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Culture et mémoire républicaine

 

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14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 23:40


Devise de
la République française, le triptyque
« Liberté, Égalité, Fraternité » est issue de la Révolution. Simple couverture morale pour les uns, idéal sans cesse à conquérir pour les autres, il n’a jamais laissé indifférent.


Sens

Premier mot de la devise républicaine, la Liberté est définit dans la Déclaration des droits de l'Homme de 1793 : « La liberté est le pouvoir qui appartient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui ; elle a pour principe la nature ; pour règle la justice ; pour sauvegarde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait. »

Le deuxième terme, l’Egalité, y est définit aussi : « Tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi. » Selon la Déclaration des droits de l'homme de 1795 : « L'égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. L'égalité n'admet aucune distinction de naissance, aucune hérédité de pouvoirs. »

Troisième élément de la devise de la République, la Fraternité est ainsi définie dans cette même Déclaration : « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir ».

En 1848, dans le Manuel républicain des Droits de l’Homme et du Citoyen, Charles Renouvier résumait toute la philosophie du triptyque républicain :

« Les hommes naissent égaux en droits, c'est-à-dire qu'ils ne sauraient exercer naturellement de domination les uns sur les autres. La loi, dans la République, n'admet aucune distinction de naissance entre les citoyens, aucune hérédité de pouvoir. La loi est la même pour tous. »

« S’il n’y avait signé que la liberté, l’inégalité irait toujours croissant et l’Etat périrait par l’aristocratie ; car les plus riches et les plus forts finiraient toujours par l’emporter sur les plus pauvres et les plus faibles. S’il n’y avait qu’égalité, le citoyen ne serait plus rien, ne pourrait plus rien par lui-même, la liberté serait détruite, et l’Etat périrait par la trop grande domination de tout le monde sur chacun. Mais la liberté et l’égalité réunies composeront une République parfaite, grâce à la fraternité. C’est la fraternité qui portera les citoyens réunis en Assemblée de représentants à concilier tous leurs droits, de manière à demeurer des hommes libres et à devenir, autant qu’il est possible, des égaux ».


Histoire


Il fit partie des nombreuses devises invoquées mais devint vite incontournables. Le premier à en faire usage dans un cadre officiel est Maximilien de Robespierre, dans son Discours sur l'organisation des gardes nationales, le 5 décembre 1790 à l'Assemblée Nationale.

En 1791, un membre du club des Cordeliers propose cette devise qui est adoptée, en avril 1792, au cours de la fête de la Liberté. La formule « Liberté, Egalité, Fraternité, ou la mort » sera inscrite sur toutes les façades des édifices publics, en 1793, sur les ordres du maire de Paris, pour rappeler à la population les principes fondamentaux de la Révolution. La dernière partie fut cependant vite abandonnée, car trop associée à la Terreur.

Comme beaucoup de symboles révolutionnaires, la devise tombe en désuétude sous l'Empire. Elle ressurgît avec la révolution de 1830, et fut ensuite régulièrement revendiquée par différents révolutionnaires, en particulier le socialiste Pierre Leroux, qui participera largement à sa reconnaissance comme principe de la République. Avec la révolution de 1848, la IIe République l’adopta comme devise officielle le 27 février 1848 grâce à Louis Blanc. Elle est empreinte à cette époque d’une dimension religieuse : les prêtres célèbrent le Christ-Fraternité et bénissent les arbres de la liberté qui sont alors plantés. Boudé une nouvelle fois par le Second Empire, la devise est définitivement adoptée comme symbole officiel de la République par la IIIe du nom.

La devise est réinscrite sur le fronton des édifices publics à l'occasion de la célébration du 14 juillet 1880. Elle figure dans les constitutions de 1946 et 1958 et fait aujourd'hui partie intégrante de notre patrimoine national, à défaut d’être bien souvent respectée. On la trouve aussi sur des objets de grande diffusion comme les pièces de monnaie ou les timbres.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans CULTURE & MEMOIRE REPUBLICAINE
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commentaires

Genco 11/08/2010



Un grand merci pour ce rappel !!!



Van Ruymbeke 10/05/2012


Pour moi sa ne veux plus rien dire liberté égalité fraternité , alors expliquer moi pourquoi de notre époque il y il a encore des jens qu'il meure de fin. égalité surmment pas.

Claudec 06/11/2012





Libre réflexion à propos de notre devise nationale


Les républiques se succèdent, les constitutions se révisent, pourquoi une devise, fut-elle
nationale, ne se remettrait-elle pas en cause, ne serait-ce que pour tenir compte des effets du progrès survenu entre temps ? Sans porter atteinte aux valeurs qu’elle veut proclamer, il n’y
aurait rien de choquant, pour qui n’est pas aveuglé par le dogme, à y réfléchir calmement et avec un recul de plus de deux siècles par rapport à l’époque à laquelle fut proclamée celle de la
République française. Sans compter une autre révolution – industrielle celle-là – et des bouleversements de la société, imprévisibles à la fin du XVIIIe s. La nation qui se glorifie d’avoir
proclamé au bénéfice de tous les valeurs qu'elle faisait siennes pourrait de la sorte juger de ce qu’est devenu son présent et être la première à en tirer les conséquences.


Étant donné le climat euphorique dans lequel la devise française a été adoptée, sous
l’influence des penseurs de l’époque, plus utopistes encore que les "intellectuels" d'aujourd'hui, force est de reconnaître qu’elle a changé bien peu de choses à nos rapports sociaux. Les
privilèges, qui symbolisent en les concentrant tous les principes au nom desquels les trois valeurs de Liberté, Égalité et Fraternité ont été choisies, non seulement ont perduré mais se sont multipliés, proclamés comme autant de conquêtes
par ceux qui en profitent et les défendent maintenant avec obstination.


Notons que les replâtrages ou substituts opérés ou proposés par les uns et les autres, dont le
plus fameux a été celui tenté par Vichy avec Travail, Famille,
Patrie, n’ont pas été couronnés de davantage de succès que d’estime pour qu’ils puissent
être sérieusement pris en considération. il ne s'agit d'ailleurs pas ici de changer une devise mais de réfléchir à ce qu'est devenue sa signification objective.



De la Liberté


« Une expérience journalière fait reconnaître que les français vont instinctivement au pouvoir;
ils n’aiment point la liberté ; l’égalité seule est leur idole » Chateaubriand


« La liberté commence toujours par être accompagnée de maux qui suivent l'usage inconsidéré
qu'on en fait. » Frédéric Bastiat - La Loi



Pour autant qu’elle ne relève pas du rêve, la Liberté se définit par les limites que la loi lui
octroie ou que chacun voit assignées à la sienne par celle des autres. Loin d'être cette indépendance que chacun voudrait vivre à sa guise, la Liberté a un caractère faisant hautement référence à
la vie collective et réclame de ce fait une attention toute particulière, eu égard aux revendications de plus en plus inopportunément formulées par les uns et les autres à son sujet.


La liberté consiste à faire à son propre gré ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi, l'exercice des
droits naturels de chaque individu ou groupe d'individus est subordonné à ce qui assure aux autres la jouissance de ces mêmes droits. En cela, il n'est pas de liberté sans devoirs. La loi pouvant
aider à fixer et codifier ces droits et ces devoirs, c’est elle qui arbitrera autant que de besoin.


« La liberté de chacun finissant où commence celle des autres », elle peut être considérée
comme une richesse, un espace dévolu à quiconque dans l’égalité républicaine, laquelle est tout autre chose que cet égalitarisme anarchisant avec lequel elle est trop souvent confondue. Il est
dès lors évident que plus le nombre de ceux qui partagent cette richesse ou cet espace est grand, moins la part de chacun le sera. Sauf à concevoir bien entendu que cet espace soit extensible à
l’infini. Or, de ce point de vue et en attendant la conquête viable de notre environnement planétaire – ce qui ne ferait d'ailleurs qu'en repousser les limites tout en multipliant nos devoirs,
l’humanité est confrontée à ses limites naturelles et matérielles : la pyramide sociale dans laquelle elle est confinée et celles de la Terre sur laquelle elle vit – ou plus exactement aux
limites que son imprévoyance lui octroie et dans lesquelles il lui est possible d’y vivre. Cet espace vital est en effet inexorablement grignoté, chaque jour davantage, par une inconscience
aggravée par le nombre.


Plutôt que de revendiquer toujours plus de ce qui se raréfie à chaque instant, c'est la
révision de ses exigences en matière de Liberté qui s’impose à l’homme. Si par exemple la réduction des libertés des uns est due à une croissance démographique imputable à d'autres, comment faire
pour empêcher ces autres d'empiéter sur l’espace de liberté des premiers ? Que ce soit possible par la contrainte ou par la raison, il s'agit bien de limiter les libertés individuelles de
tous.


Le temps est révolu d'affirmer des droits dont l'abus ne peut conduire qu'à l'anarchie. Si la
Liberté peut être vue comme un espace ou comme une richesse, comme tout espace ou toute richesse un partage nécessite davantage de pragmatisme que de bonnes intentions. Ne pas s'en soucier, c’est
tout simplement méconnaître l’aboutissement incontournable de toute idée utile, appelée à être traduite tôt ou tard dans les faits.


Ne peut-il pas être vue dans une telle analyse une explication supplémentaire du fait que la
codification d’un système de valeurs, qu’il s’agisse banalement de politesse, de bienséance, de cordialité ou plus généralement de tout ce qui touche à la considération due à autrui, en même
temps qu&rsqu