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"Il n'y a que la force de l'Etat qui fasse la liberté de ses membres." Jean-Jacques Rousseau

 
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Vendredi 31 mars 2006 5 31 03 2006 01:51
Le CPE n'est qu'un aspect de loi "égalité des chances" qui comporte plus de 50 articles sur l'emploi, l'éducation, les banlieues, la police, la famille ou encore les discriminations. Ce texte multiplie les agressions sociales en pénalisant et en culpabilisant les plus modestes. Voici les huit régressions contenues dans cette loi:

- L'apprentissage à 14 ans (articles 2 et 3) : La fin de la scolarité obligatoire à 16 ans. Un véritable mépris de l'Education nationale et un abandon consentie des jeunes en difficultés scolaire!

- Le travail de nuit et le dimanche dès 15 ans : un retour au XIXe siècle! La première loi interdisant le travail de nuit des enfants date en effet de 1874!

-De nouveaux cadeaux sans contrepartie pour les patrons (article 4) : renforcement des exonérations d'impôts pour les entreprises qui prendront des "apprentis juniors", tout ça sans aucune contrepartie!

-Le CPE (article 8) (nous n'y reviendrons pas...)

-Des aides aux entreprises plutôt au'aux habitants des quartiers populaires (articles 26 à 37) : la loi renforce les Zones Franches Urbaines (ZFU) qui permettent aux entreprises de payer moins d'impôt quand elles s'implantent en banlieue. Mais rien n'est prévu pour s'assurer qu'elles embauchent ceux qui y habitent, principe qui permettrait dès lors le développement véritable de la vie économique des cités!

-L'intégration et la lutte contre les discriminations sous la coupe de Sarkozy (articles 38 à 40): les politiques dintégration sont désormais diluée dans les politiques de sécurité ce qui suppose la criminalisation de tous les étrangers!

-La pénalisation des familles en difficulté (article 48 et 49) : la loi prévoit de pénaliser les familles dont un enfant serait trop souvent absent à l'école ou pour toute autre "carence parentale". Ainsi cette mesure n'aura que comme effet d'enfoncer un peu plus dans la précarité les familles qui ont déjà des problèmes!

-La transformation des maires en shérifs des cités (articles 50 et 51) : la loi permet un renforcement du pouvoir des polices municipales et la délégation au maire de pouvoirs judicaires!  Cette mesure achève de détruire l'égalité des citoyens devant la justice et la loi pénale, puisque la politique sécuritaire dépendra ainsi de chaque maire!  Le risque de dérapages des communes sera alors très important!

Il est donc clair qu'un retrait du CPE doit obligatoirement s'accompagner de celui de toute la loi!
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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Lundi 3 avril 2006 1 03 04 2006 00:42
Déclaration de la délégation de l'assemblée de convergence des luttes de Lille à la COORDINATION NATIONALE étudiante réunie à Lille (Villeneuve d'Ascq) le 1er Avril 2006.

« Nous sommes les représentants de l'assemblée de convergence des  luttes qui regroupe étudiants, syndicats locaux et régionaux,  associations, créée par l'AG de Lille 3.

Nous remercions la coordination nationale de nous laisser intervenir.

Vous êtes en train de marquer l'Histoire de ce pays.

C'est votre grève générale reconductible dans toutes les facs, tous les lycées pour le retrait sans conditions du CNE, du CPE, de la loi pour « l'égalité des chances » qui a permis une unité historique de 12 organisations syndicales au plan national.

C'est votre grève qui a permis pour la première fois depuis mai 1968 une lutte générale contre la précarité dans son ensemble, contre le chômage.

Face à la provocation de Jacques Chirac, les conditions sont aujourd'hui réunies pour une grève générale reconductible qui paralysera le pays et son économie.

Déjà dans 4 départements, la Gironde, la Loire Atlantique, la Sarthe et la Vienne, l'ensemble des organisations syndicales appellent à la grève reconductible.

L'ensemble des organisations Bordelaises ont interpellé les 12 organisations nationales pour mettre en œuvre la perspective de la grève reconductible dès le 5 avril pour gagner.

Pour la cinquième fois, notre assemblée générale de convergence des luttes se réunira le lundi 3 avril ici même à 19h00 pour tout mettre en œuvre et réunir les conditions de la grève reconductible dès le mercredi 5 à Lille.

Dès à présent, de nombreuses associations de chômeurs, de précaires ont rejoint l'assemblée de convergence des luttes. C'est cette démarche qu'il est possible de généraliser dans tous les départements pour imposer la victoire de la jeunesse, du monde du travail, des chômeurs, des précaires, des sans-papiers…

Vous êtes le moteur de la grève générale, ce message vous devrez le porter devant toutes les entreprises du pays pour établir un blocus dés le 5 avril.

Toute la population doit se lever pour construire une autre société débarrassée de la précarité et du chômage : ALORS AGISSONS TOUS ENSEMBLES ! ! ! »

Déclaration lue par Vladimir Nieddu
Par le Citoyen Thimèle (d'après une déclaration lue par Vladimir Nieddu) - Publié dans : Economie & Social
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Lundi 3 avril 2006 1 03 04 2006 01:14
Voilà une riposte à la hauteur du mépris de Chirac! La coordination nationale étudiante a lancé dimanche à l'université de Lille III (Villeneuve d'Ascq), un appel à la "grève générale reconductible" à partir de mardi, date de la journée nationale de manifestations et de grèves contre le CPE.

Réunie depuis samedi dans cette université , la coordination, qui ne fait pas partie de l'intersyndicale anti-CPE mais qui est la structure la plus représentative du mouvement, demande que "la date du 4 avril marque le début d'un mouvement de grève générale reconductible" jusqu'à ce que le gouvernement cède sans négociation sur le CPE, selon une déclaration lue à l'issue de près de trente heures de débats.

Les quelque 500 délégués étudiants et lycéens, qui représentent 69 universités et 45 lycées en grève, ont souligné qu'ils entendaient convaincre les salariés de les rejoindre. "Nous allons prendre contact dès lundi avec des salariés et les syndicats dans les entreprises pour prendre des initiatives originales et démontrer notre force", a expliqué dimanche Rachid Tayeb, l'un des délégués étudiants de l'université Paris X.

La coordination nationale a également appelé à des journées d'actions ponctuelles qui devront être décidées au sein de chaque université et a annoncé la poursuite des blocages de routes, des autoroutes, des gares et des universités.

Que cet appel soit entendu!
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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Dimanche 9 avril 2006 7 09 04 2006 22:54
Il existe de nombreuses solutions pour lutter contre le chômage et la précarité.  Elles ne sont pas forcément toutes complémentaires mais elles sont pertinentes en matière de dignité humaine et en matière économique. En voici les principales:

-Abrogations du CPE et du CNE.

-Relance de la croissance, essentielle pour créer des emplois. Celle-ci devra se faire par une augmentation du SMIC (à 1500/1600€ par mois) et des diverses allocations qui permettront de relancer la consommation et donc la croissance et ainsi créer des emplois.

-Créer des emplois publics dans les domaines qui en ont le plus besoin comme la Santé et l'Education. On pourrait ainsi créer au minimum 100 000 emplois.

-Favoriser la création d'emplois de services, de plus en plus nécessaires dans notre société.

-Création d'un droit permanent à l'emploi et à la formation, d'une véritable sécurité professionnelle. Tout citoyen aurait ainsi le droit, tout au long de sa vie,à un revenu correct contre un véritable engagement à se former et à chercher un nouvel emploi.

-Valoriser le CDI, en faire une norme. Ainsi il faudrait taxer et augmenter les cotisations sur les emplois précaires. Au contraire baisser le coût des CDI.

-Réduire les cotisations patronales assises sur les salaires et prendre en compte plus principalement celles assises sur la valeur ajoutée.

-Tenir compte d'un rapport entre les salaires et la valeur ajoutée pour l'établissement des cotisations. Plus la part des salaires sera grande et moins les cotisations seront importantes. Au contraire l'entreprise qui économise sur les salaires et licencie massivement, paiera d'importantes cotisations.

-Augmenter les budgets de l'Education et de la Recherche. Ainsi on pourrait améliorer les qualifications et leurs adaptions vis-à-vis du monde de l'emploi. Il est nécessaire aussi de mieux reconnaitre ces qualifications tout au long de la carrière professionnelle.

-Poursuivre le partage du temps de travail: étendre les 35h aux entreprises aux entreprises de moins de 20 salariés voire instaurer les 30/32h de travail hebdomadaire.

-Donner les moyens aux PME et TPE (Très Petites Entreprises), celles qui créent le plus d'emplois, à en créer justement davantage en baissant considérablement leurs charges. Au contraire instaurons une cotisation sur les revenus financiers, exonérés jusque là.

-Favoriser davantage la création d'entreprises            par le soutien financier de l'Etat à tous ceux qui veulent en créer une. Encourager dans ce cadre la création de coopératives.
Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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Jeudi 27 juillet 2006 4 27 07 2006 15:29

Qu'est ce que l'AGCS?

AGCS veut dire Accord Général sur le Commerce des Services.

L"AGCS est un accord cadre signé en 1994, actuellement en cours de renégociation dans les couloirs de l'OMC: C'est un accord visant à la libéralisation des Services planétaires. Ces services sont entre autres, l'eau, l'éducation, la santé, le tourisme, l'énergie, le transport...

Bien sûr, vous vous dites que de nombreuses choses citées ici sont déjà libéralisées, mais l'ampleur est tout autre. Voici volontiers quelques exemples que nous vous encourageons fortement à diffuser:

- A la vue du document de l'OMC S/C/W/50 35,42,47, Salaire Minimum et Sécurité Sociale sont traités par les négociateurs comme des "obstacles techniques au commerce".

- Selon le mode 4 de l'AGCS, document S/C/W/50 26,60 - S/C/W/46 p9 - S/C/W/29,note des Etats-Unis, 12.00, l'OMC prône le recours à une main d'oeuvre étrangère à faible coût, personnel embauché avec des CDD, sur la base légale et salariale du pays d'origine"

- Les Etats-Unis demandent l'application du principe de "Neutralité technologique", lequel interdirait à un pays de préférer une source d'énergie à une autre (solaire ou éolien plutôt que nucléaire par ex.).

- Selon les articles 6.4 et 23.3, n'importe quelle loi ou mesure d'un pays peut être contestée voire sa suppression demandée si elle "compromet" les "avantages" que des entreprises étrangères pouvaient raisonnablement "s'attendre" à tirer de l'Accord.

 

Quels sont les dangers de l'AGCS?

Le traité s'applique à toutes les mesures qui affectent le commerce des services, que ces mesures soient prises par les autorités gouvernementales centrales, régionales, locales ou non-gouvernementales dans l'exercice de délégations.
Selon l'AGCS, les subventions sont reconnues comme des obstacles éventuels au commerce des services et les Etats qui prennent des engagements dans un secteur de service doivent signaler toute subvention accordée dans ce secteur comme limitation au principe du traitement national .


Pour parler clair, cela signifie que toute autorité locale ou nationale aura un champ de manoeuvre très limité.
Que pensez-vous d'un monde où votre mairie ne pourra pas s'opposer à une station d'épuration privée sur son territoire communal, ne pourra plus subventionner les services de restauration scolaire sans qu'une firme ne lui demande compensation pour concurrence déloyale?
Que pensez-vous d'un monde où on ose remettre en question l'intérêt national de nos forêts et de nos parcs naturels dans un traité?
Comment un état pourra penser sur le long terme sa politique d'énergie alors qu'un traité lui impose une libéralisation à outrance dans ce secteur?


L'AGCS est la remise en cause de notre souveraineté car cet accord casse les principes de démocratie à tous les niveaux: local, régional et national.


 


Un logo pour protester


Ce logo (libre de droit) permet de montrer son opposition, c'est l'expression graphique de votre désaccord. A vous de l'afficher sur votre porte, votre vélo, votre école, votre mairie, dans vos entêtes de lettres, sur vos sites Internet. Faites-en des drapeaux, des tee-shirts... A vous de le faire vivre et de le répandre. A vous d'informer vos amis, vos parents, vos voisins et vos élus. Faites comme de nombreuses villes dans le monde, déclarez-vous zone hors-AGCS et montrez le. Que ceux qui négocient dans une ambiance semi-secrète sachent que le monde qu'ils nous préparent n'est pas celui qu'on veut.


Vous êtes un citoyen? Vous aimez la liberté?
Battons nous!


Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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Samedi 29 juillet 2006 6 29 07 2006 00:27


Par Gabriel des Moëres


Dans une intéressante tribune publiée dans Libération, Bernard Morel, économiste à l’université de Provence, et François Taulelle, géographe à l’université de Toulouse-Le Mirail, étrillent la focalisation du gouvernement sur la « compétitivité ». Alpha et omega de toute politique territoriale, la compétitivité « n’est pas de l’aménagement du territoire, puisque le mot est en fait utilisé dans le sens de compétition, de classement pour repérer les plus forts et laisser sur le bord du chemin les plus faibles ». Plus grave encore, le fait de placer ce principe au premier rang des politiques se traduit par la juxtaposition de projets, de contrats sectoriels, de coopérations à géométrie variable qui dessinent peu à peu un échevau dans lequel disparaît toute stratégie globale.

Là encore, l’État et la nation sont les ennemis implicitement désignés puisque, dans cette nouvelle donne, on éteint tout débat sur l’avenir du territoire national et on reformate d’ailleurs les instances qui, naguère, étaient chargées de le nourrir.

Pas question ici de contester le bien-fondé de la recherche d’une plus grande compétitivité : la concurrence européenne, alibi de bien des trahisons, n’en est pas moins réelle et l’attrait économique de nos territoires est un enjeu majeur. L’écueil réside plutôt dans la tendance à considérer la compétitivité comme l’horizon indépassable des politiques territoriales.

« Laisser le territoire national s’organiser à partir de quelques territoires dynamiques, refuser l’inscription des évolutions économiques, sociales, dans un cadre national par la production d’une réflexion prospective, c’est courir un grand risque : celui de creuser encore plus des inégalités. », écrivent Morel et Taulelle. Au-delà, c’est la perception et la réalité de la solidarité nationale qui se trouvent menacés. L’implantation d’une ou deux Sillicon Valley à la française par région ne suffira jamais à réduire l’écart de développement entre les régions ni à apporter de solutions viables aux aspects territoriaux de la fracture sociale.

Héritage raffarinien, le concept creux de « compétitivité », s’il respire le dynamisme, la modernité et l’optimisme, permet de s’affranchir en beauté du cadre clair, stable et égalitaire de l’État et de la loi, pour d’évoluer dans le flou des arrangements contractuels, des coopérations décentralisées, des multipartenariats, des expérimentations. Une manière, par les mots, de passer à côté des vrais enjeux économiques et sociaux d’aujourd’hui et de demain.

Revue Républicaine

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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Samedi 19 août 2006 6 19 08 2006 00:19

La Commission européenne ne voit pas de raison de s'opposer à ce qu'une entreprise refuse d'embaucher quelqu'un au motif qu'il est fumeur.

Une représentante de la Commission européenne, Katharina von Schnurbein, porte-parole du commissaire européen à l'Emploi et aux Affaires sociales a affirmé qu'une entreprise peut tout à fait refuser d'employer une personne parce qu'elle fume sans s'exposer à des poursuites pour discrimination. Selon cette source officielle, ce motif de refus d'emploi "n'est pas couvert par la législation européenne contre les discriminations".

Cette clarification intervient à la suite d'une question soulevée par le Parlement européen au sujet d'une offre d'emploi émise par une entreprise irlandaise qui précisait que les candidats fumeurs n'avaient "pas besoin de postuler".

"La législation anti-discrimination européenne interdit la discrimination sur la base d'origines raciale, ethnique, d'un handicap, de l'âge, de l'orientation sexuelle, de la religion et des croyances"
a répondu le commissaire européen concerné en précisant qu'une"annonce d'emploi disant que les fumeurs n'ont pas besoin de postuler ne semble tomber dans aucune des justifications d'interdiction mentionnées".

On savait déjà que le corpus de règles dites "anti-discrimination" importées en Europe en se fondant sur le modèle américain reposait sur une logique absurde de tri de la population en fonction d'un drôle de mélange entre caractéristiques ethniques, convictions religieuses et pratiques sexuelles. Et voici qu'elles sont désormais invoquées pour justifier des mesures d'ostracisme en fonction de la vie privée. En France, même l'Alliance contre le tabac s'est insurgée contre la position de la Commission européenne : "Nous n'avons jamais demandé ça, c'est aberrant, tout à fait inutile dans la lutte contre le tabagisme. Les fumeurs sont victimes d'une dépendance et ils faut les aider. (...) Cela n'a jamais été proposé par aucune organisation sérieuse même au niveau international. (...) C'est la porte ouverte à d'autres discriminations - obésité, diabète, hypertension artérielle etc. - et pourquoi pas la (sélection) génétique" a ainsi déclaré son président, le professeur Dubois.

Un fumeur maltraité par une entreprise avec la bénédiction de la Commission européenne aura peut-être une chance de voir sa situation reconsidérée s'il est par ailleurs noir, musulman ou homosexuel. Pour les autres... C'est le patch ou la porte !
 

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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Dimanche 20 août 2006 7 20 08 2006 20:22

Par Antoine Krempf


Selon la Fondation Abbé Pierre, 3,5 millions de personnes sont concernées en France. Les plus précaires passent de squats en chambres insalubres.


"Une nouvelle fois, l’année qui vient de s’écouler aura vu la situation se dégrader sur le front du mal-logement", affirme Raymond Étienne, président de la Fondation Abbé Pierre, dans la préface de son rapport 2006. En août 2005, 17 personnes, dont 14 enfants, périssaient dans l’incendie d’un immeuble vétuste à Paris. En l’espace de cinq mois, le feu fera 43 autres victimes dans les mêmes conditions. Toutes les familles touchées attendaient un relogement, certaines depuis plus de deux ans. Cet hiver, les tentes de Médecins du monde fleurissaient dans les rues de la capitale pour alerter les pouvoirs publics sur la situation de l’hébergement des sans-abri. Aujourd’hui, l’évacuation de Cachan. Autant d’évènements qui révèlent la situation dramatique du logement en France.

Selon les estimations de la Fondation Abbé Pierre, le mal-logement concerne aujourd’hui 3,5 millions de personnes en France. Il englobe l’absence de logement, les difficultés d’accès à l’habitat, le manque de confort et l’insalubrité, une mobilité difficile ou une assignation à résidence. Les 1 000 de Cachan font partis de la première catégorie, celle des 700 000 à 800 000 personnes qui se trouvent « aux portes du logement ». Parmi eux, on compte aussi bien les sans-domicile que les personnes hébergées dans les centres d’accueil.

« Dans les squats, ce sont des familles africaines immigrées, pour la plupart, qui n’ont pas d’autres choix. Pour des raisons d’argent, administrative ou pratique, elles ne peuvent pas accéder aux foyers », note Joachim Soares, directeur de l’espace Solidarité Habitat à la Fondation Abbé Pierre. Tous espèrent accéder au logement mais sont confrontés à la crise qui touche ce secteur. En 2004, seul le tiers des 1 300 000 demandeurs de logement social ont vu leur requête aboutir.

Alors que les besoins sont estimés à plus de 900 000 logements sociaux, le plan de cohésion social ne prévoit d’en créer que 500 000 nouveaux d’ici à cinq ans. « Au rythme de construction actuel, il va falloir quinze à vingt ans pour arriver à un parc satisfaisant », déplore Joachim Soares. D’autant que le boom des loyers dans le parc privé ces dernières années ne permet pas au plus démunis d’aller frapper à la porte des propriétaires. « Sur ce point, il n’y a aucune perspective d’amélioration », poursuit Joachim Soares. La solution à court terme pour ces derniers ? Les chambres d’hôtels ou les occupations d’appartements, insalubres pour la plupart, en espérant qu’ils ne prennent pas feu. (L'Humanité)


Un toit pour tous, ce serai trop demander?

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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Vendredi 8 septembre 2006 5 08 09 2006 20:49

 Par Pascal Dronne et Yves Housson


Scandale! Alors que Villepin se vantait d’augmenter le pouvoir d’achat des smicards, les impôts réclame un "trop-perçu" à 250 000 foyers défavorisés bénéficiaires de la prime pour l’emploi.

C’était il y a tout juste une semaine. Le chef du gouvernement, faisant sa rentrée sur TF1, fanfaronnait, et la presse faisait caisse de résonance, proclamant en gros titres : "Villepin soutient les bas salaires", "Pouvoir d’achat : Villepin multiplie les signaux concrets", etc., etc. Motif de cet enthousiasme : le gouvernement avait décidé d’augmenter la "prime pour l’emploi", en portant à 940 euros en 2007 son montant annuel pour un célibataire au smic.

Il n’y avait pas meilleur signe de la préoccupation du gouvernement pour le pouvoir d’achat des Français, nous signifiait-on. Hier matin, patatras : on apprend, de la source la plus officielle, le ministère des Finances, confirmant - bien obligé - une information du Figaro, que ce même gouvernement, soit-disant si sensible aux soucis financiers de ses concitoyens les plus défavorisés, va faire les poches de 250 000 d’entre eux. Vous avez bien lu : le fisc réclame un prétendu trop-perçu à 250 000 foyers classés dans la catégorie des pauvres, pour qui cette rentrée, avec son cortège de hausses de prix, est synonyme de dramatique casse-tête budgétaire.

Comment le « père Noël » Villepin s’est-il transformé en « père Fouettard » ? Versée aux travailleurs à bas salaires (entre 0,3 et 1,4 SMIC), afin d’inciter « au retour en emploi et au maintien dans l’emploi », la prime pour l’emploi (PPE) est versée à 9,2 millions de personnes, soit sous forme d’un chèque si elles ne paient pas d’impôt sur le revenu, soit sous forme de baisse de cet impôt. Conçue pour faire accepter les jobs mal payés (voir article page suivante), les gouvernements successifs l’ont utilisée pour afficher leur souci du pouvoir d’achat. C’est justement afin de renforcer cette image que l’équipe Villepin a décidé, l’an dernier, d’offrir la possibilité de la toucher chaque mois. Jusqu’alors, la PPE était perçue en une seule fois, à la fin de l’été, sur la base des revenus de l’année précédente. En 2006, 1,5 million de bénéficiaires ont opté pour la mensualisation : de janvier à juin, ils ont donc touché un douzième de la prime reçue l’année dernière. Une sorte d’anticipation, dans l’attente d’un éventuel ajustement au vu de leurs droits réels calculés sur les revenus de 2005. Et ce qui était dès lors à craindre est arrivé : considérant les changements de situation survenus l’an passé, les services de Bercy ont constaté que 250 000 personnes ainsi mensualisées ont trop perçu.

Explication : pour la moitié d’entre eux, leurs revenus ont augmenté. Peu importe si, avec ces revenus accrus, ils restent, comme c’est probable, dans la catégorie des travailleurs pauvres, le seuil à ne pas dépasser pour avoir droit à la PPE est de 12 606 euros par an pour une personne seule, 25 211 euros pour un couple. Pour l’autre moitié, la raison est à la fois plus simple et plus scandaleuse : ils ont perdu leur emploi, or, pour être éligible à la PPE, il faut en avoir un. À tous, le Trésor public demande donc aujourd’hui de rembourser tout ou partie des sommes qu’ils ont encaissées depuis le début de l’année... Et qu’ils ont bien évidemment très vite dépensées, ces foyers modestes n’ayant en général guère le loisir de spéculer en Bourse...

Visiblement pas choqué par cette décision, le ministère des Finances a fait savoir hier qu’« il y aura un étalement des remboursements, la situation de chacun sera prise en compte ». Pour en minimiser l’impact, il fait valoir que le remboursement portera parfois sur « des montants qui peuvent être très faibles ». Et, cherchant, piteusement, à se dédouaner et à culpabiliser les victimes de ce sale coup, Bercy assure que les bénéficiaires ayant choisi la mensualisation n’ont pas été pris par surprise, puisqu’ils ont été prévenus au moment de passer à ce mode de paiement qu’ils risquaient d’avoir des sommes à rembourser.

Il n’en reste pas moins que la mesure « sonne comme une punition des chômeurs », dénonce le comité national CGT des privés d’emplois, parlant même d’une « double peine » pour ceux qui ont perdu leur job. La CGT demande au gouvernement, à l’instar de l’association AC !, de renoncer au remboursement. Le Parti communiste dénonce avec vigueur une décision « inique, s’agissant de gens qui se retrouvent au chômage et qui devraient, au contraire, bénéficier d’un soutien accru, y compris pour pouvoir rechercher un emploi ». Une décision « perverse » aussi, ajoute le PCF, « s’agissant de ceux qui se retrouvent en quelque sorte sanctionnés de connaître une amélioration de leur salaire » : la PPE mensualisée « fonctionne comme une incitation à refuser une augmentation ». Au-delà, cette douloureuse mésaventure souligne la perversité de ce « système de subventionnement d’emplois à très bas salaires ». Enfin, elle apparaît d’autant plus injuste que, dans le même temps, le gouvernement va faire entrer en application, en 2007, une réforme fiscale qui va valoir quelque 6 milliards d’euros « d’économies d’impôts », pour l’essentiel aux foyers les plus fortunés. Cette affaire dévoile ainsi le vrai visage de l’équipe Villepin : celui d’un Robin des Bois inversé, tapant dans le portefeuille des pauvres pour redistribuer aux privilégiés.

L'Humanité

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 09 2006 02:59

Par Naomi Klein



La Croix Rouge vient d’annoncer un nouveau partenariat en réponse aux catastrophes avec la société Wal-Mart. Lorsque le prochain cyclone s’abattra, ce sera une coproduction entre Grande Aide et Grande Distribution. C’est la leçon que le gouvernement étatsunien aurait apparemment apprise après le cyclone Katrina : les situations de catastrophe sont mieux gérées par le business.

"Tout sera entre les mains du privé, tôt ou tard," a dit au mois d’avril Billy Wagner, chef de la gestion des catastrophes naturelles du sud de la Floride, tandis qu’il suivait la progression de la tempête tropicale Ernesto. "Ils ont le savoir-faire. Ils ont les moyens." Mais avant qu’un tel consensus ne se développe, il serait peut-être temps d’examiner comment la privatisation des catastrophes a commencé, et où elle ménera inévitablement.

La première étape fut la démission du gouvernement devant sa responsabilité de protéger la population des catastrophes. Sous l’administration Bush, des secteurs entiers du gouvernement, notemment le Département de la Sécurité Intérieure (Department of Homeland Security) ont été transformés en glorieuses agences de travail temporaire où les fonctions essentielles sont sous-traitées à des entreprises privées. La théorie dit que les chefs d’entreprises, allechés par le profit, sont toujours plus efficaces (prière de ne pas exploser de rire).

On a vu le résultat à la Nouvelle Orléans, il y a un an : Washington était déséspéremment faible et inepte, en partie parce que ses experts en gestion des catastrophes sont partis travailler dans le privé et sa technologie et infrastructure étaient définitivement dépassées. En comparaison, le secteur privé avait l’air plus moderne et compétent.

Mais la lune de miel ne dura pas longtemps. "Où est parti tout l’argent ?" demandent les gens déséspérés de Bagdad à la Nouvelle Orléans, de Kaboul au Sri-Lanka. Une bonne partie de cet argent est parti dans le capital des sociétés sous-traitants privées. Généralement au vu et au su de tous, des milliards de dollars de nos impôts ont été investis dans la création d’infrastructures privées : le nouveau siége social ultra-moderne du Groupe Shaw à Baton Rouge, les bataillons entiers d’engins de terrassement de Bechtel, le campus de 2400 hectares de Blackwater USA dans la Caroline du Nord (avec son camp d’entrainement paramilitaire et une piste d’atterrissage de 1800 mètres).

J’appelle ça le Complexe du Capitalisme de Catastrophe. Quoique vous puissiez avoir besoin dans un moment d’urgence, ces sous-traitants pourront vous le fournir : générateurs, citernes, lits de camps, maisons préfabriquées, systèmes de communications, hélicoptères, médicaments, et des hommes armés.

Cet état-dans-l’état a été construit presque exclusivement avec l’argent des contrats publics, dont la formation du personnel (en très grande majorité ce sont d’anciens fonctionnaires, élus et militaires). Et pourtant, ce secteur est totalement privatisé. Les contribuables n’ont aucun droit de regard. Jusqu’à présent, cette réalité n’est pas encore entrée dans les esprits parce que les factures de ces sociétés sont payées par le gouvernement. Le Complexe du Capitalisme de Catastrophe offre ses services gratuitement au public.

Mais voici le problème : le gouvernement des Etats-Unis va être fauché, en partie à cause de ce genre de dépenses débiles. Le dette du pays s’élève à 8 000 milliards de dollars ; le déficit du budget fédéral s’élève au moins à 260 milliards de dollars. Ce qui signifie que tot ou tard le gouvernement ne paiera plus ses sous-traitants. Chez les initiés, on appelle ça la "Bulle de la Sécurité Intérieure"

Lorsque cette bulle éclatera, les entreprises telles que Bechtel, Fluor et Blackwater perdront leur principale source de revenus. Elles auront toujours tout leur matériel high-tech pour répondre aux catastrophes, tandis que le gouvernement aura perdu peu à peu sa propre expertise. Il faudra alors louer leur matériel et leurs structures, et leur prix sera le notre.

Voici un exemple de ce qui pourrait nous attendre dans un avenir pas si lointain : l’hélicoptère décollera d’un toit dans une ville inondée pour 5.000 dollars par tête (7.000 dollars pour une famille entière, animaux domestiques inclus), de l’eau en bouteille et des "repas précuisinés" pour 50 dollars par personne (c’est cher, mais c’est la loi de l’offre et de la demande), et un lit de camp dans un abri avec une douche portable (présentez votre identification biométrique, qui aura elle-même été développée dans le cadre d’une sous-traitance de la Sécurité Intérieure, et nous vous enverrons la facture).

Ce modèle, bien sûr, est celui du système de santé des Etats-Unis, où les riches ont accès aux meilleurs traitements dans le meilleur confort alors que 46 millions des Américains n’ont pas d’assurance maladie. En tant que réponse à une catastrophe, le modèle est déjà en application pour la pandémie du Sida : le secteur privé a réussi à fabriquer des médicaments (grâce aux grosses subventions de l’état), qui sont facturés si chers que la vaste majorité des malades touchés par le virus ne peuvent se payer le traitement.

Si c’est ça la réactivité du privé devant une catastrophe annoncée, que pouvons nous espérer dans le cas de catastrophes soudaines, telles que des cyclones ou des attaques terroristes ? Il faut rappeler que pendant le bombardement récent du Liban par Israel, le gouvernement US avait d’abord tenté de facturer aux citoyens US leur propre évacuation. Et, évidemment, tous ceux au Liban qui n’avaient pas un passport occidental n’avaient aucun espoir d’être évacués.

Il y a un an, les travailleurs et les pauvres de la Nouvelle Orléans se réfugièrent sur les toits pour attendre des secours qui ne sont jamais venus, alors que ceux qui avaient les moyens de payer ont réussi à s’enfuir. Les dirigeants du pays affirment que ce fut le résultat d’une erreur lamentable, une faille dans la communication qui est en train d’être corrigée. Et leur seule réponse est d’accentuer encore plus la "privatisation des solutions".

A moins d’un changement radical de politique, la Nouvelle Orleans aura été un avant-gout d’un futur sombre, un futur de l’apartheid dans la catastrophe où les riches seront sauvés et tous les autres seront abandonnés à leur sort.

Bellaciao

Par le Citoyen Thimèle - Publié dans : Economie & Social
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