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27 juin 2007 3 27 /06 /juin /2007 00:59

Evénement historique. La crise aux Echos et La Tribune a provoqué une réunion extraordinaire du Forum permanent de la Société des journalistes. Les journalistes de 27 médias demandent à rencontrer au plus vite Nicolas Sarkozy et l'interpellent sur l'indépendance des médias.



Une « annus horribilis », c'est ce que dénonce François Malye, journaliste au Point et membre du Forum permanent des Sociétés de journalistes. La crise provoquée par la tentative de rachat des Echos par Bernard Arnault, déjà propriétaire de La Tribune, a mis le feu aux poudres. Pour la première fois, les journalistes de vingt-sept titres de presse écrite et de stations de radios tirent la sonnette d'alarme et se proposent d'agir ensemble. Lors d'une conférence au Press club, ils ont interpellé directement le président de la République sur les atteintes à l'indépendance de l'information.

« Ca a été un année terrible pour les journalistes », a expliqué François Malye, citant à l'appui le licenciement d'Alain Genestar de Paris-Match pour crime de lèse-Cécilia Sarkozy, l'article censuré au Journal du dimanche mentionnant le fait que la même Cécilia n'ait pas voté au second tour, ou encore la tentative de perquisition au Canard enchaîné. Contre cette « accumulation insupportable », les journalistes demandent à rencontrer « le plus rapidement possible » le président de la République pour inscrire dans les textes de loi des propositions destinées à garantir l'indépendance des médias. Au menu : la reconnaissance juridique des sociétés de journalistes, contre-pouvoirs internes des rédactions souvent consultatifs, et le droit de veto sur la nomination d'un directeur de la rédaction. « Si Nicolas Sarkozy ne répond pas, ce silence sera déjà une réponse », explique une journaliste des Echos.

La proposition de rachat des deux plus grands titres de presse économique par Bernard Arnault, et les menaces que cela fait peser sur l'information dans ce domaine, a joué le rôle de déclencheur. Très remontés, alors qu'on assiste, parallèlement, à la suppression d'émissions de critique des médias comme « Arrêt sur images », les journalistes mettent en avant leur détermination. « Cela peut paraître normal de nous voir réunis à la même table. Mais ça ne l'est pas. C'est exceptionnel puisque nous sommes tous concurrents », explique François Maily. Or pour la première fois, ces concurrents qui travaillent dans 27 organes de presse différents sont prêts à s'entendre sur un point. L'indépendance des médias doit être garantie. Le Forum des Sociétés de journalistes a fait parvenir un courrier au président. La balle est dans son camp.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Liberté de la presse
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