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Mardi 6 février 2007

Le 6 février 1934, Édouard Daladier présente à la Chambre des députés son nouveau gouvernement.


Fracture politique

Le changement de gouvernement fait suite à la découverte, un mois plus tôt, du cadavre d'un escroc, Stavisky. L'opinion publique soupçonne - à tort - les ministres et les députés d'avoir trempé dans ses combines.

Sa méfiance est exacerbée par l'annonce de la mutation du préfet de police Chiappe, soupçonné de mansuétude à l'égard des «ligues». Ces mouvements politiques de masse se sont multipliés à droite comme à gauche, en marge des partis parlementaires, à la faveur de la crise économique.

En signe de protestation, les ligues appellent à manifester le jour même de l'investiture de Daladier, à Paris, place de la Concorde, en face de la Chambre des députés (le Palais-Bourbon).

Parmi les organisateurs de la manifestation figure l'association d'anciens combattants Les Croix de Feu du lieutenant-colonel de La Roque, qui se veut apolitique. Ses adhérents constituent le groupe le plus nombreux

Sont aussi présents la ligue monarchiste Action française, la ligue des Jeunesses patriotes fondée en 1924 par Pierre Taittinger, conseiller municipal de Paris ainsi que le groupe Solidarité française du parfumeur François Coty, émule de Mussolini...

En marge de ces groupes orientés à droite ou à l'extrême-droite, on relève la présence d'un mouvement communiste, l'Association républicaine des anciens combattants.

Au total 30.000 manifestants dont une bonne majorité d'anciens combattants. Tous se mobilisent sur le thème : «A bas les voleurs !» et réclament davantage de civisme, d'honnêteté,...


Tragique manifestation

A l'appel du lieutenant-colonel de La Roque, les Croix de Feu se dispersent rapidement. Bien que proches du Palais-Bourbon, siège de la Chambre des députés, ils se refusent à occuper celui-ci. Leur dispersion rend vaine toute possibilité de renverser le régime par la force.

De l'autre côté de la Seine, autour de la place de la Concorde, la manifestation dégénère.

Des milliers de militants en armes tentent de marcher sur le Palais-Bourbon. La Garde mobile tire. Les affrontements se prolongent pendant la nuit. Seize manifestants et un policier sont tués. On compte un millier de blessés.

La gauche parlementaire dénonce dans la manifestation du 6 février une tentative de coup d'État fasciste. Elle appelle au rassemblement des forces progressistes. Trois jours plus tard, une contre-manifestation à laquelle participent les socialistes et les communistes dégénère à son tour et fait 9 morts.

Le président du Conseil Édouard Daladier, qui a été porté au pouvoir par la majorité socialiste et radicale élue en 1932, doit céder la place à l'ancien président de la République Gaston Doumergue (71 ans). Dans le nouveau gouvernement entrent Édouard Herriot et les chefs de la droite battus deux ans plus tôt, dont André Tardieu.


Mobilisation à gauche

Les militants socialistes et communistes croient voir dans les émeutes du 6 février et le changement de gouvernement une tentative de coup d'État d'extrême-droite. Ces militants poussent leurs chefs à s'unir pour faire front à la droite et gagner les prochaines élections législatives. Leurs aspirations rejoignent le calcul de... Staline.

Le dictateur soviétique s'inquiète de l'accession au pouvoir de Hitler en Allemagne l'année précédente. Il craint une contagion des régimes anticommunistes en Europe. Pour la prévenir, il demande aux chefs des partis communistes réunis au sein de l'Internationale communiste, le Komintern, de faire alliance avec les autres partis de gauche, y compris les partis socio-démocrates ou socialistes abhorrés.

C'est ainsi que se constituent en France et en Espagne des alliances électorales appelées Fronts Populaires. Elles vont gagner les élections législatives de 1936.

À l'extrême-droite, les déceptions des royalistes de l'Action Françaises et des ligueurs suscitent le développement d'une association secrète anti-républicaine, connue sous le nom de Cagoule.


Herodote

par le Citoyen Thimèle publié dans : Histoire
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