Nous pénétrons aujourd'hui en pleine "modernité socialo-carpentrasienne". L'adjointe du maire Francis Adolphe, Mme Laurence BOSSERAI, Adjointe déléguée à l'enseignement et à la petite enfance
exerçant la profession de professeur agrégée (!) a décidé de dénommer la crèche Emile Zola pour cause de "misérabilisme lié à l'auteur qui démoraliserait les enfants" (!) et de renommer
cette crèche "berlingot".
L’adjointe à la petite enfance explique , sans rire « c’est une question de perception mais Zola évoquait le déterminisme social ».
Ce fait participe pleinement du débat sur l'identité de la France.
Un petit rappel:
Émile Zola naît Italien à Paris de Francesco Zola et d’Émilie Aubert. Son père, ingénieur de travaux publics, ancien officier subalterne italien, meurt en 1847 après avoir été responsable de la
construction du canal Zola à Aix-en-Provence, lieu pas très éloigné de Carpentras.
Dès sa jeunesse, Émile Zola accumule les lectures et considère l'écriture comme sa véritable vocation. En sixième, il rédige déjà un roman sur les croisades.
Adulte, c'est au travers de ses interventions dans la presse politique que l'engagement de Zola est le plus marquant. Zola entre au nouvel hebdomadaire républicain La Tribune, où il pratique
ses talents de polémiste par l'écriture de fines satires anti-impériales (Napoléon III règne depuis 1852).
Courageux, Zola s'attaque avec dureté aux ténors de l'Assemblée. Il vilipende une Chambre peureuse, réactionnaire, « admirablement manipulée par Thiers» (le fusilleur de la commune). Il tombe deux
fois sous le coup de la loi, et est mis en état d'arrestation en mars 1871.
Il défend aussi activement les communards graciés par la loi d'amnistie, en évoquant les parias de la Révolution de 1848 dans Le Ventre de Paris et en soutenant notamment Jules Vallès afin qu'il
puisse publier ses propres textes. Ce seront les derniers articles politiques de Zola, puisqu'il a entrepris le cycle des Rougon-Macquart qui va l'occuper pendant vingt-deux années.
Le romancier intervient dans l'affaire Dreyfus à la fin de l'année 1897. Les campagnes de haine antisémite incitent Émile Zola à s'engager en faveur des juifs. Son premier article est publié dès le
lendemain dans Le Figaro. Il est suivi de Le Syndicat le 1er décembre et de Procès-verbal le 5 décembre. Il le conclut par la phrase prophétique, restée célèbre : « La vérité est en marche et rien
ne l'arrêtera ». Le véritable traître en lieu et place d'Alfred Dreyfus, le commandant Esterhazy, est dénoncé puis jugé par un Conseil de guerre à Paris le 10 janvier 1898. Il est acquitté le
lendemain. Après la condamnation d'un innocent, c'est l'acquittement du coupable, ce qui amène Zola à la réaction.
Émile Zola avait préparé depuis plusieurs semaines un résumé de l’affaire Dreyfus. Le Figaro ayant refusé ses derniers articles afin de conserver son lectorat le plus conservateur, l’écrivain se
tourne vers L’Aurore. Il termine la rédaction de l’article dans les quarante-huit heures suivant le verdict. Initialement nommé « Lettre à M. Félix Faure, Président de la République », Ernest
Vaughan (le directeur de L'Aurore) et Clemenceau lui trouvent un autre titre, plus ramassé et percutant : « J'Accuse...! » Cet article est la première synthèse de l’affaire Dreyfus, que le
public découvre enfin dans sa globalité. Le retentissement de l’article est considérable en France comme dans le monde. La réaction du gouvernement ne se fait pas attendre, en assignant Émile
Zola pour diffamation.
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Et voici qu'une adjointe PS par ailleurs enseignante (professeure agrégée; diantre!) trouve une identité culturelle dans... le berlingot. La France depuis la Révolution française repose sur
le socle de sa construction politique sur laquelle l'auteur de Germinal à sa part de construction, identitaire comme de nombreux métèques (dont l'auteur de ces lignes).
Peut-être sera-t-il loisible à Mme BOSSERAI lors de congés mérités et payés par les conquêtes ouvrières dont elle doit par ailleurs se réclamer lors des coktails branchés, de lire la geste des
Rougon-Macquart. Occasionnellement et sans misérabilisme, pourra-t-elle également se pencher sur le misérabilisme hugolien, accessoirement celui de Voltaire et bien entendu sur le programme du
Conseil national de la résistance.
Si Zola évoque le déterminisme social, comme l'évoque la lignée des Lumières, le crétinisme déterminant se rapporte à ceux qui, année après année s'éloignent de la République au profit du...
berlingot.
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