Culture et mémoire républicaine

 

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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 22:00
La vision du christianisme est de nos jours forcément négative pour les progressistes que nous sommes. Pourtant, le christianisme des origines changea profondément les consciences. C'est Jésus et sa philosophie chrétienne qui opéra un véritable changement dans la vision de la personne humaine, qui donnera plus tard naissance au concept des droits de l'homme. Le christianisme déclara que tous les Hommes étaient frères et qu'il n'y avait plus ni maîtres ni esclaves, ce qui était véritablement à contre-courant des idéologies des sociétés esclavagistes de l'antiquité. L'universalisme chrétien se perpétua jusqu'à notre époque sous des traits bien distincts de ceux de l'Eglise catholique.

Dans les périodes révolutionnaires de ces deux derniers siècles, l'allusion au Christ ne fut jamais rare. L'Histoire nous regorge de multiples exemples et citations : ainsi, lors du sac des Tuileries en février 1848, la foule pénétra dans l'oratoire de la reine Marie-Amélie et s'arrêta devant le crucifix pendu au mur. Selon la légende, un élève de Polytechnique, école alors considérée comme le foyer de l'extrême gauche, aurait alors pris l'objet en déclarant : « Voici notre maître à tous » et l'aurait transporté jusqu'à l'Eglise Saint-Roch pour le remettre au curé. De nombreuses gravures ont immortalisé cette scène, que Georges Sand commente dans un article de la Vraie République : « Le vrai christianisme, c'est à la fois une philosophie et une religion. A cet état de croyance sincère et profonde, l'Evangile est la religion du peuple. C'est pourquoi vous l'aviez vu porter en triomphe l'image du Christ dans la nouvelle République ; c'est pourquoi il n'a pas fait, comme en 1830, la guerre aux croix des églises de Paris ; c'est pourquoi les arbres de la liberté ont reçu l'eau bénite. Le peuple républicain et le prêtre catholique se sont donc réconciliés en 1848 ».

Les premiers mois d'existence de l'éphémère deuxième République marquèrent alors l'union du Christ et des partisans de l'ordre nouveau. Les esprits y avaient d'ailleurs été préparés par les théoriciens du socialisme utopique, très sensibles à la portée révolutionnaire des Evangiles, et par l'apparition au sein du monde catholique de courants s'efforçant de concilier la foi et la démocratie et considérant le renversement d'un pouvoir injuste comme un devoir religieux. En février 1848, le Christ était donc monté sur les barricades aux côtés des ouvriers et des bourgeois et chacun s'en félicitait. Les membres du clergé furent conviés, tous cultes confondus, à planter les arbres de la liberté. On y déclara d'ailleurs que « La République n'oubliera jamais que le Christ expira sur la croix pour avoir apporté aux hommes le symbole divin qu'on lit sur nos drapeaux : Liberté, égalité, fraternité ».

Et pour les tenants de la gauche, il incarne non pas le patriotisme ou le modérantisme républicain mais le socialisme. Victor Considérant, philosophe et futur participant à la Commune, déclara : « Le Christ glorieux est ressuscité et vous ne le re- tuerez pas, car il est esprit. Le Christ est une idée et cette idée a pris possession de la conscience des peuples...Cette idée, c'est le socialisme. Il faut enfin que le vrai sens du christianisme éclate. Il faut qu'on sache où sont les vrais chrétiens et où sont les hérétiques. Scribes, pharisiens, votre heure est proche. Parce que voici l'heure de la démocratie, c'est-à-dire de l'Evangile dans le monde et dans l'Eglise ». L'extrême-gauche cherche aussi à se revendiquer du Christ. Dans Le Christ républicain, on y affirme : «nous, pauvres prolétaires, nous sommes rouges, parce que le Christ a versé son sang pour nous racheter, son sang par lequel nous voulons nous régénérer. Nous sommes rouges, parce que l'ange exterminateur a marqué le haut de nos portes avec le sang de l'agneau, pour distinguer, au jour de la vengeance, les élus d'avec les réprouvés de Dieu ».
Pourtant, en juin 1848, le clergé n'est pas aux côtés des ouvriers insurgés, mais plutôt auprès de la bourgeoisie et des troupes de Cavaignac qui répriment l'insurrection populaire. Entre républicains, laïcs et cléricaux c'est alors la rupture...

Tout ceci ne signifia pas pour autant la disparition totale du thème du Christ révolutionnaire. On le vit aussi réapparaître lors de la révolution russe de 1917 sous la forme d'un Jésus érigé au rang de précurseur de Lénine et bolchevique avant l'heure. Aujourd'hui l'image d'un Jésus socialiste reste minoritaire dans le paysage politique français. Il existe un mouvement s'y associant, Gauche Ouvrière et Chrétienne, mais il reste toujours assez marginalisé. En Amérique du Sud, la religion et l'altermondialisme font assez bon ménage, en témoigne Hugo Chavez qui déclara même récemment que « Jésus avait été le premier socialiste et Judas le premier capitaliste ».


Publié initialement pour Libertés

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Published by le Citoyen Thimèle - dans HISTOIRE
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commentaires

matt 07/03/2007 00:01

Et si tout simplement Jésus avait vue un bon Psy il ne serait pas devenu le clochard ,avec un grave problème intellectuel, qu'il était.