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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 21:00


C'est désormais acquis. A la faveur d'un "compromis" entre les dirigeants européens et irlandais, un nouveau référendum sera organisé en Irlande l'année prochaine sur la question du traité de Lisbonne.

Ainsi, les Irlandais sont appelés à renier leur vote souverain de juin dernier par lequel ils rejetaient très clairement les bases dudit Traité.

Bien évidemment, nous dit-on, il y a des contreparties. Lesquelles ? Tout d'abord, l'Irlande, comme tous les autres pays de l'UE, pourra conserver son commissaire européen. Néanmoins, on renvoie à plus tard les modalités de cette décision, le temps de trouver un illusoire - voire fort impossible - tour de passe-passe juridique qui permettrait de formaliser une règle si explicitement contraire au Traité.

D'autre part, de prétendues garanties seront données aux Irlandais sur les questions de défense, de politique fiscale, familiale et de biothèque, via des "déclarations" annexées au traité. Des "déclarations" qui, par principe, n'engagent véritablement à rien.

En somme, les Irlandais ont ici affaire à un "compromis" totalement fumeux, qui ne touchera jamais en rien au fondement du Traité, et qui n'a d'autre but que d'amadouer les Irlandais pour qu'ils infléchissent leur vote. Drôle de manière de "respecter" le vote des Irlandais ! Au fait, qui a dit que la pire des dictatures était celle qui revêtait l'apparence d'une démocratie ?


Cet acharnement des tenants de l'Europe totalitaire à faire entrer en vigueur le Traité de Lisbonne est  sans conteste un crime contre la démocratie. Il est aussi un crime contre le bon sens. Alors que la crise a sonné le glas du libéralisme  le plus débridé, alors même que les dirigeants européens semblent publiquement en convenir, on s'apprête de manière totalement irresponsable à vouloir appliquer un Traité animé par ces principes libéraux qui nous ont conduit à une telle catastrophe !

Culte de la "concurrence libre et non faussée", dérégulation à outrance, déreglementation des services publics, interdiction des aides de l'Etat, libre échange intégral, indépendance de la banque centrale, politique monétaire au seul service des marchés financiers, etc... Tout ce qui ne marche pas, tout ce qui nous a conduit à cette crise est inscrit dans les fondements de ce Traité de Lisbonne.

On aurait pu espéré qu'après leurs volontarismes affichées ces dernières semaines pour faire face à la crise, les dirigeants européens se raviseraient sur ce Traité de Lisbonne, véritable règle commune de l'UE en matière économique. Que nenni ! Aucune leçon n'a été tiré de la crise. Aucune. Les dirigeants européens persistent et signent à vouloir nous faire vivre sous la coupe de ces règles barbares. On constate donc bel et bien que la soustraction opérée à ces règles pendant ces dernières semaines n'avaient d'autres buts, non de transformer, mais - paradoxalement - de sauver un système abject en train de couler.

Qui nous sortira donc de cette impasse ? Qui nous sortira de ce totalitarisme ?


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Published by le Citoyen Thimèle - dans Editoriaux
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commentaires

BA 19/12/2008 10:06

Le 16 décembre 2008, l’économiste ultra-libéral Guy Sorman écrit :
 
« L’avenir du socialisme européen est aussi, étrangement, contrarié par l’Union européenne. Construire le socialisme dans un seul pays est aujourd’hui impossible, parce que les économies de tous les États membres sont interdépendantes. Le dernier à avoir tenté de faire cavalier seul, le président socialiste français François Mitterrand, élu en 1981, a fini par céder devant les institutions européennes en 1983. Ces institutions européennes, basées sur le libre-échange, la concurrence, des déficits budgétaires limités, et des finances saines, sont fondamentalement favorables à l’économie de marché. »
 
http://gsorman.typepad.com/
 
Nous savions que l’Union Européenne était basée sur le libéralisme économique.
 
Nous savions que l’Union Européenne était basée sur la concurrence libre et non faussée.
 
Nous savions que l’Union Européenne était basée sur le principe : « Un renard libre dans un poulailler libre. »
 
Nous savions que l’Union Européenne était basée sur le libre-échange.
 
Mais il est toujours bon de le rappeler pour ceux qui se font encore des illusions sur l’Union Européenne.
 
Il est impossible de changer l’Union Européenne tout en restant à l’intérieur de l’Union Européenne.

BA 16/12/2008 11:44

Certes, mais nous ne devons pas oublier la propagande médiatique : les télévisions (privées et publiques), la presse écrite, les radios (privées et publiques) sont pour le OUI à 95 %.L'idéal, ça aurait été que, après la victoire du NON en 2005, les télévisions (privées et publiques), la presse écrite, les radios (privées et publiques) fassent une propagande pour le OUI à seulement 45 %, et une propagande pour le NON à 55 % !Malheureusement, les médias en France font toujours autant de propagande en faveur du OUI. D'ailleurs, les médias en France font toujours autant de propagande en faveur du OUI avec nos impôts !Un jour, il faudrait faire la liste de toutes les émissions à la télévision publique et à la radio publique qui nous expliquent que l'Union Européenne, c'est formidable.

Falconhill 16/12/2008 08:14

Une Europe totalitaire, c'est assez juste...Triste ces élites qui éloignent des peuples cette belle idée d'Europe, la rendant dangereusement impopulaire... Mais bon, ça ne sera pas de la faute des peuples...Je repasserai...

BA 15/12/2008 09:30

Oui, mais les élections européennes de juin 2009 vont servir de répétition générale avant les présidentielles et les législatives de 2012.Les élections européennes vont (je l'espère) montrer que les Républicains NONistes commencent à être audibles par les Français. Si les Républicains NONistes réussissent à faire un bon score, cela enclenchera une dynamique.En revanche, si les Républicains NONistes persistent à partir au combat chacun de leur côté, on n'est pas sorti de l'auberge OUIste ( = l'auberge rouge, dans laquelle les aubergistes assassinaient les voyageurs !).

le Citoyen Thimèle 15/12/2008 19:57


En même temps, quelqu'un comme Mélenchon refusera toujours toute alliance avec des personnalités de droite. Il ne peut pas faire cela alors qu'il est justement parti du PS pour cause de dérive
droitière. Ca le décrédibiliserai.

Et même si Mélenchon partait au combat avec Dupont-Aignan et Villiers, serions-nous plus audibles pour autant ? J'en doute. Mélenchon perdrait tous ses électeurs potentiels de gauche et les
Dupont-Aignan et Villiers pourrait perdre tout un électorat souverainiste pure et dure. A coup sûr, une telle alliance créerait des listes dissidentes de villiéristes pas content, de gaullistes
pure et dure pas content etc.

J'ai toujours plaidé pour l'union, mais je constate qu'elle n'est pas possible actuellement au point où nous la voudrions. Si l'union pouvait se faire entre ceux qui prônent l'union justement, ce
serait déjà pas mal. En somme, je penche plutôt pour qu'il y ait une liste ostensiblement à gauche (Mélenchon, PC, etc.) et une autre liste plus traditionnellement souverainiste-"unioniste"
(Dupont-Aignan, Chevènement, UPF voire Villiers). Deux listes ce n'est pas trop, c'est pile poil pour représenter les deux grands "courants" actuels de la famille nationale-républicaine.

Avec deux listes qui font du bon boulot, on peut avoir de bon résultats. Notons tout de même que les Oui-ouistes partent eux aussi en ordre dispéré. Et pourtant ils sont toujours en tête... Preuve
qu'il ne s'agit pas que d'une histoire de nombre de listes. Mais surtout de notre ardeur à convaincre les Français.



BA 14/12/2008 14:22

Qui nous sortira donc de cette impasse ? Les Républicains NONistes !Bon, évidemment, il faudra que les Républicains NONistes présentent UNE LISTE UNIQUE à toutes les élections.C'est pas gagné.

le Citoyen Thimèle 15/12/2008 01:40


C'est pas gagné, en effet. Il y aura vraisemblablement une liste de "front de gauche" (PG, PC et autres dissidents ), une liste DLR (avec soutien officieux du MRC) et une liste Villiers. Difficile
d'unir les trois, mais nul doute que la première liste peut faire très mal et dépasser le PS et les écolo-cohn-bendhistes. Les deux autres listes peuvent aussi faire quelque chose si elles ne se
tirent pas dans les pattes.

Quoiqu'il en soit, BA, même s'il ne faut pas les négliger loin de là, il n'y a rien à espérer de ces élections européennes. Même avec 60 députés républicains et une majorité de souverainistes à
Strasbourg, l'Europe ne changera pas pour autant et la France ne retrouvera pas son indépendance. Le Parlement a le pouvoir de mettre des batons dans les roues de l'édifice européen mais n'a pas le
pouvoir de le renverser. C'est seulement en gagnant les élections présidentielles et législatives que l'on pourra renverser les choses.