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Mardi 21 avril 2009

Par Léon LANDINI, co-fondateur du Comité Valmy, ancien FTP-MOI – Grand Mutilé de Guerre


Depuis la parution sur le mensuel « LA RAISON » N° 537, d’un article déjà fort ancien signé par Jean Zay et intitulé « Le drapeau », un débat parait s’être institué entre nos camarades et diverses autres personnes. Ne pouvant rester silencieux sur un problème et sur certaines affirmations qui me paraissent offensantes, je ne peux m’empêcher de donner mon sentiment sur ce sujet.

Je voudrais surtout intervenir sur la réponse de Christian Eyschen, (rédacteur en chef de la revue La Raison) à Annie Lacroix-Riz lorsqu’il écrit : « chacun est libre d’aimer ou pas le drapeau tricolore et la Marseillaise. En ce domaine comme dans d’autres, la Libre Pensée pratique le respect de la liberté de conscience…. Je partage tout à fait ce point de vue … « le patriotisme est le dernier refuge de la canaille » … et je ne me lève jamais quand passe la Marseillaise ».


Permets-moi cher Christian de te faire remarquer que traiter de « torche-cul » un drapeau, qui pour moi (et sans doute pour beaucoup d’autres) représente quelque chose d’important, ce n’est pas : « pratiquer le respect de la liberté de conscience, comme tu l’affirmes. Je suis convaincu, que si quelqu’un t’avais demandé de faire paraître un article sur ta revue dans lequel on traite le drapeau rouge et l’Internationale (que tu défends avec acharnement) de torche-cul, tu aurais très vraisemblablement refusé en disant et avec juste raison, que l’utilisation d’un pareil langage offenserait de nombreux adhérents de la Libre Pensée. Si comme tu le dis, je suis libre d’aimer la Marseillaise et le drapeau tricolore, il n’y a aucune raison que je permette à quelqu’un d’offenser ces symboles sans réagir fermement.


Venons-en maintenant au fond du problème. Il convient de mettre en évidence que la Marseillaise n’est pas uniquement un hymne français, mais un chant révolutionnaire de la première heure, qui a été repris et adopté par nombre de révolutionnaires de tous les continents. En voici quelques exemples : * Le drapeau tricolore et la Marseillaise étaient l’emblème et le chant des sans culottes, qui à Valmy vainquirent la coalition royale accouru pour écraser la République française. Arboraient-ils un « torche-cul » ? * Vers 1900, ceux qui en Russie chantaient la Marseillaise en public étaient arrêtés et déportés par la police du tsar. * Après la révolution d’octobre en 1917, les bolchevicks l’adoptèrent pour hymne, avant de reprendre un autre chant révolutionnaire : L’Internationale. * En 1931, à l’avènement de la Seconde République espagnole, les espagnols accueillirent le nouveau régime en chantant la Marseillaise, dans une version espagnole ou catalane. * En 1940, dans la France occupée c’est au chant de la Marseillaise que les 27 fusillés de Châteaubriant furent emmenés au poteau d’exécution. * C’est à Auschwitz, que 300 françaises pénétrèrent dans ce camp de la mort en chantant la Marseillaise, défit antinazi incomparable, ce qui redonna du cœur au ventre à l’ensemble des déportés. * Combien de résistants, militants communistes furent fusillés poings levés, en chantant la Marseillaise et en criant vive le Parti communiste. Un grand nombre d’entre eux auraient considéré comme un honneur d’être ensevelis dans un drapeau tricolore.


* Il me semble utile de rappeler, (ce que beaucoup ignorent) que L’Internationale a été écrite par Eugène Pottier pendant la révolte de la commune de 1871 sur l’air de la Marseillaise et, qu’aujourd’hui encore on peut très bien mettre les paroles de L’Internationale sur la Marseillaise et vice et versa.


Lorsque en 1922, mon père a du s’enfuir de son pays poursuivit à coups de fusil par les Chemises noires de Mussolini, il dut à ce moment là choisir un pays pour pouvoir s’y réfugier « provisoirement » pensait-il. Il était convaincu que les italiens ne pourraient pas supporter très longtemps les fascistes et le fascisme. Son choix fut vite fait et c’est la France qu’il a choisi ! Oui ! C’est la France de la Révolution, la France de la Commune, la France des droits de l’homme ! La France, le seul pays au monde dont les bâtiments publics portent sur leurs frontons, ces trois mots LIBERTE - EGALITE – FRATERNITE et dont l’hymne national dit : « Liberté, Liberté chérie combats avec tes défenseurs et contre nous de la tyrannie » des mots qui ne manque pas d’actualité au moment où Sarkosy strangule les libertés et la laïcité. Ce n’est pas par hasard que mes camarades FTP-MOI baptisèrent leurs bataillons Carmagnole et Liberté, que Charles Tillon définit de la façon suivante : « Carmagnole-Liberté, un des plus beaux fleurons, si ce n’est le plus beau fleuron de la résistance armée française ». Le drapeau tricolore, malgré des souillures subies du fait des guerres impérialistes et du soutien apporté à l’union sacrée par la SFIO à la guerre de 1914, restait pour mon père le drapeau de la révolution, des sans culottes et de la Commune, où rappelons-le, le drapeau rouge était cravaté de tricolore.


Certes, le drapeau tricolore fut aussi : celui de Thiers écrasant les Communards, celui derrière lequel les troupes françaises massacraient les peuples coloniaux, celui utilisé par Pétain pour collaborer avec les nazis.


Je sais aussi que ce drapeau a été souvent utilisé afin de tromper le peuple et que la « Marseillaise » est systématiquement entonnée dans le même but par le fascisant Le Pen. Crois-tu vraiment que pour ces raisons le drapeau tricolore et la Marseillaise méritent autant de mépris ?


Si demain une de tes filles était violée, la jetterais-tu aux orties ou l’aimerais-tu davantage ? Et bien, en vouant le drapeau tricolore et la Marseillaise aux gémonies tu agis (pardonnes-moi cette comparaison brutale, mais le mot « torche-cul » pour désigner le drapeau qui flottait sur nos maquis n’est pas moins violent » comme ce père qui chasserait sa fille parce qu’elle a été violée.


Par ailleurs, ce serait une erreur de croire que l’on ne puisse pas traiter avec la même véhémence et autant de mépris le drapeau rouge et L’Internationale, c’est-à-dire de la même façon que l’article de Jean Zay (publié par La Raison) le fait à l’encontre du drapeau tricolore et de la Marseillaise.


Je te rappelle qu’à l’origine le drapeau rouge était celui que les Gardes du Roi, commandé par La Fayette, arboraient en arrivant Place de Grève face aux manifestants ouvriers, ce drapeau rouge était celui de la loi martiale, il signifiait que les Gardes allaient tirer sans sommations sur les « grévistes ». Cela n’a pas empêché que par la suite, le drapeau rouge soit devenu le drapeau de la classe ouvrière qui l’a si justement arraché à ses ennemis pour signifier le combat de classe.


Même si aujourd’hui l’armée russe de Poutine brandit le drapeau rouge « purgé des outils » pour massacrer le peuple tchétchène, sois certain que c’est toujours avec fierté que je le porte à bout de bras, en compagnie du drapeau tricolore.


En ce qui concerne L’Internationale, n’est-ce pas également ce chant que les sociaux démocrates (ceux qui ont toujours trahis les intérêts des travailleurs) chantent à leur congrès en arborant le drapeau bleu de l’Europe cléricale et en « ringardisant » la nation républicaine. Tu vois que lorsqu’il s’agit de salir les plus belles choses, on peut toujours trouver des arguments.


Chez les « Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’œuvre Immigrée » (les FTP-MOI auxquels j’ai eu l’honneur d’appartenir), nous n’étions ni chauvins, ni « patriotards » nous qui avions subi le racisme dans notre jeunesse, en associant Internationale et Marseillaise, drapeaux rouges et tricolores, nous faisions prévaloir l’Internationalisme prolétarien, uni au patriotisme républicain, sur le national-racisme Pétainiste et sur la « Grande Europe » de Hitler. Pourtant nous aimions notre pays, mais notre pays était toujours celui dans lequel nous nous battions pour défendre la justice et la liberté.


Pour conclure, je dirai que le mépris outrageant manifesté envers le drapeau tricolore ne peut que servir ceux qui souhaitent le faire disparaitre pour le remplacer par le drapeau bleu étoilé de l’Europe capitaliste, anti-laïque et supranationale.


Comité Valmy

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 5 avril 2009

Par Djamila Gérard



En France, on assiste à une campagne médiatico-politique d’une ampleur gigantesque pour le « métissage ». Droite et gauche, UMP et PS, SOS Racisme et rappeurs de banlieue, Yazid Sabeg et Yannick Noah, chaînes de télévision et de radio, toute la nomenklatura matraque jusqu’à plus soif le même message : le métissage est OBLIGATOIRE. Même le chef de l’Etat menace les Français qui s’y opposeraient de « méthodes plus contraignantes encore ». Si vous ne craignez pas d’attraper la nausée, regardez cette vidéo qui rassemble quelques prêcheurs de la nouvelle religion du « métissage » : le-metissage-comme-enjeu-politique_news

Il y a tout de même un paradoxe énorme dans toute cette propagande. Aucun de ces apôtres ne se demande (du moins dans ces interventions officielles) si les Français désirent ce métissage. Après tout, en démocratie, c’est le peuple qui est souverain, et qui devraient donc décider si oui ou non il veut dans telle ou telle direction sur ce sujet de société. Cette absence totale de consultation du peuple montre donc que cette nomenklatura se fiche de la démocratie et de la volonté des Français, puisqu’elle veut leur imposer quelque chose qu’ils ne réclament pas, et qu’ils rejettent certainement.

Vous êtes métissés, donc il faut vous métisser

Ce paradoxe apparaît d’ailleurs dans la virulence des intervenants, en particulier Nicolas Sarkozy, puisqu’ils nous disent à la fois que la France EST métissée et l’a toujours été, et qu’il FAUT la métisser, ce qui laisse entendre qu’elle ne l’est pas encore. Il faudrait savoir ! Nicolas Sarkozy explique que c’est « un défi » que nous lancerait le 21ème siècle. Ce n’est nullement une justification et d’ailleurs on nous fait le même coup pour la mondialisation capitaliste (et nous verrons que ce n’est pas un hasard). Dans toutes ces interventions, personne n’explique vraiment pourquoi il FAUT du métissage. C’est donc un axiome purement idéologique d’un bout à l’autre de l’échiquier politique et médiatique, une sorte de dogme quasi religieux.

Cette doctrine du métissage complète celles de l’antiracisme et de la diversité, dans un même credo idéologique. Et comme toute idéologie, on est obligé de l’imposer au peuple qui n’est pas demandeur par des « méthodes contraignantes », selon l’aveu même du président de la République. C’est pourquoi tout ce fatras nécessite aujourd’hui une véritable police politique (la Halde) et des commissaires politiques (comme Azouz Begag ou Yazid Sabeg), ainsi qu’une propagande médiatique sans relâche. En effet, si les bénéfices du métissage étaient aussi évidents que le prétendent ceux qui le prônent, il n’y aurait nul besoin d’en faire autant pour l’imposer !

On peut s’étonner de voir la droite reprendre à son compte une idéologie qu’on situerait plutôt dans le cadre d’un universalisme de gauche. On constate également que le grand patronat s’y met, ne serait-ce qu’au travers de gens comme Yazid Sabeg, nouveau commissaire d’Etat à la « diversité » ou Louis Schweitzer, président de la Halde, qui furent des patrons de très grandes entreprises. Sont-ils brusquement saisis par une grâce humaniste ? On peut également se poser la question pour Jacques Attali, lui aussi chantre à la fois du métissage et du capitalisme mondialisé et ultra-libéral, et même pour Nicolas Sarkozy, l’ami des grands patrons et des grandes fortunes.

Pour comprendre tout cela, il faut en revenir au sens des mots.

Retour à la langue française

Le « racisme », c’était une idéologie qui hiérarchisait les groupes humains, littéralement en fonction de leurs « races » réelles ou supposées, puis ce terme a désigné des comportements d’exclusion ou d’éradication qui appliquaient cette idéologie. J’utilise à dessein l’imparfait et le passé simple, car aujourd’hui en France, plus personne, à part quelques tarés nazillons (tout au plus 3000 personnes selon les Renseignements Généraux), ne se réclame de ce racisme-là. L’antiracisme, celui du Mrap, de la Licra et de la LDH à leurs origines, a donc dû soit gonfler médiatiquement les exactions de ces pervers pour faire croire qu’elles sont encore très répandues, soit déplacer la notion même de racisme pour entretenir leurs fonds de commerce. C’est ainsi que furent qualifiés de « racistes » toute hostilité à une politique d’immigration sans limites, toute volonté de faire respecter les lois sur le séjour des étrangers, ou la critique de l’islam et des revendications des musulmans. On vit surgir des mots pour désigner ces pseudo racismes et accuser des citoyens qui n’ont rien de racistes : xénophobie, racisme anti-musulman, islamophobie. L’antiracisme passait donc du statut de combat pour les droits de l’Homme à celui d’idéologie déconnectée des réalités.

Le « métissage », c’était l’union entre deux personnes qui présentaient des différences génétiques visibles. Par exemple, un noir et une blanche, une Asiatique et un Européen. La notion individuelle fut étendue à celle de groupes humains, suite à des déplacements partiels de populations : métissage entre Arabes et Berbères, entre Français « de souche » et issus de l’immigration, etc. Mais dans l’acception moderne de Nicolas Sarkozy, de Dominique Sopo ou de Ségolène Royal, il s’agit de tout autre chose, que les intéressés évitent curieusement de définir précisément, ni même de nommer : il s’agit du métissage culturel ou ethnique. Il ne s’agit plus de relations amoureuses et charnelles entre des individus présentant un degré certain de différence physique, mais d’un « mélange » de cultures, de valeurs, de religions. Ce n’est d’ailleurs pas à proprement parler un « mélange », un amalgame au sens chimique, puisque les populations qu’on veut « métisser » d’une part restent très largement endogames (et donc ne se « métissent » guère au sens premier du terme), et d’autre part vivent en communautés encore très séparées sur les plans familiaux et culturels. Ce n’est donc même pas un « métissage culturel », c’est une volonté de faire cohabiter, dans les entreprises, les administrations ou les immeubles, mais aussi au sein de la Nation, des gens de cultures ou d’origines différentes sans toutefois les métisser réellement.

Enfin, le troisième mot-valise de la nouvelle religion, c’est la « diversité ». La diversité, en français, caractérise ce qui est divers, c’est-à-dire ce qui présente des différences de nature ou de qualité. La diversité est donc un constat, un état de fait, et elle devient idéologie quand on la transforme en dogme imposé. On prend acte d’une diversité constatée, qu’elle soit ethnique ou culturelle, pour dire aux gens qu’ils DOIVENT se diversifier, là encore dans leurs entreprises, leurs administrations ou leurs habitats.

Un droit sans devoir pour les uns, un devoir sans droit pour les autres


Métissage et diversité deviennent donc, par la magie du verbe, des « devoirs » obligatoires pour les citoyens, qu’ils le veuillent ou non, ainsi qu’un « droit » pour ce qu’on appelle les « minorités visibles ». Mais on n’exige en retour aucun « devoir » pour ces minorités visibles, récemment arrivées sur notre territoire. On prend seulement acte de leur caractère de différences, non seulement corporelles, mais également culturelles, nationales ou religieuses. Inversement, les Français ont le « devoir » du métissage, sans avoir le « droit » à leur identité et leurs racines alors qu’on ne cesse de vanter celles des populations immigrées et leurs droits à les revendiquer. On inscrit dans le marbre ces différences (et on a failli les inscrire dans la Constitution !) et on les impose toutes au peuple de France. Nous en arrivons donc à une politique diamétralement opposée à la culture d’assimilation ou même d’intégration des étrangers qui caractérise notre pays et qui est constitutif… de son identité.

Les nouveaux dogmes vont donc nier et dissoudre l’identité française. On le constate dans toutes les atteintes à une composante essentielle de cette identité : la laïcité. Les prosélytes de l’islam ne s’y sont pas trompés : ils utilisent à fond la Halde et les tribunaux pour promouvoir leurs fers de lance : foulards islamiques et autres « accommodements raisonnables ». Ils exercent de plus en plus un véritable terrorisme intellectuel (et parfois physique) à l’encontre des chefs d’entreprises, des enseignants, des bailleurs, des élus. Les récents coups de force à Strasbourg et à Torcy en sont la démonstration : il FAUT que la mairie nous donne une mosquée, puisqu’il y a des églises et des synagogues. Il faut forcer les villes à se « métisser » avec des minarets, et les Français à accepter la « diversité » du voile islamique et des cantines hallal, il faut forcer les banques à proposer des produits conforme à la charia (et donc à ses préceptes sectaires et sexistes), et tout est à l’avenant.

L’intérêt du capitalisme mondialisé


Mais pourquoi donc le grand patronat mondialiste appuie-t-il de telles revendications ? J’y vois deux raisons.

D’une part, la négation des frontières et des nations, et par conséquent des identités nationales. Plus les peuples sont communautarisés et fragmentés, et plus elles offrent de prises au secteur marchand et à ses multinationales, qui peuvent diversifier leurs produits et contrecarrer les Etats qui les gênent. Ces multinationales visent également les marchés des pays musulmans ou des minorités musulmanes, et pas seulement par le biais de la finance islamique. Une illustration de cette opposition entre les capitalistes et les peuples occidentaux se trouve dans une récente prise de position des patrons suisses contre le référendum sur l’interdiction des minarets. Ces patrons se fichent des minarets comme de l’alcoran, mais ils craignent les représailles de leurs clients ou investisseurs arabo-musulmans. Par conséquent, ils s’opposent à l’interdiction des minarets, et même à la consultation publique des citoyens helvètes qui y sont pourtant, d’après les sondages, largement favorables.

D’autre part, ces grands patrons ont tout intérêt à éradiquer toute citoyenneté non marchande pour transformer encore plus les gens en consommateurs. La culture et l’identité, c’est leur ennemi quand elle ne rentre pas dans la sphère commerciale. Il n’est donc pas étonnant que Yazid Sabeg, soi-disant pour promouvoir sa « diversité », propose de diminuer la part de la langue française et de la culture générale dans les grandes écoles de la République. Et ce n’est pas le chef de l’Etat, qui montre sans cesse son inculture linguistique et générale et qui méprise « La princesse de Clèves », qui va lui donner tort. D’ailleurs il préfère l’imam et le curé à l’instituteur, ce qui en dit long sur la « politique de civilisation » qu’il veut promouvoir : la civilisation du bling-bling cautionnée par les « opiums du peuple » pour détruire deux mille ans de construction historique et réformiste.
Nadine Morano au service des lobbies communautaristes

Il n’y pas que l’identité nationale que les nouveaux idéologues veulent nier ou détruire. Prenons par exemple le projet de loi de Nadine Morano et Rachida Dati sur « le statut du beau-parent ». On y a introduit la notion de couples homosexuels, ce qui fait tellement débat que le projet est finalement remis aux calendes grecques. Et quelle est la justification de la ministre en charge de la politique familiale ? Il faut s’adapter aux situations nouvelles ! On retrouve exactement la même argutie que celle utilisée par Nicolas Sarkozy pour imposer la « diversité » : on part d’un constat pour en faire un dogme. Dans ce cas, pourquoi ne pas légaliser la polygamie, puisque c’est également une « situation nouvelle » imposée… par la « diversité » ! Et on peut aussi légaliser le haschich ou les violences scolaires, puisque ce sont des « situations nouvelles ». Un autre argument de Nadine Morano, c’est de reconnaître des liens affectifs. Mais là encore, on peut y opposer la polygamie, et l’adultère et les crimes passionnels !

On voit donc que prétendre qu’il faut « s’adapter » à une réalité ne tient guère la route, ou du moins ne suffit pas parce qu’il permet de justifier l’injustifiable et d’imposer tout et n’importe quoi d’en haut. Ainsi, sur le mariage homosexuel ou les enfants dans les familles homoparentales, tout comme sur la notion de filiation biologique, on élude les débats de société en les résumant à des diktats, des coups de force illégaux et présentés comme « progressistes » comme le « mariage gay » opéré par Noël Mamère, et des diabolisations dans un sens ou dans l’autre (accusation d’homophobie pour les uns, d’égoïsme pour les autres). Chacun défend son lobby, sa « communauté », tout en accusant celui qui ne partage pas son avis de… communautarisme. Nous sommes donc, là encore, en plein dans le clientélisme, la marchandisation et l’individualisme, dans les « droits » individuels sans « devoirs », et sans souci de l’intérêt des autres ou de la société.

Mères porteuses pour satisfaire les homos


J’ai trouvé une autre illustration de cette démarche contradictoire dans une intervention de Caroline Fourest lors d’un débat sur les mères porteuses. L’égérie du féminisme médiatique, qui s’oppose évidemment à toute marchandisation du corps des femmes, expliquait qu’elle était « obligée » de prôner l’autorisation des mères porteuses, par solidarité avec les couples homosexuels masculins « qui ne peuvent pas faire autrement ». Elle évacuait ainsi tout débat sur l’homoparentalité et l’intérêt des enfants, au nom d’un « droit » égalitariste et absolu. Peu importe ce que pensent les Français de ces sujets de société et des conséquences de telle ou telle décision législative ! Et ceux qui s’opposeraient aux mères porteuses pour les couples homosexuels ne seraient que des ringards homophobes, tout comme ceux qui s’opposent à l’immigration à tout va ne sont que des xénophobes racistes, comme le disait la même Caroline Fourest à propos de Geert Wilders.

A Prochoix comme à l’Elysée, on somme donc les Français d’accepter sans limites et sans débat tous les « métissages » et toutes les « diversités » possibles et imaginables au nom d’un « tout se vaut », et les contrevenants sont taxés d’obscurantistes arriérés, de lepénistes ou autres amabilités. Nous voyons donc émerger une idéologie nouvelle, au service des intérêts particuliers et communautaires et aussi des marchands mondialistes, et aux antipodes de l’identité culturelle, mais également de la démocratie et du « vivre-ensemble » pourtant revendiqués par les prêtres de cette idéologie. Comme toute idéologie, celle de l’« antiracisme », de la « diversité » et du « métissage » procède par propagande, diabolisation, menaces et arsenal législatif puisqu’elle exclut le peuple de tout débat contradictoire, et que par conséquent elle se heurte à la résistance de la part de ce peuple.

Julien Dray veut « éduquer » la France

Je visionne à nouveau la vidéo sur le « métissage » que je vous signalais au début de cet article. Je ressens une pitié amusée pour tous ces intervenants, qui partagent la nécessité d’une agressivité dans le ton comme dans les propos, ce qui démontre que leur « métissage obligatoire » n’a rien d’une évidence. Julien Dray, par exemple, aux accents polpotistes : « il faut faire cette éducation du pays pour qu’il apprenne que désormais son avenir c’est le métissage ». La Halde préconisait déjà l’autodafé des manuels scolaires pour cause de non-métissage homosexuels dans les problèmes de mathématiques et autres imbécillités de ce genre. A quand les camps de rééducation ?

Heureusement, nous n’arriverons sans doute pas à ces extrémités. Car comme toute idéologie, celle de l’antiracisme finira dans les poubelles de l’Histoire, et d’autant plus vite qu’on l’impose de force par des « méthodes plus contraignantes encore » à un peuple profondément démocrate qui en fait un bilan globalement négatif.

Miss France et Rachida Dati, échecs de la diversité imposée

La preuve en est par exemple dans l’élection de Miss France 2009 : le public qui votait par SMS a largement désavoué les candidates se réclamant de l’« obamania » et de la « diversité », à tel point que le jury officiel a dû inverser totalement le vote populaire et que les organisateurs ont dû tenir secret les scores des compétitrices. La supercherie a fini par être découverte et elle discrédite ses auteurs. La lauréate qui pensait bénéficier de la « discrimination positive » est délégitimée, quelles que soient ses qualités par ailleurs.

Autre exemple d’échec de la nouvelle idéologie : Rachida Dati. Le chef de l’Etat a fait autour de sa nomination une auto-promotion immodeste et vantarde de ce qu’il appelait sa propre « ouverture à la diversité ». La Garde des Sceaux devenait ainsi une icône qui dépassait sa personne et ses compétences. Quand Rachida Dati a commencé à entrer dans une période de difficultés, et quelle qu’en soit l’analyse des responsabilités qu’on peut en faire, l’utilisation médiatique de la « diversité » s’est retournée contre l’intéressée et contre Nicolas Sarkozy et est apparue contre-productive. L’atout mis en avant devient un handicap.

Les mêmes réactions se produiront chaque fois qu’une personne sera embauchée ou promue au nom de la « diversité » : quel critère a prédominé, entre le mérite et l’origine ou la couleur de peau ? Et le doute ne bénéficiera ni aux personnes mises en cause, ni à toutes les autres « issues de la diversité ». Cette suspicion sera encore plus grande si on suit les conseils de Yazid Sabeg sur ses statistiques ethniques qui déboucheront sur des usines à gaz et des quotas. A tel point que les candidats originaires de « minorités visibles » devront encore plus se démarquer de tout ce fatras de « promotion de la diversité » et des critères ethniques ou culturels pour s’intégrer dans nos entreprises ou ailleurs. L’échec du métissage obligatoire pourra également être appuyé par une sorte de contre-communautarisme français, un repli sur l’identité nationale (avec le risque d’excès racialistes), et des stratégies de contournement de l’idéologie antiraciste.
Le mythe du métissage enrichissant

Certains intervenants dans la vidéo disent que l’humanité s’est toujours enrichie de métissages biologiques ou culturels. C’est inexact : on s’enrichit d’un métissage, quel qu’il soit, quand chacun des partenaires apporte et trouve une plus-value respective. Sinon, le métissage est voué à l’échec par sélection naturelle. Le slogan « on s’enrichit des différences » tout seul est idiot, puisqu’on n’enrichit de la différence apportée par l’autre que si celle-ci apporte une réelle richesse intrinsèque. Dans le cas contraire, on s’appauvrit, et personne ne veut s’appauvrir. Dans la vidéo, par exemple, Yannick Noah conseille à des femmes blanches de faire l’amour avec des hommes noirs, et Yazid Sabeg prône également le métissage sexuel. Je ne sais pas si Yannick Noah et Yazid Sabeg parlent par expérience personnelle, mais franchement, il y a pas mal de gens avec qui je ne désire pas partager mon lit, ou dont je n’ai guère envie de voir mes enfants hériter certaines caractéristiques physiques.

Cette limite de la fable de l’enrichissement systématique par le métissage vaut également pour le « métissage culturel », ou alors il faudra me prouver quel « enrichissement » spécifiquement lesbien apporterait une lesbienne dans mon entreprise, ou quel « enrichissement » spécifiquement islamique apporterait un musulman dans mon immeuble. Je me fiche totalement des orientations sexuelles ou de la religion de tel ou tel collègue ou voisin, à condition qu’il ne vienne pas me faire gober que c’est une chance et un bénéfice pour moi-même ; ou qu’il en profite pour jouer à la victime, pour s’exonérer des devoirs communs, du respect de notre « vivre-ensemble » et de la neutralité laïque de nos relations, pour m’imposer ses « accommodements raisonnables », et pour finalement me traiter de raciste à la moindre occasion.

Nos ancêtres les Gaulois et nos potes les Français

D’autre part, les métissages forcés et dogmatiques sont autant voués à l’échec que les mariages forcés, car l’Histoire nous démontre qu’aucune idéologie brusquement imposée n’arrive à changer l’esprit et l’identité profonde d’un peuple et que toutes les colonisations provoquent tôt ou tard le rejet du colonisateur par le colonisé. Le rejet du « métissage » obligé et tout azimut sera d’autant plus important que celui-ci n’apporte rien aux Français et qu’ils comprennent de plus en plus que les intérêts des protagonistes de ce métissage sont liés à un mondialisme ultra-libéral anti-national qu’ils rejettent tout autant.

Serais-je la seule à contourner les « méthodes contraignantes » de Nicolas Sarkozy, à sécher les cours de rééducation mentale de Julien Dray, à refuser de coucher avec les amants allochtones que veulent m’imposer Yannick Noah et Yazid Sabeg, et à rire de les voir tous s’égosiller à me faire rentrer dans leur nouvelle religion ? Certainement pas, et je prends le pari que mon avis est partagé par une très large majorité de mes concitoyens qui sont restés d’irréductibles Gaulois de cœur et d’esprit. C’est bien pour ça que je les aime et que j’aime cette France qu’ils ont construite. Je ne laisserai pas détruire cette France par les nouveaux marchands du temple internationaliste. A ces profiteurs et à tous leurs idiots utiles, je réponds : « Touche pas à mes potes ! »


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Mardi 17 mars 2009

Par Eric Zemmour


Elle fut une star. Longtemps, elle symbolisa l'avenir. Les « modernes » de droite et de gauche avaient les yeux brillants quand ils prononçaient son nom en allemand : Land. La Région avait ringardisé le département ; elle devait même remplacer l'Etat-nation, au sein de la glorieuse « Europe des régions ». Si le comité Balladur est écouté, les Régions perdront pourtant leur compétence générale. Leur liberté de se mêler de tout. Cantonalisées, départementalisées. Recadrées sur des missions économiques.

Les circonscriptions administratives furent historiquement liées au mode de déplacement. Le paysan se rendait à pied dans sa commune, avant de rentrer chez lui, à la nuit tombée. Le chef-lieu du département était de même atteint en une journée de cheval. La région était liée à l'automobile. Le TGV a tué la région. Et redonné des couleurs au colbertisme. Nos Régions ne seront jamais des Länder ou des Generalidades. Rhône-Alpes ne sera jamais le Piémont. Nous n'avons pas cette histoire ; nous ne l'aurons jamais. La France est un peu comme ces pays sous-développés qui passent directement au téléphone portable, sans passer par le fixe, et sautent directement à la technologie la plus récente. L'avenir appartient aux grandes métropoles qui, à l'instar du Grand Paris, peuvent accueillir sans ridicule des sièges sociaux. Lyon, Marseille, Toulouse, Nice, Lille, Strasbourg. Bordeaux pour faire plaisir à Juppé.

La Région fut un rêve d'élites. Jamais les populations locales ne s'y sont attachées. Au contraire de la commune, mais aussi du département, comme l'a montré la picrocholine guerre des plaques d'immatriculation. La Fontaine aurait aimé l'histoire de la Région : celle de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf ; et finit par éclater.

Le Figaro
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Samedi 6 septembre 2008

Seize ans après que le traité de Maastricht ait instauré la "citoyenneté européenne" (un sentiment se décrete-t-il...?), les Européens se sentent visiblement citoyens nationaux avant tout. Un sondage, réalisé les 22 et 23 juillet par TNS Sofres pour le collectif d'associations Civisme et démocratie (Cidem), révèle que deux Français sur cinq se sentent vraiment Européens, même s'ils manquent de connaissance de base sur le fonctionnement de l'Union européenne. Cette étude sur "Les Français et la citoyenneté européenne", réalisée auprès de 1 000 personnes âgées de plus de 18 ans, doit être rendue publique jeudi 4 septembre à l'occasion des Journées civiques européennes. L'attachement à l'Europe est aujourd'hui de même ampleur qu'à la veille de l'instauration de la citoyenneté par le traité de Maastricht en 1992 : 37 % des Français se considéraient alors souvent ou très souvent comme citoyens européens, contre 38 % aujourd'hui. Seule l'année 1999 a été marquée, sur fond d'élection européennes tendues, par un éloignement sensible des Français à l'égard de l'Europe. Mais c'était le résultat d'une campagne électorale dominée par la liste souverainiste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, aux accents très anti-Bruxelles. C'est l'euro qui, pour 54 % des personnes interrogées, symbolise le mieux l'Europe, loin devant le Parlement européen (12 %), et la Commission de Bruxelles (9 %). Les autres valeurs fédératrices sont pour 39 % des personnes interrogées le marché économique commun et pour 35 % la démocratie. Plus surprenant, ce neuvième baromètre de la citoyenneté révèle que les Français ont une connaissance très parcellaire du fonctionnement de l'Union européenne. Ainsi, 36 % d'entre eux pensent qu'ils n'ont pas le droit de voter aux élections européennes, alors que les Français élisent les députés européens depuis 1979. Quelque 48 % des sondés croient également ne pas pouvoir participer aux scrutins municipaux du pays dans lequel ils résident.

Observatoire de l'Europe
(avec Le Monde, 3 septembre 2008)
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 2 juillet 2008
Par Eric Zemmour

L'équipe de France aurait sans doute pu être championne d'Europe, mais elle n'était pas une équipe et elle n'était pas de France. Pour parodier la célèbre formule du général de Gaulle, on pourrait ainsi résumer la déroute des Bleus dans l'Euro 2008. Pas une équipe, mais un agrégat de joueurs désunis ; pas vraiment de France : la plupart n'évoluaient pas dans un club hexagonal.

Le football français est né à la modernité à la fin des années 60, sur un mode colberto-gaulliste : une direction nationale qui centralise tout, formation et financement ; une redistribution de la manne télévisuelle jusque dans les petits clubs. Ce système centralisé et national fabriqua les générations Platini et Zidane.
Mais il prit de plein fouet la mondialisation libérale imposée par la Cour de justice européenne avec l'arrêt Bosman au milieu des années 90 : la suppression des limitations du nombre d'étrangers dans les clubs entraînant surenchère des salaires et concentration des meilleurs dans les clubs les plus riches.
Dans un premier temps, l'équipe de France en bénéficia, car nos joueurs, exilés en Italie surtout, acquirent férocité et rigueur défensive. Puis, les clubs français devinrent les sous-traitants des championnats anglais ou italiens.

Alors, ces joueurs, venus de toutes parts, cousus d'or mais épuisés par les compétitions de clubs, eurent de plus en plus de mal à retrouver ressources physiques et cohérence. Esprit collectif et amour du maillot tricolore. Mais la France, arrachée à son modèle national par l'Europe, refusa, à l'instar de l'Angleterre, de sacrifier son équipe nationale à ses clubs, désormais puissances financières, cotés en Bourse.

Et la France du foot, entre deux systèmes, deux histoires, finit par perdre sur
tous les tableaux.

Le Figaro, 23 juin
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Mardi 1 juillet 2008

Par Daniel Lefeuvre


Les sénateurs viennent de repousser l’amendement — voté le 22 mai à la quasi-unanimité à l’Assemblée nationale — qui, à l’initiative du député UMP des Ardennes, Jean-Luc Warsmann, inscrit dans l’article premier de la Constitution, la protection des langues régionales au titre de patrimoine national. Ce rejet suscite l’ire des partisans de cet amendement qui dénoncent le « jacobinisme » de la Haute Assemblée et son mépris pour la diversité culturelle de notre pays qui ne saurait, pour reprendre les paroles du député communiste Patrick Braouezec, se confondre avec « l’uniformité ».

Quels sont les véritables enjeux de cet amendement ? S’agit-il, comme l’on veut nous le faire croire, de défendre un patrimoine culturel menacé ? Certainement pas. Dans la filiation d’un arrêté vichyste du 12 décembre 1941, qui autorisait l’enseignement facultatif des « parlers locaux » dans les écoles primaires, puis de la loi Deixonne du 11 janvier 1951, de la circulaire Savary du 21 juin 1982 et de la loi du 10 juillet 1989, mise en œuvre par Lionel Jospin, une circulaire du ministre de l’Éducation nationale, François Bayrou, en date du 7 avril 1995, inscrit la généralisation de la découverte de la langue et de la culture régionale au programme d’enseignement de chaque classe. Depuis cette directive, l’occitan-langue d’oc, le breton, le basque, le créole, le catalan, le corse, le gallo, les langues régionales d’Alsace, les langues régionales des pays mosellans, les langues mélanésiennes (drehu, nengone, païci, aïje) et le tahitien bénéficient, dans la zone où ces langues sont — ou ont été — en usage, de la possibilité d’être enseignées à l’école, au collège et au lycée, dans le cadre des enseignements facultatifs ou obligatoires.

Au cours de l’année scolaire 2001-2002, 252 858 élèves, tous niveaux confondus, ont suivi un enseignement de ce type. Ils étaient 404 351 en 2007-2008, soit une hausse de 60 %. Ainsi, non seulement ces langues ne paraissent pas menacées, mais encore, contrairement à ce qu’on veut faire croire, la République a mis en place un dispositif d’enseignement leur donnant une vigueur nouvelle.

S’il faut s’inquiéter pour l’avenir des langues en péril, constitutives de notre patrimoine national, c’est bien l’enseignement du grec ancien et du latin qui devrait retenir l’attention des députés et des Pouvoirs publics ! seulement 35 464 élèves (moins de 2 %) apprennent le grec et 83 530 le latin, et ces chiffres ne cessent, d’une année sur l’autre, de régresser. Qui pourrait, cependant, contester que ces deux langues et ces deux cultures constituent des socles historiques et patrimoniaux de notre identité nationale ? L’autre langue, aujourd’hui menacée, c’est le français. Pas seulement dans le monde du fait de la prépondérance de l’anglo-américain. Mais en France même, où l’analphabétisme et l’illettrisme gagnent chaque jour du terrain. Comment lutter contre ces fléaux, facteur essentiel d’exclusion sociale, sans rendre au français une part prépondérante dans l’enseignement primaire et secondaire. Les réformes engagées par le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, vont dans ce sens. Mais il faut aller plus vite et plus loin : en 1976, un élève qui sortait du collège avait bénéficié, depuis sa rentrée au cours préparatoire, de 2 800 heures d’enseignement du français. En 2004, avec seulement 2 000 heures, il entrait au lycée avec la formation d’un élève de cinquième.

Si la disparition des langues régionales n’est pas à l’ordre du jour, et personne ne le souhaite, pourquoi certains tiennent-ils tant à les inscrire dans l’article premier de la Constitution ?

En réalité, derrière cet amendement, présenté de manière anodine se cache un autre projet. C’est d’ailleurs ce que confirment certains parlementaires, favorables à l’amendement. Ainsi, pour Victorin Lunel, secrétaire national à l’outre-mer du PS, « après la reconnaissance des langues régionales dans le marbre de la loi fondamentale, le prochain combat doit être celui conduisant à une véritable politique de valorisation de celles-ci ». Pour François Bayrou, cette inscription constitue un « pas en avant important ».

Vers quoi ? La réponse est évidente : vers la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires adoptée par le Conseil de l’Europe en 1992 et signée par le gouvernement Jospin, le 7 mai 1999.

Or, cette Charte, au nom de la protection des langues est porteuse d’une véritable contre-révolution : elle tend, ni plus ni moins, à réduire les citoyens, jusque-là individus libres et égaux, en éléments de groupes ethniques au sein d’une Europe des régions. Ce qui est en jeu, c’est donc, au-delà de l’alibi culturel évoqué, le maintien ou la disparition, à terme, de l’État-nation, incarnation de notre identité nationale. Le Conseil constitutionnel ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Saisi le 20 mai suivant, par le Président de la République, Jacques Chirac, il a en effet estimé que de nombreuses dispositions de la Charte étaient contraires à la Constitution. Et c’est bien pour contourner cet obstacle que les députés entendent modifier la loi fondamentale, afin d’ouvrir irrémédiablement la porte à la ratification. Maryse Lebranchu, ancienne garde des Sceaux de L. Jospin, n’en fait d’ailleurs pas mystère. Elle « ne voit pas comment le Conseil constitutionnel pourrait s’opposer à la ratification » de la Charte dès lors que la Constitution reconnaîtrait les langues régionales comme éléments du patrimoine national.

Certes, pour faire passer la pilule aux Français, auxquels on prend soin de masquer les véritables enjeux du débats, des propos rassurants sont tenus. Ainsi, le constitutionnaliste Guy Carcassonne, ancien conseiller de Michel Rocard à Matignon au temps de l’adopion du statu de la Corse, et partisan de longue date de la ratification, présente la Charte comme une sorte de libre-service qui n’engagerait à rien, puisque chaque État aurait la faculté de choisir les alinéas qu’il entend mettre en œuvre, sans aucune obligation de choisir les plus contraignant. Ainsi, nul justiciable ne pourrait donc exiger un procès dans sa langue régionale ou minoritaire, ni s’adresser à l’administration dans cette langue.

Cette analyse lénifiante ne peut cependant pas être retenue. Certes, l’article 21 de la Charte autorise « Tout Etat, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de ratification [… à] formuler une ou plusieurs réserve(s) aux paragraphes 2 à 5 de l’article 7 de la présente Charte. » Mais « aucune autre réserve n’est admise ». […]

Or, le paragraphe 1 de cet article 7, (alinéa « d ») mentionne explicitement que la ratification impose que soit facilité et/ou encouragé « l’usage oral et écrit des langues régionales ou minoritaire dans la vie publique et dans la vie privée », disposition explicitement reprise de l’alinéa 3 du préambule. À quoi se rapporte l’expression « vie publique » ? Est-ce, comme l’on feint de nous le faire croire, aux relations ordinaires, celles de tous les jours, de simple voisinages comme chacun en entretient ? Pas du tout. Le « Rapport explicatif » de la Charte [paragraphe 62], rédigé par le « Comité ad hoc d’experts sur les langues régionales ou minoritaires en Europe » (CAHLR) créé par le Comité des ministres européens, est sans ambiguïté : « Cet effort de promotion doit comporter une action en faveur de la possibilité d’employer librement, tant oralement que par écrit, les langues régionales ou minoritaires, non seulement dans la vie privée et dans les relations individuelles, mais aussi dans la vie collective, c’est-à-dire dans le cadre des institutions, des activités sociales et dans la vie économique. » Ainsi, et la France ne pourrait s’y soustraire si elle ratifiait la Charte, tous les justiciables et tous les administrés seraient-ils en droit d’exiger d’être entendus, et d’obtenir réponses, dans une langue régionale. Autrement dit, on en reviendrait à la situation antérieure à l’ordonnance de Villers-Cotterêt du 25 août 1539. Depuis cette date, par unification progressive, la langue française a fait la nation. La Charte européenne, en redonnant aux langues régionales la place qu’elles occupaient auparavant, vise à la détruire.

Et ce n’est pas jouer les Cassandre que d’affirmer que cette marche à reculons ne s’arrêtera pas aux seules langues régionales ou minoritaires. Certes, la Charte exclut [article 1] les langues des migrants de son champ d’application. Mais ce n’est que partie remise, car, comme le Rapport explicatif le précise, le « CAHLR a estimé que ce problème valait d’être traité séparément, le cas échéant dans un instrument juridique spécifique ». Une fois la Charte ratifiée, on passera des langues régionales à celles des migrants. Et comment pourrait-on refuser aux Portugais, aux Arabes, aux Turcs, ou aux Chinois ce qu’on a accepté pour les Bretons, les Basques et les Alsaciens ? Après avoir renvoyé les uns à leur « identité régionale » supposée, on enfermera ainsi les seconds dans leur identité originelle, au lieu de faciliter leur assimilation à leur nouvelle patrie. Voilà qui d’ailleurs éclaire la position du militant communautariste Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP, favorable à l’amendement Warsmann.

Au surplus, et cela n’est pas le moins inquiétant, la Charte précise de manière la plus nette, que les langues régionales ou minoritaires en question définissent des « groupes » au sein de la nation, distincts « d’autres groupes du même État pratiquant des langues différentes » [article 7, alinéa 1, paragraphe « e »). Ainsi, la France serait-elle, désormais, composée non plus de citoyens libres et égaux en droit, mais d’une mosaïque de « groupes » ethniques disposant de leur langue et d’une assise territoriale, entretenant des relations entre eux et avec d’autres groupes, par delà les frontières nationales. Bref, derrière la défense des langues régionales ou minoritaires se cachent une conception de la citoyenneté contraire à celle adoptée par la France depuis 1791. Tout cela ayant comme but ultime la destruction de l’État-nation pour rétablir une France d’Ancien Régime, « agrégat inconstitué de peuples désunis », selon la belle formule de Mirabeau, afin d’imposer une Europe des Volksgruppen. Est-ce bien cela que veulent tous les parlementaires qui ont voté l’amendement Warsmann ?

Observatoire du Communautarisme


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 15 mai 2008
Fidèle à son objectif de dissoudre la République française dans l'Empire européiste, François Fillon a proposé il y a quelques jours de supprimer le jour férié du 8 mai, commémorant la victoire des alliés sur le nazisme, pour le remplacer par le 9 mai, jour de la fête de l'"Europe".

Non merci, monsieur Fillon ! Entre commémorer le 8 mai, jour qui a vu la victoire des démocraties françaises et européennes sur l'horreur nazie, fondement de notre paix actuelle, et
le 9 mai, fête d'une "Europe" technocratique, sans âme et aliénatrice des peuples, mon choix est clair et net ! Je fais sans hésitation aucune le choix de la mémoire contre celui de la lubie européiste.

Je vous renvoie à la pétition initiée par nos amis de l'Union du Peuple Français. A signer des deux mains !



Pétition pour le maintien du 8 mai

Une simple brève dans la presse écrite nationale ; une dépêche lue à la radio, c'est ainsi que les français ont appris en ce début du mois de mai 2008 que François Fillon n'écartait pas l'idée avancée par le Premier ministre Luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, de faire du 9 mai, jour de la fête de l'Europe, un jour férié en remplacement du 8 mai.

Déjà en 1975, le président de la République, Valéry Giscard d'Estaing avait décidé de supprimer la commémoration de la victoire alliée du 8 mai au motif de la réconciliation franco-allemande dans le cadre de la relance de la construction européenne.

Cette volonté de supprimer le 8 mai participe d'une vision dévalorisante et mortifère de l’Histoire de France où certains souhaitent amputer la mémoire nationale pour faciliter une intégration dans une Europe fédérale, libérale et atlantiste.

Mais le devoir de mémoire ne peut se satisfaire d'une information sélective car les peuples qui ferment les yeux sur leur passé risquent fort d'être condamnés à le revivre en devenant aveugles devant le présent.

Au moment même où Nicolas Sarkozy a rendu hommage à "la vraie France", celle de la Résistance, ajoutant que la France, "elle n'était pas à Vichy, elle n'était pas dans la Collaboration", cette annonce constitue une véritable provocation.

Puisque l'idée d'un 9 mai férié en Europe, qui remplacerait le 8 mai, sera discutée au Parlement français, nous vous invitons à signer cette pétition pour le maintien d'un 8 mai férié et de ses commémorations nationales afin de démontrer à nos représentants l'attachement du peuple français à cette date anniversaire.

Diffusez et faites signer autour de vous cette pétition afin de leur rappeler que la commémoration de la victoire remportée par les armées françaises et alliées le 8 mai 1945, comme d'autres journées commémoratives telle que le 18 juin (anniversaire de l'appel du général de Gaulle depuis Londres) ou, surtout, le 11 novembre, rassemblent la population autour de grandes manifestations.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Samedi 1 mars 2008

 


Par Denis Collin

 

Comment la gauche a-t-elle pu perdre une élection « imperdable » ? Cette question, de nombreux militants et dirigeants du PS commencent à la poser. Mais elle concerne aussi tous les groupes et courants qui se situent « à la gauche » du PS. Comment se fait-il que tous ces groupes qui ont joué un rôle important dans la bataille pour le « non au TCE » ont été marginalisés, alors même que le caractère ultra-droitier de la candidate socialiste aurait dû leur ouvrir un espace. À cette situation, on peut trouver évidemment de nombreuses explications. Mais il en est, presque toujours passée sous silence, l’incapacité de la gauche, toutes tendances confondues ou presque, à affronter la question de la nation.

Le vote contre le TCE a confondu deux types d’oppositions : une opposition populaire - les ouvriers, les employés, les jeunes et les cadres moyens ont massivement voté non - et l’opposition d’une gauche dite « antilibérale », regroupant aussi bien les tendances « gauche » du Parti Socialiste, les communistes et de nombreux autres groupes trotskystes ou alternatifs, sans compter une partie non négligeable du courant « altermondialiste ». La « gauche du non » a eu tendance à croire que le peuple avait voté « non » pour les mêmes raisons qui ont été développées par ses ténors ou ses sites internet. Pour aller vite, disons que la « gauche du non » n’était pas antieuropéenne mais opposée à la troisième partie du TCE, parce que celle-ci entérinait les principes économiques et sociaux du néolibéralisme. Sauf pour quelques petits groupes, les motifs nationaux ne jouaient aucun rôle dans le « non au TCE ». Il n’en va pas de même pour le vote populaire pour lequel a joué le ressentiment à l’égard de l’Europe en tant que telle, en raison des coups subis du fait de la libéralisation du commerce et des mouvements de capitaux, de la désindustrialisation et de la mise en pièces de l’État « modèle 1945 ». La question sociale et la question nationale ont été confondues, ce que les groupes de la « gauche du non » n’ont que rarement compris, eux qui se prononcent pour une Europe fédérale pourvu qu’elle soit « sociale ». La « gauche du non » n’a été capable que de décrire le sentiment populaire sans en comprendre la portée ni la signification, confondant systématiquement nation et nationalisme (et même lepénisme).

À l’inverse, judicieusement conseillé par Henri Guaino, Sarkozy a, de manière purement verbale, mais efficace, uni la glorification de la nation avec l’exaltation du travail et de « la France qui se lève tôt ». Ce n’est évidemment pas plus consistant que la célèbre « fracture sociale » chiraquienne. Mais dans le vide de pensée sur cette question, cela a joué dans la victoire de la droite un rôle important. L’analyse détaillée des résultats de la présidentielle souligne quelques traits qui devraient inquiéter la gauche. Les ouvriers, employés et professions intermédiaires ont voté un peu moins que la moyenne nationale pour Ségolène Royal au premier tour de la présidentielle. Au second tour, ouvriers et employés ont voté majoritairement pour Sarkozy, les professions intermédiaires mettant à peu près à égalité les deux candidats. Les mêmes catégories sociales qui traditionnellement votent à gauche, se prononcent massivement pour une politique de redistribution fiscale, pour la défense de la sécurité sociale, etc., sont aussi celles qui ont voté « non » le 29 mai 2005 ... et qui se sont reportées plus facilement sur Sarkozy en 2007 - alors même que les propositions du candidat de l’UMP concernant la fiscalité, par exemple, sont massivement rejetées par les mêmes catégories sociales.i Si on passe à la géographie électorale, on retrouvera les traits. Quel est le point commun de tous ces éléments contradictoires en apparence ? Tout simplement que la question sociale et la nation sont étroitement intriquées. Lorsque le candidat de l’UMP a affirmé qu’il remettrait la France au travail, il a été entendu comme celui qui redonnerait du travail en reconnaissant les valeurs de la Nation à des millions qui ne connaissent depuis des lustres que le traitement social - de gauche comme de droite - du chômage et de la misère. La gauche a depuis assez longtemps un problème avec la nation. Le ralliement de la social-démocratie traditionnelle à l’impérialisme français - la SFIO joua un rôle décisif dans les dernières grandes aventures coloniales, qu’il s’agisse de l’expédition ou de la guerre d’Algérie - entraîna par contrecoup une méfiance systématique à l’égard de la nation et des revendications nationales, si bien que l’internationalisme, qui suppose l’existence de nations séparées, comme le mot l’indique a été remplacé par un antinationalisme ou un cosmopolitisme qui en est peut-être l’exact opposé. Pourtant, les traditions du mouvement ouvrier sont intimement liées à la question de la nation, depuis la première République (la nation s’oppose aux émigrés de Coblence) jusqu’à la Libérationii, en passant par la Commune de Paris. On objectera que, lors de la première guerre mondiale, le patriotisme de la gauche, devenu nationalisme, l’a emporté sur l’internationalisme et l’a conduite à soutenir la grande boucherie. C’est exact. En l’occurrence les chefs de la SFIO et la CGT n’ont pas défendu les intérêts de la nation, mais ceux de leur propre classe dominante. Mais la gauche ne sut pas tirer les bonnes leçons de cette tragédie du mouvement ouvrier. En 1939, le pacifisme paralysa nombre de militants parmi les plus radicaux qui ne voulaient pas prendre part à un conflit entre impérialistes... sans comprendre qu’alors défendre la nation, c’était tout simplement défendre la liberté des organisations ouvrières et les acquis de la démocratie.

Il est à craindre qu’on soit retombé dans les mêmes ornières. Et cela expliquerait la coupure de la gauche et d’une large fraction d’une classe ouvrière martyrisée par la « mondialisation » et la « concurrence libre et non faussée » imposée par l’UE, c’est-à-dire par les gouvernements au service des capitalistes. Si la classe ouvrière au sens large a voté pour le « non au TCE », c’est parce qu’elle voit dans la nation le seul cadre protecteur pour les dominés, alors que le démantèlement de tous les acquis et de toutes les protections sociales est conduit au nom de l’UE ou de la « mondialisation », « inévitable » et même « heureuse ». Si la gauche avait présenté un candidat représentant le « non au TCE », un candidat défendant les revendications ouvrières contre les règlements européens, ce candidat aurait, à coup sûr, battu Sarkozy. Au lieu de cela, la gauche a laissé le champ libre au candidat de l’UMP. Son tropisme atlantiste, ses convictions néolibérales indéracinables, sa volonté d’en découdre avec les acquis sociaux et ses liens ostentatoires avec les couches supérieures du capital financier auraient dû éloigner de lui les classes populaires et la France républicaine et égalitaire. Il a eu l’habileté d’enfourcher le discours « gaulliste » que lui avait concocté Guaino et il a pu passer pour un défenseur des travailleurs en développant une rhétorique nationale et en s’annexant les héros de la gauche, de Jaurès à Guy Môquet. Ne surestimons pas l’habileté de Nicolas Sarkozy que l’on n’a que trop diabolisé. Ça n’a pu fonctionner que grâce à une candidate « socialiste » qui ne lui a opposé que des niaiseries sur le drapeau tricolore à mettre aux fenêtres mais s’est retrouvée d’accord avec lui sur les « grands dossiers » comme les retraites, la flexibilité des horaires ou la priorité à la sécurité antisociale.

Rien n’est réglé. Les oripeaux nationaux du candidat cèdent la place à la réalité de la politique du président, politique entièrement tournée vers la baisse des salaires et la mise en conformité du « modèle social français » avec les normes européennes, l’affaire de la TVA sociale étant la plus emblématique. En nommant l’atlantiste Kouchner (avec qui il partageait la même attitude de soutien à Bush en 2003), Sarkozy a également réaffirmé de quel côté penchera sa politique internationale. La négociation du traité simplifié, que Sarkozy a présenté comme répondant au « non » du 29 mai a pour but d’accélérer la procédure de prise de décision à la majorité qualifiée et donc de lever les obstacles politiques que les souverainetés nationales font encore peser sur le démantèlement néolibéral des acquis du mouvement ouvrier. La France doit se caler sur le modèle allemand de baisse des salaires et de liquidation des droits des chômeurs.

Défendre les droits syndicaux, défendre les revendications sociales et les retraites, c’est affirmer que l’UE n’a pas à dicter la politique sociale en France, c’est affirmer que nous voulons rester maîtres chez nous et non obéir à l’aréopage bruxellois. En posant les problèmes de cette manière, la gauche authentique contribuerait du reste à démasquer les manipulations racistes qui tentent de dresser les ouvriers français contre les immigrés : ce ne sont pas les ouvriers immigrés qui menacent l’indépendance et « l’identité » nationale, mais bien la soumission à la politique du capital financier dont l’UE est le bras armé. La « gauche de gauche », « antilibérale » en refusant de prendre à bras le corps cette question de la nation s’est elle-même désarmée, s’est condamnée à ne pas mordre sur l’électorat ouvrier et a nourri le « vote utile » pour la candidate socialiste dont on ne divergeait plus guère que par les montants du catalogue revendicatif. Mais, « voici Rhodes et c’est là qu’il faut sauter » ! Le calendrier européen ne laisse plus le choix. Déjà, le TCE a fait exploser le mouvement « altermondialiste », les partisans de Negri et certains Verts se ralliant au traité concocté par Giscard et Moscovici. Les évènements à venir ne permettront plus l’ambiguïté. La ligne de clivage passera de plus en plus nettement entre une gauche républicaine, attachée à la souveraineté populaire et au véritable internationaliste et une pseudo gauche, centriste et européiste en fait, qui ne vante la mondialisation et l’abolition des frontières que pour mieux abolir les obstacles à la domination illimitée du capital.

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale
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Dimanche 6 janvier 2008
undefined  Par Gilbert Legay

Certains commentateurs ont estimé que le terme de Nation était le maître mot de la Révolution de 1789 ; c’est en effet un mot qui évoque le souffle de la liberté et l’élan des soldats de l’an II, qui montaient au combat au cri de « vive la Nation ! ». Sieyès dans sa brochure Qu’est ce que le Tiers État ? en avait précisé le sens : « Qu’est ce qu’une Nation ? C’est un corps d’associés vivant sous une loi commune et représenté par la même législation ».

En d’autres termes, la Nation c’est l’ensemble des citoyens. Pas des zozos, pas des zombies : des citoyens, c’est-à-dire des femmes et des hommes, libres, sans distinction de croyance ou de couleur de peau, unis par la loi, dans un but commun de Liberté, d’Égalité, de Fraternité, et aussi de Justice, de Bonheur et de Paix.
Le mot Nation est cité comme principe de toute souveraineté dans l’article 3 de la Constitution de la Ve République et dans l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, laquelle déclaration a édicté des principes universels, inspirés par le Siècle des Lumières, toujours valables, pour tous les humains de tous les continents. Il n’empêche qu’un jour, surpris par votre fidélité à cette idée de Nation, il se trouvera un quidam pour vous interpeller et vous demander avec étonnement : « … alors vous êtes nationaliste ? ».

Alors vous aurez le devoir de lui expliquer, et les encyclopédies le confirment, que le mot Nation désigne aussi des communautés humaines fidèles à un même territoire ou possédant une unité historique, linguistique, religieuse ou culturelle. Ceux-là peuvent avoir le réflexe de dresser des murs à leurs frontières, s’imaginant à tort, être différents des autres et avoir tout à redouter de leurs entreprises. Leur idée de la Nation les incite au repli sur eux-mêmes, sans rapport avec l’universalisme des Lumières, qui caractérise la Nation des citoyens… Les uns (on les baptise nationalistes) se méfient de leurs semblables, les autres veulent les connaître et partager leurs utopies.

Pourquoi cette confusion dans le sens des mots ? Pourquoi l’opprobre dont on couvre certains mots sans justifier leur mise à l’écart ? Pourquoi, si ce n’est pour nous égarer et nous amener à perdre nos repères ?
Ainsi, alors que l’on tente de nous persuader qu’il existe un citoyen européen (… qui n’existe pas !), ce mot « citoyen », qui désigne un humain conscient de ses droits et de ses devoirs, un être qui se préoccupe de la vie de la cité, une femme ou un homme politisé donc responsable, ce mot citoyen semble être tombé en désuétude dans le langage de nos politiques. Au nom d’un pouvoir démocratique dans sa forme, mais générateur d’un despotisme bienveillant (comme le prévoyait Alexis de Tocqueville), d’un despotisme sournois et liberticide, nous sommes devenus suivant les circonstances, chômeurs, salariés, privilégiés, assujettis, abonnés, bénéficiaires, contribuables, SDF, électeurs, consommateurs, et traités à chaque fois et uniquement comme tels !

Ainsi, ne rappelez pas que la souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum (article 3 de la Constitution, déjà cité), vous serez traités de « souverainiste », pour faire oublier que la Nation a largement voté contre un projet de constitution européenne en 2005 et justifier qu’on nous impose un autre projet, à nous citoyens, sans nous demander notre avis ! Ainsi, n’invoquez pas le peuple et ses attentes, le tiers-monde et ses espoirs ! Vous serez qualifiés de « populistes » ou de « tiers-mondistes », avec la petite touche de mépris condescendant que cela implique !

En 1651, dans son œuvre intitulée Leviathan, Thomas Hobbes (qui n’était pourtant pas un franc démocrate), s’attardait néanmoins longuement sur l’importance et la signification des mots : « Les humains formulent incorrectement leurs pensées à cause de la signification inconstante des mots qu’ils utilisent ». Sachons bien ce que nous voulons dire, et faire respecter, quand nous disons Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité, Démocratie… et quelques autres mots essentiels de notre vocabulaire républicain. Ne tombons pas non plus dans le piège des mots fourre-tout (réforme, modernité, …) qu’il faut juger à la lumière des mesures dont ils sont les prétextes. Au risque, si nous n’y prenons garde, d’accréditer les initiatives et interprétations de ceux qui portent atteinte à la République et à ses principes ! Cela étant dit… « Vive la Nation ! »


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale - Communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 2 décembre 2007

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L’historien et philosophe analyse les ressorts et les contradictions de la démocratie à l’heure de la mondialisation.

LE FIGARO LITTÉRAIRE. - « La démocratie reste l’horizon indépassable de notre temps », écrivez-vous. En même temps, vous reconnaissez que celle-ci traverse une crise sans précédent...

Marcel GAUCHET. - J’essaie de caractériser le mouvement général de la démocratie et en même temps de comprendre sa situation actuelle. La démocratie avance, elle continue d’avancer et en même temps elle se désarticule. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, mais la seconde. Le mouvement général de la démocratie, c’est le mouvement de l’autonomisation du monde humain par rapport à sa structuration religieuse antérieure. C’est ce processus qui définit, à mes yeux, la modernité. Quelles sont les structures dynamiques de celle-ci ? On peut en identifier trois. La première est d’ordre politique et elle s’incarne dans le développement historique de l’État-nation. Le dégagement de l’État depuis le XVIe siècle précède le dégagement de la nation comme entité politique souveraine au XVIIIe siècle ; mais en profondeur, ils ont partie liée. État et nation sont les deux volets indissociables de la modernité politique. La deuxième composante de cette modernité est le droit. Le mouvement vers l’autonomie des sociétés humaines se caractérise par l’invention d’un nouveau principe de légitimité. La forme juridique de la modernité peut être résumée en une simple proposition : il n’y a de droit que des individus. Nous avons ici un principe de redéfinition de la totalité des rapports sociaux, depuis ceux qui concernent les parents et les enfants, jusqu’aux rapports entre États. Troisième composante : l’appréhension du devenir humain comme historique. Toutes les sociétés humaines sont historiques bien sûr, puisque le temps les altère. Mais, à partir du XIXe siècle, nous avons affaire à quelque chose d’autre : la volonté de changement, le basculement révolutionnaire du temps vers un avenir qui délégitime le passé.

D’une vision passéiste où l’autorité est fondée sur des normes fixées à l’avance, le mouvement vers l’avenir se met à déterminer l’ensemble des activités collectives, notamment en économie puisque la modernité est inséparable d’une révolution permanente de la production et des échanges. L’histoire du XXe siècle est l’invention d’un régime « mixte », d’un genre nouveau, qui organise la combinaison de l’État-nation, du droit des individus et de la conscience historique.

Ce que nous vivons aujourd’hui serait la crise de cet assemblage que vous définissez comme un « régime mixte » ? Au début des années 1970, durant l’apogée des Trente Glorieuses, qui a été tout à la fois un miracle économique et politique, on pouvait avoir l’impression que l’on avait trouvé la martingale. Nos gouvernants en étaient convaincus, et puis voilà qu’on s’aperçoit que le mouvement ne s’arrête jamais. Ce que l’on appelle du terme fourre-tout d’individualisme relève d’un processus qui remodèle l’État, les rapports d’autorité, le commandement dans l’entreprise, la vie des couples... La « panjuridisation » de l’espace social modifie tous les rapports humains. Mais il ne faut pas perdre de vue que cette évolution est liée à une accentuation de l’orientation de l’histoire qui s’accompagne paradoxalement d’une certaine fin du « souci du futur ». Pour se représenter un futur cohérent il faut un socle, or il n’y a plus de socle. Toutes les traditions ont volé en éclats. Le résultat, c’est la désarticulation du mode de fonctionnement de nos sociétés. Notre crise politique provient de la difficulté de faire fonctionner, de manière cohérente et maîtrisée, les trois dimensions de la démocratie.

Contrairement à d’autres, vous pensez que cette crise n’annule pas le rôle du politique ? Attention à ne pas se tromper quant au sens du mot. Le politique, c’était, dans la grande tradition, ce qui commandait les sociétés par en haut au nom de plus haut qu’elles. Il y avait une transcendance et une supériorité symbolique du pouvoir. Or, depuis deux siècles, le politique descend de son piédestal. Mais cela ne veut pas dire que le politique ne joue plus de rôle ; au contraire, il est la véritable infrastructure de nos sociétés à travers la forme de l’État-nation qui reste le cadre de son élaboration, y compris quand nos nations se fédèrent au sein d’une communauté plus vaste, comme c’est le cas avec l’Europe. Le politique est la véritable clé de voûte de cet activisme généralisé que chacun de nous perçoit comme une accélération de l’histoire au quotidien.

La mondialisation actuelle ne remet-elle pourtant pas en cause radicalement la politique des États-nations ? La comparaison avec la première mondialisation des années 1900 me paraît éclairante. Dans les deux cas, la crise de la démocratie, qui va se radicaliser dans les années 1930, s’effectue sur fond de mondialisation. Mais la mondialisation des années 1900 se fait sous le signe politique de la projection de l’Europe à l’échelle du monde. C’est une mondialisation impérialiste dont le ressort est le resurgissement de cette forme que l’on croyait enfouie : l’empire. Elle s’accompagne du rêve d’un État mondial. La deuxième mondialisation, la nôtre, semble correspondre à une situation inverse : elle correspond à une situation de reflux de l’Occident post-colonial et est marquée par le primat de l’économie. À cette aune, on est tenté de considérer comme obsolètes les entités politiques. Pourtant on observe un phénomène que certains n’avaient pas prévu : les entités politiques nationales se réaffirment et les experts parlent même de « géopolitisation de la mondialisation » pour souligner ce phénomène. De fait, la mondialisation renforce l’aspiration des peuples à la sécurité et à l’identité. Et d’abord chez les Américains. Qu’est-ce que le 11 Septembre, sinon la découverte, par les Américains, qu’ils sont dans le monde et pas en dehors ! D’où, en réaction à cette prise de conscience, la réaffirmation brutale des prérogatives de l’État-nation américain.

Jacques Attali annonce pourtant un monde sans États en 2050. On avait aussi l’habitude de proclamer dans les années 1990 : « Il y a eu le temps des Églises puis celui des nations, nous sommes entrés dans celui des entreprises. » Est-ce déjà une utopie dépassée, selon vous ? Ces prédictions correspondent à ce que beaucoup de gens ressentent. C’est l’une des expressions de la désarticulation de la démocratie au profit d’un de ses pans : celui du droit, lequel devient le critère ultime dans un monde entièrement défini par l’économie. Dans ce cadre il n’y a plus de politique ni d’histoire. C’est une vue aberrante et je doute fort que le plus puissant État-nation occidental, les États-Unis, délègue demain le pouvoir à General Electric et à Bill Gates. D’autant plus que ce qui permet à la mondialisation de fonctionner, c’est justement l’infrastructure assurée par les États, qui assument la sécurité sans laquelle il n’y a ni échange pacifique possible ni prévisibilité. Il n’y a pas de confiance collective sans un cadre qui la permet.

Mais les États-Unis ont les moyens d’une politique nationale. Ce n’est pas le cas des pays européens, enfermés dans ce que l’éditorialiste Thomas Friedman appelle la « camisole dorée » des marchés financiers... L’État souverain à la papa avec canons aux frontières est révolu, mais cela ne veut pas dire que la fonction de cohésion assurée par l’État-nation est dépassée. Redéfinir les fonctions de cet État est au coeur du problème européen. La Commission de Bruxelles peut décider ce qu’elle veut ; s’il n’y a pas, en Calabre ou en Corse, un État capable de faire appliquer ses directives, cela ne sert à rien. Il faut bien des États qui permettent aux normes décidées en commun de s’appliquer.

Certains, à l’instar du théoricien allemand du cosmopolitisme Ulrich Beck, considèrent que cette vision de l’Europe est dépassée... Le théoricien allemand Ulrich Beck propose un découplage entre État et nation. Très bien. Mais c’est ignorer une dimension sans laquelle la politique disparaît, à savoir la légitimité. Pourquoi les gens paient-ils des impôts ? Parce qu’ils reconnaissent une légitimité à l’État qui est le leur. Si la nation reste, à mes yeux, la communauté politique fondamentale, ce n’est pas au nom d’un quelconque nationalisme guerrier, mais parce que sa vocation est de s’accomplir dans une communauté d’États. Il y a ici une divergence entre Américains et Européens que l’on ne peut minimiser. La version américaine de la mondialisation, c’est l’histoire de la nation la plus puissante du monde qui demande aux autres nations de ne plus l’être. Les Américains, aussi généreux soient-ils, ont un mal considérable à intégrer le principe de réciprocité. L’Europe, du fait de son passé, ne peut être fondée que sur la reconnaissance de la réciprocité des nations.

Le Figaro
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Identité et Cohésion Nationale
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