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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 19:42

Par Johanna Nezri et David Gravier

 

Le rapport PlayFair dirigé par un groupe d’humanitaires et de syndicalistes vient révéler les mauvaises conditions de travail qui règnent dans les entreprises chinoises fournisseurs de produits dérivés pour les Jeux Olympiques. Explications.


Boycotter les Jeux Olympiques de Beijing 2008 ? L’idée est proprement « absurde » selon les termes du président de la République française. Pourtant, certains arguments aidant, on finirait par se demander si envoyer des athlètes dans un pays qui recense 4000 camps de travail, qui détruit ses quartiers populaires (les hutongs) en vue des JO 2008 et qui soutient diplomatiquement le régime soudanais tortionnaire du Darfour, n’est pas assimilable à de la complicité passive.

Dernière révélation en date, la publication d’un rapport qui dénonce l’exploitation des enfants et des ouvriers travaillant dans des entreprises fabricant des produits dérivés pour les JO pékinois. PlayFair, collectif d’ONG, de confédérations syndicales et d’associations de défense des droits de l’homme a infiltré, l’hiver dernier, quatre entreprises dans le sud de la Chine produisant sacs à dos, casquette et tee-shirt floqués du logo rouge et blanc de « Beijing 2008 ».  Le résultat est sans appel : douze heures de travail par jour, des enfants âgés de douze ans dans les usines, des conditions de travail insalubres et des salaires mensuels en dessous du seuil minimum appliqué Chine du sud (700 yuans soit 67 euros). Ces quatre entreprises, Lekit Stationery Co, Mainland Headwear Holdings Ltd, Eagle Leather Products et Yue Wing Cheong Light Products nient les résultats du rapport. Quant à Jiang Xiaoyu,  vice-président du comité d’organisation des JO de Pékin (BOCOG), il affirme qu’une enquête aura lieu pour faire la lumière sur ces allégations. Il annonce, dans le même temps, que « si  le rapport disait vrai, les entreprises soupçonnées perdraient leur partenariat avec les Jeux Olympiques 2008 ».

Mis en cause par le rapport Playfair, le Comité International Olympique se défend d’avoir une emprise directe sur la production des produits dérivés. C’est justement ce que réclame le collectif : « les pays hôtes devront à l’avenir ratifier, mettre en place et respecter les conventions de l’organisation international du travail (ILO) qui lutte, entre autres, contre le travail des enfants ». Playfair a formulé dans son rapport de nombreuses requêtes à l’égard des hommes politiques, du CIO, des comités nationaux olympiques et des comités d’organisation des JO. Le texte baptisé « Pas de médaille pour les Jeux olympiques en droit du travail » interpelle notamment les grands équipementiers sportifs afin qu’ils contrôlent mieux le respect du droit des travailleurs chez leurs fournisseurs. Les Jeux Olympiques 2008 devraient rapporter 225 millions d’euros à Pékin uniquement grâce à la vente des mascottes. A ce prix là, la Chine pourrait se payer le luxe de respecter l’« éthique » du Baron Pierre de Coubertin.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans International
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dibo 30/07/2008 23:24

Bonjour, J'ai crée une communauté dédiée au JO de Pékin. Notre objectif est de
faire circuler les informations et d'engager le débat autour de cet
événement. N'hésitez pas à nous rejoindre. http://www.over-blog.com/com-1055858682/Jeux_Olympiques_de_Pekin.html