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Mardi 3 novembre 2009

Monsieur Dupont-Aignan,
 
Vendredi 30 octobre, vous adressiez sur Agoravox une lettre ouverte au président de la République, Nicolas Sarkozy. Vous y critiquiez l’engagement de la France en Afghanistan, selon trois modalités. D’une part, vous considériez que celui-ci était par nature inutile et immoral, en ce qu’il s’accompagne de crimes de guerre, de corruption généralisée, tout cela au moment où les forces de l’OTAN s’enlisent de plus en plus dans un conflit dont l’issue est pour le moins incertaine. D’autre part, vous réclamiez "l’organisation d’un débat avec vote à l’Assemblée nationale et au Sénat" afin que la réalité de la situation de nos soldats en Afghanistan fût révélée au peuple français. Enfin, dans la lignée du général de Gaulle, vous faisiez l’éloge d’un certain idéal politique de non-intervention à l’étranger, au nom du principe de non-ingérence, qui vous est cher.
 
Cette lettre ouverte a bien évidemment été la publication d’Agoravox la plus importante de la journée du 30 octobre. Cependant, aucun média, de droite comme de gauche, n’a jugé bon de reprendre l’information. De fait, la participation de la France aux combats en Afghanistan ne semble pas les concerner, pas plus que les interventions courageuses des rares représentants de la Nation qui, à l’exemple de Jean-Louis Masson et de vous-même, s’interrogent sur ses fondements.
Pourtant, on ne peut pas dire que les Français ne sont pas intéressés par la politique étrangère. Ainsi, si le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN n’a eu lieu qu’en avril 2009, dès le mois d’août 2008, 55% des Français souhaitaient un retrait des forces françaises qui étaient stationnées en Afghanistan (selon un sondage CSA paraissant dans Le Parisien/Aujourd’hui en France daté de vendredi 22 août 2008). A l’opposé, seuls 36% étaient favorables au maintien des troupes sur place. On le voit, la volonté du peuple est bafouée, une fois de plus, par un pouvoir exécutif qui n’en fait qu’à sa tête. Pendant ce temps, les soldats français meurent loin de chez eux, suscitant l’incompréhension des citoyens, qui ne saisissent pas les enjeux de la présence en Afghanistan. Le Sergent-chef Johann Hivin-Gérard était le 8 octobre dernier la trente-sixième victime de ce conflit problématique (la huitième en l’espace de deux mois), laissant dans le désarroi son enfant et son épouse, qui attendait un deuxième enfant.
 
De la même façon, mercredi 28 octobre, lors des Questions au Gouvernement, l’intervention du député SRC Laurent Fabius sur la nomination possible de M. Tony Blair au poste de président du Conseil européen n’a suscité, en dépit de son importance, aucune réaction de la part des médias français. Bien que M. Tony Blair ait soutenu la Guerre en Irak lorsqu’il était Premier ministre britannique, bien qu’il ait refusé l’euro pour son pays, celui-ci recueillerait les suffrages du président de la République, Nicolas Sarkozy ! Quand on voit avec quel mépris M. Pierre Lellouche, secrétaire d’État chargé des affaires européennes, a riposté à la question de Laurent Fabius, on ne peut que s’inquiéter de l’évolution actuelle de la vie politique en France.
 
C’est sur ce questions essentielles, l’indépendance de la France dans le monde, le respect de la souveraineté des nations, le refus du libéralisme déréglé, que les héritiers du général de Gaulle, dont vous êtes le représentant, se doivent de peser dans le débat national. Or cela leur est interdit, du fait d’un système politico-médiatique qui ne laisse pas de place pour une autre voix, du fait d’un certain engourdissement intellectuel des grands organes de presse, qui vivent au rythme trépidant des "scoops" et autres "exclusivités" néfastes à l’existence d’une réflexion organisée. Et pour preuve, qui remet aujourd’hui en cause la pertinence de ce fameux Traité de Lisbonne, d’abord refusé par 55% des Français, puis accepté, après d’infimes modifications, par la voie parlementaire ? Personne, si ce n’est quelques élus qu’on peine à entendre.
 
A l’heure où la parole du peuple est confisquée par des médias assujettis, la plupart du temps, aux puissance d’argent, il est urgent de mettre en place une organisation qui regrouperait hommes et femmes de droite comme de gauche, fidèles à la volonté que le peuple exprime, quand il est consulté par voie réferendaire et lors des élections partielles.
 
Défenseurs de la voix de la France, socialistes, radicaux, chrétiens-démocrates, gaullistes, républicains, au-delà des appartenances, tous les responsables politiques ont le devoir d’apporter leur contribution à l’amélioration et à la défense du débat politique en France, au moment où celui-ci semble remis en cause par un pouvoir exécutif chaque jour plus agressif et moins respectueux de la souveraineté populaire.
Vous êtes, Monsieur Dupont-Aignan, le porte-drapeau de cette génération d’hommes politiques qui préfèrent, au confort d’une carrière reposante, la défense de notre parole.
 
Je vous prie de croire, Monsieur Dupont-Aignan, en l’expression de mes sentiments distingués.
 
Florentin GASTARD, florentingastard.blogspot.com/
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Démocratie & Souveraineté Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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