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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 15:34
Par Jean-Michel Hureau

Je pressens que je ne vais pas faire plaisir à tout le monde, mais tant pis. J’ajoute, d’entrée, que si ce scénario se déroulait, il ne me remplirait pas de plaisir, même si d’autres croisent les doigts pour qu’il survienne.

Je lis, de ci, de là, que Marie-George Buffet est une excellente candidate unitaire qui va faire un carton au premier tour de la présidentielle, que donnée à 3% dans un sondage IFOP du 7 janvier ne veut rien dire puisque sa campagne ne fait que commencer, et puis qu’il ne faut pas croire les sondages, que la dynamique unitaire va se déclencher, etc. Ou alors, j’ai à faire à des aveugles ou à des sourds.

Comment Marie-George Buffet pourrait être une candidate d’union avec des mouvements qui ne veulent pas s’unir ? Comment pourrait-elle rassembler au-delà de son propre parti alors qu’elle ne fait pas l’unanimité à l’intérieur ? Soyons sérieux, elle est la candidate du PCF. Point. En décidant de présenter celle qui était sa secrétaire générale, il y a encore quelques jours, le PCF a joué un jeu dangereux qui pourrait le reléguer au rang de groupuscule sans représentation.

Cette candidature se situe dans la continuité de l’histoire du Parti puisqu’il y a toujours eu un candidat communiste aux présidentielles. L’audience du PCF n’a cessé de chuter depuis 1945 passant de plus de 28 % à un peu plus de 3 % en 2002. Il restera à plus de 20 % jusqu’en 1978. Des erreurs statégiques y sont pour quelque chose : l’échec du Programme commun en 1977, la collaboration avec Mitterand jusqu’en 1984 malgré le tournant libéral de 1983, la gauche plurielle avec Jospin.

Aujourd’hui, le PCF affirme refuser tout compromis de gouvernement avec le PS mais lui propose un désistement en faveur du candidat de gauche le mieux placé. D’abord, à la présidentielle, il ne fait aucun doute, sauf peut-être pour quelques doux rêveurs, que Ségolène arrivera devant Marie-George. Ensuite, viennent les législatives. Dans combien de circonscriptions le PCF espère-t-il devancer le PS ? Espère-t-il pouvoir encore constituer un groupe de 20 députés à l’assemblée. J’en doute.

Donc, de deux choses, l’une, ou il ne passe pas d’accord électoral avec le PS et il disparaît pratiquement de l’Assemblée nationale, ou il en passe un et se disqualifie auprès de sa base et de ses électeurs.

En bref, ou tu meurs, ou tu meurs...

Nous avons été nombreux à alerter le PCF sur l’erreur et le danger que constituerait une candidature en solitaire. Nous n’avons pas été entendu. Je le regrette car si demain, ce parti à la dimension historique dans la vie politique française devait être réduit à la portion congrue, ce qui d’ailleurs est déjà plus ou moins le cas, je n’en émettrait pas le moindre sourire. Mais ce ne sera pas faute d’avoir prévenu.

 

Revue Républicaine

 

Le PCF est en crise, c'est indéniable. Mais n'oublions pas qu'un PCF intégré à une candidature gauchiste de tendance anti-républicaine et anti-laïque aurait été bien pire pour son identité.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections 2007
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