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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 17:59
Après dix ans passé à la tête de la Grande-Bretagne, Tony Blair a cédé sa place mercredi à son dauphin Gordon Brown. Ce dernier a aussitôt annoncé que la Grande-Bretagne, avec les mêmes députés et quasiment les mêmes ministres, allait entrer dans une ère de changement, tout en saluant le magnifique travail de son prédécesseur (le même numéro que l'on peut vivre en Sarkozie, en fait...).

Mais intéressons nous au bilan de Tony Blair. D'après tous nos idolâtres blairistes en France, qui pullulent dans la classe médiatique, économique et politique, Tony Blair a derrière lui un bilan satisfaisant, que nous, en France, devrions prendre en exemple.

Mais qu'a-t-il fait de si grand ? Il aurait, d'après la bien-pensance libérale (sarkozyenne comme strauss-kahnienne), réussi à "moderniser" son pays, redressé son économie, avoir rendu ses entreprises compétitives sur le plan international et, le pied, lui avoir rendu le plein emploi (ce qui est en réalité totalement faux, le chômage y étant au même niveau qu'en France).

Mais qu'est-ce donc que la "modernisation" d'un pays pour la bien-pensance libérale ? La fin des droits sociaux, des droits du travail, de la sécurité sociale. La fin des services publics. Tout cela pour atteindre la société parfaite, celle de la soi-disante "liberté", celle de la jungle, celle de la loi du plus fort, celle de la liberté d'aliéner (pour les plus forts) ou de se faire aliéner (pour les plus faibles)

Alors oui, Tony Blair a été un parfait négociateur de la poursuite de la "modernisation" de son pays, engagé il y a un peu moins de trente ans par Margaret Thatcher.

C'est là que ce qu'on appelle le "blairisme" a été fondamental. Par blairisme, on entend généralement parler de la recherche d'une troisième voie entre libéralisme et socialisme. On pourrait aussi à cet effet de "social-démocratie", ou plus exactement de "social-libéralisme".

En réalité, le blairisme est une capitulation inavouée du travaillisme anglais vis-à-vis du libéralisme. Là où les conservateurs de l'ère Thatcher menaient leur politique destructrice sans chercher nullement à la cacher, la "touch" blairiste a basé son action sur une tromperie idéologique sans pareil. En se faisant passer aux yeux de la population pour un travaillisme plus "moderne", plus "responsable", en phase avec les réalités du monde, le blairisme a été le cheval de Troie le plus efficace sur lequel le système libéral-mondialiste a pu compter. En agrémentant son libéralisme d'un compassionnalisme des plus hypocrites, d'une insistance porté aux questions "sociétales", catégorielles, religieuses et ethniques, le blairisme a su s'attacher la confiance des couches populaires (qui n'a guère d'autres choix), bien que sa dérive atlantiste a failli lui coûter extrêmement cher.

Si Tony Blair a quitté la scène politique anglaise, le blairisme n'en est pour autant mort. Il est même arrivé à grandes enjambées chez nous, en France. Pendant la campagne présidentielle, les trois principaux candidats l'ont, à des degrés différents, cité comme exemple. Au sein du Parti Socialiste, le blairisme fait de plus en plus d'adeptes. De Strauss-Kahn à Royal, en passant par Moscovici et Bockel (qui a bien logiquement rejoint le camp sarkozyste), la politique blairiste devient une source d'inspiration. Pour eux, le salut du socialisme français passerait par le renoncement à ses valeurs, au nom de la "modernité", au nom de l'"adaptation" aux réalités du monde.

Ces gens-là n'ont pourtant rien à faire dans un parti socialiste digne de ce nom. Qu'ils cessent leur hypocrisie et rejoignent tous leurs copains libéro-maastrichto-mondialistes ! Là sera leur place pour former le front uni du renoncement ! Mais les socialistes, les vrais, doivent en revenir à leurs fondamentaux, ceux qui leur ont légués entre autres par Jean Jaurès ou Lucien Herr, et qui sont aussi ceux de la République, le seul véritable idéal des socialistes.

Le blairisme, cheval du Troie du mondialisme libéro-capitaliste, c'est la primauté des intérêts particuliers, c'est la loi du marché, c'est le renoncement de l'Etat à réguler, c'est la charité, c'est le différentialisme ethnique et religieux et c'est le néo-colonialisme au niveau international.

La République, quant à elle, c'est la primauté de l'intérêt général, c'est la supériorité du politique sur l'économique, c'est le volontarisme d'un Etat seule à même de garantir la liberté, l'égalité et la justice sociale, c'est la laïcité vecteur du vivre ensemble et c'est, au niveau international, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Alors, plus que jamais, choisis ton camp camarade !

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Editoriaux
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commentaires

Seb 28/06/2007 22:47

Salut,
Je vis en GB depuis maintenant dix ans, moment ou est arrive T. Blair. Cet edito va dans le mille. Je ne changerai pas une ligne. J'ajouterai que le Blairisme est avant tout une ideologie marketing, un brassage de vent extraordinaire, comme l'est sans doute le Sarkozysme.
Enfin, le Blairisme c'est aussi une sorte de mitterandisme en cela que c'est la perte de la morale de gauche en politique, les affaires, les mensonges, les politiques incompetents responsables de rien. Bref c'est la preuve que les hommes de "gauche" peuvent aussi se comporter en parvenus et meprisent tout autant le peuple que la droite.
Le Blairisme est une trahison.

le Citoyen ThimÚle 29/06/2007 15:21

Salut !Oui vous avez tout à fait raison ! J'aurais pu parfaitement rajouter ce que vous venez de dire ! ;-)