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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 22:34


4500 personnes tuées le 11 septembre. Cela vous évoque sans doute l'attentat contre les Etats-Unis en 2001. Il s'agit en fait du nombre de morts suite au coup d'Etat du Général Pinochet, sous la direction de la CIA, au Chili, en 1973. Kissinger, assistant aux Affaires de Sécurité Nationale des USA est désigné pour diriger l'opération. Aujourd'hui, la coordination «Kissinger Out» demande son exclusion du Comité Olympique International pour son passé criminel.

Le gouvernement d'Union populaire du Chili est renversé dans des conditions dramatiques le 11 septembre 1973.

C'est pour le pays la fin d'une pratique démocratique vieille de plusieurs décennies qui lui avait valu le surnom autrefois élogieux de «Prusse de l'Amérique du sud» ou encore de «Suisse de l'Amérique du sud».

Une élection hasardeuse

Salvador Allende avait été élu trois ans plus tôt à la présidence de la République avec 36,3% des suffrages, face à deux candidats de droite dont Jorge Alessandri, qui a obtenu 35% des suffrages, et Radomiro Tomic (27,8% des suffrages).

L'élection avait été validée par le Parlement grâce au soutien de la démocratie-chrétienne. Pour la première fois, un socialiste accédait par les urnes à la tête d'un pays d'Amérique latine.

Une présidence fragile

Le nouveau président s'appuie sur une coalition hétérogène qui va du centre à l'extrême gauche révolutionnaire (trotskystes et maoïstes) en passant par les communistes. Ses mesures sociales (augmentation des salaires, nationalisation des mines de cuivre et des principales entreprises du pays, réforme agraire,...), tantôt trop modérées, tantôt trop radicales, ne font jamais l'unanimité dans son camp.

Salvador Allende doit par ailleurs faire face à une opposition de droite majoritaire au Parlement. Elle est soutenue en sous-main par les agents secrets de la CIA américaine et financée par les multinationales implantées dans le pays, au premier rang desquelles figure le trust de télécom ITT.

Le Chili est bientôt secoué par l'agitation violente de l'extrême-gauche révolutionnaire (le MIR) et paralysé par des grèves à répétition, dont celle des camionneurs. Les prix flambent et la production alimentaire s'effondre. Les ménagères descendent dans la rue.

Pour faire face aux menaces qui l'assaillent de toutes parts, Salvador Allende appelle les militaires à son secours.
En novembre 1972, le commandant en chef de l'armée de terre, Carlos Prats, devient chef du gouvernement et ministre de l'Intérieur (il sera assassiné à Buenos Aires, en Argentine, en 1974). Mais le Parlement prive Salvador Allende de tout moyen d'action et tente de le récuser. Le président ne voit bientôt plus d'autre issue que dans un référendum...



L'armée s'insurge

C'est alors que le chef des armées, le général Augusto Pinochet, décide de mettre un terme par la force à l'expérience socialiste.

Le matin du 11 septembre 1973, des unités de la marine neutralisent le port de Valparaiso.

Peu après, à Santiago-du-Chili, les soldats investissent le palais présidentiel de La Moneda, construit en 1806.

Vers midi, l'aviation bombarde le palais et les soldats y pénètrent enfin. Le président demande à ses défenseurs de quitter les lieux. Resté seul, il se suicide d'une rafale de mitraillette (thèse officielle). Il a 65 ans.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago.

Trois mille d'entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires, ce qui vaudra un quart de siècle plus tard une inculpation de crime contre l'humanité à Augusto Pinochet.


par Jean-Michel Freguin, ReSPUBLICA

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Published by le Citoyen Thimèle - dans HISTOIRE
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