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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 00:52

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Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Ile-de-France, est à nouveau la tête de liste PS pour les prochaines élections. Au-delà de son bilan pour la région qui semble loin de satisfaire les franciliens, connait-on vraiment la vision politique de cet homme classé à "gauche" ?

 

Rien de tel, pour nous aider à y voir plus clair, que de lire "De battre ma gauche s’est arrêtée", son dernier livre, paru en 2008.


Nous vous en offrons ci-dessus quelques extraits. Ils sont forts instructifs, non seulement sur l'homme mais et surtout aussi sur l'état de délabrement avancé dans lequel se trouve cette "gauche" qui n'a guère de "gauche" que le nom. Une "gauche" à ce point sans âme qu'elle est capable de livrer son destin à un Huchon aujourd'hui au niveau régional, et qui le fera sans doute à un DSK demain au niveau national. 


 

Education : vive la régionalisation, vive le privé !

 

« Il faudra quand même, un jour, oser poser la question de la régionalisation de l’Education nationale. Je sais bien que je brise, là, un tabou fondamental de la gauche, mais on vient de nous confier les personnels techniques, on va certainement nous confier dans la foulée les personnels administratifs, c'est-à-dire les intendants et les personnes qui font tourner la boutique, qu’est-ce qui empêche que l’on nous confie les professeurs dès lors qu’il existe toujours des programmes élaborés au plan national par une cellule de prospective intelligente de l’Education ? Franchement, je ne vois rien qui puisse s’opposer à cette mutation ! » (page 125)

 

« Au sein du Conseil régional d’Ile-de-France, par exemple, j’ai fait voter par les socialistes, l’UMP, l’UDF et le Front national une aide à l’enseignement privé dans les lycées. Les chevènementistes ont voté contre mais les communistes et les Verts se sont, eux, abstenus, ce qui, en soi, est déjà un progrès ! » (p. 72)



Services publics : privatisés, c'est mieux !

 

« Il ne faut pas confondre service public et entreprise publique. Je pense qu’il n’y a plus tellement de justification à l’existence d’entreprises publiques. On peut imposer à certaines entreprises un cahier des charges, l’Etat peut disposer de Golden shares pour faire entendre sa voix, bref on peut imaginer des dispositifs qui font que l’Etat a son mot à dire, pour autant on ne peut ignorer le marché et maintenir à tout prix une entreprise dans le secteur public lorsqu’elle est soumise aux impératifs de la concurrence. … » (p. 135)

 

« Il n’y a aucune raison que des milliers de fonctionnaires de la recherche relèvent de l’Etat » (p. 137)



Institutions : à bas le département, à mort l'unicité de la loi !


« Mais, globalement, si une collectivité devait disparaître, à long terme ce serait évidemment le département. Non parce qu’il gère la proximité (au contraire) mais parce qu’il est devenu, en fait, le refuge du jacobinisme. C’est là que s’installent les services de l’Etat pour se développer. » (p. 127)

 

Question de Denis Jeambar : « Sur quel territoire pourrait-on rompre le principe d’unicité de la loi ? ». Réponse de Huchon : « le seul possible, aujourd’hui, c’est la région. » (p. 132)


 

Vive l’Europe des régions ! A bas la Nation !

 

« Je vous livre le fond de ma pensée : je me sens plus européen que français. Il m’est très facile d’imaginer une cosmogonie institutionnelle dans laquelle il y aurait l’Europe, directement branchée sur les régions, et les régions sur des communes regroupées par l’intercommunalité. C’est la logique à venir de la chaîne du pouvoir. Je n’ai pas d’attachement national. Je me sens plus à l’aise dans certains pays qui sont moins violents, moins durs, moins discutailleurs. J’ai une sympathie naturelle pour les Anglo-Saxons, les Scandinaves : ce sont des gens qui font la queue, qui ne vous klaxonnent pas quand vous êtes perdus, il y a une discipline. Cette civilisation n’existe malheureusement pas en France ! Autrement dit, je n’aurais aucune difficulté à vivre dans une patrie qui serait l’Europe, avec une patrie secondaire qui serait la région dans laquelle je vis, à condition qu’elle ait un dessein culturel suffisamment compréhensible et partagé. La Nation ? Je ne crois pas à son avenir parce que je n’ai jamais cru à cette histoire d’identité nationale. Je ne m’accroche pas à ces idées-là ! » (pp. 142 et 143)

 

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Published by le Citoyen Thimèle - dans Elections régionales 2010
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