principes aussi républicains que le port du foulard à l'école, et divers sociologues et intellectuels pro-Ramadan. Après le tollé soulevé par leur appel, les Indigènes étaient retombés dans un oubli bien mérité. A quelques exceptions près, à commencer par les violentes interventions dans les médias de leur porte-parole Houria Bouteldja. Une jeune femme dont la beauté physique n'a d'égale que sa hargne envers les Français « blancs », qu'elle appelle les « souchiens » (on appréciera l'aimable jeu de mots entre « souche » et « chiens »).
Mais voilà que les Indigènes ont trouvé, bien malgré eux il est vrai, un allié de poids en la personne de Jean-Marie Le Pen. Le président du Front national a en effet offert au MIR l'occasion de revenir dans l'actualité en demandant il y a quelques jours l'interdiction de la marche du 8 mai ! Ce n'est d'ailleurs pas le seul parallèle qu'on peut faire entre le FN et le MIR - qu'on peut difficilement soupçonner d'être proche de Le Pen. Car même si les Indigènes exècrent le Front National, le parti qu'ils appellent à créer est lui aussi fondé sur la rancoeur et la haine. Vous en doutez ? Faisons une petit test : qui a dit, au sujet des ministres issues de l'immigration : « Mr Sarkozy exhibe ses marionnettes noires, arabes et/ou musulmanes ! ». Jean-Marie Le Pen ou Les Indigènes de la République ? (Réponse : les Indigènes)

Bénédicte Charles, Marianne2.fr

______________________


Les Indigènes de la République :
Qui sont-ils ? Que veulent-ils ?


Par Denis Gorteau


En janvier 2005 : un collectif nommé " les Indigènes de la République " voyait le jour à la suite d'un appel signé par plusieurs milliers de personnes au nom de la défense des " droits " des populations d'origine immigrée vivant en France. Le texte de cet appel surprend car il mêle des revendications justifiées à des prétentions identitaires malsaines. Phraséologie gauchiste, attaques contre la France " coloniale ", exigences aux contours mal définis, " les Indigènes de la République ", en outre, usent et abusent de la victimologie pour susciter l'intérêt. Colère sincère ou basse opération de lobbying ?

 
L'obsession coloniale

Si l'appel des " Indigènes " associe des arguments disparates, il en est un, cardinal dans l'esprit de ses auteurs, qui consiste à présenter la France comme un pays dominé par un état d'esprit colonial dans sa gestion de la population d'origine immigrée.

Selon cette théorie, les descendants de peuples colonisés vivant en France seraient victimes de discriminations, voire dans certains cas de violences, en raison du statut de colonisés dans lequel la République les enfermerait. D'où le nom " d'Indigènes de la République " dont s'affublent les tenants de cette étrange interprétation de la réalité.

Cela nous vaut de belles tirades, dignes de la meilleure littérature gauchiste, comme : " L'idéologie coloniale perdure, transversale aux grands courants d'idées qui composent le champ politique français ". Vive le grand Soir !

Compte tenu de l'empathie de l'appel pour les descendants des populations colonisées, on aurait pu attendre une analyse plus fine, permettant de faire la différence entre des citoyens ou des résidents ordinaires, fussent-ils d'origine immigrée, et la minorité de voyous occupée à terroriser la population et à saccager le mobilier urbain.

Cette obsession de la référence coloniale comme grille de lecture de la réalité, se retrouve dans l'assimilation des DOM-TOM à des colonies. Comme si les habitants de ces territoires ne jouissaient pas en tous points des mêmes droits que les métropolitains !

Mais les " Indigènes " vont encore plus loin. Pour eux, la " gangrène " coloniale toucherait non seulement la France dans son ensemble mais aussi le reste du monde. L'appel enchaîne sur une dénonciation de la politique étrangère américaine, méritée, mais en porte-à-faux, car les entreprises de Bush, en Irak ou en Afghanistan, s'inscrivent dans une logique différente du colonialisme au sens strict du terme.

Islamo-gauchisme ?

Pas facile de se retrouver dans ce texte qui amalgame passé et présent, colonialisme et République, France et racisme…
De plus, les " Indigènes " rendent un bien mauvais service à ceux qu'ils disent défendre en dénonçant aussi l'assimilation et l'intégration. On va jusqu'à lire sur leur site Internet les mots " va te faire intégrer ", subtile allusion à une pratique généralement réprouvée dont la connotation méprisante n'aura échappé à personne.

On est en droit de se demander pourquoi ils condamnent les discriminations, puisqu'ils vilipendent à la fois le mal et son antidote. Il faut encore se retenir de sourire quand nos bons " Indigènes " s'en prennent à la loi interdisant le voile dans les enceintes scolaires, car celle-ci, protégeant l'intimité spirituelle de chacun, apparaît comme un facteur d'intégration et fait autant pour les musulmans que pour les chrétiens ou les athées.

En clair, l'appel des " Indigènes " repose sur une idéologie communautariste et il lance une guérilla identitaire pour exercer des pressions sur la République. Une méthode couramment utilisée par certaines minorités aux Etats-Unis. En France, néanmoins, les traditions sont différentes et nos " Indigènes " auront du mal à embrigader les prétendus colonisés, parce que ces derniers ne se perçoivent pas comme tels. Les immigrés et leurs descendants, pour la plupart, n'aspirent qu'à devenir des citoyens ordinaires, prospérant à l'ombre des acquis de la République une et indivisible.

Reste à faire remarquer une chose aux auteurs de l'appel : les indigènes sont, en langue française, les individus nés sur un territoire, d'une population anciennement installée. Dans l'Hexagone, sont indigènes les Français par le sang, descendants depuis des siècles des primo occupants. Cohérents avec leur théorie, ce sont ces indigènes là, dont les " Indigènes " devraient s'efforcer de respecter l'identité et les coutumes.

Surgeon des lobbies communautaristes anglo-saxons, les " Indigènes de la République " semblent avoir pour modèle inavoué le CRIF qui donne périodiquement des leçons aux élus au nom d'une communauté spécifique. Néanmoins, pour le moment, leur chantage victimaire n'a pas ébranlé les institutions. Espérons les choses demeurant ainsi, dans un pays où les élites cèdent si facilement au vertige de la repentance.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Combat Républicain communauté : Les blogs républicains
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