Ils ont dit...


"Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine  des autres." Romain Gary

"La République n'est pas enfermée dans un texte sacré déposé dans le saint des saints ou au pavillon de Breteuil. Elle est vivante. Elle est mouvement. Elle est devenir. Elle est le miroir des hommes agissants."
Patrick Kessel


"La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l'incarnation même du progrès." Victor Hugo
 
"Je n'ai jamais cru qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants. Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie. Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse." Marc Bloch

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N'hésitez pas à laisser vos réactions. La liberté d'expression n'est ici pas un vain mot ! ;-)
Dimanche 20 janvier 2008


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Les médias audiovisuels ont pris une place décisive dans l’équilibre de notre démocratie.

Actuellement, cet équilibre est bafoué puisque le temps de parole considérable du Président de la République et de ses conseillers dans les médias n’est pas comptabilisé. Il n’est légalement pas prévu pour les forces démocratiques de lui répondre d’une façon égale. C’est d’autant plus inquiétant qu’une partie des médias audiovisuels et de presse écrite est la propriété de groupes industriels et financiers proches du pouvoir.

C’est pourquoi nous exigeons qu’une disposition constitutionnelle soit adoptée, qui impose désormais le respect d’une vraie règle des trois tiers pour les temps de parole audiovisuel : un tiers pour le Président de la République, ses collaborateurs et le gouvernement, un tiers pour la majorité, un tiers pour les forces d’opposition.

Seule cette règle sera de nature à freiner la saturation et la propagande actuelles, et à amener un meilleur équilibre indispensable à notre démocratie.

Tel est le but de cette pétition populaire pour l’égalité audiovisuelle, dont nous sommes signataires.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 19 décembre 2007

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La Commission européenne, qui finance déjà la réalisation de programmes audiovisuels et d’une chaîne de télévision (Euronews), lancera en avril 2008 son propre programme radio à destination des populations de l’Union.

Consciente qu’aucun auditeur n’écoutera spontanément un programme de propagande de l’UE sur un canal ad hoc, la Commission infiltrera son programme sur les ondes de 16 stations nationales de l’Union (Deutsche Welle, Radio France Internationale, Radio Netherlands Worldwide, Polskie Radio, Radio Punto, etc.). Ces émissions seront produites en cinq langues (allemand, anglais, espagnol, français et polonais) et traduites en cinq autres langues (bulgare, grec, hongrois, portugais et roumain)

Les Allemands assureront la coordination éditoriale, les Français la gestion financière et les Néerlandais réaliseront le site web.

Le coût réel de cette opération est inconnu : il en coûtera 5,8 millions d’euros par an à la Commission, mais les principaux postes budgétaires (personnels et studios) seront largement pris en charge par les radios participantes au détriment des budgets nationaux.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse
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Jeudi 16 août 2007
Par Augustin Scalbert

Un site d'opposition a été fermé tandis qu'un blogueur est menacé de six mois de prison pour "offense au chef de l'Etat".

Le soleil estival frappe fort sur le Rocher: en moins de dix jours, un site d'opposition a été fermé, et un sujet du prince a comparu pour "offense au chef de l'Etat". Il risque six mois de prison ferme parce qu'il avait voulu importer l'esprit "Charlie Hebdo" sur le web de la principauté.

Son site, Monaco Politic Circus, a tenu à peine un mois, en mai-juin, avant d'être fermé. "Il a dû avoir une cinquantaine de visiteurs", estime son avocat, Me Patrick Bérard, du barreau de Nice. Marc Giacone, organiste reconnu, a tellement lu l'hebdo satirique français que l'envie lui a pris d'ironiser sur la vie politique monégasque. Il a affublé Son Altesse Sérénissime Albert II d'un nez rouge, et l'a baptisé "chef clown séducteur": "offense au chef de l'Etat", a clamé le procureur lors de son procès en correctionnelle, le 7 août.

Une douzaine de dignitaires politiques ont eu droit au même appendice écarlate et à des surnoms de clowns: "insultes". Plus grave, il a relayé une rumeur concernant l'un des hauts fonctionnaires de la principauté, en écrivant qu'il participait à des "ballets de couleur pastel": "diffamation".

Le procureur a requis 6 mois de prison ferme et 1500€ d'amende à son encontre. Jugement le 9 octobre. En attendant, le musicien a dû abandonner son orgue Cavaillé-Coll de la chapelle des Carmes: il a été renvoyé à la fin du mois de juin. Selon son avocat, Giacone est désormais l'un des rares Monégasques au chômage.

"Propagation d'expressions outrageantes"

Certains des visiteurs de son site étaient venus par un lien posté sur celui de l'Association pour la défense des intérêts et droits à Monaco (ADIDM). Elle a été dissoute la semaine dernière par arrêté ministériel, aux motifs notamment de "propagation d'expressions outrageantes" et d"'intention de troubler la paix publique et d'alimenter dans la population l'hostilité et le rejet à l'encontre d'une catégorie de personnes (des étrangers travaillant en Principauté)". Pas des immigrés clandestins, mais les hauts fonctionnaires français employés par le gouvernement. Dont Jean-Paul Proust, l'ancien préfet de police de Paris devenu ministre d'Etat –l'équivalent local du Premier ministre. Le site Internet de l'ADIDM a été fermé, mais on peut se rendre compte dans le bas de sa page d'accueil (visible en cache) de l'insolence de sa ligne éditoriale.

Tant de vigilance incite à s'interroger sur la réalité de la liberté d'opinion dans ce "paradis fiscal non coopératif" (selon l'OCDE) de 32000 citoyens. Avec la liberté des cultes, elle est théoriquement garantie par l'article 23 de la Constitution, "sauf la répression des délits commis à l'occasion de l'usage de ces libertés". Tout est dans le "sauf".

"La justice est systématiquement très sévère, sauf en ce qui concerne l'argent", estime Roger-Louis Bianchini. Fin connaisseur des moeurs politiques du Rocher, ce journaliste avait révélé dans son livre "Monaco, une affaire qui tourne" (Seuil, 1992) l'existence d'une "police des bruits", qui "traîne l'oreille dans les bars pour recueillir les rumeurs qui circulent en ville". "C'est un Etat policier", considère-t-il. "Ils font des procès à tout va. Les journalistes, qui exercent avec une autorisation de l'Etat, pratiquent donc l'autocensure. On ne peut pas dire du mal de Monaco."

Albert II, "Altesse Stupidissime"

Dans la Principauté,un journaliste travaillant sans autorisation doit rester discret. "Les journaux nationaux français peuvent être retirés des kiosques", assure Bianchini. Le paysage médiatique local se limite à quelques supports français (Nice Matin ou TMC) et à "une papardelle de publications très publicitaires appartenant à des promoteurs immobiliers qui s'en servent comme outils d'influence", selon un autre journaliste, Hervé Mari. Un rédacteur en chef de télévision privée peut envoyer un mail à son équipe demandant de le prévenir avant tout sujet concernant les Grimaldi: c'est arrivé en 2006, les journalistes français du Rocher s'en amusent encore. Un Marc Giacone, "pauvre hère" selon certains, "innocent du village à l'humour un peu lourd" selon son avocat, est rapidement réduit au silence. Mais on trouve en "vente libre" un DVD des Guignols de l'Info qualifiant le prince Albert d'"Altesse Stupidissime".

"Je ne suis pas du genre fouille-poubelles"

"Moi, j'ai toujours travaillé très librement", assure Patrick Casavecchia, chef du bureau de Nice Matin pendant quatorze ans avant de terminer sa carrière comme rédacteur en chef de Monaco-Info, la télévision d'Etat monégasque. "Il est évident que je suis passé à côté d'affaires. Mais je ne suis pas du genre fouille-poubelles." Le jeune retraité se gausse des "bruits qui prétendaient qu'un motard venait du palais princier pour relire les articles avant parution". "J'ai toujours dit ce que je voulais dire, dans le respect de la vie privée." Il y va de son anecdote: dans les années 80, alors que les photos de la princesse Caroline en compagnie de ses enfants valaient de l'or, il croise la petite famille sur le port, le jour de la fête du Prince (fête nationale). "Le photographe avec qui j'étais a rangé son appareil. C'est normal."

"L'Etat a intérêt à entretenir la discrétion"

Hervé Mari, son successeur à la direction de l'agence locale de Nice Matin -appelé là-bas Monaco Matin en vertu d'une convention entre le groupe Lagardère et la principauté-, loue "l'esprit de tolérance totale" en vigueur dans la monarchie azuréenne. "Toutes les publications sont en vente libre, du moment qu'elles ne sont pas infamantes. Evidemment, il n'y a pas d'oeuvre satirique autour du prince. Personne ne s'y risquerait." Quand une "affaire" éclate, le palais appliquerait "la stratégie du vent sur le sable", selon l'expression d'Hervé Mari. Une version locale du "chien aboie, la caravane passe". "Ce n'est pas la Chine, ici", poursuit le chef d'agence de Monaco Matin. "Albert n'est pas un adepte de la censure." Roger-Louis Bianchini le confirme : "Albert est plus cool que Rainier."

Mais sur le fond, Monaco n'a pas changé depuis la disparition du veuf de Grace. Pour Mari, "on vient à Monaco pour se reposer, jouir discrètement de sa fortune et éventuellement pour gagner de l'argent. Pas pour communiquer. L'Etat a intérêt à entretenir cette ambiance de discrétion."

Un attaché de presse "non habilité à communiquer"

Les pronostics sont donc pessimistes quant au devenir de Marc Giacone: "Albert a une image de "faible". Je ne serais pas étonné qu'il saisisse cette occasion pour affirmer son autorité", avance Roger-Louis Bianchini. Un autre journaliste pense que "si Giacone écope de prison ferme, il n'y aura pas de réactions indignées de la part des Monégasques. Ils se feraient couper en quatre pour leur prince."

En cherchant à recueillir une réaction du gouvernement sur la liberté d'opinion, Rue89 a joint un chargé de communication qui n'était "pas habilité à communiquer". Une première. Finalement, il a rappelé pour préciser que les saisies de journaux ne sont possibles "que dans le cadre d'une procédure judiciaire". Puis que la loi n°1299 du 15 juillet 2005 autorise "toute publication sur tous types de support". On n'en saura pas plus: "L'information est contrôlée à la source, au niveau de la communication", remarque Hervé Mari.

Heureusement, le 19 septembre, dans un grand hôtel parisien, Monaco tiendra "à destination de la presse" un salon sur ses "trois pôles d'excellence, le bien-être, le business & congrès et la culture".

(Titre original : A Monaco, la liberté de prospérer impose le silence)

 

par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse
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Vendredi 13 juillet 2007

Une information malade c’est une démocratie en danger. Parce qu’une presse libre et pluraliste constitue un des piliers fondamentaux de la démocratie, les syndicats de journalistes ont décidé d’unir leurs forces pour défendre son indépendance vis-à-vis de tous les pouvoirs.

Depuis des mois, les syndicats dénoncent l’accumulation de faits alarmants qui représentent une menace fondamentale pour l’indépendance et le pluralisme de l’information en France. Dernier exemple emblématique, Les Echos et la Tribune sont transformés en enjeux d’une vaste partie de « Monopoly » entre les propriétaires des groupes de médias. Ces mêmes propriétaires affichent sans complexes leurs liens avec le pouvoir politique. Des émissions sont supprimées, des journalistes sont privés d’ondes ou de faisceaux hertziens sans que puisse être mis en cause leur travail : fournir une information indépendante de tous les pouvoirs quels qu’ils soient. D’autres sont soumis à des pressions plus ou moins subtiles pouvant aller jusqu’au chantage à l’emploi, dans un contexte de précarité galopante.

La liberté de la presse en danger

Rarement au cours des dernières décennies, la presse (écrite, audiovisuelle et multimédia) avait autant couru le risque de devenir le vecteur d’une pensée unique pourtant tant décriée par ceux-là mêmes qui nous gouvernent. Le statut collectif des journalistes, indispensable garant de leur indépendance, est fragilisé par une réécriture du code du travail pourtant annoncée comme devant être menée « à droit constant ». Instaurée en France par la loi du 29 juillet 1881, découlant des libertés d’expression et d’opinion inscrites dans notre Constitution, consacrée par la Cour européenne des droits de l’homme, la liberté de la presse se trouve, sinon mise à mal, à tout le moins en grand danger de l’être. Alors que de profondes mutations, tant technologiques qu’économiques et sociales, sont en marche ou annoncées, plus que jamais la nécessité d’une presse indépendante et de qualité se fait ressentir pour éclairer nos citoyens sur les choix qui engagent l’avenir de la société. Plus que jamais les journalistes doivent pouvoir être en mesure d’offrir à leurs lecteurs une information libre et plurielle sans laquelle le fonctionnement démocratique d’une nation serait menacé.

Face à cette situation, et parce qu’ils sont statutairement et par vocation chargés de la défense des « intérêts matériels et moraux tant collectifs qu’individuels » de leur profession, les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT, SGJ-FO, SPC CFE-CGC, USJ-CFDT, CFTC ont décidé d’unir leurs forces pour que soient réaffirmés et reconnus par la loi les principes qui président à l’exercice de ce métier. Ils interpellent les responsables politiques afin que soit garanti un cadre légal assurant le respect des règles déontologiques de leur profession, pour affranchir les journalistes de la contrainte du profit à n’importe quel prix, credo d’un système qui exige de fournir une information toujours plus aseptisée, et au final vide de tout sens critique. Ils militeront ensemble pour que les principes professionnels et éthiques deviennent juridiquement opposables, via le rattachement des chartes des droits et devoirs des journalistes à leur convention collective ; pour que l’indépendance des rédactions soit juridiquement reconnue et pour que l’intégralité de leur statut soit réinscrit dans la partie législative du Code du travail. Ce sont là les instruments juridiques indispensables pour garantir à la presse sa liberté et son indépendance.

Initiatives fortes

Sollicitée à plusieurs reprises pour un rendez-vous depuis la mi-mai, Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication n’a toujours pas reçu les représentants des 38 000 journalistes pour faire un tour d’horizon de la situation. Publiquement, les syndicats de journalistes renouvellent leur demande d’une rencontre urgente.

Le citoyen (lecteur, auditeur, téléspectateur) a droit à des débats clairs et compréhensibles. Il a droit, pour se faire une opinion, comprendre et agir sur le monde qui l’entoure, à une information de qualité, vérifiée et mise en perspective. Une information libre et indépendante de tous les pouvoirs quels qu’ils soient, est la marque d’une démocratie qui se porte bien. Pour porter ces enjeux, les syndicats de journalistes lanceront des initiatives publiques d’envergure à l’automne à Paris et en régions.

SNJ, SNJ-CGT, SGJ-FO, SPC CFE-CGC, USJ-CFDT, CFTC


SNJ

par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse
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Mercredi 27 juin 2007

Evénement historique. La crise aux Echos et La Tribune a provoqué une réunion extraordinaire du Forum permanent de la Société des journalistes. Les journalistes de 27 médias demandent à rencontrer au plus vite Nicolas Sarkozy et l'interpellent sur l'indépendance des médias.



Une « annus horribilis », c'est ce que dénonce François Malye, journaliste au Point et membre du Forum permanent des Sociétés de journalistes. La crise provoquée par la tentative de rachat des Echos par Bernard Arnault, déjà propriétaire de La Tribune, a mis le feu aux poudres. Pour la première fois, les journalistes de vingt-sept titres de presse écrite et de stations de radios tirent la sonnette d'alarme et se proposent d'agir ensemble. Lors d'une conférence au Press club, ils ont interpellé directement le président de la République sur les atteintes à l'indépendance de l'information.

« Ca a été un année terrible pour les journalistes », a expliqué François Malye, citant à l'appui le licenciement d'Alain Genestar de Paris-Match pour crime de lèse-Cécilia Sarkozy, l'article censuré au Journal du dimanche mentionnant le fait que la même Cécilia n'ait pas voté au second tour, ou encore la tentative de perquisition au Canard enchaîné. Contre cette « accumulation insupportable », les journalistes demandent à rencontrer « le plus rapidement possible » le président de la République pour inscrire dans les textes de loi des propositions destinées à garantir l'indépendance des médias. Au menu : la reconnaissance juridique des sociétés de journalistes, contre-pouvoirs internes des rédactions souvent consultatifs, et le droit de veto sur la nomination d'un directeur de la rédaction. « Si Nicolas Sarkozy ne répond pas, ce silence sera déjà une réponse », explique une journaliste des Echos.

La proposition de rachat des deux plus grands titres de presse économique par Bernard Arnault, et les menaces que cela fait peser sur l'information dans ce domaine, a joué le rôle de déclencheur. Très remontés, alors qu'on assiste, parallèlement, à la suppression d'émissions de critique des médias comme « Arrêt sur images », les journalistes mettent en avant leur détermination. « Cela peut paraître normal de nous voir réunis à la même table. Mais ça ne l'est pas. C'est exceptionnel puisque nous sommes tous concurrents », explique François Maily. Or pour la première fois, ces concurrents qui travaillent dans 27 organes de presse différents sont prêts à s'entendre sur un point. L'indépendance des médias doit être garantie. Le Forum des Sociétés de journalistes a fait parvenir un courrier au président. La balle est dans son camp.

par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse
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Dimanche 3 juin 2007

Bolloré trappe un article gênant pour la police dans Matin Plus

Après Lagardère, au tour de Bolloré de jouer les censeurs. Le propriétaire du quotidien gratuit Matin Plus a refusé de publier un article issu de Courrier International relatant les déboires de musiciens hongrois avec la police à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Motif: "On ne peut pas parler de la sorte de la police française!" Une injonction qu'aurait intimée Vincent Bolloré en personne, à lire le blog d'Alexandre Lévy, chef du service Europe de l’Est de l’hebdomadaire.

Jointe vendredi par Rue89, la direction de la rédaction de Matin Plus a d’abord fait semblant de ne pas être au courant de l’affaire, avant de promettre de rappeler plus tard. Son coup de téléphone se fait toujours attendre... Les responsables du Monde (auquel appartient Courrier International) en charge des relations entre le quotidien du soir et le gratuit n'ont pas non plus retourné nos multiples appels.

Les syndicats de Courrier International, eux, se sont fendus d'un communiqué pour faire part de leur indignation après "la censure par le gratuit Matin Plus d'un article fourni, en application d'un accord entre les publications, par la rédaction de Courrier International pour parution dans l'édition du vendredi 25 mai du quotidien Matin Plus". L'intersyndicale demande à la direction de l'hebdomadaire et à celle du groupe Le Monde de "faire respecter la liberté d'expression et l'indépendance éditoriale, correspondant aux principes de la profession, du groupe et du titre."

L'article en question a été rédigé par un ancien consul hongrois à Paris, dans les colonnes du quotidien hongrois Magyar Hírlap. Traduit et édité par la rédaction de Courrier International, il a ensuite été publié sur le site de l’hebdomadaire, avant d’être envoyé pour publication à Matin Plus. Or, vendredi 25 mai, jour de parution prévu, une publicité paraît en lieu et place de l’article. Les discussions reprennent entre les responsables de Courrier International et de Matin Plus, et une nouvelle date de parution est fixée: mardi 29 mai. En vain: l’article ne sort toujours pas.

"D’après ce que m’ont dit mes sources à l’intérieur du gratuit, il ne sera pas publié, précise Alexandre Lévy à Rue89. C’est Vincent Bolloré lui-même qui aurait pris cette décision. Les responsables du Monde et de Courrier International sont visiblement très gênés." Puis de se désoler: "Je suis vraiment très étonné, j’avais beaucoup de mal à imaginer cela."

Pour le journaliste de l'hebdomadaire, l'intérêt de ce papier est qu'on pose rarement des problèmes à ceux qui repartent dans leur pays. La mésaventure du groupe Romengo -vainqueur de la Star Ac' hongroise-, commence au retour d’un concert à Sablé-sur-Sarthe, peu avant d’embarquer pour Budapest. "Les policiers trouvent l'un des étuis de guitare suspect, retiennent les musiciens, font attendre pendant des heures les autres passagers de l'avion. La fouille s'éternise, on passe à des interrogatoires laborieux, puis subitement les policiers disparaissent, sans donner plus d'explications. Lorsque les musiciens montent enfin dans l'avion, c'est le commandant de bord qui, d'autorité, leur interdit de prendre son vol. Les Roms passent la nuit à l'aéroport et ne repartent que le lendemain sur un autre vol vers Budapest, où ils ne manquent pas de raconter leurs péripéties à la presse", raconte sur son blog Alexandre Lévy, qui a recueilli depuis de nouveaux témoignages des musiciens allant dans le même sens. Musiciens qui entendraient déposer plainte.


Julien Martin, Rue89

par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse
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Jeudi 17 mai 2007

 Dans une lettre ouverte à Arnaud Lagardère, la rédaction du Journal du dimanche s'insurge contre les pressions exercées par Nicolas Sarkozy qui ont abouti, dimanche dernier, à la censure d'un article sur Cécilia Sarkozy, où il était affirmé qu'elle n'avait voté au second tour de la présidentielle.


"Monsieur,

Dimanche 13 mai, le JDD est paru privé d'un article révélant que Cécilia Sarkozy n'avait pas voté pour le second tour de l'élection présidentielle. Ce court article, purement factuel, était le fruit d'une enquête auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine. Cette information ne relevait pas de la sphère privée, pas plus qu'elle ne devait être une affaire d'Etat.

Vous êtes intervenu samedi auprès de la direction de la rédaction pour que cet article ne soit pas publié. Nous estimons qu'il s'agit là; d'une censure inacceptable, contraire à la liberté de la presse. L'ensemble des journalistes du JDD s'indigne de cette pratique d'un autre âge, d'ailleurs largement dénoncées par l'ensemble de notre profession, en France comme à l'étranger.

En l'espace d'un week-end, cette intervention a donné du crédit aux graves accusations portées contre les titres du groupe, soupçonnés d'avoir favorisé la campagne de Nicolas Sarkozy. Ces derniers mois, le Journal du Dimanche s'était pourtant attaché à respecter son devoir d'impartialité. Depuis dimanche, son image est gravement mise en cause.

Notre site Internet et le standard du groupe sont submergés de messages de lecteurs indignés. Au final, c'est la crédibilité du titre et de ses journalistes qui est mise à mal. Vos relations privilégiées avec Nicolas Sarkozy ne sauraient nous contraindre à renoncer une nouvelle fois aux exigences de notre métier. La rédaction du JDD, indépendante, revendique le droit de refuser toute subordination qui voudrait la priver de son devoir d'informer. Conformément aux engagements définis en 2000 dans la Charte de déontologie du groupe, et réitérés par Didier Quillot, le 3 décembre 2006, devant les représentants de plusieurs sociétés de journalistes du groupe. Nous vous demandons à votre tour de nous garantir cette indépendance.

Levallois, le 15 mai 2007
 
La rédaction du Journal du Dimanche"
par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse
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Samedi 11 novembre 2006

Interdiction professionnelle de Raphaëlle Picard : Communiqué du SYNDICAT AUTONOME DES JOURNALISTES



Notre consœur Raphaëlle Picard, pigiste permanente de l’AFP dans le département des Yvelines, est frappée depuis trois semaines d’ « interdiction professionnelle » par la police et la justice du département, après la diffusion de son reportage sur l’opération de police, le 4 octobre, dans le quartier des Musiciens aux Mureaux. Dans cette dépêche, Raphaëlle, jeune journaliste de l’AFP depuis 2004, a décrit - en se conformant avec la plus parfaite rigueur et honnêteté aux règles déontologiques de la profession - « La colère des "perquisitionnés par erreur" dans une cité des Mureaux ». Ce reportage a valu à l’AFP de très importantes reprises dans la presse nationale et régionale, écrite et audiovisuelle. Ce témoignage rigoureux, parfaitement sourcé et ponctué de nombreuses citations incontestables, est évidemment exempt de tout commentaire de l’auteure, comme l’exigent les règles rédactionnelles de l’AFP. Il a jeté un éclairage nécessaire sur les coulisses des opérations de police à grand spectacle, mises en scène par le locataire de la place Beauvau, par ailleurs candidat à la présidence de la République.

Mais « l’arroseur arrosé », qui ne tolère, semble-t-il, qu’une presse aux ordres et à sa bottine, a violemment réagi par l’intermédiaire de ses services départementaux : Ce fut d’abord le directeur adjoint de la police départementale qui à la sortie d’une conférence de presse, a étrillé notre consœur, l’accusant de « malhonnêteté intellectuelle ». Ce fut ensuite le directeur de la sécurité publique, à qui Raphaëlle avait demandé un entretien, qui l’a accusée d’avoir « produit des faux témoignages qu’elle n’avait pas pris soin de vérifier... auprès de la police » (sic). « Notre collaboration va s’arrêter là », lui a-t-il signifié. Ce fut encore (côté Justice), le procureur adjoint du parquet de Versailles qui lui a également signifié que sa porte était désormais fermée et qu’il « ne voulait plus jamais collaborer » avec elle. « On a toute la direction sur le dos... », a-t-il avoué. Enfin, last but not least, le directeur de la police judiciaire des Yvelines est monté d’un cran : « On va porter plainte... ». Menace gratuite, fanfaronne et vide de sens, puisque, à ce jour, aucune espèce de plainte n’a été déposée devant une quelconque juridiction.

Raphaëlle et par voie de conséquence l’AFP, se trouve désormais coupée de toutes les sources « officielles et institutionnelles », indispensables pour couvrir de façon rigoureuse, honnête et complète, l’actualité dans ce département. Le but poursuivi par le ministère de l’Intérieur est limpide : interdire à Raphaëlle Picard de faire son travail de journaliste et pousser la direction de l’AFP, au pire, à mettre fin à sa collaboration, au mieux, à procéder à sa mutation. L’AFP avait obtenu il y a une quinzaine de jours, du procureur adjoint du parquet de Versailles, un rendez-vous à déjeuner, prévu le mercredi 25 octobre. Mais au dernier moment, le mercredi matin, d’une façon pour le moins cavalière et méprisante, le magistrat a signifié à l’Agence, par la voix de son assistante ou secrétaire, que le rendez-vous était annulé « pour raisons d’agenda ».

Cette affaire est très grave et ne doit pas en rester là. La carrière professionnelle de Raphaëlle est objectivement menacée par un tenant de l’exécutif qui bafoue, avec le plus intolérable aplomb, les règles élémentaires de la République et de la démocratie et piétine la liberté de la presse. Ce chantage pèse aussi sur l’ensemble des journalistes de l’Agence dans l’exercice de leur activité professionnelle et plus particulièrement dans les domaines police-justice et politique, en cette période très sensible d’échéances électorales et alors que la situation dans les banlieues est de plus en plus instable. Le SAJ-UNSA demande avec instance à la Direction Générale, d’affirmer publiquement sa défense de notre consœur et de condamner fermement les menaces et l’ostracisme dont elle est injustement victime. Il lui demande également de saisir le Premier ministre -voire plus haut si nécessaire- de cette affaire qui constitue une grave entorse à la liberté de la presse, l’un des piliers de notre démocratie républicaine.

Le SAJ-UNSA appelle l’ensemble des syndicats et le personnel de l’AFP à soutenir Raphaëlle Picard et à envisager toutes modalités d’action - et elles sont nombreuses - pour faire cesser cette invraisemblable atteinte au droit d’informer. Ce communiqué d’information, tant sur le fond que dans sa forme, et notamment en ce qui concerne les sources qui ont permis sa rédaction, est de l’entière et unique responsabilité du Syndicat Autonome des Journalistes de l’Agence France-Presse.

PARIS, 27 octobre 2006 SYNDICAT AUTONOME DES JOURNALISTES (SAJ-UNSA)


par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse
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Lundi 24 juillet 2006
Et ça continue!

Ils ont osés braver la conformité, ils ont osés instaurer des débats contradictoires, ils ont osés éveiller l'esprit critique de leur public, ils ont osés critiquer Sarkozy et son libéralisme? Tant pis pour eux la Pravda sarkozyste a sévi:


"Le Vrai Journal" de Karl Zero sur Canal + ? SUPPRIME!

"Tout le Monde en Parle" de Thierry Ardisson sur France 2? SUPPRIME!

"Là-bas si j'y suis" de Daniel Mermet sur France Inter? SUPPRIME!

"Premier Pouvoir" d'Elisabeth Levy sur France Culture? SUPPRIME!

"90 minutes" sur Canal +? SUPPRIME!

"L'Humanité" ? ON LAISSE CREVER!

"Libération", "Paris Match"? AU KÄRCHER!

Les blogs? AU KÄRCHER... bientôt?!


Et tout cela vous indiffère, non quand même pas?!
par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse
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Samedi 17 juin 2006
Attachés au pluralisme de la presse, attachés au journal fondé par Jean Jaurès, nous lançons aujourd’hui un cri d’alarme. L’existence de l’Humanité est menacée ! Il faut qu’elle vive !

Un journal qui meurt, c’est la démocratie qui s’étiole. Pour exercer sa souveraineté, chaque citoyen a besoin d’avoir accès à une information diversifiée, au débat contradictoire, au partage des savoirs. C’est dans la confrontation d’idées que l’individu se forge sa propre opinion.Le pluralisme de la presse d’information et d’opinions permet l’expression de la diversité des courants de pensée de notre société. Là où le débat tend à s’éteindre ou devient purement formel, on assiste généralement à des dérives populistes, à la montée des fanatismes et des obscurantismes, au recul des libertés. L’Humanité participe pleinement à la vitalité de la démocratie dans notre pays. Par son ouverture et son apport aux débats, par ses choix éditoriaux souvent inédits, par son souci constant de favoriser la confrontation d'idées, l’Humanité, comme les autres journaux, est un outil pour faire société ensemble. Elle est utile à notre pays. Elle participe de sa richesse culturelle. Son originalité est reconnue et appréciée. Malgré ses efforts pour rénover et diversifier son offre éditoriale, malgré l’augmentation continue de sa diffusion depuis cinq ans, malgré le soutien sans faille de ses lecteurs, l’Humanité se trouve dans une impasse financière. Quotidien à faibles ressources publicitaires, indépendant des grands groupes, elle n’a pas bénéficié de recapitalisations contrairement à d’autres médias ces dernières années. Elle est particulièrement touchée par la hausse constante des frais de fabrication et de distribution qui asphyxie l’ensemble de la presse écrite. Nous avons tous en mémoire les disparitions du Matin, du  Quotidien de Paris, de la République, d’Info Matin... France Soir est en souffrance. Et aujourd’hui l’existence de l’Humanité est menacée. Il y a urgence. Au nom de la démocratie nous en appelons à l’État, au monde économique, à tous ceux qui sont attachés aux valeurs fondamentales de la République. Une mobilisation exceptionnelle doit créer les conditions pour que vive l’Humanité. Au-delà, un débat doit avoir lieu sur les moyens de garantir le pluralisme de la presse. En signant cet appel, par-delà nos opinions, par-delà nos fonctions, nous voulons réaffirmer haut et clair notre attachement au pluralisme et à l’existence de l’Humanité
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Vous pouvez signer cet appel sur le site de l'Humanité ou en envoyant votre signature à "l'Humanité", 32, rue Jean-Jaurès 93528 SAINT-DENIS CEDEX.


L'appel de Patrick Le Hyaric, Directeur de "L'Humanité"


On ne peut pas oublier l'apport de l'Humanité dans le mouvement antilibéral, et lors du référendum sur la Constitution européenne de l'année dernière, il était le seul quotidien à militer pour le NON. Sans l'Humanité que va-t-il nous rester? Le Figaro au main de Dassault, Libération au main de Rotschild, Le Monde sous influence sarkozyenne, tout comme nos grands médias audiovisuels, bonjour le pluralisme! Il est donc capital dans la lutte que nous menons de soutenir l'Humanité.
Il faut sauver l'Humanité, il faut aussi sauver son nouvel hebdomadaire, l'Humanité Dimanche, qui, malgré de bons résultats, souffre lui aussi et appelle aussi à l'aide financière!
C'est aussi bien sûr à l'Etat de faire quelque chose! Aujourd'hui, tout journal qui n'a pas l'appui d'un grand groupe a de grande chance de disparaître... est-ce normal que des opinions politiques ne peuvent plus se faire entendre tout simplement parce que des grands groupes capitalistes en ont décidé ainsi! L'Etat doit garantir ce droit au pluralisme, le décréter n'est plus suffisant aujourd'hui...

Ce samedi 17 juin est organisée une "journée de résistance" au siège de l'Humanité. Je ne peux que m'associer à cette journée et je vous invite, vous qui lisez cet article, à aller découvrir l'Humanité et l'Humanité Dimanche si ce n'est déjà le cas. Ils sont en vente chez tous les marchands de journaux comme on dit... c'est pas cher, ça ouvre l'esprit et cela vous permettra de connaître et d'aider un journal de salut public!

par le Citoyen Thimèle publié dans : Liberté de la presse
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