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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 12:29
Guy Môquet, héros de la Résistance communiste dont la lettre d'adieu sera lue au début de chaque année scolaire dans tous les lycées de France ainsi que l'a décidé Nicolas Sarkozy, avait été fusillé par l'occupant allemand le 22 octobre 1941 à l'âge de 17 ans.
Sa lettre a été lue mercredi, jour de la prise de fonctions du nouveau président, devant le Monument de la Cascade du Bois de Boulogne en hommage à d'autres jeunes résistants fusillés en 1944.

Fils d'un cheminot député communiste, Guy Môquet, lui-même ardent militant des jeunesses communistes, est arrêté le 13 octobre 1940 gare de l'Est lors d'une distribution de tracts clandestine.
Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, l'élève du Lycée Carnot est ensuite transféré, malgré son acquittement, au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où il est détenu avec d'autres militants communistes.
Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire inférieure, est exécuté à Nantes par trois jeunes communistes.
Le ministre de l'Intérieur du gouvernement Pétain, Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes "pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français": 18 emprisonnés à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris.
Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant. En trois groupes, les 27 otages s'y appuient, refusent qu'on leur bande les yeux et donnent leur vie en s'écriant "vive la France". Guy Môquet est le plus jeune. Il est abattu à 16H00.
L'adolescent avait un jeune frère, Serge, 12 ans. Traumatisé par la mort de son aîné, il ne lui survit que quelques jours.
Dans sa lettre d'adieux, Guy Môquet écrit aux siens, d'une écriture régulière: "17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
"Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon coeur d'enfant", conclut-il.
Depuis 1946, une rue et une station du métro parisien portent son nom tout comme un lycée de Châteaubriant et de nombreux autres lieux en France.
Il est l'un des dédicataires du poème d'Aragon "La rose et le réséda": "Celui qui croyait au Ciel, Celui qui n'y croyait pas".

(Source : Le Nouvel Observateur)

Lettre d'adieu de Guy Môquet

"Ma petite maman chérie,
 
mon tout petit frère adoré,
 
mon petit papa aimé,
 
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
 
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
 
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
 
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
 
Votre Guy qui vous aime.
 
Guy
 
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

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Published by le Citoyen Thimèle - dans CULTURE & MEMOIRE REPUBLICAINE
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commentaires

philippe 01/11/2012 22:14


Il faudrait tout de meme specifier que ce malheureux moquet fut arrete suite aux ordres du gouvernements français (gouvernement daladier parti radical donc de gauche) d'interdire les activitees
communistes qui etaient belle et bien encore pro allemandes au moment de l arrestation de guy moquet  (octobre 1940).


Il n'y avait là aucuns actes de resistance mais de collaboration averee!!


Dans ce cas il faudrait lire les ecrits de brasillach, des jeunes miliciens fusilles au grand bornand...

arnodu 30/05/2007 11:46

En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60

E.M. 19/05/2007 23:21

Sarkozy joue sur la corde sensible et il essaie aussi d'inculquer au peuple qu'il va falloir soufrir pour la France ! C'est lamentable !

le Citoyen ThimÚle 21/05/2007 15:47

Le peuple souffre déjà ! ;-)

marc d Héré 19/05/2007 12:31

Cette lettre est très belle et émouvante, elle peut "parler" à des jeunes....Sarkozy a eu raison de vouloir la faire lire à tous les élèves....Et cette décision ne me paraît en rien contraire aux valeurs et aux objectifs qui sont ceux de Sarkozy.

le Citoyen ThimÚle 21/05/2007 15:47

J'ai tout de même là-dessus... Mais bon il est Président, et est donc censé incarner la France... Alors il a parfaitement le droit !

J.-P. Chauvin 18/05/2007 00:48

Vous évoquez le poème d'Aragon dédié à 4 résistants dont Môquet, communiste, et Honoré d'Estienne d'Orves, catholique et royaliste. Je recherche les noms des 2 autres dont je ne me souviens plus: les connaissez-vous? Merci d'avance de votre réponse.

le Citoyen ThimÚle 18/05/2007 01:01

Il s'agit de Gabriel Peri (communiste) et de Gilbert Dru (militant chrétien). De rien ! -)