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"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Mardi 10 juin 2008

La Commission européenne vient de lancer une nouvelle attaque massive contre le Code du Travail de plusieurs pays européens, dont la France.

Les Commissaires européens, qui n’ont jamais été élus à ces fonctions stratégiques par qui que ce soit, et parmi lesquels on compte 1 Français sur 27, ont en effet décidé de mettre à l’ordre du jour leur projet de révision de l’actuelle Directive européenne sur le temps de travail.


Ce projet, qui sera examiné au prochain conseil des ministres européens de l’Emploi et des Affaires sociales le 9 juin à Luxembourg, prévoit le maintien et la pérennisation de la procédure dite d’« opting out », procédure qui permet à une entreprise de déroger, dans un cadre individuel, à la règle du maximum de 48 heures hebdomadaires de travail. Rappelons que cette règle des 48 heures de travail maximum par semaine avait été établie pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs, de même que leur bien-être et leur vie de famille.

L’Europe veut repousser de 48 à 60 heures la durée maximum de travail autorisée

Si cette nouvelle Directive européenne banalisant le travail au-delà des 48 heures par semaine est avalisée par les ministres des 27 États européens, les salariés ne disposeront alors plus que d’une ultime protection juridique : la Commission européenne propose de limiter la durée maximale hebdomadaire à 60 heures de travail calculée en moyenne sur trois mois. Du reste, le même projet de révision de la Directive prévoit aussi d’étendre à 12 mois, au lieu de 3, la période de référence pour le calcul de la durée moyenne de travail hebdomadaire.

Autant dire que ce que la Commission européenne a en tête, c’est bien de rendre licites, sinon banales, des semaines de travail pouvant aller jusqu’à 60 heures.

Elle se retranche hypocritement derrière l’idée que cette durée résulterait de « négociations » effectuées par les entreprises au cas par cas avec leurs salariés. Mais, compte tenu de la situation de l’emploi et de la précarisation croissante des contrats de travail, il n’est pas besoin d’être devin pour prévoir que ces « négociations » opposant le salarié-pot-de-terre à l’employeur-pot-de-fer risqueront de tourner rapidement à l’alternative : « c’est 60 heures de travail par semaine ou vous prenez la porte. »

Cerise sur le gâteau, ce projet de « modernisation » de la Directive européenne sur le temps de travail prévoit également que le temps de garde sur le lieu de travail ne soit plus considéré comme temps de travail effectif, contrairement à la jurisprudence européenne actuelle.

Une régression sociale de 90 ans en arrière

La « modernisation » concoctée par les dictateurs de Bruxelles revient, avec un cynisme consommé, à affubler du terme de modernité ce qui constitue au contraire une formidable régression sociale. Comme vient de s’en indigner le syndicat FO, il s’agit en effet rien moins que de supprimer la limite des 48 heures de travail hebdomadaire, durée qui avait été fixée par la Convention n°1 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en... 1919 !

Cette régression sociale de 90 ans en arrière est si spectaculaire que ce projet de révision de la Directive sur le temps de travail - voulu par la Commission européenne depuis des années - a été bloqué depuis des années par quelques États, dont la France. Mais cette fois-ci, il est possible qu’elle soit enfin entérinée par les 27 ministres de l’Emploi et des Affaires sociales qui doivent se réunir à Luxembourg.  Les lobbys industriels très actifs auprès de la Commission européenne exercent une pression considérable, de nombreux nouveaux États membres y sont favorables, et plusieurs capitales jusque-là rétives, dont Paris et Londres, ont souligné cette semaine leur volonté d’aboutir sur ce texte.

CONCLUSION : LE VISAGE HIDEUX DE LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE

Avec ce goût pour les antiphrases cyniques et odieuses qui est celui de toutes les dictatures, la « construction européenne » est une déconstruction de tout ce qu’avaient bâti nos aïeux. Sa prétendue « modernité » camoufle un retour impitoyable et sournois à l’Europe du XIXe siècle. Avec les enfants que l’on est en train de remettre au travail à partir de 12 ans, avec des semaines de travail de plus en plus interminables, avec une précarité sociale croissante et tous azimuts, avec la paupérisation du plus grand nombre tandis qu’une infime minorité de fortunes indécentes donne des leçons de morale, la construction européenne nous ramène avec obstination et aveuglement à l’Europe de Dickens.

Ainsi donc, la « construction européenne » apparaît chaque année un peu plus pour ce qu’elle est : une phénoménale régression historique, politique, économique et sociale, une sorte de Restauration dans l’esprit de Louis XVIII et du retour de ces nobles émigrés qui n’avaient, selon le mot fameux de Talleyrand, « rien oublié, ni rien appris ».

La dictature européenne est en train de faire régresser la France et tout le continent européen vers une situation moralement inhumaine et socialement explosive, celle-là même qui provoqua toutes les convulsions tragiques des deux siècles passés.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale communauté : Les blogs républicains
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Samedi 24 mai 2008


Les actions des pêcheurs en colère révèlent le désespoir légitime d’une profession sacrifiée sur l’autel d’une Europe inefficace, vexatoire et malthusienne.

La totale impuissance du gouvernement et du président de la République, obligés de quémander à Bruxelles des autorisations de subventions temporaires et partielles, tranche cruellement avec les promesses et les déclarations martiales de ces derniers mois.

La crise de la pêche française illustre le sentiment général des Français qui découvrent avec effarement que leurs dirigeants ont perdu le pouvoir. Nous sommes tous des pêcheurs !

Quant à la gestion de la pêche en Europe, il est inadmissible de ne proposer que l’accompagnement de la mort lente et programmée de cette profession, pourtant essentielle à notre aménagement du territoire. Les pêcheurs veulent vivre de leur propre travail et non de l’assistanat.

On ne fera pas l’économie de la révision radicale d’une politique européenne de la pêche qui, seule entre toutes, pratique une autolimitation drastique des captures et importe massivement des poissons de qualité médiocre, tout en laissant les flottes extra-européennes piller allègrement la ressource halieutique.

En même temps qu’il faudra réviser cette politique malthusienne suicidaire, on devra rétablir en Europe une politique multilatérale de gestion de la ressource où seuls les pays maritimes (Espagne, France, Italie, Belgique,…) auront leur mot à dire et pourront ainsi négocier efficacement avec les autres grands pays de pêche (Russie, Norvège, Japon,…) un partage équitable de la ressource.


Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste de l’Essonne Président de Debout la République

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 30 avril 2008
Le Livret A est au service de chacun d'entre nous comme de la collectivit� depuis 190 ans. Des plus jeunes aux plus âgés, où que l'on habite sur l'ensemble du territoire national, quelle que soit sa situation financière, le Livret A répond à l'intérêt de ses 46 millions de détenteurs, français et étrangers.

Simple et pratique, on y dépose, on y retire ce que l'on veut, quand on veut.

Gratuit et accessible � tous sans conditions.

Social, il permet à 1,5 millions d'exclus des banques de disposer d'un compte gratuit.

Sécurisé, c'est un produit d'épargne garanti par l'Etat permettant le versement d'un intérêt, net d'impôt, contrairement à un placement en bourse.

Public, les fonds sont centralisés dans une institution 100% publique, sous contrôle du Parlement : la Caisse des Dépôts et Consignations.

Utile et solidaire, cette épargne a permis de financer les HLM, les écoles, les transports publics, ...

Le gouvernement veut privatiser le Livret A au profit des marchés financiers

contre l'intérêt des 46 millions d'épargnants, des locataires, des mal-logés et des exclus du système bancaire. C'est une attaque directe contre les guichets de la Poste et des Caisses d'Epargne et contre le service public (Caisse des Dépôts et Consignations).

Retrait du projet de privatisation du Livret A !

Signer la pétition
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Samedi 19 avril 2008
Interrogée le 13 avril, au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, sur l'éventualité de voir la Sécurité sociale se désengager de secteurs entiers de soins - comme l'optique – et de laisser leur prise en charge aux assurances privées ou aux mutuelles complémentaires, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a répondu affirmativement , en précisant :

« La question est posée. On constate que les cotisations sociales que paient les organismes complémentaires ont certes augmenté de 30% dans les dix dernières années, mais (on constate aussi) que dans les quatre ans qui viennent de s'écouler la marge bénéficiaire (...) a pratiquement doublé à périmètre de prise en charge égal. Donc il y a des marges de manœuvre. Je mets, pour faire basculer des dépenses de santé vers les organismes complémentaires, un certain nombre de conditions (...) D'abord les mettre en concurrence » .

Le 4 avril, le PS réagit vivement, par la voix de Jean-Marie Le Guen, député de Paris, qui condamne sur RTL ce possible désengagement de la Sécurité sociale en ces termes : « C'est une privatisation annoncée, c'est un transfert sur les familles parce qu'évidemment personne ne peut croire une seconde que devant ces charges nouvelles, les organismes complémentaires, mutuelles ou assurances, n'augmenteront pas leurs cotisations. Cette mesure, qui est évidemment supportable pour des familles qui ont de très hauts niveaux (de revenus), est totalement insupportable pour des familles qui ont plusieurs enfants et qui ont des vrais problèmes de pouvoir d'achat. C'est un reniement de la parole donnée par le pouvoir, une inconséquence sociale, et puis une absence d'imagination et de générosité ».

De son côté, Pascal Terrasse, secrétaire national du PS à la Santé, a publié un communiqué pour dénoncer « la droite (qui) cherche à faire des économies au détriment de la santé des Français, alors que 14% de la population renonce déjà à se soigner pour des raisons financières. Les franchises médicales étaient le hors-d'oeuvre, nous sommes passés au plat principal avec la fin de la Sécurité Sociale pour tous », accuse-t-il.

Les critiques du Parti Socialiste contre ce « ballon d’essai » envoyé par Roselyne Bachelot sont parfaitement justifiées. La mesure de désengagement envisagée n’est que la énième d’une longue liste de mesures de déremboursements décidées depuis maintenant plusieurs années. Toutes ces mesures s’inscrivent dans le droit fil d’une politique dont la logique finale est bel et bien le démantèlement des acquis de la Libération, la privatisation rampante de la Sécurité sociale et une santé à plusieurs vitesses selon que l'on sera riche ou pauvre. Le tout pour singer le « modèle américain », dont le mauvais fonctionnement et les injustices criantes sont pourtant continuellement dénoncées outre-Atlantique.

Mais les critiques du PS sont aussi d’une parfaite hypocrisie. Car le nouveau démantèlement envisagé par le gouvernement n'est pas sorti tel quel du cerveau de Mme Bachelot. Comme la plupart des grandes décisions prises désormais dans notre pays, il n'est que la mise en œuvre des « Grandes Orientations des Politiques Economiques » (GOPE) décidées par la Commission européenne depuis de nombreuses années pour chacun des pays de l’Union.

S’agissant de la France, ces grands choix stratégiques ont été décidés par M. Klaus Regling, fonctionnaire allemand, à l’époque directeur général des affaires économiques à la Commission européenne, qui est sans doute l’une des personnes qui a eu, depuis 5 ans, le plus de pouvoir pour fixer la politique économique et sociale de la France.

Avec les fonctionnaires de sa direction, il est en effet l’auteur des « Recommandations spécifiques à la France » faites par la Commission dans son Rapport COM (2003) du 8 avril 2003 concernant les Grandes orientations des politiques économiques des Etats-membres (période 2003-2005).

 Cette politique, qui doit être appliquée par tous les gouvernements français, qu'ils soient « de droite » ou « de gauche » se décline en de nombreuses têtes de chapitre, parmi lesquelles :

    1. abaisser le déficit public sous la barre de 3 % du PIB,

    2. réduire le coût de la main d’œuvre, notamment pour les bas salaires, (c'est-à-dire remettre en cause les minimums sociaux, développer les emplois à temps partiel),

    3. réformer le marché du travail en « simplifiant » la protection de l’emploi et en imposant des schémas d’emploi et de carrière «plus flexibles», (en termes clairs, cela signifie démanteler le droit du travail, développer les empois précaires de type CNE, CPE, etc.),

    4. réformer complètement notre système de retraite, (en termes clairs, la Commission européenne exige que la France allonge les durées de cotisation et supprime les régimes spéciaux),

    5. élever l’âge effectif de la retraite,

    6. enrayer la spirale des dépenses dans le secteur de la santé, (en termes clairs, la Commission européenne demande que la France procède à des déremboursements graduels mais de plus en plus importants et au basculement vers des systèmes privés à chaque fois que cela est possible),

    7. mettre en concurrence les marchés de l’énergie, notamment du gaz et de l’électricité.

    Voilà comment nous troquons notre protection sociale, sur injonction d'un fonctionnaire de la Commission européenne, pour un système prétendument libéral en déconfiture.

La mesure envisagée par Mme Bachelot n’est donc que l'un des points d’application de cette politique exigée par la Commission européenne.

S'ils étaient au pouvoir, les socialistes feraient donc exactement la même politique que Mme Bachelot, à quelques artifices de présentation près. Les Français ont d’ailleurs pu s’en apercevoir puisqu’ils ont constaté que, droite ou gauche, c'est désormais la même chose. Les choses ne changeront donc vraiment que le jour où le gouvernement français renverra sa copie à la Commission européenne en annonçant que les Français sont un peuple majeur et libre de ses choix macro-économiques. Et ce jour-là n’arrivera que lorsque la France aura décidé, enfin, de se sortir de la « construction européenne » qui détruit notre République dans ses fondements.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale communauté : Les blogs républicains
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Samedi 15 mars 2008

file_231319_605840.jpgPar Jean-Michel Quatrepoint

Les récentes sorties du président Sarkozy, imprégnées d'esprit religieux, masquent mal une réalité bien palpable, faite d'inflation, de croissance en panne, de morosité européenne.


Nicolas Sarkozy posait de bonnes questions. Il apporte désormais de mauvaises réponses. Ou plutôt, il n'a pas de réponse. Durant la campagne présidentielle, il a mis le doigt sur la baisse du pouvoir d'achat, la croissance insuffisante, une Europe trop ouverte et qui ne fait pas suffisamment valoir ses intérêts. A-t-il péché par naïveté ? A-t-il cru qu'il pourrait inverser par son seul volontarisme des mouvements qui nous dépassent ? Peut-être. Reste que les Français ont pris au pied de la lettre son constat. D'autant que les faits sont venus confirmer bien vite les propos du candidat. Oui, le pouvoir d'achat est en berne. Oui, la croissance est en panne.

Les effets du libre-échange à outrance

Il y a quelques jours, Michel Barnier a eu ce cri du cœur à propos des négociations à l'OMC : nous ne pouvons pas ouvrir librement nos marchés aux technologies américaines, à la viande argentine, à l'éthanol et au soja brésiliens, aux produits manufacturés d'une Chine devenue l'usine du monde et aux services indiens. Le tout sans contrepartie. Et Michel Barnier de nous expliquer que l'Europe ne peut pas être la variable d'ajustement des déséquilibres mondiaux. Pourtant, c'est bien ce qui est à l'œuvre depuis une quinzaine d'années. Dès lors que les Européens ont privilégié une vision purement libre-échangiste de la construction européenne, la messe était dite. La globalisation, dont on a nous a expliqué qu'elle ne faisait que des gagnants, aboutit, en réalité, à de vastes transferts de richesses. Ces phénomènes ont été longtemps masqués au bon peuple.

Des vérités inavouables
Comment lui avouer que la mondialisation est le moyen que les multinationales ont trouvé pour décupler leurs profits ? Comment lui expliquer que c'est là un moyen de récupérer les avantages acquis par les classes moyennes occidentales sous le fordisme et pendant les Trente Glorieuses ? Comment dire l'indicible ? A savoir que le capitalisme a été vertueux, performant et redistributif, parce qu'il avait en face de lui des régimes concurrents et qu'il s'agissait d'éviter que ses clients (c'est-à-dire ses salariés électeurs) ne passent chez l'adversaire. Comment nos dirigeants avoueraient-ils que le monde est régi par des rapports de force, alors qu'ils ont refusé de faire de l'Europe une puissance, pour ne pas dire une forteresse ? Après quinze ans de globalisation, nos emplois à valeur ajoutée se sont évaporés. Les déficits commerciaux deviennent abyssaux. L'envolée des prix immobiliers est devenue un facteur d'exclusion. Et voilà que les prix au détail flambent à leur tour. La ponction sur le pouvoir d'achat devient bien réelle. Pas seulement en France. Elle touche pratiquement tout le monde.

Invoquer Dieu pour faire diversion
Nos dirigeants étant impuissants à agir, on lâche donc « aux chiens » quelques boucs émissaires : des centaines de fraudeurs par-ci, un trader par-là, une brochette de patrons ailleurs. Une chasse à l'homme, qui évite de se poser les questions de fond d'une mondialisation débridée, d'analyser les circuits, ô combien complexes et opaques, de la facturation d'un produit entre son départ de Chine et son arrivée dans les gondoles des pays occidentaux. Et comme les boucs émissaires ne suffiront pas à apaiser la colère du bon peuple, rien de tel qu'un bon retour vers le religieux pour faire accepter la dureté des temps. Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy nous parle de Dieu. Il n'est pas le seul. Les parlementaires allemands de la CDU-CSU étaient réunis, jeudi dernier, pour débattre autour d'un thème: « L'Europe peut-elle s'en sortir sans Dieu ? »



par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale
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Jeudi 6 mars 2008

parisot_dgs.jpg
Par Gérard Filoche


C’est une bande organisée au plus haut niveau. Ils trafiquent de l’argent sale, selon leurs propres termes. Ils corrompent. Ils paient des salaires en liquide sans cotisation sociale. Ils se font des prêts à taux zéro, entre eux, illicites. Ils collectent des fonds secrets d’une double comptabilité des entreprises. Ils ont une caisse noire de 600 millions d’euros - certains anciens dirigeants de l’UIMM ont dit qu’elle avait atteint un milliard, qu’ils avaient fait « pareil » que DGS depuis des décennies. Ils sortent des valises de 26 à 32 kg d’argent liquide dont au moins 19 millions - prouvés - depuis l’an 2000. Ils ont même avoué que cela dure depuis bien plus longtemps et que cela porte sur des sommes plus importantes.

On n’a jamais eu un scandale aussi énorme.

La seule chose que DGS ait reconnue c’est que c’était une caisse antigrève - qui devait donc servir aussi à « fausser » la célèbre concurrence « libre ». Denis Gautier-Sauvagnac est toujours en poste comme délégué général de l’UIMM et reçoit 20 000 euros par mois pour faire ce racket et ce trafic d’influence jusqu’à sa retraite prévue en mai 2008 à ses 65 ans. Ils continuent : MM. De Calan, la secrétaire de DGS, et d’autres ont été mis en examen aussi.

Ils se concertent. Des fuites ont été publiées par « Le Parisien » du samedi 1er mars sur leurs réunions en ce sens de fin novembre dernier et de début décembre où ils ont négocié « l’omerta » avec le « parrain » comme dans un « QG » de la mafia.

Ils détruisent les preuves et sont inculpés pour cela, pourquoi ne les empêche-t-on pas ? (le petit trader, Kerviel, de la Société générale a été placé en préventive pour « empêcher qu’il se concerte avec d’éventuels complices » et qu’il « détruise des preuves »). Ils font entrave à la justice en se liguant préventivement contre ses enquêtes, en se prémunissant contre ses verdicts. Pour moins que cela, n’importe quelle bande de ce type serait sous les verrous.

Mme Parisot a reconnu il y a cinq mois qu’elle était « salie » et que « beaucoup savaient inconsciemment » ce « secret de famille honteux ». Elle ne s’est pas lavée depuis. Et c’est son organisation entière qui cautionne aujourd’hui tout cela. On apprend seulement aujourd’hui qu’en début décembre, secrètement, il y a trois mois, ils ont passé un pacte de complicité : DGS ne dira rien, et il lui sera attribué (officiellement) 1,5 million d’euros (combien de Smic ?), ainsi que tous ses frais fiscaux éventuels. Un Pactole pour le silence du « parrain », pour s’assurer de l’omerta. C’est Michel de Virville, successeur de DGS à la présidence de l’UNEDIC l’auteur du premier rapport, en 2004 pour démanteler le Code du travail, très proche de Laurence Parisot, qui a négocié et conclu le « contrat » avec DGS. Que faut-il de plus pour que la bande ne soit pas placée en préventive immédiate ?

Mme Parisot ose à la télévision, interrogée sur les 40 % d’augmentation des salaires des patrons annoncer qu’elle va « saisir la commission d’éthique » du Medef ? Il y a une éthique au Medef ? Et même une « commission d’éthique » ?

M. Sarkozy (qui connaissait le dossier depuis 2004 lorsque le Tracfin l’avait averti en tant que ministre de l’Intérieur, et qui n’avait rien fait alors) M. Fillon et Mme Dati, qui en appellent chaque jour à l’impunité zéro, sont-ils forts avec les faibles et faibles avec les forts ? Ou y a-t-il d’autres complicités plus élevées encore ? Le concurrent de Mme Parisot à la tête du Medef n’était-il pas Guillaume Sarkozy ?

 

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale communauté : Les blogs républicains
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Mardi 12 février 2008

charles_beigbeder_poweo_200.jpgLe Programme de la Résistance, rédigé en 1944 par le CNR et repris dans le préambule de la Constitution de 1946, a établi les fondements du modèle économique et social français de l’après guerre, celui des « trentes glorieuses. » Ce texte déplait profondément au patronnat qui aimerait bien le voir disparaitre de la Constitution. Jean-Luc Porquet, pour le Canard Enchaîné, épingle Charles Beigbeder, qui vient de repartir à l’attaque dans le JDD contre ce vestige insupportable des « jours heureux. »

A bas les jours heureux !

Par Jean Luc Porquet, Le Canard Enchaîné, 6 février 2008

C’est le genre de choses qu’on laisse passer, à force. Il y en a tellement. Ils sont tellement « décomplexés »... La première fois, c’était en octobre dernier. Denis Kessler, ex-mao passé au capitalisme financier, ancienne éminence grise du baron Seillière lorsque celui-ci pilotait le Medef, lâchait cette mâle déclaration de guerre : « II faut défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance. » Qu’est-ce qu’elle venait faire là, la Résistance ?

Kessler s’en réjouissait : au fond, les différentes réformes engagées par Sarkozy, disait-il, « peuvent donner une impression de patchwork », mais « on constate qu’il y aune profonde unité à ce programme ambitieux » : défaire ce qu’ont fait les résistants, justement. Cette provoc’ avait fait quelques vagues, sans plus.

Et puis la semaine dernière, Charles Beigbeder a remis ça. Dans une tribune au « JDD » (27/1), le pédégé de Poweo a affirmé, l’air de rien, que selon lui le rapport Attali permettrait enfin d’en finir avec cette France « qui continue à vivre sur un modèle fondé en 1946, à partir du programme du Conseil national de la Résistance ». Tiens, tiens. Lui et Kessler, même combat. Charles Beigbeder, le prototype du jeune loup moderne. L’homme qui veut tailler des croupières à EDF en vendant de l’électricité privée aux Français.

Il avait un beau titre, le programme des résistants : « Les jours heureux ». On comprend qu’il faille en finir d’urgence. Il était le résultat d’un compromis né entre tous les mouvements de résistance luttant contre l’occupant et les principaux partis politiques, dont le PC. On comprend que cela paraisse aujourd’hui insupportable. Il affichait de hautes ambitions. Entre autres, « la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ; un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat ; une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».

Insupportable, non ? On y trouvait d’autres projets complètement fous. Les résistants rêvaient que les enfants français puissent « bénéficier de l’instruction et accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents ». Affreusement égalitariste !

Ils voulaient aussi que soit assurée « la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent ». On comprend que ça énerve. Et aussi « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ». Complètement ringard, non ?

On remercie MM. Kessler et Beigbeder de nous avoir annoncé franchement la fin des beaux jours, prévue pour l’après-municipales.

Retranscrit par ContreInfo.info

 

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Dimanche 27 janvier 2008

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L’effondrement boursier du « Martin Luther King Day » n’est pas la cause de la crise, mais sa conséquence. Loin d’une crise boursière, comme lors de la bulle Internet au début des années 2000, nous assistons en fait à une crise globale du crédit. Son cœur se trouve dans les innovations malhonnêtes – au vrai sens du terme ! – des banques dont le but avoué était de réaliser davantage de profit sans prise de risque. Ainsi, les établissements bancaires encaissaient les commissions des prêts octroyés tout en déléguant la gestion des risques à des intermédiaires. Une fois de plus, la dilution des responsabilités est une marque caractéristique de la déréglementation libérale. La cerise sur le gâteau a été cette invention : la dilution des risques dans l’ensemble du système financier, c'est à dire cette fameuse « titrisation » qui consiste à vendre des « packages » financiers mélangeant toute sorte de titres et de dettes (l'objectif étant de dissimuler les risques réels).

Pour en arriver à cette situation catastrophique, il a fallu paradoxalement en finir avec les mécanismes de contrôle des marchés financiers. Il est presque comique de constater que ceux-là mêmes qui n’ont à la bouche que « l’économie de marché » ont en réalité tout fait pour détruire son existence et ces mécanismes de régulation et de contrôle. Dans l’univers post-moderne de la finance, c’en est terminé avec les notations objectives, les contrôles, le bilan honnête (le « hors bilan » devenant de plus en plus important), la régulation disciplinaire du marché, le mécanisme d’autorégulation des risques, ne sachant plus ou ils se trouvent.

Il s’agit bien d’une crise du crédit et celle-ci est directement le résultat d’une politique économique en cours depuis trente ans. Comment en effet conjuguer dans le même temps une diminution de la part du travail dans la répartition du profit au bénéfice du capital (-11 % en vingt ans), et une croissance de la consommation courante des ménages des pays occidentaux ? C’est impossible à moins de provoquer dans un premier temps une réduction de l’épargne et dans un second temps d’inciter à un endettement, puis finalement à un surendettement des ménages lorsque l'endettement a atteint ses limites raisonnable. Par exemple, la banque centrale d’Angleterre a, dans les trois dernières années, tiré la sonnette d’alarme à de nombreuses reprises en affirmant que la plupart des ménages britanniques étaient en réalité en banqueroute. Et il en va de même en Espagne. La politique stratégique du « crédit à tout va » a généré depuis la crise asiatique, il y a dix ans, une gigantesque bulle. Entre juin 2006 et juin 2007, aux États Unis d'Amérique, le PIB a augmenté de 250 milliards de dollars et la dette des ménages des ménages et des entreprises de 2 186 milliards de dollars. La zone euro suit la même voie. Cette logique de l'endettement permet de créer un flux d'argent des plus pauvres vers les plus riches sans créer fondamentalement de richesses ou très peu. L'illusion est que le PIB augmente, mais il augmente sur du vide. La surenchère conduit à des prêt sur des durées dépassant la durée de vie humaine transmissibles aux enfants, sur des endettement mensuel trois ou quatre supérieur au salaire : c'est une course qui ne repose que sur l'illusion que l'on peut endetter sans fin. Depuis des années, l’inflation des liquidités mondiales s’auto-alimentait par la création de valeurs fictives qui, d’une part, garantissaient l’adossement du crédit et, d’autre part, « fixaient » ces liquidités monstrueuses. Les actions mobilières ou les biens immobiliers tels des mollusques accrochés aux rochers, servant de supports pour cette « illusion fiduciaire ».

Il fallait bien que ce système de « cavalerie » s’arrête un jour ou l’autre ; il aura tout de même duré plus de dix ans. Aujourd’hui, nous sommes revenus dans le monde réel où justement la valorisation des actifs va retrouver sa réalité de marché. En résumé, il va falloir comparer la dette à ce qui existe dans la réalité. Et il y a fort à parier que nous allons assister à une destruction de richesse (en fait fictive) à l’échelle de la planète. Comme d’habitude, les plus pauvres, les surendettés paieront les pots cassés par la saisie et la liquidation de leurs biens achetés à (sur)crédit, comme c’est déjà le cas pour les foyers modestes américains victimes de ces « crédits subprimes » qui ne sont ni plus ni moins que des crédits usuraires.

Mais cette crise, qui s’est déjà étendue à l’économie des pays occidentaux, va peut-être montrer les limites du turbo-capitalisme, même aux yeux des profiteurs du système. Dans le seul but de cyniquement sauver l’essentiel de leurs gains, certains d’entre eux commencent à penser et à dire que l’on ne peut plus continuer comme avant. Il faut faire l'effort rendre compatible une paupérisation relative des pauvres avec une augmentation de la consommation (il faut bien qu'il achète pour que les riches continuent à se gaver ! ).

Un fait révélateur indiquant l'arrivée imminente de la crise : les milieux financiers ont exprimé la semaine dernière leur défiance devant le plan de relance de 140 milliards de dollars annoncé par le président Bush, au motif qu’il ratait sa cible. Aujourd'hui, il faudrait être idiot pour croire que 140 milliards de dollars vont sauver la situation de la dette aux USA. Des experts financiers proposent d’aider les foyers modestes car ces aides passent directement dans le circuit commercial, contrairement aux réductions d’impôts du plan Bush qui, pour l’essentiel, ne font qu'augmenter le patrimoine des classes aisées.

Soyons optimistes, lorsque, pour sauver leurs peaux, certains financiers commencent à envisager un « new deal » roosveltien, le « front populaire » retrouve parfois de sa vigueur !

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale communauté : Les blogs républicains
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Samedi 26 janvier 2008

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Par Jean-Jacques Chavigné


La Commission « Pour la libération de la croissance française » mise en place par Nicolas Sarkozy, présidée par Jacques Attali ancien conseiller de François Mitterrand et nouveau transfuge socialiste a rendu sa copie, un pavé de 334 pages.

Censée être « composée de 43 personnalités de différentes sensibilités », cette commission représentait surtout (à de très rares exceptions près) les différentes sensibilités libérales. Elle ne compte pas moins de 17 PDG ou anciens PDG (AXA, Nestlé, Crédit Agricole SA, Essilor, Volvo, Areva, Orange, Cetelem...). Des ultralibéraux comme les anciens commissaires européens Mario Monti et Ana Palacio, les journalistes Eric Le Boucher du Monde et Yves de Kerdrel du Figaro ou Michel de Virville, maintenant DRH de Renault. Jean Kaspar, présenté comme ancien secrétaire général de la CFDT, est le seul qui ait ou ait eu des liens avec le mouvement syndical, même s’il « gère depuis dix ans son propre cabinet de conseil ».

Laissant entendre que ce rapport était équilibré, Attali s’est empressé d’affirmer : « Aucune des mesures qui est là ne peut s’appliquer sans être fait dans un ensemble. On ne peut pas supprimer les freins sur la roue gauche d’une voiture sans supprimer les freins sur la roue droite ». L’image est doublement erronée. D’abord parce qu’il paraît pour le moins inepte de recommander de rouler dans une voiture sans frein. Ensuite, parce que si l’on voit bien les freins qu’Attali préconise de supprimer sur la « roue gauche », il est difficile, même avec une loupe, de percevoir les freins qu’il propose de supprimer sur la « roue droite ». La dérèglementation tous azimuts des professions juridiques (avoués, notaires….) ne doit pas faire illusion, elle n’a qu’un objectif : permettre la concentration du capital dans ce secteur. Aucune proposition (sur 316) n’est faite pour diminuer la précarité du travail ou améliorer le pouvoir d’achat des salariés. Nicolas Sarkozy d’accord avec l’essentiel

Nicolas Sarkozy a aussitôt déclaré : « Si certains sont été effrayés par le contenu de vos propositions, moi je les trouve plutôt raisonnable dans l’essentiel ». Le contraire eût étonné tant ces propositions reprennent tous les poncifs, toutes les idées reçues du sarkozysme à l’exception de la recommandation de ne pas respecter le « principe de précaution » et la suppression progressive des départements avec lesquelles le président de la République a pris ses distances. Il s’est donné bien garde, par contre, de commenter l’idée que 250 000 nouveaux immigrés par an pourraient donner à notre pays 0,5 % de croissance en plus.

Abaisser le « coût du travail ». Déréglementer. Retirer le maximum de protection aux salariés. C’est le modèle anglais-saxons. Une catastrophe pour les salariés anglais ou américain. Le paradis pour le patronat des deux pays. C’est la direction que nous indique Attali dans un geste de ciment armé. Car la commission Attali ne propose pas, elle décide ! Cet aréopage de libéraux, de technocrates et de quelques autres n’a que faire du suffrage universel : elle décide et veut nous imposer ses 316 « décisions ». Le florilège du libéralisme

Beaucoup de commentateurs de ce rapport se sont contentés des 20 propositions phares mises en avant par la Commission. Il n’était pourtant pas intéressant de lire l’intégralité du rapport. .

Education

Permettre aux parents de choisir librement le lieu de scolarisation de leurs enfants (décision 6). C’est la fin de la carte scolaire, sereinement assumée par la commission.

Développer le tutorat des élèves des ZEP par des étudiants (dans le cadre d’un service civique hebdomadaire : le travail non rémunéré obligatoire) et des enseignants retraités. (décision 151)

Renforcer les formations en alternance (décision 13)

Renforcer l’autonomie des universités et faire émerger 10 grands pôles universitaires de niveau mondial (décision 19)

Développer les financements privés pour l’Université (décision 22) Etendre le modèle de l’alternance à tous les niveaux de formation. Et développer les formations professionnalisantes à l’université (décision123)

C’est la reprise de la vieille lune libérale qui voudrait que le chômage des jeunes soit du à une inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi alors que la réalité est toute autre : notre pays ne crée pas suffisamment d’emplois et le surtravail des uns (les heures supplémentaires) crée le chômage des autres. La preuve : les 400 000 emplois supplémentaires créés par la diminution du temps de travail en 2000 et 2001. Mais pour la commission Attali, cette période n’a jamais existé.

Les PME

Toutes les solutions préconisées sont tournées contre les salariés. Mais le fait que la grande majorité des PME fassent partie d’un grand groupe ou soient sous-traitantes d’entreprises donneurs d’ordre (qui dans les deux cas siphonnent leurs bénéfices) disparaît complètement du paysage.

La commission « décide » d’assouplir les seuils sociaux, de doubler pour 3 ans les seuils de 10 et 50 salariés en les faisant passer respectivement à 20 et à 100. Elle « décide » également de mettre en place dans les entreprises de moins de 250 salariés une représentation unique sous la forme d’un conseil d’entreprise exerçant les fonctions du comité d’entreprise, des délégués du personnel, du CHSCT, des délégués syndicaux. (décision 37)

La prévention en matière de santé

Développer massivement la prévention (décision 66) mais à budget constant et sans revenir sur le passage, imposé par la Droite et le Medef avec l’accord de la direction de la CFDT, de la visite médicale obligatoire dans les entreprises non plus tous les ans, mais tous les deux ans.

La représentativité syndicale

Fonder la représentativité syndicale sur les résultats aux élections professionnelles. Ce qui est positif mais aussitôt assorti d’une condition qui retire beaucoup d’intérêt à cette mesure : la représentativité d’un syndicat national serait liée à l’obligation d’être signataire d’au moins un tiers des 50 conventions collectives les plus importantes. (décision 116).

Réduction de la dépense publique (20)

Réduire dès 2008, la part des dépenses publiques dans le PIB. Cette réduction devra atteindre 1 % du PIB par an et à partir de 2009, soit 20 milliards d’euros de réduction par rapport à la tendance par an pendant 5 ans (décision 20).

Emploi des « seniors »

Faire sauter le verrou de la retraite à 65 ans (décision 121) avancé sous la forme plus prudente de « permettre à chacun de retarder, s’il le désire, son départ à la retraite ». Lever toutes les interdictions au cumul emploi-retraite. (décision 134) Dans les deux cas, tant pis pour les jeunes qui ne trouvent pas de travail !

Durée du travail

Permettre aux entreprises de déroger à la durée légale du travail par accord de branche ou accord majoritaire d’entreprise (décision 136) Autoriser plus largement le travail du dimanche (décision 137)

La Sécurité sociale

Supprimer, dans la Constitution, la distinction entre le PFLSS (Loi de financement de la sécurité sociale) et la loi de finance (décision 224). Nous n’aurions plus alors aucune garantie que les sommes collectées pour l’assurance-maladie ou les allocations familiales ne soient pas utilisées à la construction, par exemple, d’un deuxième porte-avions.

Conditionner les prestations familiales aux revenus des ménages (décision 268). C’est la méthode en deux temps pour en finir avec les prestations familiales : attaquer d’abord le salariat à plein temps, ensuite le salariat pauvre.

Moduler la franchise médicale en fonction du revenu (décision 269). C’est la même méthode en deux temps pour en finir avec une bonne partie de l’assurance-maladie obligatoire.

Organiser une gestion régionale de la carte sanitaire (décision 273). Cela signifie que la carte sanitaire nationale supprimée par le plan Hôpital 2007 ne serait pas rétablie et que l’inégalité sanitaire entre régions aurait de beaux jours devant elle.

Fusionner la part salariale et la part patronale des cotisations sociales (décision 299)

Supprimer 3 points de cotisations sociales en les finançant par 0,6 point de CSG et 1,2 point du taux normal de TVA (décision 300). Non seulement il n’y a rien pour augmenter le pouvoir d’achat mais la commission « décide » de le diminuer en augmentant la CSG et en instaurant la TVA sociale.

Supprimer le numerus clausus à l‘installation des pharmaciens. (décision 212). Malgré la présence de la social-démocrate allemande Evelyne Ghebhardt, parlementaire européenne et rapporteur de la directive « Mac Creevy », la commission Attali ignore que cette disposition est déjà contenue dans cette directive et sera applicable en France dans moins de deux ans. Curieusement, la commission ne s’intéresse pas au numérus clausus des professions médicales, pourtant cruciales pour l’avenir.

Fonction publique

Mettre en œuvre de façon systématique le principe du non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois partants à la retraite (décision 252) Augmenter la part des promotions au choix dans la fonction publique (décision 253).

Mettre en place des primes liées à la performance (collective et individuelle) des agents (décision 254).

Retraites

Non seulement le rapport accepte tous les allongements (venus et à venir) de durée de cotisations mais il en tire la conclusion chère à tout libéral en estimant : « La montée en puissance de l’épargne retraite individuelle ou collective est donc nécessaire » (décision 305)

La méthode Coué poussée à son comble

De l’ensemble des ces 316 décisions, la commission Attali attend une croissance de 1 point supplémentaire chaque année. C’est la méthode Coué dans toute sa splendeur. Le simple fait, par exemple, de diminuer de 1 point par an la dépense publique alors que s’annonce une récession ou au moins un fort ralentissement de la croissance américaine ne pourrait avoir que des effets négatifs sur la croissance.

« Ce point de PIB pourrait signifier chaque année, par exemple, tout à la fois, 500 euros de pouvoir d’achat en plus par ménage, 150 000 créations d’emplois supplémentaires, 90 000 logements sociaux de plus, 20 000 enfants handicapés scolarisés, 20 000 place d’hébergement d’urgence créées en plus pour les sans abris…. » ajoute la commission. Elle a raison d’écrire « pourrait signifier » car le plus probable est que, si la potion amère de la commission aboutissait par quelque miracle, à une augmentation de la croissance, ce même remède de cheval permettrait aux profits de confisquer l’essentiel de ce surcroît de croissance La droite à l’affut avec sa loi de « modernisation économique »

Ce pot-pourri des idées libérales pourrait paraître un laborieux exercice d’école. Il n’en est rien. La loi de « modernisation économique » qui sera présentée par Christine Lagarde, ministre de l’Economie, s’appuiera sur ces 316 propositions pour amplifier l’offensive contre le salariat. Sarkozy ne reprendra que ce qui l’intéresse, que ce qu’il estime pouvoir faire passer en fonction de l’état de l’opinion, du rapport de forces social, du rapport de force électoral. Pour freiner, stopper l’offensive de la Droite, la mobilisation sociale mais aussi victoire de la gauche dans une grande majorité de municipalités et de cantons sont donc décisives.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Economie et Cohésion Sociale