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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 19:10

Par François Cocq


Fin de l'histoire-géographie obligatoire en Terminale S soit pour plus de la moitié des lycéens des filières générales. Vagues questions d'actualité pour ceux des terminales S et ES. Epreuve anticipée pour tous en fin de première après des programmes menés au pas de charge afin de ne pas laisser la place à la discussion et au débat durant les cours. Pas de doute, la réforme du lycée version Luc Chatel a soigneusement pris soin d'écarter de ses priorités la formation de futurs citoyens.

Pire, force est de constater qu'il s'agit bien d'une volonté délibérée d'éloigner les élèves de la compréhension du monde : analyser le présent et mieux appréhender le futur par la connaissance de notre passé ou encore comprendre les grands équilibres qui sont ceux de notre époque contemporaine. Sans doute le monde tel qui va, l'ordre globalitaire qui résulte du capitalisme financiarisé est-il à ce point indéfendable qu'il vaut mieux le cacher aux yeux des élèves, futurs salariés, futurs électeurs, futurs citoyens.

« Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » disait Rabelais. Ce sont pourtant les futurs savants de la nation que l'on veut dépourvoir d'esprit critique pour en faire des outils plus aisément manipulables par le capital et ses tenants politiques. C'est là un retour en arrière de plusieurs siècles d'autant plus dangereux qu'il s'accompagne d'une conception patrimoniale de l'éducation artistique, qui tourne le dos à toute culture par-dessus les frontières et les nations (« Notre lycée doit donner enfin à la culture la place centrale qui lui revient. La culture française est l'identité de notre pays. Nous devons faire partager ce trésor aux lycéens. (...) Le devoir de l'école est de transmettre à chacun notre patrimoine commun, qui est fondamentalement culturel. (...) Il est urgent de développer leur regard critique et d'ancrer leur rapport à l'image dans une culture patrimoniale » Sarkozy le 14 octobre 2009).

A l'inverse, le Parti de Gauche met au cœur de son projet l'émancipation pour le progrès humain. C'est pourquoi le Parti de Gauche souhaite assigner à l'Ecole notamment la mission que Condorcet résumait en son temps par la formule : construire « des citoyens qui ne s'en laissent pas conter mais qui entendent qu'on leur rende des comptes ». Repousser la réforme du lycée, ensemble cohérent qui nie cet objectif, promeut l'autonomie des établissements et s'attaque au caractère national du baccalauréat, est donc désormais une priorité.

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Education
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commentaires

Torsade de Pointes 09/12/2009 21:40


Je ne vois pas ce qu’il y a de répréhensible dans cette phrase de Sarkozy: «La culture française est l'identité de notre pays. Nous devons faire partager ce trésor aux lycéens.» Certaines personnes feignent de s’offusquer, ou peut-être s’offusquent-elles
réellement, chaque fois qu’il est question de culture française ou d’identité nationale, et jouent les vierges effarouchées dès que le mot nation est ne serait-ce que chuchoté. Voilà que
ce scribouillard du Parti de Gauche, parti avec lequel j’avais beaucoup de sympathie au départ, et avec lequel je continue de partager ses conceptions économiques et sociales, ce scribouillard,
dis-je, a cru qu’il augmenterait son prestige intellectuel en reprochant aux Français de privilégier leur culture nationale, et de vouloir qu’elle soit enseignée en premier dans les écoles
françaises. Ce serait, selon ce petit cocq, «tourner le dos à toute culture par-dessus les frontières» ― assertion stupide, car rien n’empêche d’aller voir aussi, mais dans un deuxième temps, ce
qui se passe de l’autre côté des frontières. Du reste, on peut remarquer que les incursions dans la culture d’autres pays ne sont intéressantes que dans la mesure où ces pays ont su eux aussi
préserver et cultiver leur propre civilisation et identité; le plaisir d’entrer en contact avec une culture autre réside justement dans le sentiment d’étrangeté qu’on éprouve en face de quelque
chose de vraiment différent, et corollairement, j’imagine que pour un étranger la France est d’autant plus délectable qu’elle est plus typiquement française et plus différente de sa propre culture.
Vouloir que sa culture nationale soit florissante n’implique pas que l’on dénigre ou méprise la cultures des autres nations, je suis même enclin à dire: au contraire. Ce papelard s’inscrit dans le
droit fil des attaques contre la nation (traduisez : contre la Nation française) dont sont malheureusement coutumiers les scribouillards et militants de la gauche de la gauche, et qui se
résument par l’équation simpliste nation=droite, =guerre, =exclusion. Cet internationalisme de quat’sous, qui n’est que le paravent d’un profond mépris pour le peuple, est une des raisons pour
lesquelles cette gauche de la gauche n’arrivera jamais aux affaires en France. Ce que, croyez-moi, je déplore.


le Citoyen Thimèle 10/12/2009 02:29


Je souscris pleinement à ce que vous dites. Il faut bien reconnaître que le politiquement correct libertaire est encore très fort dans les partis de gauche. Et, à voir toutes les bêtises proférées
depuis le lancement du débat sur l'identité nationale, ça ne s'arrange pas. On a beau chasser le surmoi antinational, il revient au galop. Et pourtant, l'auteur de cet article défend le "caractère
national" du bac à la fin. Et pourtant, la gauche de la gauche parle allègrement de "nationalisations", d'"internationalisme" (qui n'est pas la négation des nations, mais bien le contraire) et
défend volontiers les cultures et identités nationales... quand il s'agit d'un pays du tiers-monde... Etrange gauche.


masters dissertation 08/12/2009 15:20


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