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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 21:26


Il fallait s'y attendre. Une semaine après le « NON » irlandais au Traité de Lisbonne, l'Europe totalitaire a repris ses bonnes habitudes. Pas question, évidemment, de se coucher devant un non-événement, une simple crise d'enfants qui ne savent pas ce qui est bon pour eux. Les sages européistes, les dirigeants de cette Europe qui donne des leçons de démocratie et d'humanisme à la Terre entière, préconisent ainsi ni plus ni moins que de refaire voter les Irlandais. Au motif déclaré que ces derniers, qui ne représentent à peine 1% de la population européenne, ne peuvent pas décider à la place des 99% autres. Et au motif non déclaré que les Irlandais n'ont pas bien compris à quel point ce traité allait dans leur intérêt. Par contre, promis, on va prendre en compte l’opinion des peuples ! Si, si !

 

C'est pile poil le jugement prononcé par l'ayatollah des européistes, Valéry Giscard d'Estaing. Il est selon lui « grotesque » de vouloir renégocier un nouveau traité ! Pourtant le droit européen est clair. Pour qu'un traité entre en vigueur – et qu’il existe en tant que tel, il faut qu'il ait obtenu l’accord unanime des Etats membres. Mais le droit, comme le peuple, ces messieurs le contournent comme ils le veulent. Le bien supérieur de l'« Euroooope » vaut bien toutes les transgressions possibles et imaginables.

 

Evidemment, Valéry, quand il parle à la populace ignorante, ne parle pas de manière sec et cynique. En tant qu'ancien Président de la République, il sait user de diplomatie.

 

Ainsi, le sermon euro-moralisateur qu’il a colporté cette semaine commence par un hypocrite respect du vote. « Les Irlandais avaient le droit de répondre non ». Tout à fait, comme disait Coluche, « la dictature c'est ferme ta gueule, et la démocratie c'est cause toujours ». Mieux encore, il explique ce non irlandais peut permettre un « retour aux sources démocratiques parce que l'Europe s'est éloignée depuis les années 90 des sources démocratiques, c'est-à-dire du fait que l'on consulte et que l'on décide avec les opinions publiques ». On croit rêver ! On va donc enfin faire une Europe démocratique ?!

 

Eh oui, eh oui. La preuve, Giscard la donne sans attendre. « Le traité de Lisbonne n'est pas mort ». Il est « indispensable que les Irlandais revotent » explique-t-il. Les Irlandais vont pouvoir revoter ! Vaut évidemment mieux qu'on soit sûr du vote des Irlandais. C'est cela l'exigence de démocratie, coco ! Et comme ils sont ignorants, on fera autant de scrutins qu'il faudra pour qu'ils votent bien. Parce qu' « ils ont tort », ose-t-il affirmer. « Le traité de Lisbonne donne davantage de garanties qu’aujourd’hui » poursuit-il. Heureusement que des gens bien intelligents sont là pour rattraper les erreurs du peuple. C'est toujours cela, la grandeur de la démocratie, coco !

 

Conclusion : non content de nous piétiner, la clique européiste, de Giscard à Jouyet, en passant par Barroso et Juncker, se foutent royalement de notre tête. Faire mine de reconnaître et vouloir combler le « déficit » démocratique de l’Europe tout en maintenant leur ligne totalitaire, c’est fort ! Quand est-ce que les peuples européens vont se réveiller et envoyer une bonne fois pour toute tous ces guignols dans les poubelles de l’histoire ?!

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commentaires

BA 24/06/2008 10:20

Le 24 juin, à la radio France Inter, Valéry Giscard d’Estaing répond aux questions sur le traité de Lisbonne. Encore une fois, Valéry Giscard d’Estaing se révèle une parfaite incarnation de l’aristocratie européenne.
 
« Valéry Giscard d’Estaing : Il faut que les Irlandais puissent à nouveau s’exprimer.
 
Nicolas Demorand : Ca ne vous choque pas sur le fond de faire revoter des peuples qui se sont exprimés ?
 
Valéry Giscard d’Estaing : On passe son temps à revoter. Sinon, les présidents de la République seraient élus pour l’éternité. »
 
Fin de citation.
 
Concernant le traité de Lisbonne, je rappelle qu’un traité entre en vigueur quand tous les pays concernés l’ont ratifié. C’est une règle de base du droit international. Valéry Giscard d’Estaing n’en a rien à foutre !
 
« Valéry Giscard d’Estaing : L’objectif, c’est pas la ratification. C’est l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne.
 
Nicolas Demorand : Ca, vous y croyez encore, qu’il peut entrer en vigueur ?
 
Valéry Giscard d’Estaing : Il entrera en vigueur. On vous le dit.
 
Nicolas Demorand : Comment ?
 
Valéry Giscard d’Estaing : Il entrera en vigueur. Il entrera en vigueur avec une ou deux exceptions. Il y aura 25 pays qui diront OUI, et les autres se mettront en situation d’exception. »
 
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/
 
Au moins, c’est clair : le vote des peuples n’a plus aucune importance. Le vote des peuples doit être contourné en cas de vote NON. La démocratie n’a plus aucune importance. Décidément, l’Union Européenne est anti-démocratique. L’Union Européenne est une construction de l’aristocratie.
 
Dans les années qui viennent, la grande question sera la question de la guerre : la guerre entre la démocratie et l’aristocratie.
 
Ah, ça ira, ça ira, ça ira !
Les aristocrates à la lanterne !

BA 24/06/2008 05:49

POUR INFORMATION
Valéry Giscard d’Estaing sera l’invité de Nicolas Demorand sur France Inter ce mardi 24 juin de 8h20 à 9h.Ah ça ira, ça ira, ça ira !Les aristocrates à la lanterne !

BA 23/06/2008 10:25

Jean-Luc Sauron est maître des Requêtes au Conseil d'Etat, Professeur associé à l'Université Paris IX-Dauphine, et Président de l'Association des Juristes Européens. Il est également l'auteur d'un ouvrage intitulé "Comprendre le Traité de Lisbonne".
Dans un article retentissant du Nouvel Observateur, Jean-Luc Sauron écrit :
« Je ne vois pas au nom de quoi on pourrait exiger des Irlandais qu’ils revotent. »
 





 
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2276/articles/a377402-.html

Simon Archipenko 23/06/2008 08:18

Et si on pratiquait la politique de la chaise vide? Après tout les européistes veulent se passer des peuples; passons-nous des européistes!Voltaire République lance un débat national et européen sur le thème: Faut il mettre un bulletin "NON" lors des prochaines élections au parlement européen en 2009. En d'autres termes, la question est posée de la présence ou non de liste(s) républicaine(s) (à ce propos, bonjour l'inflation d'intentions de listes!!!) lors de cette parodie d'élection.Bien entendu, c'est un débat que nous souhaitons en pour ou contre, pas une foire d'empoigne ni un prétexte fallacieux à la course à la sinécure.