Culture et mémoire républicaine

 

Recherche

A propos du site

4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 23:24

Dans son dernier numéro, "Marianne" a concocté un dossier décrivant Sarkozy en digne héritier du bonapartisme et son début de présidence dans la lignée du règne de Napoléon III. Si la conception sarkozyste du pouvoir (la dite "omniprésidence" ou "hyperprésidence") peut s'apparenter ici et là à du bonapartisme, elle se traduit dans les faits à du pétainisme pure et simple.

Sarkozy a beau se vouloir être le digne héritier des Bonapartes et de De Gaulle. Il a beau crier à la terre entière qu'il est le sauveur de la France, son guide suprême, son nouvel homme fort. Il a beau crier que les français sont redevenus, grâce à lui, maître de leur destinée. Tout cela ne reste que de l'ordre de l'esthétique verbale, nous pourrions même dire de la tromperie.

En réalité en effet, Sarkozy brasse du vent. Il oublie de dire que derrière ses discours volontaristes, il n'a aucune marge de manoeuvre. Il oublie de dire que derrière ses airs de Napoléon, il a presque autant de pouvoir qu'un gouverneur d'un Etat des Etats-Unis d'Amérique. Sarkozy est non un Empereur, non un Président d'une République, il n'est tout au plus qu'un simple gouverneur d'un Etat sous tutelle européenne, et à la solde des firmes multinationales.

Et on ne peut pas dire que cela l'embête, à voir l'énergie qu'il a pu déployer pour remettre en selle la fameuse Constitution européenne (sous les traits d'un "mini-traité") qui pérennise l'état de vassalité de notre pays (et qui, soit dit en passant, ne remet absolument pas en cause l'indépendance de la Banque Centrale Européenne (BCE), contrairement à la promesse qu'il avait faite pendant la campagne de revenir là-dessus !)

Ainsi, quand, un peu avant les législatives, Sarkozy a annoncé la fameuse déduction fiscale sur les crédits immobiliers, la BCE de Trichet eut aussitôt l'idée de relever ses taux d'intérêts, ce qui avait pour formidable conséquence d'annuler en très grande partie l'avantage de cette mesure ! Les médias aux ordres n'en ont évidemment pas parler, cela aurait évidemment fait tâche !

Sarkozy promet donc le redressement de la France. Malheureusement il pérennise son asujetissement à l'Empire européen. Malheureusement il veut en finir avec son modèle républicain qui fait sa force. L'homme providentiel qu'il prétend être ressemble ainsi bien plus à Pétain qu'à De Gaulle ou Bonaparte !

Sa politique pendant cinq ans sera inéluctablement celle du renoncement et de la capitulation, masqué derrière des gesticulations donquichottiennes chargés de maintenir les français dans l'illusion.

Pauvre France, pauvre République !

Partager cet article

Repost 0
Published by le Citoyen Thimèle - dans Editoriaux
commenter cet article

commentaires

Micka du 49 12/07/2007 12:23

Oui on pourrait le définir comme un Bonaparte de Pacotille? Pourquoi car Napoléan bougeait beaucoup Sarkozy aussi. L\\\'un était puissant l\\\'autre est un peu énervant.