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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 23:18
Jean Moulin, ce grand Héros de la Résistance, est né le 20 juin 1899 à Béziers. Son père, Antonin, s'engagea très tôt dans la vie politique de sa région ce qui influença énormement son fils. Il fut également membre des Francs Maçons, du Parti Radical Socialiste et de la Ligue des Droits de l'Homme. Il soutint Dreyfus, défendit la laïcité, la tolérance, la justice sociale et la démocratie. L'influence républicaine Antonin sur Jean fut très importante.

Jean Moulin obtient son bac en 1917 puis devint étudiant à Montpellier. Il est Passionné par l'Histoire des grands débats politiques mais il s'inscrit à la Fac de Droit. En même temps que ses études, il travaille au cabinet du préfet de l'Hérault grâce aux appuis de son père. C'est la période de la 1ère Guerre Mondiale. Il est mobilisé en avril 1918. L'armistice est signé sans qu'il ait combattu. Il reprend alors ses études en novembre 1919 et obtient une licence de droit en 1921.

Début 1922, il est nommé chef de cabinet du préfet de la Savoie. Il devient ensuite le plus jeune sous-préfet de France (1925, Alberville) et le plus jeune Préfet (1937, Rodez, Aveyron). C'est un préfet non conformiste car il pratique de nombreuses activités culturelles et sportives : baignades, promenades en bateau, automobile, bicyclette, tennis et ski.

Depuis son plus jeune âge, Jean Moulin aime dessiner et peindre. Comme il est haut fonctionnaire, il a le devoir de réserve et doit donc utiliser un pseudonyme : Romanin. Certaines de ses oeuvres sont publiées dans des journaux. Par la suite le dessin et la peinture resteront très présents : par exemple, il utilise une galerie d'art à Nice comme couverture ou encore lorsqu'on lui donne un crayon pour qu'il écrive sa confession Jean Moulin dessine une caricature de son tortionnaire. Jean Moulin aborde dans ses dessins les thèmes de la satire sociale politique et les paysages.

Dès 1932, le fonctionnaire Jean Moulin est appelé au cabinet de Pierre Cot aux secrétariat aux Affaires Étrangères. Il sera ensuite par 2 fois son chef de cabinet au Ministère de l'Air en 1933 et 1936 (Front populaire). Sa principale réalisation fut la nationalisation de compagnies aériennes, c'est-à-dire la création d'Air France.

En 1939, Jean Moulin est préfet d'Eure et Loire à Chartres. Au début du conflit, Jean Moulin qui est sergent de réserve veut aller au combat mais l'administration refuse, l'estimant plus utile à la préfecture. Le 10 mai 1940 c'est la percée du front de la Somme et de l'Aisne et de nombreux réfugiés arrivent à Chartres. Jean Moulin essaie d'organiser leur arrivée non sans difficultés (bombardement de Chartres en juin 1940). Il sera ce même mois arrêté par les Allemands parce qu'il refuse d'accuser une troupe de tirailleurs africains de l'Armée Française d'avoir commis des atrocités envers des civils à La Taye, un hameau près de Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes de bombardements Allemands.

Du 18 juin au 2 novembre 1940, Jean Moulin est préfet de Chartres sous la direction du Maréchal Pétain. Mais très vite il s'oppose aux choix de Pétain. Il est révoqué le 2 novembre 1940 et Jean Moulin fait le choix de la Résistance. Très rapidement après sa révocation Jean Moulin prend contact avec des mouvements de Résistance en zone libre où il vit : Il distribue des tracts et des journaux.

Il est vite persuadé qu'il faut unir la Résistance intérieure et la Résistance extérieure. Il rédige donc un rapport et décide d'être l'homme qui établira ces liens. C'est ainsi qu'il rejoint Londres en octobre 1941 sous le nom de Joseph Jean Mercier. Il y rencontre alors le général De Gaulle.


Jean Moulin est parachuté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 dans les Alpilles, à proximité d'Avignon. Il avait deux couvertures : la première était celle d'agriculteur à St Andiol, cela lui permettait d'obtenir des tickets de rationnement et la seconde était celle d'une galerie d'art à Nice. Il utilisa deux pseudonymes : " Rex " fut choisi à Londres et il prit celui de " Max " un an plus tard.

Jean Moulin est nommé délégué du Comité National par le Général de Gaulle lui-même.
Dans une première période il prend contact avec les chefs des mouvements de Résistance. Au cours d'une 2ème période (vers la mi-1942), il regroupe les effectifs paramilitaires des mouvements dans l'A.S. (Armée Secrète) et le Général Delestraint en devient le chef. Il organise ensuite d'autres services comme celui des transmissions en octobre 1942 le WT, puis le SOAM (Services des Opérations Aériennes et Maritimes), le BIP pour la propagande, le CGE (Comité Général des Etudes : c'est un comité d'experts). Pour coordonner tous ces services, Jean Moulin se dote d'un secrétariat général qu'il confie à Daniel Cordier.


Dès octobre 1942, Jean Moulin tente de coordonner les mouvements de Résistance. Bien que l'union est acceptée, les débuts sont difficiles car il est contesté. Il est accusé d'autoritarisme. Cependant De Gaulle tranche en faveur de Moulin. Le Comité de Coordination est créé, mais l'unification n'est pas terminée pour autant. Jean Moulin le modifie alors. En janvier 1943, le Comité Directeur des Mouvements Unis de la Résistance (M.U.R.) est créé. En février 1943, Moulin retourne à Londres, d'où il repart le 21 mars 1943 avec pour mission de créer le CNR (Comité National de la Résistance) dont il est le représentant pour l'ensemble du territoire. Sa création est difficile pour des raisons surtout politiques. La première réunion du CNR a lieu à PARIS le 27 mai 1943.

Cependant les querelles demeurent au sein de la Résistance, l'opposition entre les chefs des mouvements est forte. Certains essaient de s'émanciper de la tutelle du général De Gaulle et d'obtenir la révocation de Jean Moulin. Cette demande de révocation ayant été refusée par le Général De Gaulle, la trahison et l'arrestation sont-elles les moyens d'éliminer Jean Moulin ?

L'arrestation eut lieu le 21 juin 1943 (il a alors 44 ans et 1 jour) à Caluire, banlieue de Lyon au cours d'une réunion avec les principaux responsables militaires de la Résistance. Cette réunion avait été provoquée pour discuter du remplacement du général Delestraint chef de l'A.S. qui venait d'être arrêté à Paris.
A cette réunion se présente Hardy qui est suivi par la Gestapo. Le savait-il : "imprudence" ou trahison ? La Gestapo envahit la maison et les arrêtent tous. Hardy, lui, parvint à s'échapper, les allemands ouvrent le feu et le blesse légèrement.
Jean Moulin est arrêté sous l'identité de Martel. Cependant la Gestapo est à la recherche d'un dénommé " Max ", aussi ignore-t-elle laquelle des personnes arrêtées est Jean Moulin.
Quelques jours plus tard la Résistance met au point des plans pour faire s'évader Jean Moulin car il sait tout de son organisation. Cependant aucune tentative n'est lancée.

Il est interné au Fort Montluc à Lyon. Tous les jours, il est transféré à l'école de santé pour y être torturé par Klaus Barbie. Mais Jean Moulin ne parla jamais. Il fut ensuite transféré à Neuilly dans une villa puis envoyé à Berlin par chemin de fer. Il serait mort en gare de Metz d'une défaillance cardiaque (le 8 juillet 1943).

Jean Moulin disparaît mais l'édifice qu'il a construit ne disparaît pas car il garda le silence. Sans ce silence le débarquement de Normandie aurait été retardé d'un an.

De nombreux hommages furent rendus à ce grand résistant et notamment durant le transfert de ses cendres au Panthéon avec le fameux discours d'André Malraux. Plusieurs écoles, collèges, lycées, et une université (Lyon III) portent aujourd'hui le nom de Jean Moulin. 

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Published by le Citoyen Thimèle - dans CULTURE & MEMOIRE REPUBLICAINE
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commentaires

Tristan 30/04/2015 10:33

Merci bcp pour ces renseignements :)