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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 00:19

Par Elise Vincent


Jusqu’à ce qu’elle ouvre son courrier, samedi 11 août, Sylvia Bourdon, vedette de films pornographiques des années 1970, n’avait jamais reçu ce genre de proposition. Une consultation psychiatrique à l’hôpital Maison-Blanche de Paris, lundi 20 août, 14 heures. Motif : « Divers courriers adressés au ministère de l’intérieur via Internet ».

Depuis trois ans, Mme Bourdon, aujourd’hui âgée de 58 ans et chef d’une entreprise de dépollution, loue un deux-pièces dans le 18e arrondissement de Paris, face à l’église Saint-Bernard. Un quartier populaire, dans lequel elle a emménagé en 2004, parce qu’elle avait « envie d’exotisme ».

Mais, depuis son installation, celle qui fut aussi, dans les années 1990, l’égérie d’un concours graphique pour l’euro, déchante. Trop de « vandalisme », estime-t-elle. Trop de « sectarisme », de femmes voilées, trop de jeunes « encapuchonnés » qui « tiennent le mur du presbytère ».

« INTIMIDATIONS »

Rapidement, elle se lance dans l’animation de plusieurs blogs virulents sur son quartier. L’un d’entre eux fait aujourd’hui l’objet d’une action en diffamation. Pour les illustrer, Mme Bourdon photographie aussi de sa fenêtre tout ce qu’elle considère comme des troubles à l’ordre public.

Jusqu’au 19 juin, où plusieurs jeunes la prennent à partie et caillassent son appartement. Paniquée, elle envoie entre ce jour et le 2 juillet, cinq mails à différents responsables du ministère de l’intérieur. Parmi eux, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, le commissaire central du 18e arrondissement, Jean-Paul Pecquet, et Ludivine Olive, chef de cabinet de la ministre de l’intérieur Michèle Alliot-Marie. Elle leur demande d’« assurer sa sécurité ».

La méthode n’est pas conventionnelle, mais Mme Bourdon a déjà reçu chez elle des fonctionnaires de police de son quartier pour des apéritifs, et montre volontiers ses photos en compagnie du commissaire Pecquet, dont elle a le numéro de portable. Elle juge donc, dans un premier temps, plus opportun de les alerter ainsi. Ses courriers restant sans réponse, le 19 juillet, elle se décide finalement à porter plainte en bonne et due forme.

Aussi, l’arrivée, contre toute attente, le 11 août, de la proposition de consultation psychiatrique la scandalise : « C’est une insulte à mon intelligence ! » Elle a décidé d’alerter son avocat et « vieille amitié », le futur bâtonnier de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel. Le 14 août, celui-ci a rédigé deux courriers. L’un, à l’adresse de Mme Alliot-Marie, demandant d’identifier les auteurs de ce qu’il considère comme des « intimidations », l’autre au procureur de la République.

La proposition de consultation psychiatrique reste une procédure « classique » pour les « agitateurs », explique cependant le docteur Yves Pignier, auteur du courrier de l’hôpital Maison-Blanche.

Il agit sur ordre du bureau des actions pour la santé mentale de l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris. « La majorité ne vient pas au rendez-vous. Généralement, ça les calme. » Mme Bourdon ne s’y rendra pas non plus.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Libertés - Sécurité & Justice
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