Culture et mémoire républicaine

 

Recherche

A propos du site

14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 23:33

Par Jean-Yves Crevel

Le quotidien Le Matin a l’avantage d’être suisse, donc de n’être soumis ni aux pressions de l’Empire, ni à celle des riches et puissants amis de M. Sarkozy. Il nous révèle donc librement ce que tous taisent en France sous le titre "Mainmise sur la presse tricolore", soit que les Français n’ont droit qu’à un simulacre de débat démocratique où tout est faux, opposants d’opérettes, ralliements vaudevillesques, dissidents sous contrôles, où tout est mis en scène par l’ami des puissances financières et médiatiques, chef de la majorité, ministre de l’intérieur et candidat obligatoire autoproclamé.

Aussi incroyable que cela puisse être, il se peut que la farce fonctionne et que Nicolas Sarkozy devienne ainsi le prochain Président de la République. C’est d’ailleurs cette probabilité conjuguée à une démarche purement dictatoriale ("ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi") qui génère tant de soumissions. Car tous les politiciens professionnels doivent envisager comment ils passeraient les 5 ans à venir dans cette hypothèse.

Dans l’immédiat, les études d’opinion révèlent deux phénomènes majeurs :


1. La forte popularité du centriste François Bayrou

Alors que le centre a autant de charme qu’un attrape-tout et autant de consistance qu‘un trou noir, qu’il est plombé par l’héritage Giscardien, François Bayrou réussit à devenir un outsider crédible simplement en dénonçant la farce médiatique qui devient une insulte à la raison chaque jour plus insupportable aux Français. Il est évident que Bayrou n’a que deux atouts en main : le rejet du couple Ségo-Sarko et sa révolte contre les médias. Résultat : en cas de second tour Royal Bayrou, Royal serait battue.


2. La contre performance des candidats du Non

Alors que toutes les études d’opinion révèle que le rejet de la « construction » européenne ne fait que se renforcer, que les Français seraient encore plus nombreux aujourd’hui qu’en 2005 pour rejeter le TCE, le dernier sondage BVA démontre que pas moins de TRENTE POUR CENT des électeurs du Non auraient disparu à la prochaine présidentielle !



Candidats du Oui
Ségolène Royal 26
Dominique Voynet 1
Sous-total Oui de gauche 27
Corinne Lepage 0
Nicolas Sarkozy 34
Sous-total Oui de droite 34
François Bayrou 14
T O T A L O U I 75

Candidats du Non
Arlette Laguiller 3
Olivier Besancenot 3
Marie-George Buffet 2
José Bové 3
==================== ====
Sous-total Non de gauche 11
Nicolas Dupont-Aignan*
Philippe de Villiers 2
==================== ====
Sous-total Non de droite 2
Jean-Marie Le Pen 12
==================== ====
T O T A L N O N 25


Comment est-ce possible de faire disparaître prêt d’un électeur sur trois ?

Quasiment tous les candidat se revendiquant du Non n’envisagent autre chose que de relancer l’Europe « autrement », alors que les Français ont dit simplement Non, ce qui signifiait qu’à l’aventure, ils préféraient conserver la liberté de leur destin. (ce qu’ils savent, mieux que leurs élites, être tout à fait possible)

Ces résultats calamiteux sont-ils le résultat de la compromission des leaders du non avec les grands partis européistes, PS et UMP ou sont-ils la preuve le l’incompétence de ces leaders ?

Toujours est-il qu’ils se retrouvent dans la position du PDG qui a conduit une entreprise à la faillite, qui doit pour se défendre mettre en avant son incompétence et qui reste soupçonnable à tout moment de délit d’initié, s’il se sait un jour qu’il a revendu ses actions avant de rendre public son fiasco.


(* Absent des réponses proposées. Les sondages où la réponse a été testée ont donné 0%, 0,5% ou 1%)


Partager cet article

Repost 0
Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections 2007
commenter cet article

commentaires

Le canard républicain 17/02/2007 15:36

Article très intéressant, en particulier pour les additions....