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"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine  des autres." Romain Gary

"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
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"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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Vendredi 4 juillet 2008

Mardi 1er juillet, jour inaugural de la Présidence française de l'Union Européenne, une cérémonie de ravivage de la flamme sous l'Arc de Triomphe était organisée en présence "exceptionnelle" de Nicolas Sarkozy, du président de la Commission européenne José Manuel Barroso et du Président du Parlement européen Hans-Gert Pottering.

Arborants des drapeaux tricolores à croix de Lorraine, quatre militants souverainistes avaient souhaité y manifester publiquement leur opposition à cette Europe illégitime.

Que leur est-il arrivé ? Ils ont été arrêtés par la police, placés en garde à vue pendant 24 heures, et menacés pour deux d'entre eux de poursuites judiciaires pour "troubles à l'ordre public et rébellion" ! Eh oui, c'est cela l'Europe, cet espace unique au monde de liberté, d'humanisme, de démocratie. Non content de bafouer en permanence la volonté des peuples, l'Europe de Bruxelles, et ses préfets dociles, entendent aussi museler la moindre opposition. Aujourd'hui, de simples manifestants. Demain, et c'est prévu (nous en reparlerons), les "hacktivistes", les bloggueurs, qui font de l'Internet le dernier véritable espace de liberté et d'insoumission à l'Europe totalitaire.

Aux armes, eurosceptiques !

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 3 juillet 2008


Par Dominique Guillemin et Laurent Daure


Le non irlandais au traité de Lisbonne donne l’occasion d’entendre le discours de crise convenu qui accompagne désormais chaque remise en cause du projet européen. L’unanimisme foncier dont font preuve la plupart des commentateurs transparaît à travers leurs analyses tronquées, les débats « contradictoires » entre deux partisans du oui et les formules incantatoires pour « sortir l’Europe de l’impasse ». Au lieu de proposer un espace aux réflexions que l’évènement devrait susciter, les médias se sont comportés en véritable dispositif de crise permettant de dédramatiser les conséquences du non tout en culpabilisant les électeurs réticents. C’est ainsi qu’ils favorisent la poursuite envers et contre tout du processus d’intégration.

Plutôt que de s’interroger sur le texte rejeté, les défenseurs du traité préfèrent accabler les Irlandais qui auraient « tout obtenu de l’Europe ». Quelques jours avant le scrutin, anticipant le résultat, Daniel Cohn-Bendit parla même de « sociétés à logique égoïste » ; une formule qui vise autant à accabler l’Irlande pour son « ingratitude » à l’égard d’une Europe nourricière qu’à suggérer un repli identitaire. L’UE ne fait pourtant que redistribuer les subsides des états membres ; lorsque l’un d’eux conteste son allégeance à la nouvelle donne supranationale, pourquoi s’empresser d’assimiler son refus à un réflexe de peur ? Le soupçon de nationalisme stigmatisant les peuples doutant des bienfaits de l’UE et lui refusant le chèque en blanc qu’elle exige permet en fait de discréditer le cadre politique de l’Etat-nation au profit des institutions communautaires.

Autre argument minimisant la souveraineté populaire, celui du nombre, qu’il était difficile d’avancer lors des refus français et néerlandais ; comme le dit Jean Daniel, « Un pays de 4 à 5 millions d’habitants comme l’Irlande ne peut pas tenir en otage des nations réunissant 490 millions de citoyens. » Le rappel incessant du faible poids de l’Irlande dans la population de l’UE indique que les européistes refusent de considérer ce troisième non pour ce qu’il est, l’expression de la volonté d’une nation ; ils le réduisent à une opposition minoritaire au sein d’un « peuple européen » qui, n’existant pas au sens politique du terme, ne peut donc constituer une source de légitimité. L’Europe supranationale est pour eux d’ores et déjà souveraine.

Là où en 2005 les dirigeants européens furent contraints de patienter le temps de déguiser la constitution Giscard en traité de Lisbonne, il n’est plus question aujourd’hui de « continuer des débats institutionnels qui ennuient tout le monde dans toute l’Europe », selon le chancelier autrichien, Alfred Gusenbauer. Cette impatience traduit l’aspect impératif du projet malgré le scepticisme persistant des peuples, il sera donc mené en leur nom, malgré eux s’il le faut. Pour José Luis Zapatero : « Il n’est pas possible que l’Irlande, avec tout le respect pour son choix démocratique, puisse stopper un projet aussi nécessaire. » Une fois encore la rhétorique de l’obligation fait office d’argumentaire.

Alors que la notion de souveraineté devrait être au cœur des débats, elle continue d’en être la grande absente, le mot n’étant même jamais prononcé. On préfère insister sur « l’addition des mécontents, aux motivations disparates et contradictoires », comme on pu le lire dans Le Figaro, manière de rendre inaudibles les arguments du non. Ainsi les Irlandais auraient voté entre autres : par incompréhension du texte, contre l’avortement, la remise en cause de leur fiscalité ou de leur neutralité, pour sanctionner leur gouvernement, par peur de l’immigration, etc. Ces motifs hétéroclites répondent malgré tout à un traité cryptique impliquant un transfert massif de compétences depuis les états membres vers l’administration bruxelloise. Et peut-on prétendre sans condescendance, comme on l’a entendu, que les Irlandais auraient voté non en réaction à la déclaration maladroite de Bernard Kouchner : « Ce serait quand même très, très, très gênant pour la pensée honnête qu’on ne puisse compter sur les Irlandais qui, eux, ont beaucoup compté sur l’argent de l’Europe » ? Une nouvelle démonstration de « pédagogie » qui en dit davantage sur l’état d’esprit des dirigeants européens que sur le contenu du traité qu’ils défendent.

Cette méfiance à l’égard des peuples les conduit naturellement à déconsidérer la démocratie directe ; pour le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, « ce qui est en cause, c’est surtout la procédure du référendum ». Avant le résultat du vote irlandais, les députés européens rejetèrent par 499 voix contre 129 un amendement déposé par la Gauche unitaire européenne demandant que le Parlement « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais ». Courageuse assemblée qui refuse à une large majorité de prendre en compte le verdict possible d’un peuple souverain alors que la campagne n’a pas encore commencé… Sans doute s’agit-il pour ces députés d’accomplir un acte de résistance à la manifestation anticipée d’un « despotisme irlandais », selon l’expression emphatique d’Alain Duhamel.

Une fois le résultat connu, les européistes s’empressèrent d’en nier la portée. Une réaction parmi d’autres, celle du Premier ministre polonais, Donald Tusk : « Le référendum en Irlande ne disqualifie pas le traité de Lisbonne. L’Europe trouvera un moyen de le faire entrer en vigueur. » Si l’on parle à l’envi de « crise », c’est pour immédiatement mettre en oeuvre les moyens d’en sortir sans rien abandonner du projet originel. Mais le terme de crise est-il justifié au sujet d’un vote qui apporte une nouvelle réponse claire au projet de réforme des institutions ? N’est-ce pas plutôt un début de solution ? Pourtant toutes celles qui ont été proposées jusqu’à maintenant supposent l’application du traité. Qu’il s’agisse de laisser l’Irlande à l’écart de l’Europe normalisée ou de lui consentir des aménagements juridiques en vue d’un second vote en 2009, l’essentiel est de permettre l’avènement d’une « gouvernance » supranationale, unique horizon politique proposé aux peuples européens.

La présidence française de l’UE ne pourra s’exercer que dans les étroites limites de ce mandat implicite. Les grands chantiers que souhaite lancer Nicolas Sarkozy nécessitent la ratification du traité de Lisbonne. Il est significatif que sa seule initiative véritablement indépendante, l’Union pour la Méditerranée, soit fortement contestée parce qu’elle contredit la logique centralisatrice de Bruxelles. Quoi qu’il en soit, si le nouveau cycle médiatique qui s’ouvre avec la présidence française étouffait le non irlandais, on voit mal comment un tel affront permettrait de « changer notre façon de faire l’Europe », selon le vœu pieux exprimé par Nicolas Sarkozy.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 29 juin 2008

Par Etienne Chouard


Le Non crié le 12 juin 2008 par les Irlandais contre le pouvoir illégitime européen - pouvoir qui s'impose aux citoyens d'Europe par la ruse et le mensonge (et bientôt la force ?) depuis cinquante ans - est une énième péripétie de l'idée démocratique, toujours voulue par les peuples et toujours refusée par les chefs. Ce troisième rejet populaire de l'union européenne des industriels et des banquiers m'inspire deux réflexions importantes et pourtant absentes du débat public, l'une juridique, l'autre économique : les peuples se voient confisquer leur souveraineté politique et leur souveraineté monétaire, et les deux sont étroitement interdépendantes.

Sur le plan juridique
Les peuples méconnaissent une clef indispensable pour reprendre le contrôle de leurs représentants, une vieille clef cachée, une clef logique pour enfin instituer le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes au lieu de subir éternellement le droit des élus à disposer des peuples.
Cette clef de la démocratie, aussi méconnue que décisive, peut se résumer ainsi : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir. Ce n'est pas aux ministres, ce n'est pas aux parlementaires, ce n'est pas aux juges, d'écrire ou de réviser la Constitution, car ces hommes-là sont, en cette occurrence précise, à la fois juges et parties : ils ont un intérêt personnel dans les règles qu'ils instituent - puisque tout pouvoir concédé au peuple est un pouvoir qui leur serait retiré à eux - et ils trichent en établissant à la fois des contrôles simulés et des pouvoirs citoyens factices.
Toutes les constitutions du monde prouvent, de fait, que cette analyse est plausible.
Notamment et très prioritairement, malgré quelques promesses lénifiantes, nos élus ne nous donneront JAMAIS l'indispensable institution du référendum d'initiative populaire, le vrai.
La qualité des institutions se joue donc au moment de fixer et de contrôler la composition de l'Assemblée constituante, celle qui va écrire la Constitution et la proposer au référendum : cette chambre fondatrice qui va fixer des limites aux pouvoirs ne doit comporter aucun homme de pouvoir et elle doit pouvoir exclure en son sein tout individu suspect de partialité.
L'élection de candidats imposés par les partis (hommes de pouvoir) est ainsi la plus mauvaise idée pour désigner l'Assemblée constituante, ce serait même (comme cela a toujours été) un véritable piège anti-démocratique.

I faudrait que les électeurs puissent désigner librement des citoyens non candidats (qui pourront refuser) ; ou bien les tirer au sort ; ou bien une combinaison de ces modalités (tirer au sort une centaine de constituants parmi des citoyens élus librement).
Ce qui compte par-dessus tout, c'est que ce ne soit pas les mêmes hommes : ceux qui écrivent les règles du pouvoir doivent définitivement renoncer à l'exercer, tout comme Dacron, étranger appelé précisément pour cette tâche il y a 2 500 ans, a conçu les premières institutions d'Athènes et s'en est allé après avoir institué un (début de) véritable régime démocratique (sans doute le seul au monde à ce jour).
Inutile de préciser qu'en Europe on en est loin, on subit même l'exact contraire, la situation ne peut pas être pire : nous laissons nos maîtres écrire eux-mêmes les limites de leurs pouvoirs et nos capacités à résister à leurs abus… Plus naïf, tu meurs. Pourtant, après 200 ans d'expérience, nous sommes bien placés pour constater que l'élection ne tient pas ses promesses de justice politique : le mirage du suffrage universel a la peau dure.

Sur le plan économique
Les médias présentent souvent les progrès fulgurants de l'Espagne et de l'Irlande comme à mettre au crédit des institutions européennes, comme si des progrès économiques justifiaient une régression démocratique et en oubliant que l'Espagne et l'Irlande ont bénéficié depuis des années de dizaines de milliards d'euros gratuits - sans obligation de remboursement, sans dette ! -, au titre des subventions européennes.
Ces subventions doivent être vues, pour ces pays, comme une création monétaire (prêtez attention) libre d'endettement : une monnaie sans charge d'intérêt, donc, et qui n'aura même jamais à être remboursée ; cela change tout par rapport au carcan monétaire actuel.
La prospérité «miraculeuse», forte et rapide, de ces pays financièrement assistés prouve aux peuples d'Europe qu'«il y a des alternatives» et notamment que la revendication nouvelle - celle qui monte parmi les citoyens en 2008 - est la bonne : ce n'est pas aux banques privées de créer la monnaie et d'en percevoir l'intérêt.
Nous manquons de monnaie libre (libre d'endettement) et les pays qui s'en procurent - les peuples qui se réapproprient d'une façon ou d'une autre la possibilité de créer la monnaie en suffisance (sans excès) - viennent à bout du chômage et de la pauvreté, et très rapidement !

Cette idée cardinale que les peuples doivent conquérir leur souveraineté monétaire - à travers la création exclusivement publique de la monnaie - est à la fois complémentaire et indissociable de la mienne : les peuples doivent conquérir leur souveraineté politique - à travers l'honnêteté du processus constituant : on n'aura pas l'une sans l'autre ; ces deux combats - pour la Monnaie et pour la Constitution - sont interdépendants et se renforcent mutuellement.
Autrement dit, on ne reprendra jamais le contrôle de la monnaie (condition sine qua non pour venir à bout du chômage, de la pauvreté et de la dette publique) sans écrire nous-mêmes la Constitution, car les élus ne sont élus que grâce à ceux qui ont financé - et qui continueront à financer s'ils sont dociles sur l'essentiel - leur campagne électorale, médias subordonnés à l'appui. Ces élus dépendent trop de ceux qui rendent possible leur élection (et qui vivent luxueusement aux dépens du peuple) pour donner un vrai pouvoir au peuple.

Au peuple de s'affranchir
Sans rien attendre des élus sur ce plan, c'est donc au peuple de s'affranchir de ses propres élus, non pas pour s'en passer - (nous sommes bien trop nombreux pour vivre en démocratie directe, nous avons besoin de représentants, et tout pouvoir, même celui du peuple, doit être modéré par des contre-pouvoirs) -, mais pour les remettre sous un contrôle sourcilleux, avec des institutions honnêtes : séparation des pouvoirs, reddition des comptes, possibilité de sanctions des élus fautifs, révocabilité des élus à tout moment, initiative populaire autonome et puissante, rotation des charges (non cumul et non renouvellement des mandats), respect et publicité des opinions dissidentes, mise en scène des conflits, révisions constitutionnelles conçues par la seule Assemblée constituante et confirmées obligatoirement par référendum, etc.
Or, qu'est-ce qu'on fait pour résister en ce moment ? Rien, rien et rien. On attend passivement qu'un parti ou un syndicat nous convoque pour une grande manifestation tous les six mois, sur un mot d'ordre secondaire (par rapport à la monnaie et au contrôle des pouvoirs) et puis, plus rien pendant six mois…

Je propose que tous les simples citoyens mécontents d'être si mal représentés, quelle que soit leur tendance politique, sans attendre d'être convoqués par un quelconque appareil partisan, organisent eux-mêmes librement chaque semaine (le mercredi à 18 h par exemple) des micro résistances durables et innombrables sous la forme de petites manifestations devant toutes les mairies d'Europe : le mot d'ordre serait la vieille clef cachée de la démocratie vraie : «nous voulons des pouvoirs légitimes, c'est-à-dire fondés 1) par une Assemblée constituante honnête (désintéressée) et 2) par un référendum».
J'appelle ces micro résistances des MOCRIEs, Manifestations Obstinées Contre le Régime Illégitime Européen, et chacun peut créer un forum pour sa MOCRIE sur le site www.cecri.info.
Rien ne se fera de bon pour les peuples sans la mobilisation permanente des citoyens eux-mêmes : chaque citoyen athénien défendait personnellement la démocratie grecque, quotidiennement, les armes à la main s'il le fallait, contre les oligarques. De ce point de vue, l'Internet est une chance inouïe pour l'humanité. J'invite donc chaque citoyen mécontent de son impuissance politique à agir en créant sa petite mocrie en bas de chez lui.


par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 29 juin 2008


Intervention de Nicolas DUPONT-AIGNAN à l’Assemblée Nationale, lors du débat concernant le Livre Blanc sur la Défense (jeudi 26 juin 2008) :


"Nous voilà réunis aujourd’hui pour un débat essentiel pour l’avenir de notre pays.

Débat d’autant plus important que l’outil de défense n’est pas seulement la garantie de la sécurité des Français, il est aussi un moyen au service d’une politique étrangère. Débattre, comme nous le faisons du visage de nos armées demain, c’est obligatoirement dessiner la place et le rôle de la France dans le Monde.

De notre vision de la France, de ce que nous voulons pour nos concitoyens, découle le format de notre défense, ses alliances, l’effort de la Nation et non l’inverse !… sauf à vouloir subir plutôt que maîtriser notre destin.

Il ne s’agit pas d’une réflexion abstraite, d’une vision romantique faite de bonnes intentions ou de nostalgie, mais d’une analyse sérieuse fondée sur des réalités. Car, vous le savez tous, on n’a pas le droit de tricher avec le nombre de nos soldats, la qualité de leur équipement, la capacité de projection de nos forces ou la crédibilité de la dissuasion nucléaire.

C’est d’ailleurs à partir de cette volonté de confrontation avec la réalité que vous avez voulu, sous l’autorité du Président de la République, Monsieur le Ministre, réactualiser notre doctrine de défense.

Réalité tout d’abord, il ne faudrait pas l’oublier, de l’effort fourni par les forces armées lors de leur professionnalisation auquel peu rendent hommage.

Réalité d’un monde qui change avec ses nouvelles menaces…..

Réalité du retard d’équipements des armées surtout entre 1997 et 2002.

Réalité d’une dispersion géographique de nos forces qui s’apparente parfois à un saupoudrage.

Ce Livre Blanc était donc nécessaire et très attendu. Mais à sa lecture attentive j’ai été particulièrement surpris car, en vérité, il y a deux Livres Blancs, ou du moins deux sources d’inspiration qui aboutissent à un nœud de contradictions dont vous aurez du mal à sortir.

Il y a tout d’abord le Livre Blanc qui pose le diagnostic et trace les grandes orientations de ce que devrait être la politique de défense de la France qui, à mon sens, ne peut recueillir que notre assentiment.

La description d’un monde plus instable et imprévisible que jamais aux menaces très diversifiées.

L’analyse du retard d’investissements de la France et du besoin de rationalisation de notre outil de défense pour dégager une marge de manœuvre afin d’investir dans des équipements modernes.

La définition des grandes orientations : l’anticipation, la dissuasion, la protection, l’intervention, qui exigent de nouveaux efforts notamment dans le renseignement ou de nouvelles méthodes avec une polyvalence et une interopérabilité renforcées.

Mais il y a un autre Livre Blanc dans le Livre Blanc, celui qui apporte les mauvaises solutions aux vrais problèmes décrits quelques pages plus haut.

Comme si, en vérité, on avait demandé aux rédacteurs d’aboutir, au mépris d’un minimum de cohérence intellectuelle, à des décisions déjà prises qui obéissent à d’autres contraintes, notamment financières mais aussi idéologiques.

Permettez-moi d’insister ainsi sur deux contradictions majeures de ce Livre Blanc schizophrène. La réduction du format de nos armées tout d’abord. Le retour dans l’OTAN ensuite.

Comment, Monsieur le Ministre, pouvez-vous prétendre affronter les nouvelles menaces en réduisant à ce point le format de nos armées, déjà sérieusement rétréci depuis 1994 ? Vous dénoncez à juste titre l’écart permanent que l’on a laissé se développer entre, d’une part, les objectifs des Livres Blancs successifs et, d’autre part, leur insuffisante mise en œuvre. Mais que dire d’un Livre Blanc qui propose de faire le contraire même de ce qu’il préconise ?

Oui à la rationalisation, oui à la polyvalence, oui à la concentration des bases. Mais NON à une réduction qui, quoi que vous en dites ne touchera pas seulement les forces de soutien mais aussi et surtout les trois armes qui ne pourront plus répondre aux objectifs que vous leur fixez.

Comment peut-on d’ailleurs écrire page 129 que « des opérations strictement militaires sur le territoire national sont exclues à l’horizon prévisible » ? Cela explique sans doute le véritable essorage réservé à l’armée de terre.

De même, je vous recommande, mes chers collègues, la lecture de la page 214 sur le second porte-avions qui est un morceau de bravoure en matière de langue de bois et d’incohérence.

Sans parler de la réduction bien discrète du nombre d’avions de combat qui va encore plus mettre à mal le programme Rafale et surtout, à terme, affaiblir notre capacité nationale et européenne à préparer l’avion du futur.

Enfin, que dire du retrait de 3000 de nos soldats du continent africain ? Un continent africain qui représente un enjeu majeur aussi bien pour la sécurité et les intérêts de la France, que pour la stabilité de l’Europe et du Monde !

A la lecture du rapport, on comprend d’ailleurs très bien que le cadrage budgétaire a, en vérité, déterminé les conclusions du Livre Blanc.

Comment expliquer sinon le report à l’après 2012 de la reprise, modeste, de l’effort de défense (maintien en euros constants du budget de la défense jusqu’en 2012, croissance d’1% par an au-delà) ? Cette approche budgétaire n’est pas à la hauteur de l’enjeu.

Abaisser encore l’effort militaire de la Nation de 2,41% à 2% du PIB aura de très graves conséquences. Si vous ôtez les dépenses consacrées aux pensions (8,92 milliards d’euros, soit 0,48% du PIB) et celles réservées à la gendarmerie (5 milliards d’euros, soit 0,27% du PIB), vous constaterez que dès aujourd’hui notre effort est inférieur à celui de la Grande-Bretagne (7,8 milliards d’euros pour 2007). Calculé sur la base de référence qui est utilisé dans le cadre de l’OTAN, notre effort de défense passerait mécaniquement de 1,64% du PIB à 1,22%, soit en % du PIB un niveau tout juste supérieur à l’Allemagne mais évidemment inférieur à cette dernière en valeur absolue ! Comme l’affirme le collectif Surcouf, « la France jouerait désormais dans la poule de l’Italie ».

Cela revient à accepter de fait le déclassement militaire de la France, qui abandonne tout leadership à la Grande-Bretagne. Cela revient à décourager un peu plus les hommes et les femmes qui font la qualité de notre défense. Cela revient à priver notre pays de l’influence politique, morale, mais aussi économique, qui est encore aujourd’hui la sienne.

En définitive, vous proposez à la France de passer, pour sa défense, d’un contrat d’assurance tout risque à une assurance aux tiers. C’est un choix que vous n’avez pas le droit de dissimuler à la Nation.

Dans ces conditions, on comprend mieux la précipitation avec laquelle vous voulez complètement réintégrer la France dans l’OTAN.

Ce retour n’est en rien insignifiant comme vous voulez le faire croire à grands renforts de communication.

Tout d’abord, il ne se fait pas dans de bonnes conditions puisque vous l’annoncez comme quasi inéluctable, alors même que la France et l’Europe n’ont obtenu aucune contrepartie réelle. Au moins Jacques Chirac, lorsqu’il avait cédé un temps à la tentation d’alignement – avant de se raviser au moment de la guerre d’Irak -, avait-il conditionné ce retour dans l’OTAN à de réelles et substantielles contreparties ! Tellement substantielles d’ailleurs, que ce retour ne se fit pas, finalement…

Mais pourquoi diable effectuer une telle concession à une administration Bush finissante sans connaître les intentions du futur Président des Etats-Unis ?

Comment prétendre bâtir une Europe de la défense dans ce cadre alors même que votre précipitation n’incitera en rien le Royaume-Uni à nous tendre la main (en témoigne le lancement de leurs deux nouveaux porte-avions) ni les autres Européens à augmenter leur effort de défense ?

Pourquoi d’ailleurs le ferait-il alors que la France réduit fortement le sien ? N’oublions pas à cet égard que le retour dans le commandement militaire intégré n’aura pas seulement des conséquences militaires mais aussi industrielles : notre industrie de défense, l’une des premières dans le monde à contester la prétention monopolistique des Etats-Unis, sera alors affaiblie à cause de la pression politique maximum exercée par Washington sur notre pays pour qu’il se dote de matériels américains.

Concrètement, nous entrons dans l’OTAN pour jouer le rôle de second derrière la Grande-Bretagne qui, elle, a décidé de se donner les moyens pour assurer le leadership.

Nous commettons ce faisant un contresens historique total dans la mesure où la position de la Grande-Bretagne, au cœur de l’alliance euro atlantique, correspond à son intérêt et à sa personnalité, alors que pour notre part, cela rompt avec 40 ans d’indépendance nationale au service d’une politique étrangère différente.

Dans un monde de plus en plus multipolaire, il est contreproductif d’enfermer notre défense et donc notre politique dans une logique de coalition occidentale qui date de la Guerre froide. Pire, cela augmente le danger de conforter la transformation de cette alliance par les Américains en une sorte de police mondiale alimentant une guerre funeste entre civilisations.

Contrairement à ce que vous voulez croire, c’est le meilleur moyen de tuer dans l’œuf toute défense européenne et d’éloigner un peu plus les Européens comme les Français de l’adhésion à l’effort de défense, sans laquelle il ne peut pas y avoir d’investissement financier à la hauteur de l’enjeu.

Le Général de Gaulle, il y a 40 ans, avait compris avant tous les autres que la France avait sa propre partition dans ce monde multipolaire. Au moment où les faits lui donnent raison, vous privez la France de sa marge de manœuvre. Preuve en est d’ailleurs, l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, annoncé comme un gage au sommet de Bucarest.

Vous le faites, et c’est bien là la raison fondamentale, pour des raisons financières mais surtout idéologiques. Votre soi-disant modernisation est en fait une « normalisation » qui réjouit tous ceux qui n’ont jamais adhéré à cette politique qui s’adressait au monde plutôt qu’à un camp et ses intérêts !

Politique, je vous le rappelle, qui n’a jamais interdit la solidarité lorsqu’elle était nécessaire. Alors pourquoi rentrer dans le rang ? Des personnalités aussi différentes qu’Alain Juppé ou Hubert Védrine se posent la question. On en connaît les inconvénients, on n’a toujours pas compris quel en est l’intérêt.

En vérité, derrière les grandes envolées, nous n’aurons ni la défense autonome voulue par le Général de Gaulle, ni la défense européenne souhaitée par François Mitterrand, mais une sorte de CED au rabais et sans le nom, sous commandement américain dans le cadre Otanien.

Vous invoquez de Gaulle mais c’est pour couvrir une politique à la Pleven. Et encore, cette politique ressemble plutôt à du sous-Pleven ! Vous ne jurez que par les Etats-Unis et l’OTAN, mais comme les Français rejettent massivement cette politique de soumission et d’alignement, vous n’avez même pas le courage de l’assumer devant eux. Mais n’imaginez pas qu’ils seront dupes. Ils vous jugeront, ils vous jugeront durement, et ils auront raison !

Oui, je crois que notre pays compte tenu de son histoire, de ses valeurs, de ses intérêts, mérite mieux.

Oui, je pense qu’une autre politique de défense est possible.

Elle découle naturellement de notre vision du Monde et de notre vision de la France dans le Monde. C’est en ce sens que le Général de Gaulle disait : « Quand on ne veut pas « se » défendre, ou bien on est conquis par certains ou bien on est protégé par d’autres. De toute manière, on perd sa personnalité politique, on n’a pas de politique ».

C’est pourquoi nous devons privilégier une politique qui avant tout garantit la sécurité des Français en comptant sur sa propre défense et son industrie sans se laisser entraîner dans des guerres qui ne sont pas les siennes.

Une politique qui favorise les coopérations, notamment européennes, mais sans tomber dans le piège de l’alignement. Car, contrairement à ce que l’on croit, « plus la France est indépendante, plus l’Europe le sera ».

Enfin, c’est une politique qui repose sur un effort collectif minimum pour garantir la sécurité des Français et le rôle mondial de notre pays. Pourquoi la France ne serait-elle pas capable de faire autant et aussi bien que la Grande-Bretagne ? Un effort financier autour de 2,6% du PIB soit une légère augmentation par rapport à aujourd’hui n’est pas hors de portée et serait tout à fait compréhensible pour nos compatriotes.

Bref, une politique qui permet à la France de jouer son rôle traditionnel et ô combien nécessaire de passeur vigilant entre des mondes différents qui doivent coexister pour la paix du monde.

Alors oui vraiment, mes chers collègues, au nom de la France qui n’est plus que l’ombre de la France dès lors qu’elle renonce à nourrir une certaine idée d’elle-même, je vous demande de ne pas laisser passer cette politique du reniement."

 

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 22 juin 2008


Il fallait s'y attendre. Une semaine après le « NON » irlandais au Traité de Lisbonne, l'Europe totalitaire a repris ses bonnes habitudes. Pas question, évidemment, de se coucher devant un non-événement, une simple crise d'enfants qui ne savent pas ce qui est bon pour eux. Les sages européistes, les dirigeants de cette Europe qui donne des leçons de démocratie et d'humanisme à la Terre entière, préconisent ainsi ni plus ni moins que de refaire voter les Irlandais. Au motif déclaré que ces derniers, qui ne représentent à peine 1% de la population européenne, ne peuvent pas décider à la place des 99% autres. Et au motif non déclaré que les Irlandais n'ont pas bien compris à quel point ce traité allait dans leur intérêt. Par contre, promis, on va prendre en compte l’opinion des peuples ! Si, si !

 

C'est pile poil le jugement prononcé par l'ayatollah des européistes, Valéry Giscard d'Estaing. Il est selon lui « grotesque » de vouloir renégocier un nouveau traité ! Pourtant le droit européen est clair. Pour qu'un traité entre en vigueur – et qu’il existe en tant que tel, il faut qu'il ait obtenu l’accord unanime des Etats membres. Mais le droit, comme le peuple, ces messieurs le contournent comme ils le veulent. Le bien supérieur de l'« Euroooope » vaut bien toutes les transgressions possibles et imaginables.

 

Evidemment, Valéry, quand il parle à la populace ignorante, ne parle pas de manière sec et cynique. En tant qu'ancien Président de la République, il sait user de diplomatie.

 

Ainsi, le sermon euro-moralisateur qu’il a colporté cette semaine commence par un hypocrite respect du vote. « Les Irlandais avaient le droit de répondre non ». Tout à fait, comme disait Coluche, « la dictature c'est ferme ta gueule, et la démocratie c'est cause toujours ». Mieux encore, il explique ce non irlandais peut permettre un « retour aux sources démocratiques parce que l'Europe s'est éloignée depuis les années 90 des sources démocratiques, c'est-à-dire du fait que l'on consulte et que l'on décide avec les opinions publiques ». On croit rêver ! On va donc enfin faire une Europe démocratique ?!

 

Eh oui, eh oui. La preuve, Giscard la donne sans attendre. « Le traité de Lisbonne n'est pas mort ». Il est « indispensable que les Irlandais revotent » explique-t-il. Les Irlandais vont pouvoir revoter ! Vaut évidemment mieux qu'on soit sûr du vote des Irlandais. C'est cela l'exigence de démocratie, coco ! Et comme ils sont ignorants, on fera autant de scrutins qu'il faudra pour qu'ils votent bien. Parce qu' « ils ont tort », ose-t-il affirmer. « Le traité de Lisbonne donne davantage de garanties qu’aujourd’hui » poursuit-il. Heureusement que des gens bien intelligents sont là pour rattraper les erreurs du peuple. C'est toujours cela, la grandeur de la démocratie, coco !

 

Conclusion : non content de nous piétiner, la clique européiste, de Giscard à Jouyet, en passant par Barroso et Juncker, se foutent royalement de notre tête. Faire mine de reconnaître et vouloir combler le « déficit » démocratique de l’Europe tout en maintenant leur ligne totalitaire, c’est fort ! Quand est-ce que les peuples européens vont se réveiller et envoyer une bonne fois pour toute tous ces guignols dans les poubelles de l’histoire ?!

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 22 juin 2008

Par Christine Tasin


Oui-Oui en a des sueurs froides ! Quelle déception, amère, au sein de son petit coeur de bobo branché ou de technocrate désincarné ! Quelle envie de tuer ces Irlandais pauvres et ignares il remâche depuis vendredi dernier !

Quant à nous… Ah ! nous rions de nous voir si beaux en ce miroir ! Merci du fond du cœur à ces électeurs courageux qui, par un vote massif, nous ont vengés de la forfaiture du 4 février 2008, orchestrée par l’UMPS. Merci à ceux qui ont entendu notre supplique (1). Merci à eux, qui ne se sont pas laissés impressionner par les menaces ni par les opérations de séduction qu’ils ont dû subir. Merci du fond du cœur à ceux qui ont parlé au nom de la majorité des 500 millions d’Européens à qui on ne demande pas leur avis pour les faire entrer dans un système de plus en plus antidémocratique et ultra-libéral. En effet, tous les sondages qui ont été effectués dans les pays européens ces derniers mois ont montré que seulement 6 pays sur 27 auraient voté pour le Traité de Lisbonne si on leur avait demandé leur avis !

Mais merci aussi pour le spectacle pré-referendum : quelle vision à mourir de rire nous avons eue du ballet orchestré par tous ces Oui-Oui se payant d’importance qui ont défilé à Dublin pour essayer de convaincre l’électeur hésitant de faire le seul choix possible à leurs yeux :

D’abord Oui-Oui ministre de l’agriculture français, assurant sans rire que les Français soutiendraient les agriculteurs irlandais… alors que le gouvernement français est même incapable de soutenir ses propres pêcheurs et est contraint par Bruxelles de rembourser les 65 millions d’euros d’aides qu’il leur avait octroyés il y a deux ans (2) !

Ensuite Oui-Oui médecin-ministre se prenant au sérieux dans son numéro de "vous pouvez me faire confiance" expliquant à qui mieux mieux qu’en cas de victoire du non il faudrait que la France qui va présider l’Union Européenne s’emploie à appliquer malgré tout le Traité de Lisbonne pour convaincre les Irlandais de… voter à nouveau. Propos qui ont décidé un certain nombre d’Irlandais courroucés mais indécis à voter non, par colère et révolte devant son arrogance et ses menaces (3). Oui-Oui arroseur arrosé, délectable.

Pendant ce temps sa "socialiste" (sic !) d’épouse participait à la réunion annuelle du groupe de Bilderberg (4), les décideurs de la planète qui ne rendent de compte qu’aux actionnaires. Elle y a côtoyé de pauvres petits patrons, de pauvres chômeurs ne sachant comment joindre les deux bouts : David Rockfeller, patron de la Chase Manhattan Bank ; Condoleezza Rice ; Peter Mandelson (un des 27 commissaires de la Commission européenne) ; Neelie Kroes (un des 27 commissaires de la Commission européenne) ; Peter Védrine ( tiens, encore un "socialiste" ) ; Manuel Valls ( troisième "socialiste") ; Bertrand Collomb, ciment Lafarge ; Jean-Claude Trichet ; Ben S Berananke, patron de la Banque Centrale des USA, etc. Tout ce petit monde s’entendant comme larrons en foire pour décider de ce qui est bon pour les actionnaires et les spéculateurs, aux dépens du peuple, tout juste bon à travailler mais trop stupide pour être consulté sur les affaires importantes comme le Traité de Lisbonne.

Trop stupide sauf les trois millions d’Irlandais qui, grâce à leur Constitution (merci la démocratie) ont été appelés aux urnes ; on imagine les onomatopées, les jurons et les angoisses de nos élites, de Delors à Jospin, de Bayrou à Royal, de Rocard à Sarkozy contre ce crime de lèse intelligentsia ! On imagine et on jubile. Et puis, on se marre, c’est arrivé un vendredi 13 juin, jour de la Saint-Antoine de Lisbonne (alias Saint Antoine de Padoue), patron des naufragés, ça ne s’invente pas. A se rouler par terre, vous dis-je !

Bien sûr, je ne suis pas assez naïve pour croire que les 27 vont se réunir et remettre un autre Traité en chantier. Ils ont déjà leur plan B. Soit ils continuent de fonctionner sur la base du Traité de Rome en attendant de refaire voter les Irlandais, soit ils continuent (le plus plausible) de faire ratifier le Traité de Lisbonne mais demandent aux Irlandais de se retirer du circuit en attendant que l’adhésion prochaine de la Croatie ne soit l’occasion d’ajouter des modifications au Traité permettant aux Irlandais de rejoindre le gros du peloton.

Il n’empêche. Le non irlandais est un formidable coup de semonce, un signal d’alarme. Le feu couve dans la maison Europe, gageons qu’il faudra peu de choses pour que les mensonges et les forfaitures dont on nous gave depuis 50 ans apparaissent peu à peu sur le devant de la scène(5).

J’ai envie d’oser un rapprochement qui n’est pas si tiré par les cheveux qu’il en a l’air ; tous nos Oui-Oui, qui ont crié au diable devant l’invasion du Tibet, qui ont fait du Dalaï-lama un démocrate, digne de devenir citoyen d’honneur de la ville de Paris ne parlent jamais de la nouvelle constitution qu’il vient de proposer. Son article 336 est un modèle absolu de démocratie : Tout pouvoir législatif et autorité réside dans l’Assemblée législative tibétaine. Les décisions de celle-ci requièrent l’approbation de sa Sainteté le Dalaï-lama, pour devenir des lois. Or, si l’on s’amuse à remplacer tibétaine par française ou irlandaise ou … (27 choix possibles) et sa Sainteté le Dalaï-lama par la Commission Européenne, on comprend :

- Que l’Europe qu’on nous propose est un système féodal et antidémocratique.
- Que les Irlandais aient repoussé le traité de Lisbonne.
- Que les nonistes soient majoritaires parmi les démocrates et les républicains, partout en Europe.
- Que la Commission Européenne ne respectera pas le droit international qui veut que l’on ne peut remplacer un traité qu’à l’unanimité et se débrouillera pour contourner le vote irlandais.
- Que, dans ce cas, Bruxelles et les Oui-Oui seraient déconsidérés définitivement et les tenants de la sortie de l’Europe, en France, verraient augmenter leurs rangs (6).

Oui-Oui est une mante religieuse. L’Europe est une mante religieuse qui se repaît des démocraties défuntes. Nous demandons l’annulation de son mariage avec les peuples européens pour mariage forcé, risques de mort accompagnés de mensonges et tromperie avant mariage : on nous avait promis paix, prospérité, défense des droits de l’homme et avancées sociales. Nous avons obtenu chômage, remise en question de la protection sociale, disparition des services publics et donc de l’égalité républicaine, retour des revendications nationalistes dans les Balkans, et, ultima sed non minima, la dernière de Bruxelles qui veut que la durée de travail hebdomadaire passe à 65 heures sous prétexte que "l’Europe a besoin d’être réorientée"… Si nous ne sortons pas de l’Europe, nous serons transformés en un peuple de fourmis affairées et effarées au service d’une énorme goule qui nous vampirise et s’engraisse à nos dépens.

Que font donc nos concitoyens vautrés devant des matchs qui rapportent à leurs joueurs en un jour ce que le commun des mortels ne gagnera pas dans toute sa vie au lieu d’envahir les rues et de camper dans les édifices publics afin de rompre avec cette aberration ?

http://christinetasin.over-blog.fr

_______

(1) http://www.ripostelaique.com/Electeurs-irlandais-faites-nous.html

(2) http://www.lepoint.fr/actualites-economie/les-pecheurs-devront-ils-rembourser-65-millions-d-euros-d-aides/916/0/249288

(3) http://www.lefigaro.fr/international/200806/10/01003-20080610ARTFIG00612-referensum-quand-kouchner-agace-les-irlandais.php.

(4) http://www.ripostelaique.com/Connaissez-vous-ceux-qui-decident.html

(5) http://www.blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/2008/06/14/232-circulez-il-ny-a-rien-a-voir

(6) http://www.ripostelaique.com/Est-on-condamne-a-ne-jamais.html

par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 18 juin 2008

Le PCF a estimé mardi que la réforme initiée par le Livre blanc de la Défense augure "une dérive ouvertement atlantiste" et Jean-Pierre Chevènement y a vu "le dépérissement" de l'outil de défense français "subordonné à la politique américaine et à l'OTAN".

"La réorganisation en profondeur de notre outil de défense est conçue dans la vision d'un espace atlantiste et militarisé, ou la France renonce à son indépendance en s'insérant dans le sillage sinistre de la politique menée par les Etats unis d'Amérique", a affirmé le PCF dans un communiqué.

Quant aux "certitudes du chef des armées sur la prééminence de la dissuasion nucléaire, elles ne sont pas démontrées", a estimé le PCF pour qui "les réductions d'effectifs vont faire très mal à la France" et "les conséquences sur l'emploi industriel et de service risquent d'être douloureuses".

Pour Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, "en privilégiant la riposte militaire tout en réduisant le format des armées, le livre blanc enferme la France dans une posture de subordination à la politique américaine et à l'OTAN". "Notre pays sera à l'avenir incapable de soutenir des conflits autres que de basse intensité", a-t-il souligné dans un communiqué.

"La défense nationale est sacrifiée à celle d'un improbable 'Occident' sous égide américaine dans lequel la France est invitée à se fondre". "Le livre blanc répond à une logique claire: le dépérissement de l'outil de défense est cohérent avec l'abandon d'une politique étrangère indépendante", selon lui.

AFP
par le Citoyen Thimèle publié dans : Démocratie et Souveraineté Nationale